La guerre post-humaniste

La guerre post-humaniste : quel état initiera la modification génétique de l’être humain ?

En cette époque charnière, la modification de l’environnement par l’Homme a pris une forme inédite avec l’avancée de l’ingénierie génétique. De l’altération des gènes des plantes, nous sommes désormais passés à celles des animaux et des humains. L’amélioration de l’Homme, du transhumanisme à l’eugénisme en passant par le clonage, semble inéluctable dans les sociétés les plus avancées technologiquement, comme le montre les faits qui vont suivre.

L’animal génétiquement modifié

Quelques récentes avancées génétiques sur les animaux méritent d’être relevées. Après la fameuse brebis Dolly, premier mammifère cloné de l’histoire en 1996, le clonage de chiens par l’entreprise sud-coréenne de biotechnologies Sooam Biotech confirme la tendance en 2014. Récemment, un laboratoire chinois a créé des clones de singe fin 2017 — début 2018 avec la « méthode Dolly ». Il s’agit d’un transfert nucléaire de cellules somatiques permettant théoriquement la création d’un nombre infini de clones, contrairement au procédé de division embryonnaire (qui se produit naturellement chez les jumeaux) limitant le nombre de clones à quatre. Aujourd’hui, 22 espèces animales (chiens, chats, porcs…) ont été clonées avec cette méthode Dolly.

Après avoir investi en 2017 dans la viande artificielle [cf. GP n° 5], le milliardaire américain William Henry Gates III, dit Bill Gates, annonce avoir consacré plus de 40 M$ dans le partenariat public-privé écossais GALVmed (l’Alliance mondiale pour les médicaments destinés au bétail). Elle étudie la génétique et la vaccination du bétail, pour créer une race de « super vaches » destinée à résister au réchauffement climatique. Des généticiens de l’Institut des sciences agroalimentaires de l’Université de Floride avaient déjà déclaré le 23 juin 2017 travailler sur une espèce de vaches génétiquement modifiées. L’agence militaire états-unienne DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) et le grand philanthrope Gates auraient également investi 100 M$ dans le « forçage génétique ». Cette technique de manipulation génétique a pour but de modifier un gène pour qu’il soit ensuite rapidement transmissible à toute une espèce animale ou végétale. Ceci pourrait, par exemple, limiter la capacité de reproduction d’une espèce, la rendre plus sensible ou insensible à une maladie ou à un produit chimique. Des expérimentations pourraient se dérouler en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Burkina Faso, en Ouganda, au Mali et au Ghana. La Fondation Bill & Melinda Gates aurait également consacré 1,6 M$ en lobbying via la société Emerging A.G pour promouvoir le phénomène.

Plus grand meurtrier de la planète à cause des virus et parasites qu’il transmet à l’Homme, le moustique est responsable d’un million de décès tous les ans. En réponse, Oxitec, une société britannique créée en 2002 issue de l’Université d’Oxford, conçoit des moustiques mâles stériles génétiquement modifiés par modification directe du génome. Vu que la femelle ne s’accouple qu’une fois, l’absence de descendance est censée faire décroître la population de moustiques. En 2010, un premier lâcher a eu lieu aux îles Caïman. Il a été financé par la Fondation Bill & Melinda Gates, décidément toujours à la pointe de l’altération environnementale (géo-ingénierie, OGM…). D’autres tests ont suivi en Malaisie, au Brésil, au Panama et en Floride. Le Burkina Faso servira de cobaye pour la suite de ces expériences inédites. Des œufs de moustiques génétiquement modifiés ont été importés avec l’accord de l’Agence Nationale de Biosécurité au Burkina Faso pour lutter contre le paludisme (malaria) dans le cadre du projet Target Malaria. Un élevage est en cours au laboratoire de l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS) à Bobo Dioulasso pour atteindre 10 000 moustiques mâles stériles génétiquement modifiés. Un lâcher dans la nature est programmé dans les mois à venir. Une autre méthode non-OGM, déjà testée par la Polynésie, consiste à transmettre la bactérie wolbachia au moustique pour bloquer sa reproduction. La Nouvelle-Calédonie compte s’orienter vers cette solution.

Le MIT Technology Review rapporte que des neuroscientifiques de l’Université de Yale ont réactivé les cerveaux de 100 à 200 cochons morts, quelques heures après leur décapitation dans un abattoir local. Les milliards de cellules de ces cerveaux de cochons décédés ont affiché une activité normale pendant 36 heures d’affilée où les chercheurs ont pu rétablir la circulation sanguine dans les organes. Ce système nommé BrainEx est constitué de pompes, de chauffage et de sang artificiel connecté à un cerveau en boucle fermée.

Un ovaire artificiel imprimé en 3D a été implanté chez des souris stériles, qui ont finalement pu donner naissance à des bébés souris en bonne santé. L’ovaire en question permet la maturation des ovocytes in vitro, mais également in vivo. Les scientifiques de l’Université Northwestern (Chicago) ont expliqué leur méthode dans la revue Nature Communications. Aucun problème n’a été relevé au niveau de l’allaitement et de la reproduction.

D’autres savants de l’Université de Maastricht ont réussi à créer un embryon de souris à un stade de développement très précoce, sans gamète (ni spermatozoïde, ni ovule), à partir de deux cellules souches embryonnaires différentes. Les cellules restaient désorganisées, ce qui a empêché la maturation de l’embryon implanté. Les conclusions de la recherche laissent penser que la création d’un embryon de souris viable pourrait intervenir d’ici trois années. À terme, il s’agit d’utiliser ces embryons sans gamète pour étudier l’infertilité et tester des médicaments.

L’écrevisse marbrée (procambarus virginalnorthis) est une espèce invasive, hybride génétiquement et capable de se reproduire sans mâle. Elle est apparue pour la première fois en 1995 dans un aquarium allemand, mais s’est échappée de son milieu confiné et a réussi à se reproduire dans différentes régions du monde. Dès 2003, les experts ont étonnamment constaté que les écrevisses marbrées étaient capables de se cloner via la parthénogenèse (mode de reproduction asexué). En revanche, il est impossible de savoir comment la première écrevisse marbrée est devenue capable de se multiplier par cette méthode. Résultat en 20 ans : des clones se sont développés en Europe et en Afrique, bouleversant les écosystèmes et les espèces locales. L’espèce est interdite dans l’UE et dans certaines régions des États-Unis, mais constitue une ressource alimentaire à Madagascar.

La biodiversité génétique de l’océan (du microbe à la baleine) est une véritable mine d’informations sur le potentiel génétique. La moitié des gènes des créatures marines appartiennent à une seule société, l’allemand BASF, la plus grande entreprise chimique du monde. La grande majorité des données génétiques sont d’ailleurs détenues par le secteur privé et 98 % des détenteurs de brevets de la vie marine sont basés dans 10 pays. Breveter une séquence génétique particulière provenant d’un organisme marin signifie donner le droit exclusif de faire des recherches sur celle-ci et de produire des produits connexes. Mais, les détenteurs de brevets ont un monopole limité sur leur création et peuvent accorder des droits complets ou partiels à d’autres. Le brevetage soumet également les compagnies au partage de leurs recherches.

L’Homme génétiquement modifié

Un siècle après « Le Meilleur des mondes » (1932), célèbre roman dystopique d’Aldous Huxley, la procréation externe et la modification de l’embryon de l’être humain dont il est question dans le scénario n’ont jamais été aussi proches.

Actuellement, les pays autorisant des modifications génétiques d’embryons humains à des fins de recherche se limitent au Royaume-Uni, à la Suède, au Japon, aux États-Unis et à la Chine. Ce dernier pays étant le plus transgressif au monde ; il a été le premier à effectuer des modifications sur l’embryon humain et a lancé en 2013 un programme de séquençage de l’ADN des surdoués pour déterminer les variables favorisant leur intelligence (L’Express, 07/02/17).

De la crypto-monnaie en échange de vos données génétiques en utilisant une blockchain !

Le séquençage de l’ADN est devenu une pratique courante dans les laboratoires. Des tests ADN de dépistage néonatal permettent déjà de rechercher et détecter plus de 193 maladies dans les gènes d’un nouveau-né. Le professeur Georges Church, un des pères du séquençage du génome, veut combiner la technologie blockchain à des codes ADN afin de rémunérer les propriétaires des données génétiques en cryptomonnaie. Commercialiser son ADN est une idée en vogue développée par des entreprises comme EncrypGen, Luna DNA ou Zenome, qui comptent créer des plateformes de vente d’ADN accessibles à l’individu lambda. La société Nebula Genomics, fondée en février 2018, s’est directement lancée dans ce service en partenariat avec Veritas, en tirant parti du séquençage du génome et de la technologie blockchain. Ils proposent de conserver, crypter et monétiser le génome de leurs clients, pour que ces derniers puissent protéger, mais aussi louer leurs données personnelles à des chercheurs ou à des laboratoires médicaux de manière anonyme.

À l’instar de leurs confrères américains, le développement des connaissances sur le génome humain amène les chercheurs européens à concevoir la correction du génome embryonnaire. Le procédé consiste non plus à traiter une partie génétiquement déficiente d’une personne (organe, tissu) mais à directement modifier la cellule-œuf à l’origine de tout l’organisme. Grâce au séquençage de l’ADN, les scientifiques peuvent aujourd’hui identifier, diagnostiquer et potentiellement trouver des traitements à des maladies génétiques. Par le biais du Projet du Génome Humain (Human Genome Project), le séquençage du génome humain s’est finalisé en 13 ans pour un coût de 2,7 Mds $. Les scientifiques de ce programme discret cherchent dorénavant 100 M$ pour synthétiser de l’ADN humain d’ici 5 ans pour, qu’à terme, le coût de fabrication d’une paire de base d’ADN soit réduit à un centime. Les effets sur l’espèce humaine seraient inévitables et totalement inconnus. En l’état actuel des connaissances, la sélection pure et simple des embryons humains (eugénisme) serait plus pondérée que leur modification directe.

Des expérimentateurs du monde des biotech tentent de modifier leur génome ou de s’implanter de manière artisanale des dispositifs électroniques pour accroître leurs capacités. Si l’expérience a par exemple été effectuée par Josiah Zayner, diplômé en biophysique moléculaire (Université de Chicago), sa diffusion en direct sur Facebook a pour objectif de démontrer que l’édition du génome peut être effectuée par le commun des mortels avec peu de matériel. Cet individu a utilisé la technique d’édition génétique médiatisée CRISPR/Cas9, également appelée les « ciseaux de l’ADN ». Mais selon deux études publiées récemment, la modification des génomes avec la méthode CRISPR-Cas9 a des chances d’accroître le risque que les cellules altérées déclenchent un cancer. Avec cette technique, des embryons humains issus d’une cellule porteuse d’une mutation génétique ont notamment pu être génétiquement corrigés, en modifiant son génome au premier stade de son développement. Une première selon l’étude menée par des scientifiques chinois de l’Université de médecine de Canton.

Une équipe d’experts de l’Imperial College London, ont également fait une avancée importante en intégrant des cellules vivantes dans des cellules artificielles qu’ils ont créées. Ces cellules hybrides synthétiques pourraient permettre d’élaborer et synthétiser des médicaments.

D’autres chercheurs de l’Université Rockefeller (New York) ont carrément cultivé en laboratoire des embryons humains artificiels, dérivés de cellules embryonnaires humaines. Au quatorzième jour, les scientifiques ont greffé ces cellules humaines sur des embryons de poulet âgés de 12 heures (un stade de développement équivalent aux 14 jours de développement humain). Ils ont donc créé un embryon hybride mi-humain mi-poulet viable, où les cellules humaines, qui ont pris le rôle d’organisatrices, ont créé une colonne vertébrale secondaire et un système nerveux. L’étude a été publiée dans la revue scientifique Nature le 23 mai 2018.

Même tendance avec une probable alternative future au don d’organe : la culture d’organes humains artificiels en laboratoire à des fins médicales. Des chercheurs américains ont été en mesure de développer un foie humain à l’intérieur d’un cochon vivant donnant naissance à des hybrides mouton-humain. Une limite de 28 jours de développement des embryons a été fixée faute d’autorisation. Les organismes de régulation US, qui interdisent actuellement le financement public d’hybrides humains-animaux, ont annoncé en 2016 que ce moratoire pourrait être levé. En l’état actuel, ce sont des donateurs privés qui financent les recherches préliminaires.

Les dernières avancées de la procréation humaine artificielle

Entre l’agence allemande qui vend des femmes vierges aux enchères au plus offrant et la technologisation croissante de la procréation, le monde moderne progressiste apparaît comme de plus en plus humainement rétrograde. Inversement, la capitalisation marchande de toutes les sphères de l’Homme et sa société, parfaitement corrélée aux processus précédents, est grandissante.

L’eugénisme désigne « l’ensemble des recherches (biologiques, génétiques) et des pratiques (morales, sociales) qui ont pour but de déterminer les conditions les plus favorables à la procréation de sujets sains et, par là même, d’améliorer la race humaine » selon le Centre national de ressources textuelles et lexicales. Derrière des méthodes telles que la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA), c’est la possibilité de modifier l’être humain par l’eugénisme et des caractéristiques choisies qui est ouverte. C’est bien l’idéologie transhumaniste qui sous-tend ces conceptions. Choisir le sexe de son enfant, la couleur de ses cheveux et de ses yeux, ses goûts sont déjà possibles. Et pourquoi ne pas choisir le QI de sa descendance ? Ce genre de caractéristiques choisies est déjà proposé par la clinique privée de fécondation in vitro (FIV) californienne Fertility Institute du docteur Jeffrey Steinberg, avec des formules coûteuses.

Créé en Espagne, l’Institut Valencien de l’Infertilité (IVI) promet à ses clients un bébé en 24 mois grâce à la PMA, satisfait ou remboursé. Des femmes non admissibles à une PMA en France comme des célibataires, des couples de lesbiennes ou des femmes trop âgées (plus de 43 ans) peuvent tout simplement passer la frontière pour acheter leur embryon. IVI fait partie d’un groupe présent dans 13 pays, avec plus de 70 cliniques dédiées à la médecine reproductive. Le groupe a fait naître quelque 160 000 enfants. En Chine, le marché noir des ovules humains s’est développé sur l’application Wechat avec des annonces donnant la possibilité aux femmes d’en acheter pour un budget de 1 300 € à 6 600 €. La GPA et le commerce des ovules sont actuellement interdits en terre du Milieu.

En France, la PMA est actuellement réservée aux couples hétérosexuels infertiles, mais des débats sont en cours. Pour les plus pauvres, une sorte de PMA artisanale par auto-insémination est possible, mais illégale. En effet, de plus en plus de femmes cherchent des donneurs par le biais de la plateforme Facebook pour ensuite s’inséminer son sperme chez soi ou dans une chambre d’hôtel. Une étude de 2014 de la Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique considérait déjà que « sur 300 médecins ayant participé à notre étude en 2014,  près de 50 % ont été consultés par des femmes pour des conseils en vue d’une auto-insémination, détaille le professeur Pierre Jouannet de l’Académie nationale de médecine. En majorité, ils ont répondu favorablement. Mais cette étude ne peut être extrapolée ». Selon un sondage Ifop commandé par l’Association des Familles Homoparentales (ADFH), 64 % des Français seraient favorables à l’ouverture de la PMA pour les couples de femmes et 66 % seraient plutôt ou très favorable à l’ouverture de la PMA pour les femmes célibataires.

Macron Jupiter Ier semble notamment approuver l’idée d’un élargissement de la procédure à d’autres publics bien spécifiques, soutenu par le Conseil d’État qui ne signale aucun obstacle juridique à l’extension de la PMA aux couples de femmes homosexuelles et aux femmes célibataires, y compris dans le droit conventionnel. Ce dernier recommande même la prise en charge (« financièrement modeste ») par la Sécurité sociale de toutes les PMA, même si elles ne sont pas réalisées pour des raisons médicales. C’est le député LREM des Deux-Sèvres, Guillaume Chiche, qui a signalé vouloir déposer une proposition de loi autorisant la PMA pour les femmes célibataires et les couples lesbiens. La GPA ne sera par contre pas pour tout de suite dans l’Hexagone, car il estime que la pratique des mères porteuses est contraire aux principes d’indisponibilité du corps et de l’état des personnes. Mais ce n’est probablement qu’une question de temps. La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, ex-belle-fille de Simone Veil (qui a dépénalisé l’avortement avec une loi sur l’IVG en 1974), nous prépare déjà la suite du programme libéral-libertaire avec une révision des actuelles lois bioéthiques.

À partir d’un embryon congelé le 14 octobre 1992, un bébé est né en novembre 2017. C’est la période la plus longue (24 ans) pendant laquelle un embryon viable créé à partir de donneurs anonymes n’ait jamais été stocké. En Angleterre, le puissant think tank spécialisé en bioéthique Nuffield Concil on Bioethics se montre favorable à la création de bébés avec un ADN génétiquement modifié, si la manipulation en question améliore positivement la vie du concerné.

Pour la première fois dans l’histoire du pays, les régulateurs britanniques ont donné le feu vert aux médecins pour effectuer une thérapie de don mitochondriale sur deux femmes britanniques. En d’autres termes, cette FIV aboutit à un bébé à trois parents, un vrai casse-tête anthropologique pour les systèmes de filiations fondant nos sociétés. En cas de réussite au Royaume-Uni, la tendance va commencer à être sérieusement étudiée dans d’autres pays du monde. Cette thérapie de don mitochondriale avait déjà été pratiquée par John Zhang (célèbre médecin new-yorkais spécialiste de la FIV) sur une femme mexicaine atteinte du syndrome de Leigh (une maladie mitochondriale) en 2015. Un an plus tard, elle a pu donner naissance à un enfant n’ayant pas hérité du syndrome. En 2017, la FDA a interdit à Zhang d’effectuer la thérapie aux États-Unis. Des médecins ukrainiens de la Clinique de Nadiya à Kiev ont également permis à un couple infertile de donner naissance à un bébé conçu par thérapie mitochondriale avec la fabrication d’un embryon hybride.

A Bologne, en Italie, une jeune femme infertile a reçu une greffe d’utérus de sa sœur jumelle en mars 2017. Après une fécondation in vitro (FIV), la jeune femme est tombée enceinte normalement. Au Children University Hospital de Belgrade (Serbie), elle a donné naissance le 28 juin 2018 au premier bébé au monde issu d’une greffe d’utérus entre vraies jumelles. L’utilisation d’immunosuppresseurs, traitement à vie d’ordinaire obligatoire pour éviter le rejet du greffon, n’a pas été nécessaire car les deux femmes partagent le même système immunitaire.

Quinze enfants sont nés ces trois dernières années à la suite d’un programme expérimental de l’Institut de médecine et des sciences de procréation de St Barnabas dans le New Jersey. Des femmes ayant des soucis de fécondité ont reçu des gènes extérieurs d’une femme donneuse, insérés dans leurs ovules avant d’être fécondés. Des tests d’empreinte génétique sur des enfants entre un et deux ans confirment qu’ils ont hérité de l’ADN de deux femmes et d’un homme. Incorporer des gènes supplémentaires dans la lignée germinale (cellules allant des cellules souches aux gamètes) de ces enfants signifie qu’ils pourront également les transmettre à leur propre descendance. L’Australie, la Belgique, le Brésil, le Canada, la France, l’Allemagne, Israël, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, ont quant à eux interdit, sous peine de poursuites criminelles, toute édition des lignées germinales.

La gestation artificielle chère à Huxley entre également dans le champ du possible avec l’expérimentation réussie, aux États-Unis évidemment, d’un utérus artificiel expérimenté avec succès chez des fœtus d’agneaux. L’ectogenèse est le développement de l’embryon et du fœtus dans un utérus artificiel. Dans ce cas précis, les chercheurs l’ont testé sur des agneaux mis en gestation pendant 20 à 28 jours. Huit agneaux ont été extraits du ventre de leur mère 105 à 120 jours après le début de la gestation (soit l’équivalent, en termes de maturité pulmonaire, de 22 ou 24 semaines d’aménorrhée dans l’espèce humaine). Dans cet utérus artificiel, les agneaux se sont développés sans aucun problème et un agneau aujourd’hui âgé d’un an ne présente aucune anomalie. Les Américains présument que l’expérience sera certainement étendue à l’homme d’ici dix années.

Avec cette dernière avancée, la perspective de la jonction entre le fœtus extra-utérin et l’embryon conçu in vitro est ouverte. En effet, les recherches des biologistes britanniques ont parallèlement progressé sur la culture in vitro des embryons humains. En mai 2016, une équipe issue de l’Université de Cambridge a cultivé in vitro des embryons humains jusqu’à un stade jamais atteint : treize jours. Une rupture pouvant reconsidérer la « règle des quatorze jours » de 1979, interdisant un développement embryonnaire in vitro au-delà de cette période. Cette règle avait été approuvée par les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Espagne, le Danemark et les Pays-Bas. En France, la limite est fixée à sept jours en pratique, selon une recommandation du Comité consultatif national d’Éthique, étape à laquelle les embryons humains doivent s’implanter dans la paroi interne de l’utérus pour continuer leur développement.

D’abord destinées aux grands prématurés, au traitement de la stérilité ou d’avortements à répétition (risque d’hypotrophie et de prématurité majoré pour les bébés nés de mères ayant pratiqué plus de 2 IVG), le phénomène d’inséminations artificielles va évidemment dériver de ses fonctions thérapeutiques et seront utilisés pour pourvoir les désirs d’enfant sur mesure de certains individus au capital élevé. Et du désir au commerce mondial des mères porteuses esclavagisées des pays sous-développés, il n’y a qu’un pas déjà franchi. De nombreux experts estiment finalement que d’ici 25 ans environ, les bébés ne seront plus conçus naturellement, car les enjeux de la procréation et de l’avenir de la descendance sont bien trop importants pour être laissés au hasard, surtout quand celui-ci ne sera plus inévitable. Au vu de ces différents constats, un monde génétiquement contrôlé est certainement à venir.

De la crypto-monnaie en échange de vos données génétiques en utilisant une blockchain !

Cela ressemble un peu à une arnaque, mais c’est la prémisse derrière une nouvelle société fondée par un généticien de premier plan. Nebula Genomics dit qu’il prévoit de séquencer votre génome pour moins de 1000 $, vous donner un aperçu à ce sujet, le sécuriser en utilisant une blockchain, et vous permettre de faire ce que vous voulez avec les données.

Le pionnier de la génomique George Church de Harvard a émergé du mode furtif mercredi, proclamant que la blockchain, la technologie qui sous-tend les transactions de crypto-monnaies comme le bitcoin, aidera les gens à comprendre leur génome, trouver des remèdes pour des maladies (non précisées), et , contrairement à la plupart des entreprises de génomique existantes, garantira que les individus conserveront la propriété permanente de leurs données ADN.

Nebula Genomics fera tout cela, et plus encore, à travers les technologies les plus chaudes depuis le feu: la Blockchain assurera des transactions privées entre les individus qui vendent leurs données génomiques et les entreprises qui les achètent. Une crypto-monnaie appelée Nebula (NAS) fera tourner le tout.

« C’est une nouvelle approche des défis de la génomique, y compris les coûts de séquençage, la protection des données génétiques, la gestion des données et les données volumineuses en génomique », a déclaré M. Church. « Nous avons l’investissement initial de 600 000 $ que nous recherchions », venant d’un investisseur providentiel. À la fin de la semaine, a déclaré le co-fondateur Dennis Grishin, il s’attend à avoir recueilli 1 million de dollars supplémentaires.

Le mariage de la crypto et de la blockchain avec la génomique n’est que l’une des caractéristiques curieuses de l’entreprise. Grishin est un étudiant diplômé dans le laboratoire de Church; l’autre co-fondateur, Kamal Obbad, est un entrepreneur diplômé de Harvard en 2016 et sera CEO. Ses six conseillers comprennent les employés actuels de Veritas, une autre société génomique que Church a cofondé; un ancien élève de l’échange de monnaie numérique Coinbase; mais aussi musicien D.A. Wallach, ancien artiste en résidence chez Spotify et investisseur dans SpaceX, Doctor On Demand, Ripple, Emulate et Spotify.

La principale motivation derrière Nebula, a déclaré Grishin, est que très peu de personnes ont eu leur génome séquencé, en partie à cause du coût mais aussi en raison de préoccupations concernant la vie privée et la discrimination génétique. Church soutient depuis longtemps que plus les séquences génomiques auxquelles les chercheurs peuvent accéder sont nombreuses, meilleures sont les informations qu’ils peuvent recueillir sur les relations entre l’ADN et la maladie, ainsi que sur les traitements contre les maladies. Un autre obstacle à une adoption plus large est que les sociétés de génomique d’aujourd’hui, notamment 23andMe, acquièrent les données ADN des clients payeurs et les vendent ensuite, globalement, aux entreprises qui espèrent les utiliser pour la découverte de médicaments.

Nebula, qui explique ses objectifs et sa stratégie dans un livre blanc, dit qu’elle peut faire mieux sur tous les plans. Une diapositive dans le livre blanc évalue les sociétés génétiques telles que 23andMe, Ancestry, Veritas et Genos sur le stockage privé des données génétiques, la protection des données par blockchain ou d’autres formes d’informatique sécurisée, faire en sorte que les acheteurs de données, tels que les compagnies pharmaceutiques, subventionnent les coûts de séquençage d’un individu et les paient pour les données. Presque toutes les entreprises ont de gros X sur chacun de ces points.

Credit Nebula Genomics

Sans surprise, Nebula a des coches vertes accueillantes partout. En payant des individus pour leurs données génomiques, par exemple, la société dit que ceux dont le génome a été séquencé par Nebula ou par quelqu’un d’autre, qu’ils appellent les «propriétaires de données», pourront «rejoindre le Nebula Blockchain, réseau peer-to-peer et se connecter directement avec les acheteurs de données, » en profitant potentiellement de leur ADN.

Les personnes dont le génome a été séquencé par le biais de Nebula, pour un prix d’environ 1 000 $, n’ont pas à le vendre à qui que ce soit, bien sûr. L’entreprise propose également une sorte de bricolage pour que les gens “puissent interpréter leurs données génomiques personnelles” avec l’application Nebula, mais “sans la partager avec des tiers”, indique le livre blanc.

Pour le stockage de données, Nebula conservera en privé les données génomiques et médicales des individus, ou permettra de stocker leur séquence génomique sur une sorte de Dropbox. Mais ces “propriétaires de données” contrôleront qui peut y accéder. Les acheteurs de données doivent révéler qui ils sont, et tous les enregistrements de données achetées et vendues seront stockés dans la blockchain Nebula, une technologie qui enregistre toutes les transactions.

Les leaders technologiques disent que vous pourriez stocker des données dans votre ADN dans les 10 prochaines années

Jouant sur la vision de Church d’un grand nombre de données génomiques alimentant d’importantes découvertes médicales, l’interprète de la variante Nebula ira de mieux en mieux en analysant de plus en plus de données ADN, a dit Grishin; une variante à l’origine associée, disons, au cancer du sein pourrait s’avérer bénigne en présence d’un second variant génique. Nebula a déclaré dans son livre blanc: «une bonne variante d’interprète incitera les individus qui ont obtenu leurs données génomiques ailleurs à rejoindre le réseau Nebula», déclenchant un cycle vertueux.

Les personnes qui «rejoignent le réseau Nebula» peuvent participer à des enquêtes menées par des «acheteurs de données» – des sociétés pharmaceutiques ou biotechnologiques développant des médicaments à base d’ADN, mais aussi des universitaires étudiant des variantes génétiques et des maladies. (Nebula donnera aux universitaires des jetons gratuits ou à prix réduit.) Les enquêtes porteront sur les conditions médicales. Si vous avez un intérêt pour l’acheteur de données (les enquêtes ont plusieurs couches pour empêcher les gens de mentir sur une condition qui intéresse beaucoup les entreprises), l’acheteur peut proposer de payer vos coûts de séquençage du génome. Les gens pourront «profiter de la vente de l’accès à leurs données».

Bien qu’il reste à voir à quel point cela sera attrayant pour les individus et les entreprises, le flux d’argent vers et à travers Nebula est encore moins clair. Le paiement aux individus pour leurs données de séquence se fera en Nebula, sa crypto-monnaie, qui sera vraisemblablement lancée dans une offre initiale de coin – de monnaie – par laquelle l’entreprise récoltera de l’argent réel dans le monde réel. « Nous n’annonçons aucune vente symbolique pour le moment », a déclaré Grishin. « Un jeton est nécessaire pour la fonctionnalité de notre protocole, mais nous n’avons pas encore décidé comment ils seront distribués. »

Mais un jeton Nebula n’est pas un bitcoin, qui peut être utilisé pour acheter des billets d’avion, des meubles et même des produits de boulangerie. Selon le livre blanc de Nebula, un jeton n’est échangeable que pour son séquençage génomique, ce que l’entreprise fera en partenariat avec Veritas Genetics, que Church a également co-fondé. On ne sait pas sur quoi est basé la valeur des jetons que les gens obtiennent, par exemple, une compagnie pharmaceutique intéressée par leurs A, T, C et G sera à leur disposition. Les gens n’ont aucune raison d’être séquencés plus d’une fois. Et comme les coûts de séquençage baissent, les jetons Nebula devraient perdre de la valeur. Cela suggère que chaque jeton Nebula après le premier – si, disons, beaucoup d’entreprises veulent jeter un coup d’œil sur l’incroyable ADN de quelqu’un – pourrait avoir peu de valeur pour un individu.

En théorie, les gens pourraient vendre leurs jetons Nebula contre de l’argent à ceux qui veulent faire séquencer leur génome, dans l’espoir de récolter un bénéfice, disons, en retournant suffisamment de jetons pour couvrir le prix d’achat initial. Mais, encore une fois, ce prix pourrait ne pas tenir, puisque les compagnies pharmaceutiques achèteront des jetons et les échangeront contre des données ADN, l’offre de jetons Nebula en vente augmentera probablement, ce qui exercera une pression à la baisse sur leurs échanges.

Grishin a déclaré que la société « achèterait probablement directement et indirectement des jetons auprès d’individus pour les revendre à des acheteurs de données. Les particuliers pourront également utiliser des jetons pour payer des applications tierces qui interprètront certains aspects de leurs données génomiques ». Quant à Nebula, il aura bien sûr l’argent – ou monnaie fiduciaire, dans le langage crypto (cryptospeak) – que les entreprises ont payé pour les jetons dont ils ont besoin pour acheter les données ADN des individus (bien qu’il puisse donner quelques jetons gratuitement, a déclaré Grishin, pour encourager les gens à rejoindre le réseau Nebula).

C’est une période difficile pour entrer dans la crypto. Les quatre principales cryptomonnaies ont perdu plus de 500 milliards de dollars depuis le début de l’année, Bitcoin et Ripple étant les pires. Cette semaine, Bank of America, JPMorgan Chase et Citigroup ont tous adopté des règles qui empêchent d’utiliser leurs cartes de crédit pour acheter de la monnaie numérique, comme l’avaient déjà fait Capital One et Discover.

Stat News, MIT Technology Review, CNBC

Une application ADN est désormais accessible

Les scientifiques travaillent pour créer de l’ADN humain synthétique

Le projet du génome humain (Human Genome Project – HGP) a pris 13 ans et 3 milliards de dollars. Les scientifiques qui envisagent de synthétiser l’ADN humain pensent qu’il ne reste que cinq ans. Ils cherchent 100 millions de dollars, et pensent que le coût total sera inférieur à celui du HGP. Leur but est d’obtenir le coût de fabrication d’une paire de base d’ADN à un cent.

En mai 2016, une réunion apparemment banale a déclenché une tempête de controverse. Plus de 100 experts en génétique et bioingénierie se sont réunis à la Harvard Medical School pour une réunion qui était fermée au public – les participants ont été invités à ne pas contacter les médias ou à publier des articles sur les médias sociaux.

Des experts ont tenu une réunion secrète à propos de la création d’un génome humain synthétique

Le même groupe s’est rassemblé à New York le 9-10 mai 2017.

Pour les organisateurs de la réunion, les mesures secrètes de 2016 visaient à faire en sorte que le plus grand nombre de personnes aient entendu parler du projet. Ils ont soumis un document sur le projet à une revue scientifique et ont été dissuadés de partager les informations publiquement avant qu’il ne soit publié. L’autre raison pour laquelle ce groupe de scientifiques, tout en encourageant le débat et la participation du public, hésitait à attirer trop l’attention. Leur projet est un essai pour synthétiser l’ADN, y compris l’ADN humain. Les chercheurs commenceront avec des organismes simples, tels que les microbes et les plantes, mais espèrent créer finalement des brins de code génétique humain. Un des organisateurs du groupe, Jef Boeke, directeur de l’Institut pour la génétique des systèmes à la NYU School of Medicine, a déclaré à CNBC que l’incorporation d’ADN synthétisé dans des cellules de mammifères (ou même humaines) pourrait se produire dans quatre à cinq ans.

Ce projet s’inscrit dans la lignée du Human Genome Project (HGP), un projet de 2,7 milliards de dollars sur 13 ans qui a permis aux scientifiques de décoder d’abord le génome humain. « HGP nous a permis de lire le génome, mais nous ne le comprenons toujours pas complètement », a déclaré Nancy Kelley, la coordinatrice du projet GP-write.

https://iatranshumanisme.com/2016/06/03/les-scientifiques-proposent-un-projet-qui-consiste-a-creer-ladn-humain/

La biologie de l’école secondaire couvre les éléments de base de l’ADN, appelés nucléotides – adénine (A), cytosine (C), guanine (G) et thymine (T). Les 3 milliards de paires humaines fournissent les plans pour la construction de nos cellules. L’intention de GP-write est de fournir une meilleure compréhension fondamentale de la façon dont ces pièces fonctionnent ensemble. L’utilisation de génomes synthétisés a des implications à la fois pragmatiques et théorique – cela pourrait conduire à un coût plus faible et une meilleure qualité de la synthèse d’ADN, des découvertes sur l’assemblage de l’ADN dans les cellules et la possibilité de tester de nombreuses variations d’ADN.

« Si vous le faites, vous gagnez une compréhension beaucoup plus profonde de la façon dont un appareil complexe fonctionne » a déclaré Boeke. Il compare le génome à un vélo – Vous ne pouvez comprendre complètement quelque chose qu’une fois que vous l’avez démonté puis remonté. Un génome synthétique est un moyen pour apprendre de nouvelles informations ».

Boeke est particulièrement enthousiasmé par ce qu’il appelle une « ultrasafe cell line » (lignée cellulaire ultra sûre). Certains types de cellules de mammifères destinés à produire certains types de médicaments à grosses molécules, appelés agents biologiques.

« [Les lignées cellulaires] ont été cultivées dans des boîtes de laboratoire pendant des décennies, mais vous ne pouvez pas concevoir les génomes – les outils pour le faire sont assez grossiers », a déclaré Boeke. Parfois, ces cellules sont infectées par un virus, et cela interrompt complètement la production de médicaments. Une cellule synthétique dépourvue de matériel génétique superflu pourrait, selon les preuves, être résistante aux virus, produisant constamment des médicaments utiles pour traiter la maladie.

Les résultats de GP-write pourraient également conduire à une thérapie de cellules souches qui ne risque pas d’infecter le patient avec une autre maladie, ce qui semble être le cas d’un patient ayant reçu un traitement de cellules souches au Mexique. Ou ils pourraient créer une ligne de micro-organismes qui pourraient aider les humains à produire certains de leurs propres acides aminés – des nutriments que nous recevons habituellement de la nourriture.

Ces résultats, bien sûr, ne se feront pas du jour au lendemain. Boeke, qui a passé des années à synthétiser de l’ADN de levure, sait qu’il y aura beaucoup d’obstacles techniques. « Transmettre efficacement de gros fragments d’ADN dans des cellules de mammifères, en les construisant rapidement, ce seront des défis majeurs », a-t-il déclaré.

Les scientifiques devront également le faire sans casser la tirelire. À l’heure actuelle, Kelley estime qu’il en coûte 10 cents pour synthétiser chaque paire de base, les molécules liées qui constituent la double hélice de l’ADN (la start-up GenScript annonce des prix encore plus élevés, à 23 cents pour « l’économie »). Considérant que les humains ont 3 milliards de paires de bases. « Si nous pouvions réduire ce coût à un cent par paire de base, cela ferait vraiment une différence », a déclaré Kelley.

Depuis la réunion de mai 2017, Kelley, Boeke et leurs collaborateurs ont publié un article dans Science sur le projet, ainsi qu’un livre blanc décrivant son calendrier. Selon Kelley, près de 200 chercheurs et collaborateurs du monde entier ont manifesté leur intérêt à participer, allant des chercheurs institutionnels aux scientifiques d’entreprise. Des expériences préliminaires sont déjà en cours, et les organisateurs du projet discutent du projet avec des entreprises ainsi qu’avec des agences fédérales et étatiques qui pourraient les aider à atteindre leur objectif de recueillir 100 millions de dollars cette année. Ils estiment que GP-write devrait coûter moins, au total, que le projet du génome humain de 3 milliards de dollars, bien qu’ils n’aient pas fourni de projections de coûts plus spécifiques.

L’Université de Columbia a déjà obtenu 500 000 $ pour un projet pilote GP-write, de la DARPA. La participation de DARPA invite inévitablement des visions de soldats autosuffisants qui n’ont pas besoin de manger, mais l’équipe de GP-Write a explicitement dit qu’ils n’essayaient pas de faire des gens synthétiques. Ils prévoient seulement de créer des cellules synthétiques, ou des morceaux de tissus (organoïdes) fabriqués à partir de ces cellules, pas des œufs ou des embryons.

Après la nouvelle de la réunion de mai, certains ont critiqué la façon dont le déploiement a été géré. « Étant donné que la synthèse du génome humain est une technologie qui peut complètement redéfinir le noyau de ce qui rejoint maintenant l’humanité tout entière en tant qu’espèce, nous soutenons que des discussions sur la possibilité de rendre ces capacités réelles … ne devrait pas avoir lieu sans considération ouverte et examen préalable de la question de savoir s’il est moralement justifié de continuer » peut-on lire dans un article publié dans Cosmos.

Les scientifiques ciblent 2026 pour le premier génome synthétique

Boeke dit qu’une discussion publique et scientifique est exactement ce que les organisateurs de GP-write ont l’intention d’avoir. « Je pense que l’articulation de notre plan pour ne pas commencer à synthétiser un génome humain complet demain nous a été utile. Nous avons une période de quatre à cinq ans où il y a suffisamment de temps pour débattre de la sagesse de cette question … tout le monde a une opinion et veut que sa voix soit entendue. Nous voulons entendre ce que les gens ont à dire. » a déclaré Jef Boeke.

250 personnes étaient présentes à la réunion du centre de génomique de New York, incluant des discussions sur les applications, l’éthique et la logistique derrière le projet GP-write. Les participants ont dévoilé des dizaines de façons dont la conception et la construction de génomes pourraient rendre possible une litanie éblouissante d’avancées futuristes.

Les scientifiques ont décrit des moyens de changer les génomes des microbes qui vivent dans l’intestin humain afin de protéger les personnes contre l’obésité et le stress chronique; changer les génomes des plantes pour qu’ils détectent le TNT explosif; rendre les bactéries qui produisent des produits pharmaceutiques résistants aux virus qui ont fermé les lignes de production coûteuses, et plus encore.

L’objectif général de GP-write (le GP est synonyme de projet du génome) est de « faire avancer la cause de la santé humaine », a déclaré Kelley, qui est directeur exécutif fondateur du New York Genome Center. Mais c’est aussi pour changer « comment nous en tant que scientifiques en apprenons sur le monde », a déclaré le biochimiste et co-leader du projet Jef Boeke de l’Université de New York. L’observation du physicien Richard Feynman selon laquelle « ce que je ne peux pas créer, je ne peux pas le comprendre », a-t-il ajouté, « est devenue une sorte de manifeste pour notre domaine ».

« Nous voulons concevoir des plantes pour filtrer l’eau et sécréter de l’eau pure. Imaginez si nous pouvions filtrer l’eau de mer et fournir de l’eau illimitée pour la vie sur terre. »

Une question sans réponse est quand il sera nécessaire de construire un génome à partir de zéro plutôt que de peaufiner ce que la nature a fourni, comme avec l’outil d’édition du génome CRISPR. Nili Ostrov de la Harvard Medical School, par exemple, édite les génomes des bactéries pour les rendre résistantes à l’infection virale. C’est un gros problème pour l’industrie de la biotechnologie, qui utilise des bactéries et d’autres cellules pour produire toute la valeur pharmaceutique d’une pharmacie.

Ostrov et ses collègues modifient donc l’ADN bactérien de sorte que l’ADN qu’un virus injecte dans une cellule – ce qui explique comment un virus force une cellule infectée à produire plus de virus – ne fonctionne pas. « Cela rendrait le virus de la cellule hôte résistant », a-t-elle dit.

publication du résumé de la réunion de mai 2017
les résultats des sondages

CNBC, Scientific American, Stat News, The Atlantic

vidéos de présentation du GP-write Meeting New York, 2017

Les résultats CRISPR contestés sur la modification des embryons humains

Des doutes ont été soulevés au sujet du document publié en août dans lequel des chercheurs ont déclaré avoir utilisé l’édition génétique CRISPR pour éliminer une mutation pathogène sur des embryons humains viables. Dans un article publié sur le site de prépublication bioRxiv le 28 août, des généticiens et une équipe de spécialistes des cellules souches se demandent si la mutation a effectivement été corrigée.

Le document Nature du 2 août, dirigé par le biologiste de la reproduction Shoukhrat Mitalipov de l’Oregon Health and Science University à Portland, a décrit des expériences sur des dizaines d’embryons pour corriger une mutation qui cause une maladie cardiaque appelée cardiomyopathie hypertrophique.

Mais il y a lieu de douter que cela se soit produit, en estimant que les résultats pourraient s’expliquer par des mécanismes alternatifs plutôt que par CRISPR, rapporte une équipe dirigée par Dieter Egli, un scientifique des cellules souches de l’Université Columbia à New York, et Maria Jasin, biologiste du développement au Memorial Sloan Kettering Cancer Center à New York. George Church, un généticien à Harvard Medical School à Boston, Massachusetts, est un autre co-auteur. “La mutation n’a jamais été corrigée, les chercheurs de l’Oregon ont juste montré qu’elle était absente et cela peut être provoqué par la suppression plutôt que la correction de l’ADN”.

“La critique d’Egli et al. ne propose pas de nouveaux résultats, mais repose sur des explications alternatives de nos résultats basées sur de la pure spéculation”, a déclaré Mitalipov dans un communiqué.

Inter-homologue repair in fertilized human eggs? Dieter Egli, Michael Zuccaro, Michal Kosicki, George Church, Allan Bradley, Maria Jasin
bioRxiv 181255; doi: https://doi.org/10.1101/181255

Nature, Motherboard, New Scientist, Knoepfler Lab Stem Cell, Actualités Houssenia Writing

Le vieillissement est une maladie et la thérapie génique pourrait être le remède

Par : João Medeiros

Après que son fils ait reçu un diagnostic de diabète de type-1, Elizabeth Parrish a entamé des recherches sur les traitements génothérapiques (thérapie génique), et les a testés sur elle-même.

En septembre 2015, Elizabeth Parrish s’est envolée de Seattle à destination de Colombia pour recevoir un traitement expérimental.

Elle avait passé plus de deux ans à éplucher la documentation sur le sujet, à s’entretenir avec des experts et avait décidé de suivre une thérapie génique – un traitement visant les désordres génétiques qui introduit des gènes dans des cellules pour remplacer ceux qui sont défectueux ou absents. Elle a commandé des cellules thérapeutiques des mois à l’avance et s’est arrangée pour qu’un technicien lui administre la thérapie dans une salle blanche, près d’un hôpital, au cas où elle aurait une mauvaise réaction immunitaire. La thérapie génique lui a été livrée dans un récipient fermé et administrée par voie intraveineuse sur une période d’environ cinq heures. Parrish est demeurée sous observation pour quelques jours et est ensuite retournée chez elle.

« Est-ce que j’étais anxieuse par la suite ? Oui », affirme-t-elle, « J’étais manifestement à la recherche de signaux d’alarme, j’étais pleinement consciente de la moindre douleur. » Elle est devenue la première personne à se soumettre volontairement à une thérapie génique pour la maladie qui l’affecte : le vieillissement.

En janvier 2013, le fils de Liz Parrish a reçu un diagnostic de diabète de type-1. « Tous les deux jours, il avait un taux de sucre dans le sang extrêmement bas », dit-elle, « cela me rappelait continuellement que nous, les humains, passons beaucoup de temps à prétendre que notre mort n’est pas imminente. » Elle se souvient qu’on lui ait dit que son fils était chanceux parce que le diabète peut être traité. « J’étais durement touchée par le temps passé à l’hôpital pour enfants », constate-t-elle. Elle s’est intéressée à l’avenir promoteur de la médecine moderne, plus particulièrement la thérapie génique. « Je me suis demandé pourquoi cette technologie n’avait pas encore abouti dans ces hôpitaux où des enfants meurent. »

Parrish a alors commencé à assister à des conférences médicales. « J’ai trouvé une conférence à Cambridge qui semblait traiter de génétique », dit-elle, « finalement il était question de longévité. » Elle y a appris comment les modifications géniques avaient déjà prolongé jusqu’à 11 fois la durée de vie normale des vers et de 5 fois celle des souris. « J’ai compris que si le vieillissement était une maladie et que tout le monde en souffrait, la façon la plus rapide de financer ces recherches serait essentiellement d’informer les gens de cet état et de les convaincre d’investir dans la recherche pour trouver un remède », affirme Parrish.

À ce moment-là, Parrish, qui jusque-là travaillait à temps partiel pour des sociétés de génie logiciel, a mis sur pied sa propre entreprise, BioViva, afin d’accélérer les recherches thérapeutiques et en faire profiter des patients. « Pourquoi autant de patients doivent attendre, souffrir et mourir? », se demande-t-elle, « nous sommes devenus si réfractaires au risque que des patients meurent dans l’attente d’un traitement. Nous devons renverser la situation. Il y a des millions de patients en phase terminale sur la planète à l’heure actuelle. Ils devraient avoir accès aux thérapeutiques les plus prometteuses qui ne sont pas assorties d’une myriade d’effets secondaires. Aucune intelligence artificielle ni aucune méta-analyse de ces thérapies ne pourra remplacer ce qui se passe dans le corps humain. Et nous laissons des gens mourir parce que nous nous inquiétons du fait qu’une thérapie pourrait les tuer. C’est le comble de l’exercice du droit. »

Parrish a alors pris une autre décision : elle allait essayer la première thérapie sur elle-même. « J’estime que c’était la chose la plus responsable et la plus morale à faire. Je crois que l’entreprise devait goûter à sa propre médecine avant de l’offrir aux patients. »

Parrish a expérimenté deux thérapies. L’une était un inhibiteur de la myostatine, un médicament conçu pour augmenter la masse musculaire, et l’autre, une thérapie de la télomérase, qui rallonge les télomères, une partie des chromosomes qui protège le matériel génétique des dommages et permet la réplication de l’ADN. Rallonger les télomères peut, au moins en théorie, prolonger la longévité des cellules et les rendre plus résilientes aux dommages.

« Nous prenons des traitements comme la thérapie génique et les utilisons comme une technologie. »

« La thérapie de la télomérase a annulé les effets du vieillissement des souris et prolongé leur espérance de vie », affirme Parrish, « je suis convaincue qu’il s’agit de la thérapie la plus prometteuse, et elle prenait la poussière dans les laboratoires et ne semblait pas être une option viable en raison de ce qui semble être des questions de brevet et de chamailleries académiques. Nous ne le saurons jamais si nous ne l’essayons pas chez l’humain. Ça ne sert à rien de continuer de se demander si elle fonctionne ou non si nous ne l’utilisons jamais. Comme à l’image de ces lemmings qui arpentent les falaises, attendant que quelqu’un d’autre leur vienne en aide. »

Quelques semaines après le traitement, Parrish a subi des examens de suivi, menés par des tierces parties indépendantes. Les télomères de ses globules blancs avaient allongé de plus de 600 paires de base, ce qui, selon Parrish, signifie un prolongement équivalant à 20 ans. Une IRM de tout son corps a révélé une augmentation de sa masse musculaire et une réduction de sa graisse intramusculaire. D’autres analyses ont indiqué que sa sensibilité à l’insuline s’est améliorée et que son niveau d’inflammation a diminué.

« L’entreprise a été fondée principalement pour prouver si ces thérapies fonctionnent ou non », déclare Parrish « Souvenez-vous que BioViva n’est pas un organisme de recherche. Nous prenons des traitements comme la thérapie génique et les utilisons comme une technologie. Nous aimerions créer un marché libre où des gens pourraient acheter ces technologies, comme on le ferait pour un cellulaire ou un ordinateur. »

D’autres analyses sont réalisées au laboratoire George Church à Harvard. Parrish et son équipe mènent actuellement de concert avec d’autres établissements hospitaliers du monde entier des études de sécurité et de faisabilité sur des sujets humains. « J’avais déjà mis les choses en perspectives, que sans la médecine, mon fils serait mort, et il est la prunelle de mes yeux », affirme Parrish, « je sentais que je n’avais pas vraiment contribué à la société et voici l’occasion de le faire. »

traduction Stéphanie S.

Wired

Les scientifiques ciblent 2026 pour le premier génome synthétique

Les scientifiques veulent écrire le premier génome humain synthétique en 2026.

Des experts ont tenu une réunion secrète à propos de la création d’un génome humain synthétique

Génome synthétique : Les scientifiques proposent un projet qui consiste à créer l’ADN humain

Le chercheur d’Autodesk, Andrew Hessel, a déclaré lors de la conférence Exponential Medicine 2016 de la Singularity University, bien que certaines organisations aient écrit l’ADN, elles ne sont capables de produire qu’un milliard de paires de constructions d’ADN, loin des 3 milliards du génome humain.This is really hard work…trying to go from DNA to packaged chromosome put into a cell and functional is hard. I don’t want to gloss over the technical challenges” … “So, a new genome race is starting, ladies and gentlemen”. “It’s starting now. It’s still in the organizational phase, but it is going to accelerate and, guaranteed, by 2026, we’re going to succeed.”a déclaré M. Hessel.

Les intentions derrière ce projet ne sont pas à produire des bébés synthétiques. “We couldn’t advocate that” a déclaré Hessel.

Ce projet va devenir l’un des projets les plus ambitieux dans le domaine de la biologie synthétique. Bien qu’il soit encore tôt, il pense que 2026 pour un génome humain complètement conçu est réaliste si la biologie synthétique suit un rythme exponentiel comme le séquençage du génome l’a fait en son temps.

lire l’article sur Singularity Hub, Science, « The Genome Project–Write, » Science, DOI: 10.1126/science.aaf6850

pour en savoir plus : Introducing GP-write: A Grand Challenge

Les scientifiques sont proches de réécrire le code génétique de la vie

embryon cloné

par Philip Perry pour Big Think

La plupart d’entre nous apprécions l’idée de posséder des super pouvoirs. Bien que nous ne possèderons probablement jamais la force de Superman, nous pourrions être plus forts, plus rapides, ou encore plus beaux, avec un contrôle total sur notre génome, ou la constitution génétique. Que diriez-vous d’être résistants aux maladies, à l’obésité, ou encore de ralentir les processus de vieillissement ? Cela sera peut-être possible dans les décennies à venir, puisque les généticiens s’approchent de plus en plus, non pas de la possibilité de juste changer ou remplacer des gènes, mais bien de réécrire des génomes entiers. Vous pensez que cela reste du domaine de la science fiction ? Et pourtant, imaginez que les généticiens d’Harvard ont récemment recodé le génome d’une bactérie Escherichia coli de synthèse ! L’étude a été conduite par le Professeur George Church et son équipe.

La recherche a été publiée sur Science

Les chercheurs ont remplacé 62 214 paires de base d’ADN. La manipulation a consisté à recréer l’ADN à partir de zéro. A l’heure où nous parlons, ils n’ont pas encore ranimé la bactérie. Ce qui paraissait inconcevable il y a encore quelques années est aujourd’hui possible. C’est le tout premier génome synthétique jamais assemblé, et il a été salué comme le plus grand aboutissement dans le domaine extrêmement complexe de l’ingénierie génétique à ce jour.

Grâce à cette technique, nous pourrions créer toutes les formes de vie que nous voulons, reprogrammer des organismes, et même créer des protéines de synthèse et d’autres composés. L’ingénieur du MIT, Peter Carr, a déclaré au journal Science que « ce n’est pas simple, mais nous pouvons créer la vie à toutes les échelles ». Rappelons qu’il n’a pas participé au projet.

Mais alors, en quoi consiste exactement le fait qu’ils ont réécrit un génome ?

L’ADN est constitué de 4 nucléobases qui s’assemblent par paires, A (adénine) avec T (thymine), C (cytosine) avec G (guanine). Cet assemblage crée un brin qui se présente sous la forme d’une double hélice, appelé ARN.

Nucléobases : Photo by Difference DNA_RNA-DE.svg: Sponk (talk)translation: Sponk (talk) – chemical structures of nucleobases by Roland1952, CC BY-SA 3.0

Chaque combinaison correspond à un certain acide aminé, composants principaux des cellules. La cellule lit les combinaisons de nucléobases pour savoir quel acide aminé produire. Il n’existe que 64 combinaisons possibles. Lorsqu’on associe trois acides aminés ensemble – on parle alors de codon –, cela forme un acide aminé particulier. Il en existe au total 20 différents. Par exemple, l’association C-G-C donne l’acide aminé appelé proline. C-C-C produit également de la proline. Il existe donc des recouvrements. De ce fait, les généticiens peuvent effacer des gènes redondants sans que cela n’affecte le développement de l’organisme.

C’est ce que les généticiens d’Harvard ont fait dans le cas qui nous intéresse. Ils ont « édité » la zone de recouvrement. Les scientifiques ont enlevé sept types de 64 codons parmi 3548 gènes. Plutôt que de lire le génome gène après gène, les chercheurs ont utilisé des machines capables de synthétiser des segments entiers d’ARN effacé, chaque segment contenant de nombreuses altérations. Puis ils ont inséré ces segments dans l’ADN d’E. coli, un par un, en faisant attention de ne pas induire des modifications qui pourraient être fatales à la cellule. Jusqu’ici, 63% des gènes recodés ont été testés. Seulement quelques uns ont engendré des problèmes dans la cellule. Les chercheurs ont encore quelques années d’expérimentations et de tests devant eux. Cependant, les généticiens s’émerveillent devant la malléabilité du génome.

Bactéries

A court terme, les scientifiques sont enthousiastes à l’idée de créer une bactérie qui serait invulnérable face aux virus. Habituellement, un virus infecte une cellule vivante en insérant son propre ADN dans le génome de l’hôte. Le virus peut ainsi se répliquer. Les Organismes Génétiquement Recodés (GRO) possèderaient un génome tellement différent que le virus ne serait plus capable de lire ce dernier, et ne pourraient donc pas insérer leur ADN. Ils seraient alors dans l’incapacité de se répliquer.

Les GRO pourraient également être utilisés dans l’industrie. En réécrivant le code génétique d’une bactérie, cela permettrait de modifier le type de protéine que cette dernière produirait. Les bactéries de synthèse deviendraient des usines vivantes, programmées pour produire tous les acides aminés souhaités. Ces derniers produiraient en série la génération suivante de matériaux de synthèse, comme par exemple des médicaments. De telles bactéries de synthèse pourraient devenir des sujets d’expérimentation fiables pour la recherche scientifique du futur.

Les expérimentations du Professeur Church ont été controversées dans le passé. Parmi de nombreuses interrogations réside le problème de vérifier si cette technique est 100% fiable ou pas. L’inquiétude porte sur le fait que les bactéries recodées/reprogrammées pourraient produire une toxine. Etant donné qu’elles seraient résistantes aux virus, elles possèderaient un avantage sur d’autres organismes en compétition dans l’environnement. Si cela devait arrivé et que les bactéries soient libérées dans la nature, cela pourrait engendrer une catastrophe écologique ou même causer la prochaine épidémie de masse. Pour rassurer sur ce sujet, Church et ses collègues ont mis en place des mesures de sécurité sur le système.

Modèle de génome humain

Les bactéries doivent être nourries avec un nutriment spécial sinon elles meurent. A moins qu’elles ne trouvent par elles-mêmes ce nutriment dans la nature, ce qui, selon Church, a très peu de chance d’arriver, elles ne pourraient pas survivre. Un autre moyen de sureté intégré est d’ériger une barrière qui empêche les bactéries de s’accoupler ou de se reproduire hors du laboratoire. Mais d’autres experts se demandent à quel point ce moyen de sureté intégré est incontournable. Carr affirme qu’au lieu de discuter sur le caractère infaillible de ces moyens, nous devrions évaluer cela en terme de risques.

L’étape suivante consiste à conduire d’autres tests sur les gènes artificiels qui seront créés. Ensuite, Church et ses collègues prendront le même génome et produiront un organisme entièrement nouveau avec ce matériel génétique. Compte tenu du fait que l’ADN est le plan de base de n’importe quelle forme de vie sur Terre, être capable de réécrire ce dernier pourrait donner aux Hommes un pouvoir sur la vie proche de celui des dieux. Cette aptitude est peut-être à des décennies de nous. Même si, combiné avec l’édition du gène et la modification génétique, et l’idée d’une race de surhommes, ce n’est pas en dehors du domaine du possible.

Vous souhaitez écouter le Dr. Church vous parlez lui-même de ce projet ? Cliquez ici.

traduction Virginie Bouetel

Big Think

 

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Ingénierie des génomes et la révolution CRISPR (VO)

CRISPR: It’s the powerful gene editing technology transforming biomedical research. Fast, cheap and easy to use, it allows scientists to rewrite the DNA in just about any organism—including humans—with tests on human embryos already underway. The technique’s potential to radically reshape everything from disease prevention to the future of human evolution has driven explosive progress and heated debate. Join the world’s CRISPR pioneers to learn about the enormous possibilities and ethical challenges as we stand on the threshold of a brave new world of manipulating life’s fundamental code.

What is CRISPR? 00:05
Introduction by Richard Besser 3:58
Participant Introductions. 5:02
What is so powerful about CRISPR? 7:25
How is CRISPR is used? 13:00
How will CRISPR help eliminate Zika Virus? 20:45
Modifying 60 genes at once in a pig. 26:02
What are potential agricultural advantages from CRISPR? 28:44
If you have eaten CRISPR cells? 35:00
Using a gene drives to eliminate virus? 37:40
Creating an off switch for CRISPR 40:27
How is it ethical to not rid the world of malaria? 42:55
What is the difference between editing a germ line and editing a cancer cell? 48:27
Why would the first CRISPR baby create backlash? 58:48
How do we regular CRISPR used in military applications? 1:06:33
What is the regulation to be expected from CRISPR? 1:13:09
What does a CRISPR-ised world look like? 1:16:00


Featuring Geneticist George Church, Geneticist Luke Dow, Bioethicist Josephine Johnston, Biologist Ben Matthews, Medical Geneticist Harry Ostrer, and Biologist Noel Sauer with Physician, Journalist Richard Besser Moderating.

Génome synthétique : Les scientifiques proposent un projet qui consiste à créer l’ADN humain

Sixty trays can contain the entire human genome as 23,040 different fragments of cloned DNA. Credit James King-Holmes/Science Source

Après que des experts aient tenu une réunion secrète à propos de la création d’un génome humain synthétique. Les scientifiques proposent un projet à long terme qui consiste à créer des plans d’ADN pour faire des êtres humains, une perspective que certains observateurs trouvent troublants.

Les chercheurs ont dit qu’ils n’ont pas l’intention d’utiliser ces génomes — énormes collections de matériel génétique — pour faire des personnes. Au lieu de cela, ils ont dit dans des interviews, que les génomes humains seraient utilisés dans des expériences de laboratoire, insérer par exemple dans des cellules ou des versions simplifiées des organes appelés organoïdes.

Cela pourrait aider les scientifiques à identifier les effets des mutations génétiques, ou de créer des cellules souches plus sûres pour les transplantations, expliquent les chercheurs, George Church de Harvard University et Jef Boeke de l’Université de New York.

Ils font partie des 25 auteurs d’un document proposant l’essai, qu’ils appellent Human Genome Project-Write (HGP-write) (projet d’écriture du génome humain). Le document a été publié dans la revue Science.

Le projet comprendrait aussi la création de génomes d’animaux, de plantes et de nouvelles méthodes permettant de modifier l’ADN.

Les scientifiques peuvent faire des tronçons relativement courts de portions d’ADN, mais créer des génomes entiers de la taille de l’humain avec la technologie actuelle serait extrêmement coûteux. Le principal objectif du nouveau projet est de réduire le coût d’ingénierie et de tester de grands génomes plus d’un millier de fois en dix ans.

L’espoir est de le rendre assez bon marché pour que les scientifiques puissent étudier « des millions de génomes dans des dizaines de types de cellules » pour rechercher les effets de la mutation, dit Church.

Les autres avantages potentiels du projet incluent la résistance aux virus par l’ingénierie dans les cellules mammifères qui servent à fabriquer des médicaments, afin que les infections n’arrêtent pas la production, dit-il. Il pourrait également aider les efforts visant à modifier génétiquement des porcs, de sorte que leurs organes puissent être transplantés sur des personnes sans crainte de rejet, déclare Boeke.

Les chercheurs visent à lancer l’effort cette année après avoir soulevé $ 100 millions avec l’appui du secteur public, privé, philanthropique, de l’industrie et des sources universitaires du monde entier. Ils ont déclaré qu’il est difficile d’estimer le coût total du projet, mais que c’est probablement moins que le Projet du Génome Humain (Human Genome Project) $ 3 milliards, qui a révélé la composition de l’ADN humain.

Le projet pourrait demander la participation du public et étudier les implications éthiques, sociales et juridiques du travail dès le début, déclarent les chercheurs dans Science. « Il est important de faire participer les universitaires et les spécialistes juridiques, éthiques et la société dans son ensemble pour vraiment aider à façonner les objectifs mais aussi de communiquer les raisons pour lesquelles nous lançons ce projet », déclare dans une interview Farren Isaacs de l’Université de Yale, un autre auteur de l’étude.

Les chercheurs doivent également étudier la possibilité d’un mauvais usage des nouvelles technologies et comment faire pour empêcher cela, dit Church.

Parole d’une réunion à huis clos sur le projet divulgué le mois dernier. Deux observateurs qui ont critiqué ce rassemblement ont déclaré à l’AP dans une déclaration commune cette semaine qu’ils ont été satisfaits de l’engagement du journal Science et à la participation du public, mais qu’ils avaient encore des réserves sur le projet.

Les questions éthiques fondamentales doivent toujours être posées, comme si développer la capacité de faire les génomes humains est une bonne idée, ont écrit Laurie Zoloth, professeur d’études religieuses et de bioéthique à l’Université Northwestern et Drew Endy, professeur agrégé de bio-ingénierie à l’Université de Stanford.

Pour construire un génome, même seulement dans une cellule, « cela implique un niveau de puissance et de contrôle qui doivent être soigneusement et entièrement débattue, » a écrit Zoloth dans un courriel.

“The Genome Project–Write,” Science, DOI: 10.1126/science.aaf6850