Le bonheur posthumain ? La promesse manquée du transhumanisme

Un examen approfondi et détaillé des pièges liés au transhumanisme qui nous permet de redécouvrir ce que signifie de vivre bien.

Les livres sur le transhumanisme semblent se diviser en deux catégories : ceux qui brillent d’enthousiasme et ceux qui brillent d’indignation. Posthuman Bliss? The Failed Promise of Transhumanism, Oxford University Press, de Susan B. Levin, experte en philosophie classique au Smith College, appartient à ce dernier camp.

Les partisans du transhumanisme, ou de l’amélioration “radicale”, nous invitent à poursuivre l’amélioration biotechnologique de certaines capacités – avant tout, les capacités cognitives – bien au-delà de toute limite humaine, de telle sorte que les êtres dotés de ces capacités existeraient sur un plan ontologique supérieur. Certains pensent même que l’auto-transcendance de l’humanité par le biais des progrès de la science et de la technologie pourrait même être moralement requise. Par conséquent, selon Levin, les enjeux de notre réponse au transhumanisme sont incommensurablement élevés.

Susan B. Levin conteste les engagements globaux des transhumanistes concernant l’esprit et le cerveau, l’éthique, la démocratie libérale, la connaissance et la réalité, montrant que leur notion de l’auto-transcendance de l’humanité dans la “posthumanité” n’est guère plus que de la fantaisie.

En unissant les arguments philosophiques et scientifiques, Levin remet en question l’affirmation des transhumanistes selon laquelle la science et la technologie soutiennent leur vision de la posthumanité. Dans un style clair et engageant, elle démantèle les affirmations des transhumanistes selon lesquelles les posthumains émergeront si nous n’allouons pas suffisamment de ressources à cette fin.

Loin d’offrir une “preuve de concept” théorique et pratique pour la vision qu’ils nous proposent, explique Levin, les transhumanistes s’engagent de manière inadéquate dans la psychologie cognitive, la biologie et les neurosciences, s’appuyant souvent sur des points de vue douteux ou obsolètes dans ces domaines.

Elle soutient aussi que le transhumanisme va miner la démocratie libérale, promouvoir l’eugénisme et saper l’autonomie personnelle – des revendications qui sont fortement contestées par les transhumanistes.

Le transhumanisme est légitimement critiqué parce que ses partisans insistent sur le fait que rien de moins que l’auto-transcendance de l’humanité est un objectif rationnel … Dans une démocratie libérale, la promotion de la santé et du bien-être publics sans mettre en péril le pilier de la liberté individuelle exige une navigation et une réflexion permanentes.

Ayant montré en profondeur pourquoi le transhumanisme doit être rejeté, Levin plaide avec force pour une perspective holistique du bien-vivre qui est enracinée dans l’éthique de la vertu d’Aristote tout en étant adaptée à la démocratie libérale. Ce holisme est tout à fait humain, dans le meilleur des sens : Il nous incite à envisager des fins valables pour nous en tant qu’êtres humains et à accomplir le travail irremplaçable qui consiste à nous comprendre nous-mêmes plutôt que de compter sur la technologie et la science pour notre salut.

⇒ Un article inintéressant plus détaillé de Susan B. Levin : « Playing to lose: transhumanism, autonomy, and liberal democracy ».

Revues éditoriales

« Les transhumanistes affirment que pour que les êtres humains puissent survivre à l’avenir, et encore moins s’épanouir, nous devons réviser technologiquement nos natures évoluées. Dans sa critique vigoureuse, érudite, claire et pénétrante, Susan Levin montre que l’argument transhumaniste repose sur une compréhension philosophique superficielle de ce que signifie être humain et sur une compréhension scientifique tout aussi superficielle de ce que signifie être un organisme. Au-delà de la critique, elle offre une vision alternative de l’épanouissement qui s’enracine dans la compréhension d’Aristote, est améliorée par les fondateurs américains et s’incarne dans la vie de Martin Luther King. Ce livre sera d’un intérêt énorme pour tous ceux qui se soucient de réfléchir à ce que signifie être humain à une époque où les problèmes de notre existence commune peuvent sembler si terribles que les seules solutions qui restent sont technologiques”. – Erik Parens, The Hastings Center.

« La critique de Susan Levin sur la littérature philosophique qui défend des formes radicales d’amélioration cognitive et morale est très raisonnée, bien documentée et délicieusement pimentée. En remettant en question de manière soutenue les hypothèses scientifiques et philosophiques de ses interlocuteurs, elle établit effectivement le programme du prochain chapitre de la recherche sur nos obligations envers les futurs humains. » – Eric T. Juengst, University of North Carolina, Chapel Hill.

« Ancré dans une vision optimiste des capacités humaines et s’appuyant sur de solides arguments philosophiques et scientifiques, le livre de Susan Levin, à la fois perspicace et bienvenu, révèle les promesses tentantes des transhumanistes, mais qui, en fin de compte, n’ont pas été tenues ». – Inmaculada de Melo-Martín, Weill Cornell Medicine.

« Les pandémies mondiales, le changement climatique, les conflits géopolitiques imminents pour l’eau douce et la nourriture… il semble que plus nous devons apprendre à changer le comportement des humains dans la nature, plus nous reculons et essayons de trouver une issue en changeant plutôt la nature chez les humains. L’un de ces reculs est le transhumanisme. Posthuman Bliss propose une critique approfondie de la fabrication biotechnologique de la pensée et des émotions humaines au niveau moléculaire. Bienvenue à la pensée bioéthique qui est critique et non apologétique. Bienvenue à la perspective interdisciplinaire de la philosophe classique Susan B. Levin sur les limites du biopouvoir ». – Bruce Jennings, Vanderbilt University.

Entre maintenant et le posthumanisme – L’impossible est possible

Né en 1935 à Niederbronn-les-Bains, en Alsace, Victor Moritz a été élevé à Paris par une famille d’industriels. En 1956, il est parti en Algérie remplir ses obligations militaires, puis a mené une vie d’entrepreneur, et fondé une famille de trois enfants. Toute sa vie, il a essayé de comprendre…! Puis à 84 ans pensant avoir compris où se dirigeait l’Humanité, il s’est décidé à écrire ce livre, bien loin des idées reçues…!

Assez rapidement Victor Moritz s’est posé de nombreuses questions. En prenant soin d’étayer ses arguments sur des faits et des réalités à la fois scientifiques, politiques, religieux et sociologiques, il pense que l’Homme biologique actuel va, progressivement, laisser place à un Homme “technologique”.

Homo Sapiens tentera, néanmoins, de retarder au maximum cette échéance. Car la volonté de “survie” est inscrite dans son ADN. Alors en s’unissant, à son avis, les habitants de notre planète pourraient, pendant la période de transition, entre l’Humanisme et le posthumanisme, accepter une certaine Gouvernance commune.

Victor Moritz considère qu’une certaine forme d’alarmisme, utilisée à bon escient, se révèle un bien meilleur levier psychologique qu’un angélisme béat qui n’aurait pour effet et pour objectif que de vous faire passer un bon moment.

Il s’agit simplement d’éveiller les consciences de manière claire et en toute objectivité, de susciter l’intérêt, la curiosité et de créer le débat, voire la controverse. A partir de faits historiques, de faits scientifiques, de faits politiques et de scénarii tangibles, l’auteur narre un scénario plausible de l’histoire de l’humanité et de la chronique annoncée de la fin de l’Homo sapiens.

Les thèmes abordés sont le posthumanisme, le transhumanisme, l’intelligence artificielle, une gouvernance mondiale, une monnaie unique entres autres.

Extrait :

Après avoir expérimenté divers systèmes politiques, la démocratie a semblé meilleure que les autres. Toutefois le libéralisme, engendré par ce système, provoque, lui aussi, des inégalités sociales croissantes de moins en moins acceptables. Dans le domaine financier, par exemple, le libéralisme a permis la création de paradis fiscaux. Les paradis fiscaux permettent aux plus riches, non seulement de s’enrichir encore plus, mais de payer de moins en moins d’impôts dans leur pays d’origine. Les pays d’origine sont obligés, pour survivre, de se retourner vers leurs propres peuples, lesquels deviennent de plus en plus pauvres.

Impossible de supprimer les paradis fiscaux, trop de pays en jeux et pour d’autres raisons aussi. Impossible aux états d’imposer d’avantage leurs administrés. Les limites extrêmes semblent atteintes. Même par le truchement des endettements divers.

La Science permet déjà de remplacer de plus en plus d’organes physiologiques par des organes matériels. Les possibilités d’augmenter les capacités intellectuelles sont de plus en plus nombreuses, non seulement par voies orales mais aussi par des implants divers.

Sans réfléchir plus loin, ce n’est pas un changement de civilisation qui pointe son nez, c’est un passage progressif de l’homme biologique vers l’homme matériel. Cet “Homme Nouveau” entièrement fabriqué, grâce à l’intelligence artificielle, n’aura plus grand chose de commun avec l’Homme biologique.

Les prémices de cette évolution sont perceptibles depuis l’antiquité, mais elle s’approche, maintenant, à une vitesse toujours plus accélérée.

La transition sera progressive et pourrait s’étendre sur plusieurs siècles. L’Homme biologique fera tout pour retarder la disparition de l’Homo Sapiens, mais ne pourra pas l’éviter.

Les progrès fulgurants de l’intelligence artificielle et des technologies médicales, permettront (ou permettraient déjà), l’implantation d’une “puce” ayant pour fonction de provoquer la mort “à la carte” à l’insu de la personne qui en serait munie. Le déclenchement, de celle-ci, interviendrait automatiquement, pendant le sommeil, à partir d’un âge prédéterminé par chacun et selon divers critères qu’il aurait choisis!

Progressivement l’humain ne sera plus composé que de pièces artificielles, y compris dans le cerveau… pourra-t-il alors conserver le nom d'”Homo-Sapiens” ?

Et le jour où ce “Robot”, progressivement auto-créé, qui n’aura pas de sexe, qui trouvera son énergie du Soleil, insensible au climat, qui n’aura plus besoin de dormir, et… qui ne mourra plus, qu’adviendra-t-il du reliquat des humains…? Des humains qui ne serviront plus à rien d’autre qu’à consommer avec de l’argent provenant d’un “revenu universel” …!

La prise de conscience, de la mutation de l’homme biologique vers l’homme matériel, est en cours. Mais à un stade où certains regardent, surtout, le profit qu’ils peuvent tirer de celle-ci. D’autres pensent que les Homo-Sapiens sauront toujours maîtriser les PostHumains. Que l’IA ne saura jamais nantir un robot d’une Conscience…!

Pourtant, l’intelligence biologique et l’intelligence artificielle, n’ayant ni les mêmes capacités, ni les mêmes intérêts, évolueront très différemment, et leur conscience aussi.

Personnellement, je crois qu’il est impossible de museler la Science; je crois que les PostHumains, avec une conscience qui leur sera propre, finiront, d’une manière ou d’une autre, par provoquer la disparition totale des humains.”

H+ Vers une civilisation 0.0

Des moyens techniques et financiers sans précédent semblent mettre le vieux rêve de l’homme-machine à portée de main : sur quels fondements idéologiques le projet transhumaniste s’appuie-t-il ? Quelle vision de l’homme porte-t-il ? Alors que les idées du transhumanisme affectent déjà nos vies, “H+” en retrace, à travers l’histoire des idées, les enjeux (politiques, philosophiques ou même économiques) et la généalogie.

Dans ce texte fulgurant, Friederich rétablit les origines de la doctrine transhumaniste au sein de l’histoire des idées, afin de désamorcer la “coupure historique” que celle-ci tente d’initier. Ce faisant, il dénonce cette idéologie nouvelle qui tente d’améliorer grâce aux sciences la condition humaine mais ne fait que relever à ses yeux d’une profonde inhumanité. Il débusque notamment les procédés invisibles auxquels les “technoprophètes”, comme il les qualifie, ont recours pour parvenir à leur fin. Sa critique se double par conséquent d’une dénonciation du capitalisme, dont le transhumanisme est entièrement tributaire. En s’attachant au corps seul, en niant l’esprit, le transhumanisme apparaît comme une dégénérescence du projet philosophique d’émancipation de l’homme.

Arrivée au terme du processus de rationalité critique, voici l’homme en quête d’un modèle neuf comme l’étaient les âmes des morts dans le monde grec. Mais alors les dieux veillaient. Aujourd’hui, l’individu n’est qu’un point nodal sur un réseau. Un réseau aux prises avec une accélération générale. Accélération du rythme de vie, du transfert de l’information, des relations sociales, du régime du travail et des découvertes, de la technique et du marché des idées – ce que Zygmunt Bauman appelle la ‘liquidité’. C’est précisément sur ce marché des idées que les post-humanistes et les post-libéraux cherchent à vendre leur projet d’un homme-machine.”

H+ est le sigle d’identification des Transhumanistes, dont les représentants reprennent à leur compte le rêve ancien de l’homme-machine. À la différence qu’ils disposent cette fois de moyens techniques pour tenter de le réaliser. Ainsi, avons-nous en ce début du XXIe siècle à nous défendre contre une mouvance qui espère remplacer le vivant par une unité fonctionnelle et, sur la foi qu’elle rencontre dans les milieux du pouvoir, bénéficie de soutiens et de moyens financiers considérables. Ce projet aux effets bien réels sur nos vies, à défaut de doter la machine d’un esprit, entend réduire l’homme à la machine.

L’avènement d’un homme artificiel permettrait en effet de contraindre le vivant à se soumettre à un dispositif socio-technique fondé sur la rentabilité. Il permettrait en outre aux puissants, ceux qui conçoivent le dispositif, de dépasser la seule limite que rencontre l’extension infinie du capital et de leur pouvoir : leur propre mort.

Alexandre Friederich ne décrit pas seulement leurs buts, qui sont désormais connus, mais en retrace la généalogie au sein de l’histoire des idées et de celle du capitalisme. Il démontre ainsi comment ils constituent une propagande visant à créer sans attendre un humain simplifié. Avec un espoir : éviter une civilisation 0.0.

Extrait de “H+”

Alexandre Friederich est un Auteur, dramaturge né en 1965 à Lausanne. Fils de diplomate, il passe de nombreuses années à l’étranger (Finlande, Espagne, États-Unis, Mexique, Vietnam…) avant d’entreprendre des études de philosophie à l’université de Genève.

La transmutation posthumaniste – Critique du mercantilisme anthropotechnique

Animal politique et corps de chair, la personne humaine va-t-elle être remplacée par le transhumain génétiquement modifié, le cyborg au métacorps augmenté, l’humanoïde branché sur des réseaux d’intelligence artificielle, le mutant hybride à très longue durée ? Sommes-nous à l’aube d’une rupture anthropologique majeure provoquée par l’application mercantile des biotechnologies et des neurosciences sur l’ensemble du vivant ?

Avec l’expansion mondiale des marchés dérégulés de la naissance artificielle (FIV, PMA, GPA), des modifications corporelles profondes (transgenrisme, chirurgies de biodesign), des “objets intelligents” bioconnectés (implants de puces radio-identification) ou des médecines de dépassement de l’humain (dopage, sélection génétique, clonage), la transmutation posthumaine, largement financée par les géants de l’industrie cybernétique, sort des romans de science-fiction pour investir les corporéités singulières mais aussi les corps sociaux et politiques.

Quatorze auteurs issus de différents champs disciplinaires mènent dans cet ouvrage des réflexions critiques sur l’anthropotechnie qui bouleverse le monde de la vie.

Isabelle Barbéris (agrégée de lettres modernes), Michel Bel (philosophe), Jean-François Braunstein (philosophe), Paul Cesbron (gynécologue-obstétricien), Denis Collin (philosophe), Anne-Lise Diet (psychanalyste), Emmanuel Diet (philosophe et psychanalyste), Christian Godin (philosophe), Aude Mirkovic (juriste), Isabelle de Montmollin (philosophe), François Rastier (linguiste), Pierre-André Taguieff (philosophe et politiste), Patrick Tort (philosophe et historien des sciences), Thierry Vincent (psychiatre et psychanalyste).

Les implants cérébraux pourraient nous rendre télépathiques

Nous pourrions bientôt être en mesure de communiquer par télépathie, grâce à des interfaces cerveau-ordinateur.

C’est du moins l’essentiel du nouveau rapport de la Royal Society, une organisation scientifique britannique, sur la technologie des implants neuronaux, qui a été examiné par The Independent. Le document présente certaines des choses les plus intéressantes que les interfaces cerveau-ordinateur pourraient rendre possibles, mais il avertit également que le fait de connecter le cerveau à un ordinateur pourrait également compromettre la vie privée des individus.

“Non seulement les pensées, mais aussi les expériences sensorielles, pourraient être communiquées d’un cerveau à l’autre”, peut-on lire dans le rapport. “Quelqu’un en vacances pourrait téléporter une carte postale neurale de ce qu’il voit, entend ou goûte dans l’esprit d’un ami à la maison.”

La communication cerveau à cerveau chez les humains pourrait bientôt devenir une réalité

Neuralink veut connecter votre cerveau à Internet

Pour veiller à ce que ces implants neuronaux du futur profitent aux citoyens et à la société, la Royal Society demande au gouvernement de mener une enquête sur la technologie, rapporte The Independent. Sinon, les entreprises privées comme Facebook, qui travaillent déjà sur leurs propres systèmes, seront en mesure de dicter l’utilisation de la technologie selon leurs propres conditions.

“Ils pourraient apporter d’énormes avantages économiques au Royaume-Uni et transformer des secteurs tels que le NHS (National Health Service), la santé publique et les services sociaux”, a déclaré Christofer Toumazou à The Independent, l’ingénieur et co-président du rapport de l’Imperial College London. “Mais si les développements sont dictés par une poignée d’entreprises, des applications moins commerciales pourraient être mises de côté. C’est pourquoi nous appelons le gouvernement à lancer une enquête nationale”.

The Independent

Selon un scientifique, la “puce cérébrale” d’Elon Musk pourrait être un suicide de l’esprit The New York Observer

Facebook fait des progrès sur son casque de lecture de l’esprit

Made in Labo – De la procréation artificielle au transhumanisme

ISBN-10: 2204133736

Quand un philosophe pénètre par effraction dans les laboratoires des apprentis sorciers, il en ramène des vérités sur l’humanité qu’on nous fabrique pour demain. Des vérités terrifiantes à dire, mais nécessaires à entendre. Un cri d’alarme contre tous les Frankensteins de la vie, du désir et de l’amour.

Nous vivons une profonde crise anthropologique. En 1968, la grande question était : “Comment faire l’amour sans faire d’enfants ?” Elle s’est retournée depuis 1978, année de naissance du premier bébé-éprouvette, en : “Comment faire des enfants sans faire l’amour ?” – révolution inouïe au regard de l’histoire de l’humanité.

La fabrication de ce bébé, conçu hors du corps humain, a peut-être ouvert la boîte de Pandore. Devenu accessible, notre génome est aussi devenu manipulable, modifiable, en attendant que les adeptes du transhumanisme le réécrivent pour produire un homme nouveau, un “posthumain” libéré des tares de notre condition, limitée et mortelle. Preuve est ainsi faite que l’engendrement, qui assure la transmission par la filiation, fait obstacle à la création. Celle de l’individu par lui-même, comme celle de la “posthumanité” rêvée.

C’est cette effroyable dérive de notre civilisation que Dominique Folscheid analyse, alliant comme personne connaissance scientifique et réflexion philosophique. Un essai percutant, pour combattre dès aujourd’hui les cauchemars de demain.

Nous allons faire grandir des bébés dans des utérus artificiels

Professeur de philosophie émérite à l’université Paris-Est, codirecteur du Département d’éthique biomédicale du Collège des Bernardins, Dominique Folscheid a fondé en 1995 un enseignement de philosophie à destination des personnels de santé, devenu « l’École éthique de la Salpêtrière ». Il a notamment publié Sexe mécanique. La crise de la sexualité contemporaine (2002) ; L’Esprit de l’athéisme et son destin (2003) et contribué à Le Transhumanisme, c’est quoi ? (2018).

Pourquoi nous vivons dans une matrice ?

Trois arguments pour expliquer pourquoi nous vivons dans une matrice

Est-ce la vraie vie ou est-ce juste une fantaisie ? Et est-ce vraiment important ?

L’argument de la simulation a été présenté pour la première fois dans un article publié en 2003 par le philosophe Nick Bostrom. Bostrom attribue une probabilité de moins de 50% que nous vivons dans un univers simulé. Certains physiciens pensent que nous pouvons le vérifier scientifiquement.

Vivons-nous dans une simulation ?

Cette idée a été explorée à plusieurs niveaux. Bien qu’il y ait eu pas mal de réflexions sophomoriques et de propositions bancales entourant l’hypothèse – généralement dans les studios de podcast brumeux et les dortoirs d’université – il existe en fait un certain nombre de philosophes et physiciens contemporains respectables qui réfléchissent sérieusement à l’idée et à ses implications.

L’argument tel que nous le connaissons aujourd’hui est apparu pour la première fois dans un article du philosophe suédois Nick Bostrom. Qui a argumenté à la fois pour et contre la proposition d’un univers simulé, puis a exploré un certain nombre de conséquences découlant de cette proposition. Ses principaux arguments apparaissent au début de l’argumentation, dans laquelle Bostrom affirme qu’au moins l’une des affirmations suivantes est vraie :

1) L’espèce humaine est très susceptible de s’éteindre avant d’atteindre un stade “post-humain”.
2) Il est extrêmement improbable qu’une civilisation post-humaine exécute un nombre important de simulations de son histoire évolutive (ou de ses variations).
3) Nous vivons certainement dans une simulation informatique.

Vivons-nous dans une simulation informatique? Par Nick Bostrom

Bostrom appelle cela le Trilemme. Nous reviendrons sur ces points tout en explorant les arguments selon lesquels nous vivons dans une simulation informatique (Matrix) et les arguments qui réfutent l’idée.

Le trilemme de Nick Bostrom

Bostrom est indécis quant à la validité réelle de la théorie de la simulation, mais il en est l’un des principaux défenseurs. Voici quelques-uns de ses arguments en faveur de l’idée que nous vivons peut-être dans une simulation. Il pense qu’il y a de fortes chances pour qu’un jour des entités post-humaines puissent créer une simulation d’ancêtre, à moins que cette simulation ne soit déjà en cours.

Bostrom accepte l’argument de la simulation, mais rejette l’hypothèse de la simulation. Ce qui signifie qu’il pense que l’une des trois possibilités est vraie, mais il n’est pas entièrement convaincu que nous participons à la simulation. Il déclare :

“Personnellement, j’attribue une probabilité de moins de 50% à l’hypothèse de simulation – plutôt dans une région des 20%, peut-être. Cependant, cette estimation est un avis personnel subjectif et ne fait pas partie de l’argument de la simulation. Je pense que nous manquons de preuves solides pour ou contre l’un des trois éléments disjoints (1) – (3), il est donc logique d’attribuer à chacune d’elles une probabilité significative.”

Il ajoute que, bien que certains acceptent l’argument de la simulation, leurs raisons en sont différentes. Bostrom s’empresse de souligner qu’il ne s’agit pas d’une variante de la célèbre hallucination démoniaque de Descartes d’une expérience de cerveau dans une cuve (brain in a vat en anglais).

“… l’argument de la simulation est fondamentalement différent de ces arguments philosophiques traditionnels … L’objectif de l’argument de la simulation est différent : ne pas poser un problème sceptique comme un défi aux théories épistémologiques et au sens commun, mais plutôt faire valoir que nous avons d’intéressantes raisons empiriques de croire qu’une certaine affirmation disjonctive sur le monde est vraie.”

Son argument de simulation repose sur des capacités technologiques futures hypothétiques et sur leur utilisation dans la création d’un univers et d’un monde parfaitement simulés, qui incluraient notre esprit et nos expériences de ce que nous considérons comme une réalité.

Avons-nous découvert les règles de la simulation ?

Dans une discussion longue et éclairante quelques années en arrière lors du débat sur le mémorial d’Isaac Asimov, Max Tegmark, cosmologiste du MIT, a présenté quelques arguments sur la nature de la simulation par rapport à un jeu vidéo.

“Si j’étais un personnage de jeu vidéo, je découvrirais aussi que les règles semblaient complètement rigides et mathématiques. Cela ne fait que refléter le code informatique dans lequel il a été écrit.”

Selon lui, il semble que les lois fondamentales de la physique nous permettront à terme de créer des ordinateurs de plus en plus puissants, bien au-delà de nos capacités actuelles. Ces choses pourraient être de la taille des systèmes solaires, peut-être même des galaxies. Avec autant de puissance de calcul théorique, nous pourrions facilement simuler des esprits si ce n’était pas déjà notre destin.

Maintenant, en supposant que nous sommes déjà dans un système super complexe émanant d’ordinateurs de la taille d’une galaxie, certains détracteurs ont déclaré que nous devrions être en mesure de détecter les “problèmes techniques dans la matrice”.

Bostrom n’a pas tardé à souligner que tout petit problème que nous considérions comme réel ne pouvait être que la faiblesse de notre esprit. Cela inclurait des choses telles que des hallucinations, des illusions et d’autres types de problèmes psychiatriques. Bostrom estime que les simulateurs hypothétiques pourraient en tenir compte en :

“… empêchant ces créatures simulées de détecter des anomalies dans la simulation. Cela pourrait être fait en évitant complètement les anomalies, en les empêchant d’avoir une ramification macroscopique notable, ou en modifiant de manière rétrospective les états cérébraux des observateurs qui avaient été témoins de quelque chose de suspect. Si les simulateurs ne veulent pas que nous sachions que nous sommes simulés, ils pourraient facilement nous empêcher de le découvrir. “

Il poursuit en expliquant que ce n’est pas si exagéré de penser que nos cerveaux organiques le font déjà. Alors que nous sommes au milieu d’un rêve fantastique, nous ne sommes généralement pas conscients de notre rêve et cette fonction simple est réalisée par notre cerveau sans aide technologique.

Test de l’hypothèse de simulation à titre expérimental

Zohreh Davoudi, physicien à l’Université du Maryland, pense que nous pouvons effectuer des tests pour vérifier si nous sommes dans une simulation.

“S’il existe une simulation sous-jacente de l’univers qui pose le problème des ressources de calcul finies, comme nous le faisons, alors les lois de la physique doivent être appliquées à un ensemble fini de points dans un volume fini … Ensuite, nous revenons et voyons quel type de signatures nous trouvons qui nous disent que nous sommes partis d’un espace-temps non continu.”

Les preuves qui prouveraient que nous vivons dans une simulation pourraient provenir d’une distribution inhabituelle de rayons cosmiques frappant la Terre et suggérant que l’espace-temps n’est pas continu, mais plutôt constitué de points discrets. Bien que le problème de prouver que vous êtes en simulation implique toujours que toute preuve trouvée puisse également être simulée.

Dans une discussion sur le sujet lors de la conférence d’Asimov, Davoudi soulève un vieux sujet théologique avec une mise à jour et une prémisse moderne.

“… Ce que l’on appelle la simulation consiste à entrer les lois de la physique et à faire émerger la nature et l’univers. Vous n’essayez pas réellement de donner l’impression que quelque chose se passe. Vous n’essayez pas – de la même manière qu’avec les jeux vidéos. Vous n’interférez pas avec ce que vous avez créé. Vous introduisez simplement quelque chose de fondamental et vous le laissez aller, tout comme notre univers. “

D’autres commentateurs ont remarqué que cette idée était semblable au déisme. Cela signifie que dieu ou deus a été la première cause de mise en mouvement de la création de l’univers, mais ne s’y est pas mêlé par la suite.

De la simplicité de ces lois de la physique émergent alors des processus complexes qui semblent avoir continué à croître et à évoluer à mesure que l’univers vieillit.

Arguments contre la théorie de la simulation

La physicienne théorique Sabine Hossenfelder, de l’Université Goethe de Francfort, est convaincue que l’hypothèse de la simulation est tout simplement absurde. Elle a expliqué dans un article que bon nombre de physiciens ne prennent pas ce problème au sérieux. Hossenfelder a également des problèmes avec la nature de l’argument et la façon dont la théorie est présentée. Elle dit :

“Proclamer que ‘le programmeur l’a fait’ n’explique rien, il nous ramène à l’âge de la mythologie. L’hypothèse de la simulation m’énerve car elle empiète sur le terrain des physiciens. C’est une affirmation audacieuse à propos des lois de la nature qui ne prête cependant aucune attention à ce que nous savons sur les lois de la nature.”

Hossenfelder estime qu’il existe un moyen futile de dire que l’argument de la simulation est correct :

“Vous pouvez simplement interpréter les théories actuellement acceptées comme signifiant que notre univers calcule les lois de la nature. Ensuite, il est tautologiquement vrai que nous vivons dans une simulation par ordinateur. C’est aussi une déclaration dénuée de sens.”

En quittant le domaine de la logique linguistique et en entrant dans les mathématiques et les principes fondamentaux de la physique, Hossenfelder poursuit en expliquant qu’un univers ne peut pas être construit avec des bits classiques et avoir encore des effets quantiques. Vous devez également prendre en compte la relativité restreinte, à laquelle personne qui a testé n’importe quelle hypothèse expérimentale n’a été en mesure d’y remédier.

“En effet, il y a de bonnes raisons de croire que ce n’est pas possible. L’idée que notre univers est discrétisé se heurte aux observations car elle entre en conflit avec la relativité restreinte. Les effets de la violation des symétries de la relativité restreinte ne sont pas nécessairement minimes et ont été recherchés – et rien n’a été trouvé.”

Aucune possibilité de distinguer un univers simulé

Lisa Randall, physicienne en théorie à l’Université de Harvard, ne comprend pas pourquoi ce sujet fait l’objet d’un débat sérieux. Sa logique repose sur la prémisse que cette idée ne peut jamais être testée scientifiquement et qu’elle est tout simplement un flou linguistique pour les scientifiques.

“En fait, je suis très intéressée par la raison pour laquelle tant de gens pensent que c’est une question intéressante”, a-t-elle déclaré.

Sa prédiction est que les chances que cet argument se vérifie sont en réalité nulles. Il n’y a aucune preuve que l’on puisse concevoir que nous vivons dans une simulation et va parallèlement à la vieille idée selon laquelle “un dieu l’a fait”. Maintenant, la seule différence est qu’un système de calcul a pris la place de l’horloger, Jéhovah, ou du monde comme le souffle de Brahmin et ainsi de suite dans cette série similaire d’exemples religieux.

“Pour vraiment distinguer une simulation, vous devez vraiment comprendre uniquement notre notion des lois de la physique qui s’effondrent, ou certaines des propriétés sous-jacentes fondamentales … Pas à cause de l’interaction de l’environnement, mais simplement de l’ordinateur qui ne pouvait pas garder la trace de tout ça … Je veux dire, pour simuler l’univers, vous avez besoin de la puissance de calcul de l’univers.”

Contradiction inhérente à l’argumentation

Le cosmologiste Sean M. Carroll pense qu’il existe une contradiction flagrante dans l’argument. Il expose d’abord l’essentiel de l’argumentation dans un système logique supposé. Voici comment il voit l’hypothèse de simulation :

1) Nous pouvons facilement imaginer créer de nombreuses civilisations simulées.
2) Des choses aussi faciles à imaginer sont susceptibles de se produire, du moins quelque part dans l’univers.
3) Par conséquent, de nombreuses civilisations sont probablement simulées au cours de la vie de notre univers, au point qu’il y ait beaucoup plus de personnes simulées que de personnes comme nous.
4) De même, il est facile d’imaginer que notre univers n’est qu’un des nombreux univers simulés par une civilisation supérieure.
5) Étant donné un méta-univers avec de nombreux observateurs (peut-être d’un type spécifique), nous devrions supposer que nous sommes typiques de l’ensemble de ces observateurs.
6) Un observateur typique est susceptible de participer à l’une des simulations (à un certain niveau) plutôt qu’un membre de la civilisation supérieure.
7) Par conséquent, nous vivons probablement dans une simulation.

En gardant à l’esprit la logique ci-dessus, Carroll poursuit en expliquant que si nous acceptons tout cela, nous vivrons probablement au niveau le plus bas de la simulation, dans lequel nous ne serions pas en mesure de réaliser nos propres simulations, même si nous le voulions et si nous avions, en quelque sorte, la capacité de le faire.

“Espérons que l’énigme est claire. L’argument a commencé avec le principe qu’il n’était pas difficile d’imaginer la simulation d’une civilisation – mais la conclusion est que nous ne devrions pas pouvoir le faire du tout. C’est une contradiction, donc l’une des prémisses doit être fausse.”

BigThink

Transhumains & Post-humains

Le transhumanisme… Cette transformation, des corps et des esprits par le biais des progrès scientifiques, vise un Homme mieux adapté à son milieu, en bonne santé, immortel si possible, en lien parfois avec les intelligences artificielles, connecté, bref meilleur. Quelle forme prendra ce nouveau monde quand l’utopie se réalisera ? Pour engendrer quelle Humanité ? Et surtout, ces post-humains, seront-ils heureux ?

De part les avancées technologiques, qu’elles soient biologiques, chimiques ou cybernétiques, qu’elles soient volontaires ou subites, nous ne sommes déjà plus les mêmes Hommes que nos grands-parents. Quelles seront notre attitude et notre place dans les sociétés à venir ? Quel regard aurons-nous sur nous-mêmes et sur nos descendants ? Et après le règne de Sapiens, sera-t-il l’heure des IA ?

Cette anthologie de science-fiction « Transhumains, post-humains » offre la vision de seize auteurs francophones sur ce sujet. Alternant ambiances humoristiques, sombres et émouvantes, ces textes sont une invitation au voyage à travers autant de sociétés futuristes différentes, et une question fondamentale commune : qui serons-nous, demain ?

Andréa Deslacs, l’anthologiste de ce recueil, est une écrivaine marseillaise diplômée de la faculté de médecine avec une thèse sur la science-fiction. Déjà publiée pour de nombreuses nouvelles dans le domaine de l’imaginaire, elle a reçu en 2017 le Prix Visions du Futur et a été finaliste du Prix Rosny aîné 2018. Elle est aussi l’auteure d’un cycle de fantasy victorienne.

Manifeste Transhumaniste Universel

Manifeste Transhumaniste Universel pour les années 2020 et au-delà

Au-delà de la peur et du chaos de la vie contemporaine, il y a de bonnes nouvelles à partager.

Une nouvelle ère s’annonce : l’ère de la surabondance durable. Dans cette ère, le potentiel positif de l’humanité peut se développer de manière vraiment profonde.

La clé de cette nouvelle ère consiste à tirer parti des capacités remarquables de la science et de la technologie du XXIe siècle : robotique, biotechnologie, neurotechnologie, technologies vertes, technologies collaboratives, intelligence artificielle, etc.

Ces technologies peuvent nous fournir à tous, les moyens de vivre mieux – être en meilleure santé et en meilleure forme qu’auparavant; nourri émotionnellement et spirituellement aussi bien que physiquement; et vivre en paix avec nous-mêmes, l’environnement et nos voisins, proches et lointains.

Ce n’est pas une vision de la société actuelle au sens large – une simple abondance de biens, de services, d’activités, de relations et de récompenses. C’est la vision d’une surabondance, avec de nouvelles qualités plutôt que de nouvelles quantités.

Ce n’est pas une vision pour revenir à une période historique antérieure imaginée – un âge d’or supposé révolu. C’est une vision de l’avancement dans une nouvelle société, caractérisée par des niveaux de développement humain jamais atteints auparavant.

Ce n’est pas une vision limitée à quelques-uns – celui de l’élite de l’humanité actuelle. C’est une vision universelle pour tous, d’une fraternité large et diversifiée à laquelle tous peuvent participer librement et où tous peuvent profiter d’avantages sans précédent.

Ce n’est pas une vision d’un avenir lointain – quelque chose de pertinent, peut-être, pour nos arrière-petits-enfants. C’est une vision d’un changement qui pourrait s’accélérer de façon spectaculaire tout au long des années 2020 – une vision intensément appropriée à l’approche de l’année 2020.

Ce n’est pas une vision d’une utopie fixe et rigide. C’est une vision de la création collaborative d’un cadre social durable, ouvert et en évolution. Dans ce nouveau cadre, chacun de nous sera habilité à faire et à suivre ses propres choix, sans crainte ni favoritisme.

Dans cette vision, le ciel ne sera plus la limite. Dans cette vision, le cosmos est invoqué avec ses vastes ressources et ses possibilités infinies. Dans cette vision, notre destin réside dans l’exploration et le développement continus de l’espace intérieur et extérieur, alors que nous continuons à progresser ensemble vers des niveaux de conscience plus élevés et vers des expériences avec une signification toujours plus grande.

Choix critiques

Mais d’abord, nous sommes confrontés à des choix difficiles et critiques, des choix qui détermineront notre avenir. Si nous choisissons mal, la technologie fera beaucoup plus de mal que de bien. Si nous choisissons mal, nous nous attendons à un avenir sombre : déclin environnemental misérable, divisions sociales amères et descente rapide dans un nouvel âge sombre et lugubre. Au lieu de l’épanouissement des bons anges de notre nature humaine, ce seront nos démons intérieurs que la technologie magnifiera.

Nous devons nous tenir fermement à l’écart de ces mesures qui pourraient provoquer un tel résultat. Nous devons résister aux idées simplistes ou aux coalitions séduisantes qui nous induiraient en erreur et nous entraîneraient sur une pente glissante d’accélération de la dégradation de la situation humanitaire. Au lieu de cela, nous devons sélectionner et défendre l’ensemble des priorités qui faciliteront l’émergence rapide d’une surabondance durable.

Ce sont des tâches primordiales. Ces tâches exigeront le meilleur de l’analyse et de la compréhension humaine, de la force humaine et de la coopération humaine.

Si nous choisissons bien, les contraintes qui ont longtemps occulté l’existence humaine peuvent bientôt être levées. Au lieu de la dégradation physique et des infirmités grandissantes liées au vieillissement, nous nous attendons à une abondance de la santé et de la longévité.

Au lieu de la somnolence collective et des échecs aveugles du raisonnement, une abondance d’intelligence et de sagesse est à notre portée. Au lieu de la dépression morbide et de l’aliénation émotionnelle – au lieu de l’envie, de la jalousie et de l’égotisme (narcissisme) – nous pouvons atteindre une abondance de bien-être mental et spirituel.

Au lieu d’une société chargée de tromperies, d’abus de pouvoir et de factions divisives, nous pouvons embrasser une abondance de démocratie – une floraison de la transparence, de l’accès, le soutien mutuel, la vision collective et la possibilité pour tous, sans que personne ne soit laissé de côté.

Si nous choisissons bien, le résultat sera une liberté sans précédent. Le résultat sera que les gens du monde entier seront à la hauteur de leurs attentes et de leurs possibilités, et plus encore. Le résultat sera une humanité transformée et améliorée, faisant des progrès remarquables dans l’évolution, à mesure que la technologie élève et augmente de plus en plus la biologie. Le résultat sera d’aller au-delà de la simple humanité pour atteindre la transhumanité.

Temps pour l’action

À l’approche des années 2020, avec leur rythme de changement accéléré, avec des technologies toujours plus puissantes et largement diffusées, et avec une variété déroutante d’interconnexions enchevêtrées menaçant de conséquences imprévisibles, il est très important pour nous de le garder collectivement à l’esprit.

La pensée qui mérite une attention soutenue, au milieu de toutes les autres considérations, est la vision centrale d’un groupe de personnes connu sous le nom de transhumanistes. Cette idée concerne l’ampleur de la transformation prochaine de l’humanité vers la transhumanité.

Ce n’est pas simplement que cette transformation est possible. Ce n’est pas simplement que cette transformation pourrait être relativement imminente. C’est que cette transformation, gérée avec sagesse, pourrait avoir un énorme avantage positif. C’est que cette transformation, traitée à bon escient, est profondément souhaitable.

Cette idée n’est comprise, aujourd’hui, que par une infime fraction de la population mondiale – par une maigre dispersion de pionniers transhumanistes. Cependant, il est temps que ces pionniers transhumanistes prennent la parole. Les quelques peuvent devenir nombreux.

À l’approche des années 2020, il est temps que les transhumanistes remettent en question et réorientent le récit public. Il est temps d’élever le niveau de la conversation collective sur l’avenir.

Il est temps d’affirmer que l’avenir peut être considérablement meilleur que le présent. Il est temps de clarifier à quel point la nature humaine n’est qu’un point de départ pour un voyage vers des capacités posthumaines extraordinaires. Il est temps de souligner que, alors que l’évolution de la vie a été aveugle pendant des milliards d’années, elle passe maintenant dans notre contrôle conscient et réfléchi. Il est temps de souligner que, alors que l’évolution de la société est dominée depuis des siècles par les questions économiques et les luttes pour des ressources rares, le centre de la scène peut bientôt être marqué par l’épanouissement de l’abondance. Et il est temps de proclamer que de puissants catalyseurs de ces changements exceptionnels arrivent déjà, ici et maintenant.

En bref, il est temps que les transhumanistes du monde entier prennent la responsabilité d’avant-garde de la transformation à venir. Il est temps que les transhumanistes inspirent et soutiennent les peuples du monde entier à s’unir dans le projet historique visant à créer une ère de surabondance durable. Il est temps d’appliquer la sagesse transhumaniste pour identifier et défendre les meilleurs choix en prévision du tumulte des perturbations à venir. Il est temps de veiller à ce que la technologie apporte des avantages universels, au lieu d’être quelque chose que nous regretterons amèrement.

À l’heure actuelle, nous ne pouvons entrevoir que les grandes lignes de l’ère de la surabondance durable à venir. Les transhumanistes ont la responsabilité fondamentale de discerner les contours à venir avec plus de clarté, et d’aider l’ensemble de l’humanité à envisager et à naviguer dans les sentiers à venir.

C’est au service de cette cause capitale que ce Manifeste Transhumaniste Universel est dédié. Ce Manifeste constitue un point d’entrée dans un réseau croissant de documents vivants, dans le but de faire participer des chercheurs, des créatifs, des entrepreneurs, des activistes, des ingénieurs, des humanitaires, et plus encore.

Ensemble, appliquons nos compétences, notre temps et nos ressources pour brosser un tableau plus complet de la surabondance durable. Dépassons nos préoccupations actuelles, nos divisions inutiles, nos programmes individuels et nos limitations humaines héritées. Saisissons le pouvoir de transformation radicale des nouvelles technologies pour améliorer profondément notre vision, notre sagesse, nos structures sociales et notre efficacité.

Ensemble, imaginons des solutions constructives aux obstacles et distractions qui entravent le progrès – solutions combinant le meilleur de la technologie et le meilleur de l’humanité. Construisons des alliances productives qui affaiblissent les forces qui résistent au changement positif. Préparons-nous à tirer parti de l’élan croissant d’un mouvement technoprogressiste mondial inspirant. Nous allons prévoir comment nous délogerons la prise sur le pouvoir détenu par des intérêts rétrogrades d’aujourd’hui.

Et grâce à l’émergence d’une compréhension commune des avantages essentiels que les politiques transhumanistes peuvent apporter à chacun, transformons progressivement une opposition craintive en partenaires volontaires. Les quelques peuvent devenir nombreux.

De cette manière, nous pouvons accélérer la transition vers une surabondance durable. Le plus tôt sera le mieux.

Table des matières complète

Super-abondance à venir
Au-delà de la technologie
Principes et priorités
Vers une énergie abondante
Vers une nourriture abondante
Vers des matériaux abondants
Vers une santé abondante
Vers l’intelligence abondante
Vers une créativité abondante
Vers une démocratie abondante
Options à engager

source : Transpolitica

Remarque: le texte de ce manifeste est provisoire et fait actuellement l’objet d’une révision régulière.

Télécharger le Manifeste Transhumaniste Universel

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