Alex Türk, ancien président de la CNIL, sur l’invasion des nanopuces, de la biométrie et de la géolocalisation

Audition de M. Alex Türk, ancien président de la CNIL, par la commission des affaires économiques du 17 Septembre 2010.

à partir de la 49ème minutes

Il dit qu’il est dépassé par ce qu’il voit tous les jours concernant les applications technologiques, que ce soit la vidéo surveillance, la puce RFID, la géolocalisation, ou la biométrie. Il explique que la multiplication des puces “nano-brothers” va nous priver de toute intimité et qu’il faut intervenir pour la protection de nos libertés individuelles.

Il affirme que les experts disent que “dans moins de 10 ans, il sera possible d’installer des systèmes qui verront, entendront, communiqueront à distance et seront d’une taille telle, qu’on ne les verra pas à l’œil nu”. (France24 : La loi controversée sur le renseignement entre en vigueur ce samedi 3 octobre 2015).

Il explique que la surveillance ne doit pas être tolérée, “sous prétexte que l’on vit dans un cadre légal, légitime et moral”, mais que nous devons de toutes les manières être préservés dans notre vie privée.

Il avoue être très pessimiste et dit que nous finirons par être des “clones mentaux”, car nous sachant sous surveillance, nous nous comporterons autrement, et nous nous auto-formaterons.

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source LCP

“Toute vérité franchit trois étapes. D’abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence.”

 Arthur Schopenhauer

Et vous … Dans quelle étape vous trouvez-vous ?

Citation : Jean d’Ormesson

“Bientôt, semées sous votre peau, les puces feront partie de votre corps. Vous serez votre propre robot. Un autre monde est déjà au travail. Tout ce que la science est capable de faire, elle le fera. Un rêve de puissance nous emporte”. Jean d’Ormesson

Surtout ne mens pas : un thriller d’Elena Sender autour des body hackers et du transhumanisme

Elena Sender est journaliste spécialisée dans les neurosciences au magazine Sciences et Avenir, et suis depuis plusieurs années le milieu des « body hackers » la branche active du « transhumanisme.

A paraître ce jeudi 24 septembre 2015, chez XO éditions

Erik, un chercheur islandais de renom, spécialisé dans l’étude du cerveau, qui est retrouvé pendu, a isolé l’AT37, une molécule capable d’attirer les neurones nouvellement issus de la neurogenèse dans une région du cerveau choisie. Le flic qui enquête sur son suicide, rencontre des « amis » d’Erik qui s’avèrent être des body hackers. Ceux-ci sont notamment intéressés par cette molécule qui permettrait, certes, aux malades de retrouver leurs capacités neuronales mais aussi aux humains « non-malades » de développer des capacités extraordinaires, une super-intelligence, de passer à l’ère du Post-Humain, de l’homme « augmenté ».

L’AT37 est inspirée par une molécule qui a réellement été découverte chez la souris (l’auteur Elena Sender en a changé le nom) et qui s’avère être très prometteuse pour toutes les maladies neurodégénératives. La question de son utilisation chez l’Homme lui a inspiré la base de ce thriller.

Avec l’aimable collaboration des éditions XO, nous vous proposons aujourd’hui de découvrir un extrait inédit en exclu, d’une body-hacker, Pandora, qui explique sa philosophie (p. 198-200)

— Il voulait faire partie du mouvement, expliqua Pandora. Quand je l’ai vu ce soir‑ là – on a bu un verre au Mundo –, il était en pleine quête de sens. Il cherchait le moyen de prendre le train de l’évolution en marche. Il n’avait pas encore entamé sa démarche de transformation.
— Transformation ?
— Il voulait explorer ses possibles.
— Du genre ?
— Le mieux est de commencer par l’implant d’aimants dans les doigts, ou la jambe. Et puis de puces électroniques aussi. De capteurs…
— Pour quoi faire ?
— Je lui ai expliqué que nous atteindrons un jour le point de singularité. Cette super‑intelligence qui émergera lorsque l’humain et la machine fusionneront…
On a montré que ce point de singularité pourrait être atteint aux alentours de 2045.
Pandora consulta son smartphone, tandis que Raphaël l’observait, circonspect. Comment imaginer qu’Hilgarson ait pu se laisser séduire par cette femme surréaliste ainsi que par le désir de ne pas se contenter d’être tel que ses gènes l’avaient programmé ?
La danseuse envoya un tweet et poursuivit sur sa lancée :
— Je lui ai expliqué qu’il pouvait dépasser les limites que son corps lui impose. Voyez, par exemple, c’est idiot d’avoir faim. J’aimerais ne plus avoir besoin de m’arrêter trois fois par jour pour manger. Alors j’ai commencé une alimentation à base de gélules ou de gel hyperprotéiné.
Elle ne s’arrêtait plus.
— Nous, posthumains, serons pourvus de capacités physiques et intellectuelles dépassant celles de l’homme moderne. Nous deviendrons notre propre créateur.
— Mais, concrètement, comment ?
— Par la convergence.
Raphaël fronça légèrement les sourcils. Il avait l’impression que la créature bleue était en train de le prendre pour un idiot.
— La convergence des quatre technologies NBIC qui seront à la base du posthumain, poursuivit Pandora, les yeux brillants. D’abord les nanotechnologies, qui permettront de créer des matériaux avec une précision quasi atomique, et donc de faire émerger de nouvelles propriétés. Par exemple, en cas de maladie, comme le cancer, des nanorobots seront lâchés dans ma circulation sanguine pour aller délivrer les médicaments sur la tumeur. B, c’est pour biologie. Mais pas de la biologie à l’ancienne. Il est question de créer des êtres vivants totalement nouveaux en synthétisant de l’ADN. I, c’est pour informatique, l’intelligence artificielle, la robotique. Et enfin C, pour cognition.
Qui englobe toutes les avancées en neurosciences : lire les pensées, lire les rêves et les manipuler. Tout cela converge pour fabriquer l’homme et la femme de demain.
Raphaël se taisait. Faisait‑il face à une secte de fous furieux, ou bien à l’évolution humaine en marche ? À la fois fasciné et abasourdi, il se sentit pris de court. Il se raccrocha aux branches comme il le pouvait.
— Vous aviez donc une relation intime avec Erick Hilgarson.
La danseuse le jaugea.
— Oui.
Elle avait dit cela comme une évidence.
— Et ensuite, que s’est-il passé ?
— Il a développé des sentiments amoureux.
Là aussi, c’était une évidence.
— Pas vous ?
Pandora le toisa, l’air de dire : « Tu m’as bien regardée ? » Raphaël s’éclaircit la gorge.
— Vous voulez dire que dans votre nouveau système de pensée, posthumain, le fait de tomber amoureux est totalement dépassé ?
— L’évolution extrême sera de pouvoir contrôler aussi ses sentiments et ses émotions, oui. Par des médicaments, des stimulations cérébrales ou des implants.
On pourra aimer ou ne plus aimer, à volonté et sans souffrance.
D’un doigt, elle désigna sa tête.
— Toutes les sensations remontent vers le cerveau. Lorsque nos consciences seront numérisées sur ordinateur, nous leur ferons éprouver des sensations sexuelles. Elles seront modulables et donc plus longues, plus intenses que nos pauvres orgasmes. Deux esprits chargés sur ordinateur pourront décider de partager leurs consciences ainsi, ce sera une fusion totale, du sexe par télépathie.

Pour faciliter la lecture, vous pouvez télécharger le PDF

Tracks ARTE : Bienvenue chez Bionyfiken, implanteurs de puces électroniques

L’humain du futur sera-t-il bardé de puces électroniques ?

Etats-Unis : Zoltan Istvan candidat à l’élection présidentielle de 2016 Parti Transhumaniste

Zoltan Istvan a fondé le « Parti transhumaniste », et son programme est l’immortalité. Il a réussi à collecter 25 000 dollars sur IndieGogo pour financer sa campagne.

Il compte alerter la classe politique sur le fait qu’elle se trompe de priorités : « Plutôt que du déficit du régime des retraites, proclame-t-il, les jeunes veulent entendre parler de l’élimination des maladies cardiaques. »

Zoltan s’est fait implanter – au nom de la liberté de chacun à disposer de son corps – une puce électromagnétique entre le pouce et l’index.

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François Asselineau exige l’interdiction planétaire du puçage des êtres humains

François Asselineau (UPR) sur la première Implant Party en France exige l’interdiction planétaire du puçage des êtres humains.

à 56’10”. La première Implant Party en France

“Dire Non à cette horreur … si nous acceptons collectivement et qu’on commence à se livrer au puçage des êtres humains, l’humanité est cuite. Nous risquons d’entrer dans un enfer à côté duquel “1984” de George Orwell apparaitra comme une espèce de paradis”.

“L’UPR demande, exige l’interdiction planétaire du puçage des êtres humains, exige la saisine de l’Organisation des Nations Unies pour rendre le puçage des êtres humains quelque chose qui doit être assimilable à un crime contre l’humanité”.

Plus de 10 000 personnes seraient déjà implantées dans le monde. Ces puces pourraient bientôt servir de moyen de paiement, de titre de transport public, de fichier médical d’urgence en cas d’accident, etc.(Métro Time.be)

voir aussi : Assemblée nationale : Un député réclame l’interdiction des implants de puces NFC !

 

Itélé : bientôt une mini-puce implantée sous la peau

Les Danois ont inventé une micro-puce qui s’implante sous la peau. L’artifice permet de remplacer clés de maison, carte bancaire, ou papiers d’identité.Selon les chercheurs, cette nouvelle technologie est l’avenir, à court terme.

 

La santé haute définition : Autour de la notion d’homme « augmenté »

MEDECINE/SCIENCES Volume 26, Numéro 4, Avril 2010 p. 427-431

Florence Arnoux
Directeur d’hôpital, Assistance publique-Hôpitaux de Marseille,
80, rue Brochier, 13354 Marseille 05
Chercheur associé au CHERPA (Croyances, Histoire, Espaces, Régulation Politique et Administrative),
Sciences Po Aix-en-Provence, 25, rue Gaston de Saporta, 13625 Aix-en-Provence Cedex 1

Aujourd’hui encore, nous nous représentons essentiellement notre corps comme un organisme invariant, stable, circonscrit, où les yeux permettent de voir, les poumons de respirer… Comment imaginer ce que pourra demain un corps qui serait prolongé chimiquement, mécaniquement, informatiquement, un homme « augmenté » (enhanced man), amélioré par les technosciences ? Cette question intéresse de plus en plus les sciences biomédicales, captive les chercheurs et retient l’attention du grand public. Nous aspirons en effet tous à une meilleure santé, une vie dépourvue de douleur, de souffrance, à faire l’expérience d’un bien-être complet. À cette aspiration généralisée s’ajoute l’obsession de la société de remplacer l’homme au travail tout en le rendant plus efficace, plus productif, plus performant. En survalorisant les performances individuelles, nos sociétés post-industrielles encouragent en quelque sorte le dopage dans la pratique sportive, professionnelle, sexuelle, militaire. Enfin, et surtout, parmi la nébuleuse de désirs qui nous animent figure la volonté démiurgique de retarder l’échéance de la mort, de faire reculer la fatalité, de dépasser la frontière biologique programmée dans notre ADN et dite « limite de Hayflick », du nom du microbiologiste américain qui démontra dès 1965 que les cellules ne pouvaient se diviser qu’un nombre fini de fois avant de mourir. Rompre avec l’entropie, soustraire l’homme au deuxième principe de la thermodynamique : de très sérieux scientifiques, comme ceux qui officient dans le très célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT), s’y essayent.

Les possibilités d’intervention sur l’homme sont grandes aujourd’hui et les technologies de la santé, qu’elles soient préventives, diagnostiques ou thérapeutiques, ont beaucoup évolué sous les effets des progrès, entre autres, de la biologie, de la physique, de la chimie et de l’informatique. La convergence des biotechnologies actuelles, des neurosciences, de la biologie de synthèse, de la prothétique, de la robotique, des technologies de l’information, des nanotechnologies permet de franchir les frontières connues ou de créer des interfaces entre les espèces (humaine, végétale, animale), entre les genres (hommes-femmes), entre l’homme et l’artéfact, entre l’homme et le divin, ou encore entre le vivant et l’inerte…

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Interview : la technologie fera-t-elle de nous des Hommes augmentés ?

Actuellement, la tendance est de rapprocher la technologie du corps. Wearables, lunettes à réalité augmentée, implants de puces RFID etc. : ces avancées font déjà partie du quotidien et ouvrent la voie à des technologies plus lourdes, comme celles des prothèses augmentées. Futura-Sciences a rencontré Jean-Claude Heudin, directeur du laboratoire de recherche de l’IIM (institut de l’Internet et du multimédia) afin qu’il nous parle plus en détail de ces technologies.