Le Great Reset : mythes et réalités

Le Great Reset mythes et réalitésLe Great Reset est l’idée à la mode des élites mondialisées qui gravitent autour du Forum de Davos. Mais que signifie-t-il au juste ? S’agit-il, comme on le lit parfois, du dernier projet néo-libéral destiné à balayer nos services publics ? Ou bien est-il le complot pour une domination du monde dont parlent certains ? Ce projet mérite d’être analysé et compris, car il risque d’avoir un vrai impact sur notre vie quotidienne dans les années à venir.

Le Great Reset, c’est l’appel officiel à utiliser la pandémie et les confinements pour changer les comportements sociaux et sociétaux, une occasion historique d’accélérer la quatrième révolution industrielle, celle de la digitalisation. C’est aussi un éloge de l’intervention de l’État pour imposer la transition écologique et l’économie circulaire. C’est encore une justification à la surveillance de tous les individus grâce à Internet et à la reconnaissance faciale.

Loin des fantasmes, cet opuscule propose une lecture littérale du livre de Klaus Schwab, fondateur du Forum de Davos, co-écrit avec Thierry Malleret (ancien conseiller de Michel Rocard), « COVID-19 : La grande réinitialisation » publié en juillet 2020 et en donne une interprétation conforme à sa lettre : ni complot, ni parole en l’air, le Great Reset formalise une aspiration profonde, à la fois étatiste et écologiste, qui structure la pensée dominante d’aujourd’hui.

Éric Verhaeghe, 52 ans, est ancien élève de l’ENA. Il a quitté l’administration en 2007 pour exercer diverses fonctions patronales. Il a créé plusieurs entreprises, dont Tripalio, spécialisée dans le droit des conventions collectives. Il assume ses prises de position libertariennes et anime « Le Courrier des Stratèges ».

“The new normal” ou “La nouvelle norme”

Nous sommes en janvier 2021, le monde est verrouillé et notre économie est au bord de l’effondrement. Les nouveaux vaccins permettront-ils de revenir à la normale ou marquera-t-il un tournant dans l’évolution de l’humanité ? The New Normal, un documentaire factuel de 50 minutes, enquête sur la quatrième révolution industrielle, sur ce que les 1% ont à gagner et ce que le reste d’entre nous est sur le point de perdre.

En enquêtant sur l’origine de la citation – Never far from the lips of authority figures across the globe since early 2020 – The New Normal, réalisé par Happen.network et dont le contenu provient d’Oracle Films, explore les véritables raisons qui se cachent derrière les fermetures et l’hystérie pandémique exagérée qui entoure le Sars-coV-2, et découvre les origines d’un agenda très réel et sombrement menaçant qui pourrait être au cœur de tout cela.

La grande réinitialisation.

HOLD-UP le documentaire censuré en version intégrale

https://tprod.fr/project/hold-up/

La pandémie de la Covid-19 a donné lieu à des échanges contradictoires entre médecins, spécialistes, professeurs, hommes politiques et experts, le tout orchestré et alimenté par le feu nourri des médias. Les scientifiques se sont ainsi retrouvés discrédités avec notamment l’affaire du Lancet. Le Conseil scientifique, censé piloter cette pandémie, est ouvertement accusé d’incompétence et d’arrogance, preuves à l’appui. Et nous dans tout ça ? Que penser ? Que faire avec toutes ces informations ? Qui croire ?

Ce sont les questions auxquelles le documentaire HOLD-UP tente de répondre en partant à la rencontre de soignants, chercheurs, experts, juristes offrant une autre lecture sur cette crise sans précédent et dénonçant une batterie de mesures gouvernementales jugées inefficaces pour la plupart.

La censure n’a pas sa place ici, nous assumons de publier ce documentaire qui permet de s’interroger et de se poser les bonnes questions. Ce documentaire montre également les enjeux et ce qui se joue ici et maintenant : Quel sera le monde après la COVID-19 ? Dans quel monde voulez-vous vivre demain ?

Nous nous dirigeons vers un bouleversement systémique du monde d’un ancien monde vers un monde nouveau, provenant de la combinaison d’une nouvelle révolution techno-scientifique. Un monde digital, mondialisé, aux connexions ultra rapides. Les technologies qui sont d’un intérêt particulier pour les transhumanistes comme l’intelligence artificielle, associées aux données de masse (big data), la biométrie (reconnaissance de l’iris, reconnaissance vocale, reconnaissance du réseau veineux, reconnaissance faciale), l’IoT, les nanotechnologies, la robotique, la blockchain, la cryptomonnaie…. préparent la quatrième révolution industrielle à l’aube du Grand Reset.

Cela fera bientôt 6 ans que nous publions sur ces technologies perturbatrices. La plupart des gens le prennent à la légère puisqu’ils pensent que cela ne les affecte pas, mais la vérité est toute autre. Ces technologies anéantissent totalement les marchés existants et les remplacent par de nouveaux, plus avancés technologiquement. Les gens semblent encore être totalement inconscients des dangers qui les attendent. La technologie de reconnaissance faciale est hors de contrôle et les implications sont profondes. Vous pensez sérieusement que le cybercontrôle en Chine et l’omni-surveillance de sa population pour écraser la dissidence restera en Chine ?

La pandémie COVID-19 a redéfini et reconfiguré la nature et la condition humaine.

Klaus Schwab du WEF a promu le Great Reset comme un moyen de “maîtriser la quatrième révolution industrielle”, un terme qu’il a inventé et qui, a-t-il déclaré en janvier 2016, “affectera l’essence même de notre expérience humaine”.

“The theme of the World Economic Forum Annual Meeting 2016 in Davos is Mastering the Fourth Industrial Revolution. The Fourth Industrial Revolution will bring change at a speed, scale and force unlike anything we’ve seen before. It will affect the very essence of our human experience”.

Schwab a alors décrit la quatrième révolution industrielle comme “une fusion des technologies qui brouille les lignes entre les sphères physique, numérique et biologique”.

Donc, on vous le rappelle, ces technologies comprennent le génie génétique comme l’édition du génome avec CRISPR, l’intelligence artificielle, la robotique, l’Internet des objets (IoT), l’impression 3D, l’informatique quantique…ect.

La quatrième révolution industrielle n’est rien d’autre que la mise en œuvre du transhumanisme au niveau mondial.

Il y a deux mois, nous avons publié le rapport Kaspersky qui visait à clarifier les points de vue des citoyens de plusieurs pays sur la perspective du biohacking (transhumanisme). Et l’année dernière, le rapport Gatner sur les 10 principales tendances technologiques pour 2020 comprenant l’augmentation humaine (le transhumanisme).

Nous sommes à la croisée des chemins.

Vous avez le droit de vous interroger. Vous avez le droit de vous posez des questions. Vous avez le droit d’être intelligent. Vous êtes à même de comprendre, ne remettez pas en cause votre propre capacité de compréhension. C’est ce que nous avons essayer de faire ici depuis 6 ans, en publiant une information accessible au plus grand nombre tout en fournissant plusieurs pistes de réflexion.

Le Grand Reset et la quatrième révolution industrielle

Alors que l’intérêt pour les technologies de la quatrième révolution industrielle a connu un pic à la suite de la COVID-19, moins de 9 % des entreprises utilisent actuellement des technologies avancées telles que l’apprentissage machine, la robotique ou même les écrans tactiles. De quoi les entreprises ont-elles besoin pour accélérer l’adoption des technologies et comment peuvent-elles éviter les problèmes qui découlent d’un manque de gouvernance ?

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Réglementation de la biométrie : Approches globales et questions urgentes

L’AI Now Institute a publié un recueil d’études de cas sur les approches réglementaires de la technologie de reconnaissance biométrique, les leçons tirées et les futures actions de sensibilisation

Dans un contexte de surveillance publique accrue, l’intérêt pour la réglementation des technologies biométriques telles que la reconnaissance faciale et vocale s’est considérablement accru dans le monde entier, sous l’impulsion de la recherche et de la défense des intérêts des communautés. Il se dégage de ce moment un sentiment croissant que des technologies comme la reconnaissance faciale ne sont pas inévitables, et peut-être même pas nécessaires ou utiles.

“Regulating Biometrics: Global approaches and urgent questions”, par Amba Kak, présente huit études de cas détaillées d’universitaires, avocats et experts politiques qui examinent les tentatives actuelles de réglementation des technologies biométriques et donnent un aperçu des promesses et des limites de ces approches. Dans quels domaines la réglementation est-elle capable de déterminer si et comment les technologies biométriques sont utilisées, et dans quels domaines est-elle insuffisante ? En examinant ces questions, ces auteurs experts éclairent les domaines d’engagement, de défense et de réglementation futurs.

Ces essais brossent un tableau du paysage mondial complexe de la réglementation de la biométrie, en mettant en évidence les nombreuses approches adoptées par les partisans de la biométrie, qui réclament un contrôle accru de ces technologies, ainsi que la manière dont les gouvernements ont utilisé la loi comme outil pour étendre ou consolider l’utilisation de la biométrie.

Projet de loi australien sur les services de rapprochement des identités (p.44)

Jake Goldenfein (Faculté de droit de Melbourne) et Monique Mann (Université Deakin) suivent les manœuvres institutionnelles et politiques qui ont conduit l’Australie à créer une grande base de données centralisée de reconnaissance faciale (“The Capability”) à l’usage de divers acteurs gouvernementaux. Ils examinent les échecs de la réglementation pour remettre en cause de manière significative la construction de ce système, voire pour façonner son architecture technique ou institutionnelle.

L’économie (et la pratique réglementaire) que la biométrie inspire : Une étude du projet Aadhaar (p.52)

Nayantara Ranganathan (avocate et chercheuse indépendante, Inde) explique comment le droit et la politique autour du projet indien d’identification biométrique (“Aadhaar”) ont finalement servi à construire des données biométriques comme ressource pour l’extraction de données de valeur par des entreprises privées. Elle explore comment la réglementation a été influencée par les logiques et les cultures du projet qu’elle cherchait à réglementer.

Une première tentative de réglementation des données biométriques dans l’Union européenne (p.62)

Els Kindt (KU Leuven) fournit un compte-rendu détaillé de l’approche du Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne en matière de réglementation des données biométriques. Comme de nombreux pays sont sur le point de mettre en œuvre des lois nationales rédigées de manière similaire, elle identifie les lacunes potentielles et souligne les domaines clés pour la réforme.

Réflexion sur la politique biométrique du Comité international de la Croix-Rouge : Réduire au minimum les bases de données centralisées (p.70)

Ben Hayes (Agence AWO, conseiller juridique consultant auprès du Comité international de la Croix-Rouge [CICR]) et Massimo Marelli (chef du Bureau de la protection des données du CICR) expliquent le processus décisionnel du CICR pour formuler sa première politique en matière de biométrie, qui visait à éviter la création de bases de données et à minimiser les risques pour les populations vulnérables dans les contextes humanitaires.

Utilisation par la police de la reconnaissance faciale en live au Royaume-Uni (p.78)

Peter Fussey (Université d’Essex) et Daragh Murray (Université d’Essex), principaux auteurs de l’étude empirique indépendante du procès de la police métropolitaine de Londres sur la reconnaissance faciale en live (LFR-Live Facial Recognition), expliquent comment les normes juridiques et les outils de régulation existants n’ont pas réussi à empêcher la prolifération d’un système dont les effets néfastes ont été démontrés. Ils tirent ainsi des enseignements plus larges pour la réglementation de la LFR au Royaume-Uni et des technologies similaires ailleurs.

Une taxonomie des approches législatives pour la reconnaissance faciale aux États-Unis (p.86)

Jameson Spivack et Clare Garvie (Georgetown Center on Privacy and Technology) écrivent sur les dizaines de lois d’interdiction et de moratoires sur l’utilisation de la reconnaissance faciale par la police aux États-Unis, la plupart d’entre elles menées par des avocats et des organisations communautaires. Les auteurs fournissent une taxonomie détaillée qui va au-delà des grandes catégories d’interdiction et de moratoire, et réfléchissent aux leçons tirées de leur mise en œuvre.

BIPA : La plus importante loi biométrique sur la protection de la vie privée aux États-Unis ? (p.96)

Woodrow Hartzog (Northeastern University) explore les promesses et les pièges de la loi sur la confidentialité des informations biométriques (BIPA) de l’État de l’Illinois et, plus largement, du droit des particuliers à engager leurs propres actions contre des entreprises privées. Il s’interroge sur les limites inévitables d’une loi centrée sur le “consentement éclairé”, un système qui donne l’illusion d’un contrôle tout en justifiant des pratiques douteuses que les gens n’ont pas assez de temps ou de ressources pour comprendre et agir.

Réglementation biométrique ascendante : La réponse de la Communauté à l’utilisation de la surveillance faciale dans les écoles (p.104)

Stefanie Coyle (NYCLU) et Rashida Richardson (Rutgers Law School ; AI Now Institute, NYU) examinent la décision controversée d’un district scolaire de Lockport, New York, de mettre en place un système de reconnaissance faciale et d’objets pour surveiller les élèves. Elles mettent en lumière la réponse de la communauté qui a suscité un débat national et a conduit à une législation à l’échelle de l’État réglementant l’utilisation des technologies biométriques dans les écoles.

Lire le rapport complet (PDF)

Un projet de loi américain vise à interdire l’utilisation de la reconnaissance faciale par la police

Les législateurs américains ont présenté un projet de loi, The Facial Recognition and Biometric Technology Moratorium Act, qui interdirait l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale par les agences fédérales de maintien de l’ordre.

Plus précisément, il rendrait illégal pour toute agence fédérale ou tout fonctionnaire “d’acquérir, de posséder, d’accéder ou d’utiliser” la technologie de surveillance biométrique aux États-Unis. Il exigerait également que les services de police des États et des collectivités locales instaurent des interdictions similaires afin de pouvoir bénéficier d’un financement fédéral.

La proposition de loi est arrivée à un stade où l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale par la police fait l’objet d’une attention accrue dans le cadre des protestations qui ont suivi l’assassinat de George Floyd fin mai. Des études ont montré à plusieurs reprises que la technologie est moins précise pour les Noirs, et au début de cette semaine, le New York Times a rapporté qu’un homme noir innocent du Michigan avait été arrêté après avoir été mal identifié par un logiciel de reconnaissance faciale.

L’activisme fonctionne

La décision de restreindre l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale est en partie due à la pression exercée par les entreprises technologiques elles-mêmes, après avoir été soumises au lobbying des militants pendant des années.

Il y a deux semaines, Amazon a annoncé qu’elle imposerait un moratoire d’un an sur l’utilisation par la police de son système de reconnaissance faciale, Rekognition, après qu’IBM ait décidé de mettre fin à son système de reconnaissance faciale à usage général. Le lendemain, Microsoft a annoncé qu’il cesserait de vendre son système aux services de police jusqu’à ce que la loi fédérale réglemente la technologie.

Il appartient maintenant aux législateurs de décider s’ils peuvent obtenir un soutien suffisant pour l’adopter.

On en sait plus sur les algorithmes de Palantir

UCIPT, CNET, Fortune, MIT

L’UE vient de publier de nouvelles lignes directrices pour réglementer l’IA

Le nouveau livre blanc de l’Union européenne contenant des lignes directrices pour la réglementation de l’intelligence artificielle reconnaît que l’intelligence artificielle peut entraîner la violation des droits fondamentaux, comme la partialité, la suppression de la dissidence et l’absence de vie privée. Il suggère des exigences légales telles que :

– S’assurer que l’IA est formée sur des données représentatives
– L’obligation pour les entreprises de conserver une documentation détaillée sur la manière dont l’IA a été élaborée
– Apporter des informations aux citoyens lorsqu’ils interagissent avec une IA
– Exiger une surveillance humaine des systèmes d’IA

La critique

Les nouveaux critères sont beaucoup plus faibles que ceux suggérés dans la version du livre blanc qui a fait l’objet d’une fuite en janvier. Ce projet suggérait un moratoire de cinq ans sur la reconnaissance faciale dans les espaces publics, alors que celui-ci n’appelle qu’à un “large débat européen” sur la politique de reconnaissance faciale. Michael Veale, professeur en droits numériques à l’University College London, note que la commission adopte souvent des positions plus extrêmes dans les premières ébauches comme tactique politique, il n’est donc pas surprenant que le document officiel ne suggère pas de moratoire. Cependant, il estime que c’est quand même décevant parce que cela fait suite à un rapport tout aussi terne du groupe d’experts de haut niveau sur l’intelligence artificielle, qui a été considéré comme “fortement influencé par l’industrie”.

En attendant, les lignes directrices du document pour l’IA ne s’appliquent qu’aux technologies qu’il considère comme des technologies “à haut risque”, explique Frederike Kaltheuner, chargé de la politique technologique chez Mozilla. Le terme “à haut risque” peut inclure certaines industries, comme le secteur de la santé, ou certains types de technologies, comme la surveillance biométrique. Mais les suggestions ne s’appliqueraient pas à la technologie de la publicité ou à la vie privée des consommateurs, qui, selon Kaltheuner, peuvent avoir des effets importants et qui ne sont pas pris en compte dans le cadre du RGPD.

Le livre blanc n’est qu’un ensemble de lignes directrices. La Commission européenne commencera à élaborer une législation basée sur ces propositions et commentaires à la fin de l’année 2020.

L’UE a également publié un document sur la “stratégie européenne pour les données” qui suggère qu’elle veut créer un “espace européen unique des données” – c’est-à-dire un géant européen des données qui défiera les grandes entreprises technologiques de la Silicon Valley.

L’UE abandonne l’idée d’interdire la reconnaissance faciale dans les lieux publics

Selon le dernier draft de la stratégie de l’UE en matière d’intelligence artificielle vu par Reuters et EURACTIV, l’Union européenne n’est plus intéressée par la possibilité d’une interdiction de la reconnaissance faciale dans les espaces publics ; cependant, il devrait y avoir des “critères clairs” dans le futur déploiement à grande échelle des systèmes d’identification biométriques dans l’UE.

Un précédent projet de la Commission européenne avait évoqué l’idée d’un moratoire pouvant aller jusqu’à cinq ans afin de se donner le temps de réfléchir aux moyens de prévenir les abus.

Selon EURACTIV, le document indique “Cette évaluation dépendra de l’objectif pour lequel la technologie est utilisée et des garanties mises en place pour protéger les personnes. Dans le cas où des données biométriques sont utilisées pour la surveillance de masse, il doit y avoir des critères clairs quant aux personnes qui doivent être identifiées”.

L’utilisation de la reconnaissance faciale dans les investigations policières a suscité des inquiétudes, car les défenseurs des libertés civiles et de la vie privée craignent que cette technologie ne soit utilisée pour une surveillance massive et discriminatoire, violant ainsi les droits des personnes à la confidentialité des données.

Le projet de moratoire faisait partie d’un ensemble de mesures plus larges visant à réglementer l’intelligence artificielle et ses défis, en particulier dans les secteurs à haut risque, tels que les domaines de la santé et des transports. La proposition est actuellement en cours de révision et la Commission a l’intention de la présenter le 19 février.

Au début du mois, le gouvernement américain a dévoilé ses propres lignes directrices en matière de réglementation de l’IA, visant à limiter la portée excessive des autorités et a exhorté l’Europe à éviter les approches agressives.

Le président de Microsoft, Brad Smith, a déclaré qu’une interdiction de l’IA par reconnaissance faciale équivaut à utiliser un hachoir au lieu d’un scalpel pour résoudre des problèmes potentiels, tandis que le PDG d’Alphabet, Sundar Pichai, a exprimé son soutien.

Reconnaissance faciale : L’UE envisage une interdiction jusqu’à cinq ans

La Commission européenne a révélé qu’elle envisageait d’interdire l’utilisation de la reconnaissance faciale dans les lieux publics pour une durée maximale de cinq ans. Les autorités de réglementation veulent disposer de temps pour trouver des moyens d’empêcher les abus de cette technologie.

Cette technologie permet de vérifier en temps réel les visages capturés par les caméras de surveillance en les comparant à des listes de surveillance, souvent établies par la police. Des exceptions à l’interdiction pourraient être faites pour les projets de sécurité ainsi que pour la recherche et le développement.

Selon un projet de livre blanc sur l’intelligence artificielle obtenu par EURACTIV, la Commission a présenté ses plans dans un document de 18 pages, suggérant que de nouvelles règles soient introduites pour renforcer la réglementation existante en matière de droits à la vie privée et aux données.

Elle a proposé d’imposer des obligations aux développeurs et aux utilisateurs d’intelligence artificielle, et a exhorté les pays de l’UE à créer une autorité chargée de contrôler les nouvelles règles. Dans le cadre de l’interdiction, qui durerait entre trois et cinq ans, “une méthodologie solide pour évaluer les impacts de cette technologie et les mesures possibles de gestion des risques pourrait être identifiée et développée”.

Ces propositions font suite à une période de débat public sur la manière de relever les défis futurs de l’intelligence artificielle. Les militants affirment que la technologie actuelle est inexacte, intrusive et qu’elle porte atteinte au droit à la vie privée des individus. Une étude récente a suggéré que les algorithmes de reconnaissance faciale sont beaucoup moins précis pour identifier les visages noirs et asiatiques que les visages blancs.

Les systèmes de reconnaissance faciale sont racistes

Entre-temps, le gouvernement chinois a commencé à mettre en place un système de reconnaissance faciale dans les pharmacies de Shanghai pour les personnes qui achètent certains médicaments. Les personnes qui achètent des médicaments contrôlés, comme ceux qui contiennent des substances psychotropes, seront invitées à vérifier leur identité en balayant leur visage.

Il s’agit de la dernière d’une série de mesures prises par l’État chinois pour empêcher les usagers de mettre la main sur certains médicaments pouvant être utilisés pour produire des drogues illégales.

Le pays est un grand partisan de la reconnaissance faciale, et si l’Occident reste prudent, la Chine continue d’adopter cette technologie.

Euractiv, The Guardian, BBC, Capital

> Reuters : Le PDG d’Alphabet soutient l’interdiction temporaire de la reconnaissance faciale, mais Microsoft n’est pas d’accord.