Augmentation humaine – A l’aube d’un nouveau paradigme

Transhumanisme – L’homme augmenté

Le Ministère de la Défense (Royaume-Uni) a publié un rapport intitulé “Human Augmentation – The Dawn of a New Paradigm“. La base de ce travail collaboratif est un accord de coopération entre le BODP et le DCDC.

Le Development, Concepts and Doctrine Centre (DCDC – un département du ministère britannique de la Défense) a travaillé en partenariat avec le German Bundeswehr Office for Defence Planning (BODP – un département du ministère fédéral allemand de la Défense) pour comprendre les implications futures de l’augmentation humaine, jetant ainsi les bases d’une recherche et d’un développement plus détaillés pour la Défense.

Le projet intègre des recherches menées par des spécialistes de la défense d’Allemagne, de Suède, de Finlande et du Royaume-Uni afin de comprendre comment les technologies émergentes telles que le génie génétique, la bioinformatique et la possibilité d’interfaces cerveau-ordinateur pourraient affecter l’avenir de la société, de la sécurité et de la défense. Les défis éthiques, moraux et juridiques sont complexes et doivent être examinés de manière approfondie, mais l’augmentation de la capacité humaine pourrait marquer l’avènement d’une nouvelle ère d’avantages stratégiques, avec des implications possibles dans tout le spectre du développement des capacités.

Les technologies d’augmentation humaine offrent un large éventail de possibilités pour aujourd’hui et pour le futur. Il existe des technologies matures qui pourraient être intégrées aujourd’hui avec des considérations politiques gérables, comme la nutrition personnalisée, les wearables et les exosquelettes. Il existe d’autres technologies en devenir dont le potentiel est plus important, comme le génie génétique et les interfaces cerveau-ordinateur. Les implications éthiques, morales et juridiques de l’augmentation humaine sont difficiles à prévoir, mais un engagement précoce et régulier sur ces questions est au cœur du défi.

L’augmentation humaine deviendra de plus en plus nécessaire à l’avenir, car elle est le lien entre les compétences uniques des humains et celles des machines. Les vainqueurs des guerres futures ne seront pas ceux qui disposeront de la technologie la plus avancée, mais ceux qui sauront intégrer le plus efficacement les compétences uniques de l’homme et de la machine.

L’importance croissante de l’association homme-machine est déjà largement reconnue, mais elle a jusqu’à présent été abordée sous l’angle de la technologie. Ce projet sur l’augmentation humaine constitue la partie manquante du puzzle.

Le projet “Implication stratégique” a pour but d’analyser l’impact que l’augmentation humaine aura sur la défense et la sécurité dans le futur. L’horizon temporel considéré est de 30 ans. L’augmentation des performances humaines est l’application de la science et des technologies pour améliorer temporairement ou définitivement les performances humaines.

Augmentation humaine : Human Augmentation – The Dawn of a New Paradigm, Strategic Implications Project

Les armes autonomes mortelles sont arrivées

Une nouvelle vidéo publiée par l’organisation à but non lucratif The Future of Life Institute (FLI) met en évidence les risques posés par les armes autonomes ou “robots tueurs” – et les mesures à prendre pour empêcher leur utilisation.

« Les armes autonomes mortelles sont arrivées. L’ère dans laquelle les algorithmes décident de qui vit et qui meurt est à nos portes. Nous devons agir maintenant pour interdire ces armes. » FLI.

Sa vidéo originale Slaughterbots, publiée en 2017, était un court métrage narratif de type Black Mirror montrant comment de petits quadcoptères équipés d’une intelligence artificielle et d’ogives explosives pouvaient devenir des armes de destruction massive. Initialement développés pour l’armée, les Slaughterbots finissent par être utilisés par des terroristes et des criminels.

Aujourd’hui, les technologies sont réunies et des drones autonomes létaux capables de localiser et d’attaquer des cibles sans supervision humaine ont déjà été utilisés en Libye.

La nouvelle vidéo, intitulée Slaughterbots – if human : kill(), met les armes autonomes au diapason de l’actualité, en présentant des incidents fictifs basés sur les nouvelles technologies. On y voit une arme autonome dans une voiture garée qui tire sur des électeurs dans un bureau de vote, similaire à l’arme qui aurait été utilisée pour assassiner un scientifique nucléaire iranien l’année dernière. Nous assistons ensuite à un braquage de banque réalisé par des robots quadrupèdes armés de fusils d’assaut, comme le récent chien robot (non autonome) équipé d’un fusil de précision, à l’attaque d’un avion au sol par un drone semblable aux événements réels survenus en Arabie saoudite, et à l’attaque d’une boîte de nuit par des quadcoptères chargés d’explosifs, comme les versions développées par les Émirats arabes unis et présentées lors d’une récente foire aux armes.

Dans la vidéo, des développeurs fictifs et des chefs militaires affirment qu’il s’agit d’une technologie purement militaire qui offre la perspective d’un changement de régime sans sacs mortuaires, et qu’il n’y a aucun risque qu’elle tombe entre de mauvaises mains. Il va sans dire que la question de savoir à quels États peut-on faire confiance en matière d’armes autonomes et comment empêcher qu’elles ne parviennent à des groupes militants reste sans réponse – ce qui conduit aux massacres décrits ci-dessus.

Selon le FLI, l’étape cruciale pour empêcher ce type de cauchemar est une mesure proposée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Celui-ci préconise une interdiction internationale, juridiquement contraignante, des armes autonomes qui utilisent l’intelligence artificielle pour identifier, sélectionner et tuer des personnes sans intervention humaine.

La Nouvelle-Zélande vient d’annoncer qu’elle fera pression en faveur d’une interdiction ; les États-Unis, la Russie et la Chine sont moins enclins à adopter une position ferme.

Neuralink sera prêt pour les implants humains en 2022

Transhumanisme : fusionner l’homme avec la machine

Neuralink, la puce d’IA qui transformera les humains en unités programmées par ordinateur, sera disponible pour être implantée dans le corps humain dès 2022, affirme le PDG de Tesla Motors (TSLA) Elon Musk.

Dans une interview Musk a déclaré que Neuralink est en attente de l’approbation de la FDA pour devenir le premier dispositif implanté chez l’homme qui sera capable de restaurer la fonctionnalité de l’ensemble du corps des personnes souffrant de lésions de la moelle épinière.

Neuralink

Musk a affirmé que les critères de référence utilisés par son entreprise sont bien plus élevés que les normes de la FDA. “Nos normes pour l’implantation du dispositif sont plus élevées que ce que la FDA exige. Je pense que nous avons une chance, avec Neuralink, de restaurer la fonctionnalité de l’ensemble du corps d’une personne atteinte d’une lésion de la moelle épinière”, a déclaré Musk lors de la conférence du CEO Council. Il a ajouté : “Je pense que nous avons une chance, et j’insiste sur le mot “chance”, de pouvoir permettre à quelqu’un qui ne peut pas marcher ou utiliser ses bras d’être à nouveau capable de marcher naturellement.”

Tout en étant optimiste quant à la possibilité de guérir des maladies compliquées à l’aide de la technologie, Musk s’est également montré prudent quant au succès de la puce. Dans un autre tweet rapportant le même événement, Musk a répondu : “Je ne dis absolument pas que nous pouvons à coup sûr le faire, mais je suis de plus en plus confiant que c’est possible.”

Business Insider, The Sun

Qu’est-ce que la biologie synthétique ?

Biologie synthétique (SynBio)

La biologie synthétique (SynBio) a été définie comme la conception et l’ingénierie des éléments biologiques, des nouveaux dispositifs et systèmes, ainsi que la reconception des systèmes biologiques naturels existants (UK Synthetic Biology Roadmap1).

Cependant, la biologie synthétique a des significations différentes selon la personne à laquelle on s’adresse (Endy, D. (2005). Foundations for engineering biology. Nature, 438(7067), 449-4532) :

– Pour les biologistes, la construction d’un système biologique synthétique est un moyen direct et convaincant de démontrer que vous comprenez le système.

– Pour les chimistes, la biologie synthétique est une extension de la chimie synthétique et de la fabrication ascendante de nouveaux matériaux, médicaments, carburants, etc.

– Pour les ingénieurs, la biologie est un nouveau support de la créativité humaine qui est actuellement en cours de normalisation et de caractérisation nécessaires à la conception rationnelle de nouvelles technologies.

Pour les non-initiés, la vidéo ci-dessous donne une bonne description des principes généraux impliqués :

Il faut s’attendre à voir (et à entendre) de plus en plus de choses à ce sujet, car le WEF a créé son propre Global Future Council sur la biologie synthétique. Rêve-t-il d’un homme nouveau, d’un homme sur-mesure ?

La prochaine étape consiste à la création d’un génome humain synthétiqueThe Genome Project–Write. Les scientifiques travaillent pour créer de l’ADN humain synthétique. Les scientifiques ciblent 2026 pour le premier génome synthétique. Ces articles ont été publiés en 2016 mais sont toujours d’actualité.

Voir aussi :

Biologie et devenir technologique de l’homme : de la biologie synthétique à l’homme synthétique
Doit-on synthétiser un génome humain ?

Qu’est-ce que la biologie synthétique ? Credit: Getty

Documentaire de Arte sur la biologie synthétique (2012, français). La Biologie Synthétique : Fabriquer le vivant. « Anatomie d’une nouvelle révolution scientifique : la biologie de synthèse, qui doit permettre à l’homme de créer la vie à partir de séquences d’ADN synthétiques ».

Les spécialistes sont unanimes : la biologie connaît une révolution aussi décisive que la découverte de l’ADN ou le séquençage complet du génome humain. La biologie de synthèse doit permettre à moyen terme à l’homme de se faire démiurge, pour écrire des séquences partielles ou entières d’ADN – et donc créer ainsi artificiellement la vie. Une perspective tellement nouvelle qu’elle suscite des vocations en dehors des laboratoires eux-mêmes. Dans de simples garages ou des hangars, les “biohackers” sont aujourd’hui capables d’assembler des séquences d’ADN synthétiques (via des DNA cassettes ou biobricks disponibles sur Internet). Peut-être donneront-ils vie à de nouvelles cellules, voire à des organismes entiers. Certains experts posent la question sans détour : l’homme va-t-il, pour la première fois, prendre la main sur l’évolution naturelle des espèces ? Et si oui, quelles seront les conséquences pour les écosystèmes les plus fragiles, et l’équilibre des espèces vivantes ?

De nombreux acteurs, dont les plus gros laboratoires, investissent en tout cas dans la biologie de synthèse, jusqu’à Bill Gates, qui finance un programme colossal contre la malaria reposant sur elle. C’est cette révolution en marche que ce film souhaite montrer pour la première fois, en partant à la rencontre de ceux qui la portent.

Voir aussi :

Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT)
WEF : How can technological advancements in synthetic biology benefit everyone?
WEF: Lessons learned from COVID-19 vaccines could advance synthetic biology.
EY ! How the COVID-19 outbreak could provide synbio’s breakout moment
Global Future Council on Synthetic Biology


Notes :

Approches technologiques de l’amélioration des performances humaines

Une nouvelle ère surhumaine marquée par le transhumanisme

Le Pentagone mène des recherches sur l’édition génétique, l’Internet des corps et l’IA pour améliorer les performances humaines

L’amélioration des performances humaines (HPE) aura des répercussions sur les opérations militaires et de renseignement. Des variétés d’améliorations des performances humaines pourraient avoir une valeur opérationnelle potentielle pour l’armée et le renseignement.

Certains exemples sont l’augmentation de la force, de la vitesse, de l’endurance et de l’intelligence ; d’autres sont la réduction des besoins en sommeil et des temps de réaction.

Le présent rapport RAND examine trois modalités possibles d’amélioration des performances humaines : (1) les modifications génétiques, (2) l’intelligence artificielle (IA), et (3) les approches de l’Internet des corps (IoB) dans lesquelles les dispositifs implantés dans ou portés par un humain sont connectés à un réseau.

Pour chaque modalité, ce rapport donne un aperçu de son potentiel pour l’amélioration des performances humaines, de l’état des technologies habilitantes et des défis associés (tant techniques qu’éthiques). Le rapport présente également une discussion sur les pays où les capacités ou la recherche fondamentale associée sont les plus activement poursuivies.

Chacun de ces domaines d’amélioration des performances humaines repose à un moment donné sur des signaux numériques. Outre l’amélioration des performances humaines proprement dite, l’émission, le stockage et la manipulation de ces informations numériques peuvent présenter des risques et des opportunités pour les opérations militaires et de renseignement. Certaines des technologies abordées sont embryonnaires, mais le rythme de développement est difficile à prévoir, et ce rapport fournit un instantané dans le temps de l’état du domaine technologique.

Credit: GettyImages

Les communautés de la défense et du renseignement américaines sont sur le point d’inaugurer une nouvelle ère marquée par le transhumanisme en finançant des recherches sur l’édition génétique, l’intelligence artificielle et l’Internet des corps (IoB) pour améliorer les performances humaines.

Dans les décennies à venir, l’IA et la biotechnologie nous donneront des capacités divines pour réorganiser la vie, voire pour créer des formes de vie totalement nouvelles. Après quatre milliards d’années de vie organique façonnée par la sélection naturelle, nous sommes sur le point d’entrer dans une nouvelle ère de vie inorganique façonnée par la conception intelligente.

Le rapport RAND, parrainé par le Pentagone, décrit les potentialités technologiques de cette recherche transhumaniste controversée, qui comprend potentiellement “l’ajout de gènes reptiliens permettant de voir dans l’infrarouge” et “la possibilité de rendre les humains plus forts, plus intelligents ou mieux adaptés aux environnements extrêmes”.

« Les améliorations des performances humaines peuvent être regroupées en deux catégories : (1) les améliorations qui apportent une capacité supérieure à celle de la population humaine naturelle (c’est-à-dire non génétiquement modifiée), et (2) les améliorations qui augmentent la capacité d’un individu, mais seulement à un niveau qui reste dans les limites de la variation présente dans la population humaine naturelle. L’ajout de gènes reptiliens qui confèrent la capacité de voir dans l’infrarouge est un exemple de la première catégorie. Augmenter l’endurance d’un coureur moyen au niveau d’un marathonien d’élite est un exemple de la deuxième catégorie ».

Selon le rapport RAND, “Technological Approaches to Human Performance Enhancement“, les modalités d’amélioration des performances humaines (human performance enhancement HPE) peuvent être regroupées en trois catégories principales :

– L’édition génétique
– Applications de l’intelligence artificielle
– Les technologies en réseau que l’on peut porter (wearable) ou même implanter (ce que l’on appelle l’Internet des corps [IoB]).

Pour les communautés américaines de la défense et du renseignement, l’amélioration des performances humaines offre “la possibilité d’accroître la force, la vitesse, l’endurance, l’intelligence et la tolérance aux environnements extrêmes et de réduire les besoins en sommeil et les temps de réaction – ce qui pourrait contribuer au développement de meilleurs opérateurs.”

« La plupart des recherches sur l’amélioration des performances humaines visent à améliorer la santé et le bien-être de l’homme, à comprendre et à éviter ou atténuer les sources connues de morbidité ou de déficience et à améliorer la qualité de vie. Les mutations génétiques, par exemple, sont associées à des maladies et ont été ciblées par des thérapies géniques. Du point de vue des opérations militaires et de renseignement, cependant, l’HPE – en offrant la possibilité d’accroître la force, la vitesse, l’endurance, l’intelligence et la tolérance aux environnements extrêmes et de réduire les besoins en sommeil et les temps de réaction – pourrait contribuer au développement de meilleurs opérateurs. Ces mêmes développements pourraient également créer des risques qui pourraient être exploités par des adversaires ».

Le rapport ajoute que dans les prochaines années, “l’amélioration des performances humaines pourrait aider les services militaires et les analystes du renseignement en utilisant de multiples techniques pour connecter la technologie à l’être humain.”

« Dans les prochaines années, l’amélioration des performances humaines pourrait aider les services militaires et les analystes du renseignement en utilisant de multiples techniques pour connecter la technologie aux êtres humains. Certaines de ces techniques sont explorées ou utilisées aujourd’hui. Les dispositifs technologiques peuvent être portés à l’extérieur du corps (p. ex. prothèses, exosquelettes) ou implantés à l’intérieur. »

L’édition génétique pour l’amélioration des performances humaines

L’édition génétique, selon le rapport RAND, a le potentiel de :

– rendre les humains plus forts, plus intelligents ou mieux adaptés aux environnements extrêmes

– fournir de nouvelles capacités (comme la vision infrarouge) – des applications ayant des implications potentielles pour les opérations militaires et de renseignement.

Qu’adviendra-t-il des soldats et des agents gouvernementaux génétiquement modifiés avec des pouvoirs surhumains une fois leur service terminé ? Quels avantages ou inconvénients les personnes dotées de capacités divines auraient-elles par rapport au reste de l’humanité ?

Les exemples d’applications d’édition génétique présentés dans le rapport incluent :

– Ajout de gènes reptiliens qui permettent de voir dans l’infrarouge.

– Favoriser des caractéristiques physiques spécifiques (par exemple, la capacité à faire face à de faibles niveaux d’oxygène) qui pourraient aider les combattants.

– Augmenter la masse musculaire chez les humains non malades

– Augmenter l’endurance d’un coureur moyen au niveau d’un marathonien d’élite.

– Pour les voyages dans l’espace : Ajout des gènes de Deinococcus radiodurans, une bactérie qui peut survivre à des niveaux élevés de radiation, et ajout des gènes de divers organismes pour permettre aux humains de synthétiser les 20 acides aminés (les humains n’en synthétisent normalement que 11 et extraient les neuf autres de leur alimentation).

Créer des cyborgs IA-humains pour améliorer les performances humaines

« L’IoB fournit plusieurs illustrations issues des technologies de l’information et de la consommation et des applications médicales. Parce que ces applications impliquent de compléter les performances humaines existantes, elles pourraient être résumées comme l’approche cyborg de l’HPE – l’augmentation des performances humaines en ajoutant quelque chose au corps humain ».

Selon le rapport, la reconnaissance des formes et la puissance de traitement des données de l’IA lui confèrent deux avantages potentiels :

Tout d’abord, la vitesse d’acquisition et de traitement des données permettrait un retour d’information en temps réel, comme la stimulation transcrânienne, afin d’améliorer la réponse humaine et la prise de décision en temps réel.

Deuxièmement, l’IA peut être utilisée pour individualiser un traitement dont on pense généralement qu’il a un effet positif sur les performances, par analogie avec la médecine de précision (personnalisée) ; la personnalisation pourrait être utilisée avec toutes les modalités d’amélioration des performances.

En cas de succès, l’HPE-AI pourrait réduire considérablement le temps nécessaire au traitement des données et aux réponses aux situations, ainsi qu'”améliorer la prise de décision grâce à des prothèses cognitives” – les interfaces cerveau-ordinateur (BCI).

La principale application recherchée pour les BCI, selon le rapport, est la “neuroprothèse (c’est-à-dire le contournement du système nerveux dans le but de contrôler des appareils externes, tels que des membres mécaniques ou des implants cochléaires)”.

« Cependant, l’essor de l’IA, du Machine Learning, des réseaux neuronaux profonds et des algorithmes hybrides a élargi le traitement des données pour une variété d’applications. La principale application recherchée pour les BCI est la neuroprothèse (c’est-à-dire le contournement du système nerveux dans le but de contrôler des appareils externes, comme des membres mécaniques ou des implants cochléaires). Les humains peuvent être entraînés à contrôler toutes sortes d’appareils externes, comme le mouvement d’une souris d’ordinateur, des bras robotisés et des drones. »

Principales conclusions

Les trois catégories de technologies examinées dans le présent rapport ont le potentiel d’être utilisées pour améliorer les performances humaines, mais à des moments différents

– Un domaine très médiatisé est celui de la manipulation génétique, qui est le plus récent – la recherche se concentre sur le potentiel de réduction des maladies, et des décennies de recherche seront nécessaires avant de pouvoir espérer une application significative à l’EPH. Cela dit, certaines formes d’analyse génétique peuvent être utiles pour comprendre les capacités des personnes telles qu’elles sont aujourd’hui.

– L’IA a également été longtemps associée à un battage médiatique et, bien que les technologies connexes s’améliorent régulièrement, les impacts significatifs sur les prothèses cognitives et autres devraient prendre cinq à dix ans. Ces nouvelles prothèses fourniront de nouveaux canaux de communication, ainsi que les vulnérabilités associées.

L’IoB a déjà des effets aujourd’hui ; elle deviendra plus complexe et plus performante au fil du temps. Elle devient à la fois une source de signaux et une cible pour les cyberattaques.

Recommandations

– Pour comprendre quand et où des percées ou des reculs ont eu lieu, et quand et où des applications nouvelles, voire surprenantes, ont vu le jour, il faudra assurer un suivi.

– Le lancement ou l’arrêt de programmes pertinents, l’octroi de subventions ou de contrats gouvernementaux, les coentreprises et les acquisitions, les conférences et les salons professionnels, les brevets et les publications sont autant d’indicateurs à surveiller.

– Il sera également important de surveiller les types de données qui sont intentionnellement et involontairement collectées, utilisées ou émises par les systèmes liés à l’amélioration des performances humaines. Les avantages des nouvelles formes de communication seront compensés par de nouveaux types de cyber-vulnérabilités.

L’augmentation humaine militaire sera nécessaire

Le scientifique en chef de la toute nouvelle US Space Force a déclaré que l’augmentation humaine ne tarderait pas à arriver.

Le Dr Joel Mozer, qui s’exprimait lors d’un événement au Airforce Research Laboratory, a déclaré qu’il était “impératif” que les États-Unis surpassent leurs adversaires en étant à la pointe de l'”augmentation humaine” dans la technologie militaire.

“Au siècle dernier, la civilisation occidentale est passée d’une société industrielle à une société de l’information, mais aujourd’hui, nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère : celle de l’augmentation humaine”, a déclaré Mozer. “Dans le domaine de la défense nationale, il est impératif que nous nous engagions dans cette nouvelle ère, sous peine de prendre du retard sur nos concurrents stratégiques”.

Mozer, dont la carrière s’est déroulée en grande partie au sein de l’armée de l’air américaine, où il a développé des technologies de vol spatial, a prévenu que des progrès “inimaginables” seront réalisés au cours de la prochaine décennie, citant les avancées en matière d’intelligence artificielle déjà réalisées par des programmes comme AlphaGo de Google.

Le scientifique de la Space Force a ajouté que l’IA pourrait un jour développer des tactiques et des stratégies militaires qu'”aucun humain ne pourrait développer”, et que des programmes ou des machines “autonomes” pourraient conseiller les commandants en temps réel.

“L’IA pourrait un jour créer des programmes qui conçoivent des lignes d’attaque trop complexes pour être comprises par les humains, a souligné Mozer. Cela s’étendra au champ de bataille, où les commandants et les décideurs auront à leur disposition de multiples agents autonomes, chacun pouvant contrôler l’exécution de tâches telles que la reconnaissance, le contrôle du tir ou l’attaque”, ajoute Mozer.

Il a averti que “nous devons réfléchir attentivement à l’éthique de tout cela, et à la façon dont nous ferons confiance à ces agents autonomes, en particulier à l’ère de la guerre autonome mortelle”.

Concernant l’augmentation humaine, il a suggéré que la technologie d’augmentation pourrait éventuellement produire une “main-d’œuvre surhumaine”, qui utilise des technologies telles que “la réalité augmentée, la réalité virtuelle et la stimulation nerveuse”.

Vous pouvez mettre un individu dans un état de flux, où l’apprentissage est optimisé et la mémorisation est maximisée”, a-t-il déclaré. Cet individu pourrait être transformé en une personne au potentiel très élevé.

DailyMailMetro UK

La France va débuter les recherches sur le soldat augmenté
Le soldat augmenté – Regards croisés sur l’augmentation des performances du soldat

Les chercheurs pourraient bientôt être autorisés à étudier les embryons humains au delà de 14 jours

Au cours des 40 dernières années, les scientifiques ont convenu de ne jamais permettre aux embryons humains de se développer au-delà de deux semaines dans leurs laboratoires. Aujourd’hui, un organe scientifique clé est prêt à supprimer cette limite de 14 jours.

L’International Society for Stem Cell Research a élaboré un projet de recommandations visant à faire passer ces recherches de la catégorie des activités scientifiques “interdites” à une catégorie de recherches pouvant être autorisées après examen éthique et en fonction des réglementations nationales.

Les scientifiques sont motivés pour faire croître les embryons plus longtemps afin d’étudier – et potentiellement manipuler – le processus de développement. Ils pensent que des découvertes pourraient découler de l’étude prolongée des embryons, par exemple des améliorations de la FIV ou la découverte d’indices sur les causes des malformations congénitales.

Mais ces techniques soulèvent la possibilité de faire un jour la gestation d’animaux en dehors de l’utérus jusqu’à la naissance, un concept appelé ectogenèse. Et la croissance à long terme des embryons pourrait créer une plateforme pour explorer le génie génétique des humains.

ScienceMag, MIT Technology Review

Le bonheur posthumain ? La promesse manquée du transhumanisme

Un examen approfondi et détaillé des pièges liés au transhumanisme qui nous permet de redécouvrir ce que signifie de vivre bien.

Les livres sur le transhumanisme semblent se diviser en deux catégories : ceux qui brillent d’enthousiasme et ceux qui brillent d’indignation. Posthuman Bliss? The Failed Promise of Transhumanism, Oxford University Press, de Susan B. Levin, experte en philosophie classique au Smith College, appartient à ce dernier camp.

Les partisans du transhumanisme, ou de l’amélioration “radicale”, nous invitent à poursuivre l’amélioration biotechnologique de certaines capacités – avant tout, les capacités cognitives – bien au-delà de toute limite humaine, de telle sorte que les êtres dotés de ces capacités existeraient sur un plan ontologique supérieur. Certains pensent même que l’auto-transcendance de l’humanité par le biais des progrès de la science et de la technologie pourrait même être moralement requise. Par conséquent, selon Levin, les enjeux de notre réponse au transhumanisme sont incommensurablement élevés.

Susan B. Levin conteste les engagements globaux des transhumanistes concernant l’esprit et le cerveau, l’éthique, la démocratie libérale, la connaissance et la réalité, montrant que leur notion de l’auto-transcendance de l’humanité dans la “posthumanité” n’est guère plus que de la fantaisie.

En unissant les arguments philosophiques et scientifiques, Levin remet en question l’affirmation des transhumanistes selon laquelle la science et la technologie soutiennent leur vision de la posthumanité. Dans un style clair et engageant, elle démantèle les affirmations des transhumanistes selon lesquelles les posthumains émergeront si nous n’allouons pas suffisamment de ressources à cette fin.

Loin d’offrir une “preuve de concept” théorique et pratique pour la vision qu’ils nous proposent, explique Levin, les transhumanistes s’engagent de manière inadéquate dans la psychologie cognitive, la biologie et les neurosciences, s’appuyant souvent sur des points de vue douteux ou obsolètes dans ces domaines.

Elle soutient aussi que le transhumanisme va miner la démocratie libérale, promouvoir l’eugénisme et saper l’autonomie personnelle – des revendications qui sont fortement contestées par les transhumanistes.

Le transhumanisme est légitimement critiqué parce que ses partisans insistent sur le fait que rien de moins que l’auto-transcendance de l’humanité est un objectif rationnel … Dans une démocratie libérale, la promotion de la santé et du bien-être publics sans mettre en péril le pilier de la liberté individuelle exige une navigation et une réflexion permanentes.

Ayant montré en profondeur pourquoi le transhumanisme doit être rejeté, Levin plaide avec force pour une perspective holistique du bien-vivre qui est enracinée dans l’éthique de la vertu d’Aristote tout en étant adaptée à la démocratie libérale. Ce holisme est tout à fait humain, dans le meilleur des sens : Il nous incite à envisager des fins valables pour nous en tant qu’êtres humains et à accomplir le travail irremplaçable qui consiste à nous comprendre nous-mêmes plutôt que de compter sur la technologie et la science pour notre salut.

⇒ Un article inintéressant plus détaillé de Susan B. Levin : « Playing to lose: transhumanism, autonomy, and liberal democracy ».

Revues éditoriales

« Les transhumanistes affirment que pour que les êtres humains puissent survivre à l’avenir, et encore moins s’épanouir, nous devons réviser technologiquement nos natures évoluées. Dans sa critique vigoureuse, érudite, claire et pénétrante, Susan Levin montre que l’argument transhumaniste repose sur une compréhension philosophique superficielle de ce que signifie être humain et sur une compréhension scientifique tout aussi superficielle de ce que signifie être un organisme. Au-delà de la critique, elle offre une vision alternative de l’épanouissement qui s’enracine dans la compréhension d’Aristote, est améliorée par les fondateurs américains et s’incarne dans la vie de Martin Luther King. Ce livre sera d’un intérêt énorme pour tous ceux qui se soucient de réfléchir à ce que signifie être humain à une époque où les problèmes de notre existence commune peuvent sembler si terribles que les seules solutions qui restent sont technologiques”. – Erik Parens, The Hastings Center.

« La critique de Susan Levin sur la littérature philosophique qui défend des formes radicales d’amélioration cognitive et morale est très raisonnée, bien documentée et délicieusement pimentée. En remettant en question de manière soutenue les hypothèses scientifiques et philosophiques de ses interlocuteurs, elle établit effectivement le programme du prochain chapitre de la recherche sur nos obligations envers les futurs humains. » – Eric T. Juengst, University of North Carolina, Chapel Hill.

« Ancré dans une vision optimiste des capacités humaines et s’appuyant sur de solides arguments philosophiques et scientifiques, le livre de Susan Levin, à la fois perspicace et bienvenu, révèle les promesses tentantes des transhumanistes, mais qui, en fin de compte, n’ont pas été tenues ». – Inmaculada de Melo-Martín, Weill Cornell Medicine.

« Les pandémies mondiales, le changement climatique, les conflits géopolitiques imminents pour l’eau douce et la nourriture… il semble que plus nous devons apprendre à changer le comportement des humains dans la nature, plus nous reculons et essayons de trouver une issue en changeant plutôt la nature chez les humains. L’un de ces reculs est le transhumanisme. Posthuman Bliss propose une critique approfondie de la fabrication biotechnologique de la pensée et des émotions humaines au niveau moléculaire. Bienvenue à la pensée bioéthique qui est critique et non apologétique. Bienvenue à la perspective interdisciplinaire de la philosophe classique Susan B. Levin sur les limites du biopouvoir ». – Bruce Jennings, Vanderbilt University.

Albert Jacquard : réflexion autour de l’idée de compétition

Scientifique de renommée mondiale et militant humaniste devant l’éternel, Albert Jacquard a combattu toute sa vie pour un monde plus juste et plus solidaire. En 1994, il était invité par la RTBF (la télévision publique de Belgique) à partager sa réflexion autour de l’idée de compétition. Pour lui, pas de doute, la compétition est une habitude désastreuse. Pire, c’est même, selon lui, une forme de suicide !

à méditer : “Tout pouvoir est provisoire ; celui qui l’exerce doit savoir qu’il aura un jour à rendre des comptes.” Albert Jacquard.

Émission complète : Il parlait déjà de médecine prédictive (à 29:00). Faire un enfant avec deux ovules (31:55) [C’est à dire un bébé né de trois parents, connu aujourd’hui par une technique visant à utiliser deux ovules et un spermatozoïde pour féconder via une FIV], il faut une démocratie de l’éthique, clone, trafic d’organes, etc… (33:20). « Demain dépend de nous. Nous n’avons pas le droit de laisser tomber. » (45:00) « On est en train de courir le plus vite possible dans la pire des directions. » « Toute compétition est un suicide. » « Chercher à être le meilleur, c’est faire preuve de conformisme. » « Les grandes écoles ne font que sélectionner les plus conformistes. » « Plus on est conformiste, plus on est dangereux. » « Il nous faut extirper la notion de compétition de toute la société. »