Les objets connectés et le monde militaire

La Chaire de cyberdéfense et cybersécurité a organisé avec les Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan et son centre de recherche le CREC Saint-Cyr, le COMmandement des Systèmes d’Information et de Communication (COMSIC) et la DGA Maîtrise de l’information, un séminaire interarmées sur le thème “Les objets connectés et le monde militaire “qui a eu lieu le mardi 21 mars 2017 à l’école des Transmissions à Cesson-Sévigné.

Présentation

Le monde civil actuel est progressivement envahi par les objets connectés : que ce soient des smartphones, des montres ou même des chaussures de sport, leur connexion au réseau leur permet d’assurer des services très divers auprès de leur utilisateur. L’objectif de leur connexion au réseau est double : d’une part pouvoir délocaliser la puissance de calcul et d’analyse, ce qui permet de ne garder sur soi que des capteurs et des appareils de transmission et de miniaturiser le matériel, d’autre part de pouvoir faciliter l’accès aux données produites par ces objets en les mettant à disposition sur une plateforme de partage.

En fait, de tels systèmes sont déjà utilisés dans le monde militaire, le drone aérien en étant sûrement l’exemple le plus pertinent, mais ils vont se démocratiser à des niveaux beaucoup plus bas, au niveau même du soldat, grâce à la réduction de leur taille, la démocratisation des technologies duales et la diminution de leur coût. Ils interconnecteront les différents niveaux hiérarchiques sur le champ de bataille. L’enjeu, tant pour le chef de guerre que pour celui chargé de l’ordre public, est immense : pouvoir accéder à des renseignements précis et en temps réel sur l’environnement, localiser ses hommes sur une carte numérique en les équipant de capteurs, connaître leur état physiologique ainsi que l’état de leur matériel, etc., toutes informations dont le chef pourrait avoir besoin pour affiner ses décisions. Ces systèmes modifieront sans aucun doute l’art de faire la guerre en plaçant le renseignement encore plus au cœur du processus décisionnel.

Néanmoins, le recueil de données pose divers problèmes : celui de leur stockage (mettre en réseau des données nécessite une mémoire physique, au moins de manière provisoire), celui de leur traitement (le but est d’aider le décideur, non pas de le submerger de données inutiles) et enfin celui de leur sécurité : l’interception de données et leur décryptage, le piratage d’objets connectés militaires ou civils emportés par les forces en opération sont des menaces à craindre. La prolifération des objets connectés sur le champ de bataille ne sera possible que lorsque les transmissions se feront avec un niveau de cybersécurité maximal, car la moindre faille dans le système pourrait donner à l’ennemi la possibilité d’accéder à des données toujours plus vitales pour nos armées.

Télécharger la synthèse du séminaire (PDF)

Credit: chaire-cyber écoles de Saint-Cyr Coëtquidan / DIRCOM / Cellule Infographie / Guillaume ROGER

Un Consortium européen pour développer une plate-forme d’identité en ligne pan-industrielle

Credit: Here.com

Un groupe de sociétés allemandes et d’autres sociétés européennes, y compris les banques, les fabricants de véhicules et les fournisseurs de technologie, ont signé une « déclaration d’intention correspondante » pour établir une plate-forme commune et pan-industrielle qui permettra à leurs clients d’utiliser une « clé principale » pour l’inscription et l’identification lors de l’accès aux services en ligne dans une gamme de secteurs, y compris le gouvernement, l’aviation et le commerce de détail.

Allianz, Axel Springer, Daimler, Deutsche Bank et Postbank, ainsi que le think-tank technologique Core et le fournisseur de services de localisation Here Technologies sont actuellement impliqués dans le développement du projet et sont également en discussion préliminaires avec Deutsche Telekom « entre autres » pour « gagner plus de partenaires d’un certain nombre de secteurs différents. »

Au cœur de cette nouvelle norme, la procédure d’accès aux activités en ligne est une clé dite principale. Les clients peuvent utiliser cette clé pour les besoins d’enregistrement et d’identification dans un certain nombre d’industries.

Ce n’est pas seulement plus pratique, mais aussi plus sécurisé et vise à garantir les normes les plus élevées en matière de sécurité et de protection des données. Non seulement la plate-forme est conforme aux réformes de la protection des données de l’UE, mais elle respecte également les dispositions du règlement eIDAS1, qui régit les services de fiducie pour l’identification électronique (eID).

De plus, la plate-forme est conçue pour être ouverte et compatible avec les projets en cours gérés par les autorités sous le gouvernement allemand et les États fédéraux allemands, même au niveau des gouvernements locaux, par exemple, pour les portails citoyens. Des fonctions supplémentaires peuvent suivre, par exemple, l’accès numérique aux autorités publiques (e-government). En outre, le développement de services de paiement numérique et de services financiers numériques est également possible sur la plate-forme.

Les initiateurs cherchent à obtenir plus de partenaires d’un certain nombre de secteurs différents à court terme, y compris des entreprises d’aviation, des agents de commerce électronique, des détaillants et des entreprises de télécommunications.

Des négociations préliminaires sont déjà en cours avec plusieurs entreprises qui ont manifesté un intérêt pour la plate-forme. Entre autres, des discussions avec Deutsche Telekom concernant l’adhésion au projet ont débuté récemment.

« Nous, les Européens, devons enfin diriger nos forces dans la numérisation », déclare Christian Sewing, PDG adjoint de Deutsche Bank. « Le moment est venu pour une initiative de plate-forme de ce genre. Cela augmentera la sécurité juridique pour les clients et stimulera la croissance de l’économie numérique européenne. »

« Les nouveaux produits, services et solutions numériques changent rapidement notre façon de vivre, de se déplacer et d’interagir les uns avec les autres et il est essentiel que nous puissions y accéder de manière conviviale et sécurisée », ajoute Edzard Overbeek, PDG de Here Technologies.

« Alors que nous entrons dans l’ère de l’autonomie, une clé principale numérique sera particulièrement utile pour les personnes qui cherchent un accès facile aux différents modes de transport. Nous attendons avec impatience pour permettre les avantages de cette initiative aux participants grâce à notre plate-forme Open Location Platform [Plate forme de Localisation Ouverte – OLP]. »

Les entreprises vont finaliser les détails de cette collaboration dans les prochaines semaines et fixeront une date de lancement pour la plate-forme avant de soumettre leur plan aux autorités de concurrence pour approbation réglementaire.

traduction Thomas Jousse

Allianz, Daimler, Here, Deutsche Bank, NFC World

1 ANSSI : « Le Règlement « eIDAS » n°910/2014 du 23 juillet 2014 a pour ambition d’accroître la confiance dans les transactions électroniques au sein du marché intérieur. Il établit un socle commun pour les interactions électroniques sécurisées entre les citoyens, les entreprises et les autorités publiques. »

Total Contrôle – Arte

Bruno Fay Co-auteur avec Xavier Muntz de la soirée thématique “Tous Fichés” diffusée sur Arte en juin 2007 sur les nouvelles technologies de surveillance – Total Contrôle, 52 mn.

Déjà la cyber-surveillance est en marche et les milices du Net prolifèrent. Illusion sécuritaire ? Ce documentaire mesure les risques et paradoxes d’une fuite en avant technologique.

Des experts en nouvelles technologies dressent un panorama inquiétant des dispositifs de surveillance mis en œuvre à travers le monde, avec des outils de traçage et d’identification sans cesse plus perfectionnés et plus nombreux. La mode est aux virus et aux logiciels intrusifs qui prennent le contrôle des ordinateurs ou des webcams pour épier l’usager jusque dans son intimité, chez lui ou sur son lieu de travail.

Si le “contrôle total” existe déjà en matière d’informatique, la biométrie gagne aussi de plus en plus d’entreprises et de collectivités comme les hôpitaux, les écoles, les mairies.

Les syndicats dénoncent un “flicage” généralisé et relèvent l’apparition de nouvelles pathologies liées au stress et à la surveillance permanente. De son côté, la révolution RFID (identification par radiofréquences) est en marche : en Europe et en Amérique, les implants de puce dans le corps humain se multiplient. À Mexico, un millier de personnes ont sauté le pas, essentiellement pour des raisons médicales.

Un spécialiste de la géolocalisation évoque les applications prochaines où l’on combinera la puce avec un émetteur GPS pour localiser en temps réel un objet ou une personne…

Ce documentaire met efficacement en perspective la politique du tout sécuritaire et le prix que nous devrons payer pour cela pour cette soi-disant “sécurité” .

Partie 1 : Internet sous contrôle
Partie 2 : Biométrie, le corps fiché
Partie 3 : La révolution RFID, les premiers implants

Thema Arte -19/06/2007 – Total contrôle

Vidéo disponible aussi sur le blog de Bruno Fay

Alex Türk, ancien président de la CNIL, sur l’invasion des nanopuces, de la biométrie et de la géolocalisation

Audition de M. Alex Türk, ancien président de la CNIL, par la commission des affaires économiques du 17 Septembre 2010.

à partir de la 49ème minutes

Il dit qu’il est dépassé par ce qu’il voit tous les jours concernant les applications technologiques, que ce soit la vidéo surveillance, la puce RFID, la géolocalisation, ou la biométrie. Il explique que la multiplication des puces “nano-brothers” va nous priver de toute intimité et qu’il faut intervenir pour la protection de nos libertés individuelles.

Il affirme que les experts disent que “dans moins de 10 ans, il sera possible d’installer des systèmes qui verront, entendront, communiqueront à distance et seront d’une taille telle, qu’on ne les verra pas à l’œil nu”. (France24 : La loi controversée sur le renseignement entre en vigueur ce samedi 3 octobre 2015).

Il explique que la surveillance ne doit pas être tolérée, “sous prétexte que l’on vit dans un cadre légal, légitime et moral”, mais que nous devons de toutes les manières être préservés dans notre vie privée.

Il avoue être très pessimiste et dit que nous finirons par être des “clones mentaux”, car nous sachant sous surveillance, nous nous comporterons autrement, et nous nous auto-formaterons.

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source LCP

“Toute vérité franchit trois étapes. D’abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence.”

 Arthur Schopenhauer

Et vous … Dans quelle étape vous trouvez-vous ?