DARPA finance un ambitieux programme d’interface cerveau-machine

Contrôler les drones par la pensée

La U.S. Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) a officiellement financé un programme visant à mettre au point une interface cerveau-machine – sous la forme d’un casque d’écoute conçu pour permettre au personnel militaire de contrôler n’importe quoi, des “systèmes actifs de cyberdéfense” aux “essaims de véhicules aériens sans pilote” par la seule activité cérébrale, selon un communiqué.

L’agence espère qu’une telle interface facilitera l’exécution des tâches complexes par les membres du service et les aidera également à effectuer plusieurs tâches à la fois.

Communiquer par télépathie avec un essaim de drones

“Tout comme les membres du service portent un équipement de protection et tactique en prévision d’une mission, ils pourraient à l’avenir utiliser un casque contenant une interface neuronale, utiliser la technologie comme bon leur semble, puis mettre l’outil de côté lorsque la mission est terminée”, a déclaré le directeur du programme Al Emondi dans le communiqué de presse.

La DARPA a un calendrier ambitieux pour le casque. Premier point à l’ordre du jour : trouver un moyen d’enregistrer les signaux électriques dans le cerveau et de relayer l’information vers le tissu cérébral.

Une fois cela réglé, la DARPA espère transformer cette capacité en une interface cerveau-machine utile dans un contexte militaire, telle que le contrôle des essaims de drones. Espérons qu’il s’avère plus précis dans le contrôle des drones en combat actif que le drone à contrôle mental de 150 $ qui a frappé Kickstarter en mars.

IEEE Spectrum

Communiquer par télépathie avec un essaim de drones

Mind Control. Contrôle de la pensée

Les militaires facilitent plus que jamais l’éloignement des soldats des conséquences de la guerre. Lorsque la guerre des drones a éclaté, les pilotes pouvaient, pour la première fois, s’asseoir dans un bureau aux États-Unis et larguer des bombes au Moyen-Orient. Maintenant, un pilote peut tout faire, simplement en se servant de son esprit – pas besoin de mains.

Au début du mois, la division de recherche militaire de DARPA, a dévoilé un projet sur lequel elle travaillait depuis 2015 : une technologie qui permet à une personne de piloter plusieurs avions et drones avec son esprit.

“À ce jour, les signaux provenant du cerveau peuvent être utilisés pour commander et contrôler… pas seulement un avion, mais trois types d’aéronefs simultanés”, a déclaré Justin Sanchez, directeur du Bureau des technologies biologiques de la DARPA.

DARPA et l’initiative cérébrale

Le porte-parole de la DARPA a déclaré que cette interface cerveau-ordinateur (BCI brain-computer interface) utilise des électrodes implantées dans et sur les cortex sensoriels et moteurs du cerveau, l’expérimentation a été limitée aux volontaires présentant divers degrés de paralysie. C’est-à-dire que les personnes qui dirigeaient ces avions simulés avaient déjà des électrodes cérébrales, ou du moins, avaient déjà des raisons de subir une intervention chirurgicale.

Pour essayer de trouver comment rendre cette technologie plus accessible et ne pas nécessiter la pose chirurgicale d’une sonde métallique dans le cerveau des personnes, la DARPA a récemment lancé le programme de neurotechnologie non chirurgicale N3 (NExt-Generation Nonsurgical Neurotechnology). Le but est de créer un appareil avec des fonctionnalités similaires, mais il ressemblera plus à un casque EEG que le pilote peut retirer une fois la mission terminée.

“Le système N3 envisagé serait un outil que l’utilisateur pourrait utiliser pendant la durée d’une tâche ou d’une mission, puis mis de côté”, a déclaré Al Emondi, responsable de N3, selon le porte-parole. “Je n’aime pas les comparaisons avec une manette de jeu ou un clavier, car elles ne reflètent pas tout le potentiel de la technologie N3, mais elles sont utiles pour transmettre la notion de base d’une interface avec des ordinateurs.”

Defense One, Engadget, DARPA

→ pour allez plus loin : Program Announcement for Artificial Intelligence Exploration (AIE) ; DARPA : Accelerating the Exploration of Promising Artificial Intelligence Concepts

L’Homme augmenté, réflexions sociologiques pour le militaire
Éthique sur le champ de bataille dans un futur proche
Augmentation des performances humaines avec les nouvelles technologies : Quelles implications pour la défense et la sécurité ?

Étude prospective à l’horizon 2030 : impacts des transformations et ruptures technologiques sur notre environnement stratégique et de sécurité.

Étude prospective à l’horizon 2030 : impacts des transformations et ruptures technologiques sur notre environnement stratégique et de sécurité.

Pour la première fois, un document gouvernemental en matière de prospective technologique est réalisé par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) pour penser les défis technologiques à venir auxquels nous serons confrontés et les ruptures stratégiques qui en découleront. Il vise à proposer des pistes de réflexion à l’ensemble des acteurs de la communauté stratégique française, voire alimenter le débat public dans une période où les questions de sécurité et de défense s’imposent au cœur des préoccupations.

A vocation pédagogique, cet exercice de prospective n’exprime pas de position officielle et ne correspond pas à une quelconque doctrine, livre blanc ou politique publique. Il reflète le point de vue de chercheurs et l’état des réflexions sur un ensemble de sujets. Le choix des thématiques résulte du travail de veille technologique réalisé par le SGDSN, en relation étroite avec le monde de la recherche. Il pourra être actualisé et augmenté par l’étude ultérieure d’autres sujets.

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Sommaire

Avant-propos
Introduction
Partie 1 : Des tendances qui se consolident
La défense antimissile balistique en 2030 : un système militaire mature au cœur des équilibres stratégiques
La démocratisation de l’accès à l’espace
Paix et guerre dans le cyberespace
La dissuasion, atout de puissance et facteur de paix
Terrorisme et menaces NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) : vers un terrorisme technologique ?
Frontières passoires ou frontières intelligentes
Partie 2 : ruptures technologiques – ruptures stratégiques
Les missiles et vecteurs hypervéloces, nouveaux déterminants des puissances ?
Militarisation et insécurisation de l’espace
La révolution de l’impression 3D
La biologie de synthèse : un saut dans l’inconnu
Comment les neurosciences vont-elles transformer la guerre ?
La cryptographie est-elle à l’aube de la révolution quantique ?
Le champ de bataille « 3.0 » : intelligence artificielle, robots, nanotechnologies et armes à énergie dirigée sous l’uniforme


Extrait : Comment les neurosciences vont-elles transformer la guerre ?

L’impact potentiel des neurosciences sur la manière de faire la guerre est identifié et de nombreuses recherches sont en cours. Essentielles en termes de santé, ces avancées vers « l’homme augmenté » sont parfois déroutantes au plan militaire et éthique. La France et l’Europe doivent les prendre en compte pour maintenir leurs capacités de défense pour la guerre du futur, identifier les priorités afin de ne pas disperser moyens et financements et se préparer à créer les conditions d’une modération des acteurs et d’un encadrement international.

De formidables avancées susceptibles d’intéresser la défense

Les stratégies et méthodes permettant d’étudier le fonctionnement cérébral ou de modifier les capacités cognitives sont de natures très diverses, impliquant à la fois des technologies non-invasives ou invasives. Des avancées récentes en matière d’imagerie cérébrale, de techniques de neuromodulation ou d’interfaces cerveau-machine ouvrent de nouvelles perspectives à plus ou moins long terme.

Pour les forces armées, les recherches actuelles dans le domaine des neurosciences, si elles aboutissent, pourraient participer à la réalisation de plusieurs objectifs, comme :

– la préservation de la santé et de la sécurité des opérateurs militaires ;
– le maintien, voire l’amélioration de leurs performances, notamment en matière d’endurance, de capacités sensorielles, de réactivité, de productivité, de créativité ou encore de résistance au stress.

Ces applications auraient une incidence directe sur les performances individuelles et la capacité opérationnelle.

Parmi les axes de recherche qui suscitent également un intérêt – et soulèvent autant d’enjeux éthiques et sociétaux – figurent l’exploitation des connaissances et technologies relevant des neurosciences, en particulier des techniques d’imagerie cérébrale fonctionnelle, en vue d’évaluer la véracité des informations obtenues lors d’un interrogatoire ou même de déterminer le degré de responsabilité d’un individu, notamment dans le cadre d’expertises judiciaires ou dans le domaine du renseignement.

L’Homme augmenté, réflexions sociologiques pour le militaire
Éthique sur le champ de bataille dans un futur proche
Augmentation des performances humaines avec les nouvelles technologies : Quelles implications pour la défense et la sécurité ?

Les applications potentielles des neurosciences pour les forces armées, dont certaines restent à l’heure actuelle très hypothétiques, comprennent :

– le suivi médical individuel des combattants, par exemple la surveillance de l’évolution de la vigilance ou du niveau de stress ;
– la prise en charge médico-psychologique, avec notamment la possibilité de restaurer une fonction après une atteinte à l’intégrité physique, voire psychique (commande de dispositif prothétique, perception de sensations recréées, restauration des souvenirs, etc.) ;
– l’amélioration de la formation et de l’entraînement, y compris en cas de stress ;
– l’amélioration des performances physiques et sensorielles des combattants ;
– le guidage à distance de systèmes d’armes, tels que des robots, des drones ou un exosquelette, par une interface cerveau-machine ;
– l’amélioration des performances cognitives des opérateurs et des combattants, en particulier dans un environnement complexe et avec des sollicitations multiples ;
– l’obtention et l’évaluation d’informations à des fins de renseignement ;
– la mise en réseau de capacités cérébrales afin de pouvoir combiner des compétences individuelles.

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S’ils se concrétisent, certains développements pourraient être à l’origine de profonds bouleversements dans les prochaines décennies, sans qu’il ne soit encore possible de déterminer toutes les conséquences au niveau individuel, sociétal ou international. En effet, outre la restauration des capacités, il devient désormais envisageable de pouvoir altérer de façon ciblée des fonctions cognitives telles que la mémorisation ou le processus de prise de décision, en les améliorant ou en les dégradant, voire peut-être un jour de modifier ou créer des souvenirs ou encore d’accéder aux pensées d’un individu. Ces évolutions imposent d’engager une réflexion approfondie sur les questions éthiques, sociétales, juridiques et médicales afférentes, en fonction des applications, qu’elles soient civiles ou militaires, et du contexte d’emploi. Elles soulèvent des questions quant aux conséquences en termes de dignité humaine et de respect de la vie privée, mais aussi de risques d’atteinte à l’identité personnelle et à l’autonomie. En interférant avec les fonctions cognitives, ces avancées s’accompagnent ainsi d’une possible remise en cause des notions de libre arbitre ou de responsabilité individuelle, telles qu’elles sont traditionnellement appréhendées. Enfin, il convient de considérer les risques de détournement à des fins malveillantes.

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José Delgado et ses dispositifs de contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau

Au-delà de l’état actuel des connaissances sur le cerveau et son fonctionnement, la complexité de la problématique est aussi liée à l’interdépendance fonctionnelle avec l’environnement physique et social. Que la modification soit recherchée ou secondaire, il peut y avoir atteinte à l’intégrité physique ou psychique des individus. Sans même chercher à dégrader certaines capacités, il existe un risque que l’amélioration de fonctions cognitives spécifiques se fasse au détriment d’autres. La question de la réversibilité des effets doit également être posée. Il faut de plus considérer la problématique de l’acceptabilité individuelle mais aussi sociétale.

La sécurité des équipements médicaux implantables fait déjà partie des préoccupations majeures pour les acteurs du secteur de la santé. En plus des risques de dysfonctionnement, la vulnérabilité aux cyber-attaques de certains systèmes représente donc une crainte légitime, en particulier s’agissant de ceux qui sont connectés et reçoivent et/ou transmettent des flux de données à distance, et ce d’autant plus s’ils sont invasifs. En prenant pour exemple les travaux de recherche en cours portant sur le développement d’un implant neuronal qui pourrait remplacer les dispositifs externes de réalité virtuelle, des informations altérées pourraient par exemple être transmises directement au niveau du cortex visuel.

A l’horizon 2030, un soutien financier substantiel à des programmes de recherche innovants aura permis d’obtenir des résultats concrets, avec une transition réussie de la recherche fondamentale à des applications concrètes de façon générale mais aussi a posteriori dans les forces armées. Dans le même temps, les recherches relevant des neurosciences bénéficieront des approches collaboratives et interdisciplinaires, permettant la levée de verrous technologiques. « L’homme augmenté » sera en passe de devenir une réalité.

Les États-Unis, comme la Chine, auront investi massivement dans ce domaine. Malgré de fortes réticences au sein de la société civile et d’organisations non gouvernementales, voire du Comité international de la Croix-rouge, certains systèmes innovants seront déployés et opérationnels au sein des forces armées américaines et vraisemblablement, de façon plus limitée, de celles d’autres pays comme la Chine, de la Russie ou Israël. A ce stade, il s’agira principalement :

– d’implants destinés à augmenter l’acuité visuelle ou auditive ;
– de dispositifs d’électrostimulation cérébrale pour les opérateurs exerçant en environnement complexe ;
– d’interfaces cerveau-machine permettant soit d’utiliser des exosquelettes afin d’augmenter les capacités locomotrices, soit de piloter des drones ou des robots pour le déminage des engins explosifs improvisés (IED) ;
– d’outils d’aide aux interrogatoires à des fins de renseignement.

Nataliya Kosmyna, pilote des objets par la pensée – FUTUREMAG – ARTE

Rencontre avec la chercheuse Nataliya Kosmyna, qui a mis au point un dispositif de pilotage de drones par la pensée, et qui pourrait bientôt changer le fameux “Je pense donc je suis” de Descartes, en “Je pense donc j’agis”.

Émission du 09 janvier 2016

Google : La stratégie secrète pour transformer l’humanité

Laurent Alexandre, spécialiste du transhumanisme, explique ce que Google semble bâtir sous nos yeux. Le constat est à la fois fascinant et effrayant. Les informations soulignées par Alexandre et le bilan que l’on peut faire aujourd’hui sur la société, associés au fait que ses dirigeants n’ont jamais voulu détailler leurs stratégies et objectifs, laissent la place à une hypothèse incroyable.

Les débuts de l’intelligence artificielle

Selon Alexandre, l’objectif de Google, quant à son moteur de recherche, est de transformer ce dernier en intelligence artificielle. À une échelle encore embryonnaire, ce spécialiste des questions des secteurs NBIC estime que Google commence à y arriver.

Il fait le lien entre les différentes actions de Google ces dernières années. Selon lui, la quantité de start-ups que Google rachète, la création de Calico (la société réfléchissant aux maladies liées au vieillissement), la présence du géant dans le secteur du séquençage ADN et la robotique, avec le projet BigDog de Boston Dynamics, pour ne parler que d’eux, dessinent le projet de Google.

Par ailleurs, la société a recruté les plus grands noms de la question de l’intelligence artificielle, tels que le gourou du sujet, Ray Kurzweil, selon lequel les robots seront égaux aux humains d’ici 2029, qui est désormais ingénieur en chef du moteur de recherche.

Google maitrise toutes les technologies qui permettent le transhumanisme. Tous les moyens sont bons pour améliorer l’homme physiquement, intellectuellement, et dans son espérance de vie. Google est présent dans la robotique, l’informatique, les moteurs de recherche, l’intelligence artificielle, les nanobiotechnologies et le séquençage d’ADN.

La machine omnisciente

Lorsqu’on lui demande qui contrôle Google aujourd’hui, Alexandre explique que seuls ses actionnaires ont le pouvoir. Il avance alors la nécessité d’encadrer l’intelligence artificielle au niveau mondial, soulignant que les États-Unis y réfléchissent déjà sérieusement, tout comme l’Asie, alors que l’Europe observe passivement la situation.

Si une telle entité devient le leader dans la lutte contre la mort, l’intelligence artificielle, la robotique, la domotique et les voitures intelligentes, il faudra alors réfléchir à la démanteler.

Dans une telle situation, Google deviendrait plus puissant que des États.

L’auteur termine son interview en évoquant la loi de Moore, décrivant le rythme d’évolution de la puissance des ordinateurs. D’après cette loi, les ordinateurs ayant la puissance de calcul du cerveau humain sont pour 2040, et l’intelligence des machines nous dépassera d’ici la fin du siècle. La rencontre de cette puissance, de l’impression 3D et de la mise en réseau de cette intelligence en ferait une entité quasi omnisciente.

Connectons les points

Alexandre « se contente » ici de parler de la puissance de l’entité Google et de l’avènement de la machine pensante, ce qui est en soi une perspective incroyable et paradoxalement crédible. Mais d’autres spéculations sont autorisées.

Lorsque je fais la somme de tout ce que Google entreprend depuis quelques années, je vois autre chose se dessiner. Faisons le point.

Google a cartographié la planète, et se lance depuis quelque temps dans la cartographie de l’intérieur des bâtiments. La société a par ailleurs pour ambition manifeste de numériser toutes les productions humaines, avec notamment Google Books, mais nous pourrions aussi parler du fait qu’elle possède le site leader du stockage de vidéos avec YouTube.

L’idée de Chrome OS est de centraliser les données sur le cloud pour que nos contenus se trouvent « partout ». De plus, les investissements de la société dans des câbles haut débit sous-marins connectant les continents entre eux, le Projet Loon envoyant des ballons relayant internet dans la stratosphère et les drones solaires ayant la même ambition, affichent la volonté de Google de faire qu’internet soit accessible absolument partout sur Terre.

Ainsi, Google est en train de fabriquer une version numérique de notre planète et de ses contenus, avec l’ambition de les rendre accessibles depuis n’importe où.

La question de l’identité

Par ailleurs, certains d’entre nous réalisent déjà qu’ils passent une majeure partie de leur existence à interagir avec internet, par leur smartphone ou leur ordinateur, qu’il s’agisse de communiquer avec d’autres humains ou de consulter du contenu. La question de l’identité est ainsi en jeu.

Il ne s’agit pas ici de juger de la chose d’un point de vue moral, mais de constater le phénomène. Si la plupart de mes interactions avec le monde se font via internet, mon identité numérique n’est-elle pas une part importante de mon identité globale ?

Alors, me revient le fait que Ray Kurzweil, le futurologue dont nous parlions plus haut, a fait entre autres projections ces dernières années que l’être humain pourrait transférer son cerveau sur des disques durs avant 2030. Et d’un coup, les points semblent se connecter.

En produisant une réplique numérique de la planète et de ses ressources intellectuelles, en permettant à internet d’être disponible même dans les zones les plus reculées du monde, en investissant dans la robotique et en s’intéressant de prêt au vieillissement, le projet de Google ne serait-il pas de dématérialiser l’être humain ?

La question de savoir si la chose serait bonne ou mauvaise est un gouffre d’interrogations philosophiques et métaphysiques, mais pour le pire ou pour le meilleur, et au regard de l’adhésion des dirigeants de Google au transhumanisme et aux théories de Kurzweil, le fait que l’objectif final de la société soit que l’humanité vive éternellement dans une réalité virtuelle mondialement connectée, est sans doute envisageable. La question de savoir s’ils pourront y parvenir est bien évidemment tout autre.

source : Phonandroid, via Le JDD

Transhumanisme l’homme modifié

Une espèce « nouvelle » arrive dans le monde : moitié homme, moitié robot !

Ray Kurzweil (qui prévoit de « ressusciter son père ») est un ingénieur informaticien et futurologue récemment embauché par Google. Il annonce que l’homme qui arrive « sur le marché » sera de moins en moins biologique car « bourré » de composants électroniques. D’autres annoncent déjà que « nous serons comme des dieux », puisque nous serons capables de connaître les pensées de n’importe quelle personne située dans n’importe quel endroit du monde. Ces déclarations sont dans la droite ligne du mouvement « transhumaniste », un mouvement qui souhaite « améliorer » l’homme grâce à la technologie et, pourquoi pas, le rendre immortel…

Un documentaire d’Armel Joubert des Ouches.

Hacker le cerveau : la menace ultime ? par le Docteur Laurent Alexandre

Avec la montée en puissance des neurotechnologies et l’automatisation annoncée des tâches intellectuelles l’être humain va intégrer de plus en plus de technologies à son organisme. Quels sont les enjeux éthiques, politiques et moraux qui se posent dans cet environnement où notre cerveau, cet « ordinateur fait de viande », devient un outil piratable ? Avec quels rôles pour les géants du Net, (Google, Amazon, Facebook…) qui sont précisément en train de phagocyter le domaine des neurotechnologies ?

Chirurgien-urologue et neurobiologiste, Laurent Alexandre est également diplômé de Science Po, d’HEC et de l’ENA. Fondateur et développeur de Doctissimo.fr. et d’une dizaine d’entreprises hi-tech, il dirige aujourd’hui DNAVision qui est spécialisée dans le décryptage du génome. Auteur de plusieurs livres dont « La mort de la mort », « La défaite du cancer » et « Google démocratie », il s’intéresse aujourd’hui aux technologies NBIC.

Technocalyps suite (2nd et 3e volets en VO uniquement)

TechnoCalyps Part II Preparing for the Singularity

 

Des scientifiques de renom dans les domaines de la génétique, l’intelligence artificielle, recherche sur le cerveau et la nanotechnologie

 

TechnoCalyps Part III The Digital Messiah

Le Messie numérique
Les conséquences métaphysiques de la nouvelle révolution technologique. Les scientifiques commencent à utiliser des concepts métaphysiques pour décrire l’impact de leurs recherches. Un nombre étonnamment élevé de projets scientifiques sont inspirés par des aspirations religieuses.

 

1er volet – le transhumanisme