Une deuxième grossesse CRISPR est peut-être déjà en cours

Une femme est déjà enceinte du prochain bébé CRISPR, selon He Jiankui, le scientifique chinois qui prétend avoir créé les premiers bébés génétiquement modifiés. Il a révélé la nouvelle de la grossesse précoce au deuxième jour du sommet international sur l’édition du génome à l’Université de Hong Kong.

« Il y en a une autre, une autre grossesse potentielle », a-t-il déclaré lors de son allocution sur scène.

Il a défendu son travail, affirmant qu’il se sentait «fier» d’avoir utilisé des techniques d’édition génétiques pour rendre les filles jumelles résistantes au VIH. «Ce n’est pas juste pour ce cas, mais pour des millions d’enfants. Ils ont besoin de cette protection. Le vaccin contre le VIH n’est pas disponible », a-t-il déclaré.

Après sa présentation, les membres de l’auditoire ont posé des questions sur son travail. Le lauréat du prix Nobel David Baltimore a déclaré que He Jiankui était irresponsable de procéder de la sorte à la modification de la lignée germinale. “Je pense que la communauté scientifique a échoué dans son auto-régulation à cause du manque de transparence”, a-t-il déclaré.

Il est également apparu qu’aucune des diapositives de la présentation de He Jiankui ne contenait d’informations sur les embryons implantés – ou les bébés – lorsqu’elles ont été soumises aux organisateurs de la conférence.

Les travaux de He Jiankui ont été condamnés par les universités chinoises et le comité d’experts en éthique médicale de la ville de Shenzhen a depuis annoncé son intention de lancer une enquête sur ses recherches.

allocution de He Jiankui à 1:17:42

Deuxième Sommet international sur l’édition du génome humain

Le deuxième sommet international sur l’édition du génome humain a lieu du 27 au 29 novembre à Hong Kong. Ce sommet de trois jours est organisé conjointement par l’Académie des sciences de Hong Kong, la Royal Society de Londres, l’Académie nationale des sciences des États-Unis et l’Académie nationale de médecine des États-Unis. Le sommet se tient au centre de conférences Lee Shau Kee de l’Université de Hong Kong.

Les organisateurs rejoignent la directrice générale de Hong Kong, Carrie Lam, sur la scène à l’ouverture du sommet | Second International Summit on Human Genome Editing, Hong Kong, Nov. 27-29, 2018 | Credit: The National Academies

Depuis le premier sommet international tenu en 2015 à Washington, DC, les recherches sur l’édition du génome humain ont continué de progresser rapidement. CRISPR Cas9 et d’autres outils d’édition puissants et précis sont en plein essor. Cependant, de nombreuses questions demeurent concernant la science, l’application, l’éthique et la gouvernance de l’édition du génome humain. La possibilité d’une édition du génome héréditaire, qui modifierait la lignée germinale humaine, et ses applications à des fins autres que le traitement d’une maladie ou d’un handicap sont particulièrement préoccupantes.

Le deuxième Sommet international sur la modification du génome humain continuera de faire progresser le dialogue mondial sur ces questions en réunissant un large éventail de parties prenantes – chercheurs, éthiciens, décideurs, groupes de patients, représentants des académies scientifiques et médicales et d’organisations du monde entier – pour explorer des sujets tels que :

1) les avantages et les risques potentiels inhérents à la recherche sur l’édition du génome et à l’examen des applications cliniques;
2) perspectives éthiques et culturelles;
3) considérations juridiques, réglementaires et politiques; et
4) la sensibilisation et l’engagement du public.

Concernant les premiers bébés génétiquement modifiés, suite

Une FIV à trois parents va être testée au Royaume-Uni

Les régulateurs au Royaume-Uni ont donné le feu vert aux médecins pour effectuer une thérapie de don mitochondriale sur deux femmes britanniques. La forme controversée de la FIV aboutit à des «bébés à trois parents», et les femmes seront les premières au Royaume-Uni à subir la procédure.

L’Autorité de fertilisation humaine et d’embryologie (HFEA) a confirmé l’approbation le 1er février. Mary Herbert, professeur de biologie de la reproduction, supervisera la procédure, et il sera effectué au Newcastle Fertility Center, où le neurologue Doug Turnbull a développé la thérapie pour empêcher les mères de transmettre des mutations de l’ADN mitochondrial.

La majeure partie de l’ADN d’une personne – 99,8% – se trouve dans les 23 paires de chromosomes qui résident dans le noyau de leurs cellules. Le reste est situé dans les mitochondries, qui siègent à l’extérieur du noyau de la cellule.

FIV à trois parents : les risques cachés dévoilés dans Nature

Selon les minutes du comité d’approbation de la HFEA, les deux femmes devant subir la thérapie portent une mutation dans un gène mitochondrial qui cause une maladie rare connue sous le nom d’épilepsie myoclonique avec des fibres rouges déchiquetées (syndrome de Merrf).

Les mitochondries sont transmises de la mère à l’enfant, donc avec la FIV traditionnelle, la mutation Merrf aurait certainement été transmise aux enfants des femmes. L’espoir est que ce traitement unique leur permettra de donner naissance à des enfants qui leur appartiennent biologiquement mais qui ne portent pas la mutation Merrf.

Salvatore DiMauro, spécialiste des maladies mitochondriales à l’Université de Columbia à New York, a déclaré à The Guardian qu’il est bon de le faire. Le Merrf est une maladie invalidante. C’est la seule façon de s’assurer que ce n’est pas transmis.

Bien que ce soit la première fois qu’une thérapie de don mitochondriale a été approuvée en Grande-Bretagne, elle a été réalisée ailleurs. Le médecin de New York, John Zhang, a pratiqué la procédure sur une femme atteinte du syndrome de Leigh. En 2016, elle a donné naissance à un enfant qui n’a pas hérité du trouble mortel de sa mère. En 2017, un couple infertile en Ukraine a donné naissance à un bébé conçu par thérapie mitochondriale.

En 2017, la FDA a interdit à Zhang d’effectuer la thérapie aux États-Unis, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles l’approbation du Royaume-Uni est si excitante. La décision de la FDA a été un pas en arrière après le succès initial au Mexique, mais si la thérapie est réussie au Royaume-Uni, elle pourrait convaincre le reste du monde que la thérapie est digne d’une exploration plus poussée.

Le Congrès américain a interdit les bébés sur-mesure

The Guardian

L’édition génétique par CRISPR pourrait induire des centaines de mutations imprévues dans l’ADN

Une nouvelle étude réalisée par le Columbia University Medical Center lance un avertissement aux scientifiques utilisant CRISPR-Cas9. L’étude a montré que la technologie d’édition génétique pouvait engendrer des mutations imprévues, pouvant restées inaperçues si on les recherche uniquement via des algorithmes.

L’édition génétique est une technologie relativement récente, et il n’existe aucune autre méthode disponible à l’heure actuelle présentant la rapidité, la précision et l’efficacité de CRISPR-Cas9. Son succès est tout à fait inédit dans de nombreux domaines tels que la médecine, permettant à des scientifiques d’éditer le virus HIV hors d’un organisme vivant et de développer un moyen d’en finir avec la malaria en induisant des modifications chez les moustiques.

Les modifications de l’ADN dans la nature peuvent modifier radicalement les écosystèmes de manière inattendue
CRISPR peut modifier une espèce entière
Une note d’avertissement pour les amateurs de CRISPR : Quelques mises en garde sur la révolution CRISPR sont sorties de l’American Society of Hematology en juillet 2016 à Washington.
Les dangers de l’édition du génome humain pour la reproduction

Les scientifiques chinois affirment qu’ils ont déjà utilisé CRISPR sur des êtres humains, et que des essais cliniques sont en cours chez des patients (y compris aux USA). Compte tenu de l’étendue des applications de CRISPR à l’heure actuelle et dans le monde entier, les chercheurs du Columbia University Medical Center (CUMC) mettent en garde sur ces utilisations. Une étude publiée dans la revue Nature Methods a révélé que CRISPR-Cas9 peut engendrer des modifications imprévues du génome.

CRISPR-Cas9 : Premier test humain en Chine pour la technique d’édition du génome
Les experts prédisent que la Chine mettra au point les premiers surhommes génétiquement améliorés
Un premier essai humain avec CRISPR ?
L’argent derrière le premier test humain CRISPR vient du milliardaire Sean Parker
Feu vert pour le premier essai humain avec CRISPR

« Nous avons le sentiment qu’il est essentiel que la communauté scientifique prenne en considération les risques potentiels de toutes les mutations non ciblées causées par CRISPR, y compris les mutations d’un simple nucléotide, et les mutations au sein de zones non-codées du génome » a expliqué le co-auteur de l’étude Stephen Tsang, du CUMC, dans un communiqué de presse.

Dans l’étude, l’équipe de Tsang a séquencé le génome de souris qui avaient préalablement été traitées par CRISPR dans le cadre d’un essai de traitement de la cécité. Ils ont recherché toutes les mutations possibles, y compris celles qui auraient pu modifier un simple nucléotide. Les chercheurs ont recensé le chiffre ahurissant de 1500 mutations de nucléotide simple et plus de 100 délétions ou insertions à plus grande échelle sur les génomes des deux individus étudiés.

L’étude ne suggère pas que l’on stoppe totalement les travaux sur CRISPR, loin de là. Après tout, l’utilisation de CRISPR a été un succès chez les souris qui ont été traitées par ce procédé. En revanche, les scientifiques mettent en garde et demandent la mise en place d’une méthode plus claire quant au suivi des mutations, délétions, ou insertions au sein du génome. Ils proposent de procéder au séquençage complet du génome au lieu de faire confiance à des algorithmes informatiques, qui n’ont détecté aucune des mutations découvertes grâce à cette étude.

« Nous espérons que nos découvertes encourageront d’autres chercheurs à utiliser le séquençage du génome complet comme méthode pour déterminer les effets non-ciblés de leurs techniques utilisant CRISPR, mais également pour envisager des versions différentes, plus sûres et plus précises de l’édition génétique » confie Tsang.

« Les algorithmes prédictifs semblent être fiables lorsque CRISPR est utilisée dans des cellules ou des tissus produits dans des boîtes de Pétri, mais le séquençage du génome complet n’a pas été utilisé pour rechercher tous les effets secondaires imprévus au sein d’animaux vivants » a ajouté le co-auteur de l’étude Alexander Bassuk, de l’University of Iowa.

traduction Virginie Bouetel

Phys, Nature Methods, Columbia University Medical Center

Biotechnologies : l’édition du gène humain pour la reproduction

En France, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), a très récemment lancé une réflexion via une saisine sur « les enjeux économiques, environnementaux, sanitaires et éthiques des biotechnologies à la lumière des nouvelles pistes de recherche ». Mardi 28 mars 2017, l’Office a adopté le rapport présenté par M. Jean-Yves le Déaut, député, et Mme Catherine Proccacia, sénateur.

Le rapport a étudié la recherche en biotechnologies, les applications des nouvelles biotechnologies à la médecine humaine, les applications à l’environnement, les applications agricoles dénommées « nouvelles techniques de sélection », les enjeux juridiques et sécuritaires et l’évaluation des risques et les conditions du débat public.

Extrait :

→ Les rapporteurs se prononcent contre un moratoire des recherches sur les techniques de modification ciblée du génome. Ils demandent que la stratégie nationale de recherche (SNR) consacre une plus grande priorité aux biotechnologies.

→ Les rapporteurs estiment qu’il faut continuer les recherches, qu’un moratoire n’est ni souhaitable, ni possible. Il n’est cependant pas acceptable de modifier la lignée germinale humaine pour l’améliorer ou l’« augmenter », selon les thèses transhumanistes. Beaucoup de chercheurs pensent que, lorsque ces technologies seront sûres, il sera difficile d’interdire des modifications héréditaires du génome humain, au cas par cas, afin de soigner une maladie grave ou incurable. Cette décision devra être prise après une nécessaire concertation élargie avec la société civile. OMS et UNESCO devraient s’entourer d’un comité permanent d’experts sur le modèle du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui aurait pour mission d’évaluer le degré de maturité des nouvelles thérapies géniques, d’en apprécier les enjeux sanitaires et éthiques et de proposer des lignes directrices. En France, les règles de sécurité et d’éthique sont suffisantes, il n’est pas nécessaire de créer des règles spécifiques pour évaluer ces techniques de modification ciblée du génome humain. Le réexamen de la loi de bioéthique prévu en 2018 doit être l’occasion de poser la question du transfert mitochondrial.

→ Nous nous prononçons donc pour la continuation des travaux et expériences de modifications génétiques de moustiques, en prenant en compte la balance entre les risques éventuels pour l’environnement et les bénéfices en termes de lutte contre des maladies humaines occasionnant des centaines de milliers de morts chaque année. Par contre, nous demandons l’instauration d’un mécanisme de réversibilité en cas d’effet non désiré et nous nous opposons à tout projet d’extinction d’une espèce vivante. Enfin un dialogue entre les pays du nord, détenteurs des technologies, et du sud, qui subissent les maladies, doit être organisé dans le cadre de l’OMS.

→ Les conclusions des académiciens français rejoignent celles des académies américaines des sciences et de médecine dans le rapport « La modification ciblée du génome humain : science, éthique et gouvernance » de février 2017 : les plantes génétiquement modifiées ne portent pas atteinte à la biodiversité, bien au contraire car elles limitent l’usage des pesticides qui eux détruisent tous les insectes sans distinction ni sélectivité.

→ Les rapporteurs demandent le soutien des recherches françaises sur les biotechnologies blanches (aussi appelées biotechnologies de l’industrie ou biotechnologies industrielles) par le programme d’investissements d’avenir PIA3 et la stratégie nationale de recherche (SNR).

→ Les rapporteurs soutiennent le développement des nouvelles techniques de sélection végétale, qui se fera de toute façon en dehors de l’Europe. Ils estiment qu’elles ne sont pas des OGM au sens de la directive européenne n° 2001/18. Ils proposent dans un tableau ci-joint une règlementation de ces nouvelles biotechnologies. Il serait aberrant que des techniques plus précises que les mutations spontanées ou que celles utilisant des technologies aléatoires de la mutagénèse (exemptées de procédure lourde d’évaluation par l’EFSA) soient soumises à des procédures d’évaluation identiques à celles de la transgénèse. Il faut adapter les évaluations aux risques encourus.

→ Les rapporteurs se prononcent pour un classement rapide des nouveaux cépages dans le catalogue officiel, afin de procéder à leur exploitation commerciale. Ils estiment que l’utilisation des techniques de modification ciblée du génome permettrait d’étendre les traits de résistance aux autres cépages, comme ceux utilisés dans le champagne ou le cognac, sans attendre vingt années de sélection classique.

→ Les rapporteurs se prononcent pour la poursuite des recherches et le renforcement de la biovigilance des huîtres. Ils estiment que la coexistence des différentes façons de cultiver des huîtres, écloserie-nurserie et ostréiculture traditionnelle, n’est pas menacée par les huîtres triploïdes. Ils souhaitent le développement des biotechnologies dans le secteur de l’ostréiculture, afin de mieux connaître la biologie des huîtres et pouvoir faire face aux risques que constituent les virus, les changements climatiques ou les pollutions marines.

→ Nous souhaitons donc que l’Union européenne et les États membres soutiennent d’avantage en matière de sélection végétale un système d’innovation ouvert, adossé au certificat d’obtention végétale (COV). C’est le seul système qui favorise la recherche et valorise les ressources génétiques. Il faut trouver un juste milieu entre un système très contraignant de domination de grosses firmes agro-chimiques et un système alliant producteurs, État et industrie semencière, qui contrôle la propriété intellectuelle et soutient la recherche.

→ S’agissant du premier point, nous estimons qu’en France, comme dans les autres pays européens et occidentaux, les règles relatives aux laboratoires de recherche sont suffisamment sûres et que l’arrivée de CRISPR-Cas9 ne justifie pas un renforcement les règles de sécurité.

→ La biosécurité des nouvelles biotechnologies peut effectivement constituer une menace qui doit être appréhendée aux niveaux européen et international, Nous préconisons un renforcement de la coordination des travaux de recherche civile et militaire, avec des moyens accrus sous le contrôle des parlementaires de l’OPECST et des commissions de la défense des deux assemblées.

→ Les rapporteurs pensent qu’une meilleure coordination des rôles assignés en France au HCB et à l’ANSES pourrait optimiser l’efficacité du dispositif. Il n’est pas souhaitable de laisser perdurer ces querelles qui nuisent à la crédibilité de cette filière. Ils recommandent le transfert de toutes les missions confiées aujourd’hui au CS du HCB à l’ANSES, agence qui dispose d’une expertise reconnue en termes d’évaluation des risques et qui, de surcroît, bénéficie de l’appui technique d’une administration. Le HCB sera constitué d’un collège unique reprenant les compétences de l’actuel CEES, notamment en organisant le débat entre tous les acteurs, en faisant un état de l’évaluation sanitaire et environnementale, y compris en gérant les retours d’expérience en France et dans l’Union européenne, en évaluant les données sur la biovigilance et en proposant des évolutions éventuelles de l’encadrement réglementaire.

→ Les rapporteurs estiment qu’il faut engager dès maintenant le débat public sur les nouvelles biotechnologies, même si elles sont encore à un stade expérimental, faute de quoi il risquerait d’être confisqué par leurs opposants systématiques aux modifications du génome. Nos concitoyens ont droit à une information complète, ils doivent pouvoir être entendus et contribuer au débat, avant que les décisions ne soient prises. Les rapporteurs soulignent la nécessité d’un débat public renouvelé avec une approche pluridisciplinaire et dans toutes les instances possibles : académies, Comité consultatif nationale d’éthique (CCNE), centres de recherche, presse…

Rapport [édition provisoire]

Résumé du rapport

 

Ouvrir la voie aux générations futures génétiquement modifiées : comment le rapport de la NAS fait fi du large consensus international

Par : Leah Lowthorp

Le 14 février, un comité de la National Academy of Sciences (NAS) et de la National Academy of Medicine (NAM) a publié son très attendu rapport intitulé Human Genome Editing: Science, Ethics, and Governance. La principale conclusion qui s’en dégage est qu’il faut faire preuve de prudence à l’égard de l’édition génique de la lignée germinale humaine, ou le génie génétique des générations futures. Ne vous laissez toutefois pas impressionner par cette mise en garde, ce rapport donne pour la première fois le feu vert à la modification germinale chez l’homme, rompant radicalement avec le consensus international, établi depuis longtemps, voulant que les interventions sur la lignée germinale humaine devraient demeurées interdites.

Ce faisant, le rapport de la NAS fait abstraction de l’importance et de l’étendue de l’opposition mondiale actuelle à l’égard de la modification germinale humaine – plus de 40 pays du monde entier ont interdit l’édition des gènes de gamètes ou d’embryons humains pour la reproduction, à l’instar du Conseil de l’Europe dans sa Convention d’Oviedo de 1997 et de l’UNESCO dans son rapport mis à jour sur le génome humain et les droits de l’homme de 2015. Ce dernier précise que :

Les interventions sur le génome humain ne soient admises que pour des raisons préventives, diagnostiques ou thérapeutiques et sans apporter de modifications chez les descendants, comme affirmé dans l’Article 13 de la Convention d’Oviedo. L’alternative serait de mettre en péril la dignité inhérente et donc égale de tous les êtres humains et de faire renaître l’eugénisme, déguisé comme l’accomplissement du désir d’une vie améliorée.

Les dangers de l’édition du génome humain pour la reproduction

Curieusement, le rapport de la NAS s’éloigne aussi considérablement de la déclaration émise en conclusion de son propre sommet international sur l’édition du génome humain tenu il n’y a que quatorze mois (voir aussi : Une conférence scientifique internationale sur CRISPR-Cas9). Cette déclaration, rédigée par le comité distinct de la NAS qui a organisé le sommet, soulignait qu’il serait irresponsable d’aller de l’avant avec cette technologie sans un « vaste consensus sociétal ». (Consulter ce lien pour une critique bien argumentée de cette volte-face par un membre du comité organisateur du sommet.)

En d’autres mots, l’unique position réunissant un vaste consensus sociétal à l’heure actuelle est celle qui appuie une interdiction internationale. Le nouveau rapport de la NAS, en utilisant une mise en garde pour frayer le chemin aux essais cliniques de modification germinale humaine, balaie d’un revers de la main le consensus international actuel et les préoccupations fondamentales sur lesquelles il repose. La NAS a aussi manifestement passé sous silence ce large consensus international lors de sa conférence de presse, que l’on peut voir ici.

Au cours de cet événement, le coauteur du rapport, Richard Hynes, a été interrogé sur les répercussions de l’ouverture de cette voie précédemment fermée à la modification germinale humaine. Contournant la question, il a parlé de l’opposition internationale comme si elle faisait partie du passé, et a semblé suggérer que l’unique raison de cette opposition était qu’avant toute chose la technologie de modification germinale n’était pas réalisable ou sécuritaire à l’époque :

Dans le passé, plusieurs ont pris position, affirmant qu’on devrait s’abstenir [de modifier la lignée germinale humaine], en grande partie parce qu’il n’y avait aucun moyen de concevoir une manière de le faire. De le faire de façon sécuritaire. C’était une idée théorique, qui semblait comporter de nombreuses complications et qui n’était pas vraiment réalisable de toute façon.

Cependant, l’opposition à la modification germinale humaine a toujours été motivée non pas que par des inquiétudes sur le plan de la faisabilité technique ou sécuritaire, mais aussi par une multitude de questions éthiques et sociales pour le futur de l’humanité.

Mais ne me croyez pas sur parole. J’ai demandé à plusieurs spécialistes qui participent depuis longtemps au débat international de commenter la déclaration de M. Hynes :

Dr Roberto Andorno, professeur agréé en droit de l’université de Zurich et ancien membre du Comité de bioéthique de l’UNESCO :

Je ne suis pas d’accord…que la seule raison de l’opposition… dans le passé était que [la technologie] n’était pas sécuritaire ou réalisable. Il y avait (il y a) des inquiétudes fondamentales entourant les répercussions à long terme de la technique, et non pas seulement que des questions portant sur les risques immédiats ou les effets secondaires; une évidence lorsqu’on examine la grande quantité de littératures des années 90 sur les interventions germinales. [Et] le terme « réalisable » comme tel n’est pas une raison morale pour tenter ou non de faire quelque chose. Il est insensé de dire qu’une chose était interdite parce qu’elle n’était pas réalisable!

Dr Hille Haker, professeur de théologie de l’université Loyola de Chicago, conférencier au sommet international de la NAS et ancien membre du Groupe européen d’éthique des sciences et des nouvelles technologies de la Commission européenne :

Si j’examine la question sous l’angle de la réglementation internationale, ils ont raison d’affirmer que l’édition génique de la lignée germinale humaine n’a jamais été réaliste, mais il est faux de dire que c’est la seule raison pour laquelle on croyait qu’elle ne devait pas être pratiquée. On a toujours soutenu que ce ne sera jamais sécuritaire d’en faire l’expérimentation sur des embryons parce que personne ne sera jamais en mesure de prévoir ses ramifications ni ses effets sur les générations futures. Assurément, ils ne le savent pas encore aujourd’hui, mais ils sont prêts à courir le risque qui, nous croyons, constitue un fardeau indu pour les générations futures. L’édition génique germinale ne sera jamais une pratique responsable.

Dr David King, directeur fondateur du groupe de vigilance Human Genetics Alert, au Royaume-Uni :

Mis à part le fait qu’elles démontrent une totale ignorance de l’histoire de ce débat, les remarques de Robert Hynes expriment parfaitement l’attitude technocratique… que les questions morales et sociales sont sans consistance réelle. Bien entendu, le Conseil de l’Europe, l’UE et d’autres pays ont interdit l’édition de la lignée germinale [des humains] précisément en raison des implications morales et sociales, c.-à-d. la création d’une nouvelle forme d’eugénisme. Si les préoccupations étaient réduites à un souci de sécurité, la réponse politique la plus appropriée aurait été un moratoire et (ou) une réglementation [plutôt qu’une interdiction]… Il existe peu d’exemples de lois interdisant des applications précises de la science et de la technologie, et le fait qu’il en existe une pour ce cas-ci aurait dû donner à M. Hynes matière à réflexion : il doit bien y avoir de très fortes raisons pour cette interdiction.

Tous les trois spécialistes ont exprimé leur profonde déception à l’égard de la recommandation du rapport, qui franchit une ligne que de nombreux pays ont déjà convenue de ne pas franchir. Affichant un mépris flagrant pour les pourparlers laborieux entrepris depuis les dernières décennies par les décideurs du globe, ce rapport forme une recommandation qui, si elle était suivie, modifierait incontestablement le futur de l’humanité tout entière.

Traduction Stéphanie S.

Genetics and Society

Les problèmes éthiques associés à la modification des organismes par la technologie CRISPR-Cas9

Colloque de l’Académie des sciences du 21 février 2017

Depuis l’article visionnaire publié par Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna dans Science en 2012, on assiste à une véritable révolution planétaire dans les approches utilisées pour modifier les génomes animaux ou végétaux à des fins de recherche fondamentale dans tous les domaines, ainsi que pour des applications médicales ou des améliorations de plantes ou d’animaux bien souvent dans des buts commerciaux. Les nombreux travaux publiés ces dernières années montrent que la technologie CRISPR-Cas9 est d’une puissance impressionnante, d’une rapidité évidente par rapport aux autres techniques existantes bien que parfois un peu surestimée, et d’une efficacité inespérée.

Cependant, l’approche n’est pas sans risque ! Le risque de création de mutations indésirées est réel et dépend de nombreux facteurs qu’il est important de connaître, répertorier et prendre en compte. Beaucoup d’Institutions, d’Académies, de Sociétés savantes se penchent sur les problèmes posés par les modifications ciblées chez les animaux, les plantes et aussi et surtout chez l’homme. Au cours de cette séance, une analyse des questions soulevées par l’utilisation de cette technologie chez les animaux, les plantes et chez l’homme sera présentée par trois spécialistes afin de susciter une réflexion de tous les membres de l’Académie et d’anticiper une prise de position de notre Académie.

Voir le programme et les résumés

Drépanocytose : rémission des signes de la maladie chez le premier patient au monde traité par thérapie génique

crédit docteurclic

Une équipe dirigée par le Pr. Marina Cavazzana a réalisé à l’hôpital Necker-Enfants malades, AP-HP et à l’Institut Imagine (AP-HP/Inserm/Université Paris Descartes) en octobre 2014 une thérapie génique dans le cadre d’un essai clinique de phase I/II chez un patient de 13 ans atteint de drépanocytose sévère (forme grave d’anémie chronique d’origine génétique). Menée en collaboration avec le Pr. Philippe Leboulch (CEA/Facultés de médecine de l’université Paris-Sud et de l’université d’Harvard) qui a mis au point le vecteur utilisé et dirigé les études précliniques, ce traitement novateur a permis la rémission complète des signes cliniques de la maladie ainsi que la correction des signes biologiques. Les résultats (suivi de 15 mois après la greffe) font l’objet d’une publication dans le New England Journal of Medicine le 2 mars 2017 et confirment l’efficacité de cette thérapie d’avenir.

« Nous souhaitons, avec cette approche de thérapie génique, développer de futurs essais cliniques et inclure un nombre important de patients souffrant de drépanocytose, en Ile-de-France et sur le territoire national » indique le Pr. Marina Cavazzana.

Gene Therapy in a Patient with Sickle Cell Disease; N Engl J Med 2017; 376:848-855March 2, 2017 DOI: 10.1056/NEJMoa1609677

lire le communiqué de presse 

© Illustration : A. Dagan pour le Journal du CNRS, d’après Catherine Caillaud

Rapport du NAS sur l’édition du génome humain

National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine. 2017. Human Genome Editing: Science, Ethics, and Governance. Washington, DC: The National Academies Press. doi: 10.17226/24623.

Sous surveillance stricte, les essais cliniques d’édition génomique sur des lignées germinales1 héréditaires pourraient, un jour, être autorisées pour traiter des maladies graves. A ce stade, les essais cliniques dans des cas de maladies non héréditaires (congénitales) devraient être limités au traitement ou à la prévention de maladies ou des déficiences.

WASHINGTON. Les essais cliniques relatifs à l’édition génomique de lignées germinales humaines – ajouter, enlever, ou remplacer des paires de bases d’ADN dans des gamètes ou des embryons très jeunes – pourraient être autorisés dans le futur, mais uniquement pour des cas de maladies graves et sous surveillance stricte, peut-on lire dans un nouveau rapport de la National Academy of Sciences (NAS) et de la National Academy of Medicine (NAM). Le rapport souligne qu’un certain nombre de critères devraient être réunis avant que des essais cliniques avec édition génomique de lignées cellulaires germinales soient engagés. L’édition génomique fait déjà partie des essais cliniques menés dans le traitement de maladies non-héréditaires, et elle ne devrait être autorisée, à ce stade, que pour soigner ou prévenir des affections ou des déficiences.

L’édition génomique est récente. Mais de nouveaux outils d’édition génomique, plus puissants, précis, et moins onéreux, tels que CRISPR/Cas9, ont amenés à un foisonnement de nouveaux champs de recherche et de potentielles applications cliniques, que le problème soit héréditaire ou pas. Ces travaux aspirent à traiter une très grande variété de problèmes de santé humaine. Conscientes des promesses et des inquiétudes que soulèvent cette technologie, la NAS et la NAM ont demandé à un Comité d’étude, constitué d’experts internationaux, d’examiner les aspects et problèmes scientifiques, éthiques, et de gouvernance, entourant l’édition génomique chez l’Homme.

L’édition du génome humain est déjà largement utilisée en recherche fondamentale, lors des premiers stades de développement cellulaires et pour des essais cliniques faisant intervenir des cellules non héréditaires (somatiques2). Ces thérapies affectent exclusivement le patient, et aucune descendance. Ce mode de traitement devrait continuer à être utilisé pour soigner et faire de la prévention de maladies et de déficiences, dans le respect des normes éthiques actuelles, et du cadre réglementaire en matière de développement de thérapie génique. Les autorités de surveillance devraient évaluer la sécurité et l’efficacité des applications proposées, concernant l’utilisation de cellules somatiques, en tenant compte des risques et des bénéfices des utilisations envisagées.

Quoi qu’il en soit, le public est visiblement inquiet des possibilités d’utiliser ces mêmes techniques dans le but, dit-on, d’améliorer les caractéristiques et les capacités humaines telles que la force physique, ou encore pour des usages impossibles tels qu’accroître l’intelligence. Le rapport recommande que l’édition génomique à de telles fins ne soit pas autorisée dans l’état actuel des connaissances. De plus, le grand public devrait être consulté et des discussions devraient avoir lieu avant d’autoriser les essais cliniques pour l’édition génomique de cellules somatiques à des fins autres que le traitement et la prévention de maladies et de déficiences.

« Les outils d’édition du génome humain sont incroyablement prometteurs en matière de compréhension, de traitement, ou de prévention de très nombreuses maladies génétiques dévastatrices. Et cela s’applique également à l’amélioration des traitements de nombreuses autres affections » ont confié Alta Charo, co-présidente du Comité d’étude, Sheldon B. Lubar, Président par distinction, et Warren P. Knowles, Professeur de Droit et de Bioéthique à l’Université de Wisconsin-Madison. « Dans tous les cas, l’édition génomique visant à améliorer les caractéristiques et les capacités au-delà des problèmes de santé communs suscite des inquiétudes quant à savoir d’une part si les bénéfices compensent les risques, et d’autre part en ce qui concerne l’équité s’il s’avère que ces avancées ne seraient accessibles qu’à quelques personnes ».

L’édition génomique de lignées germinales, quant à elle, est controversée du fait que les modifications génétiques seraient transmises à la génération suivante. Selon le rapport, beaucoup voient l’édition génomique de lignées germinales comme le franchissement d’une ligne « éthique inviolable ». Les inquiétudes suscitées vont des objections spirituelles au fait d’interférer avec la reproduction, jusqu’à la spéculation sur les effets que cela pourrait avoir sur les comportements sociaux vis-à-vis des personnes atteintes de déficiences et des risques possibles que cela pourrait engendrer sur la santé et la sécurité des futures générations. Mais l’édition génomique de lignées germinales pourrait fournir aux parents porteurs de maladies génétiques de meilleures options, voire des options plus acceptables pour faire des enfants qui naîtraient ainsi sans ces maladies.

L’édition génomique de lignées germinales héréditaires n’est pas prête à être testée sur des humains. Bien d’autres recherches doivent être menées avant d’être en conformité avec les standards en matière de risques et de bénéfices requis pour les essais cliniques. Malgré tout, la technologie avance très rapidement et dans un future étonnement proche et réaliste, elle pourrait rendre possible l’édition génomique de lignées héréditaires appliquée à des embryons de stades précoces, des ovules, des spermatozoïdes, ou des cellules précurseurs. « Ces possibilités méritent que nous leur portions une considération toute particulière » peut-on lire dans le rapport. Bien que les essais cliniques d’édition génomique de cellules germinales héréditaires doivent être envisagés avec précaution, le Comité déclare que précaution ne signifie pas interdiction.

A l’heure actuelle, ce mode d’édition génomique n’est pas admissible aux États-Unis. Cela est dû au fait d’une interdiction toujours en vigueur de la U.S. Food and Drug Administration, d’utiliser les financements fédéraux dans le but d’examiner « les recherches via lesquelles un embryon humain serait créé intentionnellement ou modifié afin d’y inclure une modification génétique héréditaire ». De nombreux autres pays ont signé une convention internationale interdisant la modification de lignées germinales.

Si les restrictions actuelles étaient levées, et dans le cas des pays où l’édition de lignées germinales serait déjà autorisée, le Comité recommande que des critères stricts devraient être respectés avant la poursuite de tout essai clinique. Cela inclut : 1) absence d’alternatives raisonnables, 2) restriction des essais à l’édition de gènes dont on aura démontré de façon convaincante qu’ils sont à l’origine ou fortement prédisposés à engendrer des maladies ou des états graves, 3) des données précliniques ou cliniques fiables relatives aux risques et bénéfices potentiels en matière de santé, 4) surveillance constante et rigoureuse pendant les essais cliniques, 5) stratégies globales pour le suivi multi-générationnel à long terme, 6) réévaluation continue à la fois des risques et des bénéfices en matière de santé et de société, avec prise en compte constante des commentaires d’un très large public, et enfin, 7) mécanismes fiables de surveillance pour éviter l’extension des usages à d’autres fins que la prévention de maladies ou d’états graves.

L’élaboration des politiques entourant les applications de l’édition du génome humain devrait intégrer une participation du public. Le financement des recherches en la matière devrait inclure le soutien d’études des aspects socio-politiques, éthiques, et légaux, et l’évaluation des efforts menés pour construire une communication publique et s’engager vis-à-vis de ces problèmes.

Le rapport recommande une série de principes généraux qui devraient être utilisés par toute nation dans le cadre de la gouvernance de recherches dans le domaine de l’édition génomique humaine ou de ses applications :

  • Promotion du bien-être : fournir un bénéfice et éviter tout préjudice aux malades
  • Transparence : ouverture et partage des informations par le biais de moyens accessibles et compréhensibles par les patients, leurs familles, et d’autres parties-prenantes
  • Soins : applications des procédures exclusivement lorsque ces dernières sont soutenues par des résultats probants et robustes
  • Science responsable : adhésion aux plus hauts standards en matière de recherche en accord avec les normes internationales et professionnelles
  • Respect des personnes : reconnaissance de la dignité de l’individu et respect de ses décisions
  • Impartialité : traitement de tous les cas de façon identique, avec répartition équitable des risques et des bénéfices
  • Coopération transnationale : engagement dans les approches collaboratives en matière de recherche et de gouvernance dans le respect de la diversité des contextes culturels.

« Les travaux en édition génomique constituent réellement une entreprise internationale, et toutes les nations devraient s’assurer que toutes les applications cliniques possibles reflètent les valeurs sociétales et sont régies par une surveillance et une législation adaptées », ont déclaré le co-président du Comité, Richard Hynes, enquêteur du Howard Hughes Medical Institute, et Daniel K. Ludwig, Professeur en Recherche sur le cancer au Massachusetts Institute of Technology. « Ces principes généraux et les responsabilités qui en découlent devraient se refléter au sein de la communauté scientifique de chaque Etat ainsi que dans les procédures règlementaires ».

Une telle coordination internationale devrait améliorer la cohérence de la règlementation.

L’étude a été financée par la Defense Advanced Research Projects Agency, la Greenwall Foundation, la John D. and Catherine T. MacArthur Foundation, les U.S. Department of Health and Human Services, la U.S. Food and Drug Administration, et le Wellcome Trust, auxquels s’ajoutent le soutien du National Academies’ Presidents’ Circle Fund et du National Academy of Sciences W.K. Kellogg Foundation Fund. La National Academy of Sciences et la National Academy of Medicine sont des organismes privés, à but non lucratif, qui, avec la National Academy of Engineering, fournissent des analyses et des conseils indépendants et objectifs à toute nation afin de trouver des solutions à des problèmes complexes, et renseignent sur les décisions de politique publique en lien avec les sciences, la technologie et la médecine. Les Académies agissent dans le cadre d’une charte du congrès de 1863 à la National Academy of Sciences, signée par le Président Lincoln.

traduction Virginie Bouetel

National Academy of Sciences

1 Lignée germinale : lignée comprenant les cellules à l’origine des gamètes (cellules reproductrices).

2 Lignée somatique : générations successives de cellules aboutissant à la fabrication des divers tissus.

National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine. 2017. Human Genome Editing: Science, Ethics, and Governance. Washington, DC: The National Academies Press. doi: 10.17226/24623.

Read ‘Human Genome Editing: Science, Ethics, and Governance’ at NAP.edu

Genome editing is a powerful new tool for making precise alterations to an organism’s genetic material. Recent scientific advances have made genome editing more efficient, precise, and flexible than ever before. These advances have spurred an explosion of interest from around the globe in the possible ways in which genome editing can improve human health. The speed at which these technologies are being developed and applied has led many policymakers and stakeholders to express concern about whether appropriate systems are in place to govern these technologies and how and when the public should be engaged in these decisions. Human Genome Editing considers important questions about the human application of genome editing including: balancing potential benefits with unintended risks, governing the use of genome editing, incorporating societal values into clinical applications and policy decisions, and respecting the inevitable differences across nations and cultures that will shape how and whether to use these new technologies. This report proposes criteria for heritable germline editing, provides conclusions on the crucial need for public education and engagement, and presents 7 general principles for the governance of human genome editing.

Source : Read ‘Human Genome Editing: Science, Ethics, and Governance’ at NAP.edu