Facebook, le plus gros collecteur de données personnelles au monde

La société Facebook est un « service d’espionnage » selon le lanceur d’alerte Edward Snowden. Les propos de cet individu mériteraient d’être bien intégrés dans les crânes atlantistes des pouvoirs publics français et européen. Les affaires récentes touchant cette entreprise localisée dans la Silicon Valley nécessitent de faire le point.

Un quart de la population mondiale utilise Facebook, du jamais vu. L’entreprise est sur le point de devenir plus puissante que la National Security Agency (NSA) et pourrait devenir « le sous-traitant gouvernemental le plus puissant au monde » d’ici 10 ans, selon John Robb, un ancien agent antiterroriste du Commandement des opérations spéciales des États-Unis et conseiller de longue date du renseignement militaire américain. Facebook a d’ailleurs des liens certains avec l’état profond anglo-saxon qui compte bien utiliser la colossale manne d’informations de la plateforme pour accroître le contrôle et la surveillance politique. L’entreprise de Mark Zuckerberg (5e fortune mondiale) occupe également une position privilégiée pour devenir le premier fournisseur mondial de services d’information pour les gouvernements du monde.

La surveillance de masse a d’ailleurs été récemment entérinée par le droit américain. Les autorités US ont promulgué une loi renouvelant le programme de surveillance d’Internet par la NSA pour une durée de six ans. Créé après les attentats du 11 septembre 2001 et formalisé dans la section 702 du Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA), le programme permet à la NSA d’examiner sans mandat les communications effectuées en dehors des États-Unis via des plateformes telles que Facebook ou Google, et d’en collecter les informations. Les flux échangés par des Américains, sur leur territoire ou en dehors, pourraient également être pistés si un lien peut être effectué avec des cibles étrangères (Radio Chine internationale, le 20/01/18).

Le fichage minutieux de Zuckerberg 

Quand on parle du réseau social Facebook, il faut y rattacher également les messageries WhatsApp et Messenger, ainsi que la plateforme Instagram, destinée au partage de photos et de vidéos.

Les paramétrages par défaut des Facebook et autre Google sont intrusifs vis-à-vis des données personnelles des utilisateurs. Il s’agit donc de faire quelques manipulations dans les paramètres pour y échapper quelque peu. Mais la société de Zuckerberg sauvegarde tous les éléments passant sur sa plateforme : les personnes qui ne font plus partie de la liste d’amis, les anciennes relations amoureuses, les ex-employeurs, les précédents noms et les métadonnées des photos postées (le modèle de l’appareil photo, l’exposition, l’orientation, l’ouverture, la vitesse d’obturation, la longueur focale et l’adresse IP de téléchargement). C’est probablement la première fois dans l’histoire humaine qu’une décennie complète de données relatives comportement humain est stockée.

La société est capable de déterminer les éléments du quotidien avec précision (domicile, lieu de travail, trajet habituel, heures de réveil et de coucher…). Parmi les données aspirées, même lorsque Facebook est fermé, on compte l’adresse IP de l’ordinateur, la géolocalisation, l’adresse email, le trajet de la souris d’ordinateur sur l’écran, le temps passé sur telle ou telle partie d’une page Web, sur tel produit, etc. Facebook récupère toutes les données disponibles sur les autres sites ouverts sur l’ordinateur et sur le téléphone grâce à ses algorithmes. Les boutons Facebook « J’aime » ou « Partager » qui apparaissent sur de nombreux sites contraignent également le navigateur Internet à transmettre des données de l’internaute vers la société, et ce même s’il n’a pas cliqué dessus.

La reconnaissance faciale de la plateforme Facebook est de plus en plus au point. Sans aucune intervention humaine, ses algorithmes sont capables d’identifier automatiquement les utilisateurs sur toutes les photos publiées sur le réseau social. De même que le dernier téléphone iPhone X d’Apple, qui a une technologie 3D pour la reconnaissance faciale, avec un projecteur déployant 30 000 points invisibles sur le visage de son utilisateur pour le modéliser en profondeur. Le Center of Privacy and Technology de l’Université Georgetown Law (Washington) avait déjà signalé en 2016 que 117 millions d’Américains (environ la moitié des adultes du pays) figuraient, à leur insu, dans des bases de données permettant la reconnaissance faciale utilisées par le FBI. Nous pouvons modestement soupçonner que les instances gouvernementales US échangent des éléments avec les géants du numérique pour croiser leurs informations.

Selon Forbes, la discrète entreprise israélienne de surveillance Terrogence, fondée par un ancien officier des services de renseignement israéliens, utilise la base de données massive des plateformes Facebook, YouTube et d’autres sites Internet depuis cinq ans. Son objectif est de collecter des visages pour son système de reconnaissance faciale nommé Face-Int. Le système a été racheté en 2017 par Verint Systems, une société US initialement israélienne (Comverse Technology, Inc.), qui fournit des services à la NSA, à la marine US et à des agences de sécurité et de renseignement. La société israélienne Onavo (rachetée fin 2013 par Facebook) a généré une application de protection mobile considérée comme une « machine interne à espionner » permettant d’identifier les applications utilisées par un individu.

Selon le docteur dîneur du Siècle Laurent Alexandre, les milliards de données qui composeront notre dossier médical ne pourront être analysés que par des IA. Les deux groupes numériques les plus investis dans la santé sont IBM et Google, mais Microsoft, Facebook, Amazon ou encore Baidu se sont également engagés très sérieusement dans le secteur (L’Express, 27/12/17). Le développement de la génomique, des neurosciences et des capteurs électroniques connectés surveillant la santé, devrait bouleverser le domaine médical.

Sur mobile, Facebook scanne l’intégralité des conversations (appel et texte), les photos, vidéos, et tout fichier ou lien échangés sur sa messagerie Messenger. Des modérateurs analysent tout et bloquent ou retirent les contenus s’ils le jugent nécessaire. L’IA de Facebook commence à faire le travail de modération et de censure automatique sur les contenus qu’elle juge « inappropriés ». Le réseau conserve également toute trace d’appels téléphoniques et SMS, sans mention préalable et indépendamment des applications Facebook et Messenger. Des éléments qui ne sont pourtant pas mentionnés sur la page du site dédié au sujet. Selon Vice, des éléments de conversations téléphoniques peuvent être captés par Facebook lors d’un simple appel pour proposer des messages sponsorisés adaptés. Quand un usager synchronise ses contacts téléphoniques avec le réseau social, les adresses email et les numéros de téléphone de toutes ses connaissances enregistrées sont collectés, ainsi que toute autre information présente sur l’appareil. Les internautes non-inscrits sur la plateforme Facebook voient donc leurs datas également aspirées. Par ailleurs, si l’utilisateur a fourni son numéro de téléphone au moment de l’inscription ou de l’activation de l’authentification à deux facteurs du site Facebook, le profil social associé peut être retrouvé en tapant le numéro de mobile dans le moteur de recherche de Facebook.

Des chercheurs en cyber sécurité de l’Université de la Ruhr (Allemagne) viennent de révéler une faille sur l’application mobile WhatsApp, pourtant réputée pour être sécurisée (chiffrement de bout en bout). Cette brèche permettrait d’accéder au contenu des conversations chiffrées des utilisateurs de la messagerie. Le risque serait tout de même limité du fait que le pirate doit intégrer la discussion du groupe qu’il cible préalablement. Dans tous les cas, cette messagerie instantanée transfère à son propriétaire Facebook toutes les données de ses utilisateurs, selon Paris Match. Sont transmis les numéros de téléphone et surtout toutes « les informations relatives aux habitudes d’utilisation », sans l’accord de l’utilisateur. Le seul moyen d’y échapper est de supprimer son compte WhatsApp. Un autre défaut a été identifié sur Facebook par une équipe de chercheurs américains, français et allemands. Il permettait de transmettre aux annonceurs les numéros de téléphone portable des usagers par le biais d’un outil de ciblage pour les audiences personnalisées. Depuis la fondation du réseau à Harvard en 2004, le site Tech Crunch comptabilisé 39 incidents critiques en matière de protection des données privées des utilisateurs de Facebook.

Facebook a déposé un brevet en 2016 pour pouvoir activer le micro d’un smartphone à l’aide d’un son inaudible pour l’humain (diffusé à la télévision par exemple) et récupérer les données enregistrées. D’autres brevets prévoient de prédire l’avenir d’un utilisateur en analysant publications, messages, dépenses bancaires et localisation ou encore de déterminer quels amis une personne côtoie le plus en analysant les localisations des téléphones. Le réseau asocial a récemment reconnu avoir partagé les données de ses utilisateurs avec le constructeur Huawei, ainsi qu’avec d’autres entreprises chinoises telles que Lenovo, OPPO ou TCL. Zuckerberg ne gagne clairement pas des points d’amitié avec Trump, qui a récemment interdit les appareils fabriqués par Huawei pour cause de soupçons d’espionnage. La firme chinoise s’est défendue des accusations de collecte et stockage de données des utilisateurs de Facebook. Le New York Times a aussi signalé que Facebook avait partagé les données de ses utilisateurs avec 60 constructeurs de smartphones (Apple, Microsoft, HTC, Samsung) durant dix longues années de pillage de data. On comprend pourquoi le niveau de capitalisation boursière de cette société d’à peine plus de 25 000 employés est aussi élevé, et ce malgré l’affaire Cambridge Analytica, qui a fait passer la cote de 538 Mds $ à 445 Mds $ entre le 19 et le 28 mars 2018.

En parlant de cette dernière polémique qui n’a étonné que les moins avertis, le magazine scientifique international New Scientist a découvert une base de données accessible de 3 millions d’utilisateurs Facebook, avec des éléments intimes sur chaque profil. Comme pour le « scandale » Cambridge Analytica, c’est un quiz de personnalité de l’application myPersonality qui a permis d’établir des profils. Des renseignements « hautement sensibles » des résultats de tests psychologiques étaient donc facilement accessibles depuis 4 ans, car mal sécurisés. Bien que ces datas soient anonymes, il était apparemment aisé de recouper les données du test avec l’identité de l’individu l’ayant effectué. Facebook a suspendu myPersonality le 7 avril 2018 suite à son enquête sur les applications violant ses règles d’utilisation. Ce sont 200 applications de ce type qui ont été récemment mises hors service par la société californienne.

Mark Zuckerberg s’est adressé à certains membres du Parlement européen

Publicité, dissimulation, addiction… un modèle de société exemplaire

Sur Internet, la plupart des sites vous demandent d’accepter des « cookies », un petit fichier stocké sur l’ordinateur ou le téléphone par les sites que vous visitez. S’ils sont déjà partiellement utilisés par les publicitaires comme des mouchards implantés au sein du navigateur, il existe d’autres types de mouchards qui collectent bien plus d’informations comme les « scripts de traçage ». Selon une étude de Cliqz de 2017, 77 % des 440 millions de pages vues par 850 000 personnes analysées contenaient des mouchards. Les outils publicitaires de Google comme DoubleClick, Google Publishers Tag et Google Tag Manager représentent 48 % des pages Internet et sont présents sur quasi deux tiers des pages visitées par les participants à l’expérience à grande échelle loin devant Facebook. Mais ce dernier peut, comme Google, suivre et étudier en détail les pratiques de navigation de leurs utilisateurs. Le modèle économique de ces sociétés repose quasiment entièrement sur la commercialisation des données personnelles de ses utilisateurs vers les annonceurs (entreprises qui font de la publicité ciblée sur le réseau social). Plus de 98 % des revenus de Facebook en 2017 (39 Mds $) proviennent la vente des éléments des profils personnels à des annonceurs, dont 88 % viennent des publicités sur appareils mobiles. De plus, la société acquiert régulièrement des datas à des tiers pour alimenter son intelligence artificielle.

Depuis plusieurs mois, Facebook est préoccupé par l’effondrement contextuel (context collapse), autrement dit, du fait que les utilisateurs du réseau sont plus mesurés dans la publication des détails intimes de leur vie. De plus, les flux d’actualités sont envahis par les médias et les entreprises, ce qui rend les audiences plus passives et ne bénéficient pas à son business model. Effectivement, les « murs Facebook » affichent bien plus de liens vers des sites Web tiers que d’éléments de vie personnelle; ce qui n’arrange pas la société numérique. La plateforme va donc dorénavant donner la priorité aux messages des amis sur le fil d’actualités, plutôt qu’aux contenus postés par les marques privées et les médias. Pour l’exemple, si Facebook devait rémunérer ses utilisateurs pour l’exploitation de leurs données personnelles, il devrait verser au total près de 350 000 Mds $, selon le chercheur Olivier Auber.

De même, les applications représentent la majorité du temps passé sur les appareils mobiles, qui se répartit entre seulement 5 applications (85 % du temps des utilisateurs selon comScore). Les géants du high-tech sont donc également à la recherche de stratégies pour dépasser cette crise de l’engagement sur les applications. Alors que ces entreprises s’appuient sur un nombre conséquent d’applications différentes pour atteindre un maximum d’audience, la crise d’engagement de plus en plus forte met tout leur écosystème en danger. Pour dépasser le phénomène, WeChat, Google, Facebook ont pour objectif d’intégrer des mini applications au sein même de leurs applications (BI Intelligence, « La fin des applications », 08/09/17).

Les plateformes telles que Facebook sont pensées pour être addictives. À haute dose et à long terme, elles déchirent le tissu social et créent des effets addictifs néfastes, comme l’ont récemment dénoncé d’anciens cadres de l’entreprise. C’est bien souvent les personnes qui connaissent le mieux les nouvelles technologies informatiques, parce qu’ils les ont créées, qui sont les premières à s’en détourner et surtout à préserver leur progéniture d’une exposition précoce. En effet, l’addiction aux technologies est créée de toute pièce. Depuis longtemps déjà, les comportementalistes ont théorisé comment conditionner l’Homme avec diverses méthodes de stimulation. La logique a été poussée au maximum aujourd’hui : les besoins d’interactions sociales, de reconnaissance, la capacité à nous laisser distraire, les limites de notre mémoire, la vitesse et la surcharge d’informations, tout est étudié par la captologie. Conçue par les comportementalistes, elle est devenue une science à part entière en s’appuyant sur des techniques de persuasion prenant acte de l’impatience, l’insatisfaction ou encore l’info-dépendance présentes dans nos sociétés. L’objectif des annonceurs et autres publicitaires étant de susciter l’attention de l’individu cible pour créer addictions et frustration entraînant mécaniquement une baisse de l’attention et un engagement temporel conséquent sur les réseaux sociaux.

En 2016 en France, les adultes passaient 3 h 58 heures par jour en moyenne devant un écran d’ordinateur ou de smartphone et 3 h 51 devant une télévision quasiment dans le même temps. Une étude de la Radiological Society of North America affirme que les personnes les plus dépendantes à Internet et au smartphone ont des scores significativement plus élevés dans la dépression, l’anxiété, l’insomnie et l’impulsivité. C’est en ce sens que Tristan Harris, ingénieur et ancien « philosophe produit » de Google, a déclaré que « la technologie détourne nos esprits ». Ancien promoteur des nouvelles technologies, il en est aujourd’hui un farouche opposant sous prétexte qu’elles seraient au service exclusif de la publicité. Il a même créé un site Internet dédié à cette lutte pour que les plateformes technologiques cessent de détourner les esprits et pensent plus au bien-être humain.

Google et Facebook sont des « infomédiaires », c’est-à-dire qu’ils organisent le contenu produit par d’autres. Leur réussite économique s’appuie sur la captation des revenus publicitaires grâce à des technologies de ciblage alimentées par la collecte des données personnelles de leurs utilisateurs. À eux deux, ils représentaient 84 % des dépenses de publicité en ligne dans le monde en 2017 (Chine exceptée), selon une étude de GroupeM. Facebook est d’ailleurs dépendant de la publicité à hauteur de 97 % de son chiffre d’affaires (Conflits n°17, avril-mai-juin 2018, p.24). Pour la première fois en France, ce marché de la publicité sur Internet a dépassé celui de la publicité télévisuelle, avec 3,5 Mds € d’investissement en 2016, et particulièrement grâce à l’efficacité des algorithmes (qui affichent des bannières correspondant à nos intérêts).

Facebook compte également s’inscrire dans la hiérarchisation de l’information pour que certains contenus n’apparaissent pas ou moins dans les fils d’actualités. Ce sont les utilisateurs du réseau social eux-mêmes qui pourront juger du degré de fiabilité d’une information présente sur la plateforme. De plus, Facebook travaille main dans la main avec la Commission européenne contre les fake news et ferait preuve d’un certain zèle pour censurer et supprimer des contenus sur demande du gouvernement israélien et américain. Le financement de la presse mainstream française par Zuckerberg a notamment été mis en place pour contrer les « contenus sales », comme celui que vous lisez actuellement.

Après l’État, la publicité, le complexe militaro-industriel et le secteur bancaire, c’est maintenant au tour de Facebook de venir sauver financièrement les médias français nuls et déficitaires. Selon une étude de Nicolas Becquet, de l’Observatoire européen du journalisme, entre 100 000 et 200 000 € mensuels renouvelables tous les six mois sont distribués à des journaux tels que TF1Le FigaroLe Parisien ou Le Monde pour qu’ils produisent du contenu directement sur le réseau social. Au vu de la purge par laquelle s’est illustrée Facebook cette année sur les contenus idéologiquement déviants (MarsaultNordPresseÉgalité & Réconciliation, etc.), il semble a contrario essentiel de ne pas trop être dépendant de ces entreprises de la Silicon Valley, clairement engagées politiquement. Facebook peut également ralentir les flux de publications des mal pensants sur son réseau, comme l’a montré le cas des liens du site de l’ancien diplomate et blogueur subversif britannique Craig Murray. Google et Facebook ont d’ailleurs annoncé la couleur en déclarant que le point de vue des médias russes ne doit pas avoir le même degré d’impact que celui des médias occidentaux sur leur plateforme. Au moins c’est dit.

La branche française du réseau asocial est dirigée par le sous-préfet sarközyste Laurent Solly, membre de l’obédience maçonnique Grand Orient de France et du club élitiste Le Siècle (Faits & Documents n° 451, mai 2018, p.12). Autant dire la crème de la crème. La suppression pure et simple des pages Facebook des Identitaires et de l’opération Defend Europe, ni illégale ni violente jusqu’à preuve du contraire, traduit les orientations du réseau envers les idées mal pensantes. Les pages ont été retirées sur demande de la Dilcrah, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti LGTB, créée sous le règne de Sarkozy en 2012 et directement rattachée au Premier ministre depuis 2014 sous Hollande.

La propagande numérique au service du politique ou l’hypocrisie de l’oligarchie occidentale

Cambridge Analytica était initialement une simple entreprise Psyops, c’est-à-dire qu’elle fournissait des prestations d’ingénierie sociale afin de provoquer un changement de sentiment de masse en gagnant les cœurs et les esprits. Le principal problème est que cette puissante entreprise de relations publiques a surtout été utilisée par des individus appartenant aux tendances de droite alternative conservatrice. Grosse erreur que la presse libérale-libertaire très neutre s’est empressée de condamner. Surtout que l’infernal Trump aurait utilisé les services de cette compagnie en 2016 pour remporter les élections américaines. Il n’en fallait pas plus pour activer la cabale médiatique mondiale.

Depuis 2013, Cambridge Analytica, filiale de la société privée britannique SCL Group, recueillait à des fins de publicité politique les informations personnelles de dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook. C’est le département SCL Elections de l’entreprise qui trace les éléments numériques (achat, activité sur Internet) pour détecter les électeurs potentiels. Beaucoup d’informations ont été tirées de Facebook sans que les utilisateurs n’en soient informés dans le but de dresser le « portrait psychographique » de l’électeur type américain. Le détournement de 87 millions de profils Facebook aurait été effectué par la société afin d’influer sur la campagne présidentielle américaine. Déjà précédemment, les psychologues de l’Université de Cambridge avaient légalement collecté des données Facebook à des fins de recherche à partir des mentions « j’aime » de la plateforme. Ils ont pu réaliser des études pionnières sur les traits de personnalité, la tendance politique, la sexualité et d’autres caractéristiques individuelles. Cambridge Analytica a ensuite engagé le Dr Aleksandr Kogan, chercheur de cette même université, pour affiner la récolte de nouvelles données Facebook pour leur prestation.

Le fait que Cambridge Analytica ait travaillé activement avec des candidats de tendance conservatrice s’explique par le fait que son principal investisseur était le milliardaire du même courant Robert Mercer, bon ami de l’eurosceptique Nigel Farage (créateur du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni ou UKIP). La société a également compté comme clients le candidat républicain à la présidence Ted Cruz, l’ancien ambassadeur américain à l’ONU John Bolton et l’ex-conseiller déchu du président américain, Steve Bannon. En pleine guerre de l’information, des milliardaires de tendance conservatrice font face aux libéraux libertaires en mettant la main sur des entreprises clefs pour promouvoir leur ingénierie sociale. SCL Group-Cambridge Analytica, qui fournit des prestations dans le civil et dans le secteur militaire, peut être considéré comme une tendance alternative au sein de l’État profond, qui agit au cœur des gouvernements pour influer sur les opinions publiques en faveur d’un conservatisme sociétal.

Au Royaume-Uni, l’entreprise avait également recueilli des données pour préparer le référendum sur le Brexit. La société aurait récolté des données personnelles de 2,7 millions d’Européens. Avant que cette affaire n’éclate, Facebook avait déclaré publiquement que son investigation personnelle n’avait pas permis de trouver de preuves de l’ingérence lors du vote du Brexit. Cambridge Analytica aurait illégalement faussé le référendum de 2016 sur le Brexit en exploitant les données des profils Facebook, selon Christopher Wylie, ancien salarié de l’entreprise mise en cause. Lors d’une audition devant des députés britanniques, il a expliqué les liens et le partage de données entre la firme et la société d’analyse du Web canadienne Aggregate IQ, qui travaillait pour la campagne pour une sortie de Britannique de l’UE. Des accusations niées par le PDG de Cambridge Analytica, Alexander Nix. Les équipes de Google n’ont pas trouvé de preuve d’ingérence de la Russie sur YouTube dans la campagne du référendum sur le Brexit. Dieu merci. Mais des études ont signalé que de nombreux faux comptes Twitter avaient été créés depuis la Russie pour relayer et amplifier les messages pour la sortie de l’UE.

Mais l’utilisation de données à des fins électorales recueillies sur Facebook et autres réseaux sociaux « a commencé avec la première campagne de Barack Obama en 2008 et s’est accentuée en 2012 », selon le Huffington Post. Les mêmes médias qui avaient loué l’audace de la stratégie numérique à l’époque se sont scandalisés du cas Cambridge Analytica parce qu’il a profité à Trump… Ou la pleurnicherie à deux vitesses. La pratique d’achats de fichiers ciblés a également été largement utilisée durant la campagne présidentielle Macron, en 2017. À partir des données des Pages blanches et de l’Insee, l’entreprise Self Contact a obtenu un fichier de 19 millions d’adresses de citoyens français. Pour un montant de 240 000 €, une opération de marketing politique téléphonique a été lancée auprès d’environ six millions de personnes. L’oligarchie s’est peu émue de l’absence de diabolisation de la pauvre société Self Contact.

Les seules conclusions honnêtes à tirer sont que Facebook vend les données des internautes à n’importe quel camp politique tant que celui-ci paye. Une étude de Bloomberg révèle que le parti politique eurosceptique AfD (Alternative pour l’Allemagne), le Parti national écossais, le président philippin Rodrigo Duterte alias The Punisher, le président argentin Mauricio Macri, le Premier ministre indien Narendra Modi, l’ancien président US Obama, et même l’actuel président Trump, ont tous basé leur campagne électorale sur les conseils avisés d’une cellule secrète de Facebook. La cellule permet notamment de mettre en place une armée de « trolls »  pour diffuser la propagande numérique de ses clients. Point d’écho au sein des rédactions des journaux déficitaires bien-pensants.

Et ce n’est pas fini. Courant 2018, Google, Facebook et Twitter ont signé des accords avec l’Institut national électoral mexicain (INE), l’organisation chargée d’organiser des élections au Mexique, pour une campagne d’orientation des résultats des élections législatives du 1er juillet 2018. Ceci se fait évidemment sous couvert de combattre les « fausses nouvelles » et toutes les niaiseries connexes. Facebook se voit donc fournir par l’INE des données en temps réel sur les élections et même un espace physique dans ses bureaux. Des accords similaires ont été conclus et annoncés avec Google et Twitter peu de temps après une conférence coorganisée à Mexico par l’INE, avec des hauts cadres de ces sociétés numériques et le National Democratic Institute (NDI), un tentacule de la CIA idéologiquement lié au Parti démocrate et dirigé par l’ancienne secrétaire d’État criminelle, Madeleine Albright. La conférence était intitulée « L’Amélioration de la conversation électorale : des alternatives pour combattre la désinformation ». Tout un programme.

Conclusion : Zuckerberg, président du monde libre ?

Quelques indices laissaient penser que le milliardaire fondateur de Facebook était un potentiel présidentiable, avant l’affaire Cambridge Analytica. Zuckerberg a effectivement embauché de célèbres conseillers en communication et marketing politique. Il s’agit de David Plouffe, Amy Dudley et Joel Benenson, ex-conseillers des démocrates Obama et Hillary Clinton, ainsi que de Ken Mehlman, ex-conseiller de Georges W. Bush. Dès 2016, le PDG de Facebook avait transmis aux autorités financières américaines un document lui permettant de se présenter à un éventuel mandat politique tout en le cumulant avec ses activités entrepreneuriales. Alors qu’il se revendiquait athée jusqu’à fin 2016, Zuckerberg a également commencé à affirmer ses liens importants avec la foi juive dès son enfance selon France Info et adresse depuis publiquement ses vœux pour toutes les fêtes juives (Faits & Documents, n° 445, 15/01/18 – 31/01/18, p.8). Il a finalement effectué une tournée très politique dans une trentaine d’États américains durant l’année 2017. Que d’ambitions pour finalement chuter comme Icare.

Extrait de Géopolitique Profonde n°6 (été 2018).

Mark Zuckerberg s’est adressé à certains membres du Parlement européen

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a discuté de la confidentialité des données avec le président du Parlement européen.

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a parlé aux législateurs du Parlement européen de la protection des données et de la vie privée suite au scandale de Cambridge Analytica. Il a répondu aux questions à huis clos d’un petit groupe d’eurodéputés, mais la conversation a été diffusée en direct après une intense critique de la configuration initiale. La réunion a commencé vers 18h20 heure de Bruxelles, le 22 mai 2018.

“La réunion d’aujourd’hui n’est qu’un point de départ”, alors que l’Europe se dirige vers de nouvelles réglementations numériques, a déclaré Tajani. “Nous voulons être en mesure d’utiliser des plateformes numériques” sans aucun danger pour la sécurité ou la confidentialité.

Le Parlement européen soutient la mesure d’enregistrement des empreintes digitales des demandeurs d’asile de 6 ans

La Commission des libertés civiles du Parlement européen a soutenu une nouvelle mesure qui propose de réduire l’âge des empreintes digitales des demandeurs d’asile de 14 à six ans. La nouvelle mesure, destinée à faciliter la réunification des enfants avec les parents, faisait partie d’un ensemble d’amendements visant à réorganiser la base de données d’empreinte digitale Eurodac. Au total, les amendements ont été approuvés avec 35 oui, 10 voix contre et 8 abstentions.

Les députés ont également approuvé plusieurs autres mesures, y compris l’enregistrement des mineurs non accompagnés qui disparaissent des installations d’accueil dans le Système d’information Schengen (SIS) et les signalant en tant que personnes disparues, fournissant à la force de police européenne Europol un accès direct à la base de données Eurodac pour prévenir les attaques terroristes et les crimes les plus courants, permettant la recherche et la comparaison d’images faciales et d’autres données personnelles dans la base de données, telles que le nom et le numéro du document d’identité lorsque les informations sont disponibles.

Le Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen a déclaré que la nouvelle loi de l’UE aborde des situations où les Etats membres en première ligne ne peuvent pas enregistrer les empreintes digitales en raison de la forte population d’immigrants arrivant.

“À partir de maintenant, l’imagerie faciale sera une caractéristique supplémentaire stockée dans Eurodac qui aidera à identifier les migrants en situation irrégulière. Grâce à la portée étendue, il sera également possible de surveiller les mouvements secondaires indésirables de ces personnes autour de l’UE “, a déclaré Jeroen Lenaers, porte-parole du PPE.

“L’une des principales priorités du PPE a été d’améliorer le processus d’identification des enfants non accompagnés dès leur plus jeune âge afin de mieux garantir leurs droits et d’accélérer leurs procédures de demande d’asile. Afin d’améliorer la sécurité des citoyens de l’UE, nous avons également insisté sur l’accès effectif à Europol et nous continuerons à lutter pour l’interopérabilité complète d’Eurodac avec Schengen et le système d’information sur les visas et le système Extry-Exit de l’UE, en cours de négociation. “

De même, le groupe européen des conservateurs et des réformistes (ECR) a également salué la mise en œuvre des nouvelles règles.

“L’extension de la portée des données biométriques recueillies pour inclure l’image du visage, ainsi que les empreintes digitales, aidera à empêcher les migrants d’utiliser divers moyens pour éviter l’identification et donc de rentrer dans l’UE”, a déclaré MEP Monica Macovei. “Cela aidera également à prévenir la situation par laquelle les migrants tentent de se procurer l’asile en exigeant l’asile politique dans plus d’un pays”.

Biometric Update, New Europe

Rapport Mady Delvaux – la révolution industrielle

L’OCDE (1) avait répertorié en 2001 l’existence de 256 codes de conduite émanant d’entreprises individuelles ou de secteurs d’activités (2). Il s’agit de la manifestation du droit souple (soft law) qui a souvent pour objectif d’éviter ou de devancer une législation formelle. En cela, l’initiative européenne de créer une charte éthique sur la robotique présente une originalité, puisqu’elle ne provient pas du monde de la robotique lui-même (3).

Il est urgent et important de créer une structure juridique contraignante avec un recadrage éthique pour notre future vie qui s’engage sur une « révolution industrielle ».

Seulement, la révolution a déjà commencé dans de nombreux domaines :

. automobile autonome > Roborace en Argentine avec les Devbot (4) et Waymo de Google (5),
. emploi > robots pour tâches répétitives et complexes (6),
. armement > drones militaires (7),
. santé > l’IA implantée dans l’univers médical (8),
. vie quotidienne > jeux vidéo, internet, domotique, etc. (9)

Le rapport

Le Parlement Européen a adopté le 16 février 2017 le rapport Delvaux (10), par 313 voix contre 285 et 20 abstentions.

Celui-ci aborde les différentes recommandations et principes à prendre en compte afin d’aboutir à un cadre juridique souhaité par l’Union Européenne dans le domaine du droit civil sur la robotique. Il met l’accent sur les considérations générales concernant les robots : la notion de robot et ses implications, la question de la conscience, les problèmes posés par la responsabilité en robotique et les principes éthiques à développer en robotique.

L’élément phare de ce rapport est la proposition d’une taxe sur le robot qui viendrait supporter le scénario catastrophe d’une hausse redoutée du chômage – le revenu universel.

Enfin, la Direction Générale des Politiques Internes du Parlement Européen a été consultée pour établir une critique sur le rapport dont nous pouvons lire la synthèse :

« La proposition de résolution invite à créer d’ores et déjà un instrument législatif en robotique et en intelligence artificielle qui anticiperait les évolutions scientifiques prévisibles à moyen terme, et qui pourrait évoluer pour en suivre les progrès. » (11)

Un contenu qui amène au débat

À travers les recommandations du rapport sur les futures mesures à adopter pour cadrer nos produits technologiques et débuter l’offensive sur un marché déjà bien investi, nous devinons l’enjeu économique et le risque éthique que cela va engendrer. Le rapport construit une éthique, disposée à admettre, pour le moment, le robot comme une aide à notre évolution, palliant à la pénibilité de notre travail ou encore pansant nos maux : ce sont des arguments qui atténuent une utilité plus dissimulée. Ne mettons pas de côté l’intérêt bien marqué à l’élaboration d’un texte juridique – le programme SPARC (12, 13) nous montre bien dans quel genre de course s’engagent nos politiques pour augmenter la richesse de nos industries en les intégrant à la création d’un nouveau besoin en technologie. Comprenons : l’Europe veut devenir « leader mondial » dans le domaine de la robotique.

En effet, nous pouvons deviner que l’existence d’un tel texte permettrait à l’Europe d’être acteur de cette « révolution industrielle » tout en ouvrant ce marché aux financements les plus divers.

Pour que l’éthique d’une telle implication dans l’avenir de la robotique soit complète, il aurait été juste et responsable d’apporter des « considérations » sur les risques de fragiliser encore plus notre environnement. Mais il est vrai, pour aborder un sujet qui anime les plus sensibles écologistes d’entre nous il aurait fallu un peu plus d’empathie – quelle est la valeur de notre planète au regard du statut juridique de cette manne financière ? Même si le rapport considère l’impact de l’industrie robotique sur l’environnement (14) (seulement 2 paragraphes sur 103) et préconise de développer des moyens pour en « limiter l’incidence environnementale », il reste trop superficiel dans la situation actuelle qui est largement dégradée. Il est donc légitime d’être pessimiste sur les choix futurs des entrepreneurs entre productivité et environnement ; nous avons appris que l’un coïncide difficilement avec l’autre. A noter que la construction de cette technologie impose des ressources en minerais qui s’amenuisent, quand bien même nous surpasserions cette contrainte, détruire les robots obsolètes polluera encore un peu plus notre environnement – à ce jour, nous ne savons toujours pas recycler nos produits technologiques bourrés de terres rares.

De même une porte est entr’ouverte sur la considération à donner une « personnalité juridique » (14, paragraphes AC et 59 c,f) aux robots – ressentez ce frisson d’effroi lorsque Monsieur Robot vous fera un procès pour harcèlement moral.

Il aurait été aussi responsable d’évoquer quelques recommandations sur l’utilisation de la robotique et de l’IA dans les armées mais peut-être qu’il n’est pas utile de cadrer ce périmètre où l’éthique est toute relative. A défaut, vous pouvez toujours vous intéresser à la dangerosité d’une telle évolution, dénoncée par des chercheurs de renom comme Stephen Hawkings, ou des ONG, comme Human Rights Watch dans sa campagne « Stopper les robots tueurs ».

En regardant ce projet d’un peu plus près et avec le degré de dangerosité envisagé, effectivement, il va falloir être réactif sur la constitution d’une loi régissant notre future technologie.

Cependant, et c’est ce qui est peut-être le plus inquiétant, ne perdons pas de vue que nous sommes face à une proposition de résolution parlementaire (l’article 34-1 de la Constitution) et comme l’indiquait Bernard Accoyer (président de l’Assemblée nationale de 2017 à 2012) : « La résolution, c’est pour expliquer. La loi, c’est pour agir ». Ce rapport a donc la structure d’une charte, aussi il faudra patienter avant de voir des mesures se concrétiser. A ce propos, en attendant la constitution d’une loi sur la robotique, eh bien ! Rassurez-vous, Eurobotics (15) use déjà de son « livre vert », une charte sans poids juridique, pour commencer la « révolution industrielle ».

Une prise de conscience

En revanche, nous pouvons trouver une certaine crédibilité à ce rapport. Il essaie d’évaluer l’impact de cette transition vers l’ère robotique sur des points importants, constitutifs de notre société (emplois, médecine, transport, sécurité, recherche, etc), avec des « valeurs humanistes intrinsèquement européennes et universelles ».

En effet, il a une pertinence éthique dans son ensemble grâce à une réelle prise de conscience du devenir de l’humanité puisqu’on incorpore et accepte l’IA et la robotique dans la vie de tous les jours. Qui plus est, tordons le cou aux idées les plus farfelues de ceux qui pensent vivre dans une dystopie orwellienne – il faut être critique et responsable de notre évolution fulgurante même s’il est difficile de sacrifier la pensée darwinienne. D’ailleurs, Laurent Alexandre, qui effectuait une très remarquée intervention au Sénat le 19.01.2017 à propos de l’impact de l’Intelligence Artificielle sur la société et l’économie française (16), peut voir dans le rapport que les sujets de l’emploi et de la formation sont abordés avec une relative lucidité. La charte prépare la population à ce bouleversement même si « le revenu universel » (17) alimenté par une future taxation a succombé à la fronde des politiques de droite qui siègent au parlement de l’Union Européenne.

Gardons les yeux ouverts

A souligner que ceux qui nous procurent si souvent ce goût amer d’une politique détachée du réel au service du pouvoir régalien, des intérêts personnels et financiers, sont aussi les mêmes qui établiront les règles sur une révolution dont ils ne comprennent pas toujours le fonctionnement. Donc, même si leur projet de loi représente une prise de conscience par l’Occident sur la potentielle dangerosité de la robotique et de l’IA, un retard est déjà accusé sur la maturation des esprits pour encaisser ce futur et rapide changement. La vraie prise de conscience devra être faite par l’homme « normal » et il devra établir une position critique pour ne pas être absorbé par un système déshumanisé.

N’oublions pas que de nombreux et brillants fervents du courant transhumaniste s’engouffreront dans cette ouverture pour charrier leurs égos par les idées les plus folles – il va donc falloir souhaiter des politiques tout aussi brillants, et quant à nous, faire preuve d’une incroyable résilience à défaut d’être déjà complètement englués dans l’univers des GAFA (18).

Le spectacle a déjà commencé

Enfin, la motivation première d’un tel rapport est à craindre – devenir leadership dans les domaines de la robotique, l’IA, la NBIC (19), etc. et donc concurrencer des acteurs déjà bien aguerris. Même si une étude sur l’éthique nous garantit un avenir meilleur et sécurisé, il est difficile de croire que tout se passera dans le meilleur des mondes. Gardons le sens critique car l’Europe, la vieille conservatrice, vient d’ouvrir les portes au libre-échange de cette dangereuse « révolution industrielle » – les trois coups retentissent et le rideau s’ouvre…bienvenue dans une nouvelle ère !

Nicolas Bernard
Diplômé de l’École des applications militaires de l’énergie atomique (EAMEA). Après une longue carrière dans les forces sous-marines de la Marine Nationale en tant qu’atomicien, Nicolas travaille comme chargé d’affaires en industrialisation militaire pour le groupe DCNS. Il nous propose des articles d’opinions sur des questions importantes en matière de transhumanisme, post humanisme et d’intelligence artificielle.

Notes :

1) Organisation de Coopération et de Développement Économiques
2) « Responsabilité des entreprises. Initiatives privées et objectifs publics », Rapport OCDE, 2001, p. 5.)
3) Département thématique C : droits des citoyens et affaires constitutionnelles, 4.2. Analyse de la valeur juridique de la charte
4) Futura sciences : Roborace : comment s’est déroulée la première course de voitures autonomes ?
5) Le Figaro Tech & Web : Google ne fabriquera pas sa petite voiture autonome
6) Kuka Robotics solutions d’automatisation intelligentes
7) Air & Cosmos : actualité drones militaires
8) France Science : Comment l’intelligence artificielle révolutionne le monde de la santé américain
9) TPE sur l’Intelligence Artificielle
10) Résolution du Parlement européen du 16 février 2017 contenant des recommandations à la Commission concernant des règles de droit civil sur la robotique (2015/2103(INL))
11) Département thématique C : Droits des citoyens et affaires constitutionnelles, PE 571.379, p.7, paragraphe 25
12) Commission européenne, programme SPARC : L’UE lance le plus vaste programme au monde dans le domaine de la robotique civile, avec à la clé 240 000 nouveaux emplois attendus
13) site eurobotics : https://www.eu-robotics.net/sparc/ sur la robotique p. 30 à 31)
14) rapport contenant des recommandations à la Commission concernant des règles de droit civil sur la robotique (2015/2103(INL)) du 27/01/2017
15) Association du droit des robots : EuRobotics : Livre vert sur les aspects juridiques des robots
16) Impact de l’intelligence artificielle sur l’économie – Laurent Alexandre au Sénat
17) Le Monde : En pleine campagne, Benoît Hamon rabote (puis remet) son « revenu universel »
18) « géants du web » Google, Apple, Facebook, Amazon
19) Nanotechnologies Biotechnologies Informatique et Sciences Cognitives

Le rapport de la députée européenne Mady Delvaux a été adopté

Le rapport de la députée européenne Mady Delvaux a été adopté en plénière le 16 février par le Parlement européen. La taxe robot a été rejetée pour ne pas nuire à l’industrie. Par conséquent, l’introduction d’un revenu universel financé par cette fameuse taxe n’est plus envisageable.

« Bien que je me félicite que le Parlement ait adopté mon rapport sur la robotique, je suis également déçue que la coalition de droite […] ait refusé de tenir compte des éventuelles conséquences négatives sur le marché du travail. Ils ont rejeté un débat général et ouvert, et ont ainsi négligé les craintes de nos citoyens », a-t-elle déclaré.

⇒ revoir les Textes déposés du RAPPORT du 27 janvier 2017 contenant des recommandations à la Commission concernant des règles de droit civil sur la robotique (2015/2103(INL)) (ou version PDF)

⇒ voir les Textes adoptés de la Résolution du Parlement européen du 16 février 2017 contenant des recommandations à la Commission concernant des règles de droit civil sur la robotique (2015/2103(INL)) Édition provisoire (ou version PDF).

Procédure : 2015/2103(INL)

Taxe robots, revenu universel: le Parlement européen n’en veut plus
Le Parlement européen réclame une législation éthique sur les robots et l’IA
Le Parlement européen a finalement rejeté la “taxe robot”
En Europe, les robots pourraient devenir des « personnes électroniques »

Robots : les députés de la commission des affaires juridiques demandent des règles européennes

Parlement européen – Communiqué de presse (12-01-2017)

La Commission européenne devrait proposer des règles au niveau de l’UE sur le domaine en évolution rapide de la robotique. Le but est notamment de régler des questions telles que le respect des normes éthiques et la responsabilité en cas d’accidents impliquant des voitures sans conducteur. C’est ce qu’a demandé la commission des affaires juridiques lors d’un vote jeudi.

Le rapporteur Mady Delvaux (S&D, LU) a déclaré: “De plus en plus de domaines touchant nos vies quotidiennes sont concernés par la robotique. Pour faire face à cette réalité et garantir que les robots sont et restent au service de l’homme, nous avons besoin de créer de toute urgence un cadre juridique européen”. Son rapport, adopté par 17 voix pour, 2 voix contre et 2 abstentions, se penche sur les questions liées à la robotique, comme la responsabilité, la sécurité et les changements sur le marché du travail.

Les députés soulignent que des règles à l’échelle de l’UE sont nécessaires pour exploiter pleinement le potentiel économique de la robotique et de l’intelligence artificielle, tout en garantissant un niveau standard de sûreté et de sécurité. L’UE doit prendre l’initiative en matière de normes réglementaires, afin de ne pas être contrainte de suivre celles fixées par des pays tiers, estime le rapport.

Une nouvelle agence européenne pour la robotique et un code de conduite éthique

Les députés exhortent la Commission à envisager la création d’une agence européenne pour la robotique et l’intelligence artificielle, afin de fournir aux autorités publiques une expertise technique, éthique et réglementaire.

Par ailleurs, ils proposent un code de conduite éthique volontaire qui prévoirait des règles pour déterminer qui serait responsable des conséquences de la robotique sur les aspects sociaux, sur l’environnement et sur la santé humaine, et qui garantirait que ces responsables opèrent en respectant les normes juridiques, de sécurité et d’éthique.

Par exemple, ce code devrait recommander que les concepteurs de robots incluent des “boutons d’arrêt d’urgence” ou coupe-circuit pour arrêter les robots en cas d’urgence, ajoutent les parlementaires.

Règles sur la responsabilité

Les députés font remarquer que des règles harmonisées sont en particulier nécessaires pour les voitures sans conducteur. Ils appellent à un système d’assurance obligatoire et à un fonds pour garantir le dédommagement total des victimes en cas d’accidents causés par ce type de voitures.

À long terme, la possibilité de créer un statut juridique spécial de “personnes électroniques” pour les robots autonomes les plus sophistiqués devrait également être envisagée, afin de clarifier la responsabilité en cas de dommages, expliquent les députés.

Impact social

De plus, le développement de la robotique pourrait entraîner d’importants changements sociétaux, notamment la création et la perte d’emplois dans certains domaines, affirme le texte. Il invite instamment la Commission européenne à suivre ces tendances de près et plaide pour de nouveaux modèles d’emploi ainsi que pour la viabilité du système fiscal et social actuel pour la robotique.

Demande de législation

Cette initiative législative invite la Commission européenne à présenter une proposition législative. La Commission n’est pas contrainte de le faire mais doit exposer ses raisons en cas de refus.

Prochaines étapes

Le Parlement dans son ensemble se prononcera sur ces propositions en février. Elles devront être adoptées à la majorité absolue conformément à la procédure d’initiative législative. → Projet de rapport de la commission sur les Règles de droit civil sur la robotique

⇒ RÈGLES EUROPÉENNES DE DROIT CIVIL EN ROBOTIQUE (télécharger le PDF)

Le présent rapport d’étude a été demandé par la commission des affaires juridiques du Parlement européen et commandité, supervisé et publié par le département thématique “Droits des citoyens et affaires constitutionnelles”. Les départements thématiques fournissent des expertises indépendantes, internes ou externes, dans le but d’aider les commissions du Parlement européen et les autres organes parlementaires à concevoir la législation et à exercer le contrôle démocratique des politiques externes et internes de l’Union.

 

Le Parlement européen soulève des questions éthiques sur les robots et l’intelligence artificielle

Transcription : Qu’il s’agisse de conduire des voitures, de nourrir et traire des vaches, ou d’effectuer une opération chirurgicale, les robots sont à la hauteur de la tâche et pénètrent toute une gamme de marchés. Ils sont désormais 1,7 million à travers le monde. Mais cette expansion pose quelques questions urgentes : Les robots ont-ils des droits ? Et si tel est le cas, quels sont-ils ? Quels principes éthiques devraient-ils suivre ? Peuvent-ils être tenus responsables en cas d’accidents ? Pour les députés européens, il est temps d’aborder ces questions. La première chose que l’on doit toujours dire aux gens, c’est qu’un robot n’est pas un être humain et qu’il ne le sera jamais. Un robot peut montrer de l’empathie, mais il ne sentira jamais d’empathie. Vous pouvez être physiquement dépendant lorsque vous avez besoin d’un robot pour certaines tâches. Mais vous ne devez jamais penser qu’un robot est un être humain et qu’il vous aime.

Ils peuvent être dépourvus d’émotions, mais ils ne sont pas exempts de règles. Si un robot cause des dommages, ces dommages doivent être réparés : non seulement par le propriétaire du robot, mais aussi par ses concepteurs, producteurs et utilisateurs. Les robots d’auto-apprentissage se placent au centre des débats. Ils sont conçus pour prendre des décisions de leur propre chef. Les députés européens ont proposé une assurance obligatoire pour ces derniers, car ils sont moins prévisibles que les générations précédentes. Jusqu’à présent, la règlementation relative à l’utilisation civile des robots est pratiquement inexistante dans la plupart des États membres. Les députés européens espèrent faire passer l’Union européenne à la vitesse supérieure sur ce plan. (source : EuroparlTV Parlement européen)

Séminaire à Amsterdam sur la biométrie dans les opérations bancaires et les paiements

La biométrie dans les opérations bancaires et les paiements reflétera les tendances et les opportunités de la biométrie sur le marché financier. Il sera discuté de la façon dont les processus peuvent être conçus, à la fois pratiques et conformes à la vie privée. Les intervenants vous feront part leurs expériences sur la façon de tirer le meilleur parti des technologies et des solutions biométriques.

Ce séminaire présente une gamme d’excellents conférenciers internationaux, allant des utilisateurs finaux (qui partagent leurs expériences avec les éléments biométriques intégrés dans leurs applications quotidiennes) aux experts qui vous annonceront les progrès de la technologie biométrique. Les orateurs se concentreront sur les analyses sous-jacentes et les développements dans les transactions bancaires mobiles et financières. Ils partageront leurs expériences dans une perspective d’affaires, touchant des aspects importants tels que les flux de processus, la valeur ajoutée, la réduction des fraudes, l’expérience client et de la stratégie de mise en œuvre.

Le séminaire est organisé par ABN AMRO Bank Pays-Bas en partenariat avec l’Association européenne pour la biométrie (EAB – European Association for Biometrics) en coopération avec Holland FinTech and Platform Identity Management Nederland (PIMN)

Biometrics in Banking and Payments
ABN AMRO (HQ),
Gustav Mahlerlaan 10, 1082 PP,
Amsterdam, Pays-Bas

Date de l’événement : 8 décembre 2016 (09 :00-17 :00)

Inscription

Programme

L’EAB est un organisme à but non lucratif qui cherche à promouvoir l’utilisation correcte et bénéfique de la biométrie en Europe, en tenant compte des intérêts des citoyens européens, des industries, des universités et des gouvernements.

L’Association européenne pour la biométrie (EAB) est la principale plate-forme européenne multi parties prenantes pour la biométrie.

L’EAB engage les parties prenantes de tous les pays européens, y compris la Commission européenne et le Parlement européen, en créant un réseau paneuropéen de points de contact nationaux et de plates-formes en fournissant un programme qui répond aux besoins communs.

L’EAB s’engage à contribuer au développement de technologies et de services assurant la sécurité, l’interopérabilité et la protection des droits de l’homme, y compris le droit à la vie privée.

En Europe, les robots pourraient devenir des « personnes électroniques »

Le projet de proposition de la Commission juridique du Parlement européen appelle la Commission européenne à tenir compte du droit civil pour la robotique.

Au milieu des craintes d’automatisation progressive d’employés humains, l’industrie robotique semble être face à un autre obstacle.

La Commission juridique du Parlement européen a présenté un projet le 31 mai 2016 proposant que les robots soient classés en tant que « personnes électroniques » et les entreprises qui les emploient comme travailleurs devraient être tenues de payer des impôts et la sécurité sociale pour eux.

Le projet mentionne « que les robots autonomes les plus sophistiqués pourraient être établis comme ayant le statut de personnes électroniques avec des droits et des obligations spécifiques. »

Le projet propose aussi un registre pour les robots autonomes intelligents pour s’assurer qu’ils sont légalement responsables. En plus de cela, il déclare que les entreprises doivent déclarer combien d’argent elles ont économisé en cotisations de sécurité sociale en remplaçant la main d’œuvre par des robots.

Il semble que l’UE commence à s’inquiéter de l’automatisation qui est en train de devenir importante et que le taux de chômage qu’elle créait est suffisamment important pour faire une énorme brèche dans les recettes des impôts sur le revenu et des cotisations humaines.

Il s’agit de toute évidence d’une proposition qui ne cadre pas bien avec tout le monde. L’organisation allemande VDMA, qui parle pour les fabricants de robots comme Siemens et Kuka, dit qu’il est trop tôt à ce stade de l’évolution de la robotique d’exiger quelque chose qui est susceptible d’entraver le développement de l’industrie.

« Que nous créons un cadre juridique avec des personnes électroniques – c’est quelque chose qui pourrait arriver dans 50 ans, mais pas dans 10 ans, » a déclaré Patrick Schwarzkopf, directeur général du département robotique et de l’automatisation de la VDMA. « Nous pensons que ce serait très bureaucratique et retarderait le développement de la robotique ».

En outre, Schwarzkopf soutient que la corrélation entre l’automatisation et le chômage n’est pas définitivement prouvée. Il souligne qu’entre 2010 et 2015, l’approvisionnement de robots industriels a augmenté de 17 % dans l’industrie automobile et le nombre d’employés — par 13 %. Ceci est, bien sûr, un point qui est très débattu, avec un certain nombre de prévisions et d’événements récents suggérant le contraire.

Il s’agit d’une proposition inquiétante pour les fabricants de robots et les entreprises qui s’orientent vers l’automatisation, le projet est loin de se concrétiser. Même avec le plein appui du Parlement, il n’a pas le pouvoir de proposer une législation (des lois).

Compte tenu de l’avancement de l’automatisation et du remplacement inévitable des travailleurs humains, il est, cependant, un sujet important qui mérite d’être débattu maintenant.

Reuters

Préparez-vous à vous faire relever les empreintes digitales pour vos futures vacances européennes

Les pays européens cherchent à introduire un nouveau système de contrôle automatisé aux frontières qui enregistrera les photos et les empreintes digitales des personnes lors de leur visite pour affaires ou loisirs. La proposition fait partie d’un effort des pays européens pour lutter contre le terrorisme et renforcer la sécurité.

Le système est censé entrer en vigueur d’ici à 2020, en prenant quatre empreintes digitales et une photo du visage des visiteurs qui ne détiennent pas un passeport délivré par un pays de l’Union européenne. Les données vont être stockées dans un système centralisé pendant cinq ans.

La technologie sera exécutée par les membres de l’espace Schengen, qui comprend la plupart des pays de l’UE, ainsi que l’Islande, le Lichtenstein, la Norvège et la Suisse.

Le Royaume-Uni ne participera pas, mais recueille déjà des données biométriques dans certains cas.

Le département américain de la Sécurité intérieure (U.S. Department of Homeland Security) dispose d’un système de prise d’empreinte digitale similaire pour les visiteurs étrangers qui est conçu pour rechercher les personnes soupçonnées de terrorisme, les criminels et ceux qui violent l’immigration.

L’agence américaine a déclaré que son système biométrique a aidé à arrêter des milliers de personnes qui n’étaient pas admissibles à entrer aux États-Unis.

La Commission européenne, qui a publié la proposition le mercredi 6 avril 2016, a déclaré que le nouveau système « n’était pas une réponse directe à la crise des réfugiés, bien qu’il contribue au renforcement global de notre gestion des frontières. »

Environ 1,2 millions de personnes ont demandé l’asile dans l’UE l’an dernier, et plus de la moitié d’entre eux provenaient de la Syrie, l’Afghanistan et d’Irak.

La proposition devra gagner le soutien des États membres et l’approbation du Parlement européen, qui passe en revue les lois européennes.

Le système devrait coûter environ 480 millions d’euros ($ 546 millions).

CNNMoney (London)