Monnaies numériques des banques centrales vs les cryptomonnaies et le cash

Que veut dire exactement ce terme barbare de CBDC (Central Bank Digital Currency) ? En quoi est-ce différent des espèces physiques, des dépôts bancaires et des cryptomonnaies ?

Nous verrons dans cet article en quoi ces monnaies numériques de banque centrale (traduction de CBDC) sont mises en place contre les cryptomonnaies et les monnaies fiduciaires sous forme d’espèce.

Les CBDC : ce que ce n’est pas

Commençons par énoncer ce que les CBDC ne sont pas.

Il est plus que certain que ce ne sont pas un nouveau type de cryptomonnaies, semblable par exemple au bitcoin.

Alors que les banques centrales travaillent à l’émission de CBDC sous la forme d’un jeton et de l’utilisation de la technologie du grand livre distribué (qui enregistre toutes les transactions dans une blockchain), cela ne signifie pas que les banques centrales ont l’intention de laisser les gens échanger librement.

En effet, faire du commerce, des échanges et des transactions sera évidemment intimement contrôlés par les institutions financières publiques et privées. Le but de la blockchain et de la tokenisation ne sont que des technologies permettant la gestion et la distribution de la monnaie numérique. Cela ne signifie donc pas que les banques centrales ont adopté l’une des idées derrière l’essor du bitcoin, autrement dit la décentralisation et le relatif anonymat. Nous voyons que c’est même exactement l’inverse qu’il se passe.

L’existence et la valeur marchande croissante du bitcoin et d’autres cryptoactifs majeurs prouvent qu’il existe une réelle demande de monnaie numérique. C’est donc un bon moment pour que les banques centrales intensifient leurs efforts et fournissent leur propre vision et version de la cryptomonnaie. Leurs monnaies numériques permettront de contrôler plus précisément la circulation de la masse monétaire et répondront au problème de la demande de bitcoin qui, un peu comme la demande d’or et d’argent métal physique, échappe quelque peu au contrôle des banques centrales et des gouvernements (quand on sait comment s’y prendre).

Il est également important de souligner que les espèces physiques et les CBDC sont des passifs d’une banque centrale. Les détenteurs de ces passifs ont une créance vis-à-vis des banques centrales, mais à quoi ont-ils exactement droit ? La réponse ici est bien sûr, rien. Le fait que les banques centrales enregistrent les liquidités comme un passif est un vestige d’une époque révolue où les billets de banque centrale étaient vraiment des substituts de monnaie, car ils étaient adossés à un étalon-or. Cela signifie que les banques étaient vraiment susceptibles de remettre une somme d’argent quand on réclamait sa créance, c’est-à-dire de l’or. J’en ai parlé de façon plus approfondie dans Géopolitique de l’Or.

Les CBDC : ce que c’est

La CBDC est, ou est censée être, un équivalent numérique de l’argent liquide. Un euro numérique (disponible d’ici 5 ans a priori) équivaudra à un euro en espèce physique. C’est simplement une nouvelle expression technologique de la même monnaie fiduciaire.

Du point de vue de la banque centrale, l’émetteur officiel des devises, la monnaie numérique présente certains avantages par rapport aux espèces physiques. D’une part, la production est vraiment gratuite : les coûts de production de liquidité physique ne sont pas si élevés, mais ils sont présents et surtout ils peuvent devenir particulièrement contraignants quand des liquidités physiques doivent être distribuées rapidement ; par exemple, pour éviter une ruée bancaire (bank run).

La monnaie numérique permet au contraire d’être non seulement créée instantanément par les banquiers centraux, mais aussi d’être distribuée en quelques secondes aux institutions et aux personnes physiques. La banque centrale peut donc diriger rapidement et à moindre coût le flux de la nouvelle monnaie numérique vers qui elle souhaite : le gain d’efficacité est substantiel.

Les CBDC contre le cash et les cryptomonnaies

Bien que les CBDC et les espèces physiques fassent toutes deux partie de l’offre de monnaie fiduciaire, les principales différences entre les deux types de monnaie fiduciaire sont les suivantes : la confidentialité et l’étendue du contrôle exercé par la banque centrale. Examinons ces points.

Au niveau de la confidentialité, payer en espèces permet d’éviter de laisser des traces dans nos transactions. Même le bitcoin et les autres cryptomonnaies ne peuvent rivaliser avec le liquide. Si les monnaies numériques se positionnent contre l’anonymat, alors les cryptomonnaies ne sont pas les seules dans le viseur ; il s’agit d’abord et avant tout de contrôler le cash. Et pour cela, rien de mieux que de le supprimer progressivement. Quant aux CBDC, il ne peut être question de la vie privée : la BCE a explicitement déclaré dans un récent rapport sur la question qu’il sera nécessaire de permettre d’accéder à toutes les transactions pour lutter contre le blanchiment d’argent et le terrorisme. La belle affaire.

Avec une monnaie numérique, la banque centrale aura à la fois le pouvoir et les connaissances nécessaires pour contrôler ce que chaque personne et chaque entreprise détient. Elle peut même imposer toutes sortes de restrictions à la détention de monnaie. La BCE parle ouvertement de plafonner le montant qu’une personne peut détenir, de limiter le temps qu’une personne peut détenir une somme d’argent et d’imposer des taux d’intérêt négatifs sur les montants que la banque juge excessifs. Tout cela serait pratiquement impossible si les gens utilisaient de l’argent physique au lieu d’une monnaie numérique.

Les monnaies numériques de banque centrale : la centralisation à l’état pur

Je cherche un avantage réel aux CBDC pour pondérer l’article, mais j’ai vraiment du mal. À moins que je ne touche mon revenu universel en monnaie hélicoptère très très rapidement, je ne vois pas l’intérêt.

Si les monnaies numériques sont inévitables et que leur médiatisation a sans doute été accélérée par la crise du coronavirus, le pouvoir restera aux mains des gouvernements et aux institutions centralisées. La monnaie actuelle conservera toutes les failles et les vulnérabilités des monnaies fiduciaires d’aujourd’hui et sa nouvelle nature numérique les amplifiera à un degré supérieur.

Les violations de la vie privée d’aujourd’hui deviendront tout simplement imparables, tandis que des politiques monétaires désastreuses, comme des taux négatifs, ne pourront plus être amorties par la capacité des individus à les contourner grâce à de l’argent physique ou des investissements. Il faudra donc obligatoirement placer son argent dans d’autres actifs non monétaires à terme, mais c’est déjà un peu le cas aujourd’hui.

L’hypercentralisation de demain

La voie vers la décentralisation, la libre concurrence et la souveraineté financière individuelle est très belle. Si nous choisissons de briser le monopole d’État de l’argent et de permettre aux cryptomonnaies privées de rivaliser, une myriade de solutions différentes émergeront pour répondre à une myriade de besoins différents.

Les transactions économiques peuvent être réalisées via des monnaies numériques physiques adossées à l’or et l’argent (la thèse de Géopolitique de l’Or), des cryptomonnaies spécialisées peuvent offrir de la confidentialité, voire des transactions anonymes, etc.

De nombreuses solutions comme celles-ci existent déjà. Je les défends, mais mon optique réaliste me pousse à me demander si les Etats ne vont pas interdire les échanges de cryptomonnaies les plus gênantes lorsque leurs monnaies numériques de banque centrale seront mises en place.

Et si ce n’est pas une interdiction pure et simple, ce sera une régulation et un contrôle plus strict ; il en sera de même pour les métaux précieux et les diverses transactions qui peuvent échapper au contrôle intégral de l’État.

Les monnaies numériques proposées par les banques centrales sont l’évolution finale de la monnaie fiduciaire : de l’argent totalement sous le contrôle de la banque centrale et du gouvernement émetteur. Nous sommes dans une lutte à mort entre la liberté et le pouvoir, entre la société libre et la domination finale des banques centrales. Les CBDC sont tout simplement la dernière arme dans l’arsenal du pouvoir financier et bancaire dans sa quête de domination complète des sociétés.

Ils peuvent toujours courir : nous investirons dans l’or, dans l’argent, dans les cryptomonnaies et dans des sociétés de qualité pour échapper au contrôle central et faire fructifier notre épargne au passage. C’est ma façon de faire, mais chacun résistera au projet à sa façon.

Ils nous restent encore quelques années de relative liberté pour pouvoir effectuer nos mouvements en ce sens et s’y préparer, car si le projet est instauré sans opposition, la quenelle est garantie.

Franck Pengam

Les monnaies numériques : le summum de l’asservissement financier

Les banques centrales du monde veulent abolir les espèces

La Banque des règlements internationaux et sept banques centrales, dont la Réserve fédérale, la Banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre, ont publié un rapport énonçant certaines exigences clés pour les monnaies numériques des banques centrales, ou CBDC (Central Bank Digital Currency).

Les recommandations établies par les banques centrales précisent que les CBDC complètent, « mais ne remplacent pas », les espèces et autres formes de monnaie à cours légal. Elles auront plutôt un rôle de soutien à la stabilité monétaire et financière. Les banquiers centraux ont déclaré que les monnaies numériques devraient également être sécurisées, de manière aussi bon marché que possible, voire gratuites, pour être utilisées par tous et jouer un rôle approprié pour le secteur privé.

Le rapport sur les CBDC intervient alors que diverses banques centrales du monde entier étudient en profondeur la mise en place de leurs propres monnaies numériques respectives. La blockchain, la technologie qui sous-tend les crypto-monnaies telles que le bitcoin, a été présentée comme une solution potentielle. Les cryptomonnaies ayant fait l’objet de rapports et d’examens approfondis pendant ces dernières années de la part des banquiers centraux, beaucoup craignent encore d’ouvrir la porte à des activités illicites telles que le blanchiment d’argent. Des technologies sécurisées devront être mises en place ce qui nécessitera quelques années avant une mise en place définitive.

En Chine, où les portefeuilles numériques comme Alipay et WeChat Pay ont été largement adoptés, la banque centrale s’est associée à une poignée d’entreprises du secteur privé pour tester une monnaie électronique unique sur laquelle elle travaille depuis des années. Le fameux yuan numérique, j’y reviendrai dans de prochains articles. La banque centrale suédoise, qui n’appartient pas à la zone euro, travaille également avec le cabinet de conseil Accenture pour tester sa proposition de monnaie virtuelle « e-krona ».

L’euro numérique

Un euro numérique rendrait nos paiements quotidiens plus rapides, plus simples et plus sécurisés. Génial non ?

Le vendredi 2 octobre dernier, la Banque centrale européenne a annoncé qu’elle commencerait à mener des expériences pour décider de lancer ou non un euro numérique. Dans un rapport exposant les avantages et les inconvénients du lancement d’un euro numérique, la BCE a déclaré qu’elle « pourrait soutenir les objectifs de l’Eurosystème en offrant aux citoyens une forme d’argent sécurisée dans un monde numérique en rapide évolution ». Cela signifie préserver la capacité de déposer et de retirer des fonds numériques à volonté sur nos comptes européens et permettre aux banques d’éviter la gestion des espèces, qui reste une problématique souvent difficile à gérer avec leurs clients (retraits ou dépôts conséquents, origine des fonds, non-traçage des transactions, compliance…).

Cette numérisation des monnaies en réflexion dans le monde entier est à la mode. Pour la BCE, comme pour les autres banques centrales, cette tendance n’est qu’une tentative pour empêcher les populations de thésauriser du papier-monnaie, évitant ainsi de probables futurs taux bancaires négatifs. En effet, personne de sain d’esprit n’épargnerait de l’argent dans une banque pour « gagner » un taux d’intérêt de -0,50% (oui c’est plutôt une perte). Cette énième taxe serait plus qu’illégitime et particulièrement pour les Français qui croulent sous les impôts.

En outre, la BCE constate qu’environ 54% des paiements totaux restent en cash et 79% des achats réalisés en magasin de la zone euro sont toujours des transactions en espèces. Le cash représente donc plus de la moitié de la valeur totale de tous les paiements et la BCE ainsi que tous les banquiers apprécieraient avoir une trace de chacune de ces transactions. Vous comprenez, les terroristes utilisent les espèces, ce sont des mesures pour vous protéger !

À terme, la BCE décidera si elle doit procéder à la création du fameux euro numérique d’ici là mi-2021. Il a de fortes chances d’émerger, car il est très avantageux pour les banques d’obtenir et contrôler les données personnelles et financières de tous les Européens et supprimer la pesante gestion du cash.

Il ne faut pas confondre les monnaies numériques d’État et les monnaies numériques privées comme la Libra de Facebook ou les cryptomonnaies comme le Bitcoin. L’euro numérique serait un passif de la Banque centrale européenne et compléterait l’offre actuelle de liquidité. Sa valeur ne serait donc pas volatile comme une monnaie privée parce qu’elle serait adossée à la légitimité et à l’autorité de la banque centrale.

On peut même penser que la BCE, et ses équivalentes dans le monde, puissent mettre en place les monnaies numériques pour renforcer leur devise respective et éviter la fuite des capitaux. Effectivement, la banque de Christine Lagarde a souligné dans son rapport que les institutions et infrastructures financières sont « de plus en plus menacées » par un large éventail de risques extrêmes, allant de la solvabilité à la sécurité des transactions, alors que la proportion de services de paiements numérisés augmente. Ces risques peuvent entraîner des pannes des systèmes de paiement par carte, des services bancaires en ligne et des retraits d’espèces aux guichets automatiques qui pourraient « affecter considérablement les paiements de détail et s’éroder ». Selon elle, ceci amènerait une baisse confiance dans le système financier en général (sans rire). L’euro numérique est donc une réponse fournissant ainsi « un éventuel mécanisme de contingence pour les paiements électroniques qui pourrait rester utilisé même lorsque les résolutions privées ne sont pas disponibles », selon le rapport.

La BCE n’a même pas besoin d’attendre la prochaine crise pour programmer une refonte monétaire sans précédent ; le passage du papier-monnaie au tout numérique est un changement structurel majeur qui mettra du temps à se mettre en place, plus longtemps que le yuan chinois qui peut être imposé beaucoup plus vite à cause de la structure d’État non démocratique.

« Une conception qui offre ces fonctionnalités peut promouvoir des paiements plus résilients, efficaces, inclusifs et innovants », selon Benoit Coeure, ancien responsable de la Banque centrale européenne qui dirige désormais les efforts d’innovation de la BRI. Tout un programme.

Une crypto yuan adossée à l’or ?

L’empire du Milieu est le plus avancé sur sa monnaie numérique et va même peut-être plus loin. Un négociant en métaux précieux à Londres, Andrew Maguire, a signalé que la Chine contournait les banques de la London Bullion Market Association à Londres, qui ne peut plus fournir assez de métal jaune pour ses besoins. Le Parti communiste chinois achète ainsi de l’or non raffiné directement auprès des mines d’Afrique et d’Amérique du Sud. Cela leur évite au passage de se faire remarquer dans les rapports de données d’exportation classiques. Maguire soupçonne carrément que le pays pourrait soutenir le yuan avec de l’or et pourquoi pas avec une fixation de prix et une parité fixe. Sachant que la Chine est l’une des rares économies avancées à connaître une croissance cette année, son positionnement dans l’économie internationale de demain va être crucial.

Franck Pengam

Le Yuan numérique contre les cryptomonnaies Bitcoin, Ethereum et Theter

Monnaies numériques vs. Cryptomonnaies

Le monde des cryptomonnaies est particulièrement lié à la Chine. Depuis 2009, lorsque Bitcoin a émergé pour la première fois sur la scène mondiale, l’empire du Milieu a connu une ruée vers la cryptomonnaie appuyée sur la blockchain. Le gouvernement a été contraint d’interdire l’utilisation du Bitcoin en 2013 à cause de sa popularité et de la fuite des capitaux qu’il entraînait.

En octobre 2019, le gouvernement chinois a annoncé officiellement adopter la technologie blockchain pour l’avenir de la Chine. Il s’agit de lancer une monnaie numérique officielle reconnue par l’État. Le paiement électronique en monnaie numérique (DCEP), communément appelé « yuan numérique », est actuellement censé être dans les dernières phases de test.

Dans cet article, nous allons voir les raisons pour lesquelles la Chine a décidé de créer la première monnaie numérique gérée par une banque centrale au monde et ce que cela signifie pour les marchés de la cryptographie au sens large. Nous verrons également l’histoire de la Chine avec le Bitcoin (BTC), Ethereum (ETH) et le stablecoin Tether USD (USDT) et pourquoi ces réseaux sont devenus une menace pour le contrôle interne des capitaux de la Chine.

Avant de commencer, il est utile de clarifier la distinction entre les termes « monnaie numérique » et « cryptomonnaie ». Les cryptomonnaies sont des monnaies et des actifs numériques qui utilisent la technologie de la blockchain comme moyen d’effectuer des transactions cryptées en toute sécurité et sans friction via un réseau décentralisé. Bitcoin, Ethereum et Tether, sont quelques-unes des cryptomonnaies les plus utilisées parmi des milliers.

Le yuan numérique, en revanche, n’utilise pas la technologie blockchain en soi, mais plutôt un type de technologie de registre distribué (Distributed Ledger Technologies) inspiré de la blockchain et intégralement contrôlé par un gouvernement central. Là est tout l’objectif du Parti communiste chinois. Étant donné que les blockchains fournissent des transferts de données cryptées, le système centralisé du yuan virtuel a un mécanisme intrinsèquement différent de celui des cryptomonnaies traditionnelles.

A photo illustration of the digital Cryptocurrency, Litecoin (LTC), Bitcoin (BTC), Ethereum (ETH) and Ripple (XRP) are seen on September 13 2018 in Hong Kong, Hong Kong.
Yu Chun Christopher Wong | S3studio | Getty Images

Une brève chronologie du yuan numérique

Début 2014, moins de douze mois après que la Chine ait interdit le trading de Bitcoin et de cryptomonnaies ensuite de manière générale, le pays a créé un institut de recherche dont le seul objectif était de comprendre et de développer une stratégie pour améliorer la monnaie traditionnelle du yuan chinois en utilisant la technologie blockchain. Le centre de recherche a travaillé pendant quatre ans sur le développement de la technologie pour arriver à l’introduction officielle du projet de yuan numérique et son annonce dans le monde entier.

Le projet a été annoncé pour la première fois au public chinois lors d’une conférence de presse du président de la Banque populaire de Chine (PBoC), Zhou Xiaochuan, en 2018. Une fois l’annonce faite, il fallait ensuite mettre en œuvre le projet ce qui n’est pas une mince affaire pour ce grand pays de 1,4 milliard d’habitants. Les travaux qui ont suivi ont été lents et peu aboutis.

Les experts affirment que ce long développement était dû aux fondements décentralisés et anti-réglementaires de la technologie blockchain et des cryptomonnaies ce qui est l’antithèse même des principes de la monnaie nationale chinoise. Le yuan, ou renminbi (RMB), est actuellement entièrement contrôlé par l’État, pour protéger la Chine des chocs économiques. La blockchain est un système qui quant à elle permet des transactions en dehors des contrôles réglementaires. Régler ces contradictions n’est pas aisé.

Le projet de première monnaie numérique nationale au monde a néanmoins accéléré sa vitesse de développement au deuxième semestre de 2019, lorsque Facebook a officiellement annoncé la création de sa monnaie virtuelle, Libra (qui arrive en janvier 2021 sous le nom de Diem et sous une forme moins ambitieuse que celle prévue). L’augmentation soudaine de la productivité de la Chine a été motivée par un nouveau concurrent majeur, bien que Facebook soit interdit en Chine (seul le réseau social est interdit et non ses autres activités notamment publicitaires).

Le 14 avril 2020, le projet de monnaie numérique nationale créé par la PBoC a vu ses essais médiatisés grâce à une capture d’écran d’ordinateur partagée sur internet et montrant le yuan numérique accessible dans quelques districts chinois. Fin juin 2020, la PBoC a annoncé que la Chine avait presque terminé la phase de développement du logiciel.

Pourquoi une monnaie numérique et pourquoi maintenant ?

Pourquoi ce pays, avec son système de marché socialiste complexe, voudrait-il construire une monnaie numérique ?

Pour répondre à la question, il est essentiel de jeter un œil aux réserves de change de la Chine. En juillet 2020, la Chine détenait une réserve de devises étrangères d’environ 3,15 milliards de dollars américains, le plus grand détenteur au monde. Environ 60% des réserves de change mondiales et environ 40% des paiements internationaux sont en dollars américains.

Comparaison des réserves de change étrangères détenues en 2018

En outre, la Chine cherche à étendre la portée internationale du yuan et à disposer d’une infrastructure accessible, fiable et souveraine qu’elle puisse contrôler pour ses transferts transfrontaliers. Cela rendrait le yuan plus liquide à l’international. L’initiative des nouvelles routes de la soie fait également partie de ce projet géopolitique global avec une expansion des réseaux commerciaux mondiaux de la Chine en Asie, en Europe et en Afrique. Actuellement, la plupart des virements électroniques réglementés effectués depuis ou vers la Chine sont effectués via SWIFT ou CHIPS. C’est un problème pour la Chine, puisque CHIPS (Clearing House Interbank Payments System Universal Identifier) est une société américaine tandis que SWIFT, une organisation internationale prétendument neutre, a principalement des citoyens américains pour directeurs.

Il n’est pas surprenant que la Chine veuille se distancier des institutions américaines vu les tensions avec les États-Unis et l’escalade de la guerre commerciale.

Les cryptomonnaies Bitcoin et Tether – Une menace contre le contrôle des capitaux chinois

En à peine un an, de 2019 à 2020, 50 milliards de dollars ont quitté la Chine sous forme de cryptomonnaies Bitcoin et Tether vers d’autres pays.

Comme mandaté par la Banque centrale de Chine, tout citoyen ou résident vivant sur le continent ne peut transférer que 50 000 USD à l’étranger par an. Cette politique s’accompagne de plusieurs obstacles pour les familles riches et les grandes entreprises chinoises. Elles auraient ainsi souvent recours à des méthodes compliquées et en passant souvent le marché noir pour envoyer leur argent vers d’autres pays.

Avec l’émergence rapide des classes moyennes et supérieures qui cherchent à élargir leurs horizons d’investissement dans un nouveau marché international florissant, les cryptomonnaies offrent une possibilité d’investissement aux actifs liquides et mondiaux. Les investisseurs chinois achètent les actifs via des services spécialisés et les envoient de manière anonyme à des sociétés de cryptoactifs en dehors de la Chine, moyennant des frais modestes par rapport aux marchés noirs des devises. Les transactions de cryptomonnaie, en particulier via le Bitcoin, l’Ethereum et le Tether, sont en fait un grand danger pour le pouvoir communiste.

La diminution des réserves de devises due à la sortie des capitaux et l’augmentation de l’instabilité que cela entraîne pour leur économie sont une problématique cruciale. Le yuan numérique est donc le système transactionnel géré par l’état adapté pour reprendre tout simplement le contrôle des capitaux.

Comment le yuan numérique affecte le Bitcoin, l’Ethereum et le Tether

Suite à l’interdiction des échanges de Bitcoin en Chine, la population s’est tournée vers d’autres cryptomonnaies et notamment le Tether (USDT) en tant que cryptomonnaie alternative pour investir les capitaux en dehors de la Chine.

La Chine représenterait à elle seule plus de 60% de tout le volume des échanges de Tether sur le marché de la cryptographie ; environ 10 milliards de dollars américains au premier semestre de 2019. À titre de comparaison, le marché américain ne représente que 450 millions de dollars américains de tous les USDT échangés au cours de cette période.

Comparaison du volume des transactions Tether (USDT)

Cet énorme volume de transactions en provenance de Chine est également une excellente nouvelle pour la popularité de l’Ethereum, puisque l’USDT est un jeton basé sur la blockchain Ethereum.

Il convient également de noter que la monnaie numérique de la banque centrale chinoise pourrait avoir le contrecoup totalement inverse, c’est-à-dire inciter davantage de résidents à adopter le Bitcoin, le Tether et pourquoi pas l’Ethereum (qui est la deuxième cryptomonnaie majeure après le Bitcoin) qui ne se sont peut-être pas déjà tournés vers les cryptoactifs.

Alors que le yuan numérique tente de réglementer ce marché trop flexible, ceux qui ne sont pas encore familiarisés avec les avantages des actifs numériques pourraient avoir la soudaine envie de migrer vers des alternatives décentralisées avec moins de surveillance étatique. Avec un intérêt toujours plus grand de la population chinoise, il est probable que les cryptomonnaies en question subissent un resserrement des réglementations.

L’avenir du yuan numérique et des cryptomonnaies

L’émergence officielle du yuan électronique par la Chine sera une étape majeure pour le monde des cryptomonnaies et des actifs numériques.

Contrairement à ce que je disais dans cette vidéo, je ne suis plus certain de l’efficacité réelle des Etats à mettre à mal les cryptomonnaies, et notamment le Bitcoin, en tout cas à court terme. Compte tenu des objectifs idéologiques officiels et non officiels de la Chine, nous ne savons toujours pas quel genre d’impact aura sa monnaie électronique sur l’économie nationale et mondiale. Mais une chose est sûre, la Chine a compris qu’il ne sert à rien de mener une guerre frontale contre la technologie blockchain. L’interdire officiellement ne suffit plus : il vaut mieux plutôt de l’utiliser pour promouvoir ses propres objectifs stratégiques de pouvoir étatique. Et c’est exactement ce qui est en train de se passer également chez nous : des monnaies virtuelles à venir contrôler par les banques centrales pour bloquer la fuite massive à venir des capitaux des citoyens occidentaux.

Il est fortement probable que ces tendances entraîneront de nouvelles entrées dans les cryptoactifs non étatiques et une augmentation des volumes d’échange particulièrement vers le Bitcoin, l’Ethereum et le Tether.

Sans parler des milliers d’autres cryptoactifs.

Franck Pengam

Les dirigeants chinois ont adopté les blockchains

Trois récents faits nouveaux de haute importance en Chine ont montré à quel point le gouvernement était enthousiaste en ce qui concerne les blockchains.

Jeudi, le président chinois, Xi Jinping, a appelé la nation à “saisir l’occasion” et à occuper une “position de leader” dans le développement de la technologie de la blockchain. Samedi, le gouvernement a adopté une loi visant à résoudre les problèmes juridiques et réglementaires liés à la cryptographie, un aspect essentiel des systèmes blockchain. Puis lundi, Li Wei, chef du département technologique de la Banque populaire de Chine, a exhorté les banques commerciales à intensifier leurs applications de chaînes de blocs pour le financement.

La Banque populaire de Chine étudie la technologie de la monnaie numérique et de la blockchain depuis 2014, et la banque centrale a annoncé qu’elle est sur le point de lancer une monnaie numérique.

La Chine semble généralement opposée aux systèmes de chaînes de blocs publics, qui permettent aux utilisateurs de participer au réseau et aident à maintenir le grand livre des comptes partagés sans s’identifier. De nombreux passionnés de cryptomonnaie diraient que ce type de contrôle centralisé va à l’encontre de l’utilisation d’une blockchain.

MIT Technology Review

Les internautes chinois utilisent la blockchain pour partager un article d’actualité censuré

La monnaie Libra de Facebook ne remplacera pas votre argent

La cryptomonnaie Libra de Facebook a été dévoilée, mais il reste encore à voir s’il s’agit de l’avenir de la monnaie, alors que les régulateurs se profilent et que des questions se posent quant à savoir pour qui la cryptomonnaie est en fait conçue à aider. Selon Facebook, qui présente ses plans pour la cryptomonnaie dans un livre blanc de 12 pages, Libra permettra des paiements numériques sans frais pour toute personne insatisfaite des transactions existantes ou qui ne peuvent pas prétendre à un compte bancaire.

Mais la cryptomonnaie ne sera lancée que l’année prochaine. Cela signifie qu’à partir de 2020, il sera peut-être possible de payer pour les trajets Uber avec la monnaie numérique. Les abonnements de Spotify et les paiements de contrat de téléphonie mobile pourraient également être disponibles via Libra. Le résultat fournirait une monnaie disponible n’importe où.

Le nouveau jeton numérique sera construit sur la blockchain et pourra non seulement être utilisé pour envoyer des fonds instantanément via Facebook – et ses filiales WhatsApp et Messenger – mais également pour effectuer des achats en ligne sur des sites de vente au détail tels que eBay et Booking.com, moyennant des frais inférieurs à ceux offerts par les banques standard et les services de cartes de crédit.

Jusqu’à présent, 28 entreprises financières, de commerce électronique et autres, ainsi que des investisseurs en capital-risque – y compris PayPal, eBay, Uber, Spotify et Vodafone – se sont engagés à verser 10 millions de dollars chacun pour rejoindre un organisme indépendant appelé Libra Association, qui sera basé en Suisse et régira le jeton numérique. Cette initiative vise à encourager la confiance dans le système de paiement des régulateurs financiers et des utilisateurs, qui contrôlent de plus en plus le pouvoir et le manque de responsabilité de Facebook.

L’implication de grandes sociétés financières telles que Visa et Mastercard peut sembler surprenante au premier abord, car les cryptomonnaies sont généralement considérées comme une alternative moins chère à ces réseaux de paiement. Toutefois, leur implication peut être une tentative de suivi de la devise de Facebook – et d’avoir leur part du gâteau si la devise décolle avec les 2,38 milliards d’utilisateurs actifs mensuels de Facebook.

Google travaille sur sa propre technologie liée à la blockchain

« C’est l’une des questions à laquelle nous n’avons malheureusement pas assez de réponses pour le moment : pourquoi utiliser Libra? », déclare Garrick Hileman, responsable de la recherche à la société de crypto Blockchain et chercheur associé à la London School of Economics.

C’est l’un des nombreux défis que doit relever Libra. Ceux qui ont un compte bancaire peuvent déjà payer avec une carte ou un téléphone, bien que des technologies comme les contrats intelligents et les paiements par messagerie électronique puissent accroître l’attrait. Ceux qui n’ont pas de compte bancaire sont confrontés à des obstacles qu’une blockchain ne résout pas. Et ce, avant même que les organismes de réglementation n’interviennent. Est-ce que Libra survivra jusqu’à son lancement prévu l’an prochain ?

A qui s’adresse Libra ? Facebook ne se contente pas d’être un fournisseur de services de paiement semblable à PayPal, mais veut aussi “permettre une monnaie mondiale simple et une infrastructure financière qui donne du pouvoir à des milliards de personnes”. En termes simples, les gens achèteront des Libra avec une devise existante et l’Association Libra conservera votre argent dans une réserve qui se compose en partie de titres gouvernementaux couvrant une gamme de devises historiquement stables. Les intérêts de ces titres iront à la Libra Association elle-même, les dividendes étant versés aux membres une fois les coûts payés.

Bien que Libra soit une cryptomonnaie, elle diffère du bitcoin en ce sens que c’est un stable coin (litt. « monnaies stables »); sa valeur est liée à celle d’autres devises afin de réduire la volatilité, nécessaire si les détaillants veulent l’accepter. L’année dernière, la société de paiement Stripe a abandonné Bitcoin parce que la valeur de la cryptomonnaie fluctue énormément d’un jour à l’autre.

Même si Facebook parvient à convaincre suffisamment d’entreprises pour accepter Libra, et convaincre assez de gens, d’autres défis demeurent.

Une nouvelle cryptomonnaie lancée par Goldman Sachs

En effet, tous les pays n’exploitent pas les banques de la même façon. “Ce n’est pas une industrie à l’emporte-pièce, déclare Hileman. “Chaque pays a ses propres règles. Il faut avoir une relation bancaire dans chaque pays, en général, pour faire des paiements.” Pour cette raison, il suggère que le déploiement de Libra dans le monde entier d’un seul coup “semble improbable”.

Les régulateurs se plaignent déjà. Le ministre français des Finances, Bruno Le Marie, a déclaré que seuls les gouvernements pouvaient proposer des devises et que cela s’accompagnait de responsabilités. “Nous exigerons des garanties que de telles transactions ne pourront pas être détournées, par exemple pour financer le terrorisme”. De telles plaintes viennent même des États-Unis. Maxine Waters, membre du Congrès démocrate, a déclaré que le lancement de Libra devrait être suspendu afin de donner au Congrès le temps d’examiner les plans. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre a déclaré lors d’une conférence que, même s’il était «ouvert d’esprit» vis-à-vis de Libra, celle-ci devrait toujours respecter les «normes les plus élevées» si elle devait être lancée au Royaume-Uni.

Compte tenu de tels défis, Hileman prédit que Libra pourrait même ne jamais démarrer. “Il se peut qu’il y ait des interdictions catégoriques de Libra dans certains pays – c’est l’une des grandes questions, où se fera le lancement et quelles approbations seront nécessaires”. “Il y a une chance non nulle que ça ne marche pas du tout, vu le climat politique.”

Wired, Libra, Wired

Les cryptomonnaies, une rupture géoéconomique mondiale ?

A l’heure où les cryptomonnaies défrayent la chronique, en particulier le bitcoin, il est important d’en saisir les enjeux technologiques, de même que l’environnement global touchant le domaine. Ce dossier de Géopolitique Profonde est destiné aux investisseurs, à ceux qui veulent diversifier leur épargne ou simplement aux personnes voulant améliorer leur vision du sujet. Il propose un panorama des enjeux des cryptoactifs, des réactions et des oppositions des gouvernements et entreprises sur le sujet, des théories économiques sous-jacentes ou encore des problèmes de hacking liés à ces technologies.

Quelques bases
Blockchain vs hashgraph
Les théories économiques autour des cryptoactifs
Le bitcoin est-il biaisé de base ?
Les réactions du Système : critiques et récupérations
L’intégration des crypto dans les compagnies privées
Les crypto comme alternative au système financier mondial
Les activités malveillantes autour des cryptomonnaies
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Juan Zarate met en garde contre la guerre froide Blockchain

Blockchain, militarisée : Il est possible que des acteurs néfastes” essaient d’utiliser la technologie blockchain pour saper le système financier mondial, prévient Juan Zarate, un expert sur le financement du terrorisme et les crimes financiers au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS – Center for Strategic and International Studies). Il a déclaré à CoinDesk que nous devrions nous attendre à ce que “les États et les acteurs qui sont moins investis dans le système commercial financier mondial sont susceptibles de s’appuyer davantage sur des technologies ou des techniques qui leur donnent des capacités asymétriques pour menacer ce même système.”

“Nous devons être très conscients du fait qu’il y a des acteurs dans le système, à la fois étatiques et non étatiques, qui sont prêts à perturber ce système”, a déclaré Zarate. “Ils peuvent être disposés à utiliser les nouvelles technologies pour saper réellement ces mêmes systèmes qui affectent l’économie américaine et affecter d’autres économies, et même en tirer profit”.

Juan Zarate, l’ancien assistant adjoint du président américain George W. Bush et ancien conseiller adjoint à la sécurité nationale pour la lutte contre le terrorisme, a largement contribué à créer des outils de sanctions et des instruments financiers qui exercent des pressions sur les ennemis de l’État. Mais alors que la technologie blockchain commence à briser les frontières et à habiliter les personnes non bancarisées, Zarate est de plus en plus préoccupé par le fait qu’elle pourrait aussi être utilisé à des fins illicites.

Pour être clair, Zarate soutient l’idée que la blockchain et les crypto-monnaies pourraient donner une «plus grande autonomie» aux individus, tout en stimulant potentiellement «l’activité commerciale».

Il est catégorique, il doit y avoir plus de transparence sur la façon dont même les gouvernements pourraient utiliser la blockchain en raison de la nature géopolitique du système monétaire qu’elle pourrait aider à réinventer. Et bien qu’il s’identifie comme un défenseur de la blockchain, il décrit plusieurs exemples de la façon dont les acteurs étatiques expérimentent déjà la technologie à des fins illicites.

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Mastercard ouvre l’accès à son API Blockchain pour les banques et commerçants partenaires

Fournit des connexions à d’autres API Mastercard pour créer de nouvelles expériences de commerce numérique ; l’API sera présentée au hackathon Money 20/20.

New York, NY – 20 octobre 2017 – Mastercard a annoncé qu’il ouvrira l’accès à sa technologie blockchain via son API publiée sur Mastercard Developers. La solution blockchain de Mastercard offre une nouvelle façon pour les consommateurs, les entreprises et les banques de traiter leurs transactions et est un élément clé de la stratégie de l’entreprise pour fournir des solutions de paiement qui répondent à tous les besoins des institutions financières et de leurs clients finaux. L’API Blockchain de Mastercard fera partie du hackathon Money 20/20 à Las Vegas.

L’entreprise a testé et validé sa blockchain et mettra en œuvre cette technologie dans l’espace B2B (Business to Business) pour répondre aux défis de rapidité, de transparence et de coûts dans les paiements transfrontaliers. La technologie blockchain de Mastercard viendra compléter les capacités existantes de l’entreprise, notamment les cartes virtuelles, Mastercard Send et Vocalink pour prendre en charge tous les types de flux de paiements B2B transfrontaliers, qu’ils soient basés sur des comptes, des blockchains ou des cartes.

La blockchain de Mastercard dispose de quatre facteurs clés de différenciation : la confidentialité, la flexibilité, l’évolutivité et, plus important encore, la portée du réseau de règlement de l’entreprise.

  • Confidentialité – La blockchain de Mastercard assure la confidentialité en veillant à ce que les détails de la transaction soient partagés uniquement qu’entre les participants d’une transaction tout en conservant un registre des transactions entièrement vérifiable et valide.
  • Flexibilité – Les partenaires peuvent utiliser les API blockchain conjointement avec une suite plus large d’API Mastercard pour créer une gamme de nouvelles applications puissantes. Les kits de développement logiciel sont disponibles en six langues différentes pour faciliter l’intégration des API.
  • Évolutivité – La chaîne de blocs Mastercard est conçue pour la rapidité de traitement commerciale et l’extensibilité en établissant un consensus entre un modérateur de réseau de confiance et les participants du réseau.
  • Portée – La blockchain de Mastercard est intégrée dans le réseau de paiement de l’entreprise qui comprend 22 000 institutions financières pour transférer les fonds qui ont été engagés sur la chaîne de blocs.

« En combinant la technologie Blockchain de Mastercard avec notre réseau de règlement et les règles de réseau associées, nous avons créé une solution sûre, sécurisée, vérifiable et facile à mettre à l’échelle », a déclaré Ken Moore, vice-président exécutif de Mastercard Labs. « En ce qui concerne les paiements, nous souhaitons offrir à nos partenaires un choix et une flexibilité leur permettant d’utiliser en toute transparence nos modes de paiement existants et nouveaux en fonction des besoins et des exigences de leurs clients. »

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La solution blockchain de Mastercard a la capacité de gérer des transactions de paiement sans carte sécurisées et transparentes telles que les paiements business-to-business et les transactions de financement commercial. Elle a également la capacité d’alimenter des solutions de non-paiement telles que la preuve de provenance qui aide à authentifier les produits tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Avec cette solution propriétaire, Mastercard espère créer de nouveaux avantages pour ses partenaires et rendre l’écosystème commercial plus facile, plus rapide et plus sûr. En plus de construire une nouvelle solution, la société a également déposé plus de 35 brevets dans le domaine de la blockchain et investi dans Digital Currency Group, un collaborateur qui construit, incube et fait se développer des entreprises liées à la technologie Bitcoin et Blockchain. La société a récemment rejoint Enterprise Ethereum Alliance pour explorer les possibilités de la technologie Ethereum dans un large éventail de cas d’utilisation potentiels, dont beaucoup sortent du cadre de l’environnement de paiement traditionnel de Mastercard. De plus, Mastercard travaille également sur de nouveaux cas d’utilisation avec des startups faisant partie de son programme Start Path Global.

traduction Thomas Jousse

Mastercard Newsroom