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Amazon lance la biométrie palmaire

Amazon lance la biométrie par empreinte palmaire pour les paiements sans contact, le contrôle d’accès et plus encore, selon un article du blog de la société, sous le nom d’Amazon One.

Début 2020, la société aurait envisagé la biométrie palmaire pour les paiements en magasin, et un brevet déposé fin 2019 décrit l’utilisation des empreintes palmaires et des veines pour l’authentification biométrique.

Dans l’article du blog de Dilip Kumar, vice-président d’Amazon Physical Retail & Technology, Amazon One est décrit comme étant rapide et facile à souscrire, et l’accès à une carte de fidélité est suggéré comme une application de cette technologie. Elle sera d’abord déployée à l’entrée de certains magasins Amazon Go, mais aussi aux caisses ou dans les points de vente traditionnels de la plupart des magasins.

Amazon One

Les scanners ont été déployés dans deux magasins Amazon Go à Seattle, et la société indique que les clients peuvent s’inscrire en moins d’une minute en insérant une carte de crédit et en suivant les instructions pour enregistrer leurs données biométriques palmaires. Une fois inscrit, le client peut accéder au magasin en tenant sa paume au-dessus du scanner pendant environ une seconde.

La société prévoit également de déployer Amazon One chez d’autres détaillants, dans des stades et des bureaux.

Dans une FAQ accompagnant l’article du blog, Amazon indique que le développement du système biométrique palmaire a commencé avec l’expérience client, bien que l’explication du choix de la modalité soit un peu moins claire.

« Nous nous sommes demandé si nous pouvions contribuer à améliorer des expériences comme le paiement à la caisse, la présentation d’une carte de fidélité, l’entrée dans un lieu comme un stade, ou même l’entrée au bureau avec un badge. Nous avons donc créé Amazon One pour offrir un moyen rapide, fiable et sûr de s’identifier ou d’autoriser une transaction. »

La nouvelle vague biométrique

La société affirme que “la reconnaissance de la paume est considérée comme plus privée que certaines alternatives biométriques parce que vous ne pouvez pas déterminer l’identité d’une personne en regardant une image de sa paume”, ce qui contraste probablement avec la reconnaissance faciale. Amazon souligne également que la reconnaissance de la paume nécessite un geste intentionnel, et qu’elle est sans contact.

Les clients peuvent s’inscrire à Amazon One sans compte Amazon et peuvent demander la suppression de leurs données biométriques s’ils décident de ne plus utiliser le système après leur inscription. Amazon indique également que toutes les données biométriques sont cryptées et stockées dans “une zone hautement sécurisée que nous avons personnalisée dans le Cloud où nous créons votre signature palmaire”.

L’entreprise affirme également qu’elle est en pourparlers actifs avec plusieurs acheteurs tiers potentiels.

La nouvelle vague biométrique

Comment savoir si une personne est bien celle qu’elle prétend être ? Avant, c’était simple. Les personnes étaient identifiées par la vue, le nom, la voix ou, le cas échéant, un tiers de confiance pouvait se porter garant pour elles. Nous nous appuyions sur une combinaison d’attributs connus et de reconnaissance pour vérifier l’identité d’une personne. Ce n’est que plus tard que sont apparus des documents comme les passeports, les cartes d’identité et les permis de conduire.

Aujourd’hui, la question est plus difficile : Comment identifier quelqu’un que je ne connais pas, que je ne vois pas et qui n’est pas physiquement présent ? Nous pouvons échanger des informations – sous la forme de mots de passe, de codes PIN, de données mémorisables ou de détails personnels. Mais ces méthodes de vérification ont un prix, notamment la perte de la vie privée, les désagréments, l’insécurité et l’usurpation d’identité.

La première vague de biométrie – physique – a apporté une solution. Il s’agit de faire correspondre des caractéristiques physiques à des attributs connus, qu’il s’agisse d’empreintes digitales, de visages, de voix ou d’une série de facteurs émergents. Mais la nouvelle vague de biométrie – comportementale – offre des possibilités encore plus grandes lorsqu’elle est combinée avec le physique.

Rien qu’en 2023, on prévoit que 37,2 milliards de transactions, d’une valeur de 2 000 milliards de dollars, seront authentifiées par la biométrie. Et la plupart de ces transactions sont à distance – l’individu n’est pas présent. La révolution de la biométrie est clairement en marche. Et ce, parce que cette technologie centrale répond à un défi fondamental des transactions dans le monde numérique en expansion – elle nous permet de confirmer plus précisément que nous sommes bien qui nous prétendons être. C’est un retour à la connaissance et à la reconnaissance, mais cette fois, la science de la familiarité est alimentée par l’IA.

Améliorer la biométrie physique

La biométrie physique continue de se diversifier, rendant les solutions existantes (par exemple les empreintes digitales, le visage et la voix) plus sûres et intelligentes, et explorant de nouvelles références physiologiques (par exemple la paume et l’œil) pour vérifier l’identité d’un individu. Voici quelques-uns des développements qui se mettent en place :

– Scanners d’empreintes digitales sans contact – Ces lecteurs acquièrent des images d’empreintes digitales en utilisant une technologie d’imagerie 3D avancée sans qu’il soit nécessaire de toucher l’appareil. Cela permet de surmonter les difficultés associées aux scanners à capteurs, comme les doigts secs et humides, les images fantômes laissées sur le scanner et les problèmes d’hygiène.

– Empreintes digitales sur les cartes de débit et de crédit – Ces cartes associent des capteurs d’empreintes digitales intégrés à la technologie des puces pour une double authentification afin de rendre les transactions plus sûres. L’empreinte digitale est cryptée sur la carte, ce qui permet d’éviter les honeypots d’informations sensibles et de renforcer la sécurité des données.

– Empreintes palmaires et veines de la paume – Tout simplement, la paume est plus grande que le doigt, ce qui permet de saisir des caractéristiques plus distinctives. Avec l’amélioration de la technologie de numérisation sans contact, les empreintes palmaires pourraient se généraliser. Le balayage des veines de la paume – où la lumière infrarouge est utilisée pour scanner des structures veineuses uniques et complexes – pourrait représenter une nouvelle évolution dans ce domaine. En tant que biométrie interne, elle est plus difficile à falsifier.

Reconnaître les comportements

Dans le monde réel, nous ne nous fions pas uniquement à l’apparence physique pour identifier un individu. De même, dans le monde numérique, nous devons aller au-delà de la biométrie physique et prendre en compte les technologies avancées comme l’IA et l’apprentissage automatique (machine learning) qui reconnaissent les traits de comportement.

Prenons un exemple hypothétique : votre voisin, Lyn, frappe à votre porte pour vous emprunter votre tondeuse à gazon. Vous vous sentez en confiance pour la lui prêter car, tout d’abord, vous reconnaissez Lyn (physiologie). Deuxièmement, il n’est pas surprenant que vous voyiez votre voisin à votre porte d’entrée (contexte). Troisièmement, Lyn a déjà emprunté la tondeuse (histoire) et, par conséquent, vous estimez (intelligence) que le risque de lui prêter la tondeuse est très faible. Tous ces facteurs se combinent pour créer un niveau élevé de confiance dans cette interaction particulière.

De la même manière, l’IA et le machine learning sont capables d’apprendre à reconnaître les comportements pertinents pour la tâche à accomplir et de prendre des décisions en une fraction de seconde. Dans le commerce mobile, l’analyse comportementale peut évaluer la biométrie passive de la manière dont un individu interagit avec son téléphone : comment il tape, glisse et navigue sur les sites web et les applications. À partir de ces points de données individuels, il est possible de créer un profil d’utilisateur que les fraudeurs peuvent difficilement usurper. Les solutions d’IA et de machine learning sont également efficaces parce qu’elles permettent d’apprendre. Plus elles disposent d’échantillons, plus l’identification sera intelligente. Elles peuvent également constituer une présence dynamique. Connue sous le nom de vérification continue, la biométrie comportementale multiple peut être combinée en arrière-plan pour vérifier constamment l’individu, sans que cette couche de sécurité supplémentaire ne cause la moindre perturbation.

Il est essentiel que ces techniques d’authentification ne requièrent pas de nombreuses informations personnelles. Vous n’avez pas besoin de connaître la date ou le lieu de naissance de Lyn, son casier judiciaire, son solde bancaire ou son nom de jeune fille pour lui prêter une tondeuse à gazon. Vous devez juste en savoir assez pour reconnaître Lyn et être sûr qu’on peut lui faire confiance dans cette situation.

La biométrie au-delà des transactions

Ce ne sont pas seulement les transactions des consommateurs qui sont transformées. La sécurité des patients et le respect de la vie privée sont depuis longtemps des questions importantes dans le domaine des soins de santé. Et avec l’augmentation de la demande de services sans contact et virtuels, la biométrie a un rôle énorme à jouer, en garantissant à chacun un accès sûr à l’aide vitale dont il a besoin. L’authentification vocale, par exemple, peut être utilisée comme un moyen beaucoup plus sûr et pratique de se connecter à des portails de télémédecine, permettant aux médecins d’accéder rapidement et en toute sécurité aux dossiers médicaux des patients.

Cela fait partie d’un besoin plus large de meilleure identification dans l’industrie. En 2007, il a été révélé qu’en une seule année, des milliers de patients au Royaume-Uni ont reçu un mauvais traitement en raison d’erreurs d’identification. Pour lutter contre ce phénomène, les prestataires de soins de santé et les hôpitaux déploient de plus en plus souvent des scanners de veines palmaires pour les patients et prennent les empreintes digitales des nouveau-nés et de leurs mères.

Les niveaux de sécurité élevés et le nombre de points de contrôle exigés dans le secteur des voyages placent également celui-ci au centre de l’application de la biométrie. La reconnaissance faciale et la biométrie des empreintes digitales par téléphone prennent tout leur sens, compte tenu de la nécessité d’une distanciation sociale et d’une hygiène primordiale.

Alors que les employés commencent à retourner sur leur lieu de travail partout dans le monde, les solutions biométriques deviendront un pilier de la vie professionnelle – pour entrer dans le bâtiment, se connecter aux appareils et accéder aux documents. La vérification continue fonctionnera en arrière-plan pour améliorer l’expérience des employés, la sécurité et éviter les connexions répétées.

Une chose est claire : nous allons voir l’importance et la dépendance de la biométrie jouer un rôle exponentiel dans la façon dont nous effectuons nos transactions et interagissons à l’avenir. La crise actuelle a entraîné une augmentation des cyber-attaques et l’importance d’une authentification forte est devenue évidente.

Une biométrie efficace se fond dans une expérience plus large de services centrés sur le consommateur. L’avènement des solutions biométriques a entraîné le passage de méthodes de vérification basées sur la connaissance à celles qui font appel à la reconnaissance intelligente – en remplaçant le mot de passe par la personne. Mais l’adoption continue de cette technologie dépend de la confiance des utilisateurs dans sa sécurité. Comme notre identité devient de plus en plus numérique, ceux d’entre nous qui conçoivent la technologie doivent s’assurer que leur confiance en celle-ci progresse également. Cela signifie qu’il faut recourir à la sécurité par la conception, une approche qui place la protection des données d’identité au cœur de la biométrie. Connaissance, reconnaissance et sécurité.

À propos de l’auteur

Ajay Bhalla est président des solutions de cybernétique et de renseignement pour Mastercard. Il dirige l’équipe qui développe des produits ou des solutions qui améliorent la sûreté, la sécurité et l’expérience des consommateurs, des commerçants, des partenaires et des gouvernements du monde entier. Ajay est membre du comité de direction de l’entreprise.

Biometric Update

Quelle forme de complicité a rendu Facebook possible ?

L’exemple de Facebook1 permet de remonter à la racine d’une « responsabilité du clic » associant le réflexe corporel – celui de cliquer, commun à toute l’économie du net – et le succès fulgurant d’une révolution globale non pas tant numérique (comme on se plaît à le dire) que politique. Facebook peut être considéré comme un exemple princeps de ce que Foucault nommait les « techniques du corps », exemple dont la valeur repose ici sur sa portée contre-intuitive, puisque l’Internet est réputé réaliser le triomphe de « l’immatériel ». Ainsi, la mystification est totale. La focalisation imaginaire sur la production des biens physiques – telles une voiture ou une paire de chaussures – fait volontiers oublier aux militants écologistes combien les réseaux ont accaparé un potentiel de croissance économique exponentielle qu’eux-mêmes hésitent à intégrer dans leur critique, en raison d’un désir de propager leur propre audience par ces moyens-là, désormais déclarés incontournables. Cette croissance est destinée à devenir ubiquitaire avec l’implantation du réseau 5G (de cinquième génération) et la généralisation de l’Internet des objets, ce qui montre à rebours que le capitalisme n’a pas dit son dernier mot sur les objets matériels : il s’agit par là de créer de toutes pièces une nouvelle phase d’accumulation qui ne laissera aucun geste quotidien en dehors de son emprise jusqu’à s’implanter dans le corps humain. Il s’agit de coloniser sans reste toute chose et tout être, et même les flux de pensée, avec notre consentement imperceptible, au nom de l’argument selon lequel il n’y a rien de mal à promouvoir des technologies si pratiques et si rapides. La croissance économique se présente ainsi sous les espèces d’une communication inoffensive, qu’il convient seulement de « faciliter » dans l’intérêt de tous, au service de bonnes causes, alors qu’elle vise à absorber l’ensemble des sphères non économiques dans sa progression dévorante. Ce faisant, elle parachève l’intégration de toute critique dans l’escarcelle de sa propre valorisation. Elle réussit à éliminer son propre dehors en contribuant à l’inanité de toute opposition politique – ceci dans la mesure même où elle prétend faciliter la diffusion de causes politiques. L’argument selon lequel on doit à Facebook (et d’autres réseaux sociaux) le départ et la diffusion de contestations sociales doit être analysé à l’aune de la croissance de Facebook lui-même, qui, pendant qu’on poussait les représentants de l’État à la démission, engrangeait les bénéfices cachés de ces révoltes : nous avons insensiblement changé de maîtres. La critique de la croissance peut ainsi en rester à la critique fétichiste des objets physiques en éludant les progrès d’une infrastructure de la communication prétendument acceptée pour la bonne cause. Ce faisant, elle nourrit un capitalisme à qui elle demande en même temps de décroître ou de disparaître. Cela démontre par les faits l’inconséquence d’une critique qui ne va pas jusqu’à considérer sérieusement l’affirmation de MacLuhan sur l’identité du message et du média. Que ne faut-il de naïveté ou d’idéologie pour penser qu’une bonne idée se suffit tellement à elle-même qu’elle n’a pas à s’interroger sur ses voies de médiatisation !

Facebook offre un cas d’espèce qui permet de définir un certain type d’enrôlement subjectif et d’éclairer la nature de certains compromis apparemment sans retour. La rumeur qui parlait d’une candidature de Zuckerberg aux élections américaines est à prendre au sérieux, même si la réputation de l’entreprise est désormais entachée : nous savons que le scénario d’un président milliardaire sans expérience politique est possible, aussi le scénario d’un milliardaire de la Silicon Valley président des États-Unis n’est pas à exclure. Comme chacun sait, Mark Zuckerberg a dû répondre en 2018 devant le Sénat américain et le Parlement européen du scandale de la vente des données personnelles à Cambridge Analytica, c’est-à-dire pour avoir transgressé le respect de la vie privée des utilisateurs et avoir permis que soient influencés les résultats des présidentielles Américaines. Mais la dénonciation aussi irrégulière qu’inefficace du monopole des GAFAM2 semble incapable de mener à une poursuite juridique à l’aide des seules lois antitrust américaines, en raison de l’intérêt pour le bien commun dont se targuent les géants du monde numérique : investissement dans la recherche scientifique (qui est cependant bien davantage qu’une recherche désintéressée puisqu’elle porte un vaste projet de société) et accession des particuliers à une multitude de services « gratuits ». Ces lois américaines qui surent dans le passé conduire au démantèlement d’entreprises aussi influentes que la Standard Oil ne s’appliquent plus à la situation actuelle. C’est pourquoi un auteur libéral comme Luc Ferry n’a rien de mieux à proposer aux Européens que de créer leur propre GAFAM. Leur monopole et leur ascension politique a déjà réussi la paralysie du monde politique, au point que la seule « alternative » aux GAFAM américains serait des équivalents européens, ce que les Chinois ont bien compris avant tout le monde avec leurs BATX3. L’arrogance européenne consistant à considérer par provision l’Europe comme naturellement porteuse de valeurs plus hautes – capable de transcender les horreurs américaines et chinoises – est une fois encore sans limites. Mais la menace que font peser les GAFAM sur l’économie et la politique elles-mêmes est la raison pour laquelle ces entreprises sont désormais dans le viseur de tout le spectre politique de droite comme de gauche, y compris américain : elles sont déclarées contrevenir aux règles minimales du libre-échange et inquiètent donc non pas tant pour leurs vertus capitalistes que pour leur nature anticapitaliste4, comme un tricheur à qui on rappelle les règles du jeu, sauf que c’est désormais le tricheur qui fait les règles. Il n’est donc pas étonnant qu’une libérale comme Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence (et, depuis le 1er décembre 2019, vice-présidente de la commission européenne en charge du numérique), ait fait de la lutte contre les GAFAM son plus grand défi. Comment en sommes-nous arrivés à une situation où des entreprises en situation de monopole mondial sont devenues à ce point capables de dicter les règles du jeu politique ? Il est possible d’étudier toute la stratégie commerciale de ces firmes pour en tirer des conclusions sur leurs ambitions politiques, dont le transhumanisme est le fleuron idéologique. Mais cette approche ne suffit pas : elle n’explique pas la protestation persistante des utilisateurs même les plus gauchistes et les plus anticapitalistes en faveur de Facebook « malgré leur répugnance », et ceci en dépit des nombreux signaux d’une modification sournoise et fondamentale de la vie politique que Facebook et d’autres ont déjà enclenchée et bientôt remportée. Il n’est que de voir le nombre de lieux qui se disent anticapitalistes et alternatifs, dont le compte Facebook est mieux mis à jour que leur site Internet : ce qui contribue de fait soit à forcer le sympathisant à ouvrir un compte Facebook pour accéder aux contenus, soit à l’exclure de ces mêmes contenus s’il persiste à refuser de se joindre à la communauté Facebook. On conviendra que c’est là un comble pour toute pensée critique. Qu’on en juge par les propos sans fards de Peter Thiel, fondateur de PayPal, actionnaire de Facebook, transhumaniste, libertarien élitiste et adversaire résolu de la démocratie : « Nous sommes engagés dans une course à mort entre la politique et la technologie. Le sort de notre monde dépend d’un seul individu, d’une personne, qui sera capable de bâtir et diffuser des outils technologiques favorisant la liberté et permettant un monde plus sûr pour l’épanouissement du capitalisme5. » Les États, pour rester dans la course, sont sur une pente glissante : la France des droits de l’homme n’a pas craint de faire passer sans débat parlementaire en 2016 un méga-fichier (Titres électroniques sécurisés) qui centralise les informations personnelles et biométriques de tous les Français. L’Europe met à l’essai « à des fins de recherche » un système de contrôle aux frontières européennes (iBorderCtrl) financé par la Commission européenne, qui utilise les technologies de reconnaissance faciale, un détecteur de mensonges et le recueil des données – tout ceci au nom du confort des usagers et de la sécurité collective qui seront les critères décisifs pour l’éventuelle adoption ultérieure de ce système de contrôle. Nous sommes insensiblement, une étape après l’autre, dépossédés du droit de ne pas être traçabilisés et personne ne sait à quoi peut servir dans un avenir incertain la constitution de tels fichiers (dont l’exemple de la Chine donne un certain avant-goût). Il n’y a aucune raison de penser qu’ils ne vont pas continuer de s’étendre en volume et en applications, toujours pour la bonne cause. « On vous protège », affirme désormais péremptoirement le métro parisien pour justifier les caméras de surveillance. Le progrès technologique est vu ici comme un développement autonome, naturel, cosmique en somme, contre lequel seules des interdictions puissantes auraient peut-être une chance de nous sauver du désastre. Il n’y a pas de choix ; il n’y a que des permissions ou des interdictions, des évitements ou des facilitations d’un phénomène qui, pour ainsi dire, se passe sans nous (dans la droite continuation du fétichisme du progrès). Pendant ce temps, nous continuons de nous enfoncer mollement dans la consommation numérique comme dans un sommeil de nos facultés critiques. Je prie le lecteur d’imaginer sur quelle pente nous mène ce faisceau de tendances qui concourent, mises ensemble, à transformer la planète en lieu invivable et sans échappatoire et l’humanité à un troupeau d’enfants qu’on dresse, qu’on surveille, qu’on protège et qu’on évalue.

Or tout se passe ainsi comme si nous avions (presque) tous voté pour Facebook et que nous considérions cette dictature d’un genre nouveau (sans doute difficile à décrypter aux habitudes héritées de l’histoire des dictatures) comme la seule option possible, rapportée à une inoffensive évolution des pratiques – du moins aussi longtemps que quelqu’un d’en haut ne nous en aura pas libérés, comme des enfants pris au piège. C’est dans ce contexte qu’il convient de replacer la demande répétée aux institutions européennes de nous libérer des GAFAM. Se peut-il que tout le monde s’en serve, mais que personne n’en veuille ? Voulons-nous ce que nous désirons, pour reprendre une formule de Lacan ? Personne ne se risque à dire sur quel modèle économique l’Europe pourrait sortir des GAFAM, étant donné qu’une version européenne des GAFAM fondée sur le même modèle économique n’aurait évidemment rien d’émancipateur, sauf à supposer qu’un label européen serait naturellement plus moral qu’un label étranger, comme tend à le croire le vieux chauvinisme européen. Quoi qu’il en soit, les politiques nationales et européennes sont dans l’impasse et leurs représentants sont détestés à la mesure de l’attente exorbitante à leur endroit. Que dire ici des utilisateurs de Facebook ? Ils ne semblent à tout le moins pas faire grand cas ni de leurs données personnelles, ni des projets qu’elles permettent de financer, ni des influences qu’on exerce sur eux. Pourquoi en effet poursuivre les entreprises si le public en redemande ? La même personne qui ne se déclare pas prête à quitter Facebook peut à la fois critiquer la viduité de la plus grande partie des communications échangées sur Facebook, jouer tout de même les « infiltrés » et en appeler à la lutte active contre les GAFAM6. De manière caractéristique, cette argumentation manie soumission et fausse critique sans rien trancher sur le fond. À côté de l’argument pratique, il se développe en particulier une série de « justification par l’infiltration » : être présent sur Facebook permettrait justement d’observer Facebook, voire permettrait de répandre à grande échelle des informations critiques, de lancer des mouvements ou d’accéder soi-même à des informations inaccessibles ailleurs (alors même que tant d’informations sont notoirement des fake news et que tant d’autres sont censurées). Voyons plutôt ce que déclarait l’une des collaboratrices de Facebook au souvenir de l’introduction des News Feed en 2006 :

« Nous nous sommes réveillés avec des centaines de milliers de gens indignés. Pendant la nuit, des groupes Facebook comme “je déteste newsfeed”, “Ruchi [la collaboratrice en question] est le diable” s’étaient constitués. Des reporters journalistiques et des étudiants étaient campés devant les bureaux. Nous avons dû nous faufiler discrètement par la sortie arrière pour quitter le bureau. Des tas de gens nous demandaient de fermer définitivement News Feed. Et la plupart des autres entreprises auraient exactement fait cela, en particulier si 10 % de leurs usagers menaçaient de boycotter le produit. Mais nous ne l’avons pas fait… En fait, News Feed a marché. Au milieu de tout ce bazar, de toute cette indignation, nous avons remarqué quelque chose d’inhabituel. Bien que chacun prétendait le détester, l’activité avait doublé7. »

La mesure de l’action plutôt que celle de l’opinion aura ici été déterminante : non pas ce que vous dîtes, mais ce que vous faites. C’est bien le coup de clic qui aura été décisif, cette sorte de réflexe inscrit dans la peau des utilisateurs de l’ère numérique. Cela porte un nom en théorie néoclassique : ce sont les préférences révélées8. L’écart entre l’indignation affichée des utilisateurs et le succès réel de la chose (« News Feed a marché… l’activité avait doublé ») justifie la poursuite de l’entreprise, ressort ultime de son ascension. Le compromis passé à ce moment-là ouvre une voie qui, semble-t-il, est sans retour : une fois que ce cap fut franchi, Facebook devint en quelques années toujours plus puissant et politiquement hors d’atteinte. Les conditions d’installation initiales furent comme frappées de refoulement. Le compromis originel devient illisible dans ce que Freud nomme les phénomènes de déplacement ou de condensation : le destin du compromis est d’avoir effacé ses propres traces. Il n’empêche que le monde numérique est plein de repentis, tel le fondateur de WhatsApp qui, après avoir revendu l’application à Facebook investit désormais dans la protection des données, laquelle ne change rien au modèle économique de Facebook : elle renforce au contraire sa légitimité écornée. L’opinion d’une gauche imbue d’elle-même selon laquelle nous ne voulons pas de ce modèle de société est contredite par l’ascension arrogante de ce même modèle assise sur une complicité généralisée. Se peut-il alors que les gens ne reçoivent pas autre chose en fait que ce qu’ils veulent vraiment ? Leur véritable désir est-il celui, pur, qui précèderait le moment de corruption, ou bien celui révélé par l’offre qu’ils acceptent gracieusement ? Cette spirale rétroactive ne se ferme sur aucune ontologie subjective susceptible d’endosser l’entière responsabilité du circuit de l’offre et de la demande. Leur vrai désir n’est certainement ni l’un ni l’autre : le désir n’a pas de substance. Lacan a dit que le désir de l’homme, c’est le désir de l’Autre : toutes les gesticulations sur mon désir insatisfait ne valent pas un instant de considération si mon adresse constitue un ralliement secret à cet Autre incarné dans le discours du moment – en attendant le prochain discours. À charge donc pour le critique d’incarner un autre discours. Le moment fictif de corruption (celui où un utilisateur se met à agir d’une manière qu’il réprouve ou prétend réprouver) est lui-même ce point évanouissant d’une subjectivité impossible à objectiver à la fin autrement que dans la somme de ses actes. L’autre sujet, celui de l’inconscient, celui qui articule la structure « je sais bien, mais quand même… », n’est justement pas lisible dans l’ordre du monde algorithmique. Que vous ayez un doute, une mauvaise conscience ou un repentir ne compte pas pour les big data, qui ne font que totaliser des actes. Il s’ensuit que ce réseau social est probablement l’entreprise la plus populiste au monde, à savoir qu’il accorde une certaine fonction politique à la multitude dont il révèle ou façonne une préférence en supplantant imperceptiblement dans son creuset algorithmique toutes les formes connues d’organisation politique.

Mark Zuckerberg ne cesse de protester ingénument (lui aussi) du fait qu’il n’avait aucune autre intention que celle de lancer un réseau efficace et enrichissant pour les utilisateurs. Il nous semble décidément n’avoir à faire qu’à une humanité exclusivement soucieuse de générosité et de partage. Mais l’histoire de Facebook montre que la bonne intention dérape à un endroit de sa collusion obscure avec l’Autre au cours de son processus de multiplication. N’est-ce pas à juste raison que Zuckerberg ne manque jamais de remercier les utilisateurs de l’avancement de son grand projet universel ?

« À un moment, il [Mark Zuckerberg] décida que le principe universel qui vaut ici, c’est celui de l’acte d’engagement. Ce à quoi nous devrions vraiment prêter attention, ce dont il s’assurera que nous y prêtions attention, ce sont les choses qui génèrent de l’engagement. […] Le behaviourisme est ancré dans Facebook. Facebook n’en a pas fait mystère. Facebook est constamment en train d’ajuster ses algorithmes pour essayer de commuter nos états émotionnels positifs, qu’on appelle habituellement le bonheur. C’est l’une des raisons pour lesquelles Facebook mesure le bonheur du mieux qu’il peut, ou du moins c’est ce que pensent ses administrateurs. Voilà pourquoi ils ont conduit des études sur le changement de l’humeur (et cela leur causa des problèmes). C’est le genre d’ingénierie sociale qu’ils veulent mettre en place. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils essayent d’appliquer le principe de mesure hédoniste à toutes les espèces9. »

Or Zuckerberg n’a pas mieux à promettre que ses investissements dans le domaine de la connexion télépathique universelle et la disparition de toutes les maladies de la terre, projets qui en d’autres temps seraient passés pour ceux d’un dangereux psychopathe. Lorsqu’il dévoile son projet d’interface cerveau-ordinateur, qui serait capable de transformer le flux des pensées en données partageables et en interaction directe avec les objets connectés, il n’a aucune raison de douter qu’une telle technologie trouvera des utilisateurs, conformément aux principes qui ont fait leurs preuves jusqu’à présent : « Je suppose que ce serait quelque chose que quelqu’un choisirait d’utiliser comme produit10. » Le fantasme de symbiose technologique tire son ressort de la promesse de surmonter la division du sujet par la fusion de l’environnement et de l’individu – en quoi notre civilisation s’avance dangereusement au bord de l’abîme de la responsabilité. Ceci dit indépendamment de la faisabilité de ce projet, qui reste bien sûr incertaine.

Et tandis que la seule solution, mais la plus improbable d’après certains critiques, serait de quitter massivement Facebook, on argue en face qu’il est peine perdue de quitter Facebook (les données étant récoltées partout ailleurs, autant dire qu’il est trop tard) et qu’on ne voit pas comment garder contact avec famille et amis, organiser un événement d’envergure ou lancer un mouvement contestataire sans un service équivalent à celui de Facebook11. Si une étude déplorait un quart de fermeture de comptes Facebook par les utilisateurs américains lors du deuxième trimestre 2018 (mais seulement environ 1 % de baisse d’utilisation active en Europe), Facebook n’est pas menacé et détient suffisamment d’autres services par ailleurs. Chacun sait que lorsque les utilisateurs sont lassés d’un service, il suffit – c’est de bonne guerre capitaliste – d’en proposer un nouveau. Ce point de fuite est caractéristique d’une incapacité croissante des peuples et des individus à dire non, le refus ponctuel étant de toute façon immédiatement réorienté vers une nouvelle offre. Il faut donc le dire : Mark Zuckerberg a dû répondre des opérations de son entreprise, mais les utilisateurs sont à la fin lavés de toute responsabilité. Eux n’ont que de bonnes raisons, ludiques ou sérieuses, et toujours déclarées « pratiques », de rester utilisateurs d’un réseau qui, en vérité produit une accumulation capitaliste exponentielle grâce à leurs données personnelles et met en œuvre une révolution politique. Or ce n’est pas le règlement général sur la protection des données (RGPD) qui change quoi que ce soit à cette politique ; ce dernier parachève la perversion en permettant la récolte des données… avec votre consentement obligatoire, même si celui-ci est obtenu en un clic négligeant. Même si la case cochée par défaut n’est plus légale, on peut se demander quel utilisateur lit à chaque fois l’intégralité des conditions d’utilisation et s’embête d’un long détour pour refuser son accord. De plus le RGPD ne s’applique qu’en cas d’identification personnelle des données, mais ne s’applique pas à leur recueil anonyme à des fins statistiques (certains types de cookies), ce qui égare l’utilisateur. Il s’ajoute à cela un certain nombre de détournements des conditions d’utilisation qui ont été dénoncées en France par l’association la Quadrature du Net. La tactique du plus malin caractérise le recueil du consentement qui n’est pas du tout aussi « univoque » que le prétend le RGPD. En pratique, c’est une demande fastidieuse répétée à chaque nouveau site, renouvelable régulièrement, soumise à des conditions d’utilisation et à des paramétrages qui n’intéressent pas le profane. Le consentement s’obtient en harassant l’utilisateur par une demande répétée faîte dans des conditions qui dérangent sa navigation. Or le consentement obtenu de cette manière est d’ores et déjà l’argument imparable de Facebook dans les plus récentes accusations de collecte de données qui se poursuivent en contournant le règlement européen par le biais d’applications mobiles, faisant de l’utilisateur un « complice12 » par sa négligence même à vérifier les conditions d’utilisation au moment de l’installation d’une application. Nous retrouvons au cœur de la question de la responsabilité la notion de consentement qui est tout sauf « univoque », contrairement à ce que prétend le RGDP. C’est plutôt en se fondant sur une équivoque fondamentale du consentement que Facebook peut continuer à déployer son modèle commercial. Comment Facebook cesserait-il, du reste, de collecter des données, puisque tout son modèle politique et commercial est bâti là-dessus ? Pourquoi fait-on mine tous les quatre matins de redécouvrir la même chose et de s’en offusquer ? Seule l’interdiction pure et simple de l’utilisation commerciale des données mettrait en péril le monopole, voire l’existence de Facebook. Au risque d’avoir un tiers de l’humanité en révolte pour défendre leur réseau social ?

Le mythe d’un Facebook générateur de rassemblement horizontal et de révolutions sociales (printemps arabes, gilets jaunes) oublie que ces révolutions sont retombées comme des crêpes, débouchant ici sur de nouvelles dictatures, là sur des réclamations populistes qui ne démontrent aucunement la capacité des citoyens à concevoir et organiser une nouvelle société, car une nouvelle organisation demande, comme disaient les surréalistes, de changer la vie et non pas seulement de répandre des mots d’ordre sur les réseaux. On ne pourra changer la vie qu’en reprenant la main sur les circuits de production et de décision politique. La « communauté globale » que promeut Facebook pour faire face aux défis globaux (tels le terrorisme, la crise des réfugiés ou le changement climatique13) ne démontre que l’ambition de son fondateur, pas seulement de renvoyer à la société son miroir supposé, mais aussi d’être à la source d’un changement mégalomane de société auquel chacun de nous a renoncé à toute petite échelle (à l’échelle de changer la vie). C’est ainsi qu’un enchaînement d’effets de masse conduit un fantasme ordinaire (qui ne voudrait sauver le monde ?) mais réprimé vers un effroyable degré de réalisation parfaitement combiné à l’apathie générale. Il repose sur la réorientation de toute activité de changement politique vers une émotion cliquée.

Chacun s’émut d’apprendre que « la démocratie est menacée » lorsqu’une frange d’électeurs fut subrepticement influencée pendant la campagne politique de Donald Trump : mais qui met en doute la psychologie behavioriste rudimentaire qui fonde cette affaire, selon laquelle il suffit d’envoyer un message ciblé à la bonne frange d’électeurs et au bon moment pour faire tourner le vent politique ? L’idée fondamentale est que les électeurs, comme les consommateurs, sont des sortes d’animaux manipulables à volonté, et non des sujets responsables de leur vote, quelque légère ou versatile que soit leur opinion. C’est une vision qui n’est ici pas un instant mise en doute : l’homme est un animal qui répond à des signaux. Il n’est donc pas responsable de ce qu’il fait et il convient uniquement de s’assurer de lui trouver un maître pas trop mauvais ou de vérifier les signaux qui lui sont envoyés, au cas où ils seraient malveillants, racistes, sexistes ou encore simplement faux. Il faut protéger la petite tête influençable du citoyen. Il y a beaucoup plus de souci à se faire sur cette définition animalière de l’homme réagissant au premier stimulus venu (comme si rien ne venait de lui et qu’il n’avait aucune responsabilité dans sa réponse) que sur les politiques d’un Trump ou d’un Zuckerberg qui du reste ont été portés au sommet par les peuples – l’un par le vote politique, l’autre par le vote économique. Deux formes de choix social qui ont bien en commun certains principes et certains paradoxes, notamment celui de ne jamais pouvoir refléter le désir supposé de l’individu, et donc de pouvoir donner lieu à des résultats collectifs aberrants, qui relancent, à rebours, l’insondable question de leur rapport à l’individu. Ce dernier évitera ainsi de se demander ce qu’il a à voir avec un résultat collectif dont il croyait ne pas vouloir. L’individu, citoyen ou utilisateur, préférera rejeter en bloc les élites et les représentants, accusés d’avoir menti sur la marchandise, plutôt que de remonter à la racine du compromis passé avec les forces qui le dépossèdent de son pouvoir d’agir. L’exemple de Facebook et d’autres plateformes à l’ascension fulgurante met en évidence par quel compromis imperceptible nous mettons le pied dans un engrenage qui ne tarde pas à apparaître ensuite comme une machine écrasante sur laquelle l’individu n’a plus aucune emprise. Facebook représente en ce sens le récapitulatif fulgurant de toute l’histoire du capitalisme.


Notes :

1Cet article correspond au treizième chapitre de l’ouvrage paru le 5 décembre 2019, reproduit ici avec de légères modifications avec l’accord de l’éditeur : Sandrine Aumercier, Tous écoresponsables ? Capitalisme vert et responsabilité inconsciente, Libre & Solidaire, 2019.

2Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft

3Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi.

4Larry Elliott, « Is it Time to Break Up the Tech Giants Such as Facebook ? », The Guardian, 25 mars 2018.

5Fabien Benoit, « Peter Thiel, l’homme qui voulait achever la démocratie », Usbek et Rica, 17 juin 2018.

6 Olivier Erztscheid, « Pourquoi je ne quitte pas (encore) Facebook », Libération, 24 avril 2018.

7 Ruchi Sanghvi, post Facebook, 06 septembre 2016, cité par Andrea Huspeni, « Mark Zuckerberg Reveals the 5 Strategies that Helped Facebook Grow at an Insane Rate », Entrepreneur, 25 mai 2017.

8Olivier Mongin, « Les préférences révélées et la formation de la théorie du consommateur », in Revue économique, vol. 51, n° 5, septembre 2000.

9Alexis C. Madrigal, « Were We Destined to Live in Facebook’s World ? », Entretien avec Siva Vaidhyanathan, The Atlantic, 24 juillet 2018.

11Brian X. Cjen, « Want to #DeleteFacebook ? You Can Try », New York Times, 21 mars 2018.

12Hatim Boumhaouad, « Exploitation des données personnelles par Facebook : l’usager est-il complice ? », The Conversation, 7 avril 2019.

13Alexis C. Madrigal, « The Education of Mark Zuckerberg », in The Atlantic, 20 novembre 2017.

« iBorderCtrl» ou la sécurité totale

On a l’habitude de parler de la Chine comme le champion des caméras à reconnaissance faciale. La Commission Européenne a mis au point depuis 2016 une technologie dîte de « contrôle intelligent » qui va être testée pendant neuf mois jusqu’à août 2019 sur trois frontières de l’Union Européenne (Grèce, Hongrie, Lettonie) sur la base du volontariat. Elle est financée par le programme européen de recherche et d’innovation Horizon 2020 à hauteur de 4,5 Millions d’euros. Aucune loi nationale ou européenne n’autorisant à l’heure actuelle un tel dispositif, les volontaires à cet essai doivent signer un consentement éclairé. Le projet, « conscient des dimensions éthiques et légales » travaille en « étroite proximité avec un conseiller en éthique »1.

Comme l’explique aussi le site de la Commission Européenne, la procédure se fait en deux étapes. Le voyageur – dûment informé de ses droits et découragé d’entreprendre des activités illégales – remplira d’abord un formulaire en ligne et téléchargera ses documents officiels (passeport, visa, preuves de fonds) avant de répondre devant une webcam à des questions personnalisées. Ses réponses seront analysées par un système « détecteur de mensonges » qui vérifiera si elles sont en adéquation avec les expressions du visage à l’aide de 38 micromouvements indétectables par un être humain. A partir de ces résultats, le voyageur sera dirigé soit vers une file à « bas risque », soit vers une file à « haut risque »2.

Ses opposants lui reprochent son taux d’erreur (le système ne détecterait que 76% des menteurs) ainsi que le risque de répandre des technologies de reconnaissance faciale à caractère racial3. Ces arguments supposent-ils qu’un détecteur de mensonges 100 % fiable et garanti non raciste serait légitime ? Ces objections seraient d’ailleurs en voie de résolution, puisque le système prétend devoir être encore amélioré afin d’atteindre une meilleure fiabilité, et qu’il n’est pas supposé être destiné à la prise de décision mais seulement à être un « indicateur de risque ».

Le risque de quoi ? Lisons plutôt les justifications du projet sur son propre site. Il s’agit, nous dit-on, de simplifier et accélérer les processus de contrôle aux frontières, de diminuer les coûts, d’améliorer la sécurité en combinant différentes technologies, de diminuer l’immigration illégale et les activité criminelles. En effet, explique le site sans la moindre fausse pudeur, « la croissance continue des flux combinée avec la menace croissante d’immigration illégale exercent aujourd’hui une pression considérable aux postes de frontière. Les passages de frontière ralentis entravent la satisfaction des voyageurs, les affaires et le commerce4

Le site précise qu’il s’agit d’un système interdisciplinaire unifié convergeant vers un système global [overall system] comprenant :

1) un détecteur de mensonge automatique ;
2) un module biométrique lisant les empreintes de doigts et de veines ;
3) un outil de reconnaissance faciale ;
4) un outil de vérification des documents officiels ;
5) un outil de détection des humains dissimulés ;
6) un outil d’évaluation du risque aidant à la la décision du garde-frontière ;
7) un outil intégré d’analyse du contrôle des frontières chargé d’analyser l’ensemble des données collectées et d’évaluer l’ensemble du système.

On appréciera l’équivoque de la fin : « En tant que projet de recherche iBorderCtrl vise à élaborer de nouvelles technologies et déterminer si elles ont la capacité d’améliorer la qualité des contrôles de frontière aussi bien pour les voyageurs que pour les garde-frontières, mais ne vise pas à implémenter de nouvelles politiques5. » Cela veut-il dire que les lois qui n’existent pas encore pour encadrer ce système pourraient encore être refusées par les citoyens européens malgré ces investissements considérables ? Ou bien cela veut-il dire au contraire que, en vérité, la politique est déjà faîte, et qu’il ne restera qu’à lui donner un vernis démocratique assorti de grands principes éthiques, pour que ce système devienne légal ?

Qu’on ne croit pas que ce système de contrôle soit seulement réservé aux frontières. Il est destiné à se généraliser au gré des « villes intelligentes » pour assurer une sécurité sans faille. Les caméras intelligentes sont discutées et expérimentées avec les mêmes arguments6. L’ex-ministre de l’intérieur Gérard Collomb justifiait récemment de telles orientations : « L’intelligence artificielle doit permettre, par exemple, de repérer dans la foule des individus au comportement bizarre7. » Peut-être ces systèmes rassureront-ils tous ceux qui sont de plus en plus obnubilés par le terrorisme, l’immigration et la criminalité et qui sont même prêts à devenir des acteurs du systèmes de surveillance « intelligent ». « La “smart city” faisant appel à l’intelligence citoyenne, adaptative et ubiquitaire, nous avons tout intérêt à nous inspirer des modes de gouvernance “bottom-up”, où l’information remonte directement du terrain, pour que la “safe city” s’inscrive enfin dans une logique de ville intelligente8. » Car les criminels deviendront évidemment toujours plus inventifs pour déjouer les pièges de la prédiction algorithmique : alors, pourquoi pas, il sera de nécessité publique d’implanter des puces à tout le monde pour assurer notre sécurité – toujours avec notre consentement éclairé.

Notes :

2 Un système intelligent de détection de mensonges resserrera les frontières de l’UE. Smart lie-detection system to tighten EU’s busy borders

3 Harold Grand, « Pourrez-vous passer les contrôles aux frontières ? C’est une intelligence artificielle qui décide », Le Figaro, 07/11/2018, en ligne

4 Le projet iBorderCtrl : « Continuous traffic growth, combined with the increased threat of illegal immigration, is putting nowadays border agencies under considerable pressure. Slow border crossings impact traveller satisfaction, business and trade. »

5 Cadre technique iBorderCtrl : « iBorderCtrl as a research project aims at elaborating new technologies and whether they have the capabilities to enhance the quality of border checks for both travellers and border guards, not at implementing new policies

6 Rapport d’information n° 788 (2015-2016) de MM. François Bonhomme et Jean-Yves Leconte, fait au nom de la commission des lois, déposé le 13 juillet 2016, en ligne

7 Flore Thomasset, « Le ministère fait le bilan d’un an de maintien de l’ordre », La croix, 08/06/2018 en ligne.

8 Flavien Bazenet, Gabriel Périès, « Des citoyens et des caméras “inelligentes” bientôt au service de la sécurité urbaine », La Tribune, 05/12/2017, en ligne.

Votre visage pourrait devenir votre titre de transport dans la station de métro du futur

Cubic travaille à la mise au point d’un système de billetterie pour le métro qui utilise la reconnaissance faciale et le balayage des veines de la main

Cubic Transportation Systems, la société américaine à l’origine de la carte de transport londonienne Oyster, travaille présentement à la mise au point d’un nouveau système de billetterie ayant recours à des technologies de reconnaissance faciale, de balayage des veines palmaires et de suivi d’objets pour réduire les files d’attente.

Selon un rapport publié dans Wired, le système de billetterie biométrique de Cubic permettrait de réduire la congestion à l’entrée des stations en supprimant les portillons d’accès.

Cubic’s Gateless Gateline Technology
Credit: Maynard Design

Leur prototype de système d’entrée rapide sans portillon “FasTrack” utilise une technologie de suivi d’objets qui surveille les usagers à leur passage.

« L’achalandage du transport en commun est appelé à croître », affirme Dave Roat, directeur de la stratégie chez Cubic. « Comment gérer cette croissance en favorisant la circulation des passagers dans les stations? »

L’usager peut présenter son billet à une machine de validation de nouvelle génération, qui accepte les cartes Oyster et les cartes sans contact, mais celle-ci fonctionne également par d’autres modes de paiement – Bluetooth LTE, balayage des veines palmaires et reconnaissance faciale.

À l’aide d’un capteur infrarouge, le scanner de veines palmaires capte le profil des vaisseaux sanguins dans la main de l’utilisateur.

Cubic’s Gateless Gateline Technology Credit: Maynard Design
Cubic’s Gateless Gateline Technology
Credit: Maynard Design

Selon Cubic, l’usager pourra enregistrer son empreinte de paume et l’associer à son compte de paiement, ce qui permettra au scanner de reconnaître sa paume et de débiter son compte.

En ce qui concerne le système de reconnaissance faciale, les utilisateurs devront d’abord enregistrer leur visage comme leur titre de transport. Les caméras et les capteurs infrarouges à la porte pourront ainsi détecter l’usager lors de son passage, et débiter son compte de paiement. L’utilisation de capteurs infrarouges permettra d’éviter que le système ne soit dupé par une image 2D.

Le système de suivi des objets s’activera au moment où une personne validera son billet et suivra son déplacement dans le couloir, permettant une plus grande affluence que la ligne simple du portillon d’accès.

Avec le prototype, la lumière du tunnel passe au vert si un usager a payé son passage, et au rouge si ce n’est pas le cas.

L’entreprise sonde actuellement les gens afin de déterminer s’il conviendrait mieux d’utiliser un son, une voix ou une tuile vibrante.

Dans certaines stations du métro de Londres, les usagers doivent présenter leur carte de paiement à un terminal Oyster avant et après le trajet, mais ils n’ont pas à franchir de portillon d’accès.

Si un usager oublie de présenter sa carte à l’entrée ou à la sortie, il se voit facturer le tarif maximum. Le système de Cubic pourrait donc leur rappeler de payer.

Même si le système ne permet pas nécessairement de dissuader les gens à prendre le métro sans payer, il pourrait fournir des informations sur les lieux et les moments où la majorité des gens ne paient pas leur passage afin d’augmenter le nombre d’employés en conséquence.

Cubic espère déployer son système de suivi sans portillon dans une station du Royaume-Uni d’ici un an. La technologie de reconnaissance faciale devra toutefois attendre, celle-ci n’étant pas encore tout à fait au point.

On s’inquiète également des risques pour la sécurité que pose la soumission de données biométriques par le public. Les sociétés de transport devront en effet mettre en place des contrôles stricts de sécurité et de confidentialité avant d’installer tout système de billetterie sans portillon d’accès.

Selon Dave Roat, la mentalité des usagers devrait changer avec la multiplication des systèmes de reconnaissance faciale, mais il croit que les usagers auront toujours plusieurs manières de payer leur accès.

traduction Mathieu Lepage

Wired

Fujitsu développe la technologie d’identification du réseau veineux pour les appareils mobiles

Fujitsu Laboratories Ltd a mis au point ce que l’on appelle la première technologie d’authentification des veines palmaires du monde, qui est suffisamment petite pour être intégrée dans les futures tablettes et autres appareils mobiles de poche, selon un rapport de Japan Today.

Avec la prolifération généralisée des tablettes et autres appareils mobiles compacts, il y a eu un intérêt croissant pour intégrer une unité optique pour l’authentification des veines dans ces appareils mobiles.

Cependant, jusqu’ici les entreprises ont lutté pour fabriquer une unité optique suffisamment petite pour tenir dans les appareils.

Prototype optical unit
(Left, photo: a dotted line surrounds the components; right, a schematic diagram)
Fujitsu

Fujitsu a déclaré qu’il était en mesure de résoudre ce problème en développant un composant d’éclairage compact contenant une seule LED qui éclaire une zone cible rectangulaire avec une intensité uniforme.

Le dispositif d’éclairage utilise un nouveau composé d’éléments optique qui applique le phénomène de diffraction.

Fujitsu a également développé une nouvelle technologie de vérification qui capture le motif complet des veines de la paume, le séparant en tranches lorsque la main passe au-dessus de l’unité optique, qui à seulement 8 mm de large, est en mesure d’être intégrée dans les cadres des petits appareils mobiles.

Grâce à cette méthode, l’authentification des veines de la paume peut être appliquée à une application plus large, comme l’accès à l’information privée, sensible, ou à l’aide de services hautement sécurisés.

How the new technology is used, and how it processes information
Fujitsu

Voir aussi → Paiement biométrique : un projet pilote pour tester la reconnaissance des veines de la paume de la main sans avoir à présenter de CB

Fujitsu, Biometric Update

Paiement biométrique : un projet pilote pour tester la reconnaissance des veines de la paume de la main sans avoir à présenter de CB

La Commission des services financiers (Financial Services Commission – FSC) de la Corée du Sud prévoit de lancer un projet pilote, d’ici le premier semestre de 2017, qui permettra aux consommateurs d’effectuer des paiements en points de vente en utilisant la technologie d’identification des veines de la paume de la main, sans avoir recours à une carte de paiement physique.

La FSC a l’intention de présenter un projet pilote en partenariat avec les entreprises émettrices de cartes de crédit d’ici le premier semestre de cette année” a déclaré l’organisation à NFC World. “L’objectif, est de tester un système d’authentification biométrique utilisant la technologie d’identification du réseau veineux”.

La technologie de reconnaissance des veines compare l’épaisseur, la visibilité et les modèles de veines enregistrés par les utilisateurs pour vérifier leur identité, à l’aide de scanners à veines.

Selon un document d’orientation issu du FSC, le service sera nommé BioPay et permettra aux consommateurs de payer sans avoir besoin d’avoir leur carte physique à portée de main. “Les détails n’ont pas encore été arrêtés” ajoute la FSC.

La Bank of Korea oeuvre également à l’implémentation du programme Coinless Society Project qui consistera en une variété de projets pilotes dans le but d’établir une solide infrastructure de paiements numériques dans le pays.

traduction Benjamin B.

NFC World, Pulse News

Les consommateurs britanniques sont plus favorables à l’analyse d’iris pour la biométrie bancaire

La technologie de balayage d’iris a dépassé les empreintes digitales comme mesure de sécurité biométrique que la plupart des consommateurs britanniques envisageraient d’utiliser, avec plus d’un tiers disant qu’ils seraient plus susceptibles d’utiliser une banque qui offre la sécurité biométrique.

L’étude Future Password Index sur 2.000 consommateurs britanniques en octobre a montré que 60% envisageraient d’utiliser le balayage de l’iris, comparativement à 33% en 2014.

La proportion des personnes les plus intéressées par l’utilisation de l’empreinte digitale est passée de 53% il y a deux ans à 57% en 2016.

On a constaté que la demande des consommateurs pour toutes les mesures de sécurité biométriques a monté en flèche depuis 2014, mais a également révélé que plus d’un quart pense que leur banque pourrait faire plus pour protéger leurs données contre les pirates et les fraudeurs en ligne.

Entre-temps, les empreintes digitales sont les premières en termes d’utilisation, avec 13% disant qu’ils l’utilisent déjà, mais les taux d’adoption pour toutes les autres formes d’authentification biométrique sont restées à moins de 4%.

Parmi les résultats, on peut citer :

37% sont susceptibles d’être influencés par la qualité des mesures de sécurité au moment de choisir la banque;
29% disent qu’ils seraient plus susceptibles d’utiliser une banque qui offre la sécurité biométrique;
45% souhaitent utiliser des outils biométriques pour accéder à leur compte bancaire;
37% disent qu’ils envisageraient d’utiliser la technologie de vérification et de reconnaissance des veines de la paume (qui identifie l’utilisateur par la reconnaissance du réseau veineux du doigt).

“Les nouveaux systèmes d’identification pour le paiement mobile seront les mots de passe avalés, implantés ou injectés, rapporte le Wall Street Journal“.

HSBC : la première banque biométrique

“Les banques qui saisissent le moment et qui sont en mesure d’introduire des mesures de sécurité biométriques à travers le conseil sont susceptibles d’attirer de nouveaux clients”, déclare Clayton Locke, responsable de la technologie chez Intelligent Environments.

“Au cours de la prochaine décennie, la biométrie et la sécurité deviendront sans aucun doute un champ de bataille clé au sein de l’industrie bancaire où nous sommes susceptibles de voir certaines des banques les plus novatrices voler une marche sur leurs rivaux.”

Plus de deux tiers (68%) des consommateurs européens interrogés durant l’été ont indiqué qu’ils voulaient utiliser la biométrie comme méthode d’authentification des paiements, mais plus du double de leurs préférences ont été pour les méthodes de reconnaissance de l’iris.

La banque indienne Yes a annoncé plus tôt ce mois-ci qu’elle s’était associée à Lastmile.mobi pour développer un terminal de point de vente biométrique utilisant la technologie de balayage d’iris.

Near Field Communications World

Les banques utilisent la biométrie pour détecter les fraudeurs

Quelque chose n’allait pas. Un sentiment de malaise a déferlé sur les spécialistes de la sécurité en regardant l’activité de la Banque. Un capteur dans le secteur, situé dans une ville portuaire sur la côte Est, avait détecté des battements cardiaques inhabituels et des modèles peu communs de la chaleur de corps des nouveaux clients qui venaient pour ouvrir un compte.

Quelque chose était faux. Ces « clients » étaient entrés dans le pays des jours avant en tant qu’une cargaison humaine sur un bateau de l’Europe. Maintenant, un gang criminel les utilisait pour orchestrer la fraude financière. Mais les capteurs biométriques installés à la succursale de la Banque ont détecté les « modèles » qui pointaient vers les signes révélateurs de stress.

Cet épisode, qui a eu lieu l’an dernier, est un des exemples les plus dramatiques de comment l’industrie des services financiers déploie différents types de technologie biométrique pour repousser les criminels sophistiqués. Une nouvelle génération d’outils au-delà des empreintes digitales et des analyses de l’iris peut mesurer des qualités comme la température du corps et la circulation sanguine à une courte distance et sans alerter le sujet.

« Chaque rythme cardiaque est unique, » dit Barnabas Szilagyi, Directeur chez Capco, une société qui aide les grandes banques à identifier les menaces à la sécurité et respecter les lois avec « la connaissance de votre client ». « La nouvelle technologie peut détecter ce qui est dans vos veines, votre chaleur corporelle, la tension artérielle et identifier avec une grande précision qui vous êtes. »

Une grande partie de cette technologie est encore en phase pilote, mais Capco dit que les demandes pourraient facilement dépasser la banque de détail. Les gestionnaires de bureaux commerciaux pourraient utiliser des capteurs pour suivre le rythme cardiaque et de chaleur chez les commerçants afin qu’ils soient alertés lorsque les types inhabituels de révéler, par exemple, qu’un accord est imminent.

Les capteurs sont essentiels pour ces outils biométriques, mais c’est le logiciel analytique qui les fait briller.

Les améliorations apportées aux technologies existantes comme la reconnaissance vocale aident également à la lutte contre la fraude. La voix d’une personne peut agir comme un marqueur d’identité unique pour aider les banques à reconnaître les appels répétés de fraudeurs connus. L’industrie a mis 60 000 voix sur une liste noire à ce jour.

Source : Fortune (en cache)