Montréal veut devenir une plaque tournante de l’intelligence artificielle

Montréal aspire à devenir un chef de file mondial en matière d’intelligence artificielle et a franchi un nouveau pas mardi avec l’inauguration d’un incubateur d’entreprises, Element AI, qui tentera d’attirer les meilleurs cerveaux et les meilleures idées, et de financer des projets d’envergure avec du capital à risque.

Nous vivons présentement une période sans précédents de changements et d’innovation technologiques. L’avancée de l’Intelligence Artificielle représente la plus grande opportunité depuis l’arrivée de l’internet. L’IA change à grande vitesse nos habiletés fondamentales à naviguer le monde qui nous entoure.

Nous avons devant nous la chance unique de créer la prochaine génération de grandes entreprises. Nous avons aussi l’opportunité de transformer les grandes entreprises existantes, afin qu’elles soient plus productives.

Aujourd’hui, nous annonçons que Element AI est ce centre de recherche de calibre mondial, et cette usine à startup qui permettra aux entrepreneurs de bâtir les solutions d’affaires les plus sophistiquées en IA. Element AI est aussi un centre d’expertise qui pourra accompagner les grandes entreprises à traverser les bouleversements majeurs que l’IA provoque.

L’IA va transformer le monde. Element AI facilitera la transition vers un monde où l’IA est omniprésent, créant ainsi la prochaine génération de grandes entreprises… Jean-François Gagné, PDG d’Element AI

ici.radio-canada.ca

La FDA approuve le premier implant de buprénorphine pour le traitement de la dépendance aux opiacés

Communiqué de presse du 26 mai 2016

La US Food and Drug Administration a approuvé aujourd’hui Probuphine, le premier implant de buprénorphine pour le traitement de la dépendance aux opiacés. Le Probuphine est un implant sous-cutané, conçu pour administrer de la buprénorphine en continu pendant six mois chez les patients qui sont déjà stables sur des doses faibles à modérées, dans le cadre d’un programme de traitement complet.

Les effets secondaires les plus courants du traitement avec Probuphine comprennent la douleur sur le site d’implantation, des démangeaisons et des rougeurs, ainsi que des maux de tête, dépression, constipation, nausées, vomissements, des douleurs de dos, dentaires et d’oropharyngée. L’innocuité et l’efficacité du Probuphine n’ont pas été établies chez les enfants ou les adolescents de moins de 16 ans. Les études cliniques de Probuphine ne comprennent pas les participants âgés de plus de 65 ans.

Lire la suite sur FDA News Release
pour en savoir plus : Communiqué de presse sur la conclusion d’un accord de sous-licence canadienne de l’implant PROBUPHINE®

Utiliser l’optogénétique pour lutter contre la douleur chronique

Des chercheurs utilisent l’optogénétique pour soulager la douleur en éteignant des neurones avec de la lumière.

crédit McGill

Le potentiel de la lumière comme solution très précise et non invasive aux analgésiques est plus apparent grâce aux travaux menés par des chercheurs de l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal de l’Université McGill et du Centre universitaire de santé McGill.

Des chercheurs ont élevé des souris ayant une sensibilité à  la lumière dans les neurones du système sensoriel périphérique, connus pour être responsables de la transmission de la douleur. Les souris ont été modifiées génétiquement pour que des neurones spécifiques, les nocicepteurs Nav 1.8+, expriment des protéines appelées opsines qui réagissent à la lumière, une technologie connue sous le nom d’optogénétique.

Lorsque les neurones sensoriels sont exposés à une lumière jaune-orange, ces opsines déplacent des ions positifs à travers la membrane, ce qui diminue l’activité bioélectrique des cellules. Concrètement, cela “éteint” les neurones et atténue la sensibilité de la souris au toucher et à la chaleur.

« Les opsines activée par la lumière jaune que nous avons ajoutées à ces neurones ont d’abord été isolées à partir d’archéobactéries», explique le professeur Philippe Séguéla, chercheur à l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal et auteur principal de l’article. « Lorsque nous les transférons aux neurones Nav1.8+, nous pouvons contrôler leurs réponses simplement en éclairant leurs fibres situées dans la peau avec une lumière jaune-orange inoffensive. »

L’optogénétique est un champ de recherche en expansion rapide qui mène à diverses applications. Dans le cas présent, l’activité de neurones de signalisation de la douleur a été diminuée dans une partie circonscrite du corps de la souris, ici les pattes arrière, et la durée de l’effet peut aisément être contrôlée en jouant sur le temps d’illumination. La précision de cette technique met en évidence les avantages potentiels d’une utilisation chez les humains.

La luminothérapie basée sur l’optogénétique aurait l’avantage de procurer une analgésie (soulagement de la douleur) aux patients qui pourraient contrôler «à volonté» leur douleur en dirigeant la lumière sur la partie sensible de leur corps.

De nos jours, les opiacés constituent le traitement le plus courant de la douleur chronique. Or, ils sont souvent utilisés de façon systémique et non localisée à la région précise du corps affectée par la douleur. La durée des effets des opiacés peut être estimée, mais sans la précision que pourrait procurer un traitement à la lumière.

De nouvelles avancées en neurosciences sont nécessaires pour que cette méthode de soulagement de la douleur soit appliquée aux humains. Le Pr Séguéla estime qu’il serait possible de rendre des neurones humains photosensibles notamment en utilisant un vecteur viral inoffensif conçu pour leur transmettre temporairement les opsines.

Selon un rapport récent de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, un Canadien sur dix âgé de 12 à 44 ans, soit environ 1,5 million au total, a été ou est aux prises avec la douleur chronique – une douleur qui dure des mois ou des années et qui accompagne entre autres le diabète, l’arthrite, le cancer et le zona.  La douleur chronique réduit la capacité d’une personne à effectuer des tâches quotidiennes et peut causer d’autres problèmes de santé comme les troubles du sommeil et la dépression.

« La douleur chronique est un problème de plus en plus important sur le plan clinique, que nous soulageons principalement avec des opiacés depuis de nombreuses années. Son traitement reste difficile à cause du phénomène de tolérance, qui entraîne l’augmentation des doses et, par conséquent, l’apparition de graves effets secondaires.  Dans le futur, la luminothérapie pourrait être une façon très efficace de soulager la douleur chronique et d’éviter les inconvénients des analgésiques courants », précise le Pr Séguéla.

Ces travaux, publiés dans la revue eNeuro, ont reçu le soutien des Canadian Institutes of Health Research, du Natural Sciences and Engineering Research Council, du Quebec Pain Research Network, et de la Fondation Louise et Alan Edwards.

L’Institut et hôpital neurologiques de Montréal – le Neuro – est une destination de renommée mondiale en recherche sur le cerveau et en soins neurologiques de pointe. Depuis sa fondation en 1934 par le célèbre neurochirurgien Wilder Penfield, le Neuro est devenu le chef de file du domaine au Canada et un des plus grands centres spécialisés au monde. L’interaction étroite entre la recherche, les soins et la formation de spécialistes d’exception renforce le rayonnement du Neuro dans l’étude et le traitement des troubles du système nerveux. L’Institut neurologique de Montréal est un institut de recherche et d’enseignement de l’Université McGill reconnu mondialement. L’Hôpital neurologique de Montréal, un des cinq hôpitaux d’enseignement du Centre universitaire de santé McGill, apporte aux patients des soins de qualité exceptionnelle.

source : McGill University

Communiqué de presse sur la conclusion d’un accord de sous-licence canadienne de l’implant PROBUPHINE®

PRINCETON, NEW JERSEY ET MONTRÉAL, QUÉBEC–(Marketwired – 1 fév. 2016) – Braeburn Pharmaceuticals, Inc. (« Braeburn ») et Thérapeutique Knight inc. (GUD.TO) (« Knight »), société pharmaceutique spécialisée et chef de file au Canada, ont annoncé aujourd’hui la conclusion d’un accord en vertu duquel Knight recevra les droits exclusifs de commercialisation de PROBUPHINE® au Canada. PROBUPHINE® est un implant sous-cutané expérimental, conçu pour administrer de la buprénorphine en continu pendant six mois suivant un traitement unique, qui aide à promouvoir l’observance et le maintien des patients et à prévenir l’exposition pédiatrique accidentelle. Selon les modalités de l’accord de sous-licence, Knight prendra également en charge toutes les activités réglementaires et commerciales de PROBUPHINE® au Canada.

« Selon la Coalition canadienne des politiques sur les drogues, les décès par surdose liés aux opioïdes sont montés en flèche au Canada, représentant maintenant près de la moitié de tous les décès liés aux drogues au pays, a déclaré Behshad Sheldon, président et chef de la direction de Braeburn. Notre partenariat avec Thérapeutique Knight est une autre étape de notre vision d’influencer durablement la façon dont cette maladie chronique est traitée en Amérique du Nord. »

« Nous sommes heureux de jouer un rôle d’envergure en offrant PROBUPHINE® au Canada, a déclaré Jonathan Ross Goodman, président et chef de la direction de Knight. PROBUPHINE® sera, dès son approbation par Santé Canada, le premier produit à traiter la dépendance aux opioïdes pendant six mois suivant un traitement unique. Ce produit novateur a le potentiel de combler d’importants besoins non satisfaits des patients opiodépendants. »

À propos de PROBUPHINE®

Probuphine est un implant sous-cutané expérimental conçu pour administrer de la buprénorphine en continu pendant six mois suivant un traitement unique qui aide à promouvoir l’observance et le maintien des patients. La buprénorphine, ingrédient actif de nombreux médicaments approuvés pour traiter la dépendance aux opioïdes, est présentement offerte sous forme buccale ou sublinguale en auto-administration quotidienne par les patients.

Probuphine a été développé en utilisant ProNeuraMC, le système continu d’administration de médicament mis au point par Titan Pharmaceuticals, Inc. (« Titan »), consistant en un petit implant solide fabriqué à partir d’une combinaison d’éthylène acétate de vinyle (EVA) et d’une substance médicamenteuse. Le produit résultant est une matrice solide, placée en sous-cutané généralement à l’avant-bras du patient, lors d’une procédure en consultation externe, et retirée de la même façon à la fin de la période de traitement. Titan a cédé les droits de commercialisation de Probuphine aux États-Unis et au Canada en 2012.

L’efficacité et la sécurité de Probuphine ont fait l’objet de plusieurs études cliniques préalables. L’étude la plus récente a recueilli les données de 177 sujets répartis aléatoirement pour recevoir soit les implants de Probuphine, soit des comprimés sublinguaux, pour une période de traitement de six mois.

Les sujets de l’un des groupes ont reçu quatre implants de Probuphine, en plus de comprimés sublinguaux placebos chaque jour. L’autre groupe a reçu quatre implants placebos, en plus de comprimés sublinguaux de buprénorphine/naloxone (≤ 8 mg/jour).

L’étude a atteint son objectif premier, la démonstration de non infériorité fondée sur la comparaison de la proportion de sujets répondant au traitement dans chaque groupe de traitement. Un sujet répondant était défini par un minimum de quatre mois sur six sans consommation illicite d’opioïdes, selon les tests d’urine et les déclarations des sujets. Des analyses supplémentaires ont démontré de façon concluante que Probuphine s’est révélé non inférieur au groupe recevant la buprénorphine/naloxone sous forme sublinguale.

À propos de Braeburn Pharmaceuticals Inc.

Braeburn, une société de Apple Tree Partners, est une compagnie pharmaceutique sans comprimés qui offre une médecine de précision en neuroscience. En septembre 2015, la U.S. Food and Drug Administration (FDA) a accepté aux fins d’examen la demande de Braeburn de son produit vedette, Probuphine®, implant de buprénorphine de six mois pour le traitement de la dépendance aux opioïdes. Le 12 janvier 2016, le Psychopharmacologic Drugs Advisory Committee de la FDA a recommandé son approbation par un vote de 12 contre 5. L’agence a fixé au 27 février 2016 la date cible d’exécution.

Les options de traitement thérapeutique à libération prolongée s’avèrent essentielles pour améliorer l’évolution du patient et faciliter la guérison de maladies souvent compliquées par la stigmatisation et présentant d’importants défis de santé publique. La gamme de produits expérimentaux de Braeburn comprend les thérapies par injection ou par implant à libération prolongée pour de graves troubles neurologiques et psychiatriques, notamment la dépendance aux opioïdes, la douleur et la schizophrénie. Parmi les options : Probuphine® pour le traitement de la dépendance aux opioïdes par implant de buprénorphine pendant six mois; CAM2038, pour le traitement de la dépendance aux opioïdes et de la douleur, sous forme de dépôt injectable sous-cutané hebdomadaire et mensuel de buprénorphine; un implant de rispéridone pendant six mois pour le traitement de la schizophrénie; et ATI-9242, une molécule nouvelle pour le traitement de la schizophrénie.

À propos de Thérapeutique Knight inc.

Thérapeutique Knight inc., établie à Montréal, au Canada, est une société pharmaceutique spécialisée qui concentre ses efforts sur l’acquisition ou l’obtention sous licence de droits de distribution de produits pharmaceutiques novateurs destinés aux marchés canadien et internationaux distinctifs. Les actions de Thérapeutique Knight inc. se négocient à la TSX sous le symbole « GUD ». Pour plus de renseignements concernant Thérapeutique Knight inc., consultez son site Web au www.gud-knight.com ou www.sedar.com.

Énoncés prospectifs de Thérapeutique Knight inc.

Le présent communiqué de presse peut contenir des énoncés prospectifs pour Thérapeutique Knight inc. et ses filiales. Ces énoncés prospectifs, de par leur nature, comportent nécessairement des risques et des incertitudes susceptibles de faire en sorte que les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux envisagés par ces énoncés prospectifs. Thérapeutique Knight inc. considère que les hypothèses sur lesquelles reposent ces énoncés prospectifs sont réputées raisonnables à la date de leur formulation, mais elle avertit le lecteur que ces hypothèses sur des événements à venir, dont bon nombre sont indépendants de la volonté de Thérapeutique Knight inc. et de ses filiales, pourraient se révéler incorrectes. Les facteurs et les risques susceptibles de faire en sorte que les résultats réels diffèrent sensiblement des résultats prévus font l’objet d’une discussion dans le rapport annuel de Thérapeutique Knight inc. et dans la notice annuelle de Thérapeutique Knight inc. pour l’exercice clos le 31 décembre 2014. Thérapeutique Knight inc. rejette toute intention ou obligation d’actualiser ou de réviser tout énoncé prospectif, que ce soit en réponse à de nouveaux renseignements ou à des événements à venir, sauf si la loi l’exige.

Contact :
Thérapeutique Knight inc.
Jeffrey Kadanoff, P.Eng., MBA
Chef des finances
514-481-4116
514?484-GUD1 (4831)
info@gud-knight.com
www.gud-knight.comBraeburn Pharmaceuticals, Inc.
Sherry Feldberg
MSLGROUP Boston
781-684-0770
braeburnpharma@mslgroup.com

Le monde post-humain selon subRosa

Les Éditions Intervention, Érudit
Ernestine Daubner Inter : art actuel, n° 94, 2006, p. 63-65
January 1, 2006

Le monde post-humain selon subRosa Érudit est un consortium inter-universitaire sans but lucratif composé de l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université du Québec à Montréal. Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche. Érudit offre des services d’édition numérique de documents scientifiques depuis 1998. Pour communiquer avec les responsables d’Érudit : erudit@umontreal.ca.

Qu’est-ce le corps ? Que veut dire « être humain » ? Ces questions, posées par les philosophes des Lumières, ont, à l’ère moderne, généré des développements importants des sciences et des technologies. Aujourd’hui, à l’âge des biotechnologies, de telles questions ont une tout autre résonance. À cet égard, les artistes et les théoriciens du posthumanisme sont à l’avant-garde et nous contraignent à une révision des conceptions antérieures du corps et de l’humain. Le groupe de praticiens cyber-féministes de bioart subRosa en est un exemple. S’éloignant de l’idée que l’art est une recherche esthétique, le groupe adopte les ambitions des artistes de l’avant-garde du siècle passé qui voulaient que l’art s’intègre à la praxis sociale. Cependant, les pratiques artistiques de subRosa sont basées sur des notions dites posthumanistes… Texte intégral PDF (848 ko)

 

Thèse : Les positions du transhumanisme, de la biogérontologie et du Magistère catholique romain en matière d’extension radicale de la vie humaine

In Saecula Saeculorum: Transhumanist Philosophy, Biogerontology, and the Roman Catholic Magisterium on the Ethics of Radical Life Extension. Montreal: Cory Labrecque, McGill University Library, PhD Thesis, 2010. Transcending the Functional Self: A Discourse on the Continuity of Personhood in Degenerative Dementia, Montreal: McGill University Library, MA Thesis, 2004.

Le désir de l’homme de trouver la fontaine de Jouvence et de dépasser les limites de la condition humaine est profondément enraciné dans l’histoire. Les religions, pour leur part, parlent depuis toujours d’immortalité. Quoi qu’il en soit, le concept de transcendance de la nature humaine et d’ouverture à un nouveau type d’existence terrestre est largement attribuable à l’éminent biologiste de l’évolution Julian Huxley qui, en 1957, invente le terme « transhumanism » (transhumanisme) dans Knowledge, Morality, and Destiny.Le transhumanisme contemporain, qui constitue à la fois une philosophie et un mouvement, nous blâme d’avoir baissé les bras et d’avoir abandonné à la nature le développement évolutif humain; il cherche plutôt une façon de reprendre la maîtrise de notre (re)développement en faisant un usage responsable de la science et de la technologie afin de compenser les lacunes qui sont des caractéristiques regrettables de l’être humain à l’heure actuelle.

Le caractère inévitable du vieillissement et de la mort, une capacité intellectuelle inadéquate et fluctuante, le manque de fiabilité du corps, ainsi qu’une fragilité émotionnelle représentent des exemples de ces caractéristiques de la condition humaine qui, selon les transhumanistes, empêchent notre épanouissement, nous mettent en état d’arrêt, et nécessitent, par conséquent, une intervention biotechnologique.Le présent mémoire examine les positions du transhumanisme, de la biogérontologie et du Magistère catholique romain en matière d’extension radicale de la vie humaine.

L’idée de prolonger l’espérance de vie de dizaines d’années (au moins), qui ne relève plus de la simple spéculation, constitue maintenant un sérieux champ d’investigation scientifique. Même si l’Église catholique romaine a contribué activement au discours bioéthique, et continue de le faire, elle n’a pas encore entériné le caractère recevable et désirable d’une telle perspective. Si, au cours des siècles, l’Église a élaboré des doctrines sophistiquées qui traitent de la finitude de l’humain, soit de son immortalité, de son salut, et de sa transcendance, elle décrit ces états comme n’étant atteignables qu’en dehors, ou au-delà, de la portée de cette expérience humaine temporelle et mortelle. Un nombre grandissant de scientifiques et de philosophes s’attendent à ce que, le temps venu, les humains connaissent une espérance de vie indéfinie (ou une « immortalité virtuelle »), une permanence dans l’instant présent. Je prends en compte ici les avancées de la biogérontologie et une comparaison des approches du transhumanisme et de l’Église catholique en regard de l’extension radicale de la vie humaine en accordant une attention particulière aux répercussions sur le plan éthique pour la personne, le bien commun, l’ordre social, et l’environnement. Je considère également la possibilité de classifier le transhumanisme comme « religion séculière ».

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source

La marchandisation de la vie humaine à l’ère de la bioéconomie

Sang, tissus, cellules, ovules : le corps humain, mis sur le marché en pièces détachées, est devenu la source d’une nouvelle plus-value au sein de ce que l’on appelle désormais la bioéconomie. Sous l’impulsion de l’avancée des biotechnologies, la généralisation des techniques de conservation in vitro a en effet favorisé le développement d’un marché mondial des éléments du corps humain.

Ce livre passionnant éclaire les enjeux épistémologiques, politiques et éthiques de cette économie particulière. Ainsi montre-t-il que la récupération des tissus humains promulguée par l’industrie biomédicale et l’appel massif au don de tissus, d’ovules, de cellules ou d’échantillons d’ADN cachent une logique d’appropriation et de brevetage. De même fait-il apparaître que, du commerce des ovocytes à la production d’embryons surnuméraires, l’industrie de la procréation assistée repose sur une exploitation du corps féminin. Et inévitablement dans notre économie globalisée, le capital issu de la « valorisation » du corps parcellisé se nourrit des corps des plus démunis, avec la sous-traitance des essais cliniques vers les pays émergents, ou le tourisme médical. Ainsi, ce n’est plus la force de travail qui produit de la valeur, mais la vie en elle-même qui est réduite à sa pure productivité.

Un livre essentiel sur les implications méconnues de l’industrie biomédicale.

Céline Lafontaine est professeure agrégée de sociologie à l’université de Montréal, spécialiste des technosciences. Elle a notamment publié L’Empire cybernétique. Des machines à penser à la pensée machine (Seuil, 2004, prix Jeune Sociologue) et La Société postmortelle (Seuil, 2008).

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