Qu’est-ce que l’Internet des corps (IoB) ?

Lorsque l’internet des objets (Internet of Things IoT) se connecte à votre corps, le résultat est l’internet des corps (IoB). L’Internet des corps (Internet of Bodies IoB) est une extension de l’IoT et connecte essentiellement le corps humain à un réseau par le biais de dispositifs ingérés, implantés ou connectés au corps d’une manière ou d’une autre. Une fois connectés, les données peuvent être échangées, et le corps et le dispositif peuvent être surveillés et contrôlés à distance.

Il existe trois générations d’Internet des Corps qui incluent :

– Corps externe : Il s’agit d’appareils portables tels que les Apple Watches ou les Fitbits qui peuvent surveiller notre santé.

– Les dispositifs internes au corps : Il s’agit notamment des stimulateurs cardiaques, des implants cochléaires et des pilules numériques qui pénètrent dans notre corps pour surveiller ou contrôler divers aspects de notre santé.

– Corps embarqué : la troisième génération de l’Internet des corps est une technologie embarquée où la technologie et le corps humain sont fusionnés et ont une connexion en temps réel avec une machine distante.

Au XXe siècle, la technologie sans fil intégrée au corps humain ne relevait que de la science-fiction. Mais aujourd’hui, les appareils connectés au Wi-Fi, comme les moniteurs de fréquence cardiaque et les trackers de sommeil, sont devenus des éléments courants de la vie américaine. Comment la technologie bionique est-elle passée si rapidement de la science-fiction à la réalité ? Et que pourrait signifier cet “Internet des corps” pour nos vies à l’avenir ? Les chercheurs de RAND étudient ce phénomène et ce que les consommateurs et les décideurs doivent savoir alors que nous nous dirigeons vers un territoire inexploré.

L’internet des corps, ou IoB, est en fait un écosystème. Il s’agit d’un ensemble d’appareils connectés à l’internet qui contiennent des logiciels et qui soit recueillent des données personnelles sur votre santé, soit peuvent modifier le fonctionnement du corps. Nous considérons l’internet des corps comme la collection de tous ces appareils, ainsi que toutes les données que ces appareils recueillent sur vous. Dans le domaine de la santé, l’internet des corps existe depuis un certain temps déjà. Avec l’avènement de l’internet, il est très logique de connecter votre stimulateur cardiaque à l’internet afin que votre médecin puisse être automatiquement informé si quelque chose de bizarre se produit, s’il y a une anomalie. Il est naturel, à bien des égards, de vouloir en savoir plus sur son corps, sur son fonctionnement et sur ses performances.

Les dispositifs IoB pourraient révolutionner le secteur de la santé. Des quantités sans précédent de données personnelles sur la santé pourraient alimenter des plans de traitement entièrement adaptés aux besoins des patients.

Il existe aujourd’hui des pilules dotées d’un capteur électronique qui permet au professionnel de la santé de savoir si vous avez pris le médicament. D’autres choses, comme la médecine de précision, c’est l’idée de créer des produits pharmaceutiques ou des traitements spécifiquement pour votre corps, pour votre traitement personnalisé. L’IoB pourrait vraiment y contribuer, car aujourd’hui, une grande partie des prestations de santé sont basées sur des réactions moyennes, alors qu’avec les données des dispositifs IoB, vous pourriez être en mesure de traiter plus précisément un certain type de maladie.

Mais l’internet des corps ne sera pas une panacée. En fait, le marché largement non réglementé présente des risques pour les données particulièrement sensibles que ces dispositifs collectent.

Tout d’abord, il y a le risque cybernétique qu’un acteur puisse pirater le système, quel qu’il soit. Il y a aussi le risque lié à la confidentialité de toutes ces données qui sont collectées, et les réglementations concernant ces données sont vraiment obscures pour le moment. Il n’y a donc pas beaucoup de clarté quant à savoir à qui appartiennent ces données, ce qu’il en advient, à qui elles sont vendues et comment elles sont utilisées. Et il y a même des risques potentiels pour la sécurité nationale et mondiale.

Quelques exemples de ces risques se sont déjà joués dans la vie réelle. Par exemple, en 2018, des informations très sensibles sur l’activité militaire américaine et l’emplacement des bases ont été révélées par inadvertance par les trackers de fitness des soldats. Il s’agit donc d’un moment charnière. Que pouvons-nous faire pour nous assurer que nous récoltons les avantages potentiels de l’Internet des corps sans risquer notre vie privée, notre sécurité et notre autonomie personnelle ?

Les consommateurs doivent se méfier des dispositifs d’entrée/sortie de données parce que, comme ils deviennent de plus en plus populaires, toutes ces données intimes sont collectées, sans doute plus intimes que ce que nous avons jamais vraiment enregistré auparavant. Ce que l’on fait de ces données n’est pas clair. Vous savez, avec un ancien stimulateur cardiaque mécanique, aucune donnée n’était collectée et stockée, et vous pouviez consulter l’historique des rythmes cardiaques d’une personne.

Comme les politiques ont tendance à être à la traîne par rapport aux technologies innovantes de ce type, c’est probablement aux consommateurs et aux patients de faire attention aux appareils qu’ils utilisent et à ce qu’il advient de leurs données, et de connaître les réglementations en vigueur dans leur État, car elles varient énormément d’un État à l’autre. Même si vous pensez que vos données ne sont pas intéressantes ou que rien ne se passera avec vos données, il y a beaucoup d’inconnues dont il faut se méfier.

À mesure que les dispositifs IoT deviennent plus communs, les experts prédisent que l’acceptation et le désir de dispositifs IoB vont également augmenter. Le rapport RAND, The Internet of Bodies. Opportunities, Risks, and Governance, prévoit ce qui suit :

D’ici 2025, il y aura plus de 41 milliards de dispositifs IoT actifs, générant quotidiennement 2,5 quintillions d’octets de données sur l’environnement, les transports, la géolocalisation, l’alimentation, l’exercice physique, la biométrie, les interactions sociales et la vie humaine quotidienne. Cette explosion des dispositifs IoT entraînera une popularité accrue des dispositifs IoB.

(IoB) Internet des corps

L’IoB est directement liée au transhumanisme, au biohacking et aux cyborgs.

Transhumanisme, Bodyhacking, Biohacking, et autres

L’IoB est lié à plusieurs mouvements en dehors des soins de santé formels, axés sur l’intégration du corps humain à la technologie. Nous résumons ci-après certains de ces concepts, bien qu’ils se chevauchent et soient interchangeables.

Le transhumanisme est une vision du monde et un mouvement politique prônant la transcendance de l’humanité au-delà des capacités humaines actuelles. Les transhumanistes veulent utiliser la technologie, comme les organes artificiels et d’autres techniques, pour arrêter le vieillissement et obtenir une “prolongation radicale de la vie” (Vita-Moore, 2018). Les transhumanistes cherchent aussi parfois à résister aux maladies, à améliorer leur intelligence ou à déjouer la fatigue par le biais de l’alimentation, de l’exercice, de suppléments, de techniques de relaxation ou de nootropiques (substances susceptibles d’améliorer les fonctions cognitives).

Les bodyhackers, biohackers et cyborgs, qui aiment expérimenter l’amélioration du corps, se désignent souvent comme des grinders. Ils peuvent s’identifier ou non à des transhumanistes. Ces termes sont souvent interchangés dans l’usage courant, mais certains les distinguent (Trammell, 2015). Le bodyhacking fait généralement référence à la modification du corps pour améliorer les capacités physiques ou cognitives d’une personne. Certains bodyhacking sont purement esthétiques. Des hackers ont implanté des cornes dans leur tête et des lumières LED sous leur peau. D’autres hacks, comme l’implantation de micropuces RFID dans la main, visent à améliorer la fonction, permettant aux utilisateurs de déverrouiller des portes, de prendre les transports en commun, de stocker des informations sur les contacts d’urgence ou de faire des achats d’un simple geste du bras (Baenen, 2017 ; Savage, 2018).

Un bodyhacker a retiré la micro-puce RFID du porte-clés de sa voiture et l’a fait implanter dans son bras (Linder, 2019). Quelques bodyhackers ont implanté un dispositif qui est un routeur sans fil et un disque dur combinés qui peuvent être utilisés comme nœud dans un réseau maillé sans fil (Oberhaus, 2019). Certains bodyhacking sont de nature médicale, notamment les prothèses imprimées en 3D et les pancréas artificiels bricolés. D’autres encore utilisent le terme pour toute méthode visant à améliorer la santé, y compris la musculation, le régime alimentaire ou l’exercice.

Le biohacking désigne généralement les techniques qui modifient les systèmes biologiques des humains ou d’autres organismes vivants. Cela va de la musculation et des nootropiques au développement de remèdes pour les maladies via l’auto-expérimentation, en passant par la manipulation génétique humaine grâce aux techniques CRISPR-Cas9 (Samuel, 2019 ; Griffin, 2018).

Les cyborgs, ou organismes cybernétiques, sont des personnes qui ont utilisé des machines pour améliorer leur intelligence ou leurs sens. Neil Harbisson, un daltonien qui peut “entendre” les couleurs grâce à une antenne implantée dans sa tête qui joue une mélodie pour différentes couleurs ou longueurs d’onde de la lumière, est reconnu comme la première personne à être légalement reconnue par un gouvernement comme un cyborg, en étant autorisé à faire figurer son implant sur sa photo de passeport (Donahue, 2017).

Parce que l’IoB est un domaine très vaste qui recoupe les modifications corporelles à faire soi-même, les produits de consommation et les soins médicaux, il est essentiel de comprendre ses avantages et ses risques.

Technologies IoB

La technologie IoB s’est développée rapidement dans toute une série d’applications médicales et grand public, les sociétés médicales établies et les grandes entreprises technologiques étant de plus en plus rejointes par de nouvelles start-ups IoB. Dans cette section, quelques exemples de dispositifs IoB afin de démontrer la gamme de technologies disponibles ou en cours de développement.

– Lentilles de contact à réalité augmentée
– Dispositifs de lecture et d’écriture du cerveau
– Capteurs implantés dans le corps
– Vêtements avec capteurs
– Micro-puces implantables (RFID et NFC)
– Capteurs mentaux et émotionnels
– Pancréas artificiel
– Couche connectée par Bluetooth

Technologies (IoB) Internet des corps

Bientôt, les médecins seront en mesure de savoir si vous prenez correctement les médicaments qui vous sont prescrits et disposeront d’outils pour vous signaler si vous ne le faites pas. Des pilules numériques seront utilisées pour enregistrer votre conformité médicale, comme le signale le rapport RAND :

« En 2017, la FDA a approuvé la première pilule numérique : un comprimé d’aripiprazole avec un capteur ingérable intégré dans la pilule qui enregistre la prise du médicament. Le produit est approuvé pour le traitement de la schizophrénie, le traitement aigu des épisodes maniaques et mixtes associés au trouble bipolaire, et pour une utilisation comme traitement d’appoint de la dépression chez les adultes… Le système fonctionne en envoyant un message du capteur de la pilule à un patch portable. Le patch transmet l’information à une application mobile afin que les patients puissent suivre l’ingestion du médicament sur leur smartphone. Les patients peuvent également permettre à leurs soignants et à leur médecin d’accéder à ces informations via un portail web. »

L’IoB a besoin de technologies avancées pour une efficacité maximale

Si vous vous demandez ce qui alimentera toute cette technologie à venir, la réponse réside dans une combinaison de la 5G (puis à terme de la 6G d’ici 2030), du Wi-Fi de nouvelle génération et de l’Internet par satellite. Ces systèmes avancés augmenteront les vitesses de transfert des données et offriront une latence très faible, de sorte que les pertes audio et visuelles des appels Zoom seront reléguées dans les poubelles de l’histoire. Combinés, ces systèmes fourniront la puissance et les ressources nécessaires à la création d’une grille de contrôle et de surveillance qui pourra être suivie en temps réel. RAND confirme cet objectif, en illustrant que :

« Ces progrès permettront aux technologies IoT grand public, telles que les systèmes domestiques intelligents, de se connecter aux dispositifs IoB de sorte que, par exemple, le thermostat intelligent d’une personne sera lié à ses vêtements intelligents et pourra automatiquement réguler la température de sa maison. Une plus grande connectivité et l’intégration généralisée de l’IoB dans les smartphones et les appareils – dont certains pourraient collecter des données à l’insu de l’utilisateur – augmenteront le suivi numérique des utilisateurs pour toute une série de comportements. »

Selon l’auteur Thomas S. Rappaport, la technologie 6G “permettra d’envoyer des signaux sans fil à la vitesse du calcul humain”… et “pourrait signifier que l’intelligence humaine pourrait être envoyée instantanément par voie aérienne.” Les experts prévoient que la 6G sera largement disponible d’ici 2030.

Avantages potentiels de l’IoB

Les inconvénients potentiels de la technologie IoB ont été clairement établis, mais peut-on en tirer quelque chose de positif ? L’IoB ne pourrait en aucun cas être vendue aux masses si elle ne promettait pas d’améliorer la qualité de vie. Comme l’indique RAND :

« L’IoB pourrait permettre un accès plus large aux prestations de santé en permettant des soins de santé peu coûteux “distribués” ou “démocratisés” ou en diminuant la nécessité d’interventions médicales risquées ou coûteuses. Grâce à une plus grande sensibilisation à la santé, à une meilleure prévention et à une intervention plus efficace, l’IoB pourrait même faire baisser les coûts des soins de santé. On a émis l’hypothèse que la détection et l’intervention précoces par le biais de la surveillance à distance étaient les principaux moteurs de cette réduction. Les dispositifs IoB peuvent recueillir des données vitales pour fournir des alertes médicales aux médecins, aux patients et au personnel soignant. Les dispositifs IoB pourraient également s’avérer utiles pour guider le traitement des personnes qui ne peuvent pas parler ou exprimer leurs symptômes ou leurs pensées, comme les nourrissons, les victimes d’accidents vasculaires cérébraux ou les patients atteints de démence, en alertant les soignants en cas de changements significatifs des signes vitaux, par exemple. L’IoB est une approche prometteuse pour le développement de systèmes de télésurveillance de la santé en temps réel pour les patients atteints de maladies non transmissibles, notamment les diabétiques et les cardiaques. »

Risques liés à l’IoB : Accès inattendus, vulnérabilités et conséquences.

Malheureusement, il semble que les conséquences négatives des dispositifs IoB l’emporteront largement sur leurs avancées. Il y a tout simplement trop de choses qui peuvent mal tourner, comme l’indique le tableau 4.

Risques (IoB) Internet des corps

Qu’il s’agisse de décès, de problèmes de sécurité nationale ou d’atteinte à l’autonomie du corps, les conséquences négatives de la technologie IoB sont dévastatrices. RAND renforce encore les inquiétudes, en soulignant que :

« L’accès à d’énormes torrents de données biométriques diffusées en direct pourrait […] permettre un état de surveillance d’une intrusion et de conséquences sans précédent. Il pourrait accroître les disparités en matière de santé, où seules les personnes ayant des moyens financiers ont accès à l’un de ces avantages. La connectivité accrue des appareils IoT et IoB pourrait offrir une surface d’attaque plus importante, introduisant davantage de vulnérabilités à travers ces réseaux. Tout comme la possession par des étrangers de données sur les habitudes amoureuses ou le statut VIH des Américains pourrait être utilisée à des fins néfastes, les données biométriques et de santé des consommateurs américains pourraient être exploitées par des adversaires qui pourraient compiler des données provenant de nombreuses sources pour établir des profils détaillés de leurs cibles américaines. »

L’IoB ouvre donc la voie au Grand Reset et à la 4e révolution industrielle, au transhumanisme, au biohacking et aux cyborgs.

Le WEF promeut l’IoB

Étant donné le rôle central de Schwab et du WEF dans la promotion de la grande réinitialisation, il n’est pas surprenant que le WEF encourage l’Internet des corps.

Un article écrit en juin 2020 s’intitule “L’Internet des corps est là. Voici comment il pourrait changer nos vies. Un autre est un rapport intitulé Shaping the Future of the Internet of Bodies : New challenges of technology governance (Façonner l’avenir de l’internet des corps : nouveaux défis de la gouvernance technologique), qui explique en détail comment l’IoB fonctionnerait, parle des “avantages sociaux liés aux données” et analyse la manière dont la gouvernance et les lois devraient changer pour que l’IoB soit légalement réalisable.

Klaus Schwab est aussi un grand partisan du transhumanisme, il prévoit l’implantation de puces sur les vêtements puis sous la peau ou dans le cerveau d’ici 2026, pour établir une “communication directe entre notre cerveau et le monde digital”. Il défend et promeut l’avènement de l’intelligence artificielle. Il parle aussi de longévité. Il affirme que le moment est proche où les développements technologiques vont non seulement “changer la façon dont nous vivons et travaillons”, mais vont “même remettre en question les idées sur ce que signifie être humain.”

RAND, Forbes, WEF

Empreinte anale : Des toilettes qui vous identifient par votre trou de balle

Au-delà de l’étrange… Des chercheurs veulent donner aux toilettes une nouvelle apparence intelligente. À la Stanford School of Medicine, le Wall Street Journal rapporte que des chercheurs sont en train de mettre au point un scanner capable de reconnaître l'”empreinte anale” unique de l’utilisateur, c’est-à-dire les “caractéristiques distinctives de son anoderme”, c’est-à-dire la peau du canal anal.

Pour y parvenir, ils ont installé une caméra à l’intérieur d’une cuvette de toilettes et utilisé des algorithmes d’apprentissage automatique pour associer des échantillons de selles à des utilisateurs spécifiques. Le système peut même calculer “le débit et le volume de l’urine en utilisant la vision par ordinateur comme un débitmètre urinaire”, selon une publication de 2020.

Sonia Grego, cofondatrice de Coprata, une startup de surveillance physiologique affiliée à l’université de Duke, veut révolutionner notre façon de faire en analysant des échantillons de vos selles et de vos urines pour détecter des indicateurs de santé, notamment des maladies chroniques et même des cancers, rapporte The Guardian.

Une autre société, Toi Labs, a poussé cette idée un peu plus loin avec son siège de toilette intelligent TrueLoo, qui recueille une sélection encore plus large de données biométriques.

“Quel est leur poids ? Comment sont-ils assis sur le siège ?”, a déclaré le fondateur Vik Kashyap au Guardian. Le siège peut ensuite analyser des échantillons de selles “en utilisant des méthodes optiques, en regardant des choses comme le volume, la clarté, la cohérence, la couleur.”

Ces dispositifs sont principalement destinés aux personnes âgées.

“Il s’agit essentiellement de comprendre quand une personne présente des schémas anormaux, puis d’être capable de documenter ces schémas et de fournir des rapports qui peuvent être utilisés par les médecins pour aider au traitement d’une variété de conditions”, a déclaré Kashyap.

La collecte de données sur des échantillons de selles et d’urine permet de révéler de nombreuses informations personnelles, jusqu’à la consommation de médicaments – illicites ou prescrits – et des détails sur la santé des personnes. Si tout cela vous préoccupe sur le plan de la vie privée, les scientifiques précisent que les données relatives à vos anus sont toutes “stockées et analysées sur un serveur de cloud crypté”.

« Imaginez un monde où les toilettes intelligentes des bureaux seraient capables de dire quels employés sont enceintes, se droguent ou risquent de souffrir de troubles physiques ou mentaux, ce qui impliquerait qu’ils sont potentiellement moins productifs ou sur le point de s’absenter du travail ».

Un scénario inquiétant est que les compagnies d’assurance pourraient s’emparer de ces données et commencer à proposer des traitements préférentiels à des personnes par ailleurs en bonne santé.

“Dès que l’on commence à mesurer quelque chose qui appartient au corps, la frontière de la vie privée est franchie”, a déclaré Phil Booth, coordinateur de MedConfidential.

Êtes-vous prêt à partager votre empreinte anale avec les grandes technologies ?

Vous n’aurez aucune intimité mais vous serez heureux…

Il est clair que l’authentification anale ne fonctionnera pas pour les paiements #fintech ^_^

Bref, cela ressemble à une belle idée de merde, sans mauvais jeux de mots.

The Guardian

La quatrième révolution industrielle de Klaus Schwab

Intelligence artificielle et transhumanisme

Dans une émission de la Radio Télévision Suisse diffusée le 10 janvier 2016, Dairus Rochebin reçoit Klaus Schwab, président et fondateur du WEF, pour parler de son nouveau livre la quatrième révolution industrielle.

Il a déclaré que cette quatrième révolution industrielle conduira à une fusion des mondes physique, biologique et numérique.

Schwab se plaît à dire que le Covid et le Grand Reset annoncé par le Forum économique mondial en juillet de l’année dernière, obligeront les gens à interagir avec les machines de manière nouvelle et différente.

Klaus Schwab est un grand partisan du transhumanisme, il prévoit l’implantation de puces sur les vêtements puis sous la peau ou dans le cerveau d’ici 2026, pour établir une “communication directe entre notre cerveau et le monde digital”. Il défend et promeut l’avènement de l’intelligence artificielle. Il parle aussi de longévité. Tout un programme.

Dans son livre, il affirme que le moment est proche où les développements technologiques vont non seulement “changer la façon dont nous vivons et travaillons”, mais vont “même remettre en question les idées sur ce que signifie être humain.”

Le pass sanitaire est 100% compatible avec le Grand Reset

Vers une surveillance de masse ?

Ancien élève de l’ENA, Éric Verhaeghe a quitté l’administration en 2007. Entrepreneur et essayiste, il est notamment le fondateur du site Le Courrier des Stratèges, qui propose chaque jour une série d’articles en lien avec l’actualité politique et économique.

Dans son dernier ouvrage, Le Great Reset : mythes et réalités publié aux éditions Culture et Racines, Éric Verhaeghe décortique le contenu du livre Covid-19 : The Great Reset écrit par Klaus Schwab, fondateur du Forum de Davos, et Thierry Malleret, ancien collaborateur de Michel Rocard devenu consultant.

Si le livre de K. Schwab et T. Malleret, paru en juillet 2020, a fait couler beaucoup d’encre, Éric Verhaeghe s’est efforcé de faire la part des choses et de décrypter le projet porté par les auteurs à travers une lecture et une interprétation littérales.

Près d’un an après la parution du livre de K. Schwab et T. Malleret, Epoch Times a recueilli le point de vue d’Éric Verhaeghe sur les mesures politiques prises ces derniers mois en France, en Europe ou aux États-Unis afin de comprendre si elles s’inscrivaient dans le cadre idéologique du Grand Reset et si les recommandations formulées par le Forum économique mondial trouvaient un écho auprès des dirigeants occidentaux.

voir aussi : Covid-19 : Un rapport préconise la collecte de données personnelles

L’avenir de l’argent

Chaque jour, environ 80 % de toutes les transactions sur le marché sont effectuées par des ordinateurs. Les robots-conseillers mettent de plus en plus ce processus à la disposition des consommateurs, ce qui leur permet de gagner du temps et de l’argent.

Les humains n’intervenant plus dans la chaîne de transaction, les frais sont réduits. La plupart des robo-advisors prélèvent environ 0,25 %, alors que les gestionnaires de portefeuille prélèvent généralement 2 % de leurs bénéfices (sans parler des primes de 20 %).

Et l’IA s’insère dans presque tous les aspects du monde financier.

“Fintech” décrit la convergence de la technologie et des services financiers. D’abord colonisée par les réseaux et les apps, elle a ensuite été radicalisée par l’IA et la blockchain, et sous-tend désormais un mécanisme mondial de redistribution des richesses.

L’argent se réinvente rapidement.

Bitcoin, Ethereum, DeFi, crowdfunding, etc. perturbent massivement les systèmes financiers dans le monde entier. Pour s’en convaincre, il suffit de voir l’incroyable décision du Salvador de faire du bitcoin une monnaie légale – le premier pays au monde à le faire.

Aujourd’hui, nous aborderons la manière dont les réseaux et l’IA réinventent l’argent.

LE FINANCEMENT PEER-TO-PEER

Crowdfunding

Le crowdfunding implique un réseau de peer-to-peer où toute personne peut présenter son produit ou service au monde entier et demander un financement. Le financement peut prendre la forme d’un prêt, d’une prise de participation, d’une récompense ou d’un achat anticipé du produit ou service proposé.

Le volume mondial total du crowdfunding, y compris le prêt peer to peer, était de 14 milliards de dollars en 2019, avec plus de 2 000 plateformes pour accéder au financement. Mais comme de nombreuses plateformes numériques, celui-ci connaît lui aussi une croissance à deux chiffres. Les experts prévoient que le crowdfunding atteindra 30 B$ d’ici 2025.

En fin de compte, le crowdfunding démocratise totalement l’accès au capital, permettant à toute personne ayant une bonne idée, où qu’elle soit, de recevoir les fonds dont elle a besoin pour se lancer.

Et aux États-Unis, la Securities and Exchange Commission (SEC) a récemment mis à jour les réglementations relatives au crowdfunding pour le rendre encore plus démocratique et favorable aux entrepreneurs.

Grâce à la loi JOBS adoptée il y a plusieurs années, le crowdfunding dispose de deux voies légales : le règlement Crowdfunding et la Regulation A+.

Grâce à la réglementation sur le crowdfunding, les entrepreneurs peuvent lever des fonds auprès d’un plus grand nombre d’investisseurs. Auparavant, seuls les “investisseurs accrédités” pouvaient acquérir des parts dans une startup (historiquement, il s’agissait de personnes gagnant plus de 200 000 dollars par an ou de personnes disposant d’une valeur nette supérieure à 1 million de dollars). Mais avec la réglementation sur le crowdfunding, les entrepreneurs peuvent lever des fonds auprès de tout investisseur âgé de plus de 18 ans, y compris les clients, les fans et le grand public.

Alors que les entreprises ne pouvaient auparavant lever que 1 million de dollars sur une période de douze mois dans le cadre de la réglementation sur le crowdfunding, la SEC a porté cette limite à 5 millions de dollars au début de cette année.

La Regulation A+ s’adresse aux entreprises qui cherchent à lever davantage de fonds et est souvent considérée comme une “mini-IPO” – une forme moins intensive et moins chère de l’offre publique initiale typique. Ici aussi, en mars de cette année, la SEC a augmenté la limite que les entreprises peuvent lever en utilisant la Regulation A+ de 50 à 75 millions de dollars.

Avec toute cette activité accrue, il existe maintenant des entreprises qui proposent des portails de crowdfunding, ce qui facilite encore plus la mise en relation d’investisseurs moyens et d’entreprises en quête de financement. Parmi ces plateformes, on peut citer WeFunder, Republic et StartEngine.

WeFunder a été créé au sein de Y combinator en 2012 et est le leader du marché. Nécessitant aussi peu que 100$ pour entrer, WeFunder a démocratisé l’accès à l’investissement en actions. En outre, elle a levé près de 10 millions de dollars pour elle-même, via sa propre plateforme, dans un cycle vertueux.

Republic a été fondée en 2016 et a levé près de 70 millions de dollars, clôturant tout récemment un cycle de série A de 36 millions de dollars. Ils embrassent également les crypto-monnaies et ont lancé un token numérique natif de la plateforme dans le cadre d’un accord de partage des bénéfices avec leurs utilisateurs.

StartEngine est le plus ancien portail de crowdfunding, ayant levé près de 350 millions de dollars pour plus de 500 startups. Ils proposent également Start-Engine Secondary, une plateforme de négociation permettant aux utilisateurs d’acheter et de vendre des titres d’entreprises qui ont levé des capitaux avec des ventes de crowdfunding de type Regulation Crowdfunding et Regulation A+.

Peer-to-Peer Crowdfunding Crowdlending. Credit Istock

Crowdlending

Outre l’investissement dans les entreprises, d’autres formes de financement de peer-to-peer ont fait leur apparition.

Dans le domaine du change, cela a donné naissance à une société appelée TransferWise, désormais simplement connue sous le nom de Wise. En mettant en relation des clients qui ont, par exemple, des pesos qu’ils veulent transformer en dollars avec des clients qui veulent changer des dollars en pesos, TransferWise utilise une application de dating adaptée pour s’attaquer à l’ensemble du marché du change.

En effet, l’entreprise a atteint une valorisation de 3,5 Md$ en moins de cinq ans. En 2017, l’entreprise gérait 1 milliard d’euros par mois en change de devises. Ils se préparent maintenant à une introduction en bourse, avec une valorisation d’environ 5 milliards de dollars, tout en étendant leurs offres avec des comptes multidevises et des services commerciaux mondiaux.

Construit sur des réseaux et des applications, TransferWise est également un exemple de la vague de colonisation de la fintech. La vague de radicalisation est apparue lorsque l’IA est entrée en scène.

Prenons l’exemple de la pratique séculaire du ” Buddy, puis-je t’emprunter un dollar ? “, également connue sous le nom de prêt de peer-to-peer. Traditionnellement, il s’agit d’une pratique à haut risque, c’est-à-dire que Buddy récupère rarement son dollar.

Ce problème ne fait qu’empirer avec son ampleur. À mesure que les villages se sont transformés en villes, que celles-ci se sont étendues et que les villes ont commencé à s’étendre, la confiance entre voisins s’est effondrée. C’est là que les banques sont entrées en jeu – elles ont réintroduit la confiance dans l’équation du prêt.

Mais qui a besoin de confiance quand il y a des données ?

Grâce à l’IA, d’énormes groupes de personnes peuvent se réunir, partager des informations financières et mettre en commun les risques, devenant ainsi le marché de peer-to-peer désormais connu sous le nom de “crowdlending”.

Prosper, Funding Circle et LendingTree sont trois exemples d’acteurs sur un marché qui devrait passer de 26 milliards de dollars en 2015 à 559 milliards de dollars en 2027.

Un autre exemple est celui du groupe Smart Finance. Créé en 2013 pour servir l’énorme population chinoise non bancarisée et sous-bancarisée, Smart Finance utilise une IA pour passer au peigne fin les données personnelles d’un utilisateur – données de médias sociaux, données de smartphones, historique d’éducation et d’emploi, etc… – afin de générer un score de crédit fiable presque instantanément.

Grâce à cette méthode, ils peuvent approuver un prêt peer-to-peer en moins de huit secondes, y compris les micro-prêts aux personnes non bancarisées.

Et les résultats parlent d’eux-mêmes. Environ 1,5 à 2 millions de prêts sont contractés chaque mois via Smart Finance.

INVESTIR AVEC L’IA

L’IA a également un impact sur les investissements.

Traditionnellement, ce jeu était joué par les riches, car il s’agit d’un jeu de données. Les conseillers financiers disposaient des meilleures données, mais il fallait être suffisamment riche pour s’offrir un conseiller financier afin d’y accéder.

Et les conseillers sont pointilleux. Comme la gestion des petits investisseurs peut prendre plus de temps que celle des gros investisseurs, de nombreux gestionnaires de portefeuille ont des investissements minimums de l’ordre de centaines de milliers de dollars.

Mais l’IA a uniformisé les règles du jeu.

Aujourd’hui, des robo-advisors comme Wealthfront et Betterment mettent la gestion de portefeuille à la portée de tous. Via une application, les clients répondent à une série de questions initiales sur leur tolérance au risque, leurs objectifs d’investissement et leurs souhaits de sortie, puis les algorithmes prennent le relais.

En réalité, les algorithmes ont déjà pris le dessus.

Comme mentionné précédemment, 80 % des transactions sur le marché sont effectuées par des ordinateurs. Tout ce que les robo-advisors ont fait, c’est mettre ce processus à la disposition directe des clients, leur permettant ainsi d’économiser de l’argent. Au lieu des 2 % de bénéfices (et des 20 % d’incitations) habituellement facturés par un gestionnaire de portefeuille, la plupart des robo-advisors prennent environ un quart de pour cent.

Et les investisseurs réagissent.

Le mois dernier, Wealthfront avait 25 milliards de dollars sous gestion, tandis que Betterment en avait 29 milliards. Bien que les robo-advisors ne soient utilisés que par environ 8 % de l’ensemble des ménages américains, les estimations suggèrent que le total des actifs sous gestion par les robo-advisors atteindra 2,5 milliards de dollars d’ici 2023, soit environ 10 % du marché total.

LA MORT DE L’ARGENT LIQUIDE

Enfin, nous arrivons à notre dernière catégorie : l’utilisation de l’argent pour payer des choses.

Mais nous connaissons déjà cette histoire. À quand remonte la dernière fois où vous avez déposé des pièces dans un poste de péage ? Ou payé en liquide pour une course en taxi ? En fait, Uber et Lyft nous permettent de nous déplacer dans une ville sans portefeuille. Les magasins sans caissier avec des services comme Amazon Go et Uber Eats et les mécanismes de paiement sans portefeuille sont sur le point de devenir la nouvelle normalité (new normal).

Le Danemark a cessé d’imprimer de la monnaie en 2017. L’année précédente, dans le but de développer les services bancaires mobiles et de démonétiser l’économie de gray-market (marché gris) du pays, l’Inde a rappelé 86 % de son argent liquide. Le Vietnam était déjà à 50 % sans argent liquide à partir de 2020. Et la Suède, où plus de 80 % des transactions sont déjà numériques, s’est engagée à devenir la première société entièrement sans espèces d’ici 2023.

Les économistes soulignent souvent que deux des principaux facteurs de croissance économique sont la disponibilité de l’argent – les réserves dans lesquelles nous pouvons puiser – et la vitesse de circulation de l’argent, c’est-à-dire la rapidité et la facilité avec lesquelles nous pouvons déplacer cet argent. Ces deux facteurs sont amplifiés par les technologies exponentielles.

À mesure que nos transactions passent dans le domaine numérique, davantage de données sur les habitudes de consommation peuvent être collectées et transmises à des algorithmes d’IA qui continuent d’apprendre sur la base de données en temps réel. Ces informations alimenteront les campagnes de marketing, les dossiers de crédit et les objectifs d’investissement.

DERNIÈRES PENSÉES

Que faisons-nous exactement avec notre argent ?

Nous le stockons, bien sûr. Principalement dans les banques. Nous le déplaçons également, parfois en transférant de l’argent entre entreprises, d’autres fois en empruntant ou en prêtant à des particuliers. Ensuite, nous l’investissons, en essayant d’utiliser notre argent pour faire fructifier davantage d’argent. Enfin, depuis l’époque où les pièces étaient des coquilles de conque, nous l’échangeons contre les choses que nous voulons.

Grâce à la convergence des technologies exponentielles, chacun de ces domaines est en train d’être réimaginé, les bits et les octets remplaçant les dollars et les cents.

Et ni l’économie contemporaine ni la façon dont nous vivons nos vies ne seront plus jamais les mêmes.

Peter Diamandis

Microsoft va équiper les soldats américains de casques de réalité augmentée

Microsoft et l’armée américaine ont annoncé que le système intégré de renforcement visuel (IVAS – Integrated Visual Augmentation System), une version militaire améliorée du dispositif de réalité augmentée HoloLens, allait passer du stade du prototypage à celui de la production.

Dans une annonce datée du 31 mars, le Program Executive Office – Soldier (PEO Soldier) de l’armée de terre a annoncé “un accord de production à prix fixe pour la fabrication” d’IVAS, ajoutant que le contrat “fait passer IVAS à la production et à la mise en service rapide”.

Alex Kipman, membre technique de Microsoft, a publié sur son blog : Nous apprécions le partenariat avec l’armée américaine et nous sommes reconnaissants de la confiance qu’elle nous accorde pour faire passer IVAS du prototypage rapide à la mise en service rapide.

IVAS réalité augmentée Courtney Bacon / Soldat PEO

L’IVAS ajoute des capteurs de vision nocturne et d’imagerie thermique à l’habituel affichage tête haute HoloLens, et est renforcé pour un usage militaire. En plus de permettre aux soldats de voir dans l’obscurité et en vision thermique, il est destiné à leur permettre de visualiser et de comprendre facilement des informations provenant de nombreuses sources.

La position des autres soldats, signalée par les systèmes GPS de leurs propres IVAS, apparaîtrait sur l’affichage tête haute. Il en va de même pour les ennemis, détectés par les drones ou les avions qui les survolent, ou trouvés par d’autres soldats. Il serait possible de projeter un viseur de canon sur l’écran IVAS, afin de montrer où l’arme d’un soldat est dirigée, même si celui-ci ne regarde pas dans le viseur. Naturellement, le système peut être utilisé pour appeler des cartes et d’autres informations utiles.

D’autres applications pourraient permettre aux soldats de voir à travers les murs, par exemple lorsqu’ils sont assis à l’arrière d’un véhicule blindé et qu’ils peuvent simplement tourner la tête pour voir ce qui se trouve à l’extérieur en important les données des systèmes de caméras omnidirectionnelles du véhicule.

Les troupes peuvent également avoir accès à des cartes en 3D de la ville ou des bâtiments, ce qui leur permet de savoir ce qui les attend avant de franchir une porte ou de prendre un virage.

Le président de Microsoft, Brad Smith, a même suggéré que l’IVAS pourrait intégrer la technologie de reconnaissance faciale, en signalant dans la base de données des informations sur les personnes qu’il a détectées devant un soldat.

Microsoft a audacieusement déclaré à l’AP que l’IVAS pourrait désormais valoir “jusqu’à” 21,88 milliards de dollars au cours des dix prochaines années. Cependant, seulement 1,12 milliard de dollars ont été budgétés pour le projet dans l’exercice 2021, et le Congrès a réduit ce montant à 897 millions de dollars en décembre.

Si IVAS réussit, il sera probablement le sauveur de HoloLens. À l’origine, Microsoft, comme d’autres entreprises technologiques, espérait que les lunettes de VR/AR pourraient être vendues aux joueurs, mais ces espoirs sont maintenant largement morts. HoloLens 2, la version civile actuelle, est désormais présentée comme un appareil de travail destiné aux chirurgiens, aux ingénieurs de maintenance, etc.

Global Trends : Les tendances mondiales 2040

7e éd. du rapport des tendances mondiales 2040 du National Intelligence Council

Global Trends

Global Trends évalue les principales tendances et incertitudes qui façonneront l’environnement stratégique des États-Unis au cours des deux prochaines décennies.

Cette analyse est présentée avec humilité, sachant que l’avenir se déroulera invariablement d’une manière qui n’aura pas été prévue. Bien que Global Trends soit nécessairement plus spéculatif que la plupart des évaluations du renseignement, ils s’appuient sur les principes fondamentaux de leur métier d’analyste : il envisagent des hypothèses alternatives et la façon dont ils pourraient se tromper ; et ils ne défendent pas de positions ou de préférences politiques. Global Trends reflète le point de vue du National Intelligence Council sur ces tendances futures ; il ne représente pas le point de vue officiel et coordonné de la US Intelligence Community ni la politique américaine.

Ce rapport se compose de trois sections générales.

Tout d’abord, il examine les forces structurelles dans quatre domaines essentiels : la démographie, l’environnement, l’économie et la technologie. La deuxième section examine comment ces forces structurelles interagissent et se croisent avec d’autres facteurs pour affecter les dynamiques émergentes à trois niveaux d’analyse : les individus et la société, les États et le système international. Enfin, la troisième section identifie plusieurs incertitudes clés et les utilise pour créer cinq scénarios futurs pour le monde en 2040. Ces scénarios n’ont pas vocation à être des prédictions mais à élargir l’éventail des possibilités, en explorant diverses combinaisons de la manière dont les forces structurelles, les dynamiques émergentes et les incertitudes clés pourraient se manifester.

LES FORCES STRUCTURELLES : DÉFINITION DES PARAMÈTRES

Les tendances en matière de démographie et de développement humain, d’environnement, d’économie et de technologie jettent les bases et construisent les limites de notre monde futur. Dans certaines régions, ces tendances s’intensifient, comme les changements climatiques, la concentration de la population dans les zones urbaines et l’émergence de nouvelles technologies.

Dans d’autres domaines, les tendances sont plus incertaines : les progrès en matière de développement humain et de croissance économique devraient ralentir, voire s’inverser dans certaines régions, mais un ensemble de facteurs pourrait modifier cette trajectoire. La convergence de ces tendances offrira des possibilités d’innovation, mais certaines communautés et certains États auront du mal à faire face et à s’adapter.

Même les progrès apparents, tels que les technologies nouvelles et avancées, perturberont la vie et les moyens de subsistance de nombreuses personnes, qui se sentiront en insécurité et devront s’adapter.

Les tendances les plus certaines au cours des 20 prochaines années seront des changements démographiques majeurs, la croissance de la population mondiale ralentissant et le monde vieillissant rapidement.

Certaines économies développées et émergentes, notamment en Europe et en Asie de l’Est, vieilliront plus rapidement et seront confrontées à une contraction de leur population, ce qui pèsera sur la croissance économique.

À l’inverse, certains pays en développement d’Amérique latine, d’Asie du Sud, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord bénéficient d’une population en âge de travailler plus nombreuse, ce qui offre des possibilités de dividende démographique si cela s’accompagne d’améliorations des infrastructures et des compétences.

Le développement humain, notamment la santé, l’éducation et la prospérité des ménages, a connu des améliorations historiques dans toutes les régions au cours des dernières décennies. De nombreux pays auront du mal à tirer parti de ces réussites, voire à les pérenniser.

Les améliorations passées se sont concentrées sur les éléments fondamentaux que sont la santé, l’éducation et la réduction de la pauvreté, mais les prochains niveaux de développement sont plus difficiles et doivent faire face aux vents contraires de la pandémie de COVID-19, d’une croissance économique mondiale potentiellement plus lente, du vieillissement des populations et des effets des conflits et du climat.

Ces facteurs mettront les gouvernements au défi de fournir l’éducation et l’infrastructure nécessaires pour améliorer la productivité de leurs classes moyennes urbaines croissantes dans une économie du XXIe siècle. Alors que certains pays relèvent ces défis et que d’autres n’y parviennent pas, il est presque certain que l’évolution des tendances démographiques mondiales aggravera les disparités en termes d’opportunités économiques au sein des pays et entre eux au cours des deux prochaines décennies, tout en créant davantage de pressions et de conflits liés à la migration.

Dans le domaine de l’environnement, les effets physiques du changement climatique devraient s’intensifier au cours des deux prochaines décennies, en particulier dans les années 2030. Des tempêtes, des sécheresses et des inondations plus extrêmes, la fonte des glaciers et des calottes glaciaires et l’élévation du niveau des mers accompagneront la hausse des températures.

L’impact se fera sentir de manière disproportionnée sur le monde en développement et les régions les plus pauvres et se conjuguera avec la dégradation de l’environnement pour créer de nouvelles vulnérabilités et exacerber les risques existants pour la prospérité économique, l’alimentation, l’eau, la santé et la sécurité énergétique.

Les gouvernements, les sociétés et le secteur privé vont probablement développer les mesures d’adaptation et de résilience pour gérer les menaces existantes, mais il est peu probable que ces mesures soient réparties uniformément, laissant certaines populations à la traîne. Les débats se multiplieront sur la manière et la rapidité avec laquelle il convient d’atteindre le niveau zéro d’émissions de gaz à effet de serre.

Au cours des deux prochaines décennies, plusieurs tendances économiques mondiales, notamment l’augmentation de la dette nationale, un environnement commercial plus complexe et fragmenté, une réorientation des échanges et de nouvelles perturbations de l’emploi, sont susceptibles de façonner les conditions au sein et entre les États. De nombreux gouvernements risquent de voir leur marge de manœuvre réduite alors qu’ils doivent faire face à une dette plus lourde, à des règles commerciales diverses et à un éventail plus large de puissants acteurs étatiques et privés exerçant une influence.

Les grandes sociétés dotées de plates-formes – qui offrent des marchés en ligne à un grand nombre d’acheteurs et de vendeurs – pourraient favoriser la poursuite de la mondialisation des échanges et aider les petites entreprises à se développer et à accéder aux marchés internationaux. Ces entreprises puissantes sont susceptibles d’essayer d’exercer une influence dans les arènes politiques et sociales, ce qui pourraient amener les gouvernements à imposer de nouvelles restrictions.

Les économies asiatiques semblent prêtes à poursuivre des décennies de croissance au moins jusqu’en 2030, bien que cela puisse être plus lent. Il est peu probable qu’elles atteignent le produit intérieur brut (PIB) par habitant ou l’influence économique des économies avancées actuelles, notamment les États-Unis et l’Europe. La croissance de la productivité reste une variable clé ; une augmentation du taux de croissance pourrait atténuer de nombreux problèmes économiques, de développement humain et autres défis.

La technologie offrira la possibilité d’atténuer les problèmes, comme le changement climatique et les maladies, et de créer de nouveaux défis, comme la délocalisation des emplois. Les technologies sont inventées, utilisées, diffusées, puis abandonnées à une vitesse toujours plus grande dans le monde entier, et de nouveaux centres d’innovation apparaissent.

Au cours des deux prochaines décennies, le rythme et la portée des développements technologiques devraient s’accélérer encore, transformant toute une série d’expériences et de capacités humaines tout en créant de nouvelles tensions et perturbations au sein et entre les sociétés, les industries et les États. Des rivaux étatiques et non étatiques se disputeront le leadership et la domination dans le domaine de la science et de la technologie, avec des risques et des implications en cascade pour la sécurité économique, militaire et sociétale.

LA TECHNOLOGIE

Principaux points à retenir

Au cours des deux prochaines décennies, le rythme et l’impact des évolutions technologiques devraient s’accélérer, transformant et améliorant les expériences et les capacités humaines. Ces évolutions offriront la possibilité de relever des défis tels que le vieillissement, le changement climatique et la faible croissance de la productivité. De nouvelles tensions et perturbations vont se créer au sein et entre les sociétés, les industries les États.

Les prochaines décennies verront s’intensifier la concurrence mondiale pour les éléments essentiels de la suprématie technologique, tels que le talent, la connaissance et les marchés, ce qui pourrait donner naissance à de nouveaux leaders ou hégémonies technologiques.

La course à la domination technologique est inextricablement liée à l’évolution de la géopolitique et à la rivalité plus large entre les États-Unis et la Chine. Mais l’avantage technologique sera renforcé par les entreprises qui ont une vision à long terme, des ressources et une portée mondiale.

Les technologies et les applications dérivées seront disponibles pour une adoption rapide. Ce qui permettra aux pays en développement de tirer parti des dernières avancées fondamentales, de développer des applications mondiales dans des domaines de niche et de contribuer aux chaînes d’approvisionnement mondiales.

DYNAMIQUES ÉMERGENTES

Ces forces structurelles, ainsi que d’autres facteurs, se croiseront et interagiront au niveau des sociétés, des États et du système international, créant des opportunités et des défis pour les communautés, les institutions, les entreprises et les gouvernements.

Ces interactions sont également susceptibles de produire une contestation plus importante à tous les niveaux que celle observée depuis la fin de la guerre froide, reflétant des idéologies différentes ainsi que des points de vue contrastés sur la manière la plus efficace d’organiser la société et de relever les nouveaux défis.

Au sein des sociétés, on observe une fragmentation et une contestation croissantes des questions économiques, culturelles et politiques. Des décennies de gains constants en termes de prospérité et d’autres aspects du développement humain ont amélioré les conditions de vie dans toutes les régions et suscité l’espoir d’un avenir meilleur. Alors que ces tendances se stabilisent et se combinent à des changements sociaux et technologiques rapides, de larges pans de la population mondiale se méfient des institutions et des gouvernements qu’ils considèrent comme peu désireux ou incapables de répondre à leurs besoins.

Les manifestations, comme ici en Algérie, se sont multipliées dans le monde entier au cours de la dernière décennie, reflétant le mécontentement de la population sur toute une série de sujets tels que les inégalités, la répression politique, la corruption et le changement climatique. Credit: Amine M’Siouri / Pexels

Les gens se tournent vers des groupes familiers et partageant les mêmes idées pour assurer leur communauté et leur sécurité, notamment les identités ethniques, religieuses et culturelles, ainsi que les groupements autour d’intérêts et de causes, comme l’environnementalisme. La combinaison d’allégeances identitaires nouvelles et diverses et d’un environnement d’information plus cloisonné met en évidence et aggrave les lignes de fracture au sein des États, sape le nationalisme civique et accroît la volatilité.

Au niveau de l’État, les relations entre les sociétés et leurs gouvernements dans toutes les régions risquent de connaître des tensions persistantes en raison d’un décalage croissant entre les besoins et les attentes des populations et ce que les gouvernements peuvent et veulent offrir. Dans chaque région, les populations disposent de plus en plus d’outils, de capacités et d’incitations pour faire pression en faveur de leurs objectifs sociaux et politiques préférés et pour exiger davantage de leurs gouvernements afin de trouver des solutions.

Alors que les populations sont de plus en plus autonomes et exigent davantage, les gouvernements sont soumis à une pression accrue en raison de nouveaux défis et de ressources plus limitées. Ce fossé grandissant laisse présager une plus grande volatilité politique, une dégradation de la démocratie et un élargissement du rôle des autres prestataires de services de gouvernance. Avec le temps, cette dynamique pourrait ouvrir la porte à des changements plus importants dans la façon dont les gens gouvernent.

Dans le système international, il est probable qu’aucun État ne sera en mesure de dominer toutes les régions ou tous les domaines, et qu’un plus grand nombre d’acteurs se feront concurrence pour façonner le système international et atteindre des objectifs plus précis.

L’accélération de l’évolution de la puissance militaire, de la démographie, de la croissance économique, des conditions environnementales et de la technologie, ainsi que le durcissement des divisions sur les modèles de gouvernance, sont susceptibles de renforcer la concurrence entre la Chine et une coalition occidentale dirigée par les États-Unis.

Des puissances rivales vont se bousculer pour façonner les normes, les règles et les institutions mondiales, tandis que des puissances régionales et des acteurs non étatiques pourraient exercer une plus grande influence et prendre des initiatives sur des questions laissées en suspens par les grandes puissances. Ces interactions très variées sont susceptibles de produire un environnement géopolitique plus enclin aux conflits et plus volatil, de miner le multilatéralisme mondial et d’élargir l’inadéquation entre les défis transnationaux et les arrangements institutionnels pour les relever.

SCÉNARIOS ALTERNATIFS POUR 2040

Les réponses de l’homme à ces moteurs essentiels et à ces dynamiques émergentes détermineront la manière dont le monde évoluera au cours des deux prochaines décennies.

Parmi les nombreuses incertitudes qui planent sur l’avenir, le rapport a exploré trois questions clés concernant les conditions régnant dans des régions et des pays spécifiques et les choix politiques des populations et des dirigeants qui façonneront l’environnement mondial.

À partir de ces questions, le rapport a élaboré cinq scénarios pour des mondes alternatifs en 2040.

– Quelle est le degré de difficulté des défis mondiaux à venir ?
– Comment les États et les acteurs non étatiques s’engagent-ils dans le monde, y compris l’orientation et le type d’engagement ?
– Enfin, quelles sont les priorités des États pour l’avenir ?

Dans la Renaissance des démocraties, le monde est au cœur d’une résurgence de démocraties ouvertes menées par les États-Unis et leurs alliés. Les progrès technologiques rapides favorisés par les partenariats public-privé aux États-Unis et dans d’autres sociétés démocratiques transforment l’économie mondiale, augmentent les revenus et améliorent la qualité de vie de millions de personnes dans le monde. La marée montante de la croissance économique et des réalisations technologiques permet de répondre aux défis mondiaux, d’atténuer les divisions sociétales et de renouveler la confiance du public dans les institutions démocratiques. En revanche, des années de contrôles et de surveillance sociétales croissantes en Chine et en Russie ont étouffé l’innovation, alors que des scientifiques et des entrepreneurs de premier plan ont cherché asile aux États-Unis et en Europe.

Dans Un monde à la dérive, le système international est sans direction, chaotique et instable car les règles et les institutions internationales sont largement ignorées par les grandes puissances comme la Chine, les acteurs régionaux et les acteurs non étatiques. Les pays de l’OCDE sont en proie à une croissance économique plus lente, à des divisions sociétales croissantes et à une paralysie politique. La Chine profite des difficultés de l’Occident pour étendre son influence internationale, en particulier en Asie, mais Pékin n’a ni la volonté ni la puissance militaire nécessaires pour assumer le leadership mondial, laissant de nombreux défis mondiaux, tels que le changement climatique et l’instabilité dans les pays en développement, largement sans réponse.

Dans le cadre de la coexistence compétitive, les États-Unis et la Chine ont donné la priorité à la croissance économique et ont rétabli une relation commerciale solide, mais cette interdépendance économique existe parallèlement à la concurrence pour l’influence politique, les modèles de gouvernance, la domination technologique et l’avantage stratégique. Le risque de guerre majeure est faible, et la coopération internationale et l’innovation technologique rendent les problèmes mondiaux gérables à court terme pour les économies avancées, mais les défis climatiques à plus long terme demeurent.

Dans des silos séparés, le monde est fragmenté en plusieurs blocs économiques et de sécurité de taille et de force variables, centrés sur les États-Unis, la Chine, l’Union européenne (UE), la Russie et quelques puissances régionales ; ces blocs sont axés sur l’autosuffisance, la résilience et la défense. Les informations circulent dans des enclaves cyber-souveraines distinctes, les chaînes d’approvisionnement sont réorientées et le commerce international est perturbé. Les pays en développement vulnérables sont pris entre deux feux, certains étant sur le point de devenir des États en faillite. Les problèmes mondiaux, notamment le changement climatique, sont traités de façon sporadique, voire pas du tout.

Dans le cadre d’une tragédie et d’une mobilisation, une coalition mondiale, dirigée par l’UE et la Chine et travaillant avec des organisations non gouvernementales et des institutions multilatérales revitalisées, met en œuvre des changements de grande ampleur destinés à lutter contre le changement climatique, l’épuisement des ressources et la pauvreté à la suite d’une catastrophe alimentaire mondiale causée par les événements climatiques et la dégradation de l’environnement. Les pays les plus riches s’efforcent d’aider les pays les plus pauvres à gérer la crise, puis à passer à des économies à faible émission de carbone par le biais de vastes programmes d’aide et de transferts de technologies énergétiques avancées, en reconnaissant la rapidité avec laquelle ces défis mondiaux s’étendent au-delà des frontières.

⇒ Télécharger au format PDF Global Trends 2040 A More Contested World

Le temps du Grand Reset

Le Grand Reset post COVID-19 et la Quatrième révolution industrielle

Les confinements de COVID-19 peuvent se réduire progressivement, mais l’anxiété concernant les perspectives sociales et économiques du monde ne fait que s’intensifier. Il y a de bonnes raisons de s’inquiéter : un fort ralentissement économique a déjà commencé, et nous pourrions être confrontés à la pire dépression depuis les années 30. Mais, si cette issue est probable, elle n’est pas inévitable.

Pour parvenir à un meilleur résultat, le monde doit agir conjointement et rapidement pour réorganiser tous les aspects de nos sociétés et de nos économies, de l’éducation aux contrats sociaux et aux conditions de travail. Tous les pays, des États-Unis à la Chine, doivent y participer, et toutes les industries, du pétrole et du gaz à la technologie, doivent être transformées. En bref, nous avons besoin d’un “grand reset” du capitalisme.

Il existe de nombreuses raisons de poursuivre un Grand Reset, mais la plus urgente est la COVID-19. Ayant déjà entraîné des centaines de milliers de décès, cette pandémie représente l’une des pires crises de santé publique de l’histoire récente. Et comme le nombre de victimes continue d’augmenter dans de nombreuses régions du monde, elle est loin d’être terminée.

Cela aura de graves conséquences à long terme sur la croissance économique, la dette publique, l’emploi et le bien-être humain. Selon le Financial Times, la dette publique mondiale a déjà atteint son niveau le plus élevé en temps de paix.

Le programme du Grand Reset a trois composantes principales. Le premier volet consiste à orienter le marché vers des résultats plus équitables. À cette fin, les gouvernements doivent améliorer la coordination (par exemple, en matière de politique fiscale, réglementaire et budgétaire), moderniser les accords commerciaux et créer les conditions d’une “économie participative”. À une époque où les assiettes fiscales diminuent et où la dette publique explose, les gouvernements sont fortement incités à prendre de telles mesures.

En outre, les gouvernements doivent mettre en œuvre des réformes attendues depuis longtemps qui favorisent des résultats plus équitables. Selon les pays, il peut s’agir de modifications de l’impôt sur la fortune, du retrait des subventions aux combustibles fossiles et de nouvelles règles régissant la propriété intellectuelle, le commerce et la concurrence.

La deuxième composante de l’agenda du Grand Reset permet de s’assurer que les investissements font progresser les objectifs communs, tels que l’égalité et la durabilité. À cet égard, les programmes de dépenses à grande échelle que de nombreux gouvernements mettent en œuvre représentent une opportunité majeure de progrès. La Commission européenne, par exemple, a dévoilé des plans pour un fonds de relance de 750 milliards d’euros. Les États-Unis, la Chine et le Japon ont également des plans de relance économique ambitieux.

Plutôt que d’utiliser ces fonds, ainsi que les investissements des entités privées et des fonds de pension, pour combler les fissures de l’ancien système, il convient de les utiliser pour en créer un nouveau qui soit plus résilient, plus équitable et plus durable à long terme. Cela implique, par exemple, de construire des infrastructures urbaines “vertes” et d’inciter les entreprises à améliorer leurs résultats en matière de mesures environnementales, sociales et de gouvernance (ESG).

La troisième et dernière priorité du programme du Grand Reset est d’exploiter les innovations de la Quatrième révolution industrielle pour soutenir le bien public, notamment en relevant les défis sanitaires et sociaux. Pendant la crise du COVID-19, des entreprises, des universités et d’autres acteurs ont uni leurs forces pour mettre au point des diagnostics, des traitements et des vaccins, établir des centres de dépistage, créer des mécanismes de traçage des infections et fournir des services de télémédecine. Imaginez ce qui serait possible si des efforts concertés similaires étaient déployés dans tous les secteurs.

La crise du COVID-19 affecte tous les aspects de la vie des gens dans tous les coins du monde. Mais la tragédie ne doit pas être son seul héritage. Au contraire, la pandémie représente une occasion rare mais étroite de réfléchir, de réimaginer et de réinitialiser notre monde pour créer un avenir plus sain, plus équitable et plus prospère.

The Great Reset: Resetting the World by The World Economic Forum

WEF

Résultats de la consultation sur le passeport vaccinal

Cette synthèse a été remise aux pouvoirs publics.

Le Conseil économique social et environnemental (CESE) a pour rôle d’organiser les remontées des citoyens auprès du Gouvernement.

Le CESE a lancé du 17 février au 7 mars 2021 un nouveau module participatif, sur la question du passeport vaccinal. Questionnement qui émerge en effet fortement dans le débat public. La question posée était la suivante : « Que pensez-vous du passeport vaccinal, dans le cadre d’une utilisation pour accéder aux lieux aujourd’hui fermés (restaurants, cinémas, stades, musées…) ? ».

Les enseignements généraux de la consultation

Parmi les 110 507 participants à la consultation :

72,7% des participants se sont déclarés défavorables à la mise en place d’un passeport vaccinal sur le territoire national.
20,2% d’entre eux se sont au contraire déclarés très favorables.

Les personnes défavorables citent majoritairement l’atteinte aux libertés privées que constituerait un tel dispositif, tandis que les personnes favorables évoquent quant à elles la possibilité de rouvrir les lieux fermés au public.

Les participants qui se déclarent favorables au passeport vaccinal mettent majoritairement en avant la possibilité de rouvrir les lieux fermés, de voyager à nouveau ou encore de retrouver ses libertés.

A l’inverse, les participants qui se déclarent défavorables au passeport vaccinal pointent principalement l’atteinte aux libertés privées, l’incertitude concernant l’efficacité et la sûreté des vaccins, ou encore la discrimination entre les citoyens que créerait ce dispositif.

Une nécessité pour un retour à la vie normale vs. une proposition liberticide

Chez les Pour, le principal bénéfice avancé pour justifier la mise en place du passeport vaccinal est sa nécessité pour un retour à la vie normale : réouverture des lieux collectifs fermés (restaurants, musées, salles de sport…), possibilité de voyager à l’étranger et de voir ses proches sans crainte.

Les répondants acceptent cette attestation qui est jugée assez similaire aux carnets de vaccination internationaux obligatoires pour voyager dans certains pays, ou au carnet de vaccination traditionnel suivant la vaccination des enfants.

=> Condition de mise en œuvre : le passeport vaccinal ne serait toutefois accepté (et acceptable) que quand toutes les personnes volontaires auront pu être vaccinées. Les répondants insistent ainsi sur la nécessaire accélération de la campagne de vaccination

Chez les Contre, ce retour à la vie normale est beaucoup plus nuancé. Deux arguments principaux y sont opposés, un de principe, l’autre d’efficacité :

* Le passeport vaccinal créerait une discrimination entre les citoyens vaccinés et non vaccinés (notamment les personnes ne pouvant pas être vaccinées), et de fait restreindrait les libertés des derniers. Le caractère potentiellement inconstitutionnel du dispositif est ainsi mis en avant

* Le passeport vaccinal serait trop difficile à mettre en place pour qu’il soit effectif. La difficulté de réaliser les contrôles par les restaurateurs est ainsi un argument fréquent dans les réponses. Dans une moindre mesure, les participants revendiquent leur hostilité à l’idée de présenter un document à l’entrée des lieux collectifs

=> Conditions de mise en œuvre : Face à ces arguments, trois propositions sont récurrentes :

– Ne mettre en place le passeport vaccinal que pour les déplacements à l’étranger (sur le même format que le carnet de vaccination international), mais pas pour la vie quotidienne sur le territoire national
– Pour les personnes non vaccinées, pouvoir remplacer le passeport vaccinal par un test PCR négatif réalisé 72h avant
– Faire réaliser les contrôles à l’entrée des lieux collectifs par des policiers et/ou autres agents officiels

Les contre mettent également en avant les risques du vaccin encore non éprouvé (pas de retours sur son efficacité, sa dangerosité et sa compatibilité avec les nouveaux variants). Les répondants soulignent la “fausse défense” apportée par le vaccin : une personne vaccinée peut, en effet, toujours être porteuse et contagieuse.

Pour aller plus loin, nous vous invitons à télécharger la synthèse des contributions.

Résultats de la consultation sur le passeport vaccinal du Conseil économique social et environnemental (CESE)