Pas de vie privée, pas de propriété : Le monde en 2030 selon le WEF

Le Forum économique mondial (WEF) a été fondé il y a cinquante ans. Il a gagné en importance au fil des décennies et est devenu l’une des principales plateformes de réflexion et de planification futuristes. Lieu de rencontre de l’élite mondiale, le WEF réunit les leaders du monde des affaires et de la politique ainsi que quelques intellectuels sélectionnés.

L’idée maîtresse du forum est le contrôle mondial. Les marchés libres et le choix individuel ne sont pas les valeurs principales, mais l’interventionnisme étatique et le collectivisme. La liberté individuelle et la propriété privée sont appelées à disparaître de la planète d’ici 2030, selon les projections et les scénarios du Forum économique mondial.

Huit prédictions

La liberté individuelle est à nouveau en danger. Ce qui nous attend peut-être a été projeté en novembre 2016 lorsque le WEF a publié “8 prédictions pour le monde en 2030.” Selon le scénario du WEF, le monde deviendra un endroit tout à fait différent d’aujourd’hui, car la façon dont les gens travaillent et vivent va subir un profond changement. Le scénario pour le monde en 2030 est plus qu’une simple prévision. C’est un plan dont la mise en œuvre s’est accélérée de manière drastique depuis l’annonce d’une pandémie et les confinements qui en découlent.

Selon les projections des “Global Future Councils” du WEF, la propriété privée et la vie privée seront abolies au cours de la prochaine décennie. L’expropriation à venir irait même plus loin que la demande communiste d’abolir la propriété des biens de production tout en laissant un espace pour les possessions privées. La projection du WEF indique que les biens de consommation, eux aussi, ne seraient plus une propriété privée.

Si la projection du WEF devait se réaliser, les gens devraient louer et emprunter leurs biens de première nécessité à l’État, qui serait le seul propriétaire de tous les biens. L’offre de biens serait rationnée en fonction d’un système de points de crédit social. Le shopping au sens traditionnel du terme disparaîtrait en même temps que les achats privés de biens. Chaque déplacement personnel serait suivi électroniquement, et toute production serait soumise aux exigences d’une énergie propre et d’un environnement durable.

Afin de parvenir à une “agriculture durable”, l’approvisionnement alimentaire sera principalement végétarien. Dans la nouvelle économie totalitaire de services, le gouvernement fournira le logement, la nourriture et les transports de base, le reste devant être prêté par l’État. L’utilisation des ressources naturelles sera réduite à son minimum. En coopération avec les quelques pays clés, une agence mondiale fixera le prix des émissions de CO2 à un niveau extrêmement élevé pour en dissuader l’utilisation.

Dans une vidéo promotionnelle, le Forum économique mondial résume les huit prédictions dans les termes suivants :

– Les gens ne posséderont rien. Les biens seront gratuits ou devront être prêtés par l’État.

– Les États-Unis ne seront plus la première superpuissance, mais une poignée de pays dominera.

– Les organes ne seront pas transplantés mais imprimés.

– La consommation de viande sera réduite au minimum.

– Des déplacements massifs de populations auront lieu avec des milliards de réfugiés.

– Pour limiter l’émission de dioxyde de carbone, un prix mondial sera fixé à un niveau exorbitant.

– Les gens pourront se préparer à aller sur Mars et à entamer un voyage à la recherche de vie extraterrestre.

– Les valeurs occidentales seront testées jusqu’au point de rupture…

Au-delà de la vie privée et de la propriété

Dans une publication pour le Forum économique mondial, l’éco-activiste danoise Ida Auken, qui avait été ministre de l’environnement de son pays de 2011 à 2014 et qui est toujours membre du Parlement danois (le Folketing), a élaboré le scénario d’un monde sans vie privée ni propriété. Dans “Bienvenue en 2030“, elle envisage un monde où “je ne possède rien, je n’ai aucune vie privée, et la vie n’a jamais été aussi belle.” En 2030, selon son scénario, les achats et la propriété sont devenus obsolètes, car tout ce qui était autrefois un produit est désormais un service.

Dans ce nouveau monde idyllique qui est le sien, les gens ont un accès gratuit aux transports, au logement, à la nourriture, “et à toutes les choses dont nous avons besoin dans notre vie quotidienne.” Comme ces choses deviendront gratuites, “cela a fini par ne plus avoir de sens pour nous de posséder quoi que ce soit.” Il n’y aurait pas de propriété privée dans les maisons et personne ne paierait de loyer, “parce que quelqu’un d’autre utilise notre espace libre quand nous n’en avons pas besoin.”

Le salon d’une personne, par exemple, sera utilisé pour des réunions d’affaires en son absence. Des préoccupations telles que “les maladies liées au mode de vie, le changement climatique, la crise des réfugiés, la dégradation de l’environnement, les villes complètement congestionnées, la pollution de l’eau, la pollution de l’air, les troubles sociaux et le chômage” appartiennent au passé. L’auteur prédit que les gens seront heureux de jouir d’une vie si agréable qui est tellement meilleure “que le chemin sur lequel nous étions, où il est devenu si clair que nous ne pouvions pas continuer avec le même modèle de croissance.”

Paradis écologique

Dans sa contribution 2019 à la réunion annuelle des Global Future Councils du Forum économique mondial, Ida Auken prédit à quoi le monde pourrait ressembler dans le futur “si nous gagnons la guerre contre le changement climatique“. En 2030, lorsque les émissions de CO2 seront fortement réduites, les gens vivront dans un monde où la viande dans l’assiette “sera un spectacle rare”, tandis que l’eau et l’air seront beaucoup plus propres qu’aujourd’hui. En raison du passage de l’achat de biens à l’utilisation de services, la nécessité d’avoir de l’argent disparaîtra, car les gens dépenseront de moins en moins pour acheter des biens. Le temps de travail diminuera et le temps de loisirs augmentera.

Pour le futur, Auken imagine une ville où les voitures électriques auront remplacé les véhicules à combustion conventionnels. La plupart des routes et des places de stationnement seront devenues des parcs verts et des zones de promenade pour les piétons. D’ici à 2030, l’agriculture offrira principalement des alternatives végétales à la viande et aux produits laitiers dans l’approvisionnement alimentaire. L’utilisation des terres pour produire des aliments pour animaux diminuera considérablement et la nature se répandra à nouveau sur le globe.

Fabriquer le consentement social

Comment amener les gens à accepter un tel système ? L’appât pour séduire les masses est l’assurance de soins de santé complets et d’un revenu de base garanti. Les promoteurs de la Grande Réinitialisation promettent un monde sans maladies.

Grâce aux organes produits par les biotechnologies et aux traitements médicaux individualisés basés sur la génétique, une espérance de vie considérablement accrue et même l’immortalité seraient possibles. L’intelligence artificielle éradiquera la mort et éliminera la maladie et la mortalité. La course est lancée entre les entreprises de biotechnologie pour trouver la clé de la vie éternelle.

Outre la promesse de transformer n’importe quelle personne ordinaire en un surhomme divin, la promesse d’un “revenu de base universel” est très attrayante, en particulier pour ceux qui ne trouveront plus d’emploi dans la nouvelle économie numérique. Obtenir un revenu de base sans avoir à passer par le tapis roulant et la disgrâce de la demande d’aide sociale est utilisé comme un appât pour obtenir la faveur des pauvres.

Pour le rendre économiquement viable, la garantie d’un revenu de base nécessiterait le nivellement des différences salariales. Les procédures techniques du transfert de l’argent de l’État seront utilisées pour promouvoir la société sans espèces. Avec la numérisation de toutes les transactions monétaires, chaque achat individuel sera enregistré. Par conséquent, les autorités gouvernementales auront un accès illimité pour superviser en détail la façon dont chaque personne dépense son argent.

Un revenu de base universel dans une société sans argent liquide permettrait d’imposer un système de crédit social et de fournir le mécanisme permettant de sanctionner les comportements indésirables et d’identifier les personnes superflues et non désirées.

Qui seront les dirigeants ?

Le Forum économique mondial est silencieux sur la question de savoir qui gouvernera dans ce nouveau monde.

Il n’y a aucune raison de s’attendre à ce que les nouveaux détenteurs du pouvoir soient bienveillants. Pourtant, même si les principaux décideurs du nouveau gouvernement mondial n’étaient pas méchants mais simplement technocrates, quelle raison aurait une technocratie administrative de s’occuper des indésirables ? Quel sens cela a-t-il pour une élite technocratique de transformer l’homme ordinaire en surhomme ? Pourquoi partager les avantages de l’intelligence artificielle avec les masses et ne pas garder la richesse pour quelques élus ?

Sans se laisser influencer par les promesses utopiques, une évaluation sobre des plans doit arriver à la conclusion que dans ce nouveau monde, il n’y aura pas de place pour l’individu moyen et qu’il sera mis à l’écart avec les “inemployables”, les “faibles d’esprit” et les “mal élevés”. Derrière la prédication de l’évangile progressiste de la justice sociale par les promoteurs de la Grande Réinitialisation et de l’établissement d’un nouvel ordre mondial se cache le sinistre projet d’eugénisme, qui, en tant que technique, est maintenant appelé “génie génétique” et, en tant que mouvement, est nommé “transhumanisme”, un terme attribué à Julian Huxley, le premier directeur de l’UNESCO.

Les promoteurs du projet gardent le silence sur qui seront les dirigeants de ce nouveau monde. La nature dystopique et collectiviste de ces projections et plans est le résultat du rejet du capitalisme libre. L’établissement d’un monde meilleur par le biais d’une dictature est une contradiction dans les termes. La réponse aux problèmes actuels n’est pas moins mais plus de prospérité économique. Nous avons donc besoin de plus de marchés libres et de moins de planification étatique. Le monde devient plus vert et une baisse du taux de croissance de la population mondiale est déjà en cours. Ces tendances sont la conséquence naturelle de la création de richesses par les marchés libres.

Conclusion

Le Forum économique mondial et ses institutions connexes, associés à une poignée de gouvernements et à quelques entreprises de haute technologie, veulent faire entrer le monde dans une nouvelle ère sans propriété ni vie privée. Des valeurs comme l’individualisme, la liberté et la poursuite du bonheur sont en jeu, pour être répudiées en faveur du collectivisme et de l’imposition d’un “bien commun” défini par l’élite autoproclamée de technocrates.

Ce qui est vendu au public comme une promesse d’égalité et de durabilité écologique est en fait une attaque brutale contre la dignité humaine et la liberté. Au lieu d’utiliser les nouvelles technologies comme un instrument d’amélioration, la Grande Réinitialisation cherche à utiliser les possibilités technologiques comme un outil d’asservissement. Dans ce nouvel ordre mondial, l’État est le propriétaire unique de tout. On laisse à notre imagination le soin de déterminer qui programmera les algorithmes qui gèrent la distribution des biens et des services.

Antony P. Mueller

Antony P. Mueller est un professeur d’économie allemand qui enseigne actuellement au Brésil.

Les Nations unies et les origines de la grande réinitialisation

Il y a environ deux mille quatre cents ans, le philosophe grec Platon a eu l’idée de construire l’État et la société selon un plan élaboré. Platon voulait des “sages” (philosophes) à la tête du gouvernement, mais il a également précisé que son type d’État nécessiterait une transformation des humains. À l’époque moderne, les promoteurs de l’État omnipotent veulent remplacer le philosophe Platon par l’expert et créer l’homme nouveau par l’eugénisme, que l’on appelle désormais le transhumanisme. Les Nations unies et leurs différentes sous-organisations jouent un rôle central dans ce projet qui a atteint son stade actuel dans le projet de l’Agenda 2030 et du Great Reset.

La lutte pour un gouvernement mondial

La grande réinitialisation ne vient pas de nulle part. Les premières tentatives modernes de création d’une institution mondiale ayant une fonction gouvernementale ont été lancées par le gouvernement de Woodrow Wilson, président des États-Unis de 1913 à 1921. Sous l’inspiration du colonel Mandell House, premier conseiller et meilleur ami du président, Wilson souhaitait créer un forum mondial pour la période suivant la Première Guerre mondiale. Cependant, le projet de participation des États-Unis à la Société des Nations a échoué et l’élan vers l’internationalisme et l’établissement d’un nouvel ordre mondial a reculé pendant les années folles.

Un nouveau pas vers la gestion d’une société comme une organisation a toutefois été franchi pendant la Grande Dépression. Franklin Delano Roosevelt ne laisse pas passer la crise sans faire avancer les choses avec son “New Deal“. FDR était particulièrement intéressé par les privilèges exécutifs spéciaux qui découlaient de la Seconde Guerre mondiale. La résistance est quasi nulle lorsqu’il entreprend de jeter les bases d’une nouvelle Société des Nations, qui s’appellera désormais les Nations unies.

Sous la direction de Staline, Churchill et Roosevelt, vingt-six nations ont accepté en janvier 1942 l’initiative de créer une Organisation des Nations Unies (ONU), qui a vu le jour le 24 octobre 1945. Depuis sa création, l’ONU et ses branches, telles que le Groupe de la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont préparé les pays du monde à se conformer aux objectifs annoncés lors de sa fondation.

Pourtant, les déclarations onctueuses sur la promotion de la “paix et de la sécurité internationales”, le “développement de relations amicales entre les nations” et l’action en faveur du “progrès social, de l’amélioration du niveau de vie et des droits de l’homme” cachent l’intention d’établir un gouvernement mondial doté de pouvoirs exécutifs dont la tâche ne consisterait pas à promouvoir la liberté et les marchés libres, mais à renforcer l’interventionnisme et le contrôle par le biais d’organisations culturelles et scientifiques. Cela est apparu clairement avec la création de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en 1945.

Aldous et Julian Huxley : deux récits transhumanistes irréconciliables ?

Eugénisme

Après la fondation de l’UNESCO en 1945, le biologiste évolutionniste anglais, eugéniste et mondialiste déclaré Julian Huxley (le frère d’Aldous Huxley, auteur de Brave New World – Le meilleur des mondes) est devenu son premier directeur.

Lors du lancement de l’organisation, Huxley appelle à un “humanisme scientifique mondial, de portée globale” (p. 8) et demande de manipuler l’évolution humaine à une fin “désirable”. Se référant au matérialisme dialectique comme “la première tentative radicale d’une philosophie évolutionniste” (p. 11), le directeur de l’UNESCO déplore que l’approche marxiste pour changer la société était vouée à l’échec en raison de son manque d’une indispensable “composante biologique.”

Avec ces idées, Julian Huxley était en respectable compagnie. Depuis la fin du XIXe siècle, l’appel à l’amélioration génétique de la race humaine par l’eugénisme a fait de nombreux adeptes de premier plan. John Maynard Keynes, par exemple, considérait la promotion de l’eugénisme et du contrôle de la population comme l’une des questions sociales les plus importantes et un domaine de recherche crucial.

Keynes n’était pas le seul. La liste des partisans de la reproduction de la race humaine en vue de son propre perfectionnement est assez longue et impressionnante. Parmi ces “réformateurs illibéraux” figurent, parmi de nombreux autres noms connus, les écrivains H.G. Wells et G.B. Shaw, le président américain Theodore Roosevelt, le premier ministre britannique Winston Churchill, ainsi que l’économiste Irving Fisher et les pionniers du planning familial Margaret Sanger et Bill Gates Sr, le père de Bill Gates, cofondateur de Microsoft et directeur de la Fondation Bill et Melinda Gates.

Dans le discours qu’il a prononcé lors de la fondation de l’UNESCO, Julian Huxley a été très précis quant aux objectifs et aux méthodes de cette institution. Pour réaliser le “progrès évolutif” souhaité de l’humanité, la première étape doit être de souligner “la nécessité ultime de l’unité politique mondiale et de familiariser tous les peuples avec les implications du transfert de la pleine souveraineté des nations séparées à une organisation mondiale.”

En outre, l’institution doit considérer le compromis entre “l’importance de la qualité par rapport à la quantité” (p. 14), ce qui signifie qu’elle doit tenir compte du fait qu’il existe “une gamme optimale de taille pour chaque organisation humaine comme pour chaque type d’organisme” (p. 15). L’organisation de l’ONU dans les domaines de l’éducation, de la science et de la culture doit accorder une attention particulière à “l’unité dans la variété de l’art et de la culture du monde, ainsi qu’à la promotion d’un pool unique de connaissances scientifiques” (p. 17).

Huxley précise que la diversité humaine ne convient pas à tous. La variété pour “les faibles, les fous et les déficients moraux… ne peut qu’être mauvaise”, et parce qu’un “pourcentage considérable de la population n’est pas capable de profiter d’une éducation supérieure” et aussi qu’un “pourcentage considérable de jeunes hommes” souffrent de “faiblesse physique ou d’instabilité mentale” et que “ces motifs sont souvent d’origine génétique” (p. 20), ces groupes doivent être exclus des efforts pour faire avancer le progrès humain.

Dans son discours, Huxley diagnostique qu’à l’époque où il écrit, “l’effet indirect de la civilisation” est plutôt “dysgénique au lieu d’eugénique” et que “de toute façon, il semble probable que le poids mort de la stupidité génétique, de la faiblesse physique, de l’instabilité mentale et de la prédisposition aux maladies, qui existe déjà dans l’espèce humaine, s’avérera un fardeau trop lourd pour que de réels progrès soient réalisés” (p. 21).

Après tout, il est “essentiel que l’eugénisme soit ramené entièrement dans les limites de la science, car, comme nous l’avons déjà indiqué, dans un avenir pas très lointain, le problème de l’amélioration de la qualité moyenne des êtres humains deviendra probablement urgent ; et cela ne peut être accompli qu’en appliquant les résultats d’un eugénisme véritablement scientifique” (pp. 37-38).

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Utilisation de la menace climatique

La prochaine étape décisive vers la transformation économique mondiale a été franchie avec le premier rapport du Club de Rome. En 1968, le Club de Rome a été créé au domaine Rockefeller de Bellagio en Italie. Son premier rapport a été publié en 1972 sous le titre “Les limites de la croissance“.

Le président émérite du Club de Rome, Alexander King, et le secrétaire du club, le général Bertrand Schneider, indiquent dans leur rapport du Conseil du Club de Rome que, lorsque les membres du club ont cherché à identifier un nouvel ennemi, ils ont énuméré la pollution, le réchauffement de la planète, les pénuries d’eau et les famines comme les éléments les plus opportuns à imputer à l’humanité, ce qui implique que l’humanité elle-même doit être réduite pour tenir ces menaces en échec.

Depuis les années 1990, plusieurs initiatives globales vers un système mondial de contrôle ont été entreprises par les Nations unies avec l’Agenda 2021 et l’Agenda 2030. L’Agenda 2030 a été adopté par tous les États membres des Nations unies en 2015. Il a lancé son plan directeur pour le changement mondial avec l’appel à atteindre dix-sept objectifs de développement durable (ODD). Le concept clé est le “développement durable” qui inclut le contrôle de la population comme un instrument crucial.

Sauver la terre est devenu le slogan des guerriers de la politique verte. Depuis les années 1970, le scénario d’horreur du réchauffement climatique a été un outil utile entre leurs mains pour gagner en influence politique et finalement dominer le discours public. Entre-temps, ces groupes anticapitalistes ont obtenu une influence dominante dans les médias, les systèmes éducatif et judiciaire, et sont devenus des acteurs majeurs de l’arène politique.

Dans de nombreux pays, notamment en Europe, les partis dits “verts” sont devenus un élément central du système politique. Nombre de leurs représentants revendiquent ouvertement de rendre la société et l’économie compatibles avec des normes écologiques élevées qui nécessitent une profonde remise en question du système actuel.

En 1945, Huxley (p. 21) note qu’il est trop tôt pour proposer carrément un programme de dépopulation eugénique, mais conseille qu’il sera important pour l’organisation “de veiller à ce que le problème eugénique soit examiné avec le plus grand soin, et que l’esprit public soit informé des questions en jeu, de sorte que beaucoup de choses qui sont aujourd’hui impensables puissent au moins devenir pensables”.

La mise en garde de Huxley n’est plus nécessaire. Entre-temps, les branches des Nations unies ont acquis un tel niveau de pouvoir que même des sous-organisations de l’ONU, à l’origine mineures, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont été en mesure d’ordonner aux différents gouvernements du monde d’obéir à leurs ordres. L’OMS et le Fonds monétaire international (FMI) – dont la conditionnalité des prêts est passée de la restriction budgétaire à la mesure dans laquelle un pays suit les règles fixées par l’OMS – sont devenus le tandem suprême pour œuvrer à l’établissement du nouvel ordre mondial.

Comme le soulignait Julian Huxley dans son discours de 1945, il appartient aux Nations Unies de supprimer la liberté économique, car “le laisser-faire et les systèmes économiques capitalistes” ont “créé beaucoup de laideur” (p. 38). Le moment est venu de travailler à l’émergence “d’une culture mondiale unique” (p. 61). Cela doit se faire avec l’aide explicite des médias et des systèmes éducatifs.

Conclusion

Avec la fondation des Nations Unies et de ses sous-organisations, la volonté de faire avancer les programmes d’eugénisme et du transhumanisme ont fait un grand pas en avant. Conjointement avec les activités du Club de Rome, elles ont permis d’initier la grande remise à zéro qui a lieu actuellement. Avec l’annonce d’une pandémie, l’objectif d’un contrôle gouvernemental complet de l’économie et de la société a fait un nouveau bond vers la transformation de l’économie et de la société. La liberté fait face à un nouvel ennemi.

La tyrannie se présente sous le déguisement d’un gouvernement d’experts et d’une dictature bienveillante. Les nouveaux dirigeants ne justifient pas leur droit à la domination par la providence divine, mais revendiquent désormais le droit de gouverner le peuple au nom de la santé et de la sécurité universelles, sur la base de preuves scientifiques présumées.

Antony P. Mueller

Le Dr. Antony P. Mueller est un professeur d’économie allemand qui enseigne actuellement au Brésil.

L’UNESCO: ses buts et sa philosophie, par Julian Huxley, 1946
UNESCO: its purpose and its philosophy, by Julian Huxley, 1946


Nous publions, à titre de document historique, la traduction de ce qui a été appelé à l’époque le Manifeste des généticiens (1939), produit du septième Congrès International de Génétique qui s’est clôturé à Edinburgh trois jours avant la déclaration de la Seconde Guerre Mondiale. Les personnalités à l’origine de ce texte, notamment J. Huxley, J. B. S. Haldane et H. Müller, sont toutes progressistes.

Voir également Le Transhumanisme (1957) selon Julian Huxley.

La quatrième révolution industrielle dystopique sera différente de la 1ère

Si l’on considère les publications du Forum économique mondial (WEF) comme une indication de la manière dont la “quatrième révolution industrielle” va changer la société, le monde est confronté à une attaque massive contre la liberté individuelle et la propriété privée. Un nouveau type de collectivisme est sur le point d’émerger. À l’instar du communisme du passé, le nouveau projet séduit le public avec l’assurance du progrès technologique et de l’inclusion sociale. De plus, la durabilité écologique et la promesse de longévité, voire d’immortalité, sont utilisées pour séduire le public. En réalité, cependant, ces promesses sont profondément dystopiques.

La quatrième révolution industrielle

Selon Klaus Schwab, fondateur et actuel président exécutif du WEF, la “quatrième révolution industrielle” (2016) représente une nouvelle étape des avancées technologiques perturbatrices qui ont débuté vers la fin du XVIIIe siècle avec l’industrie textile et l’utilisation de la vapeur. La deuxième révolution industrielle a eu lieu dans les décennies précédant et suivant 1900. Elle a donné naissance à une pléthore de nouveaux biens de consommation et de technologies de production qui ont permis la production de masse. La troisième révolution industrielle a commencé vers 1950 avec les percées dans les technologies numériques. Aujourd’hui, selon Klaus Schwab, la quatrième révolution industrielle signifie que le monde se dirige vers “une véritable civilisation mondiale.”

La quatrième révolution industrielle a le potentiel de “robotiser l’humanité et de compromettre ainsi nos sources traditionnelles de sens – travail, communauté, famille, identité”. Schwab prédit que la quatrième révolution industrielle “élèvera l’humanité vers une nouvelle conscience collective et morale.”

Le transhumanisme fait partie de la transformation qui accompagne la quatrième révolution industrielle, car l’intelligence artificielle surpassera même les meilleures performances humaines dans des tâches spécifiques. Les nouvelles technologies “ne se contenteront pas de faire partie du monde physique qui nous entoure, elles feront partie de nous”, déclare Schwab.

Dans la préface du livre de Schwab, Shaping the Future of the Fourth Industrial Revolution (2018), le PDG de Microsoft, Satya Nadella, affirme que l’évolution des nouvelles technologies “est entièrement en notre pouvoir.” Microsoft et les autres entreprises de haute technologie “parient sur la convergence de plusieurs changements technologiques importants – réalité mixte, intelligence artificielle et informatique quantique.”

Satya Nadella informe les lecteurs que Microsoft, Amazon, Google, Facebook et IBM coopéreront dans le cadre d’un partenariat sur l’IA qui s’emploiera à développer et à tester la technologie dans des domaines tels que “l’automobile et les soins de santé, la collaboration entre l’homme et l’IA, le déplacement économique et la manière dont l’IA peut être utilisée pour le bien social”.

La quatrième révolution industrielle émerge de l’IA et de l’internet des objets. Credit: GettyImages

Transformation globale

Dans la préface de son livre, Klaus Schwab prédit que la quatrième révolution industrielle “bouleversera les modes actuels de détection, de calcul, d’organisation, d’action et de livraison”. Il affirme que “les externalités négatives” de l’économie mondiale actuelle nuisent “à l’environnement naturel et aux populations vulnérables.”

Les changements qui accompagnent les nouvelles technologies seront globaux et bouleverseront “la façon dont nous produisons et transportons les biens et les services.” La révolution bouleversera la façon dont “nous communiquons, la façon dont nous collaborons et la façon dont nous vivons le monde qui nous entoure.” Le changement sera si profond que les progrès des neurotechnologies et des biotechnologies “nous obligent à remettre en question ce que signifie être humain.”

À l’instar de l’avant-propos de Satya Nadella, le texte de Schwab réitère à plusieurs reprises l’affirmation selon laquelle “l’évolution de la quatrième révolution industrielle” est “entièrement en notre pouvoir” lorsque “nous” utilisons la “fenêtre d’opportunité” et recherchons “l’autonomisation.” Le “nous” dont parlent les deux auteurs est l’élite technocratique mondiale qui appelle au contrôle central et à l’interventionnisme de l’État (appelé “façonner l’avenir”) dans un nouveau système caractérisé par une coopération intime entre les entreprises et le gouvernement ou, plus précisément, entre la haute technologie et une poignée d’États clés.

La page web du Forum économique mondial consacrée à la “grande réinitialisation” proclame que “la crise de Covid-19” présente “une occasion unique de façonner le redémarrage”. À ce “carrefour historique”, les dirigeants mondiaux doivent s’attaquer aux “incohérences, inadéquations et contradictions” qui vont des soins de santé et de l’éducation aux finances et à l’énergie. Le forum définit le “développement durable” comme l’objectif central des activités de gestion mondiale.

La “Grande Réinitialisation” appelle à une coopération mondiale pour atteindre des objectifs tels que “exploiter la quatrième révolution industrielle”, “restaurer la santé de l’environnement”, “redéfinir les contrats sociaux, les compétences et les emplois” et “façonner la reprise économique.” Comme cela a été thématisé lors du ” Jobs Reset Summit ” du 20 au 23 octobre 2020, une “reprise verte” après la crise du covid-19 promet un “horizon vert”. Le sommet du WEF de janvier 2021 a abordé spécifiquement les transformations à venir. Parmi les principaux thèmes abordés figurent la “stabilité du climat”, le “développement durable”, une économie “zéro carbone” et une production agricole qui réduirait l’élevage bovin en phase avec la réduction mondiale de la consommation de viande.

L’alternative

L’augmentation du niveau de vie et la croissance de la population mondiale ont été rendues possibles par la révolution industrielle. Ceux qui veulent abattre la société capitaliste et l’économie doivent nécessairement opter pour la baisse du niveau de vie et la dépopulation. Les promoteurs des plans visant à instaurer un nouvel ordre mondial avec la force de l’État nient le fait que le capitalisme radical pourrait bien mieux fournir les moyens de passer à un monde meilleur, comme c’est le cas depuis le début de la première révolution industrielle.

Ce sont les marchés libres et les choix individuels qui ont entraîné les révolutions industrielles du passé. Comme l’explique Mises, c’est l’idéologie du laissez-faire qui a produit la première révolution industrielle. Il y a d’abord eu une révolution spirituelle qui a mis fin à “l’ordre social dans lequel un nombre sans cesse croissant de personnes étaient condamnées au besoin abject et à la misère” et où l’activité manufacturière “avait presque exclusivement répondu aux besoins des nantis” et leur “expansion était limitée par la quantité de produits de luxe que les couches les plus riches de la population pouvaient se permettre.”

L’idéologie du Forum économique mondial est celle de l’ère préindustrielle. Alors que le site web du forum (WEF) regorge de termes tels que “pouvoir”, “organisation” et “développement durable”, des concepts tels que “liberté”, “coordination du marché” et “choix individuel” sont manifestement absents. Le forum cache le fait qu’au lieu du progrès humain, l’appauvrissement et la suppression sont l’avenir de l’humanité. La conséquence implicite de l'”économie écologique” planifiée est la réduction drastique de la population mondiale.

Avec l’abolition des marchés et la suppression des choix individuels, que les plans collectivistes du WEF proposent, un nouvel âge sombre viendrait. Contrairement à ce que supposent les planificateurs, le progrès technologique lui-même s’arrêterait. Sans la créativité humaine qui découle de l’esprit d’individualisme, aucun progrès économique n’a jamais été possible.

Conclusion

Les nouvelles technologies qui accompagnent la quatrième révolution industrielle peuvent être d’une grande utilité pour l’humanité. Ce ne sont pas les technologies en elles-mêmes qui posent problème, mais la manière dont elles sont utilisées. Un avenir dystopique nous attend si l’élite mondiale du Forum économique mondial a son mot à dire. Il en résulterait un régime de terreur technocratique déguisé en gouvernement mondial bienveillant. Il existe pourtant une alternative.

Comme cela a été largement prouvé au cours des deux cents dernières années, les marchés libres et les choix individuels sont les sources du progrès technologique, du progrès humain et de la prospérité économique. Il n’y a aucune raison rationnelle de supposer que la quatrième révolution industrielle nécessiterait le collectivisme. Les marchés libres sont le meilleur moyen de faire face aux défis qui accompagnent les nouvelles technologies. La réponse est non pas moins mais plus de capitalisme.

Antony P. Mueller

Le Dr. Antony P. Mueller est un professeur d’économie allemand qui enseigne actuellement au Brésil.

Google Archipelago : Le goulag numérique et la simulation de la liberté

Big Digital

Google Archipelago

Le nouveau livre de Michael Rectenwald entreprend une tâche audacieuse dès la lecture de son titre, en établissant une analogie entre l’état actuel de l’économie de l’internet et les conditions horribles endurées par Alexandre Soljenitsyne dans les goulags soviétiques. Son argument général, par ailleurs, est direct et potentiellement convaincant : en raison de la nature oligopolistique de l’internet moderne, Google, Facebook, Twitter, Instagram et Amazon contrôlant une si grande partie du trafic dans leurs sphères respectives, ces sociétés ont la possibilité de faire passer leurs propres programmes personnels, de gauche, auprès des consommateurs qui veulent simplement être en mesure d’accéder aux informations et aux produits pour lesquels ils sont devenus une passerelle essentielle.

À leur tour, ces entreprises, avec l’aide du gouvernement, utiliseront leur pouvoir monopolistique pour soumettre toute personne qui ne veut pas s’aligner sur le nouvel agenda “woke“.

Les préoccupations générales de Rectenwald concernant la censure privée et sociale, plutôt que gouvernementale, le placent en bonne compagnie. L’éminent philosophe libéral J.S. Mill a noté dans son ouvrage On Liberty (1859 ; 2011, Gutenberg Institute, p. 8) que la censure de la société civile “pratique [sic] une tyrannie sociale plus redoutable que de nombreux types d’oppression politique, car, bien qu’elle ne soit pas habituellement soutenue par des sanctions aussi extrêmes, elle laisse moins de moyens de s’échapper et pénètre beaucoup plus profondément dans les détails de la vie”.

Rectenwald note à juste titre (p. 78) que la Révolution culturelle chinoise, bien que dirigée par les élites politiques, a été entreprise par de simples citoyens qui, dans leur zèle, étaient prêts à détruire littéralement les moyens de subsistance de leurs compatriotes considérés comme insuffisamment fidèles au maoïsme.

Google Archipelago : The Digital Gulag and the Fate of Free Speech explore la portée, la pénétration, la puissance et l’impact du “Big Digital” – ou les méga gestionnaires d’information, les plateformes de médias sociaux, les développeurs d’intelligence artificielle, les fournisseurs d’autres applications et fonctionnalités web, et les architectes et promoteurs de l’Internet des objets à venir. Alphabet (Google, YouTube, etc.) Facebook et Instagram, Twitter, Yelp et Linkedin, ainsi que leurs nombreuses filiales et concurrents, constituent un collectif numérique – Big Digital – dont le domaine est mondial et dont le pouvoir idéologique et fonctionnel représente une force sans équivalent dans l’histoire.

Big Digital, une constellation non gouvernementale de sociétés de technologie numérique, préside désormais à la vie publique et privée à un point tel qu’elle rivalise, voire dépasse, la portée et la pénétration gouvernementales de plusieurs gouvernements nationaux réunis. Le Big Digital représente une nouvelle forme privée de gouvernement, ou une gouvernementalité, les moyens par lesquels les populations sont gouvernées, et les technologies qui permettent cette gouvernance.

Le principal moyen derrière les fonctions gouvernementales de Big Digital est l’idéologie. Et l’idéologie de Big Digital est résolument de gauche. J’appelle l’idéologie de Big Digital “gauchisme d’entreprise” – ou, pour emprunter et redéfinir une expression inventée par George Gilder, “le marxisme de Google”. Le gauchisme d’entreprise ou le marxisme de Google constituent l’ensemble des valeurs et des croyances que l’on retrouve aujourd’hui dans un nombre croissant d’entreprises américaines et autres corporations. Le gauchisme d’entreprise informe les politiques et les procédures de Big Digital.

Mais le gauchisme d’entreprise est également disséminé bien au-delà des cultures de travail du quartier général de Big Digital. Le gauchisme d’entreprise n’est pas une caractéristique subsidiaire ou un aspect accessoire de Big Digital. Le gauchisme est codé dans l’ADN même de la technologie du Big Digital et se réplique avec chaque ramification organisationnelle et chaque nouvelle technologie. L’idéologie gauchiste de Big Digital circule dans les profonds réseaux neuronaux du cyberespace et des autres sphères numériques. Le gauchisme corporatif est intrinsèque à la structure de l’internet, du ” Cloud “, des algorithmes, des applications, des bots d’IA, des services de médias sociaux, des systèmes software de tracking de la navigation web, des assistants virtuels, et plus encore.

Google Archipelago raconte comment les entreprises de technologie numérique de la Silicon Valley sont devenues des bastions du gauchisme – comment, pourquoi et à quelles fins le gauchisme d’entreprise a constitué et informé Big Digital, tout en continuant à promouvoir les objectifs commerciaux de ses conglomérats numériques mondiaux et en étendant leur portée en tant que gouvernementalité privée.

Le gauchisme d’entreprise de Big Digital est autoritaire jusqu’à la moelle – et la principale gouvernementalité dans le monde d’aujourd’hui est la constellation autoritaire gauchiste d’entreprise que j’appelle l’Archipel Google : Le goulag numérique et la simulation de la liberté. Rectenwald, Michael. (2019).

Le cocktail dangereux : Big Tech et idéologie de la justice sociale-Michael Rectenwald | American Thought Leaders

Le gouvernement de Google et le goulag numérique | Michael Rectenwald | The Glenn Beck Podcast | Ep 47

Extrait interview :

“Google Archipelago (ci-après GA) retrace la métastase de l’idéologie sociale dans le domaine numérique. Il peut être considéré comme le deuxième d’une série d’épisodes sur la justice sociale, une série que j’ai commencée dans Springtime for Snowflakes et que je poursuivrai peut-être dans un troisième livre, complétant ainsi une trilogie.

Ce livre représente une étude de la manifestation largement étendue et magnifiée de l’idéologie autoritaire-totalitaire gauchiste à mesure qu’elle s’étend dans le cyberespace, s’étend dans le corps cybersocial et pénètre les recoins les plus profonds de la vie sociale et politique. Dans GA, je relie la politique de Big Digital à ses technologies. Je soutiens et démontre que les technologies sont intrinsèquement gauchistes et autoritaires.

Pour des raisons que j’expose dans le livre, la seule façon de comprendre la politique d’organisations telles que Google, Facebook, Twitter, etc. et la façon dont cette politique se reflète dans ses technologies est de voir le Big Digital comme la pointe d’un conglomérat économique et gouvernemental qui vise à monopoliser la vie humaine à l’échelle mondiale.

L’ambition politique de Big Digital est d’établir un système à deux niveaux composé de monopoles mondiaux d’entreprise et d’État au sommet, avec un “socialisme existant” pour tous les autres. J’appelle ce système à deux niveaux “socialisme d’entreprise“, que je préfère au terme “techno-féodalisme”, utilisé par d’autres.

J’ai de très bonnes raisons d’adopter le nom de socialisme d’entreprise plutôt que celui de techno-féodalisme, dont la moindre n’est pas le penchant des monopolistes à utiliser la rhétorique et l’idéologie socialistes dans leurs tentatives de faire exister le système à deux vitesses.

Le socialisme d’entreprise a pour but d’arriver à un État unique, un seul monde, avec de vastes monopoles mondialistes contrôlant la production. Ces monopoles seraient mis en parallèle avec un socialisme ou une égalité réduisant les perspectives de tous les autres. Des dupes imprudents comme Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez servent les socialistes d’entreprise en habituant les masses à cet état de fait. Les objectifs du socialisme d’entreprise sont introduits sous l’apparence d’une égalité économique et sociale, une égalité avec des perspectives réduites pour la grande majorité.

Les socialistes d’entreprise n’ont pas besoin d’égalité ; l’égalité s’applique strictement à la majorité destinée à vivre avec des perspectives réduites de “socialisme réellement existant” sur le terrain. En fin de compte, Big Digital tente de remplacer la réalité par une ou plusieurs simulations numériques, des simulacres se présentant comme des substituts de la réalité – pour introduire des réalités simulées et fausses ou des simulacres qui déplacent et remplacent le réel. Oubliez les Fake News. Essayez la Fake Reality (la fausse réalité)”.

Dr. Michael Rectenwald

Michael Rectenwald est l’auteur de onze ouvrages, dont Thought Criminal (2020), Beyond Woke (2020), Google Archipelago (2019), Springtime for Snowflakes (2018), Nineteenth-Century British Secularism (2016). Il a été professeur à l’université de New York de 2008 à 2019. Il a également enseigné à la Duke University, la North Carolina Central University, la Carnegie Mellon University et la Case Western Reserve University. Il est un expert et un défenseur de la liberté d’expression contre toutes les formes d’autoritarisme et de totalitarisme, y compris le socialisme-communisme, la “justice sociale”, le fascisme et le politiquement correct.

Il est titulaire d’un doctorat en études littéraires et culturelles de l’université Carnegie Mellon, d’une maîtrise en littérature anglaise de l’université Case Western Reserve et d’une licence en littérature anglaise de l’université de Pittsburgh. (voir son C.V. pour plus de détails). Ses essais universitaires et académiques sont parus dans le Quarterly Journal of Austrian Economics, Academic Questions, Endeavour, le British Journal for the History of Science, College Composition and Communication, International Philosophical Quarterly, les anthologies De Gruyter (Organized Secularism in the United States), etc.

Les publications de Michael destinées au grand public sont apparues sur le fil de Mises Institute, The Epoch Times, RT.com, Campus Reform, The New English Review, The International Business Times, The American Conservative, Quillette, The Washington Post, The Pittsburgh Post-Gazette, entre autres. Le Dr Rectenwald a participé à de nombreux talk-shows politiques et autres sur les grands réseaux (Tucker Carlson Tonight, Fox & Friends, Fox & Friends First, Varney & Company, The Glenn Beck Show), à des émissions de radio syndiquées (Glenn Beck et bien d’autres), ainsi qu’à des émissions et podcasts.

Voir aussi :

Qu’est-ce que le Grand Reset ? Espoirs réduits et Bio-techno-féodalisme
Le socialisme d’entreprise
Le capitalisme aux caractéristiques chinoises
Capitalisme des parties prenantes vs. néolibéralisme
L’idéologie Woke

Davos : intervention du Président Emmanuel Macron avec Klaus Schwab

Intervention du Président Emmanuel Macron avec Klaus Schwab, président-fondateur du Forum Economique Mondial dans le cadre de l’Agenda de Davos (25—29 Janvier 2021), sur le thème de la « Grande Réinitialisation » du monde après la pandémie de la COVID-19.

Davos est une réunion annuelle, à laquelle participent plus de 1500 leaders mondiaux, dont 25 chefs de gouvernement et d’État et plus de 500 PDG.

Les sujets abordés, entre autres, ont été le “new normal”, la quatrième révolution industrielle, le Grand Reset, l’intelligence artificielle, les technologies quantiques et les impacts en termes démocratiques qui sont massifs.

Mardi 26 janvier 2021, extrait :

Pr. Klaus SCHWAB
Monsieur le Président, si on prend tous ces changements, est-ce que ça signifie aussi un nouveau mode de mondialisation ? Est-ce c’est aussi, comme on dit, un « new normal » pour la mondialisation ?

Le Président de la République
Alors complètement. Je vais vous dire, tout ce qu’on est en train de se dire converge pour moi vers trois éléments. Le premier, on doit bâtir un nouveau consensus. Le 11 novembre dernier, lors du Forum de Paris pour la paix, on a essayé de réunir des chefs d’Etat et de gouvernement, des ONG, des organisations internationales, des intellectuels pour essayer de réfléchir à ce qu’on a appelé très immodestement le consensus de Paris. C’est le consensus de partout, qu’importe, mais de se dire plusieurs décennies après le consensus de Washington, il nous faut bâtir un nouveau consensus dont les règles ne sont pas la réduction de l’État, la baisse du secteur public et la création de valeur uniquement pour justement l’actionnaire. Et donc on doit bâtir, et c’est exactement la discussion qu’on a depuis tout à l’heure ensemble, un nouveau consensus qui intègre tout cela et qu’il remet au cœur du modèle. Deuxième point, il faut trouver un nouveau mode de coopération entre les États, c’est-à-dire retrouver un multilatéralisme efficace. C’est ce à quoi je crois depuis des années. Il était bloqué, en effet, par une administration américaine qui n’y croyait pas. Je nourris beaucoup d’espoirs en ce début d’année avec un partenaire américain, je l’espère, qui va se réengager, et donc nous devons construire un multilatéralisme efficace qui permettra de répondre et de mettre en œuvre ce nouveau consensus. Et puis, troisième chose, on a besoin de bâtir ces nouvelles coalitions, celles-là même qu’on a essayé de construire dans le cadre des One Planet Summit. C’est-à-dire qu’au fond, pour répondre à ces défis, le « new normal » dont vous parlez est une interaction et je salue à cet égard le caractère très innovant de votre forum, depuis des décennies, vous avez pensé ça, c’est-à-dire la coopération, mais au concret entre les États, les ONG, les entreprises, les investisseurs. C’est-à-dire que ce « new normal » dont on parle, la mise en scène du consensus, ce n’est pas qu’un multilatéralisme intergouvernemental, ce sont des coalitions d’acteurs hétérogènes qui se donnent les mêmes objectifs pour avoir des résultats.

Pr. Klaus SCHWAB
Monsieur le Président, ça me donne justement une raison de vous demander : je sais votre intérêt pour toutes les nouvelles technologies, pour ce qu’on appelle la quatrième révolution industrielle, mais dans toute sa conception, disons, le numérique joue un très grand rôle.
Comment voyez-vous l’impact de la puissance de l’écosystème numérique sur tout ce que vous avez dit ?

Le Président de la République
Je pense qu’il y en a plusieurs. Le premier, c’est que nous sommes en effet en train de multiplier les révolutions, quand on parle de numérique. Il y a plusieurs révolutions en une. Nous sommes au début de plusieurs révolutions technologiques qui nous font complètement changer de dimension. On a la révolution de l’intelligence artificielle, qui va totalement changer la productivité et même aller au-delà du pensable dans énormément de verticaux, de l’industrie à la santé en passant à l’espace. À côté de la révolution de l’intelligence artificielle, il y en a une deuxième qui, pour moi, est totalement fondamentale, qui est celle du quantique, qui va là aussi, par la puissance de calcul et la capacité d’innovation, profondément changer notre industrie, en changeant l’industrie des capteurs et donc ce qu’on peut faire dans l’aéronautique, ce qu’on peut faire dans le civil, changer totalement la réalité du cyber, par exemple ; et notre puissance de calcul, ce qui veut dire aussi la capacité qu’on a à résoudre des problèmes. Je prends l’épidémie que nous sommes en train de vivre, l’intelligence artificielle et le quantique sont des instruments de gestion, de transformation de gestion de l’épidémie. C’est-à-dire que vous pourrez régler des problèmes qui aujourd’hui prennent des semaines, en un jour. Vous pourrez régler des problèmes de diagnostic, peut-être en quelques secondes, grâce au croisement de l’imagerie médicale et de l’intelligence artificielle. Et donc dans la grande famille de ce qu’on appelle le numérique, on a en fait une convergence entre des innovations, celles du numérique, qui est au fond, quand on appelle ça génériquement, des réseaux sociaux et d’une hyper connectivité avec celle de l’intelligence artificielle et des technologies quantiques.

Le mariage de tout ça fait que nous allons rentrer dans une ère d’accélération de l’innovation, de rupture très profonde d’innovation et donc de capacités à commoditiser certaines industries et créer de la valeur très vite. Par rapport à ce que j’ai dit, qu’est-ce que cela a comme impact ? Un, on va continuer à innover et à accélérer. C’est sûr. Deux, il y aura des impacts en termes d’ajustement sociaux et il nous faut les penser dès maintenant. C’est-à-dire que le sujet des inégalités sociales va être encore plus prégnant dans un monde comme celui que je viens d’évoquer parce que nous aurons des impacts, des ajustements qui seront réels et qui sont à penser dès maintenant. Trois, tout cela a des impacts en termes démocratiques qui sont massifs. Et donc si vous voulez, pour moi, ces innovations vont être des accélérateurs de nos problèmes sur le plan social et démocratique. L’expérience américaine des dernières semaines l’a montré sur le plan démocratique, si besoin était. Quatre, la bonne nouvelle c’est que je pense que sur la résilience de nos systèmes et la réponse à la crise climatique, on a sans doute sous-estimé l’apport de l’innovation et je pense aussi que toutes ces technologies vont nous permettre, beaucoup plus vite, de répondre aux défis climatiques.

Et donc si je regarde, que je prends deux pas de recul par rapport à tout ce qu’on est en train de se dire, je pense que nos économies vont devoir de plus en plus investir dans ces innovations et il faut y aller à fond. Je pense que si on s’y prend bien et qu’on coopère entre nous, ces innovations vont nous permettre de créer de la valeur, de répondre aux défis économiques. Elles vont nous permettre, je l’espère, je le crois possible, de répondre plus vite aux défis climatiques. Et c’est aussi pour ça que moi je crois à ce que j’appelle l’économie du mieux, la réponse climatique par l’innovation plutôt que par l’arrêt des activités. Mais elles vont nous poser des problèmes sur lesquels nous n’avons pas assez réfléchi en termes démocratiques, en termes de libertés publiques et d’augmentation des inégalités sociales dans nos différentes nations.

La surveillance totale est le seul moyen de sauver l’humanité

Nick Bostrom, l’auteur de “The Simulation Argument” déclare qu’une mauvaise technologie pourrait détruire l’humanité – et le seul moyen de l’empêcher est une surveillance de masse et une gouvernance mondiale.

Le philosophe d’Oxford qui affirmait il y a 15 ans que nous vivions peut-être dans une matrice a une autre théorie, cette fois sur l’avenir de l’humanité – et elle n’est pas vraiment optimiste.

Mercredi 17 avril, Nick Bostrom est monté sur scène lors d’une conférence TED à Vancouver, au Canada, pour partager quelques-unes des idées issues de son dernier travail, “The Vulnerable World Hypothesis”.

Dans son article, Bostrom soutient qu’une surveillance mondialisée sera nécessaire pour empêcher une technologie de notre propre création de détruire l’humanité – une idée radicalement dystopique de l’un des philosophes les plus éminents de cette génération.

Bostrom cadre son argument en terme d’une urne géante remplie de balles. Chaque balle représente une idée différente ou une technologie possible, et elles sont de couleurs différentes : blanche (bénéfique), grise (modérément nocif), ou noir (destruction de civilisation).

L’humanité tire constamment des balles de cette urne, selon le modèle de Bostom – et heureusement, personne n’a encore sorti une balle noire. L’accent est mis sur “encore”.

“Si la recherche scientifique et technologique continue, écrit Bostrom, nous finirons par l’atteindre et l’extraire.”

Pour éviter que cela ne se produise, Bostrom affirme que nous avons besoin d’un gouvernement mondial plus efficace – un gouvernement qui pourrait rapidement interdire toute technologie potentiellement destructrice pour la civilisation.

Il suggère également que nous nous appuyions sur la surveillance de masse par le gouvernement, en équipant chaque personne de “balises de liberté” ressemblant à des colliers qui peuvent entendre et voir ce qu’elles font à tout moment.

Ces balises seraient introduites dans des “stations de surveillance des patriotes”, ou “centres de liberté”, où des intelligences artificielles surveillent les données, amenant les “agents de la liberté” humains dans la boucle s’ils détectent des signes d’une boule noire.

Nous avons déjà vu des gens abuser des systèmes de surveillance de masse, et ces systèmes sont beaucoup moins exhaustifs que ce que propose Bostrom.

Néanmoins, s’il s’agit de choisir entre l’observation et la surveillance de chacun de nos mouvements ou la fin de la civilisation, Bostrom semble penser que le premier choix est une meilleure option que le second.

“De toute évidence, la surveillance de masse et la gouvernance mondiale comportent d’énormes inconvénients, voire des risques énormes”, a-t-il déclaré à la foule lors de la conférence TED, selon Inverse. “Je fais juste remarquer que si on a de la chance, le monde pourrait être tel que ce serait le seul moyen de survivre à une balle noire.”

Business Insider, Inverse

La biométrie dans les pays en développement

Avec un peu plus de 12 ans pour atteindre l’objectif de développement durable de l’ONU, l’objectif 16.91, de fournir une identité juridique universelle d’ici 2030, la technologie conçue pour les pays en développement amène l’ambition à portée de main. Cependant, le marché de la biométrie pour le monde en développement est distinct de celui du monde développé à certains égards importants et le marché mondial en développement devra mûrir pour profiter pleinement de ces technologies de pointe et pour que les bonnes intentions soient atteintes.

En reconnaissant que les systèmes d’identité insuffisants ne sont pas seulement un symptôme, mais en fait un facteur contribuant au sous-développement, l’accès à l’investissement dans les systèmes d’identité et la biométrie a augmenté dans le monde en développement. Le nombre de personnes à l’échelle mondiale sans identité légale diminue rapidement, passant de 1,5 milliard en 2016 à 1,1 milliard en 2017, selon les estimations de la Banque mondiale, car les systèmes d’identification électronique (eID – electronic IDentity) soutenus par la biométrie sont mis en œuvre dans les pays en développement, notamment en Inde avec le programme Aadhaar.

Le dernier milliard de personnes à enregistrer dans les systèmes d’identité juridique, cependant, sera le plus difficile. Les enjeux sont élevés, pour ces personnes, leurs gouvernements et, par extension, toutes les sociétés dans lesquelles ils résident.

« S’ils n’existent pas officiellement, ils ne peuvent pas avoir un intérêt dans la société et, en conséquence, c’est une priorité à laquelle il faut remédier. C’est une priorité pour les agences de développement en raison de l’opportunité d’habiliter les indicateurs de développement », déclare le Président de ID4Africa, le Dr Joseph Atick, en mettant l’accent sur la portée du problème tout au long des efforts des individus et des efforts mondiaux.

Alors que le marché de la biométrie dans les économies les plus développées au monde a évolué à l’origine par l’application de la loi, par le contrôle des frontières, pour une utilisation plus large, la technologie est introduite dans la plupart des pays en développement comme un véhicule pour la prestation de services. « Le concept original de la biométrie, qui était d’amener les méchants, évolue rapidement pour aider les bons », observe Steve Thies, CEO d’Integrated Biometrics.

La plupart des sociétés biométriques les plus importantes au monde sont basées dans les pays les plus riches du monde, tout comme la plupart de leurs clients, et la plupart des revenus de l’industrie proviennent de ces mêmes pays. Les produits et les solutions, par conséquent, ont tendance à répondre à des besoins significativement différents, souvent dans des circonstances très différentes.

Le développement des systèmes d’identité mondiaux nécessitent souvent des programmes d’inscription effectués dans des environnements difficiles, sans l’infrastructure sociale ou technique qui permet la biométrie dans le monde développé. Ils nécessitent également des décisions difficiles, de l’approvisionnement au déploiement, qui sont rendues encore plus difficiles par l’immaturité du marché.

L’importance de l’identité numérique forte pour le développement et l’Agenda mondial 2030 a été reconnue, et la possibilité de poursuivre pour l’identité juridique universelle est déjà en train de frapper.

La biométrie dans le monde en développement

Un aspect des marchés contrastés est une association différente du grand public. Étant donné que les programmes d’identité dans les pays en développement ont tendance à être influencés par les services publics, tels que l’éducation et les soins de santé, le public est moins méfiant à l’égard de l’enrôlement biométrique et souvent plus désireux de participer.

« Leurs points de vue sont très différents », a déclaré le CEO et Président de Credence ID Bruce Hanson à Biometric Update. « Ils veulent s’inscrire. Ils ne veulent pas passer autant de temps à attendre en ligne, alors qu’un administrateur regarde ce document qui est supposé être un diplôme, c’est vraiment plus un morceau de papier qui s’est désintégré dans leur poche. La queue s’étale sur un kilomètre, et le gouvernement dit ‘Attendez une minute, nous ne savons pas qui est cette personne, si elle est admissible’ ».

Un autre programme nigérian, mis en œuvre par la société locale Data Infosec Consult, suit le temps et la fréquentation des enseignants dans le système scolaire public. Ce programme promet une diminution des coûts pour les gouvernements locaux qui gèrent les écoles publiques, mais bénéficie également aux étudiants qui fréquentent ces écoles et, par extension, à toute la société, soutient le CEO de Data Infosec, Harold Monu.

« Outre l’épargne et la réduction du gaspillage, il y a l’avantage social de l’enseignant d’être en classe », a déclaré Monu. « Lorsque le professeur n’est pas dans la salle de classe, même si les enfants sont là, ils n’apprennent pas, puis quelques années plus tard, aucun d’entre eux ne sera parti. Donc maintenant, les enseignants savent, si vous n’êtes pas à l’heure, vous ne serez pas payé, et la présence s’est vraiment améliorée. Nous changeons la façon dont les gens travaillent ».

Le programme se déroule dans les 25 premiers des 774 gouvernements locaux du pays, et déjà des discussions ont commencé pour l’étendre aux écoles secondaires, qui sont dirigées à un autre niveau du gouvernement. Le succès du programme est en partie dû à la capacité de faire respecter la conformité, selon Monu – les enseignants veulent être payés, de sorte qu’ils s’inscrivent. Cependant, le degré de conformité n’a pas été présent pour tous les programmes, car les programmes qui ne motivent pas toutes les parties prenantes sont facilement accessibles.

Le gouvernement nigérian envisage également comment exploiter efficacement l’identité biométrique pour le secteur de la santé. Le succès spectaculaire du programme Aadhaar, qui est en soi responsable de la majeure partie de la réduction du nombre de personnes ayant une identité juridique au cours de la dernière année, est un modèle qui peut servir d’inspiration à d’autres pays en développement, mais ne peut pas être copié trait pour trait. Les différences économiques, gouvernementales et environnementales entre les nations signifient qu’aucun projet ne fait face à la même série de défis.

Les méthodes pour relever tous les défis semblent être disponibles. Réunissant le développement durable des Nations Unies l’objectif 16.9 nécessitera une nouvelle évolution du marché de la biométrie dans les pays en développement, afin d’identifier et de mettre en œuvre les méthodes, les pratiques et les technologies appropriées pour chaque situation.

La technologie

Les défis géographiques et d’infrastructure signifient que l’enrôlement dans les pays en développement doit souvent avoir lieu pour les communautés rurales sur des appareils mobiles, apportés aux gens. Ils doivent pouvoir fonctionner sous tension et hors ligne, se synchronisant avec les bases de données de projet lorsqu’ils peuvent se connecter au réseau. « La technologie doit venir à l’individu », explique Thies. « Le smartphone compatible WiFi est évidemment l’outil de choix pour le monde, comme en témoigne la croissance de la population dans les smartphones ». Les dispositifs d’inscription doivent non seulement être mobiles et alimentés par batterie, mais aussi durables.

Les défis liés aux infrastructures et à l’éloignement dans les pays en développement ne sont pas uniformes, mais même dans leurs technologies actuelles les plus extrêmes sont égaux. En Indonésie, où la quatrième population mondiale est répartie sur des milliers d’îles, avec des conditions climatiques souvent exigeantes, la population a été inscrite à un rythme encore plus rapide que l’Inde avec son programme Aadhaar, selon Hanson.

Les défis environnementaux courants pour les programmes d’inscription comprennent des conditions de température et de poussière extrêmes peuvent causer des problèmes pour les périphériques et la lumière directe du soleil peut empêcher la capture d’image d’empreinte digitale. Pour que les appareils soient vraiment mobiles, ils doivent être léger, ce que souligne Thies, afin de les rendre plus adaptables aux températures extrêmes. En outre, les capteurs d’empreintes digitales émettant des signaux lumineux (LES – light emitting sensor : capteur à luminescence) sont imperméables à la lumière directe du soleil, ce qui les rendent utilisables dans des conditions dans lesquelles il serait nécessaire de trouver un emplacement différent et suffisamment ombragé.

De même, le film électroluminescent est approprié pour l’enrôlement en masse sans avoir à effacer la surface après chaque individu, car il ne collecte pas d’empreintes latentes. Le nouveau dispositif mobile et les technologies biométriques comme celles-ci se combinent pour fournir des capacités qui permettent des programmes précédemment infructueux ou irréalistes.

Parallèlement aux progrès réalisés dans les smartphones et autres appareils mobiles, la technologie back-end a également progressé pour permettre la collecte des données sur un périphérique et ensuite synchronisé avec une base de données centrale via le cloud. Cela facilite non seulement l’inscription, mais aussi permet de rendre l’identité enregistrée portable à d’autres sites à l’aide de la base de données, et potentiellement même à d’autres programmes.

Les parties prenantes semblent presque unanimes dans la conviction que les progrès nécessaires dans la technologie de collecte de données biométriques réalisés au cours des dernières années suffisent à inscrire le milliard de personnes sans identité juridique.

« Nous devons renforcer la capacité en Afrique pour que nous puissions satisfaire aux exigences de 2030 », souligne le Dr Atick. « La technologie est là, l’argent est là, mais les gens – il n’y en a pas assez ».

« La technologie est mature, mais les facteurs politiques et la formation au niveau local sont un défie », estime Monu. « Cependant, nous avons la main-d’œuvre, qui peut être formée, ce qui le rend très réalisable dans un court laps de temps ».

Le développement du marché

La difficulté qui doit être abordée si l’Objectif 16.9 du développement durable de l’ONU doit être atteint n’est donc pas tant une capacité technologique que l’une des capacités en pratique. Cette capacité nécessite un investissement de temps, d’énergie, d’expertise et de ressources. Selon l’économiste principal de la Banque mondiale Robert Palacios, ainsi que le Dr Atick, le mécanisme de sa livraison sera le développement du marché en constante évolution de l’identité mondiale.

[…]

Le projet de fournir une identité juridique forte, numérique et individuelle à 1,1 milliard de personnes est une opportunité avec un potentiel énorme pour les entreprises biométriques. Il existe un grand potentiel de recettes provenant des contrats. Chaque contrat, si le projet qu’il soutient, réussit, pourrait également représenter un marché sur un marché national ou local. En outre, l’amélioration de la couverture, de la prestation et de la durabilité des programmes de prestations sociales, tout en permettant une planification plus efficace des programmes aura un impact majeur sur la vie de plusieurs millions de personnes mal desservies.

Cela peut entraîner un changement positif dans les perceptions publiques mondiales de la biométrie, en équilibrant les associations populaires de l’Ouest avec des drames de la police de la télévision avec de nouvelles images de services publics et des avantages à être livrés avec succès dans de nouveaux endroits, aux personnes qui ne les ont jamais reçues auparavant. Faire de ces images une partie des futurs bonnes nouvelles du monde en développement est un rôle à la disposition des entreprises biométrique si elles choisissent de saisir l’opportunité.

BiometricUpdate


Note :

1 […] L’identité juridique fait partie intégrante des Objectifs de développement durable (ODD) pour l’après-2015 : l’objectif 16.9 presse les États d’offrir à leurs citoyens un accès universel et gratuit (ou peu coûteux) à des informations d’identification solides et reconnues. La communauté internationale devrait unir ses forces dans le but d’atteindre cet objectif car il constitue un élément essentiel pour de nombreux autres ODD. Aujourd’hui, on compte environ 2,4 milliards de personnes dépourvues de toute identité officielle, notamment des enfants de moins de 14 ans dont la naissance n’a jamais été enregistrée et de nombreuses femmes des régions rurales pauvres d’Afrique et d’Asie. Plus précisément, l’objectif 16.9 des ODD a pour but de « fournir une identité juridique à tous les citoyens d’ici 2030, notamment en enregistrant toutes les naissances » : c’est la première fois que le sujet de l’identité est officiellement stipulé en tant qu’objectif de développement à l’échelle mondiale. […]. Les « papiers » d’identité traditionnels sont en règle générale difficiles à étendre aux populations pauvres et isolées. Toutefois, dans les pays en développement, des progrès considérables pourraient être accomplis en élargissant à tous l’accès aux services et aux opportunités grâce à de nouvelles méthodes, consistant par exemple à tirer parti des plateformes mobiles numériques pour permettre aux gens d’obtenir une identité juridique en s’inscrivant en ligne (voir note 13 de la série Connections, « Des ID numériques pour le développement »). […]. L’année dernière, le Groupe de la Banque mondiale a lancé son programme d’identification pour le développement (ID4D) qui vise à répondre à l’objectif 16.9 des ODD avec une approche plurisectorielle et mieux intégrée. Ce programme vise à forger de nouvelles alliances et à réorganiser les stratégies de développement existantes. […] Source : La Banque Mondiale, sept. 2015 – L’identité, objectif du programme de développement pour l’après-2015. Il s’agit de la note n° 19 de la série Connections. Vous pouvez télécharger la version PDF de cette note ici « The Identity Target in the Post-2015 Development Agenda ». Pour en savoir plus sur ce sujet : The Role of Identification in the Post-2015 Development Agenda, World Bank and Center for Global Development, Banque mondiale et Center for Global Development, juillet 2015. La révolution biométrique : Identification for Development: The Biometrics Revolution – Working Paper 315.

Catastrophe globale et transhumanisme

Les transhumanistes ne sont pas tous techno-optimistes

« Only a singleton could control evolution1 »

Nick Bostrom

En 2008, le philosophe transhumaniste Nick Bostrom (université d’Oxford) publiait un article au titre singulier : « Où sont-ils ? Pourquoi j’espère que la quête de la vie extraterrestre ne donnera rien2. » Tandis que la sonde spatiale américaine Phoenix poursuivait ses investigations sur Mars, il développait l’idée que si nous trouvions une trace de vie intelligente, ce serait un mauvais présage pour l’humanité.

Inspiré du paradoxe du physicien Enrico Fermi, son raisonnement procède de la sorte : alors que nous sondons l’univers depuis plus de 60 ans (notamment dans le cadre du projet SETI – Search for extraterrestrial intelligence)3, que la Voie lactée recèle plus de 200 milliards d’étoiles et l’univers observable entre 100 et 200 milliards de galaxies, pourquoi n’avons-nous pas trouvé de traces tangibles de vie extraterrestre ? En d’autres termes, alors que la probabilité de la vie semble si grande, pourquoi aucune intelligence extraterrestre n’a encore entrepris l’exploration de l’univers ? Comment expliquer ce paradoxe ? Reprenant le concept de l’économiste américain Robin Hanson4, Nick Bostrom s’interroge : existe-t-il « un grand filtre »5, un obstacle, un goulot d’étranglement, une étape critique, au saut évolutionniste nécessaire à l’expansion de la vie et l’essaimage d’une l’intelligence dans l’univers, la civilisation galactique ? Partant de là, il distingue deux possibilités. Soit le « grand filtre » se situe dans notre passé et nous l’avons franchi : au seuil de notre expansion dans l’univers, il est vrai encore timide, cela revient à dire que la vie est rare, peut-être unique, et qu’elle nécessite d’improbables coïncidences pour émerger, sinon d’autres intelligences seraient venues nous rendre visite. La vie étant peu répandue et l’univers immense, on peut aussi imaginer qu’elle a pu émerger loin de nous, dans ce cas les deux intelligences resteront peut-être pour toujours étrangères l’une à l’autre. Dans l’autre hypothèse, le « grand filtre » se situe devant nous, dans le futur, cela signifierait qu’il y a dans le développement technologique de la civilisation un stade critique, qui expliquerait que quelque chose a empêché l’essaimage de l’intelligence. Dans ce cas c’est le risque anthropique, lié à l’homme lui-même, qu’il faut redouter.

Ces considérations liminaires mettent en relief le primat de l’intelligence et le risque anthropique existentiel, qui pourrait nuire à l’étape prochaine de l’évolution désirée par certains transhumanistes, un mouvement philosophique, scientifique et politique, qui s’est cristallisé notamment en Californie dans les années 1960 et qui a pour ambition de prendre en main l’évolution humaine, jugée imparfaite, par la technologie.

Souvent présentés comme techno-fétichistes, il s’agit ici d’explorer un aspect moins connu des transhumanistes : les liens qui unissent certains d’entre eux à l’idée de catastrophe globale6 et comprendre les ressorts de cette inquiétude. Après quelques éléments biographiques sur Nick Bostrom et une définition du risque anthropique existentiel, nous développeront l’exemple de l’« explosion de l’intelligence ».

Nick Bostrom

Niklas Bostrom est né en Suède. Mû par une curiosité intellectuelle intense, adolescent, il décide de faire sa propre éducation7. Au début des années 1990, il réussi le tour de force d’être diplômé de l’université de Göteborg en philosophie, en logique mathématique et en intelligence artificielle. Il poursuit ensuite sa formation à Stockholm où il étudie la philosophie et les mathématiques puis au King’s College de Londres où il s’initie à l’astrophysique et aux neurosciences8.

Acteur transhumaniste historique, il fonde, en 1998, avec le philosophe anglais David Pearce, le World Transhumanist Association (maintenant Humanity +), une institution qui a pour ambition de donner corps au transhumanisme mais aussi lui donner du crédit afin de stimuler des recherches académiques9. La même année, il participe à la rédaction de La déclaration transhumaniste ainsi qu’à la création du Journal of Transhumanism (devenu Journal of Evolution & Technology).

Son doctorat de philosophie obtenu à la London School of Economics porte sur le paradoxe de l’Apocalypse (Doomsday argument), un raisonnement probabiliste sur le risque d’extinction de l’humanité inspiré par l’astrophysicien Brandon Carter que, selon Nick Bostrom, l’on sous-estime trop souvent, notamment dans sa dimension anthropique10. En 2005, il donne naissance, au sein d’Oxford Martin School11, au laboratoire Future of Humanity Institute (FHI)12. Son objectif : générer des outils pluridisciplinaires pour appréhender les risques technologiques émergents mais aussi les opportunités civilisationnelles associées afin de clarifier les choix qui façonnent le futur de l’humanité sur le long terme, en tirer le meilleur profit. En 2014, son livre, Superintelligence, paths, dangers, strategies, a eu un grand retentissement13. En écho à cette publication, qui alimente l’inquiétude autour de l’intelligence artificielle, Elon Musk (Tesla Motors, PayPal, SpaceX, SolarCity) a doté le FHI d’une somme d’un million de dollars14. Récemment on a pu voir Nick Bostrom témoigner sur le risque existentiel à l’ONU au côté du cosmologiste Max Tegmark (MIT)15 fondateur du Future of Life Institute16.

Le risque existentiel

Nick Bostrom définit le risque existentiel comme un risque qui menace prématurément l’extinction de l’intelligence née sur Terre avant qu’elle ne puisse atteindre sa maturité, l’expression de sa plénitude17.

Depuis 500 millions d’années, 15 extinctions de masse auraient eu lieu dont 5 ont failli faire disparaître la vie sur Terre. Une en particulier, au Permien-Trias, il y a 250 millions d’années, aurait éliminé 90 % des espèces18. Dans un passé plus récent, la chute d’un astéroïde comme celui du Yucatán (Mexique), il y a 65 millions d’années, mais aussi l’impact du supervolcan Toba (Indonésie) sont à l’origine d’extinctions massives, directement et indirectement par l’absence de luminosité et le refroidissement induit.

Cependant, si l’humanité a survécu aux risques naturels depuis des centaines de milliers d’années, Nick Bostrom est moins optimiste quant aux menaces nouvelles introduites par celle-ci, depuis peu : c’est le risque existentiel anthropique19. Outre le réchauffement climatique global, l’usage de l’arme nucléaire, d’autres risques sont mis en avant comme une pandémie anthropogène liée au bioterrorisme, l’altération du climat par la géo-ingénierie et l’avènement d’une superintelligence artificielle hostile.

Nick Bostrom fait aussi état du risque nanotechnologique, pas seulement le très fantasmé gray goo20, une écophagie environnementale liée à la perte de contrôle d’un assembleur moléculaire popularisée par Eric Drexler (FHI)21, mais aussi l’usage d’armes nanométriques22. Il ajoute quelque chose d’imprévisible23. Focalisons-nous sur le risque inhérent à l’émergence de la superintelligence artificielle.

« 10 scénarios pour la fin de l’homme (avec Nick Bostrom) :

Partie 2

L’ « explosion de l’intelligence »

Le statisticien Irving John Good (1916-2009) serait le premier à l’avoir exposée officiellement en 1965 :

« Supposons qu’existe une machine surpassant en intelligence tout ce dont est capable un homme, aussi brillant soit-il. […] cette machine pourrait à son tour créer des machines meilleures qu’elle-même ; cela aurait sans nul doute pour effet une réaction en chaîne du développement de l’intelligence, pendant que l’intelligence humaine resterait presque sur place. Il en résulte que la machine ultra-intelligente sera la dernière invention que l’homme aura besoin de faire, à condition que ladite machine soit assez docile pour constamment lui obéir. Il est curieux que ce point soit si rarement abordé en dehors de la science-fiction. Il faudrait parfois prendre la science-fiction au sérieux24. »

Cette ultra-intelligence devient singularité technologique sous la plume du mathématicien et auteur de science fiction Vernor Vinge en 1993.

« Within thirty years, we will have the technological means to create superhuman intelligence. Shortly after, the human era will be ended25. »

En 2008, Robin Hanson (FHI) et Eliezer Yudkowsky (Machine Intelligence Research Institute) ont débattu à ce propos, l’un considérant que le « décollage » (takeoff) sera lent, qu’il prendra des années, des décennies et l’autre, au contraire, fulgurant26. Nick Bostrom pense aussi que le décollage sera explosif27.

L’ « explosion de l’intelligence » peut être résumée de cette manière : lorsque la machine aura atteint le stade de l’intelligence humaine, elle pourrait se reprogrammer, puis à nouveau se reprogrammer à partir de cette nouvelle programmation et ainsi de suite jusqu’à produire une évolution exponentielle.

Les techno-optimistes de la Silicon Valley comme Peter Diamandis et Ray Kurzweil utilisent ce concept de singularité technologique pour illustrer l’émergence de la superintelligence28. Nous serions au seuil d’une « accélération technologique », objectivement impensable, qui passé un point d’inflexion deviendra explosive et profondément transformatrice. Cette singularité technologie échappe à nos catégories de pensée car nous pensons de façon linéaire, alors que l’évolution technologique se fait de manière exponentielle. Peter Diamandis utilise cette métaphore : si 30 pas linéaires (1, 2, 3, etc.) amènent approximativement à 30 mètres, 30 pas exponentiels (1, 2, 4, 8, 16, etc.) nous feraient parcourir 26 fois le tour de la planète29. Dans le cadre de cette accélération, Ray Kurzweil prophétise l’émergence de la super-intelligence autoréplicante pour 204530. Nous sommes dans un compte à rebours quasi messianique, espéré auto-réalisateur, comme l’a été la loi de Moore31. C’est le retour en grâce du fantasme de l’intelligence artificielle « forte » stimulé par le l’augmentation des capacités de stockage de l’information et des puissances de calcul.

Pour Nick Bostrom, parmi les leviers devant conduire à une augmentation cognitive, si la digitalisation du cerveau (whole brain emulation) semble la voie la plus prometteuse, la méthode la plus rapide à mettre en œuvre serait le couplage avec la superintelligence artificielle32. Seulement, cette méthode qui conditionne un devenir hybride, cyborg, comporte un risque existentiel ; nous sommes revenus au « grand filtre ».

Nick Bostrom considère que l’évolution ne sera pas toujours nécessairement avantageuse pour l’humanité33. Contrairement aux libertariens de la Silicon Valley, il n’est pas techno-optimiste, il redoute les risques existentiels qui pourraient nuire à l’humanité toute entière.

Plus précisément, ces risques menacent de façon prématurée l’extinction, selon lui, non pas de l’humanité au sens de l’Homo sapiens, une incarnation transitoire, mais de l’ « intelligence d’origine terrestre » et sa « maturité technologique », c’est-à-dire le maximum de ses potentialités : le posthumain et ses promesses comme la colonisation de l’espace, etc34.

Selon Nick Bostrom, nous sous-estimons le risque anthropique existentiel et notamment celui inhérent à la superintelligence artificielle.

Comment se prémunir contre cette catastrophe ? Une manière d’éviter le désastre consisterait à prendre en main l’évolution de l’humanité, aussi suggère-t-il de développer ce qu’il appelle un singleton (en mathématiques, un ensemble formé d’un seul élément), un ordre mondial présidé par une entité indépendante qui nous permettrait d’éviter les risques existentiels35. Ce singleton pourrait être un gouvernement mondial démocratique, une dictature  ou… une superintelligence, une sorte de gouvernement pastoral machinique36.

Finalement, la création d’un singleton, quelque soit sa nature, pourrait anticiper et ainsi réduire certains risques. Il pourrait aussi en faire advenir d’autres comme un régime oppressif global et permanent37.

Notes

1 Nick Bostrom, « The future of human evolution », in Charles Tanguy (ed), Death and anti-death: two hundred years after Kant, fifty years after Turing, Palo Alto, rup, 2004, 2009, [version en ligne], p. 16.

2 Nick Bostrom, « Where are they. Why I hope the search for extraterrestrial Life Finds Nothing », MIT Technology review, mai/juin, 2008, p. 72-77.

3 SETI Institute Home.

4 Robin Hanson, « The great filter – Are we almost in the past ? », 15 septembre 1998.

5 Ce concept est utilisé en exobiologie (ou astrobiologie). Lire Aditya Chopra et Charles H. Lineweaver, « The case for a Gaian bottleneck. The biology of habitability », Astrobiology, vol. 16, no 1, 2016.

6 Le rapport de la fondation Global challenges définit la catastrophe globale comme un événement qui tuerait au moins 10 % de l’humanité, soit actuellement 750 millions de personnes. Lire Global Challenges Foundation/Global Priorities Project (Future of Humanity Institute), Global Catastrophic Risks, 2016, p. 6.

7 Raffi Khatchadourian, « The doomsday invention. Will artificial intelligence bring us utopia or destruction ? », The New Yorker, no 23, novembre 2015.

8 Curriculum vitae de Nick Bostrom.

9 Nick Bostrom, « A history of transhumanist thought », Journal of Evolution & Technology, vol. 14, no 1, avril 2005, p. 15.

10 Cet argument est discuté par John A. Leslie dans The end of the world. The science and ethics of human extinction, London, Routeldge, 1996

11 Fondé en 2005 par James Martin, un spécialiste des technologies de l’information, Oxford Martin School, est un centre de recherche pluridisciplinaire qui porte sur les enjeux  globaux pour le XXIe siècle.

13 Nick Bostrom, Superintelligence, paths, dangers, strategies, Oxford, OUP, 2014.

14 Ideas into action, 10 years of groundbreaking research, Oxford Martin School/University of Oxford, 2015, p. 9.

15 Prof. Max Tegmark and Nick Bostrom speak to the UN about the threat of AI.

17 Nick Bostrom, « Existential risk prevention as global priority », Global Policy, vol. 4, no 1, 2013, p. 15.

18 Nick Bostrom et Milan M. Ćirković, « Introduction », Global Catastrophic Risks, Oxford, OUP, 2008, p. 8.

19 Nick Bostrom, « The future of humanity », in Jan-Kyrre Berg Olsen, Evan Selinger et Soren Riis (eds),  New Wages in philosophy of technology, NY, Palgrave McMilla, 2009 [version en ligne], p. 10-11.

20 Nick Bostrom, Existential risks: Analyzing human, extinction scenarios and related hazards, Journal of Evolution and Technology, vol. 9, mars 2009, p. 8.

21 Eric K. Drexler, Engins de création : l’avènement des nanotechnologies, Paris, Vuilbert, 2005 [Engines and creation. The coming era of nanotechnology, 1986].

22 Nick Bostrom, « The future of humanity », op. cit., p. 10-11.

23 Nick Bostrom, Existential risks : Analyzing human, extinction scenarios and related hazards, op.cit., p. 8.

24 Irving J. Good, « Speculations concerning the first ultraintelligent machine », in F. Alt et M. Ruminoff (eds.), Advances in computers, vol. 6, 1965, p. 33.

25 Venor Vinge, « The coming technological singularity: How to survive in the post-human era », Vision-21, Interdisciplinary science and engineering in the era of cyberspace. Proceedings of a symposium cosponsored by the NASA Lewis Research Center and the Ohio Aerospace Institute and held in Westlake, Ohio March 30-31, 1993, p. 11.

26 Robin Hanson et Eliezer Yudkowsky, The Hanson-Yudkowsky AI foom debate, Berkeley, CA, Machine Intelligence Research Institute, 2013.

27 Nick Bostrom, Superintelligence, paths, dangers, strategies, op. cit., p. 64-65.

28 Voir Ray Kurzweil, The singularity is near. When humans transcend biology, London, Penguin Books, 2005.

29 Peter Diamandis et Steven Kotler, Bold. How to go big, create wealth and impact the world, NY, Simon and Schuster Books, 2014, p. 16.

30 Peter Diamandis, « Ray Kurzweil’s mind-boggling predictions for the next 25 years », Singularity Hub, 20 janvier 2015.

31 Walter Isaacson, Les innovateurs. Comment un groupe de génies, hackers et geeks a fait la révolution numérique, Paris, JC Lattès, 2015, p. 247.

32 Nick Bostrom, Superintelligence, paths, dangers, strategies, op. cit.

33 Nick Bostrom, « The future of human evolution », op. cit., p. 1-2.

34 Nick Bostrom, « Existential risk prevention as global priority », op. cit., p. 15-31.

35 Nick Bostrom, « The future of human evolution », op. cit., p. 16-18.

36 Nick Bostrom, « What is a Singleton », Linguistic and Philosophical Investigations, vol. 5, no 2, 2006, p. 48-54.

37 Nick Bostrom, « The future of human evolution », op. cit. p. 18.

Une femme a des micropuces implantées dans chacune de ses mains

Une australienne de 27 ans, Shanti Korporaal, futuriste et entrepreneur (a créé sa propre boutique en ligne ChipMyLife), c’est implantée des micropuces dans chacune de ses mains (micropuce RFID – technologie NFC) pour déverrouiller des portes, régler ses achats, sans sortir son portefeuille, son trousseau de clé ou même son smartphone… lire l’article sur BFMTV.

“Ces dispositifs n’ont pas été testés ou certifiés par un organisme de réglementation pour l’implantation ou l’utilisation sur ou dans le corps humain”.

En juin dernier, un député demandait au gouvernement d’interdire purement et simplement la pose de puces NFC sous la peau au travers d’une question écrite parue au Journal officiel, faisant suite à une  « implant party » qui a eu lieu le 13 juin 2015, dans le cadre du festival Futur en Seine 2015, sur le plateau média de la Gaîté lyrique.

Thanks to the RFID chip embedded in one hand, Korporaal can unlock her office’s garage with a back-handed bump to a scanner as she zips into work on her Vespa. On the other hand in the same spot, the fleshy space between her thumb and forefinger, sits a near-field communication chip that stores her health and contact data. She can feel a chip’s hard lump if she probes with a finger; otherwise, she’s used to them by now… lire l’article sur The Washington Post

Expérience de Bitcoin avec une puce NFC : une clé privée implantée
Des dispositifs implantables et des lentilles de contact pour communiquer avec les Smartphones
CBS Pittsburgh : Des gens s’implantent des puces électroniques sous la peau
Implants, puces et transhumainsFrance Info : Les implants NFC arrive en France