Les robots chiens sont désormais équipés de fusils d’assaut

L’utilité des robots chiens pour les applications militaires devient indéniable.

Le robot, développé par Ghost Robotics et SWORD International, est une nouvelle version armée qui a été présentée lors de la réunion annuelle de l’Association of the United States Army qui s’est tenue à Washington DC la semaine dernière.

Le robot baptisé Special Purpose Unmanned Rifle ou SPUR (Fusil sans pilote à usage spécial) est équipé d’un puissant fusil de sniper de 6,5 mm. Celui-ci dispose de caméras de jour et de nuit et d’une portée effective de 1200 mètres.

Les robots chiens sont très mobiles, capables de traverser des terrains accidentés qui pourraient être difficiles pour des machines à roues ou à chenilles, et peuvent fonctionner avec un haut degré d’autonomie.

Cependant, le PDG de Ghost Robotics, Jiren Parikh, s’empresse de rejeter toute idée selon laquelle le fusil de sniper serait un système d’arme autonome.

“Il est entièrement contrôlé par un opérateur à distance”, déclare Parikh. “Il y a un humain qui contrôle l’arme, il n’y a pas d’autonomie ou d’IA”.

Il explique que le robot a été choisi par les clients pour sa capacité à se déplacer sur des terrains difficiles, ce qui lui permet de prendre une position de tir adéquate pour les tireurs d’élite. Cela s’applique aussi bien à l’extérieur qu’en milieu urbain où, par exemple, il peut monter des escaliers. Pendant ce temps, l’opérateur peut rester caché, hors de la ligne de tir.

L’image d’une arme d’aspect futuriste et potentiellement mortelle fixée sur un robot quadrupède a suscité des réactions très vives (la majorité d’entre elles étant négatives) dans les médias ainsi que sur les médias sociaux ces derniers jours.

« Je pense que nous allons devoir socialiser ces types de robots au cours des cinq à dix prochaines années, par petites étapes, et j’espère que les gens s’y habitueront et comprendront les avantages pour nos soldats. Mais nous savons que cela peut être effrayant. Nous avons aussi des familles, et nous pensons aussi à ces choses », déclare Parikh.

The Drive, IEEE Spectrum, NewScientist

robot chien avec fusil d’assaut. Credit : Ghost Robotics et SWORD International

La police de New York déploie un chien robot

Au grand dam des habitants du quartier, le service de police de la ville de New York a sorti son tout dernier jouet : un chien robot. Le chien robot, un modèle Spot fabriqué par Boston Dynamics, a fait une apparition dans un immeuble de logements sociaux. Des vidéos prises sur place montrent le chien robot entrant et sortant du hall de l’immeuble.

Le spectacle a suscité l’indignation de nombreux passants qui ont exprimé de manière audible leur mécontentement face à cette apparence dystopique digne de “Black Mirror”.

“Je n’ai jamais rien vu de tel de toute ma vie”, déclare la personne qui filme la vidéo.

La police a déclaré au New York Times que le robot, surnommé “Digidog”, n’a pas joué un rôle actif dans l’opération. Le chien robot n’a peut-être pas joué un rôle actif dans l’arrestation, mais le fait qu’un escadron de police armé déploie un robot sur une scène de crime active suscite des inquiétudes quant aux libertés civiles et à l’avenir de la police.

L’American Civil Liberties Union (ACLU) dénonce depuis longtemps l’utilisation de chiens robots par les forces de l’ordre comme un abus de pouvoir flagrant.

“L’une des choses qui rendent ces robots si inquiétants, c’est que tout le monde comprend implicitement que la possibilité de les armer continuera de planer comme un fruit défendu tentant pour les forces de l’ordre”, a déclaré Jay Stanley, analyste politique principal.

La vidéo fait suite à plusieurs cas de déploiement du chien robot par le personnel de la police sur la voie publique. La police a affirmé qu’elle utilisait les robots pour sauver des vies.

“La police de New York utilise des robots depuis les années 1970 pour sauver des vies lors de prises d’otages et d’incidents liés aux matières dangereuses. Ce modèle de robot est testé pour évaluer ses capacités par rapport à d’autres modèles utilisés par notre unité de service d’urgence et notre équipe de déminage.”

L’armée française teste le chien robot de Boston Dynamics

Boston Dynamics a tenté de se justifier sur le fait que ses produits sont utilisés non seulement par les services de police du monde entier, mais aussi par les forces armées.

Credit: Saint-Cyr Coëtquidan

Récemment, on a appris que la principale école militaire de l’armée française, l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, avait déployé un chien robot Spot lors d’un exercice d’entraînement de deux jours.

Au cours de l’exercice, les soldats ont simulé la prise d’un carrefour, des actions défensives de nuit et de jour, et un test de combat en milieu urbain, selon un article blog Ouest-France. Les sources citées dans l’article affirment que les robots ont ralenti les opérations mais ont contribué à assurer la sécurité des troupes.

Ils ont ajouté que l’un des problèmes était la durée de vie de la batterie de Spot : il est apparemment tombé à court de jus pendant un exercice et a dû être évacué.

Qu’il soit utilisé pour la reconnaissance ou le combat actif, l’avenir de Spot est tout sauf certain.

IA, robots et droit

L’intelligence artificielle et la robotique constituent incontestablement des leviers de croissance de nature à modifier, en profondeur, les modes de production et les modèles économiques existants, en plus de susciter, pour certaines de leurs formes, de nouveaux types de rapports sociaux qui ne seraient pas purement humains.

La singularité du robot dans l’espace juridique a vocation à s’accentuer ; symétriquement, tandis que la pertinence de la qualification de bien meuble décroît, la nécessité de doter le robot intelligent d’un statut juridique inédit se fait plus pressante.

Ce mouvement en vases communicants a ceci de particulier qu’il semble à la fois unilatéral et irréversible : la puissance de l’industrie robotique, l’implication des plus grands acteurs de l’économie numérique, l’importance des enjeux financiers, l’engouement de la recherche et l’appétence sociale constituent, ensemble, une assise particulièrement solide à l’avènement de la robotique intelligente.

Une fois la rupture technologique consommée – résultant de la liberté dont disposera bientôt le robot, elle-même continuellement renforcée par ses capacités d’apprentissage -, le droit n’aura d’autre choix que de s’aligner.

En France comme en Europe et dans le monde, les cadres réglementaire et éthique commencent déjà à se dessiner. Cet ouvrage complète le Minilex Droit des robots publié en 2015 en passant en revue toutes les disciplines : droit de la personne, droit de la consommation, contrat, responsabilité, assurance, propriété intellectuelle, droit pénal, données personnelles, sécurité, éthique, droit à la transparence des algorithmes, neurodroit, etc., mais également des technologies (chatbots, blockchain, bionique, neurosciences, etc.) et des secteurs d’activité (usine 4.0, armement, banque et finance, justice, santé, etc.).

Il comporte en outre une analyse comparative de 21 chartes éthiques et codes de conduite, qui permettent dans un premier temps d’accompagner ces mutations technologiques dans la zone Europe, Asie, États-Unis et France.

Préfaces de Olivier Guilhem, Directeur juridique de SoftBank robotics, Bruno Maisonnier, Fondateur de AnotherBrain.

Alain Bensoussan, avocat à la Cour d’appel de Paris, spécialiste en droit des nouvelles technologies de l’informatique et de la communication et fondateur de Lexing ®, premier réseau international d’avocats technologues dédié au droit des technologies avancées. Il est également président et fondateur de l’Association du droit des robots (ADDR).

Jérémy Bensoussan, avocat à la Cour d’appel de Paris et ingénieur diplômé de l’École Spéciale des Travaux publics (ESTP Paris). Il dirige le département Droit de l’IA et des technologies robotiques du cabinet Lexing Alain Bensoussan Avocats. Il est également membre de l’Association du droit des robots (ADDR).

La Chine, prochaine superpuissance de l’intelligence artificielle?

L’année dernière, le gouvernement chinois annonçait ses intentions de devenir le leader de l’intelligence artificielle d’ici 2030. Comme l’explique Eric Schmidt : « C’est assez simple. D’ici 2020, ils auront rattrapé leur retard. D’ici 2025, ils seront meilleurs que nous. D’ici 2030, ils domineront toutes les industries de l’intelligence artificielle. » Et les chiffres ne mentent pas. PricewaterhouseCoopers a récemment estimé que le déploiement de l’intelligence artificielle devrait apporter 15,7 billions de dollars supplémentaires au PIB mondial d’ici 2030, dont 7 billions à celui de la Chine, éclipsant les 3,7 billions de l’Amérique du Nord. En 2017, la Chine représentait 48 % du financement mondial destiné aux startups en intelligence artificielle, comparativement à 38 % pour les États-Unis. Les investissements chinois dans l’intelligence artificielle, les puces et les véhicules électriques auraient déjà atteint les 300 milliards de dollars.

Comme l’indique Kai-Fu Lee dans son livre intitulé AI Superpowers, quatre facteurs principaux contribueraient à faire pencher la balance en faveur de la Chine.

1. Des données abondantes

Le plus grand avantage de la Chine réside possiblement dans l’importante quantité de données dont elle dispose. La plateforme WeChat de Tencent compte à elle seule plus de 889 millions d’utilisateurs actifs par jour. C’est plus que l’ensemble de la population européenne. Les achats effectués en ligne sont près de deux fois plus importants en Chine qu’aux États-Unis. Mais l’avantage de la Chine en matière de données ne se limite pas à la quantité.

Alors que la Chine assiste à une explosion du nombre de startups O2O (online-to-offline), leurs données créent une nouvelle couche de renseignement sans équivalent en Occident. Alors que les données de paiement et de transport des utilisateurs américains sont fragmentées sur différentes plateformes, les géants chinois de l’intelligence artificielle comme Tencent créent des écosystèmes en ligne unifiés qui concentrent l’ensemble des données de chaque utilisateur en un seul endroit. Cela leur permet de générer des cartes complexes répertoriant des centaines de millions de comportements d’utilisateurs.

Avec la montée en puissance inégalée du vélo en libre-service comme l’Ofo et le Mobike en Chine, les entreprises chinoises peuvent désormais exploiter des cartes profondément texturées sur les déplacements de chacun, leur permettant d’en savoir long sur leurs habitudes d’allées et venues, tant pour le travail que pour le supermarché. Avec l’explosion des capacités de la reconnaissance faciale en Chine, ces cartes comportent de plus en plus de visages, même lorsque l’utilisateur n’est pas en ligne. En faisant correspondre le comportement des utilisateurs en ligne à leur monde physique, les entreprises chinoises de technologie bénéficient de données qui leur offrent un avantage considérable sur leurs homologues de la Silicon Valley.

La police chinoise ajoute des lunettes de reconnaissance faciale à leur arsenal de surveillance

2. Des entrepreneurs affamés

Andrew Ng, fondateur et ancien directeur de Google Brain, a noté l’engouement acharné des entrepreneurs chinois : « Le travail est effectué beaucoup plus rapidement en Chine que dans la majeure partie de la Silicon Valley. Quand vous repérez une opportunité d’affaires en Chine, le temps dont vous disposez pour la saisir est très court ».

Avec l’explosion de l’expertise chinoise en intelligence artificielle, ces entrepreneurs se débarrassent enfin de leur ancienne réputation d’« imitateurs », et créent des entreprises sans équivalent en Occident. La Chine, qui abrite aujourd’hui trois des sept géants de l’intelligence artificielle (Baidu, Alibaba et Tencent), est également le théâtre d’un écosystème florissant de startups en intelligence artificielle.

Pas plus tard que cette année, la société chinoise SenseTime, spécialisée en vision artificielle, est devenue la startup la plus lucrative au monde dans le domaine de l’intelligence artificielle. Ayant développé des technologies capables d’identifier votre visage, d’estimer votre âge et même de découvrir vos habitudes d’achat, SenseTime est maintenant un leader mondial dans les technologies de reconnaissance faciale. La société a levé 620 millions de dollars dans le cadre de sa ronde de financement Série C+ annoncée en mai dernier, pour une valeur de plus de 4,5 milliards de dollars. Et SenseTime n’est pas la seule de sa catégorie. En avril dernier, la Chine comptait 168 licornes, évaluées collectivement à plus de 628 milliards de dollars.

Un système intelligent de gestion du comportement en classe

3. Une grande expertise en intelligence artificielle

Il est important de noter que la Chine n’est qu’une nouvelle venue dans ce secteur. Quand l’apprentissage profond (deep learning) a connu sa grande percée en 2012, la Chine venait à peine de prendre part à la révolution de l’intelligence artificielle. Mais en quelques années à peine, la communauté chinoise de l’intelligence artificielle a rapidement rattrapé son retard. La majorité des chercheurs en intelligence artificielle les plus réputés au monde se trouvent toujours aux États-Unis (au profit d’entreprises comme Google), mais les géants chinois de la technologie sont rapidement en train de combler l’écart. Déjà dans le monde universitaire, les chercheurs chinois de l’intelligence artificielle sont côte à côte avec leurs contemporains américains. Au cours de la conférence 2017 de l’AAAI, un nombre égal d’articles acceptés provenaient de chercheurs américains et chinois.

Nous avons également constaté une collaboration accrue entre les plus grandes entreprises de technologie chinoises et les étudiants de talent émergents. Tencent, par exemple, parraine des bourses d’études pour des étudiants d’un laboratoire de l’Université des sciences et de la technologie de Hong Kong, leur donnant ainsi accès à une masse de données WeChat. De leurs côtés, Baidu, Didi et Tencent ont tous mis sur pied leurs propres laboratoires de recherche.

La société chinoise Face++ est désormais le leader mondial de l’intelligence artificielle en reconnaissance de visages et d’images, devançant les meilleures équipes de Google, Microsoft et Facebook lors du concours de reconnaissance d’images COCO 2017. La société de logiciels de reconnaissance vocale iFlyTek n’a pas seulement supplanté DeepMind d’Alphabet, Facebook et Watson d’IBM dans le traitement du langage naturel, elle l’a fait dans sa « langue seconde », l’anglais. Cette entreprise, la plus importante au monde dans le traitement du langage, a développé une technologie de pointe qui devrait un jour permettre la traduction instantanée de la parole dans n’importe quelle langue.

Une technologie pour lire les émotions des employés chinois

4. Les directives du gouvernement chinois

Le jour où AlphaGo de DeepMind a battu le chinois Ke Jie, alors champion du monde au jeu de Go, est entré dans l’histoire comme l’« événement Spoutnik » de la Chine. Dans les deux mois qui ont suivi cette victoire de l’intelligence artificielle, le gouvernement chinois a annoncé son plan visant à faire de la Chine le centre mondial de l’innovation en intelligence artificielle, avec l’objectif d’atteindre le billion de yuans (environ 150 milliards de dollars US) dans ce secteur d’ici 2030.

Au cours de la dernière décennie, les dépenses du gouvernement chinois en matière de recherche sur les STEM (Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques) ont augmenté de deux chiffres d’une année à l’autre. Les maires de tout le pays ont construit des incubateurs d’innovation, fournissant des fonds à capital-risque soutenus par le gouvernement, couvrant même le loyer et ouvrant des avenues pour les startups et les accélérateurs en intelligence artificielle. Pékin prévoit d’investir 2 milliards de dollars dans un parc de développement de l’intelligence artificielle, qui abriterait jusqu’à 400 entreprises et un laboratoire national d’intelligence artificielle, stimulant la recherche-développement, les brevets et l’innovation sociale. Des zones comme le nouveau district de Xiong’an s’affairent à la construction de villes entières d’intelligence artificielle pour les deux prochaines décennies, centrées autour de véhicules autonomes, de routes équipées de panneaux solaires et d’infrastructures équipées de systèmes de vision par ordinateur.

La Chine construit un parc industriel pour la recherche sur l’IA

Enfin, les administrations locales ont commencé à s’associer aux plus importantes sociétés chinoises de l’intelligence artificielle pour construire des complexes parti-entreprise. Agissant à titre d’« équipes nationales », des entreprises comme Baidu, Alibaba, Tencent et iFlyTek collaborent avec des organisations nationales comme le National Engineering Lab for Deep Learning Technologies de Chine pour faire avancer la recherche et stimuler l’innovation.

Mot de la fin

Autrefois négligé et perçu comme un marché d’imitateurs cherchant de l’inspiration et du savoir-faire du côté de la Silicon Valley, l’écosystème chinois de l’intelligence artificielle a largement dépassé ce stade. Propulsé par une abondance de fonds gouvernementaux, la refonte des infrastructures intelligentes, des recherches de pointe en intelligence artificielle et certains des entrepreneurs les plus dynamiques au monde, le train chinois de l’intelligence artificielle ne semble pas près de ralentir.

traduction Mathieu Lepage

Peter Diamandis blog

La Maison Blanche lance un groupe de travail sur l’intelligence artificielle

Le Comité spécial sur l’intelligence artificielle, un effort du National Science and Technology Council, a été annoncé le 10 mai lors d’un événement de la Maison-Blanche qui a accueilli des représentants de géants de la technologie tels que Google, Amazon et Facebook. L’annonce de Michael Kratsios, directeur adjoint de la technologie à la Maison Blanche, était pleine d’aspiration, décrivant comment les efforts de robotique qui ont vu le succès pourraient être utilisés comme modèles pour stimuler la croissance de l’emploi pour les travailleurs touchés par l’automatisation.

Un communiqué de presse de la Maison Blanche sur “l’intelligence artificielle pour le peuple américain” note les efforts déjà faits par l’administration Trump pour renforcer l’industrie de l’intelligence artificielle et donner la priorité à la recherche et au développement, ainsi que prendre des mesures pour s’assurer que les travailleurs américains sont prêts pour la révolution de l’automatisation. Kratsios reconnaît que les pertes d’emplois résultant de l’IA sont maintenant une priorité pour l’administration. “Dans une certaine mesure, le déplacement de l’emploi est inévitable”, a-t-il déclaré. “Mais nous ne pouvons pas rester inactifs, espérant que le marché finira par régler le problème. Nous devons faire ce que les Américains ont toujours fait : s’adapter.”

“Nous sommes à la veille de nouvelles révolutions technologiques qui pourraient améliorer pratiquement tous les aspects de nos vies, créer de nouvelles richesses pour les travailleurs et les familles américaines et ouvrir de nouvelles frontières audacieuses dans les domaines de la science, de la médecine et de la communication”. Président Donald J. Trump

Kratsios a noté que le Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison Blanche allait bientôt publier un plan quinquennal pour améliorer l’éducation STEM (acronyme de science, technology, engineering, and mathematics), y compris des mesures pour augmenter le nombre d’étudiants travaillant dans la recherche sur l’intelligence artificielle.

Les États-Unis investissent déjà beaucoup dans l’intelligence artificielle; Selon le Washington Post, la Maison Blanche estime que le gouvernement américain a dépensé plus de 2 milliards de dollars en 2017 pour des programmes de développement d’intelligence artificielle non classifiés, ainsi qu’un montant inconnu sur l’intelligence artificielle pour des utilisations classifiées comme la défense ou la collecte de renseignements. En outre, les investisseurs privés dans le pays dépensent plus dans les startups de l’Intelligence Artificielle que toute autre industrie, dépensant environ 21 milliards de dollars en entreprises d’Intelligence Artificielle en 2016.

Comment éviter les pertes d’emplois technologiques

Kratsios a déclaré que l’administration actuelle poursuivra ces investissements : “Pour réaliser le plein potentiel de l’IA pour le peuple américain, il faudra les efforts combinés de l’industrie, du milieu universitaire et du gouvernement.”

Il suggère également que la recherche sur l’intelligence artificielle pourrait être améliorée en ouvrant l’accès aux vastes gisements de données financées par les contribuables du gouvernement d’une manière qui ne compromet pas la vie privée ou la sécurité. Les données financées par les contribuables constituent une catégorie assez vaste, englobant tout, de la recherche scientifique nationale aux infrastructures de la ville en passant par les dépenses de santé.

Comment la technologie affecte les emplois en Asie

Impact de la technologie sur l’emploi

Selon un rapport publié cette semaine par la Banque asiatique de développement, l’économie asiatique bénéficiera globalement de l’automatisation en raison de sa productivité élevée et de la création de meilleurs emplois – mais elle prévient également que certains emplois sont également en danger. Le déplacement des travailleurs dû à la technologie est réel, mais avec les bonnes compétences, la formation et la réglementation, l’Asie peut surmonter ce défi.

Le rapport présente également des analyses économiques de 45 économies, y compris la République populaire de Chine, l’Inde et l’Indonésie. La publication examine les perspectives de l’Asie par sous-région : Asie centrale, Asie de l’Est, Asie du Sud, Asie du Sud-Est et Pacifique.

Selon l’International Federation of Robotics, les entreprises asiatiques ont acheté 190 492 robots en 2016, soit une hausse de 19% par rapport à l’année précédente. C’est la plus importante croissance que dans n’importe quelle autre région du monde.

Jusqu’à présent, les secteurs les plus automatisés sont ceux de l’automobile et de l’électronique, qui ne représentent plus que 13% des emplois manufacturiers de la région.

Les robots n’ont pas encore infiltré les industries de l’habillement et de la transformation des aliments, qui, combinées, ne représentent que 1,4% des bots de la région. Cependant, ces secteurs emploient également 31,5% des travailleurs d’usine en Asie et, bien que ce type de travail à forte intensité de main-d’œuvre soit à l’abri de l’automatisation pour l’instant, les progrès de la robotique pourraient sérieusement réduire les emplois dans les années à venir.

137 millions de travailleurs d’Asie du Sud-Est pourraient perdre leur emploi face à l’automatisation d’ici les 20 prochaines années

Les Smart Farms, vers une nouvelle forme d’agriculture ?

Les avancées technologiques bouleversent le monde de la production agricole. Les fermes intelligentes vont se développer davantage dans ce domaine avec une production alimentaire de plus de 70% aux alentours des années 2050 et en considérant un climat qui évolue également. La production alimentaire est amenée progressivement à changer et l’on prévoit des innovations dans le domaine de la gestion des fermes agricoles baptisées « Smart Farms ».

A. Le smart farming ou agriculture intelligente

Ce domaine d’activités concerne l’application moderne des technologies de l’information et de la communication dans le domaine de l’agriculture. Cette technique introduit plusieurs services et outils qui sont intéressants d’évoquer. Ces différents outils correspondent à l’internet des objets, aux systèmes de géo-positionnement, à l’utilisation du big data, des drones et de la robotique destinés à améliorer la production agricole dans les infrastructures en question. L’agriculture intelligente devrait proposer une valeur ajoutée à l’agriculteur avec une prise de décision plus importante, d’opérations d’exploitations et de gestions plus efficaces. Trois domaines renseignent sur les spécificités du « smart farming » : les systèmes d’informations de gestion, l’agriculture de précision et l’automatisation agricole et robotique. Le premier système, celui de l’information de gestion, permet d’accéder à une planification de la collecte, du traitement, du stockage et de la diffusion des données pour la réalisation d’opérations dans les fermes agricoles. Le deuxième système concerne l’agriculture de précision. Il s’agit de systèmes destinés à gérer la variabilité spatiale et temporelle de la culture pour améliorer les rendements économiques et de réduire l’impact environnemental des fermes intelligentes. Enfin, le troisième domaine est celui de l’automatisation agricole et de la robotique avec des processus capables d’appliquer des techniques de la robotique, du contrôle automatique et de l’intelligence artificielle à tous les niveaux de la production agricoles et impliquant l’utilisation de drones sur les cultures avec la possibilité de contrôler l’irrigation voire le désherbage localisé. Enfin, ces structures useraient d’une technologie sensitive qui les rendrait plus intelligentes et connectées. L’activité animale serait suivie par des systèmes de géolocalisations performants avec des systèmes de messageries connectés qui alerteraient les producteurs quant au lieu et au positionnement des animaux de ces fermes innovantes.

B. Une agriculture intelligente verticale, le cas de Plenty

Plenty est une start-up de la Silicon Valley californienne qui réalise une agriculture verticale avec l’idée de construire des fermes intérieures de grandes tailles à proximité des villes. L’agriculture verticale est une autre forme d’innovation intelligente mais concerne principalement les cultures intérieures avec une organisation à la verticale pour densifier sa production. La spécificité de cette agriculture innovante est plus que l’agriculture conventionnelle de pouvoir garder un contrôle sur le climat destiné à la production agricole. Les parasites et les pesticides sont minimisés et l’eau et les nutriments nécessaires à la bonne production sont appliqués en conséquences et de manière précise. En fait, une ferme verticale intelligente peut produire davantage de nourriture qu’une ferme traditionnelle. De même, sa proximité avec les zones urbaines permet de réduire les chaines de distributions et de contribuer à une livraison des aliments plus rapides. La particularité de ces fermes verticales est le fait que les plantes destinées à la culture poussent comme l’explique le journaliste David Roberts sur des « tours verticales de 20 pieds » et avec pour l’eau et la condensation de cette production la particularité d’être « collectée et recyclée ». Une innovation de taille dans le domaine de la production agricole de proximité.

Ferme verticale : INFARM développe l’avenir de l’agriculture urbaine et du commerce de détail

Conclusion

Bien entendu, ces innovations technologiques demandent à être analysées avec précision et sur le long terme. Il est important de réfléchir à la manière dont elles transforment l’activité même du producteur agricole tant sur le plan de la gestion de la production qu’au niveau économique. Faut-il voir dans ces innovations une amélioration technique des activités agricoles ? Comment concilier un rendement productif et augmenté par ces technologies tout en maintenant des savoirs-faires de qualités chez les producteurs ? Quelques questions posées ici pour tenter de cerner la manière dont ces fermes intelligentes participent à une évolution des pratiques et en considérant le rapport et l’investissement financier que représentent ces innovations dans un monde agricole en pleine mutation.

Benjamin Lorre
Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication – USPC. Il nous propose des articles d’opinions sur les questions de mode de travail, de révolutions des pratiques professionnelles et de l’innovation technologique dans la société. Il s’intéresse aux nouvelles mutations du travail en lien avec la diffusion des technologies numériques.

Sitographie

What is Smart Farming? Smart AKIS est un réseau européen, à destination des agriculteurs, sur les innovations technologiques et les changements de pratiques liées à l’agriculture numérique.
Terre-net Média : Détection des maladies foliaires et des adventices dans le viseur des drones
Vox: This company wants to build a giant indoor farm next to every major city in the world. Vertical farming may finally be growing up.

Intelligence Artificielle : Révolution du travail agricole ?

La Cobotique, analyse du rapport homme-machine dans les industries

Cette nouvelle contribution vise à rendre compte d’une technologie innovante dans le domaine de l’industrie et au carrefour de plusieurs disciplines que sont la robotique, la mécanique, l’électronique et les sciences cognitives pour apporter à l’homme une amélioration dans la réalisation de ses tâches principalement de production industrielle. La cobotique apparaît comme un néologisme associant les mots de robotique et de collaboration. Il s’agit ni plus ni moins que de la collaboration entre les hommes et suivant le cas des opérateurs avec les robots, autrement dit des machines programmées. La cobotique présente un intérêt important pour les nouvelles orientations économiques et politiques de la société soumise de plus en plus à un rythme de compétition dans le monde industriel. Si la cobotique à l’origine concernait principalement des laboratoires de recherche et de développement, elle commence progressivement à sortir de ces milieux pour être introduit dans le milieu industriel en assistant les opérateurs pour la réalisation de tâches de fabrication et de production.

Je présenterai dans un premier temps une définition non exhaustive de cette nouvelle technologie de collaboration entre les hommes et des systèmes robotiques, puis détaillerai certaines de ses spécificités mettant en avant les interactions entre l’homme et ces machines, et présenterai deux exemples de technologies cobotiques propre au monde industriel.

Enfin, je conclurai mon propos en essayant d’esquisser une réflexion sur la manière dont cette collaboration peut exister entre ces deux univers (humains et machines) en proposant quelques interrogations de nature sociale et économique à ce sujet. J’ajoute que cette technologie en est à ses balbutiements et que sa diffusion dans la sphère privée pour assister l’homme dans ses tâches quotidienne demandera, il me semble, encore un peu de temps. Aussi, et pour cette raison, je m’en tiendrai principalement à la cobotique de nature industrielle.

1. Définition de la Cobotique

L’histoire de la Cobotique remonte vers la fin des années 1990, lorsque Michael Peshkin et Edward Colgate, professeurs de mécanique et d’automatique à la Northwestern University, une université américaine située au nord de Chicago, proposent un néologisme associant les mots de robotique et de collaboration. Peshkin et son collègue Colgate considéraient les cobots comme des systèmes à part entière utilisant « des transmissions à variation continue entre le mouvement humain et le mouvement développé » (Claverie et all, 2013, p 3). Ce rapprochement entre les mouvements humains et développés se traduit par une interaction entre humains et machines avec pour les opérateurs de ces systèmes des possibilités augmentées et amplifiées pour saisir, manipuler voire usiner des pièces sur les chaînes de production industrielle. La vulgarisation du terme cobotique illustrée par la robotique coopérative s’est réalisée à partir des années 2010. Comme l’expose Bernard Claverie la cobotique concerne principalement « l’interaction réelle, directe ou téléopérée, entre un opérateur humain et un système robotique asservi ou pseudo-autonome » (ibid, p 4). Autrement dit, il s’agit d’une coopération entre un homme et un système robotique artificiel centrée sur l’utilisateur avec la spécificité d’augmenter les potentialités gestuelles et de mouvements des opérateurs humains. La particularité de la cobotique est également de proposer des robots d’assistance à l’homme tout en automatisant quelques unes de ses tâches. On peut prendre pour exemple le travail assisté de ces robots de coopérations sur les chaînes automatisées et de production industrielle pour lesquelles les opérateurs réalisent des tâches tout en étant augmentés par la présence et l’utilisation de ces systèmes robotisés. Contrairement aux robots, les cobots sont dépourvus de système autonome. Ils sont donc à la charge des humains qui les emploient pour la réalisation de tâches parfois difficiles comme la réalisation d’opérations à cadence élevée comme les chaînes de production industrielle.

2. Le développement de la cobotique

L’intégration des cobots dans le milieu industriel est un domaine en plein développement. En effet, les robots collaboratifs dont la partie intelligente concerne celle de l’opérateur, représenteraient moins de 2% dans le domaine industriel même si leurs ventes ne cessent de croître au fil des années. En ce qui concerne les ventes de ces systèmes robotiques, selon le Barclay Equity Research environ 150 000 cobots seront vendus à l’horizon 2020. La particularité de la cobotique est aussi à travers son intérêt par les entrepreneurs de faciliter la réalisation de tâches parfois délicates voire fatigantes avec un contrôle humain précis qui évite « le rejet de l’usage du robot autonome » (ibid, p 8). Ce développement de la cobotique dans la société marque de véritables opportunités dans le monde de la robotique avec l’idée de pouvoir assister l’humain, ce qui en fait une de ses spécificités et de pouvoir également diriger et interagir avec ces machines dans la réalisation de tâches parfois difficile. L’enjeu de la cobotique apparaît alors à un double niveau avec dans un premier temps, la préservation de la santé des opérateurs au travail puis dans un second temps, l’amélioration des performances pour l’exécution de tâches aussi complexes soient-elles.

3. Des exemples industriels de cobotique

Pour illustrer mon propos, je vais prendre les exemples des entreprises Vinci Energies et de Safran. Chez Vinci Energies, il semblerait que l’entreprise ait intégrée dans son processus industriel plusieurs systèmes de cobotiques présents dans ces usines. L’exemple proposé concerne un système de manutention de barres de titanes pour la réalisation de forgeage à chaud des aubes de réacteurs. Le système cobotique intervient comme complément technique pour la réalisation de ces tâches de fabrication. Enfin, concernant l’entreprise Safran, elle a lancé un programme de recherche appliquée sur l’utilisation d’une cobotique adaptée au métier et en mettant en interaction un roboticien et un ergonome pour penser les concepts de cobots avec des tests dans les usines de Herakles et d’Aircelles En effet, ce programme vise à analyser les interactions entre les hommes et les machines. En parallèle de ce programme de recherche, la société Snecma (filiale du groupe Safran) propose un atelier d’innovation industrielle avec pour objectif de tester les robots sur les lignes de production industrielle.

Conclusion

A partir de ce phénomène technologique innovant, qu’est la cobotique, il convient de s’interroger sur les possibilités offertes en terme d’augmentation et d’amélioration des processus industriels et d’interactions avec les opérateurs humains. Depuis plusieurs années, ces systèmes innovants sont en plein essor avec une diffusion croissante dans la société en sortie de laboratoires pour être installés dans le milieu industriel et prochainement (selon hypothèse) dans la sphère médicale et particulière. De même, il semble pertinent de s’interroger sur ce phénomène technologique croissant. En effet, de quelles manières les entreprises PME comme les grands groupes perçoivent-elles l’intégration de ces dispositifs socio-techniques ? Quelles sont les lignes économiques, sociales voire politiques qui se dressent à partir du développement de ces technologies dans la société ? Des enjeux financiers sont attendus avec une nouvelle compétitivité pour les entreprises qui développent ces robots d’un nouveau genre. Il faut donc s’attendre à de nouveaux phénomènes d’intégrations techniques qui devront être étudiés et analysés au mieux pour cerner la manière dont ces systèmes se développent, interagissent avec les êtres humains et surtout permettent le maintien de l’emploi dans une société résolument complexe.

Benjamin Lorre
Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication – USPC. Il nous propose des articles d’opinions sur les questions de mode de travail, de révolutions des pratiques professionnelles et de l’innovation technologique dans la société. Il s’intéresse aux nouvelles mutations du travail en lien avec la diffusion des technologies numériques.

La révolution numérique et le travail, un nouveau tournant dans les activités professionnelles ?

Cette nouvelle contribution expose la manière dont la révolution numérique organise le travail dans le présent comme dans l’avenir. Les technologies numériques transforment l’activité professionnelle, la communication entre les travailleurs ainsi que leurs habitudes. Elles participent à des changements majeurs dans tous les secteurs de l’activité humaine, et notamment sur les modes de production des biens et des services traduisant une mutation de l’emploi et des compétences des travailleurs dans l’avenir. Une évolution sans précédent qui mérite d’être interrogée : Quelles transformations les technologies du numérique vont-elles réaliser sur le travail et comment l’individu travaillera t-il dans l’avenir ? A partir d’un recueil d’articles et de rapports sur les questions du travail et de son avenir, je vais tenter de présenter la manière dont le travail est et sera bouleversé dans les années à venir notamment sur dans le secteur tertiaire des biens et des services.

Un des résultats qui peut questionner l’opinion publique concerne le manque de compétences technologiques et numériques en France. Selon plusieurs études, il semblerait qu’environ 80 000 emplois soient vacants aux environ des années 2020 avec 35 % des travailleurs actifs qui ne disposent pas de compétences technologiques et qui interviennent dans la transformation du travail. La révolution numérique transforme en profondeur le travail avec une évolution des métiers et des activités professionnelles.

I. L’émergence de nouvelles formes de travail

De nouvelles formes de travail sont entrain d’émerger progressivement sur les territoires. Il s’agit de formes de travail aussi diverses que variées telles que les open spaces, les espaces de co-working, et les espaces collaboratifs. Aussi il devient urgent de s’interroger sur l’avenir du travail. Les entreprises cherchent des solutions pour améliorer le modèle organisationnel avec la création en interne de lieux dédiés au travail assurant confort et ergonomie pour des travailleurs de plus en plus connectés et préférant des modes de travail à l’horizontal et en réseau, voire intéressés par la pratique du télétravail. A partir de ce constat, il semblerait que l’univers du travail va connaître de nouveaux changements et sans doute plus rapidement que prévu. Des experts (Dell Technologies et IFTF en Californie) ont publié un rapport qui introduit des mutations rapides sur le marché du travail et sur les activités professionnelles des travailleurs dans l’avenir. La phase annoncée concerne le développement du numérique avec la présence de l’intelligence artificielle qui interviendra comme un outil d’apports de solutions et d’interprétation de données au même titre que le travailleur humain. Dans les années à venir « Le rythme des changements sera si rapide que les gens apprendront ‘sur le moment’, en utilisant de nouvelles technologies telles que la réalité augmentée et la réalité virtuelle » expose Dell Technologies. De fait, « la capacité à acquérir de nouvelles connaissances sera plus précieuse que la connaissance elle-même ». Un constat édifiant qui amène à s’interroger sur la manière dont le travail évoluera et sur les conséquences directes auprès des travailleurs et des nouvelles générations.

II. Les nouvelles générations et le numérique

Les nouvelles générations du travail plus flexibles et intéressées par l’auto-entreprise interrogent notamment sur la manière dont les entreprises peuvent les recruter. La particularité de ces générations est de disposer d’une certaine maitrise dans les technologies notamment numériques. Elles ont un intérêt important pour la téléphonie intelligente et une appétence pour l’utilisation des réseaux sociaux numériques. La flexibilité est aussi le maitre mot pour cette génération qui cherche à concilier le travail et leurs vies familiales en plus d’ambitionner dans leurs carrières professionnelles. Face à cette génération et pour des travailleurs plus âgés, il peut être question de personnalités qui résistent au changement sans prises de risques importantes et qui fonctionnent avec des méthodes de travail hiérarchiques et davantage conventionnelles. Comment les entreprises peuvent-elles gérer à ce niveau la relation entre ancienne génération et nouvelle génération qui s’illustre par leur dynamisme, leurs flexibilités et le multitasking ?

III. L’évolution majeure du travail

Le monde dans lequel nous vivons est en évolution perpétuelle. Notre façon de travailler connait de nouveaux changements et transformations. Des réflexions sont importantes à mener pour qui cherchent à comprendre la manière dont le travail évolue. Les générations anciennes avaient de l’intérêt pour connaitre en profondeur et comprendre l’ensemble des choses avec une certaine temporalité. L’accélération et la diffusion du numérique dans les activités professionnelles modifient ces aspects et répond à de nouvelles idéologies quant aux pratiques professionnelles et à la nature même du travail. Il me semble assez difficile de se projeter sur les vingt prochaines années pour cerner la manière dont le travail se fera notamment avec l’utilisation des technologies numériques en perpétuelle évolution. Certains chercheurs parlent d’organisation de travail en réseaux qui fonctionnent sur un mode horizontal avec une connexion des employés plus importantes que dans le passé. Des réseaux d’entreprises émergent également avec des plateformes de réseautage d’entreprises comme Workplace.

L’avenir du travail pose alors de réelles questions avec des travailleurs actifs qui seront sans doute amenés à augmenter leurs ressources et leurs compétences et surtout à apprendre tout au long de leurs carrières professionnelles. Une réalité déjà là mais qui devrait évoluer dans les années à venir.

Sitographie :
Étude produite conjointement par l’IFTF-Institute for the Future et Dell Technologies (juillet 2017) : Realizing 2030: Dell Technologies Research Explores the Next Era of Human-Machine Partnerships (La nouvelle ère des relations hommes-machines)

Benjamin Lorre
Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication – USPC. Il nous propose des articles d’opinions sur les questions de mode de travail, de révolutions des pratiques professionnelles et de l’innovation technologique dans la société. Il s’intéresse aux nouvelles mutations du travail en lien avec la diffusion des technologies numériques.