L’ère du sexe pour la reproduction touche à sa fin

Henry T. Greely est directeur du Center for Law and Biosciences de l’Université de Stanford, ainsi que de son programme sur les neurosciences et la société. Manifestement, le type en sait quelque chose sur la technologie et sur son rôle dans la vie des gens – et il prédit maintenant que les progrès technologiques feront un jour du sexe à des fins de reproduction une chose du passé.

“Ma prédiction la plus forte est que dans l’avenir, les gens auront toujours des rapports sexuels – mais plus rarement dans le but de faire des bébés”, a déclaré Greely, qui a publié un livre intitulé “The End of Sex and the Future of Human Reproduction”, à la BBC. “Dans 20 à 40 ans, la plupart des gens dans le monde qui auront une bonne couverture médicale choisiront de concevoir en laboratoire.”

Sommes-nous à vingt années des bébés personnalisés ?

Au cours des quatre décennies qui ont suivi la naissance du premier “bébé éprouvette”, plus de 8 millions de personnes sont nées par fécondation in vitro.

Aujourd’hui, les parents qui produisent certains de ces enfants choisissent de soumettre leurs embryons fécondés à un diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) avant leur transfert dans l’utérus. Il s’agit de prélever des cellules sur les embryons pour voir si un enfant hériterait de gènes problématiques de ses parents.

Le DPI permet aux parents de n’utiliser que des embryons sans problème pour la FIV et, selon Greely, une fois qu’ils seront plus abordables et disponibles, de nombreux parents choisiront le DPI plutôt que de recourir au mode traditionnel de la reproduction.

“Comme la plupart des sujets, il y aura d’abord une certaine quantité de réactions viscérales négatives”, a-t-il dit à la BBC, avant d’ajouter que l’acceptation par le public interviendrait dès que les parents se rendront compte que les enfants nés avec le DPI ne naissent pas avec “deux têtes et une queue”.

BBC

L’avenir du sexe : comment se transforme l’intimité

L’intelligence artificielle et la vie urbaine nord-américaine en 2030

AI100, premier rapport

« As cars will become better drivers than people, city-dwellers will own fewer cars, live further from work, and spend time differently, leading to an entirely new urban organization. »


AI100,
Artificial intelligence and life in 2030, 2016

AI100 (The One Hundred Year Study on Artificial Intelligence) lancé en 2014 a pour objectif d’accompagner le développement de l’intelligence artificielle sur la longue durée, son impact sur les individus et la société1.

Initié par Eric Horvitz (Microsoft) alors président de l’Association for the Advancement of Artificial Intelligence (AAAI), ce projet a été préfiguré par une étude d’un an, entre 2008-2009, intitulée « AAAI Asilomar Study on Long-term AI Futures »2. Un intitulé faisant référence à la conférence d’Asilomar de 1975, organisée par le chimiste Paul Berg, composée de scientifiques qui s’inquiétaient des risques nés de la manipulation génétique pour la santé et l’environnement3.

Dans le contexte d’inquiétude lié à l’évolution de l’intelligence artificielle, l’ambition de « AAAI Asilomar Study » était de convier des chercheurs provenant de l’intelligence artificielle mais aussi des sciences cognitives, de la philosophie et du droit, à réfléchir, sur le long terme, aux risques d’une perte de contrôle et des moyens de s’en prémunir ainsi que les défis éthiques et légaux à court terme4.

Né du désir de prolonger cette étude sur la très longue durée, AI 100, hébergé à l’université de Stanford5, a pour objectif de réunir, tous les cinq ans, un « panel » de chercheurs pluridisciplinaires qui présentera une réflexion sur l’intelligence artificielle afin de cerner son évolution en termes d’opportunités et de risques, l’orienter pour qu’elle puisse bénéficier à tous (individus/sociétés).

Ce premier rapport a été réalisé par un panel de dix sept chercheurs de différentes nationalités recrutés par un comité permanent de sept membres (dont Eric Horvitz) en fonction de domaines jugés prioritaires6.

Le rapport, organisé en trois sections, se focalise sur l’impact de l’intelligence artificielle présent et à venir, dans la vie urbaine nord-américaine à l’horizon 2030.

La première section revient sur la nature de l’intelligence artificielle, ses frontières mouvantes, et les foyers d’innovations passés et présents comme le développement de l’analyse de grandes quantités de données via internet et plus récemment le deep learning. La seconde porte sur l’impact de l’intelligence artificielle à quinze ans dans huit domaines dont les transports, principalement les engins autonomes comme les voiture sans pilote et les drones, mais aussi la santé, l’éducation, l’emploi, le divertissement, etc. Dans cette section, le « Study panel » détaille l’intérêt, les risques mais aussi les obstacles, les limites au développement de l’intelligence artificielle. La dernière partie comporte des recommandations comme la nécessité de développer une recherche interdisciplinaire capable d’analyser l’impact de l’intelligence artificielle sous différents angles afin d’encourager l’innovation dans le respect de la liberté, de l’égalité et de la transparence.

Ce rapport vise quatre cibles : le grand public, les instances politiques locales, nationales et internationales, l’industrie et les chercheurs du champ de l’intelligence artificielle. Le grand public pour qu’il ait une idée de l’état de l’art et du potentiel de l’intelligence artificielle ; les instances politiques locales, nationales et internationales pour les aider à mieux planifier leurs actions ; l’industrie pour qu’elle puisse identifier les technologies pertinentes, les défis éthiques associés ainsi que les efforts à effectuer (investissements, recrutements), les chercheurs du champ de l’intelligence artificielle pour qu’ils hiérarchisent leurs priorités et prennent en compte les enjeux éthiques et légaux spécifiques.

De façon globale, le Study panel ne voit aucune raison de croire à une menace imminente pour l’humanité. Mieux encore, le panel de chercheurs considère que nombres d’applications qui émergeront d’ici 2030 auront un impact positif7.

Outre un exposé nuancé, des pistes de lectures complémentaires, l’intérêt de ce premier rapport réside dans son ancrage dans le présent et une prospective raisonnable à 15 ans.

Notes :

3 Paul Berg, « Meetings that changed the world: Asilomar 1975: DNA modification secured », Nature, 18 septembre 2008, vol. 455, no 7211, p. 290-291.
5 Stanford, One Hundred Year Study on Artificial Intelligence (AI100)
6 Ibid

7 AI100, Artificial intelligence and life in 2030, op.cit., p. 4.

Une étude sur l’intelligence artificielle sur 100 ans à Stanford

Les humains génétiquement modifiés arriveront plus tôt que vous ne le pensez. Et nous ne sommes pas prêts.

La bio-ingénierie a déjà permis aux êtres humains de prendre le contrôle de leur propre évolution. Que ce soit par le biais de technologies émergentes de clonage ou de la thérapie génique de pointe, nous sommes à l’aube d’un monde où les êtres humains peuvent – et pourront – changer leur façon de vivre et de mourir.

Michael Bess est historien des sciences à la Vanderbilt University et l’auteur d’un nouvel ouvrage : Our Grandchildren Redesigned: Life in a Bioengineered Society (Nos petits enfants remodelés : la vie dans une société issu du génie biologique). Le livre de Bess propose un regard général sur notre avenir génétiquement modifié, un avenir aussi terrifiant que prometteur.

« Nous allons nous doter d’un pouvoir sans pour autant avoir la sagesse de le contrôler correctement ». L’ouvrage de Bess est une tentative de lutter avec les conséquences de cela.

L’historien de Vanderbilt offre une vision déconcertante d’un avenir proche de la bioingénierie :

Pensez-y comme des « humains version XP », « humains version 7 », « humains version 10 ». Tout comme le logiciel Microsoft, il y aura une hausse continue dans ce qui est considéré comme standard ou la norme ».

Our Grandchildren Redesigned: Life in a Bioengineered Society

publié chez Beacon Press

Ceci est un livre sur un futur plus ou moins proche – d’aujourd’hui à la moitié du 21e siècle. Il évalue l’impact que les biotechnologies auront sur nos vies, du fait de son omniprésence croissante dans la modification du corps humain et de l’esprit. Grâce à l’utilisation de produits pharmaceutiques, nous apprenons comment contrôler nos humeurs, stimuler nos performances physiques et mentales, augmenter notre longévité et notre vitalité. Grâce aux prothèses, implants cérébraux, et d’autres dispositifs bioélectroniques, nous ne faisons pas que soulager les malvoyants et les personnes souffrant de paralysies, mais nous commençons aussi à reconfigurer nos corps, à augmenter nos capacités de mémorisation, nos souvenirs, et de générer de nouveaux moyens d’interagir avec les machines. A travers des interventions génétiques, nous ne nous limitons pas simplement à neutraliser certaines maladies, dites longues voire incurables, mais nous ouvrons de nouvelles possibilités pour prendre en main notre évolution – la refonte de la « plate-forme » humaine du corps et de l’esprit d’une manière approfondie.

Parmi toutes les avancées de ces bio-améliorations technologiques, certaines seront spectaculaires par nature, offrant de formidables nouvelles capacités et aptitudes. Simultanément, ces progrès vont s’accompagner de désagréments et les dangers seront si profonds qu’ils justifieront des interdictions de certaines catégories d’interventions ou de dispositifs d’amélioration. Toutes ces technologies – même celles qui semblent les plus sensées et anodines – vont déstabiliser les éléments clés de notre système sociétal, ainsi que notre compréhension de ce que signifie être humain. Je soutiens que la société contemporaine est dangereusement mal préparée pour les changements spectaculaires qu’elle est sur le point d’éprouver – un changement drastique de ses repères. Elle n’est absolument pas prête à faire face aux bouleversements qui l’attendent d’ici peu.

Parmi les sujets abordés dans cet ouvrage :

  • Les stratégies pour envisager l’avenir à moyen terme. En prenant en considération les modifications qui ont eu lieu dans notre histoire passée, nous pouvons mieux envisager et nous préparer aux futurs possibles.
  • Science et technologie de la bio-amélioration humaine : huit domaines clés d’innovation : produits pharmaceutiques, bioélectronique, génétique, nanotechnologies, robotique, intelligence artificielle (IA), biologie synthétique, et la réalité virtuelle.
  • Les débats acharnés entre partisans et opposants au transhumanisme et l’ « avenir du posthumain » : comment trouver une solution objective et constructive pour aller de l’avant.
  • L’épanouissement de l’humain : un cadre moral pour évaluer les bio-améliorations spécifiques au cas par cas.
  • Le potentiel révolutionnaire des modifications épigénétiques d’amélioration.
  • Si les bio-améliorations sont adoptées par des millions de consommateurs, quelles en seront les conséquences économiques, sociales et culturelles ?
  • La bio-amélioration des animaux : devrions-nous créer de nouveaux hybrides et des créatures augmentées ?
  • Les modifications directes du cerveau et de l’esprit : comment le nouveau domaine de la neuroéthique peut nous aider à clarifier et évaluer les implications ?
  • La possibilité attrayante (et problématique) de la « bio-amélioration morale » (Paradise engineering).
  • La marchandisation des êtres humains, et les manières spécifiques dont les technologies de bio-amélioration pourraient mettre en péril la dignité humaine.
  • Les technologies de rajeunissement et l’allongement de la durée de vie en bonne santé – quelles en seraient les conséquences écologiques, économiques, et psychologiques ?
  • La Singularité, la bio-amélioration « définitive » et la possibilité de créer des formes d’intelligence artificielle de niveau humain.
  • Les valeurs qui méritent d’être préservées face à l’arrivée de l’entreprise d’amélioration au cours des décennies à venir.
  • De l’espace pour une agence humaine dans le pilotage du développement de l’innovation scientifique et technologique.

Aperçu du Livre

voir aussi :
Les cyborgs plus proches de la réalité dans les prochaines étapes de l’évolution humaine
Le transhumanisme est inévitable : Beyond human: How cutting-edge science is extending our lives
Sommes-nous à vingt années des bébés personnalisés ? : « The end of sex and the future of human reproduction » (Harvard University Press, 2016)


A propos de l’auteur

Michael Bess is the Chancellor’s Professor of History at Vanderbilt University. He has received major fellowships from the J. S. Guggenheim Foundation, the American Council of Learned Societies, the National Human Genome Research Institute, the John D. and Catherine T. MacArthur Foundation, and the Fulbright Program. His previous books include Choices Under Fire and The Light-Green Society.

Traduction Virginie Bouetel

L’intelligence artificielle soulève déjà de nombreuses questions juridiques et éthiques

Faut-il apprendre aux véhicules autonomes à éviter un chien qui traverse ? Peut-on laisser mettre en vente des robots sexuels destinés aux pédophiles ? Qui est juridiquement responsable en cas d’accident provoqué par un robot dans un atelier ?

Le « Rapport d’étape sur l’intelligence artificielle et la vie ». De quoi s’agit-il et que peut-on y apprendre ?

Une étude sur l’intelligence artificielle sur 100 ans à Stanford
Partenariat sur l’IA : les géants de la Tech s’unissent pour développer l’intelligence synthétique
Barack Obama sur l’intelligence artificielle, les voitures autonomes et l’avenir de l’humanité | WIRED
→ « Ces questions sur la technologie que vous n’êtes pas autorisé à poser »
Les Echos : Faut-il une loi spéciale pour les robots ?

https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-25.10.2016-ITEMA_21114633-1.mp3?_=1

 

 

Infléchir le futur ? Le transhumanisme comme auto-transcendance

Vincent Guérin, International Psychology, Practice and Research, 6, 2015


Résumé : Comment le transhumanisme oriente-t-il notre futur ? Entre l’eschatologie de la singularité technologique et la société de l’abondance promise par les nouvelles technologies (NBIC), il s’agit de saisir l’émergence et la diffusion d’une transcendance opératoire, son « inquiétante étrangeté ».


« The best way to predict the future is to create it yourself. » (17e loi de Peter H. Diamandis)

Introduction

Dans cet article, nous allons nous intéresser à la « communauté » des « singularitariens » de la Silicon Valley (Grossman, 2011). Deux de ses figures, Ray Kurzweil et Peter H. Diamandis ont créé, en 2008, l’université de la singularité. Son ambition : préparer l’humanité au changement induit par une accélération technologique à venir annoncée comme foudroyante. Cette entreprise qui prépare l’avenir tout en favorisant leurs ambitions. Au final, il s’agit d’explorer le tissage des forces en présence, mais aussi la réthorique utilisée par les « ingénieurs » singularitariens pour stimuler, orienter des recherches « stratégiques » devant favoriser leurs desseins. Sont-ils en mesure d’infléchir le futur, le faire advenir ?

Pour lire la suite, télécharger le PDF

Sommaire :

La singularité technologique : enfer ou âge messianique ?

L’Université de la singularité

La possibilité de l’abondance

Conclusion

Bibliographie

Le prix Nobel de Physique hongrois Dennis Garbor affirme que « tout ce qui est techniquement faisable doit être réalisé, que cette réalisation soit jugée moralement bonne ou condamnable » (Gabor, 1973) ⇒ Le transhumanisme : Ce qui est possible est-il toujours souhaitable ?

 

Conférence : Intelligence Artificielle, Robotique : Vers une nouvelle humanité ?

l’Association France-Amériques en partenariat avec Stanford Business Club vous proposent d’assister à un débat le jeudi 22 septembre 2016 dans les salons de France-Amériques 9, avenue Franklin Roosevelt – 75008 PARIS

Participants au débat : Luc Ferry, Bruno Bonnell, Laurent Alexandre, Guy Vallencian.

Le débat sera suivi d’un cocktail. Renseignements et inscriptions obligatoire avant le 18 septembre.

Le Cercle France-Amériques a été constitué en vue de travailler au développement des relations entre la France et les Nations américaines. A cet effet, sont organisées des manifestations d’ordre culturel, économique et social susceptibles de faire mieux connaitre les Amériques en France et la France dans les Amériques, en favorisant les rapports réciproques les plus féconds entre les organismes publics ou privés des Nations intéressées. France-Amériques se veut le point de rencontre privilégié des élites franco-américaines du monde de la diplomatie, des affaires, de la finance, de la recherche, de la défense, et de la culture.

Stanford Business Club (SBC) a été créé à la fin des années 1960, devenu association en 1979, le Stanford Business Club réunit des diplômés, vivant en France, de la Graduate Business School de l’université de Stanford aux États-Unis, dans le double objectif de partage d’expérience entre les anciens et de rayonnement de Stanford en France*.


* Réseaux d’influence : Le guide du networking en France par Alain Marty

L’IA vient d’avoir un gros “boost” dans sa capacité à comprendre l’actualité

Vous pourriez bientôt converser avec votre ordinateur sur les informations du matin. Une IA a appris à lire et à répondre aux questions sur un article d’actualité avec une précision sans précédent.

La création de systèmes d’IA pouvant apprendre en arrière-plan à partir des sources d’informations existantes, est l’un des grands enjeux de la science informatique. « Les ordinateurs n’acquièrent pas le type de connaissance générale et le bon sens sur le fonctionnement du monde [en lisant] des romans et en regardant des sitcoms », explique Chris Manning de Stanford University.

Pour se rapprocher un peu plus de cela, l’année dernière, l’équipe DeepMind de Google a utilisé des articles du site web du Daily Mail et de CNN pour entraîner un algorithme à lire et comprendre une histoire courte. L’équipe avait utilisé les résumés en haut de ces articles pour créer des questions d’interprétations simples qui ont formé l’algorithme pour rechercher les points clés.

Aujourd’hui, un groupe dirigé par Manning a conçu un algorithme qui a battu les résultats de DeepMind par un impressionnant [score de] 10% sur les articles de CNN et 8% pour les histoires du Daily Mail. Il a obtenu un score de 70% dans l’ensemble.

L’amélioration est venue en rationalisant le modèle de DeepMind. « Certaines des choses qu’ils avaient causaient des complications inutiles », dit Manning. « Vous vous en débarrassez et les chiffres augmentent. »

Un compromis de conception

« C’est logique », dit Robert Frederking de Carnegie Mellon University à Pittsburg. « La fabrication de quelque chose de plus compliquée ne la rend pas meilleure. »

Il y a un compromis dans la conception d’IA : si un algorithme est complexe, il est plus puissant, mais pour être plus performant, il a besoin de plus de données pour apprendre, dit Frederking. Des IA simplifiées peuvent s’entraîner rapidement avec de plus petites quantités de données.

Manning indique qu’il n’y a pas beaucoup plus d’un ordinateur qui peut apprendre de cet ensemble de données particulier. Pour préparer les centaines de milliers d’articles pour les lecteurs d’IA, DeepMind a utilisé un programme pour passer à travers eux et attribuer la même étiquette pour les noms et les pronoms qui les référencent. Mais ce programme a inévitablement confondu certains pronoms. De nouveaux noms et pronoms marqués dans un nouvel ensemble de données seraient nécessaires pour garder l’amélioration de lecture de l’IA.

L’avantage d’utiliser des articles de Daily Mail et CNN était dû à leur nombre important, dit Julia Hockenmaier de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign. Plus l’algorithme apprend des textes, plus il devient intelligent. Cela va être compliqué de trouver ou créer un autre grand ensemble de textes venant avec des questions toutes faites, dit-elle.

Avant que nous ne libérions l’intelligence artificielle pour recueillir des connaissances sur les textes du monde, il reste quelques défis à surmonter, dit Frederking. « Il est difficile de garder ces choses sur la bonne voie et de déterminer quelles sont les informations à garder ou à jeter », dit-il. « Si vous n’êtes pas prudent, votre système d’IA pensera qu’Obama est né au Kenya. »

Référence : arxiv.org/abs/1606.02858 ; Download PDF

New Scientist

Traduction Thomas Jousse

Cellules souches : un survivant d’un AVC marche à nouveau

Stanford researchers studying the effect of stem cells injected directly into the brains of stroke patients said that they were “stunned” by the extent to which the experimental treatment restored motor function in some of the patients. (Stanford University)

Un survivant d’un AVC marche à nouveau après que des médecins lui aient injecté des cellules souches directement dans le cerveau.

Des chercheurs de Stanford University ont été « stupéfaits » à la suite des résultats positifs obtenus après avoir injecté des cellules souches directement dans le cerveau de patients atteints d’un AVC (accident vasculaire cérébral). La découverte a créé un sujet de discussion dans la communauté neuroscientifique, amenant les chercheurs à revisiter et réévaluer la notion que les lésions cérébrales sont permanentes et irréversibles.

18 patients victimes d’AVC ayant atteint le cap des six mois – la « phase de plateau » de leur récupération, qui est l’endroit où, en général, aucune perspective d’amélioration de leur condition ne peut survenir – ont été sélectionnés pour l’étude.

Les patients à ce stade ont une mobilité réduite des bras et des jambes. De ce fait, ils sont en général retirés de la thérapie, leurs circuits cérébraux étant considérés comme endommagés sans espoir de réparation.

Les chirurgiens ont percé des trous à plusieurs endroits du crâne de chaque patient et y ont injecté des cellules souches. La procédure exigeait que les patients soient conscients pendant l’opération. Malgré l’apparente brutalité de la procédure, les chirurgiens disent que cette méthode est la plus simple en ce qui concerne la chirurgie cérébrale.


Le cerveau peut-être en mesure de se réparer lui-même


Les patients ont même été renvoyés chez eux le jour même de l’opération.

Des maux de tête, des nausées et des vomissements sont quelques-uns des effets secondaires rencontrés par les patients après la procédure. Des tests mesurant le discours, la vision et la motricité des patients ont été menés un, six et douze mois après la chirurgie.

Gary Steinberg, l’auteur principal et président de Neurochirurgie à Stanford, fût surpris de voir que sept des 18 patients ayant subi le traitement ont montré une grande amélioration. Le rétablissement pour sept de ces patients, dit-il, n’était pas minime. Il évoque un patient de 71 ans confiné à un fauteuil roulant ayant été capable de marcher à nouveau.

Malgré les résultats positifs de la procédure, Sean Savitz, professeur de Neurochirurgie de l’University of Texas, note qu’il reste encore beaucoup de choses à faire pour pouvoir confirmer les résultats de la chirurgie. Des recherches plus approfondies sont nécessaires pour déterminer pleinement le véritable effet des cellules souches dans la stimulation de ces changements, et il note qu’il est possible que l’opération ait induit un effet placebo.

traduction Thomas Jousse 

Stanford University, Washington Post

Sommes-nous à vingt années des bébés personnalisés ?

Que se passerait-il si les parents en devenir avaient la possibilité de choisir à l’avance la combinaison de gènes que leur enfant hériterait ? La question est sortie du cadre de la science-fiction selon Hank Greely, professeur de droit à l’Université de Stanford.

La science et la technologie sous-jacente  progressent rapidement, il est maintenant temps d’examiner attentivement  “quels changements légaux seraient nécessaires pour essayer de maximiser les avantages et minimiser les dommages de cette nouvelle approche reproductrice”, dit-il.

Greely a exploré les implications juridiques, éthiques, et sociétales des biotechnologies émergentes dans un nouveau livre : « The end of sex and the future of human reproduction » (Harvard University Press, 2016), qui envisage un monde où la procréation ne commence plus dans la chambre à coucher, mais plutôt dans une boîte de Pétri d’une clinique médicale.

Sélectionner un embryon

Dans le livre, Greely raconte le scénario suivant : Un couple voulant un enfant, créerait cent embryons et recevrait un dossier sur l’ADN de chacun. Cela révélerait la présence de gènes favorisant l’apparition de graves maladies mortelles, ainsi que des marqueurs qui confèrent un risque accru de conditions  moins graves.

Mais cela pourrait aussi inclure des gènes pour des traits physiques, comme la couleur des yeux ou des cheveux, la taille et le type de corps. Mais également des marqueurs pour les traits comportementaux tels qu’une inclination pour le sport ou la musique. Les futurs parents sélectionneraient alors les embryons à implanter, sur la base des caractéristiques espérées.

« Actuellement, la technologie telle qu’elle est envisagée dans le livre, ne sera disponible que d’ici une vingtaine d’années » déclare Greely.  « Mais des parties de celle-ci sont disponibles aujourd’hui ».

Le diagnostic préimplantatoire (DPI) – qui consiste à l’extraction d’une seule cellule d’un embryon créé in vitro (FIV), et le dépistage de gènes malades ou des chromosomes anormaux –  est présent depuis 25 ans.

Cependant, parce qu’il nécessite la collecte d’œufs pour la fécondation in vitro (FIV) (ce qui est très coûteux), Greely prévoit que la plupart des couples ne considéreraient pas la DPI s’ils pourraient concevoir un enfant en bonne santé par la bonne vieille méthode.

Mais tôt ou tard, les scientifiques réussiront à faire des ovules humains viables et du sperme à partir de cellules souches pluripotentes induites (CSPi) provenant de la peau ou d’autres cellules somatiques, dit Greely.

« Et ce sera l’avancée qui déclenchera un intérêt généralisé pour ce que j’appelle « DPI facile ». Cela ouvrira le chemin à un certain nombre de nouvelles possibilités en matière de reproduction. Les personnes infertiles pourront avoir leurs propres enfants génétiques. Ainsi que les couples de même sexe, puisqu’il pourrait bien être possible de faire des œufs à partir de cellules de peau d’un homme, ou des spermatozoïdes à partir d’une femme.

Cela permettra d’éliminer également la pression de l’horloge biologique – au moins en termes de conception – permettant ainsi aux femmes à repousser la formation d’une famille.

Mais la possibilité de faire des gamètes à partir de cellules de peau pourrait avoir des conséquences indésirables. Par exemple, quelqu’un pourrait prendre une tasse de café jetable que vous auriez négligemment jeté dans la poubelle,  et faire de vous un parent sans que vous soyez consentant ou n’en ayez connaissance.

“Nous aurons probablement besoin de nouvelles lois pour faire face à cela ;  la parentalité non-consentante semble être une mauvaise idée”, dit Greely.

Poursuivre les cliniques ?

Une possibilité qu’il envisage serait d’exiger des documents sur la provenance de toutes les cellules utilisées pour produire des ovules ou des spermatozoïdes. « Je pense qu’il y a beaucoup de questions complexes, et pour certaines d’entre elles, il n’y a pas de livres de droit particulier où se référer. »

Par exemple, que se passerait-il si des parents choisissent un embryon pour qu’il devienne le prochain Andrew Luck, ancien quarterback de Stanford, mais qu’à la place, il devenait poète ?

« Je pense que, universellement, les parents sont déjà un peu surpris par la destinée de leurs enfants. Mais si vous pensez que vous avez effectivement sélectionné leurs gènes, est-ce que vous serez plus dépités ? Est-ce que cela vous fera poursuivre en justice la clinique ? »

L’équité est une question centrale, dit Greely. Que faire si certaines personnes ont accès à la technologie et d’autres non ? Il prédit que dans les pays riches, le processus de fabrication d’enfant sera subventionné  jusqu’à la gratuité.

« En partie, cela arrivera parce qu’il permettra d’économiser beaucoup d’argent au système de santé. Vous n’êtes pas obligé de prévenir les naissances d’un grand nombre de bébés gravement malades, pour payer des centaines ou des milliers de tentatives de faire des bébés grâce au DPI facile. »

Mais même ainsi, il y aura certainement des disparités internationales, voire nationales.

Greely soulève également des questions difficiles en ce qui concerne les personnes handicapées.

« Si vous êtes atteint d’une maladie génétique, cela signifie que beaucoup moins d’individus vont naître avec votre maladie, et bien, dans un sens, c’est une bonne chose, mais d’un autre côté, cela réduit l’intérêt de la recherche pour votre pathologie, le soutien social,  et la société sera susceptible de vous pointer du doigt en pensant que vous n’auriez pas dû être né », dit-il.

Citant les exemples de la surdité et du nanisme héréditaire, il note que les parents pourraient vouloir un enfant comme eux.

« Si un parent rendait sourd son enfant, nous enlèverions certainement le bébé et nous poursuivrions le parent. Si les parents choisissent un embryon pour qu’il soit sourd, comme eux, afin de préserver la culture des sourds d’un génocide, que doit-on faire ? »

Greely espère provoquer et susciter de larges discussions sur les politiques à mettre en place concernant ces questions.

« Je pense que quelque chose qui change la façon dont nous concevons les bébés affecte tout le monde dans ces méthodes de base, que ce n’est pas un sujet qui devrait être laissé aux seuls professeurs de droit et juristes, obstétriciens-gynécologues, ou aux bioéthiciens et cliniques de fertilité. »

Traduction Benjamin Prissé

Posted by Clifton B. Parker, Deputy Director, Social Science Communications, Stanford University – cbparker@stanford.edu

Stanford University, Futurity