Approches technologiques de l’amélioration des performances humaines

Une nouvelle ère surhumaine marquée par le transhumanisme

Le Pentagone mène des recherches sur l’édition génétique, l’Internet des corps et l’IA pour améliorer les performances humaines

L’amélioration des performances humaines (HPE) aura des répercussions sur les opérations militaires et de renseignement. Des variétés d’améliorations des performances humaines pourraient avoir une valeur opérationnelle potentielle pour l’armée et le renseignement.

Certains exemples sont l’augmentation de la force, de la vitesse, de l’endurance et de l’intelligence ; d’autres sont la réduction des besoins en sommeil et des temps de réaction.

Le présent rapport RAND examine trois modalités possibles d’amélioration des performances humaines : (1) les modifications génétiques, (2) l’intelligence artificielle (IA), et (3) les approches de l’Internet des corps (IoB) dans lesquelles les dispositifs implantés dans ou portés par un humain sont connectés à un réseau.

Pour chaque modalité, ce rapport donne un aperçu de son potentiel pour l’amélioration des performances humaines, de l’état des technologies habilitantes et des défis associés (tant techniques qu’éthiques). Le rapport présente également une discussion sur les pays où les capacités ou la recherche fondamentale associée sont les plus activement poursuivies.

Chacun de ces domaines d’amélioration des performances humaines repose à un moment donné sur des signaux numériques. Outre l’amélioration des performances humaines proprement dite, l’émission, le stockage et la manipulation de ces informations numériques peuvent présenter des risques et des opportunités pour les opérations militaires et de renseignement. Certaines des technologies abordées sont embryonnaires, mais le rythme de développement est difficile à prévoir, et ce rapport fournit un instantané dans le temps de l’état du domaine technologique.

Credit: GettyImages

Les communautés de la défense et du renseignement américaines sont sur le point d’inaugurer une nouvelle ère marquée par le transhumanisme en finançant des recherches sur l’édition génétique, l’intelligence artificielle et l’Internet des corps (IoB) pour améliorer les performances humaines.

Dans les décennies à venir, l’IA et la biotechnologie nous donneront des capacités divines pour réorganiser la vie, voire pour créer des formes de vie totalement nouvelles. Après quatre milliards d’années de vie organique façonnée par la sélection naturelle, nous sommes sur le point d’entrer dans une nouvelle ère de vie inorganique façonnée par la conception intelligente.

Le rapport RAND, parrainé par le Pentagone, décrit les potentialités technologiques de cette recherche transhumaniste controversée, qui comprend potentiellement “l’ajout de gènes reptiliens permettant de voir dans l’infrarouge” et “la possibilité de rendre les humains plus forts, plus intelligents ou mieux adaptés aux environnements extrêmes”.

« Les améliorations des performances humaines peuvent être regroupées en deux catégories : (1) les améliorations qui apportent une capacité supérieure à celle de la population humaine naturelle (c’est-à-dire non génétiquement modifiée), et (2) les améliorations qui augmentent la capacité d’un individu, mais seulement à un niveau qui reste dans les limites de la variation présente dans la population humaine naturelle. L’ajout de gènes reptiliens qui confèrent la capacité de voir dans l’infrarouge est un exemple de la première catégorie. Augmenter l’endurance d’un coureur moyen au niveau d’un marathonien d’élite est un exemple de la deuxième catégorie ».

Selon le rapport RAND, “Technological Approaches to Human Performance Enhancement“, les modalités d’amélioration des performances humaines (human performance enhancement HPE) peuvent être regroupées en trois catégories principales :

– L’édition génétique
– Applications de l’intelligence artificielle
– Les technologies en réseau que l’on peut porter (wearable) ou même implanter (ce que l’on appelle l’Internet des corps [IoB]).

Pour les communautés américaines de la défense et du renseignement, l’amélioration des performances humaines offre “la possibilité d’accroître la force, la vitesse, l’endurance, l’intelligence et la tolérance aux environnements extrêmes et de réduire les besoins en sommeil et les temps de réaction – ce qui pourrait contribuer au développement de meilleurs opérateurs.”

« La plupart des recherches sur l’amélioration des performances humaines visent à améliorer la santé et le bien-être de l’homme, à comprendre et à éviter ou atténuer les sources connues de morbidité ou de déficience et à améliorer la qualité de vie. Les mutations génétiques, par exemple, sont associées à des maladies et ont été ciblées par des thérapies géniques. Du point de vue des opérations militaires et de renseignement, cependant, l’HPE – en offrant la possibilité d’accroître la force, la vitesse, l’endurance, l’intelligence et la tolérance aux environnements extrêmes et de réduire les besoins en sommeil et les temps de réaction – pourrait contribuer au développement de meilleurs opérateurs. Ces mêmes développements pourraient également créer des risques qui pourraient être exploités par des adversaires ».

Le rapport ajoute que dans les prochaines années, “l’amélioration des performances humaines pourrait aider les services militaires et les analystes du renseignement en utilisant de multiples techniques pour connecter la technologie à l’être humain.”

« Dans les prochaines années, l’amélioration des performances humaines pourrait aider les services militaires et les analystes du renseignement en utilisant de multiples techniques pour connecter la technologie aux êtres humains. Certaines de ces techniques sont explorées ou utilisées aujourd’hui. Les dispositifs technologiques peuvent être portés à l’extérieur du corps (p. ex. prothèses, exosquelettes) ou implantés à l’intérieur. »

L’édition génétique pour l’amélioration des performances humaines

L’édition génétique, selon le rapport RAND, a le potentiel de :

– rendre les humains plus forts, plus intelligents ou mieux adaptés aux environnements extrêmes

– fournir de nouvelles capacités (comme la vision infrarouge) – des applications ayant des implications potentielles pour les opérations militaires et de renseignement.

Qu’adviendra-t-il des soldats et des agents gouvernementaux génétiquement modifiés avec des pouvoirs surhumains une fois leur service terminé ? Quels avantages ou inconvénients les personnes dotées de capacités divines auraient-elles par rapport au reste de l’humanité ?

Les exemples d’applications d’édition génétique présentés dans le rapport incluent :

– Ajout de gènes reptiliens qui permettent de voir dans l’infrarouge.

– Favoriser des caractéristiques physiques spécifiques (par exemple, la capacité à faire face à de faibles niveaux d’oxygène) qui pourraient aider les combattants.

– Augmenter la masse musculaire chez les humains non malades

– Augmenter l’endurance d’un coureur moyen au niveau d’un marathonien d’élite.

– Pour les voyages dans l’espace : Ajout des gènes de Deinococcus radiodurans, une bactérie qui peut survivre à des niveaux élevés de radiation, et ajout des gènes de divers organismes pour permettre aux humains de synthétiser les 20 acides aminés (les humains n’en synthétisent normalement que 11 et extraient les neuf autres de leur alimentation).

Créer des cyborgs IA-humains pour améliorer les performances humaines

« L’IoB fournit plusieurs illustrations issues des technologies de l’information et de la consommation et des applications médicales. Parce que ces applications impliquent de compléter les performances humaines existantes, elles pourraient être résumées comme l’approche cyborg de l’HPE – l’augmentation des performances humaines en ajoutant quelque chose au corps humain ».

Selon le rapport, la reconnaissance des formes et la puissance de traitement des données de l’IA lui confèrent deux avantages potentiels :

Tout d’abord, la vitesse d’acquisition et de traitement des données permettrait un retour d’information en temps réel, comme la stimulation transcrânienne, afin d’améliorer la réponse humaine et la prise de décision en temps réel.

Deuxièmement, l’IA peut être utilisée pour individualiser un traitement dont on pense généralement qu’il a un effet positif sur les performances, par analogie avec la médecine de précision (personnalisée) ; la personnalisation pourrait être utilisée avec toutes les modalités d’amélioration des performances.

En cas de succès, l’HPE-AI pourrait réduire considérablement le temps nécessaire au traitement des données et aux réponses aux situations, ainsi qu'”améliorer la prise de décision grâce à des prothèses cognitives” – les interfaces cerveau-ordinateur (BCI).

La principale application recherchée pour les BCI, selon le rapport, est la “neuroprothèse (c’est-à-dire le contournement du système nerveux dans le but de contrôler des appareils externes, tels que des membres mécaniques ou des implants cochléaires)”.

« Cependant, l’essor de l’IA, du Machine Learning, des réseaux neuronaux profonds et des algorithmes hybrides a élargi le traitement des données pour une variété d’applications. La principale application recherchée pour les BCI est la neuroprothèse (c’est-à-dire le contournement du système nerveux dans le but de contrôler des appareils externes, comme des membres mécaniques ou des implants cochléaires). Les humains peuvent être entraînés à contrôler toutes sortes d’appareils externes, comme le mouvement d’une souris d’ordinateur, des bras robotisés et des drones. »

Principales conclusions

Les trois catégories de technologies examinées dans le présent rapport ont le potentiel d’être utilisées pour améliorer les performances humaines, mais à des moments différents

– Un domaine très médiatisé est celui de la manipulation génétique, qui est le plus récent – la recherche se concentre sur le potentiel de réduction des maladies, et des décennies de recherche seront nécessaires avant de pouvoir espérer une application significative à l’EPH. Cela dit, certaines formes d’analyse génétique peuvent être utiles pour comprendre les capacités des personnes telles qu’elles sont aujourd’hui.

– L’IA a également été longtemps associée à un battage médiatique et, bien que les technologies connexes s’améliorent régulièrement, les impacts significatifs sur les prothèses cognitives et autres devraient prendre cinq à dix ans. Ces nouvelles prothèses fourniront de nouveaux canaux de communication, ainsi que les vulnérabilités associées.

L’IoB a déjà des effets aujourd’hui ; elle deviendra plus complexe et plus performante au fil du temps. Elle devient à la fois une source de signaux et une cible pour les cyberattaques.

Recommandations

– Pour comprendre quand et où des percées ou des reculs ont eu lieu, et quand et où des applications nouvelles, voire surprenantes, ont vu le jour, il faudra assurer un suivi.

– Le lancement ou l’arrêt de programmes pertinents, l’octroi de subventions ou de contrats gouvernementaux, les coentreprises et les acquisitions, les conférences et les salons professionnels, les brevets et les publications sont autant d’indicateurs à surveiller.

– Il sera également important de surveiller les types de données qui sont intentionnellement et involontairement collectées, utilisées ou émises par les systèmes liés à l’amélioration des performances humaines. Les avantages des nouvelles formes de communication seront compensés par de nouveaux types de cyber-vulnérabilités.

Le mythe de l’humain augmenté

Une critique politique et écologique du transhumanisme

« Réfléchir le transhumanisme sous l’angle du politique, c’est donc en premier lieu l’appréhender pour ce qu’il est avant tout, à savoir une idéologie. »

Le mythe de l’humain augmenté Une critique politique et écologique du transhumanisme
https://ecosociete.org/livres/le-mythe-de-l-humain-augmente

Mouvement prônant une amélioration radicale de nos performances physiques, intellectuelles et émotionnelles grâce aux avancées technoscientifiques et biomédicales, le transhumanisme et l’idéologie de l’humain augmenté gagnent de plus en plus en notoriété. Or, le sensationnalisme futuriste de ses thèses nous empêche de bien réfléchir à leur réalité scientifique, à leur rôle économique et à leur sens politique. En resituant le débat sur le terrain du politique, Nicolas Le Dévédec montre avec clarté que ce mouvement n’est en rien révolutionnaire : changer l’être humain pour mieux ne pas changer notre modèle de société constitue son ressort politique profond.

Adhérant à l’horizon productiviste de notre temps, le transhumanisme est indissociable du néolibéralisme et de l’appropriation capitaliste toujours plus poussée de nos corps et de nos vies, comme en témoigne l’intériorisation des normes de performance individuelle calquées sur le modèle de l’entreprise. Cristallisant l’imaginaire de la maîtrise de la nature, le mouvement contribue également à entretenir un rapport au monde, à l’humain et au vivant profondément dévastateur. À l’ère de l’Anthropocène, il est temps de reconquérir notre autonomie politique et de formuler une véritable « écologie politique de la vie et du vivant ».

En librairie le 14 octobre 2021 – Extrait

Nicolas Le Dévédec est sociologue et professeur à HEC Montréal. Il est notamment l’auteur de l’ouvrage La société de l’amélioration. La perfectibilité humaine, des Lumières au transhumanisme (2015).

L’augmentation humaine militaire sera nécessaire

Le scientifique en chef de la toute nouvelle US Space Force a déclaré que l’augmentation humaine ne tarderait pas à arriver.

Le Dr Joel Mozer, qui s’exprimait lors d’un événement au Airforce Research Laboratory, a déclaré qu’il était “impératif” que les États-Unis surpassent leurs adversaires en étant à la pointe de l'”augmentation humaine” dans la technologie militaire.

“Au siècle dernier, la civilisation occidentale est passée d’une société industrielle à une société de l’information, mais aujourd’hui, nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère : celle de l’augmentation humaine”, a déclaré Mozer. “Dans le domaine de la défense nationale, il est impératif que nous nous engagions dans cette nouvelle ère, sous peine de prendre du retard sur nos concurrents stratégiques”.

Mozer, dont la carrière s’est déroulée en grande partie au sein de l’armée de l’air américaine, où il a développé des technologies de vol spatial, a prévenu que des progrès “inimaginables” seront réalisés au cours de la prochaine décennie, citant les avancées en matière d’intelligence artificielle déjà réalisées par des programmes comme AlphaGo de Google.

Le scientifique de la Space Force a ajouté que l’IA pourrait un jour développer des tactiques et des stratégies militaires qu'”aucun humain ne pourrait développer”, et que des programmes ou des machines “autonomes” pourraient conseiller les commandants en temps réel.

“L’IA pourrait un jour créer des programmes qui conçoivent des lignes d’attaque trop complexes pour être comprises par les humains, a souligné Mozer. Cela s’étendra au champ de bataille, où les commandants et les décideurs auront à leur disposition de multiples agents autonomes, chacun pouvant contrôler l’exécution de tâches telles que la reconnaissance, le contrôle du tir ou l’attaque”, ajoute Mozer.

Il a averti que “nous devons réfléchir attentivement à l’éthique de tout cela, et à la façon dont nous ferons confiance à ces agents autonomes, en particulier à l’ère de la guerre autonome mortelle”.

Concernant l’augmentation humaine, il a suggéré que la technologie d’augmentation pourrait éventuellement produire une “main-d’œuvre surhumaine”, qui utilise des technologies telles que “la réalité augmentée, la réalité virtuelle et la stimulation nerveuse”.

Vous pouvez mettre un individu dans un état de flux, où l’apprentissage est optimisé et la mémorisation est maximisée”, a-t-il déclaré. Cet individu pourrait être transformé en une personne au potentiel très élevé.

DailyMailMetro UK

La France va débuter les recherches sur le soldat augmenté
Le soldat augmenté – Regards croisés sur l’augmentation des performances du soldat

Le gouvernement canadien embrasse ouvertement le transhumanisme

Le texte et les diapositives qui suivent sont tirés directement de l’organisation du gouvernement fédéral du Canada, Horizons de politiques Canada. Il s’agit de transhumanisme et de technocratie purs qui visent à “l’intégration physique complète des entités biologiques et numériques” afin de “modifier l’être humain – notre corps, notre esprit et notre comportement“.

Qu’arrive-t-il lorsque la biologie et les technologies numériques fusionnent ?

Dans les années à venir, les technologies bionumériques pourraient être intégrées dans nos vies de la même manière que les technologies numériques le sont présentement. La convergence des systèmes biologiques et numériques pourraient changer notre manière de travailler, de vivre et même d’évoluer en tant qu’espèce. Plus qu’un changement technologique, cette convergence bionumérique pourrait transformer notre compréhension de nous-mêmes et nous amener à redéfinir ce que nous considérons comme humain ou naturel.

La convergence bionumérique pourrait avoir des répercussions profondes sur notre économie, nos écosystèmes et notre société. En nous tenant prêts à l’appuyer, tout en gérant les risques qui en découlent avec soin et en faisant preuve de sensibilité, nous serons en meilleure position pour gérer les considérations sociales et éthiques et pour orienter les conversations concernant les politiques et la gouvernance.

Guidé par son mandat, Horizons de politiques Canada (Horizons de politiques) souhaite amorcer un dialogue éclairé et utile sur les avenirs plausibles de la convergence bionumérique et sur les questions de politiques qui pourraient émerger. Dans ce premier document, nous définissons et explorons la convergence bionumérique – l’importance de l’explorer maintenant, ses caractéristiques, les nouvelles capacités qui pourraient en découler et quelques répercussions initiales sur les politiques. Nous voulons amorcer un dialogue avec un large éventail de partenaires et d’intervenants sur la forme que pourrait prendre notre avenir bionumérique, sur les répercussions que cette convergence pourrait avoir sur les secteurs et les industries, ainsi que sur l’évolution possible de notre relation avec la technologie, avec la nature et même avec la vie.

Qu’est-ce que la convergence bionumérique ?

La convergence bionumérique est l’association interactive, parfois au point de fusion, des technologies et des systèmes numériques, d’une part, et biologiques d’autre part. Horizons de politiques explore trois différentes voies de convergence.

Téléchargez le PDF pour poursuivre la lecture : Explorer la convergence bionumérique

convergence bionumérique

Qu’est-ce que la convergence bionumérique?

Dans cette vidéo, ils parlent de la convergence envisageable du numérique et du vivant, et de ses effets potentiels sur notre vie quotidienne.

Transcription

NARRATEUR : Les technologies numériques et les systèmes biologiques ont commencé à s’imbriquer et à fusionner de manières qui pourraient bouleverser nos hypothèses au sujet de la société, de l’économie, et du corps humain. C’est ce que nous appelons la convergence bionumérique.

Au cours des quarante dernières années, l’économie s’est transformée avec l’évolution numérique des technologies de l’information comme l’lnternet, les téléphones intelligents, les applis, et l’analyse de mégadonnées. La convergence bionumérique pourrait changer la façon dont nous concevons et produisons des biens, révolutionner les soins de santé et l’agriculture, modifier notre environnement, et même changer la façon dont l’être humain évolue en tant qu’espèce.

Aujourd’hui, de nombreuses innovations accélèrent ces changements, mais quels sont les éléments clés à surveiller?

Quelles nouvelles capacités bionumériques pourraient complètement transformer le monde?

AVALYNE DIOTTE : Je suis Avalyne.

MARCUS BALLINGER : Je m’appelle Marcus Ballinger.

ERIC WARD : Je m’appelle Eric Ward.

KRISTEL VAN DER ELST : Je suis Kristel Van der Elst.

PIERRE-OLIVIER DESMARCHAIS : Je m’appelle Pierre-Olivier Desmarchais.

MARCUS : L’idée du bionumérique, c’est vraiment celle de la convergence de deux domaines qu’on considère souvent comme séparés. En gros, on prend quelque chose de biologique et quelque chose de numérique et combine les deux.

Comme la « DragonflEye » par exemple, ce qu’ils font, c’est qu’ils prennent une libellule, donc une entité biologique, et ils lui mettent une puce sur le dos et ils le relient à un capteur qui permet de stimuler les nerfs de l’entité biologique et de contrôler la libellule. C’est une intégration simple de deux choses, assez évidente pour tout le monde.

L’autre, c’est celle où il y a d’énormes avancées dans un domaine qui dépendent d’avancées dans d’autres disciplines. Par exemple, on sait maintenant que les gènes activent ou désactivent des choses, mais on ne sait cela que parce que nous avons des technologies numériques énormes qui permettent de séquencer le génome. On peut utiliser l’intelligence artificielle pour repérer les bons gènes, donc on n’aurait pas pu avoir ces avancées en biologie sans les avancées du numérique.

La troisième possibilité, c’est une convergence plus conceptuelle. On pensait que la vie était plutôt aléatoire et imprévisible, quelque chose de mystérieux. Par contre on considérait les technologies numériques comme hautement prévisibles et précises, on programme un ordinateur pour une tâche particulière, et il n’en dévie pas du tout.

Ce qu’on observe dans cette convergence, c’est qu’on comprend maintenant la biologie. En fait, elle est beaucoup plus prévisible, beaucoup plus proche du numérique, on peut programmer des séquences génétiques ou programmer l’ADN pour faire des tâches spécifiques, donc on peut programmer des organismes d’une façon comparable à ce qu’on faisait pour les machines.

À l’inverse, on constate que les technologies numériques deviennent plus complexes, comme l’intelligence artificielle par exemple, qui se comporte parfois de façon inattendue. À bien des points de vue, elle commence à ressembler à ce qu’on pensait de la biologie, imprévisible, aléatoire, donc quand on y regarde de plus près, on peut voir ça comme l’intégration ou la synthèse de ces deux concepts, plutôt que comme deux éléments séparés.

PIERRE-OLIVIER : Une des idées qui m’a surpris le plus, c’est sans doute l’année dernière, le chercheur chinois qui a donné naissance à ce qu’on appelle les « jumelles CRISPR », qui est une technologie, une biotechnologie qui permet de modifier l’ADN in vitro, et on peut commencer à s’imaginer, au cours des dix à quinze prochaines années, où est-ce que cette technologie-là pourrait nous mener, dans une optique où on pourrait peut-être éliminer certaines maladies et immuniser le corps humain au points d’une génération complète contre certaines maladies. Et aussi c’est la possibilité de personnaliser l’humain dans le futur.

AVALYNE : L’une des choses les plus étranges que j’ai mis du temps à vraiment comprendre, c’est la biologie synthétique, le café moléculaire, par exemple, quand j’ai fait des recherches sur une entreprise à Seattle qui fait du café sans grains. Ils abordent ça du point de vue environnemental, et il y a beaucoup de mouvement dans le bionumérique autour de la durabilité, et ça va de la viande imprimée en 3D, imprimer une poitrine de poulet dans votre cuisine au lieu de l’acheter à la ferme et faire du café synthétique, sans les grains.

MARCUS : Je crois qu’une des choses les plus bizarres était un robot dans lequel on avait implanté des cellules cérébrales. Il n’est pas conscient au même sens que nous, mais il semble prendre des décisions, le cerveau semble décider où envoyer le robot. Je trouve ça vraiment bizarre.

ERIC : Au cours de nos recherches prospectives, nous avons vu émerger l’intégration de nos technologies informatiques en réseau et des systèmes biologiques qui ont évolué sur Terre, et l’apparition d’une troisième entité, quelque chose de nouveau. C’est ça que nous voulons explorer par la prospective.

AVALYNE : Ça pourrait chambouler beaucoup de choses, avec les levures et les bactéries, on peut tout faire à partir de levures. On commence à voir que les gens peuvent fabriquer des choses à la maison qui auraient pris tout un laboratoire de recherche, et c’est ce qui est si intéressant dans le bionumérique, c’est qu’il est accessible.

KRISTEL : Nous pensons que la convergence entre les systèmes biologiques et les systèmes numériques en est au même point où étaient les technologies numériques dans les années 80. Donc, cette convergence bionumérique ouvre la voie à des façons entièrement nouvelles de nous changer, nos corps, notre esprit, nos comportements. Cela nous permet aussi de changer nos écosystèmes, de créer de nouveaux organismes. Nous pourrons aussi d’une façon différente, percevoir, stocker, traiter et transmettre des informations. Nous pourrons aussi restructurer différemment les chaînes d’approvisionnement et la production.

Nous pensons que dans les années qui viennent, nous pourrons avoir une intégration de cette technologie bionumérique, tout comme le sont maintenant les technologies numériques. Nous pouvons aussi être amenés à nous poser des questions sur ce que ça veut dire d’être humain, ce qui est naturel. Par conséquent, vu l’ampleur des implications de la convergence bionumérique, nous devons commencer à réfléchir à ce qui est possible, à ce qu’on veut voir dans le futur pour que nous puissions construire un futur bionumérique que nous voulons.

ERIC : Ce que j’espère pouvoir attendre de cette étude, c’est de faire ressortir une image assez précise d’avenirs plausibles de la convergence bionumérique pour le Canada. J’ai beaucoup d’espoir pour la prochaine génération et ce qu’elle pourra accomplir à mesure que la convergence bionumérique évoluera.

Pendant les décennies des technologies de l’information, nous nous sommes surtout concentrés sur l’économie du savoir. Si on veut éviter de se tromper à l’époque du bionumérique, dans les choix que nous ferons, les connaissances ne suffiront pas. Il faudra aussi de la sagesse.

KRISTEL : La convergence bionumérique aura des impacts sur différentes industries et sur plein de domaines politiques. Pour un analyste, il serait intéressant de commencer à regarder ce qui pourrait arriver. En quoi est-ce que ça impacte en fait mon domaine de responsabilité ? Est ce qu’il y a des changements dans le futur pour lesquels il faut que je me prépare ? Est ce qu’il y a besoin de nouvelles lois qui doivent être créées ? Est ce qu’il y a besoin de changements dans les stratégies politiques afin d’arriver à nos buts ? Est ce qu’il y a des investissements à considérer pour pouvoir saisir les opportunités qui viennent de cette convergence ?

Ou est ce qu’il y a des conversations avec la société qu’on doit mener pour savoir ce que la société veut et comment on peut se préparer justement pour saisir les opportunités sans tomber dans les conséquences inattendues d’une convergence pareille.

Guerres et soldats du futur (conférence en ligne)

Dans l’imaginaire collectif, les soldats du futur sont perçus comme augmentés par la technologie, tels des Robocops. Mais quelle est la réalité des évolutions en cours dans le domaine ? Et quelle en serait la véritable utilité ? Cette visioconférence, présentée par Michel Goya, militaire chevronné et historien spécialiste de l’innovation militaire, nous permettra d’y voir beaucoup plus clair. Elle répondra également à des questions essentielles : Qu’est-ce qu’un soldat ? Comment vit-il le combat ? Comment peut-il le gagner ? Et enfin, comment les guerres sont-elles en train de changer ?

Cette conférence d’une heure trente (en comptant les échanges entre le conférencier et le public) aura lieu en ligne. Il est nécessaire de s’inscrire afin d’obtenir le lien pour se connecter. Une fois votre billet pris, nous vous enverrons par mail toutes les informations liées à la connexion un peu avant l’événement.

Michel Goya est spécialiste de l’innovation militaire, de l’analyse des conflits, et du comportement au combat. Ancien colonel des troupes de marine, il a été déployé sur de nombreux théâtres d’opérations (Sarajevo, Rwanda, Centrafrique…) et a également été membre du cabinet du chef d’État-Major des armées. Par ailleurs docteur en histoire, il a beaucoup enseigné, notamment comme titulaire de la chaire d’histoire militaire de l’École de Guerre. Enfin, il a écrit de nombreux ouvrages tels que Sous le feu : la mort comme hypothèse de travail ou encore S’adapter pour vaincre : Comment les armées évoluent.

Détails
Date : 14 avril
Heure : 19 h 00 min – 20 h 30 min
Prix : Gratuit à 7€
Présenté par : Michel Goya
Inscription nécessaire pour obtenir le lien de connexion

La France va débuter les recherches sur le soldat augmenté

Un comité d’éthique du ministère de la défense a rendu un rapport qui autorise les forces armées françaises à lancer des recherches sur le thème du soldat augmenté. Créé à la demande de la ministre des Armées à la fin de l’année 2019, le Comité d’éthique de la défense est chargé d’apporter des éclairages sur les questions éthiques soulevées par les innovations scientifiques, techniques et leurs éventuelles applications militaires.

Le rapport examine les traitements médicaux, les prothèses et les implants corporels qui améliorent les capacités physiques, cognitives, perceptives et psychologiques, et pourraient permettre le suivi de la géolocalisation ou la connectivité à un système d’armes où à d’autres soldats. Où encore qui permettent d’améliorer les capacités cérébrales par stimulation cérébrale profonde.

Parmi les autres interventions possibles envisagées par le comité d’éthique figurent des traitements médicaux visant à prévenir ou à diminuer la douleur, le stress et la fatigue, ainsi que des substances qui amélioreraient la résistance mentale si un soldat était fait prisonnier.

Le comité a déclaré que la France doit maintenir “la supériorité opérationnelle de ses forces armées dans un contexte stratégique difficile” tout en respectant les règles régissant le droit militaire, le droit humanitaire et les “valeurs fondamentales de notre société”.

En conséquence, on a interdit toute modification dont on estime qu’elle est de nature à diminuer la maîtrise de l’emploi de la force, ou à provoquer une perte d’humanité ou encore qu’elle serait contraire au principe de respect de la dignité de la personne humaine. D’autres exemples de modifications interdites sont les implants cognitifs qui porteraient atteinte au libre arbitre d’un soldat, ou les changements qui affecteraient sa réintégration dans la vie civile.

La ministre des Armées, Florence Parly, a déclaré que les augmentations “invasives” telles que les implants ne font actuellement pas partie des plans militaires.

« Mais il nous faut être lucide, tout le monde n’a pas nos scrupules et c’est un futur auquel il nous faut nous préparer », a déclaré la ministre dans un communiqué de presse. « C’est un avis qui n’est pas gravé dans le marbre et qui sera régulièrement reconsidéré à l’aune des prochaines évolutions. »

La publication de ce rapport fait suite à une colonne d’opinion de John Ratcliffe, directeur du renseignement national des États-Unis, dans le Wall Street Journal, dans laquelle il a fait part de ses inquiétudes quant à la menace que représente la Chine pour les États-Unis et la démocratie mondiale, ainsi qu’à ses projets en matière de technologie militaire.

“Les renseignements américains indiquent que la Chine a déjà effectué des tests humains sur des militaires dans l’espoir de développer des soldats aux capacités biologiques améliorées”, a déclaré Ratcliffe.

La Chine a soutenue secrètement les bébés génétiquement modifiés

Fin 2018, le monde scientifique a été secoué par la nouvelle qu’un scientifique chinois nommé He Jiankui avait secrètement créé les premiers bébés humains génétiquement modifiés au monde.

Dans un nouveau livre intitulé “The Mutant Project : Inside the Global Race to Genetically Modify Humans“, tel qu’il a été examiné par le Wall Street Journal, l’anthropologue Eben Kirksey a examiné l’impact de ces études choquantes.

Un point alarmant à retenir : Il avait de nombreux partisans et collaborateurs. Il a même obtenu le soutien de plusieurs responsables clés du Parti communiste au cours de ses premiers travaux, a révélé Kirksey, et ses expériences étaient un “secret de polichinelle” dans la communauté universitaire.

Dans une certaine mesure, ce n’est pas surprenant. En février 2019, STAT a signalé que la Chine avait probablement financé une partie de ses recherches. Et nous savions aussi qu’un groupe de scientifiques internationaux avait été au courant de ses travaux.

Mais ce soutien n’a pas duré. Il a disparu peu de temps après que ses expériences aient attiré l’attention internationale, le gouvernement chinois s’étant rapidement distancé de ses travaux, le dépeignant comme un scientifique devenu “voyou”. Il a été condamné à trois ans de prison en décembre 2019.

La communauté scientifique a également rapidement dénoncé ses travaux, qui visaient à conférer aux bébés une immunité contre le VIH, ses collègues affirmant qu’He Jiankui avait fait des économies et aurait même falsifié les examens éthiques de ses expériences.

Dans l’ensemble, le consensus est qu’il est bien trop tôt pour dire quelles sont les ramifications à long terme du bricolage du code génétique dans des embryons humains vivants.

D’autres études ont déjà montré que l’édition génétique peut effectivement induire des changements indésirables dans les embryons humains. Une étude d’octobre, par exemple, a révélé qu’une petite modification visant à réparer un gène dans des embryons humains pour traiter la cécité héréditaire a entraîné l’élimination de grandes parties d’un chromosome entier.

Dans son livre, Kirksey soutient qu’il est peut-être trop tard pour arrêter complètement la recherche sur l’édition génétique – mais il reste à savoir combien de temps il faudra pour que les effets de ces tentatives soient ressentis par la population en général.

Alors pourquoi se donner du mal ? Dans ce livre, Kirksey aborde également les pressions sociétales sous-jacentes qui peuvent conduire au désir d’éliminer les maladies par modification génétique – et, éventuellement, de concevoir des bébés dont les gènes ont été modifiés pour qu’ils soient plus intelligents, plus forts ou en meilleure santé.

The Wall Street Journal

Biohacking et transhumanisme : Un rapport sur l’augmentation humaine

Une étude révèle que beaucoup d’entre nous considèrent le biohacking comme passionnant, mais les craintes concernant le piratage et la vie privée demeurent.

L’augmentation humaine peut décrire beaucoup de choses. Les appareils auditifs, les stimulateurs cardiaques et les prothèses sont déjà utilisés, mais à l’avenir, nous pourrions utiliser ce terme pour désigner les implants qui améliorent les capacités cognitives ; les puces qui nous relient à nos appareils intelligents, ou les yeux bioniques qui peuvent restaurer la vue, et bien d’autres choses encore.

En ce qui concerne les applications futures, les pays du monde entier font avancer le développement de nouvelles technologies qui pourraient améliorer le corps humain.

Par exemple, le Japon a récemment mis un milliard de dollars sur la table pour les chercheurs désireux de se consacrer à tous les domaines, de l’augmentation de la population humaine à la longévité, en raison de la nécessité de s’attaquer au vieillissement de la population active et à la diminution de la population.

Kaspersky a publié un nouveau rapport, The Future of Human Augmentation 2020: Opportunity or Dangerous Dream?, ce rapport vise à clarifier les points de vue des citoyens de plusieurs pays sur la perspective du biohacking.

L’étude a révélé que 92 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles changeraient une caractéristique d’elles-mêmes si elles le pouvaient, 63 % ont déclaré qu’elles envisageraient une augmentation humaine à l’aide de la technologie. Le travail sur le terrain pour cette étude a été mené par Opinium Research qui a interrogé 14 500 personnes de 16 pays d’Europe et d’Afrique du Nord.

Les Italiens sont les plus nombreux à envisager le biohacking, soit 81 % au total. En revanche, les Britanniques sont plus prudents, avec seulement 33% qui disent qu’ils étudieraient l’augmentation humaine pour changer leurs propres caractéristiques. L’Espagne, le Portugal, la Grèce et le Maroc sont également ouverts à l’idée du biohacking.

Plus de la moitié des personnes interrogées, soit 53%, estiment que le biohacking améliorerait leur mode de vie. Cependant, 69% ont exprimé leur inquiétude quant au fait que le biohacking sera à l’avenir réservé aux riches.

Lors de la conférence de Kaspersky NEXT, cette opinion a également été exprimée par Julian Savulescu, professeur à l’université d’Oxford et titulaire de la chaire Uehiro d’éthique pratique : “L’augmentation humaine se développera grâce aux forces du marché en maximisant les profits des grandes entreprises multinationales”. En d’autres termes, l’économie et la demande des consommateurs pourraient stimuler les initiatives de biohacking, plutôt que toute quête d’un bien commun.

Zoltan Istvan, le fondateur du Parti Transhumaniste, a approuvé, notant que l’augmentation de la population humaine est susceptible d’être “contrôlée par le capitalisme dans une certaine mesure”, et que “l’économie sera un moteur, pour le meilleur ou pour le pire”. Istvan pense aussi que le biohacking est intrinsèquement la prochaine étape pour les humains “qui aspirent à être quelque chose de plus grand que ce que nous sommes”. “[Je suis] en fin de compte du côté du choix personnel, tant que cela ne nuit pas directement à quelqu’un d’autre”, a déclaré Istvan. “[…] Laissez les gens prendre ces décisions eux-mêmes et le marché suivra.”

Parmi les autres statistiques intéressantes publiées dans le rapport, on peut citer :

– 88% des personnes ont déclaré craindre que leur corps puisse être piraté par des cybercriminels
– 36% des femmes et 25% des hommes considèrent l’augmentation attrayante pour améliorer l’attractivité
– Les hommes sont plus intéressés par l’amélioration de leur force via le biohacking (23%) que les femmes (18%)
– 47% estiment que les gouvernements devraient réglementer l’augmentation humaine

“L’augmentation humaine est l’une des tendances technologiques les plus importantes aujourd’hui”, a commenté Marco Preuss, Directeur Europe de l’équipe de Recherche et analyse globales pour Kaspersky Europe. “Mais les gens ont raison de se méfier. Les adeptes de l’augmentation testent déjà les limites du possible, mais nous avons besoin de normes communes pour garantir que l’augmentation atteigne son plein potentiel tout en minimisant les risques”.

“Il est important d’en parler maintenant, d’avoir un aperçu de ces technologies maintenant, afin de conduire activement son développement”, a déclaré Preuss. “Nous avons tellement de romans et de films sur ce sujet. Il nous appartient maintenant de décider si nous voulons aller dans cette direction”.

CTech , Kaspersky, ZDNet

Un scientifique russe travaille à la création de nouveaux bébés CRISPR

Le biologiste russe Denis Rebrikov, de l’université de médecine Pirogov à Moscou, a déclaré au New Scientist qu’il prévoyait de hacker via CRISPR les gènes d’embryons humains, afin de prévenir la surdité congénitale.

“Nous prévoyons toujours de corriger la mutation héréditaire de la perte auditive dans [le gène] GJB2, afin qu’un bébé entendant naisse d’un couple sourd”, a déclaré Rebrikov.

Mais certains scientifiques restent convaincus que c’est une très mauvaise idée. Après que le chercheur chinois He Jiankui ait créé les premiers bébés CRISPR au monde, une équipe internationale de médecins a créé une Commission internationale sur l’utilisation clinique de l’édition du génome de la lignée germinale humaine.

La commission a publié un rapport concluant que l’édition de gènes humains est encore peu sûre, surtout lorsque l’objectif est de mener un embryon à terme. Et si un médecin doit absolument faire cela, ils suggèrent que ce ne devrait être que pour sauver des vies.

Même après avoir lu le rapport, Rebrikov a déclaré à New Scientist qu’il poursuivait son projet. Il n’est pas certain qu’il ait obtenu l’approbation nécessaire des organismes de régulation russes. Mais, comme c’est le cas dans de nombreux pays du monde, la Russie n’interdit pas totalement cette pratique, de sorte qu’il pourrait être en mesure de faire passer ses expériences en douce.