Hacking Darwin : génie génétique et avenir de l’humanité

Après 3,8 milliards d’années, l’humanité est sur le point de commencer à évoluer selon de nouvelles règles …

Jamie Metzl, expert en géopolitique et futuriste technologique, propose une exploration novatrice des nombreuses façons dont le génie génétique ébranle les fondements de notre vie : le sexe, la guerre, l’amour et la mort.

À l’aube de la révolution génétique, notre ADN devient aussi lisible, inscriptible et piratable que notre technologie de l’information. Mais à mesure que l’humanité commence à réorganiser son propre code génétique, les choix que nous faisons aujourd’hui feront la différence entre la réalisation d’avancées vertigineuses en matière de bien-être humain et la descente dans une course aux armements génétique dangereuse et potentiellement mortelle.

Entrez dans les laboratoires où les scientifiques transforment la science-fiction en réalité. Regardez vers un avenir où nos croyances, notre morale, nos religions et notre politique les plus profondes seront mises à l’épreuve comme jamais auparavant et où l’essence même de ce que signifie être humain est en jeu. Alors que nous pouvons concevoir nos futurs enfants, allonger considérablement notre durée de vie, construire la vie à partir de zéro et recréer le monde végétal et animal, le devrions-nous ?

Passionné, provocateur et très éclairant, Hacking Darwin est le livre à lire absolument sur l’avenir de notre espèce pour les fans d’Homo Deus et de The Gene.

À paraître le 23 avril 2019

Chine : naissance des premiers bébés génétiquement modifiés

Critiques éditoriales

“Le livre de Jamie Metzl, qui traite de la génétique, du destin humain et de l’avenir, constitue une mine d’informations incroyable pour les scientifiques, les futurologues, les technologues, les entrepreneurs et pratiquement tous les lecteurs intrigués et intéressés. Cet écrivain talentueux et réfléchi nous amène au frontières de la biologie et de la technologie, et révèle un monde plein de promesses et de périls. C’est un livre à lire absolument.” – Siddhartha Mukherjee MD, auteur à succès du New York Times de The Emperor of All Maladies and The Gene: An Intimate History.

“À bien des égards, Jamie Metzl prépare Hacking Darwin depuis 20 ans et sa diligence transparaît. Jamie est un écrivain doué et ses explications sur la génétique sont croustillantes, précises et merveilleusement engageantes. Si vous ne devez lire qu’un seul livre sur l’avenir de notre espèce, c’est celui-là.” – Sanjay Gupta MD, auteur à succès, neurochirurgien et correspondant médical en chef primé à un Emmy Award (CNN).

“Que vous soyez déjà dans les eaux vives du transhumanisme ou que vous vous opposiez à la modification d’un atome d’une espèce, vous constaterez que nous sommes en présence d’une révolution : celle des gènes génétiques, surpassant peut-être les révolutions spatiale, atomiques et électroniques dans sa signification. Pour nous préparer à ce qui nous attend, Jamie Metzl nous guide avec brio dans le flot incertain et en perpétuel changement de notre avenir génétique. Au-delà des questions d’efficacité et de sécurité, il explore de manière réfléchie les questions plus critiques de la diversité, de l’égalité et du respect l’un pour l’autre et de notre humanité commune.” – George Church, professeur de génétique à la Harvard Medical School et auteur de Regenesis.

“Hacking Darwin de Jamie Metzl est un guide exceptionnel pour la conversation la plus importante de nos vies – comment nous, les humains, détournons notre processus évolutif et transcendons les limites de notre propre biologie.” – Ray Kurzweil, inventeur et futuriste, auteur de The Singularity is Near et How to Create a Mind.

“Jamie Metzl possède une capacité presque surhumaine à assimiler de nombreuses recherches et à la synthétiser en une prose perturbante et magnifiquement travaillée. Pour reprendre un terme du livre, Hacking Darwin est un masterbatortium intellectuel, à la fois stimulant et satisfaisant.” – Dan Buettner, membre du National Geographic et du New York Times et auteur à succès de Blue Zones Solution et Blue Zones of Happiness.

Les humains génétiquement modifiés arriveront plus tôt que vous ne le pensez. Et nous ne sommes pas prêts.

“Les technologies génétiques offrent des perspectives extraordinaires – et des défis époustouflants – avec le potentiel de changer pratiquement tous les aspects de nos vies. Dans les pages de Hacking Darwin, Jamie Metzl nous emmène dans un voyage critique au travers d’opportunités et d’obstacles pour la plus grande expédition de l’humanité : l’exploration et re-imaginer ce que signifie être humain”. – Eric Garcetti, Maire de Los Angeles.

“Jamie Metzl a écrit un livre personnel, drôle, sans prétention et finalement très optimiste sur la transformation de la race humaine par la génomique. Dans son enthousiasme pour notre avenir technologique, Metzl raconte l’aventure de la découverte biologique sans perdre de vue les risques. Hacking Darwin est une introduction pleine d’esprit avec une grande variété de thèmes dans la génomique, et est plus profond lorsqu’il s’agit d’imaginer non seulement la science, mais aussi les réactions sociales et géopolitiques qui se produiront dans le monde entier. Metzl écrit sur la vraie science avec le talent d’un écrivain de science-fiction et nous incite à entamer une conversation complexe mais nécessaire sur la manière dont l’humanité va évoluer.”- Robert C. Green, MD, MPH, professeur de médecine (génétique), Brigham and Women’s Hospital, Broad Institute et Harvard Medical School.

“Ce livre extrêmement passionnant et très accessible nous emmène dans un voyage dans le futur, démontrant de manière palpitante comment la capacité de notre espèce à transformer et à améliorer la constitution génétique de notre espèce va exploser au cours de notre vie et au-delà. Même en tant que scientifique travaillant dans le domaine de la longévité humaine et de la génétique, ce livre m’a frappé. Cela devrait être une lecture obligatoire pour les scientifiques, les médecins et tous les autres dont la vie et celle de leurs enfants seront touchées par les technologies génétiques – soit à peu près tout le monde. Notre monde évolue rapidement et Jamie Metzl n’a pas pu mieux orienter les profondes opportunités, les défis et les complexités éthiques de la révolution génétique.” – Nir Barzilai M.D., The Rennert Chair of Aging Research Professor of Medicine and Genetics, Director of The Institute for Aging Research; The Glenn Center for the Biology of Human Aging; NSC of Excellence in the Biology of Aging (NIH). Albert Einstein College of Medicine.

“Hacking Darwin de Jamie Metzl devrait être une lecture obligatoire pour les dirigeants d’entreprises, les scientifiques, les inquiets et les rêveurs – pour tous ceux qui s’intéressent à l’avenir de la science et de l’humanité. Petit à petit, avec intelligence et grâce, il montre comment nous reconstruisons la notion même de ce que signifie être humain et comment nous changerons inévitablement au cours de ce processus.” – Debora Spar, auteure de The Baby Business et professeure de la Baker Foundation à la Harvard Business School.

“Les humains prennent maintenant le contrôle de l’évolution humaine et cela pourrait être la chose la plus importante que nous ayons faite depuis que nous avons appris à fabriquer et à utiliser le feu. Lorsque l’histoire revient sur cette période, elle ne se concentrera pas sur les objets brillants qui retiennent l’attention des médias aujourd’hui, mais plutôt sur les avancées technologiques que Metzl explique dans des termes aussi clairs. Hacking Darwin est une lecture essentielle si vous voulez comprendre ce qui sera perçu comme la chose la plus importante de cette époque. “- Richard A. Clarke, auteur à succès de Warnings et ancien responsable de la sécurité nationale à la Maison Blanche.

Produire ou se reproduire ?

Vivons-nous les dernières générations d’une reproduction à l’ancienne, dite naturelle ? D’ailleurs, peut-on seulement se « reproduire » ? Existe-t-il un lien entre notre civilisation du marché et de la performance et l’évolution rapide de la médicalisation de la procréation dans toutes les sociétés développées de la planète ? La sacralité, attribuée autrefois de manière inconsciente à la succession des générations, pourrait bien succomber sous les impératifs de la rentabilité à tous crins.

Les biotechnologies sont là et elles se fécondent les unes les autres. Homo sapiens est « addict » de la maîtrise et celle de sa reproduction n’échappera pas à son ingéniosité. Au début pour de bonnes raisons, bien médicales et bien justifiées : éviter par exemple la transmission d’une maladie héréditaire, puis pour de moins bonnes raisons : améliorer les performances intellectuelles et sportives des humains.

Sommes-nous à vingt années des bébés personnalisés ?

À l’heure où des laboratoires de biologie de la reproduction sont en train de fabriquer des ovules à partir des cellules de peau d’un homme et vice versa, à l’heure du copier-coller efficace et précis sur le génome et au moment où les États rivalisent d’ingéniosité pour disposer des meilleurs cerveaux et augmenter le nombre de leurs brevets pour mieux dominer le monde, tout concorde pour qu’on puisse prédire que les découvertes n’auront pas le temps de refroidir avant d’être essayées voire mises en œuvre.

La reproduction pourrait donc se voir assignée à efficience par les règles de la production et du marché. Bien se reproduire pour fabriquer de bons producteurs et reproducteurs.

Les humains génétiquement modifiés arriveront plus tôt que vous ne le pensez. Et nous ne sommes pas prêts.

Ces thèmes sont dérangeants et c’est bien pourquoi le Forum Européen de Bioéthique décide cette année de s’en emparer en invitant les meilleurs spécialistes français et européens pour nous expliquer simplement où nous en sommes de ces découvertes et ce qu’il y a dans les cartons des chercheurs. Prendre le temps de comprendre pour appliquer notre jugement individuel à ces perspectives qui concernent nos enfants et nos petits-enfants ne nous donnera pas forcément le pouvoir de modifier l’avenir. Mais que peut-on espérer de mieux d’une société que la lucidité devant ce qui se profile pour son propre avenir ?

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Body on a chip : un corps sur une puce pourrait améliorer l’évaluation des médicaments

‘Body on a chip’ could improve drug evaluation
MIT engineers have developed new technology that could be used to evaluate new drugs and detect possible side effects before the drugs are tested in humans. Using a microfluidic platform that connects engineered tissues from up to 10 organs, the researchers can accurately replicate human organ interactions for weeks at a time, allowing them to measure the effects of drugs on different parts of the body.
Credit: Felice Frankel

Les ingénieurs du MIT ont développé une technologie qui pourrait être utilisée pour évaluer de nouveaux médicaments et détecter les effets secondaires possibles avant que les médicaments ne soient testés chez l’homme. En utilisant une plate-forme microfluidique qui relie des tissus artificiels jusqu’à 10 organes, les chercheurs peuvent répliquer avec précision les interactions des organes humains pendant des semaines à la fois, leur permettant de mesurer les effets des médicaments sur différentes parties du corps.

Un tel système pourrait révéler, par exemple, si un médicament destiné à traiter un organe aura des effets indésirables sur un autre.

“Certains de ces effets sont très difficiles à prédire à partir de modèles animaux car les situations qui les mènent sont idiosyncratiques”, explique Linda Griffith, l’une des auteurs de l’étude. “Avec notre puce, vous pouvez distribuer un médicament, puis rechercher les effets sur d’autres tissus et mesurer l’exposition et comment il est métabolisé.”

Ces puces pourraient également être utilisées pour évaluer des médicaments d’anticorps et d’autres immunothérapies, qui sont difficiles à tester complètement chez les animaux car ils sont conçus pour interagir avec le système immunitaire humain.

Lors du développement d’un nouveau médicament, les chercheurs identifient des cibles médicamenteuses en fonction de ce qu’ils savent de la biologie de la maladie, puis créent des composés qui affectent ces cibles. Les tests précliniques chez les animaux peuvent fournir des informations sur la sécurité et l’efficacité d’un médicament avant le début des tests chez l’homme, mais ces tests peuvent ne pas révéler les effets secondaires potentiels, dit Griffith. En outre, les médicaments qui agissent sur les animaux échouent souvent dans les essais chez l’homme.

Des complications peuvent également survenir en raison de la variabilité entre les patients individuels, y compris leurs antécédents génétiques, les influences environnementales, les modes de vie et d’autres médicaments qu’ils peuvent prendre. «La plupart du temps, vous ne voyez pas de problèmes avec un médicament, en particulier quelque chose qui peut être largement prescrit, jusqu’à ce qu’il soit commercialisé», explique Griffith.

Dans le cadre d’un projet mené par l’Agence de projets de recherche avancée de la Défense (DARPA), Griffith et ses collègues ont décidé de poursuivre une technologie qu’ils appellent un «physiome sur une puce,» qui, selon eux, pourrait offrir un moyen de modéliser les effets potentiels des médicaments de manière plus précise et plus rapide. Pour y parvenir, les chercheurs ont besoin de nouveaux équipements – une plateforme qui permettrait aux tissus de se développer et d’interagir les uns avec les autres – ainsi que des tissus artificiels qui imiteraient fidèlement les fonctions des organes humains.

Une puce microfluidique reproduit la jonction neuromusculaire

Avant que ce projet ne soit lancé, personne n’avait réussi à connecter plus de quelques types de tissus différents sur une plate-forme. De plus, la plupart des chercheurs travaillant sur ce type de puce travaillaient avec des systèmes microfluidiques fermés, qui permettent au fluide d’entrer et de sortir mais n’offrent pas un moyen facile de manipuler ce qui se passe à l’intérieur de la puce. Ces systèmes nécessitent également des pompes externes.

L’équipe du MIT a décidé de créer un système ouvert, qui supprime essentiellement le couvercle et facilite la manipulation du système et la suppression des échantillons pour analyse. Leur système, adapté de la technologie précédemment développée et commercialisée par CN BioInnovations au Royaume-Uni, intègre également plusieurs pompes embarquées capables de contrôler le flux de liquide entre les «organes», répliquant la circulation sanguine, les cellules immunitaires et des protéines à travers le corps humain. Les pompes permettent également d’évaluer des tissus plus gros, par exemple des tumeurs dans un organe.

Les chercheurs ont créé plusieurs versions de leur puce, reliant jusqu’à 10 types d’organes: foie, poumon, intestin, endomètre, cerveau, cœur, pancréas, rein, peau et muscle squelettique. Chaque “organe” est constitué de grappes de 1 million à 2 millions de cellules. Ces tissus ne reproduisent pas l’organe entier, mais ils remplissent plusieurs de ses fonctions importantes. De manière significative, la plupart des tissus proviennent directement d’échantillons de patients plutôt que de lignées cellulaires qui ont été développées pour un usage en laboratoire. Ces «cellules primaires» sont plus difficiles à travailler, mais offrent un modèle plus représentatif de la fonction des organes, dit Griffith.

En utilisant ce système, les chercheurs ont montré qu’ils pouvaient administrer un médicament au tissu gastro-intestinal, imitant l’ingestion orale d’un médicament, puis observer le transport du médicament dans d’autres tissus et être métabolisé. Ils pourraient mesurer où les médicaments sont allés, les effets des médicaments sur différents tissus, et comment les médicaments ont été ventilés. Dans une publication connexe, les chercheurs ont modélisé comment les médicaments peuvent provoquer un stress inattendu sur le foie en rendant le tractus gastro-intestinal «fuyant», permettant aux bactéries d’entrer dans la circulation sanguine et de produire une inflammation dans le foie.

Griffith croit que les applications les plus immédiates de cette technologie impliquent la modélisation de deux à quatre organes. Son laboratoire est en train de développer un système modèle pour la maladie de Parkinson incluant le cerveau, le foie et le tissu gastro-intestinal, qu’elle prévoit d’utiliser pour étudier l’hypothèse que les bactéries présentes dans l’intestin peuvent influencer le développement de la maladie de Parkinson.

D’autres applications comprennent la modélisation des tumeurs qui se métastasent à d’autres parties du corps, dit-elle.

“Un avantage de notre plate-forme est que nous pouvons l’augmenter ou la baisser et adapter à beaucoup de configurations différentes”, dit Griffith. “Je pense que le domaine va traverser une période de transition au cours de laquelle nous commencerons à obtenir plus d’information sur un système à trois ou quatre organes, et cela deviendra compétitif en termes de coûts parce que l’information que vous obtenez a beaucoup plus de valeur”.

Les Européens s’intéresse aussi a ce domaine. En effet, un communiqué de juin 2015, annonce déjà un projet similaire qui a été financé à hauteur de 1,4 million d’euros par l’Union européenne. DARPA était déjà également dans la course pour un usage militaire et voulait produire dix systèmes organiques différents sur des puces dont objectif était de pouvoir tester des traitements contre les conséquences d’incidents nucléaires ou biologiques.

Il n’est donc pas surprenant que cette recherche a été financée par l’U.S. Army Research Office et DARPA.

Phys.org, MIT News

IA : dimensions socio-économiques, politiques et éthiques

L’avenir de l’humanité dans le monde de l’intelligence artificielle-biosynthétique

Dans quelques siècles ou peut-être quelques décennies, l’intelligence artificielle et l’ingénierie biosynthétique seront perfectionnées dans la mesure où les androïdes ressembleront étroitement aux humains et les humains conçus biosynthétiquement ressembleront aux androïdes. Malgré les cauchemars d’une telle perspective pour certains scientifiques, savants humanistes et théologiens, l’intelligence artificielle sera un rêve devenant réalité pour ceux qui épousent la philosophie Transhumaniste de Max More : un mouvement dont l’objectif est d’améliorer la condition humaine physiquement et intellectuellement grâce à l’application de moyens scientifiques et technologiques… Lire la suite

https://iatranshumanisme.com/transhumanisme/intelligence-artificielle-dimensions-socio-economiques-politiques-et-ethiques/

Des ovaires obtenus par impression 3D ont donné naissance à une progéniture en pleine santé

Des bioprothèses d’ovaires ont permis à des souris initialement stériles de donner naissance à des souriceaux.

Si l’on en croit l’étude menée par la Northwestern University Feinberg School of Medicine et la McCormick School of Engineering, le nouveau monde des organes imprimés en 3D comprend maintenant des structures ovariennes qui, fidèles à leur conception, sont réellement capables d’ovuler.

La souris femelle à laquelle on a enlevé un ovaire en le remplaçant par une bioprothèse d’ovaire, n’a pas seulement été capable d’ovuler mais elle a également donné naissance à des souriceaux en parfaite santé. En outre, les mamans ont été capables d’allaiter leurs petits.

Les bioprothèses d’ovaires sont faites de structures imprimées en 3D abritant des œufs immatures, et ont réussi à stimuler la production d’hormones et restaurer la fertilité des souris, ce qui constituait l’objectif ultime de ces travaux.

“Ces recherches montrent que les bioprothèses d’ovaires fonctionnent durablement sur le long terme” a confié Teresa K. Woodruff, scientifique spécialiste de la reproduction et directrice du Women’s Health Research Institute à Feinberg. “Utiliser la bio-ingénierie plutôt que la transplantation à partir de cadavres, pour créer des structures organiques fonctionnelles capables de restaurer l’état de santé du tissu du receveur constitue le saint graal de la bio-ingénierie en médecine régénérative”.

La recherche a été publiée le 16 mai dans Nature Communications.

Dans quelle mesure ces recherchent diffèrent d’autres structures réalisées par impression 3D ?

Ce qui fait que ces travaux sont vraiment à part, réside dans l’architecture du squelette (ou échafaudage) et du matériel, ou « encre » que les scientifiques utilisent, a expliqué Ramille Shah, professeur assistante en matériaux scientifiques et ingénierie au McCormick et en chirurgie à Feinberg.

Ce matériau est de la gélatine, un hydrogel biologique fabriqué à partir de collagène décomposé, pouvant être utilisé en toute sécurité chez l’humain. Les scientifiques savaient que, quel que soit l’échafaudage qu’ils créeraient, il était nécessaire qu’il soit réalisé à partir de matériaux organiques suffisamment rigides pour être manipulés pendant la chirurgie, mais aussi suffisamment poreux pour interagir naturellement avec les tissus du corps de la souris.

« La plupart des hydrogels sont très fragiles du fait qu’ils sont majoritairement constitués d’eau, et vont donc s’effondrer sur eux-mêmes » explique Shah. « Mais nous avons trouvé une température pour la gélatine qui permet à cette dernière de s’autoporter, de ne pas s’effondrer, et permet la réalisation de structures multicouches. Personne d’autre n’a été capable d’imprimer de la gélatine selon une géométrie aussi précise et autoportante ».

Cette géométrie permet de vérifier directement si les follicules ovariens (des cellules organisées produisant des hormones et entourant une cellule-œuf immature) peuvent, ou pas, survivre dans l’ovaire. C’est l’une des découverte-clés de cette étude.

“C’est la première étude qui démontre que l’architecture en échafaudage fait la différence dans la survie du follicule”, affirme Shah. “Nous ne serions pas capables de faire cela si nous n’utilisions pas un programme d’impression 3D”.

Quel impact chez les êtres humains ?

L’unique objectif des scientifiques en développant ces ovaires bioprothèses était d’aider à restaurer la fertilité et la production d’hormones chez des femmes qui avaient souffert de traitements contre le cancer à l’âge adulte ou qui avaient survécu à des cancers lors de l’enfance et présentent aujourd’hui des risques élevés d’infertilité et de problèmes de développement liés à des hormones.

« Ce qui se passe avec nos patientes atteintes de cancer est que leurs ovaires ne fonctionnent pas suffisamment et qu’elles ont besoin de thérapies de substitution hormonale afin de déclencher la puberté » explique Monica Laronda, co-auteur principal de ces travaux et précédemment étudiante en post-doctorat au Laboratoire Woodruff. « Le but de cet échafaudage est de récapituler comment fonctionne un ovaire. Nous voyons large, c’est-à-dire que nous prenons en considération tous les stades de la vie d’une femme, donc de la puberté à la ménopause en passant par l’âge adulte ».

Laronda est maintenant professeur assistante au Stanley Manne Children’s Research Institute au Ann & Robert H. Lurie Children’s Hospital.

En outre, la fabrication réussie d’implants imprimés en 3D afin de remplacer des tissus mous complexes a un impact significatif sur le travail à venir relatif à la médecine régénérative des tissus mous.

Techniquement, comment fonctionne l’impression biologique 3D ?

Imprimer une structure ovarienne en 3D ressemble à un enfant jouant avec un Lincoln Logs (jeu de construction) explique Alexandra Rutz, co-auteur principal de l’étude et diplômée de bioingénierie médicale au laboratoire Tissue Engineering and Additive Manufacturing (TEAM) lab au Simpson Querrey Institute, coordonné par Shah. Les enfants peuvent entreposer les rondins à angle droit pour former des structures. En fonction de l’espacement entre les rondins, la structure change pour construire une fenêtre, une porte…

“L’impression 3D est réalisée en déposant des filaments” explique Rutz, qui est maintenant post-doctorante dans le cadre du Whitaker International Postdoctoral Scholar à l’École Des Mines De Saint-Étienne à Gardanne, France. Vous pouvez contrôler la distance entre ces filaments, ainsi que l’angle de progression entre les couches, et cela nous permet d’obtenir des pores de tailles et géométrie différentes.

Au laboratoire de Northwestern, les chercheurs appellent ces structures imprimées en 3D des « échafaudages », et les comparent aux échafaudages qui entourent temporairement un bâtiment pendant sa rénovation.

« Tout organe possède un squelette » explique Woodruff, qui est également Professeur d’obstétrique au Thomas J. Watkins Memorial et membre du Robert H. Lurie Comprehensive Cancer Center de la Northwestern University. « Nous avons appris à quoi ressemblait le squelette d’un ovaire et nous nous en sommes servis comme modèle pour réaliser la bioprothèse ovarienne qui serait implantée ».

Dans un bâtiment, les échafaudages soutiennent les matériaux nécessaires à la réparation du bâtiment jusqu’à ce qu’ils soient démontés. Ce qui reste est une structure capable de se tenir droite toute seule. De la même manière, l’échafaudage, ou squelette imprimé en 3D, est implanté dans une femelle et ses pores peuvent être utilisés pour optimiser l’insertion des follicules, ou des œufs immatures, dans l’échafaudage. Ce dernier permet la survie des cellules-œufs immatures de la souris ainsi que les cellules qui produisent les hormones accélérant la production d’œufs. La structure ouverte laisse suffisamment d’espace aux cellules-œufs pour qu’elles murissent jusqu’à l’ovulation. Cela s’applique également aux vaisseaux sanguins qui se développent à l’intérieur de l’implant permettant aux hormones de circuler dans le système sanguin de la souris et déclencher la lactation après que la souris ait donné naissance à ses petits.

La collaboration exclusivement féminine McCormick-Feinberg pour ces travaux a été « très fructueuse » confie Shah, et d’ajouter que c’était motivant de faire partie d’une équipe de femmes menant des recherches visant à trouver des solutions à des problèmes de santé de femmes.

« Ce qui rend ce travail collaboratif, ce sont les personnages, et la possibilité de trouver de la bonne humeur au sein de cette étude » confie Shah. « Teresa et moi avons ri à l’idée que nous étions les grands-mères de ces souriceaux ».

traduction Virginie Bouetel

Northwestern University

Les humains génétiquement modifiés arriveront plus tôt que vous ne le pensez. Et nous ne sommes pas prêts.

La bio-ingénierie a déjà permis aux êtres humains de prendre le contrôle de leur propre évolution. Que ce soit par le biais de technologies émergentes de clonage ou de la thérapie génique de pointe, nous sommes à l’aube d’un monde où les êtres humains peuvent – et pourront – changer leur façon de vivre et de mourir.

Michael Bess est historien des sciences à la Vanderbilt University et l’auteur d’un nouvel ouvrage : Our Grandchildren Redesigned: Life in a Bioengineered Society (Nos petits enfants remodelés : la vie dans une société issu du génie biologique). Le livre de Bess propose un regard général sur notre avenir génétiquement modifié, un avenir aussi terrifiant que prometteur.

« Nous allons nous doter d’un pouvoir sans pour autant avoir la sagesse de le contrôler correctement ». L’ouvrage de Bess est une tentative de lutter avec les conséquences de cela.

L’historien de Vanderbilt offre une vision déconcertante d’un avenir proche de la bioingénierie :

Pensez-y comme des « humains version XP », « humains version 7 », « humains version 10 ». Tout comme le logiciel Microsoft, il y aura une hausse continue dans ce qui est considéré comme standard ou la norme ».

Our Grandchildren Redesigned: Life in a Bioengineered Society

publié chez Beacon Press

Ceci est un livre sur un futur plus ou moins proche – d’aujourd’hui à la moitié du 21e siècle. Il évalue l’impact que les biotechnologies auront sur nos vies, du fait de son omniprésence croissante dans la modification du corps humain et de l’esprit. Grâce à l’utilisation de produits pharmaceutiques, nous apprenons comment contrôler nos humeurs, stimuler nos performances physiques et mentales, augmenter notre longévité et notre vitalité. Grâce aux prothèses, implants cérébraux, et d’autres dispositifs bioélectroniques, nous ne faisons pas que soulager les malvoyants et les personnes souffrant de paralysies, mais nous commençons aussi à reconfigurer nos corps, à augmenter nos capacités de mémorisation, nos souvenirs, et de générer de nouveaux moyens d’interagir avec les machines. A travers des interventions génétiques, nous ne nous limitons pas simplement à neutraliser certaines maladies, dites longues voire incurables, mais nous ouvrons de nouvelles possibilités pour prendre en main notre évolution – la refonte de la « plate-forme » humaine du corps et de l’esprit d’une manière approfondie.

Parmi toutes les avancées de ces bio-améliorations technologiques, certaines seront spectaculaires par nature, offrant de formidables nouvelles capacités et aptitudes. Simultanément, ces progrès vont s’accompagner de désagréments et les dangers seront si profonds qu’ils justifieront des interdictions de certaines catégories d’interventions ou de dispositifs d’amélioration. Toutes ces technologies – même celles qui semblent les plus sensées et anodines – vont déstabiliser les éléments clés de notre système sociétal, ainsi que notre compréhension de ce que signifie être humain. Je soutiens que la société contemporaine est dangereusement mal préparée pour les changements spectaculaires qu’elle est sur le point d’éprouver – un changement drastique de ses repères. Elle n’est absolument pas prête à faire face aux bouleversements qui l’attendent d’ici peu.

Parmi les sujets abordés dans cet ouvrage :

  • Les stratégies pour envisager l’avenir à moyen terme. En prenant en considération les modifications qui ont eu lieu dans notre histoire passée, nous pouvons mieux envisager et nous préparer aux futurs possibles.
  • Science et technologie de la bio-amélioration humaine : huit domaines clés d’innovation : produits pharmaceutiques, bioélectronique, génétique, nanotechnologies, robotique, intelligence artificielle (IA), biologie synthétique, et la réalité virtuelle.
  • Les débats acharnés entre partisans et opposants au transhumanisme et l’ « avenir du posthumain » : comment trouver une solution objective et constructive pour aller de l’avant.
  • L’épanouissement de l’humain : un cadre moral pour évaluer les bio-améliorations spécifiques au cas par cas.
  • Le potentiel révolutionnaire des modifications épigénétiques d’amélioration.
  • Si les bio-améliorations sont adoptées par des millions de consommateurs, quelles en seront les conséquences économiques, sociales et culturelles ?
  • La bio-amélioration des animaux : devrions-nous créer de nouveaux hybrides et des créatures augmentées ?
  • Les modifications directes du cerveau et de l’esprit : comment le nouveau domaine de la neuroéthique peut nous aider à clarifier et évaluer les implications ?
  • La possibilité attrayante (et problématique) de la « bio-amélioration morale » (Paradise engineering).
  • La marchandisation des êtres humains, et les manières spécifiques dont les technologies de bio-amélioration pourraient mettre en péril la dignité humaine.
  • Les technologies de rajeunissement et l’allongement de la durée de vie en bonne santé – quelles en seraient les conséquences écologiques, économiques, et psychologiques ?
  • La Singularité, la bio-amélioration « définitive » et la possibilité de créer des formes d’intelligence artificielle de niveau humain.
  • Les valeurs qui méritent d’être préservées face à l’arrivée de l’entreprise d’amélioration au cours des décennies à venir.
  • De l’espace pour une agence humaine dans le pilotage du développement de l’innovation scientifique et technologique.

Aperçu du Livre

voir aussi :
Les cyborgs plus proches de la réalité dans les prochaines étapes de l’évolution humaine
Le transhumanisme est inévitable : Beyond human: How cutting-edge science is extending our lives
Sommes-nous à vingt années des bébés personnalisés ? : « The end of sex and the future of human reproduction » (Harvard University Press, 2016)


A propos de l’auteur

Michael Bess is the Chancellor’s Professor of History at Vanderbilt University. He has received major fellowships from the J. S. Guggenheim Foundation, the American Council of Learned Societies, the National Human Genome Research Institute, the John D. and Catherine T. MacArthur Foundation, and the Fulbright Program. His previous books include Choices Under Fire and The Light-Green Society.

Traduction Virginie Bouetel

Une puce microfluidique reproduit la jonction neuromusculaire

Réplication de la connexion entre les muscles et les nerfs

La nouvelle puce pourrait aider à tester des médicaments pour la SLA et d’autres troubles neuromusculaires.

Des ingénieurs du MIT ont développé un dispositif microfluidique qui réplique (reproduit) la jonction neuromusculaire – la connexion vitale où le nerf rencontre le muscle. Le dispositif, de la taille d’une pièce de 0,25$, contient une simple bande musculaire et un petit ensemble de motoneurones (ou neurones moteurs). Les chercheurs peuvent influencer et observer les interactions entre les deux, au sein d’une matrice tridimensionnelle réaliste.

The researchers fabricated a microfluidic device with two important features: a three-dimensional environment, and compartments that separate muscles from nerves to mimic their natural separation in the human body. They suspended muscle and neuron cells in a hydrogel and injected them in the millimeter-sized compartments (thin channels shown in blue) and supplied culture medium from each side of the neuron/muscle tissue (large channels shown in blue) to mimic a three-dimensional environment.
Image: Sebastien Uzel

Les chercheurs ont génétiquement modifié les neurones dans le dispositif pour répondre à la lumière. En projetant la lumière directement sur les neurones, ils peuvent précisément stimuler ces cellules, qui à leur tour envoient des signaux pour exciter la fibre musculaire. Les chercheurs ont aussi mesuré la force que le muscle exerce dans le dispositif quand celui-ci tremble (se convulse) et se contracte en réponse.

Les résultats publiés en ligne sur Science Advances, peuvent aider les scientifiques à comprendre et identifier des médicaments pour traiter la sclérose latérale amyotrophique SLA (maladie de Charcot), plus communément connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig, aussi bien que d’autres conditions neuromusculaires.

« La jonction neuromusculaire est impliquée dans un grand nombre de troubles très invalidants, parfois brutaux et mortels, pour lesquels beaucoup de choses restent encore à découvrir », dit Sebastien Uzel, qui a dirigé les travaux en tant que diplômé du Department of Mechanical Engineering du MIT. « L’espoir est, être capable de former des jonctions neuromusculaires in vitro nous aidera à comprendre comment certaines maladies fonctionnent ».

Les coauteurs d’Uzel comprennent Roger Kamm, le Cecil and Ida Green Distinguished Professor of Mechanical and Biological Engineering au MIT, suivi de l’ancien étudiant diplômé aujourd’hui post-doctorant Randall Platt, chercheur scientifique Vidya Subramanian, ancien étudiant chercheur Taylor Pearl, senior post-doctorant Christopher Rowlands, ancien post-doctorant Vincent Chan, professeure associée de biologie Laurie Boyer, et le professeur d’ingénierie mécanique et d’ingénierie biologique Peter So.

Pour en savoir plus : MIT News

Traduction Thomas Jousse

Microfluidic design and assembly.
(A) The microfluidic design features three parallel gel regions accessible by six gel filling ports and flanked by two medium channels connected to four medium reservoirs. A surrounding vacuum channel allows for temporary bonding. Scale bar, 2 mm. (B) The platform is composed of a top microfluidic layer assembled on top of a PDMS membrane featuring two sets of two capped pillars (inset), itself bonded to a coverslip. (C) Schematic displaying the final coculture arrangement: embedded in a hydrogel, muscle bundles that are wrapped around and exerted force to the pillars are innervated by neurospheres located in the opposite gel chamber separated by a 1-mm-wide gel region.

Biologie 2.0 – Faire évoluer l’évolution

En explorant des chemins encore inexplorés par la nature, les scientifiques veulent produire du vivant inédit, des cellules utiles pour l’humanité.

Génome synthétique : Les scientifiques proposent un projet qui consiste à créer l’ADN humain