Le transhumaniste Peter Diamandis dans la course au vaccin COVID-19

Dans cette course folle au vaccin contre le Covid-19, 199 vaccins sont en cours de développement, dont 20 sont actuellement à l’une des quatre phases d’essais cliniques. Le processus de développement d’un vaccin prend généralement une décennie, mais les délais relatifs au COVID-19 sont réduits en raison de l’urgence. Certains suggèrent un délai de 12 à 18 mois à compter de janvier 2020, date à laquelle la séquence génétique du virus a été publiée.

Un test d’anticorps de haute précision et un vaccin alternatif prometteur pour le COVID-19

Peter Diamandis, fondateur et président de la Fondation X Prize, co-fondateur et président exécutif de la Singularity University et vice-président & cofondateur de Human Longevity entre autres sociétés…, est aussi le co-fondateur et vice-président de Covaxx une filiale d’United Biomedical (UBI) qui développe un vaccin à base de peptides – les premiers essais cliniques de la phase I débuteront à l’été 2020 – et propose désormais un test d’anticorps.

Leur test d’anticorps peut détecter non seulement si vous êtes actuellement porteur du virus, mais il signale également si vous avez déjà eu le virus, ce qui est crucial pour déterminer le véritable taux de mortalité associé au COVID-19 – et si les gens sont immunisés et donc en mesure de ne plus s’isoler et de reprendre le travail.

L’équipe Covaxx travaille également sur une alternative révolutionnaire au vaccin traditionnel contre les coronavirus.

Peter Diamandis discute des essais du vaccin COVID-19 qui doivent commencer cet été, des perspectives d’avenir de la société, et plus encore sur Yahoo Finance. (Voir ici)

Compte à rebours pour les prédictions de la Singularité

Peter Diamandis a demandé aux gens les plus intelligents qu’il connaît leurs prédictions technologiques pour les 20 prochaines années (2018-2038). Quelles sont les avancées que nous pouvons espérer sur notre compte à rebours à la Singularité ?

2018 : Suprématie quantique atteinte : La première démonstration d’un calcul quantique qui ne peut être simulé avec des supercalculateurs classiques est annoncée.

2020 : Les opérations de voitures volantes décollent dans une douzaine de villes dans le monde. Le réseau 5G libère des vitesses de connexion de 10 à 100 gigabits pour les téléphones portables dans le monde entier.

2022 : Les robots sont monnaie courante dans la plupart des foyers à revenu moyen, capables de lire de manière fiable les lèvres et de reconnaître les gestes du visage, de la bouche et de la main. Tous les jouets sont “intelligents” avec un apprentissage automatique intégré.

2024 : Les premières missions humaines privées ont été lancées pour la surface de Mars. Les premiers accords «un cent par kilowatt-heure» pour l’énergie solaire et éolienne sont signés.

2026 : La possession de voiture est morte et les voitures autonomes dominent nos routes. 100 000 personnes se rendent chaque jour à bord de VTOL (aéronef à décollage et atterrissage verticaux) dans chacune des villes suivantes : Los Angeles, Tokyo, Sao Paulo et Londres.

2028 : Le solaire et le vent représentent près de 100% de la production d’électricité nouvelle. Les véhicules électriques autonomes représentent la moitié des kilomètres parcourus dans les grands centres urbains.

2030 : L’IA réussit le test de Turing, ce qui signifie qu’elle peut égaler (et dépasser) l’intelligence humaine dans tous les domaines. L’humanité a atteint la «vitesse d’évasion de la longévité» pour les plus riches.

2032 : Nanorobots médicaux démontrés chez l’homme sont capables d’étendre le système immunitaire. Les robots Avatar deviennent populaires, permettant à chacun de «téléporter» sa conscience dans des endroits éloignés du monde entier.

2034 : Des sociétés comme Kernel ont établi des liens significatifs et fiables entre le cortex humain et le Cloud. Les robots agissent comme domestiques, majordomes, infirmières et nounous, et deviennent des compagnons à part entière. Ils soutiennent l’autonomie des personnes âgées à la maison.

2036 : Les traitements de longévité sont couramment disponibles et couverts par des polices d’assurance-vie, prolongeant la durée de vie moyenne de l’homme de 30 à 40 ans.

2038 : La vie quotidienne est maintenant méconnaissable – incroyablement bonne et l’hyper VR et l’intelligence artificielle augmentent toutes les parties du monde et tous les aspects de la vie humaine quotidienne.

Livestream avec Ray Kurzweil et Peter Diamandis

Le co-fondateur de la Singularity University, directeur de Google AI et futuriste Ray Kurzweil, se joindra à Peter Diamandis pour un live Ask Me Anything de 90 minutes, le 13 octobre de 20h30 à 22h00.

C’est une chance d’entendre les prédictions de Ray Kurzweil pour le futur proche et lui poser directement vos questions, toutes visant à vous fournir un avantage déloyal pour votre entreprise.

Il pourrait ne pas y avoir de limite à l’espérance de vie chez les humains

En octobre 2016, le généticien moléculaire Jan Vijg a publié un article déclarant que l’espérance de vie chez les humains était limitée à 115 ans. Cette annonce a déclenché une controverse enflammée au sein de la communauté scientifique, et le 28 juin 2017, cinq groupes de scientifiques ont publié des articles réfutant formellement la déclaration de Jan Vijg.

Le travail de Vijg a consisté en l’analyse de données démographiques collectées partout dans le monde au cours du 20e siècle, et a démontré que l’âge maximal atteint stagnait au seuil de 115 ans depuis les années 90. En se fondant sur ces résultats, les auteurs ont conclu que la limite naturelle d’âge d’un être humain était de 115 ans et qu’il existait une probabilité inférieure à 1 pour 10.000 de vivre au-delà de 125 ans.

Comme on peut l’imaginer, la communauté scientifique ne partage pas cette idée. La plupart des critiques émane de la façon de laquelle l’équipe de Vijg a traité les données et de la méthode menant aux conclusions. Premièrement, l’équipe de Vijg a testé ses données afin de prouver si le seuil qu’ils avaient l’impression de voir après 1995 était réellement présent ou pas. En d’autres termes, ils ont exposé une hypothèse puis l’ont testée à partir du même jeu de données, ce qui est généralement inacceptable, puisque cela mène à des résultats subjectifs du fait d’ajustements excessifs, ajustement fondé sur une erreur ou du bruit, sans véritable relation.

Deuxièmement, le jeu réel de données dont dispose l’équipe est très petit puisque chaque année ils n’ont pris en compte que les personnes les plus âgées décédées. Puis ils ont soumis ce jeu exagéré de données à des techniques standard de régression linéaire, ce qui n’était pas approprié compte tenu de la taille limitée de l’échantillon d’une part et d’autre part du fait que les individus pris en considération constituent des valeurs aberrantes qui auraient dû être sujettes à des analyses de type événements exceptionnels. En réalité, le déclin suggéré par les conclusions de 2016 ne semble lié qu’à une seule et unique mort dans le jeu de données.

Parallèlement, d’autres scientifiques ont ré-analysé les données et ont conclu qu’elles étaient cohérentes avec des trajectoires multiples d’espérances de vie, et pas uniquement avec le seul cas de 2016. Finalement, plusieurs scientifiques, dans leurs réfutations, mettent le doigt sur le fait que le travail global sur la biologie du vieillissement réalisé pendant ces dernières décennies suggère que l’espérance de vie humaine présente des variations bien plus importantes qu’on le pensait auparavant, indiquant à lui-seul que la limite proposée devrait être prise en considération avec beaucoup de précautions.

Les auteurs de l’étude initiale ont confiance en leurs travaux et ne sont pas d’accord avec les critiques relatives aux méthodes statistiques utilisées. Vijg est également persuadé que la véritable cause de ce tollé n’est pas le jeu de données, qui est cohérent, mais le fait qu’on ne peut pas stopper le vieillissement et qu’il existe une limite à la vie humaine. « J’imagine que le message principal est que beaucoup de gens ne parviennent pas à accepter que tout pointe vers un terme à l’allongement maximal de la durée de vie » a expliqué Vijg à The Scientist.

Le professeur en santé publique de l’University of Illinois à Chicago, Jay Olshansky, qui n’a pris part ni à l’étude initiale ni aux réfutations, pense que les scientifiques qui critiquent ce travail passent à côté du véritable sens de l’étude de 2016, qu’il a éclairci pour The Scientist : « Le message le plus important à faire passer, selon moi, est que nous ne devrions pas essayer d’allonger notre espérance de vie, mais plutôt simplement essayer d’augmenter la période de vie pendant laquelle nous sommes en bonne santé. »

Quoi qu’il en soit, nombreuses sont les personnes qui repoussent les limites de la longévité humaine et qui sont suffisamment en désaccord pour investir là où se trouve leur philosophie. Depuis que la recherche a démontré que les transfusions de sang d’un individu plus jeune, ou parabiose, avaient la capacité de réhabiliter les fonctions cognitives chez des souris, une startup nommée Ambrosia a commencé à proposer des essais cliniques humains de parabiose à des patients prêts à payer. Peter Diamandis de la plateforme en recherche génotypique, Human Longevity, Inc., recherche la clé permettant d’utiliser des nanomachines ou des cellules souches pour régénérer nos corps. Et la metformine, qui s’avère utile dans la prévention du cancer et l’allongement de la vie chez les animaux, fait l’objet de tests cliniques comme médicament anti-vieillissement depuis février.

Il existe tant de possibilités actuellement en cours qu’il apparaît difficile de croire en une limite définitive de l’espérance de vie chez l’humain. Au final, le temps donnera raison à l’une ou l’autre proposition une fois pour toute. Ironiquement, nous ne serons là que s’il s’avère que les critiques ont raison.

traduction Virginie Bouetel

Nature, Futurism

Peter Diamandis pense que nous évoluons vers la “méta-intelligence”

Au cours des 30 prochaines années, l’humanité va être en pleine transformation comme jamais auparavant. Le fondateur et président de la Fondation XPRIZE, Peter Diamandis, pense que cela donnera naissance à une nouvelle espèce. Diamandis admet que cela pourrait paraître trop loin pour la plupart des gens. Il est convaincu, cependant, que nous évoluerons vers ce qu’il appelle la « méta-intelligence », et le taux exponentiel actuel de croissance est une indication claire.

« Je crois que nous nous dirigeons rapidement vers une transformation à l’échelle humaine, la prochaine étape évolutive dans ce que j’appelle une « méta-intelligence », un avenir dans lequel nous sommes tous très liés – cerveau à cerveau, via le Cloud – partageant des pensées, des connaissances et des actions », écrit-il.

Interface cerveau-à-cerveau — le prochain grand saut dans la communication humaine

Diamandis décrit les prochaines étapes de l’évolution de l’humanité en quatre étapes. Il y a quatre forces motrices derrière cette évolution : notre monde interconnecté, l’apparition de l’interface cerveau-ordinateur (BCI), l’émergence de l’intelligence artificielle et l’homme atteignant la dernière frontière de l’espace.

Dans les 30 prochaines années, l’humanité passera de la première étape – où nous sommes aujourd’hui – à la quatrième étape. De simples humains dépendants les uns des autres, l’humanité intégrera la technologie dans son corps pour permettre une utilisation plus efficace de l’information et de l’énergie. Cela se produit déjà aujourd’hui.

La troisième étape est un point crucial.

Grâce à l’interface cerveau-ordinateur et à l’IA, les humains vont se connecter massivement entre eux et des milliards d’IA (ordinateurs) via le cloud, analogues aux premières formes de vie multicellulaires, il y a 1,5 milliard d’années. Une telle interconnexion massive mènera à l’émergence d’une nouvelle conscience globale, et un nouvel organisme que j’appelle la méta-intelligence.

Cela rappelle un autre événement futuriste que beaucoup attendent avec impatience : la singularité technologique. “Dans un quart de siècle, l’intelligence non biologique correspondra à la gamme et à la subtilité de l’intelligence humaine“, a déclaré Ray Kurzweil.

En raison de l’accélération continue des technologies informatiques, ainsi que de la capacité des machines à partager instantanément leurs connaissances. Kurzweil prévoit que cela se produira d’ici 2045. Dans la chronologie évolutive de Diamandis. « L’intelligence non biologique créée cette année sera un milliard de fois plus puissante que toute intelligence humaine aujourd’hui. »

La quatrième et dernière étape marque l’évolution de l’humanité pour devenir une espèce multiplanétaire.

« Notre voyage vers la Lune, Mars, les astéroïdes et au-delà, représentent l’analogie moderne du parcours réalisé par le poisson pulmonaire s’échappant des océans, il y a environ 400 millions d’années », explique Diamandis.

Singularity HUB

« Réinventer le rêve américain » : Le parti transhumaniste

Publié in Marianne Celka, Matthijs Gardenier, Éric Gondard et Bertrand Vidal (éd.), Utopies, dystopies et uchronies, RUSCA, revue électronique de sciences humaines et sociales, n° 9, 2016/2, p. 16-24.

« Vote for Zoltan if you want to live forever »

Digitaliser le cerveau, télécharger la conscience dans un ordinateur, le cloud computing, naître d’un utérus artificiel, créer des bébés sur mesure, vivre indéfiniment et en bonne santé : science-fiction ? Pas pour Zoltan Istvan, candidat à l’élection présidentielle aux États-Unis.

Zoltan Istvan est transhumaniste, un courant de pensée qui prône l’affranchissement des limites physiques, cognitives et émotionnelles humaines par les technosciences et une prise en main de l’évolution naturelle jugée imparfaite1. En 2014, il a fondé le parti transhumaniste américain. Depuis, il s’est lancé dans la campagne présidentielle. En décembre dernier, après trois mois de voyage à travers les États-Unis à bord du « bus de l’immortalité » (en forme de cercueil), il a déposé symboliquement une Bill of Rights au Capitol, à Washington, revendiquant entre autres, pour les humains mais aussi les intelligences artificielles « sensibles » et les cyborgs, que des recherches soient effectuées afin de favoriser l’extension de la longévité en bonne santé2.

L’objet de ce texte est d’observer un désir d’insuffler, donner du sens, à une perfectivité technoscientifique radicale, un « nulle part3 » en quête de légitimité.

Qui est Zoltan Istvan ?

Zoltan Istvan est né aux États-Unis en 1973 de parents ayant fui la Hongrie et le régime communiste4. Il étudié la philosophie et la religion à Colombia University de New York5. C’est lors d’un cours qu’il découvre la cryonie : c’est une révélation6.

À 21 ans, il embarque sur un bateau avec 500 livres et entreprend un voyage transocéanique de plusieurs années. Devenu reporter, il publie pour The New York Times Syndicate, National Geographic.com, Sunday San Francisco Chronique, etc7. Il sera ensuite recruté par National Geographic Channel. En 1999, il couvre la guerre du Cachemire opposant l’Inde et le Pakistan et réalise Pawns of paradise : inside the brutal Kachmir Conflit, un documentaire qui sera récompensé par plusieurs prix. Athlète de l’extrême, il inaugure une pratique sportive pour le moins originale : la planche sur volcan8.

En 2004, alors qu’il accompagne des « chasseurs de bombes » américains au Vietnam, directement exposé à la mort, il revient avec deux convictions : vivre le plus longtemps possible et pour cela consacrer sa vie à promouvoir le combat contre la mort9.

En 2013, il publie The transhumanist Wager (Le pari transhumaniste), un roman de science-fiction. L’action se situe aux États-Unis dans un futur proche. Alors que des changements technologiques radicaux sont en cours dans l’intelligence artificielle, l’ingénierie génétique, la cryonie, etc., les transhumanistes font l’objet d’attaques de la part de politiciens, de religieux chrétiens, des scientifiques sont assassinés. Dans ce contexte, Jethro Knights, son personnage principal, défend une philosophie radicale qu’il nomme Teleological Egocentric Functionalism, qui consiste à promouvoir l’augmentation et l’immortalité.

Pour Zoltan Istvan, il s’agit d’explorer ce que nous serions prêts à faire pour vivre indéfiniment10. En partie autobiographique : Jethro Knights est étudiant en philosophie, il a traversé les Océans, couvert le conflit du Cachemire, fait de la planche sur les volcans et oeuvre pour le magazine International Geographic. Récusant la posture radicale, violente, de son personnage, Zoltan Istvan évoque la fiction.

Le parti transhumaniste américain

En octobre 2014, il passe à l’action et fonde le parti transhumaniste américain11. Jusqu’alors les éventuels sympathisants, souvent ingénieurs, scientifiques, étaient peu versés dans la politique12. Simultanément il crée, avec l’Anglais Amon Twyman, le Party Transhumanism Global qui vise à favoriser le développement et la coopération entre les différents partis transhumanistes émergeants13.

La naissance de ce parti est une nouvelle étape dans l’histoire du transhumanisme. Si le terme est né sous la plume du biologiste Julian Huxley (frère d’Aldous) en 192714, c’est seulement dans les années 1980 qu’il prend son sens contemporain. Longtemps diffuse, cette constellation s’incarne en 1998 avec le World Transhumanist Association, une organisation créée par les philosophes David Pearce et Nick Boström qui a pour but non seulement de donner corps au transhumanisme, mais aussi du crédit à ses idées afin de générer des recherches académiques15.

L’objectif de Zoltan Istvan est d’unifier politiquement le transhumanisme, lui donner une voix16. Le parti est affilié à un think tank : Zero State/Institute for Social Futurism. L’expression Social Futurism, forgée par Amon Twyman est synonyme de techno-progressisme. Apparenté à la gauche libérale, se présentant comme une alternative aux libertariens, il a pour slogan « positif social change throught technology ». Le Social Futurism, qui associe socialisme et technologie, a pour objectif de faire converger justice sociale et transformation radicale de la société par la technologie17. Dans la nébuleuse transhumaniste, les technoprogressistes tranchent par leur volonté de favoriser des changements devant bénéficier à tous18.

En octobre 2014, Zoltan Istvan s’est ouvertement déclaré candidat à la présidence des États-Unis. À cette fin, il s’est entouré des célébrités anciennes et montantes du transhumanisme. Le « biogérontologue » anglais Aubrey de Grey et la jeune biophysicienne Maria Konovalenko, cofondatrice en Russie du Parti de la longévité, sont ses conseillers anti-âges. Natasha Vita-More, figure mythique du transhumanisme, est sa conseillère transhumanisme, Jose Luis Cordeira, membre de la Singularity University, est son conseiller technique. Gabriel Rothblatt, qui a concouru comme démocrate pour un siège au Congrès en 2014, est son conseiller politique19.

Il évalue ses supporters, regroupant ingénieurs, scientifiques, futuristes et techno-optimistes à 25 00020. Initialement constitué surtout d’hommes blancs, situés académiquement, le mouvement serait en train de se diversifier, avec de jeunes hommes et femmes, d’horizons géographiques, politiques et professionnels divers. Certains seraient LGBT, d’autres handicapées, beaucoup athées21.

L’objectif de la campagne est de toucher ces trois groupes spécifiques : les athées, les LGBT et la communauté handicapée, soit environ 30 millions de personnes aux États-Unis22.

Lucide, il considère ses chances de remporter l’élection proche de 0. Ses ambitions sont toutes autres : faire croître le parti, promouvoir des idées politiques qui unissent les nations dans une vision techno-optimiste, favoriser des désirs illimités23. Avec une population américaine à 75 % chrétienne et alors que 100 % du Congrès est religieux, il estime que son plus grand obstacle est son athéisme24.

En octobre dernier, Amon Twyman apportait une autre limite à l’ambition politique de Zoltan Istvan en réaffirmant la pluralité du transhumanisme. Selon lui, la force du parti réside dans sa diversité. Les idées de Zoltan Istvan, perçues comme libertariennes25 et potentiellement schismatiques, risquent d’affaiblir le transhumanisme. Tout en reconnaissant le bien fondé de son action, Amon Twyman considère qu’un discours centré sur la longévité fait oublier les autres aspects du transhumanisme et se heurte au techno-progressivisme26. Confrontée au réel, l’utopie s’affaiblit.

« Réinventer le rêve américain »

Trois thèmes dominent la campagne : la superintelligence artificielle, le devenir cyborg et le dépassement de la culture mortifère.

Zoltan Istvan défend l’idée que dans 30 ans le président des États-Unis pourrait être une intelligence artificielle27. Considérée comme peu influençable par un lobby, une intelligence artificielle agirait, « de manière altruiste », pour le bien de la société. Mais un dysfonctionnement, une prise de contrôle par une autorité malveillante, un devenir « égocentré » de la machine seraient les faiblesses de cette prospective28. Cette idée fait écho aux préoccupations « académiques » de deux transhumanistes : Eliezer Yudkowsky du Machine Intelligence Research Institute et Nick Boström (Université d’Oxford), directeur de l’Institut for Future of Humanity. Ces derniers sont inquiets des risques anthropiques liés, entre autres, à l’émergence possible d’une superintelligence inamicale29. Zoltan Istvan occulte ce danger en postulant que les transhumanistes n’ont pas pour ambition de laisser les machines agir à leur guise. Proche du discours techno-optimiste libertarien de Ray Kurzweil et Peter Diamandis, dans une vision plutôt adaptative qu’émancipatoire30, la fusion avec la machine, le devenir cyborg, permettra selon lui de réduire le risque31. La faiblesse de l’argumentaire éthico-politique est ici frappante.

Techno-évolutionniste, se positionnant ouvertement au-delà de l’humain, il souhaite améliorer le corps humain par la science et la technologie, faire mieux et plus rapidement que la sélection naturelle. Zoltan Istvan se dit porteur d’une « nouvelle façon de penser », un nouveau territoire pour l’espèce humaine32. Qualifiant d’anti-progrès, d’anti-innovation le moratoire sur l’ingénierie génétique, il souhaite que les recherches se poursuivent dans un cadre éthiquement borné ; l’enjeu : vivre mieux. Il défend l’idée qu’avec cette ingénierie les maladies du cœur, les cancers, les hérédités pathogènes seront éliminées. Dans une approche résolument eugéniste, il serait donné aux parents le choix de leur enfant : couleur des cheveux, taille, genre, aptitudes athlétiques et cognitives. Récusant les critiques, il les estime infondées et fruits de la religion. La crainte de créer une race non-humaine, des êtres monstrueux, est, selon lui, surestimée et habitée par un imaginaire hollywoodien. À cela, il oppose la création d’une population libérée de la maladie. Ici techno-progressiste, il évoque le risque que seuls les riches pourraient se le permettre33. Au-delà du devenir cyborg, c’est la mort qui est visée.

Un des obstacles majeurs à la croissance du transhumanisme résiderait, selon Zoltan Istvan dans la culture mortifère (deathist culture). 85 % de la population mondiale croit à la vie après la mort et au moins 4 milliards d’habitants considèrent le dépassement de celle-ci par la technologie comme un blasphème. Beaucoup de gens souscrivent à une culture qui suit les principes de La Bible : mourir et aller au paradis34. Partant du constat que 150 000 personnes meurent chaque jour, pour la plupart de vieillesse et de maladie, il suggère deux voies « prometteuses » pour réduire cette mortalité : la digitalisation du cerveau et le téléchargement de l’esprit ainsi que l’inversion du processus de vieillissement développé par Aubrey de Grey35. Les millions de dollars investis dans la recherche anti-âge et la longévité grâce notamment par Google et le projet Calico, Human LLC et Insilico, le rendent optimiste. Mieux encore, l’idée de faire une fortune autour de l’immortalité ferait son chemin36. Matérialiste, comme Aubrey de Grey, il perçoit le corps comme une voiture que l’on peut réparer37. Il ne s’agit pas de vivre éternellement mais plutôt de choisir de mourir ou non. C’est une transcendance opératoire, un ici et maintenant, qu’il propose38.

Récemment, Zoltan Istvan a fait scandale en évoquant le contrôle des naissances. Dans la perspective d’une conquête de la mort, il s’interroge : « Devra-t-on encore permettre à n’importe qui d’avoir autant d’enfants qu’il souhaite ? » Il imagine un permis, accordé suite à une série de tests, qui permettrait l’accès à la procréation et la possibilité d’élever des enfants. En seraient exclus les sans domicile fixe, les criminels et les drogués. Mobilisant, tout à tour, l’argument humanitaire – donner une meilleure vie aux enfants –, environmental, démographique, féministe – les enfants qui nuisent à la carrière professionnelle –, il conclut qu’il ne s’agit pas de restreindre la liberté mais de maximiser les ressources pour les enfants présents et à venir39. Ces propos tenus dans la revue libertarienne Wired co.uk, lui ont valu l’ire d’une presse40 qu’il qualifie de « conservatrice ». Il aurait même reçu des menaces de mort41.

Conclusion

Le transhumanisme sort de sa sphère techno-scientifique et philosophique, il s’aventure maintenant sur le terrain politique, éprouve ses forces. Sans surprise, cette irruption dans le réel attise le conflit entre les bioconservateurs et les bioprogressistes. Plus intéressant, cette campagne électorale révèle un obstacle encore largement invisible : la colonisation politique de l’utopie, qui s’incarne dans les tensions entre les libertariens et les technoprogressistes.

Si les résultats de l’élection seront sans surprise pour Zoltan Istvan, le « pari » de faire connaître le transhumanisme à une large audience est d’ores et déjà remporté, quant à l’idée d’unifier les forces potentielles en présence : nous le verrons lors de l’élection.

Cette candidature doit attirer notre attention sur les mutations technologiques radicales en cours, leurs ressorts et motivations. Plus encore, c’est une invitation cruciale à penser les implications politiques et sociales et la nécessité d’anticiper les arbitrages et risques associés.

Notes :

1 MORE M. & VITA-MORE N., The transhumanist reader, Hoboken, John Wiley & Sons, 2013 ; BOSTROM, N., « A history of transhumanist Though », Journal of Evolution & Technology, 14, 1, 2005.
2 ISTVAN Z., « Immortality Bus delivers Transhumanist Bill of Rights to US Capitol », IBT, 21 décembre 2015.
3 RICOEUR P., L’idéologie et l’utopie, Paris, Seuil, 1997, p. 37.
4 LESNES C., « Zoltan Istvan, le candidat de la vie éternelle », Le Monde, 14 septembre 2015.
5 RAJ A., « The transhumanist who would be president », Reform, 6 mars 2014.
6 NUSCHKE M., « Fireside Chat with Zoltan Istvan – Author of ‘The Transhumanist Wager’ », Retirement singularity, 4 mai 2014.
7 Site de Zoltan Istvan.
8 ISTVAN Z., « EXTREME SPORTS / Really Good Pumice, Dude! / Volcano boarding: Russian roulette on a snowboard », Sfgate, 8 décembre, 2002.
9 ISTVAN Z., « Forget Donald Trump. Meet Zoltan Istvan, the only presidential candidate promising eternal life », Vox, 8 septembre 2015.
10 Idem.
12 RAJ A., « The transhumanist who would be president », Op. Cit.
14 HUXLEY J., Religion without revelation, Santa Barbara, Greenwood Press, 1979 (1927).
15 BOSTROM, N., « A history of transhumanist Though », Op. Cit.
16 ISTVAN Z., « An interview with Zoltan Istvan, founder of the transhumanist party and 2016 U.S. presidential candidate », Litost Publishing Collective, 23 novembre 2014.
17 Institute for social futurism, Op. Cit.
18 TREDER M., « Technoprogressives and transhumanists : What’s the difference ? », IEET, 25 juin 2009.
19 ISTVAN Z., « Why I’m running for president as the transhumanist candidat », GIZMODO, 5 juillet 2015.
20 Idem.
21 ISTVAN Z., « A new generation of transhumanists is emerging », Huffpost, 3 octobre 2014.
22 ISTVAN Z., « Why I’m running for president as the transhumanist candidat », Op. Cit.
23 Idem.
24 Idem.
25 BENEDIKTER R et al., « Zoltan Istvan’s ‘Teleological Egocentric Functionalism’: A approach to viable politics ? », Op. Cit.
26 TWYMAN A., « Zoltan Istvan does not speak for the Transhumanist Party », Transhumanity.net, 12 octobre 2015.
27 HENDRICKON J., « Can this man and his massive robot network save America », Esquire predicts, 19 mai 2005.
28 Idem.
29 Cf. Superintelligence, Paths, Dangers, Strategies de Nick Bostrom (oup, 2014).
30 DEVELEC LE N., « De l’humanisme au post-humanisme : mutations de la perfectibilité humaine », Revue MAUSS, 21 décembre 2008.
31 ISTVAN Z., « The morality of artificial intelligence and the three laws of transhumanism », Huffpost, 2 février 2014.
32 ISTVAN Z., « The culture of transhumanism is about self-improvement », Huffpost, 4 septembre 2015.
33 ISTVAN Z., « Transhumanist party scientists frown on talk of engineering moratorium », Huffpost, 5 avril 2015.
34 ISTVAN Z., « Why I’m running for president as the transhumanist candidat », Op. Cit.
35 ISTVAN Z., « Transhumanism is booming and big business is noticing », Huffpost, 17 juillet 2015.
36 Idem.
37 GREY A. de avec RAE M., Ending Aging. The Rejuvenation Breakthrought That could Reverse Human Aging in Our Lifetime, NY, St Martin Griffin, 2007, p. 326.
38 ISTVAN Z., « Can transhumanism overcome a widespread deathist Culture ? », Huffpost, 26 mai 2015.
39 ISTVAN Z., « It’s time to consider restricting human breeding », Wired. co.uk, 14 août 2014.
40 McCLAREY D., « Hitler : “Born Before this time” », The American Catholic, 21 août 2014 ; SMITH WESLEY J., « Tranhumanism’s Eugenics Authoritarianism », Evolution. News.net, 15 août 2014.
41 ISTVAN Z., « Death, threats, freedom, Transhumanism, and the future », Huffpost, 25 août 2014.

L’histoire de la superintelligence et la question de l’éthique des machines

Publié in Marianne Celka et Fabio La Rocca (dir.), Transmutations, Esprit Critique, Revue internationale de sociologie et sciences sociales, vol. 24, n° 1, été 2016, p. 43-57. Par Vincent Guérin, Docteur en histoire contemporaine.

Résumé : Ce texte a pour objet d’analyser, chez les transhumanistes, le couplage de l’éthique des machines avec les risques inhérents à la superintelligence. La première favorisant l’émergence de la seconde. Par ce biais, nous observons une accentuation du rapprochement de l’homme et de la machine, initié par le paradigme informationnel ; un renversement même avec une machine considérée comme « smarter than us ».

Introduction

En 2014, l’informaticien et cofondateur de Skype Jaan Tallinn a créé The Future of Life Institute (FLI) avec entre autres les cosmologistes Anthony Aguirre (Université de Californie) et Max Tegmark (MIT). Dans le comité scientifique se trouve une constellation de personnalités célèbres comme Stephen Hawking, des auteurs à succès comme Erik Brynjolfsson (MIT Center for Digital Business), mais aussi l’acteur Morgan Freeman (film Transcendance de Wally Pfister, 2015) et l’inventeur et chef d’entreprise Elon Musk. Jaan Tallinn était déjà à l’initiative du Centre For The Study Of Existential Risk (CSER) ou Terminator studies en 2012 à l’Université de Cambridge avec le cosmologiste Martin Rees. Ces deux institutions ont pour ambition, entre autres, d’anticiper les risques majeurs qui menacent l’humanité, notamment ceux inhérents à l’intelligence artificielle (IA).

Dernièrement, Bill Gates, fondateur de Microsoft, lui-même, se dit préoccupé par l’IA. Ces deux institutions et Bill Gates ont un dénominateur commun : Nick Boström. l’auteur de Superintelligence, Paths, Dangers, Strategies (2014), qui a impressionné Bill Gates, est membre du comité scientifique de la FLE et du CSER. Il est professeur à la faculté de philosophie de la prestigieuse Université d’Oxford et fondateur de la Future of humanity Institute (FHI) qui a pour objet d’anticiper les risques majeurs qui menacent l’humanité (existential risks). Ses recherches portent sur l’augmentation de l’homme, le transhumanisme, les risques anthropiques et spécifiquement celui de la superintelligence. En 2008, il a codirigé avec Milan M. Ćirković Global Catastrophic Risks (Boström, Ćirković, 2008). Cet ouvrage dénombre dix risques catastrophiques au sens d’un bouleversement radical qui menacerait l’humanité (anthropiques ou non) 1 . Parmi les risques anthropiques recensés, Eliezer S. Yudkowsky (1979-), chercheur au Machine Intelligence Research Institute à Berkeley (MIRI), développe le chapitre sur l’IA (Yudkowsky, 2008).

Nick Boström et Eliezer Yudkowsky sont transhumanistes, un courant de pensée qui conçoit l’humain, l’humanité comme imparfaits et prône une prise en main de leur évolution par la technologie. En 1998, Nick Boström a fondé avec David Pearce la World Transhumanist Association (WTA) et l’Institute for Ethics & Emerging Technologies (IEET) avec James Hughes.

Plusieurs objectifs irriguent le transhumanisme, dont le devenir postbiologique (posthumain), la superintelligence et l’amortalité (une immortalité relative). Parmi les NBIC, deux technologies ont leur faveur. La première, la nanotechnologie (une construction à partir du bas à l’échelle du nanomètre soit un milliardième de mètre) est en devenir, et la seconde, l’intelligence artificielle générale (IAG) reste un fantasme. Nick Boström et Eliezer Yudkowsky pensent que l’IA favorisera la nanotechnologie, elle-même porteuse d’inquiétude (Drexler, 1986). Eric Drexler, transhumaniste et membre du FHI, a créé en 1986, le Foresight Institute afin de prévenir les risques technologiques et favoriser un usage bénéfique de la nanotechnologie. Qu’est-ce-que la (super) intelligence artificielle ? Quelles sont les corrélations entre le transhumanisme et cette inquiétude montante vis-à-vis de l’IA, ou plus exactement la superintelligence ? Comment et quand pourrait-elle émerger ? Comment s‟articule le complexe dit de Frankenstein et l’éthique des machines ?

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Sommaire :

Introduction
La (super) intelligence artificielle
Le complexe dit de Frankenstein et l’éthique des machines
Épilogue
Références bibliographiques

Infléchir le futur ? Le transhumanisme comme auto-transcendance

Vincent Guérin, International Psychology, Practice and Research, 6, 2015


Résumé : Comment le transhumanisme oriente-t-il notre futur ? Entre l’eschatologie de la singularité technologique et la société de l’abondance promise par les nouvelles technologies (NBIC), il s’agit de saisir l’émergence et la diffusion d’une transcendance opératoire, son « inquiétante étrangeté ».


« The best way to predict the future is to create it yourself. » (17e loi de Peter H. Diamandis)

Introduction

Dans cet article, nous allons nous intéresser à la « communauté » des « singularitariens » de la Silicon Valley (Grossman, 2011). Deux de ses figures, Ray Kurzweil et Peter H. Diamandis ont créé, en 2008, l’université de la singularité. Son ambition : préparer l’humanité au changement induit par une accélération technologique à venir annoncée comme foudroyante. Cette entreprise qui prépare l’avenir tout en favorisant leurs ambitions. Au final, il s’agit d’explorer le tissage des forces en présence, mais aussi la réthorique utilisée par les « ingénieurs » singularitariens pour stimuler, orienter des recherches « stratégiques » devant favoriser leurs desseins. Sont-ils en mesure d’infléchir le futur, le faire advenir ?

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Sommaire :

La singularité technologique : enfer ou âge messianique ?

L’Université de la singularité

La possibilité de l’abondance

Conclusion

Bibliographie

Le prix Nobel de Physique hongrois Dennis Garbor affirme que « tout ce qui est techniquement faisable doit être réalisé, que cette réalisation soit jugée moralement bonne ou condamnable » (Gabor, 1973) ⇒ Le transhumanisme : Ce qui est possible est-il toujours souhaitable ?

 

Les nanotechnologies vont apporter une extension radicale de la longévité

Peter Diamandis, fondateur et président exécutif de XPRIZE et cofondateur et président exécutif de la Singularity University estime que les nanotechnologies amèneront la possibilité d’une extension radicale de la longévité.

Nanotechnologies et extension de la vie

Dans un question/réponse sur scène au Singularity University’s Global Summit, Diamandis a élaboré sur sa vision sur la façon dont les nanotechnologies peuvent conduire à de nouvelles techniques pour détecter la maladie ainsi que pour régénérer le corps, interfacer avec l’esprit humain et amener une radicale extension de la longévité.

Avec le temps, l’entrepreneur voit les humains et la technologie interagirent jusqu’à lier l’esprit humain aux machines et amener une plus grande espérance de vie.

SingularityHub rapporte que Diamandis a déclaré au Singularity University Global Summit que les nanotechnologies aideront à identifier les facteurs de risque dans le génome humain afin de stopper la maladie avant que celle-ci ne se manifeste. L’entreprise de santé fondée par Diamandis, Human Longevity, a pour objectif de combiner les informations clés sur la santé avec les données complètes sur la génétique d’une personne afin de déterminer leur profil de risque pour diverses maladies.

La médecine du futur aidera aussi à reconstituer le corps en cellules souches de sorte que chacun aura un moteur de régénération restauré/reconstitué durant toute leur vie. D’après la publication en ligne Inverse, un autre développement intéressant dans un avenir proche est l’interface esprit-machine (mind-machine).

Diamandis a expliqué que l’objectif de sa recherche est une nanotechnologie qui permettrait à des machines d’interagir avec les cerveaux humains. Cela devient de plus en plus proche de la réalité étant donné que des chercheurs de l’University of Southern California travaillent déjà sur des implants neuronaux capables d’améliorer les fonctions cognitives.

D’après Diamandis, la technologie progresse lentement jusqu’au point où les humains seront effectivement en mesure de se connecter via leur esprit. Ces développements ouvrent la possibilité d’une extension radicale de la longévité. Les humains pourront vivre plusieurs siècles dans le même corps, ainsi que télécharger leur conscience dans un ordinateur.

Diamandis collabore avec plusieurs entreprises poursuivant ces idées d’interfaces cerveau-machine et de nanotechnologie. D’après lui, l’horizon temporel de ces technologies pourrait être visible d’ici 20 à 30 ans.

Traduction Thomas Jousse

iTechPost