Discours de Laurence Trochu anti-transhumaniste #ZemmourVillepinte

Conservateurs vs Transhumanistes

Pour la première fois dans un programme présidentielle, on ose parler du transhumanisme et de l’homme augmenté. Il s’agit de Laurence Trochu, présidente du Mouvement Conservateur, lors du meeting à Villepinte d’Éric Zemmour, le 5 décembre 2021.

Extrait :

“Depuis des années, les Conservateurs alertent sur la décomposition idéologique de la droite. Cette droite aurait dû proposer une réelle alternative crédible au progressisme de la gauche, berceau d’Emmanuel Macron. Elle n’a pas saisi la nécessité de lui opposer une vision de l’homme et de la société fondamentalement différente de la ligne post-nationale, multiculturaliste et transhumaniste qui liquide notre pays.”

“La liberté n’est plus aimée : regardons comment elle a été abandonnée avec une facilité déconcertante aux docteurs Knoch qui nous gouvernent ou aux GAFAM qui nous dirigent.”

“C’est aussi l’espèce humaine qu’il s’agit de ne pas aliéner. Réduit par les antispécistes à n’être qu’un animal parmi d’autres, promis par les transhumanistes à une humanité augmentée où ne subsisteraient que les plus beaux et les plus forts, l’homme du XXIe siècle doit se rappeler que les limites protègent notre liberté”.

Si vous ne voulez pas du transhumanisme et de tout ce qui s’y rattache, il nous paraît évident que vous avez trouvé le seul candidat à cette présidentielle qui est contre le transhumanisme.

Vous pouvez lire l’intégralité du discours de Laurence Trochu ou visionner l’intégralité du meeting d’Éric Zemmour.

Le mythe de l’humain augmenté

Une critique politique et écologique du transhumanisme

« Réfléchir le transhumanisme sous l’angle du politique, c’est donc en premier lieu l’appréhender pour ce qu’il est avant tout, à savoir une idéologie. »

Le mythe de l’humain augmenté Une critique politique et écologique du transhumanisme
https://ecosociete.org/livres/le-mythe-de-l-humain-augmente

Mouvement prônant une amélioration radicale de nos performances physiques, intellectuelles et émotionnelles grâce aux avancées technoscientifiques et biomédicales, le transhumanisme et l’idéologie de l’humain augmenté gagnent de plus en plus en notoriété. Or, le sensationnalisme futuriste de ses thèses nous empêche de bien réfléchir à leur réalité scientifique, à leur rôle économique et à leur sens politique. En resituant le débat sur le terrain du politique, Nicolas Le Dévédec montre avec clarté que ce mouvement n’est en rien révolutionnaire : changer l’être humain pour mieux ne pas changer notre modèle de société constitue son ressort politique profond.

Adhérant à l’horizon productiviste de notre temps, le transhumanisme est indissociable du néolibéralisme et de l’appropriation capitaliste toujours plus poussée de nos corps et de nos vies, comme en témoigne l’intériorisation des normes de performance individuelle calquées sur le modèle de l’entreprise. Cristallisant l’imaginaire de la maîtrise de la nature, le mouvement contribue également à entretenir un rapport au monde, à l’humain et au vivant profondément dévastateur. À l’ère de l’Anthropocène, il est temps de reconquérir notre autonomie politique et de formuler une véritable « écologie politique de la vie et du vivant ».

En librairie le 14 octobre 2021 – Extrait

Nicolas Le Dévédec est sociologue et professeur à HEC Montréal. Il est notamment l’auteur de l’ouvrage La société de l’amélioration. La perfectibilité humaine, des Lumières au transhumanisme (2015).

La pandémie est utilisée comme un prétexte… selon l’ONU

C’est une confirmation importante que les médias français ont peu relayée. Nous citons le Secrétaire Général de l’ONU en personne :

Brandissant la pandémie comme prétexte, les autorités de certains pays ont pris des mesures de sécurité sévères et adopté des mesures d’urgence pour réprimer les voix dissonantes, abolir les libertés les plus fondamentales, faire taire les médias indépendants et entraver le travail des ONG.” António Guterres, Secrétaire Général de l’ONU, à l’ouverture de la 46e session du Conseil des droits de l’homme du 22 février 2021.

Le chef de l’Organisation des Nations Unies ajoute, notamment : “Des défenseurs des droits humains, des journalistes, des avocats, des militants, et même des professionnels de la santé, ont fait l’objet […] de poursuites, et de mesures d’intimidation et de surveillance pour avoir critiqué les mesures – ou le manque de mesures – prises pour faire face à la pandémie. Les restrictions liées à la pandémie servent d’excuses pour miner les processus électoraux, affaiblir les voix des opposants et réprimer les critiques.

Les quatre coins du globe sont touchés par des violations des droits humains“.

M. Guterres a déploré “l’affaiblissement de la démocratie, l’utilisation de la force brutale, les arrestations arbitraires, la répression dans toutes ses manifestations ou la restriction de l’espace civique“.

De plus, “la pandémie a affecté de manière disproportionnée les femmes, les minorités, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les réfugiés, les migrants et les peuples autochtones” et “l’extrême pauvreté gagne du terrain” a-t-il déploré.

La Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a également dénoncé “les restrictions illégitimes des libertés publiques (et) l’utilisation excessive des pouvoirs d’urgence” dans le cadre de l’épidémie. “L’usage de la force ne mettra pas fin à cette pandémie. Envoyer les critiques en prison ne mettra pas fin à cette pandémie”, a-t-elle martelé, sans toutefois mentionner de pays.

ONU : Conseil des droits de l’homme : « Les coups d’État n’ont pas leur place dans notre monde moderne » (Guterres)
Voir aussi La Libre.be

Le bonheur posthumain ? La promesse manquée du transhumanisme

Un examen approfondi et détaillé des pièges liés au transhumanisme qui nous permet de redécouvrir ce que signifie de vivre bien.

Les livres sur le transhumanisme semblent se diviser en deux catégories : ceux qui brillent d’enthousiasme et ceux qui brillent d’indignation. Posthuman Bliss? The Failed Promise of Transhumanism, Oxford University Press, de Susan B. Levin, experte en philosophie classique au Smith College, appartient à ce dernier camp.

Les partisans du transhumanisme, ou de l’amélioration “radicale”, nous invitent à poursuivre l’amélioration biotechnologique de certaines capacités – avant tout, les capacités cognitives – bien au-delà de toute limite humaine, de telle sorte que les êtres dotés de ces capacités existeraient sur un plan ontologique supérieur. Certains pensent même que l’auto-transcendance de l’humanité par le biais des progrès de la science et de la technologie pourrait même être moralement requise. Par conséquent, selon Levin, les enjeux de notre réponse au transhumanisme sont incommensurablement élevés.

Susan B. Levin conteste les engagements globaux des transhumanistes concernant l’esprit et le cerveau, l’éthique, la démocratie libérale, la connaissance et la réalité, montrant que leur notion de l’auto-transcendance de l’humanité dans la “posthumanité” n’est guère plus que de la fantaisie.

En unissant les arguments philosophiques et scientifiques, Levin remet en question l’affirmation des transhumanistes selon laquelle la science et la technologie soutiennent leur vision de la posthumanité. Dans un style clair et engageant, elle démantèle les affirmations des transhumanistes selon lesquelles les posthumains émergeront si nous n’allouons pas suffisamment de ressources à cette fin.

Loin d’offrir une “preuve de concept” théorique et pratique pour la vision qu’ils nous proposent, explique Levin, les transhumanistes s’engagent de manière inadéquate dans la psychologie cognitive, la biologie et les neurosciences, s’appuyant souvent sur des points de vue douteux ou obsolètes dans ces domaines.

Elle soutient aussi que le transhumanisme va miner la démocratie libérale, promouvoir l’eugénisme et saper l’autonomie personnelle – des revendications qui sont fortement contestées par les transhumanistes.

Le transhumanisme est légitimement critiqué parce que ses partisans insistent sur le fait que rien de moins que l’auto-transcendance de l’humanité est un objectif rationnel … Dans une démocratie libérale, la promotion de la santé et du bien-être publics sans mettre en péril le pilier de la liberté individuelle exige une navigation et une réflexion permanentes.

Ayant montré en profondeur pourquoi le transhumanisme doit être rejeté, Levin plaide avec force pour une perspective holistique du bien-vivre qui est enracinée dans l’éthique de la vertu d’Aristote tout en étant adaptée à la démocratie libérale. Ce holisme est tout à fait humain, dans le meilleur des sens : Il nous incite à envisager des fins valables pour nous en tant qu’êtres humains et à accomplir le travail irremplaçable qui consiste à nous comprendre nous-mêmes plutôt que de compter sur la technologie et la science pour notre salut.

⇒ Un article inintéressant plus détaillé de Susan B. Levin : « Playing to lose: transhumanism, autonomy, and liberal democracy ».

Revues éditoriales

« Les transhumanistes affirment que pour que les êtres humains puissent survivre à l’avenir, et encore moins s’épanouir, nous devons réviser technologiquement nos natures évoluées. Dans sa critique vigoureuse, érudite, claire et pénétrante, Susan Levin montre que l’argument transhumaniste repose sur une compréhension philosophique superficielle de ce que signifie être humain et sur une compréhension scientifique tout aussi superficielle de ce que signifie être un organisme. Au-delà de la critique, elle offre une vision alternative de l’épanouissement qui s’enracine dans la compréhension d’Aristote, est améliorée par les fondateurs américains et s’incarne dans la vie de Martin Luther King. Ce livre sera d’un intérêt énorme pour tous ceux qui se soucient de réfléchir à ce que signifie être humain à une époque où les problèmes de notre existence commune peuvent sembler si terribles que les seules solutions qui restent sont technologiques”. – Erik Parens, The Hastings Center.

« La critique de Susan Levin sur la littérature philosophique qui défend des formes radicales d’amélioration cognitive et morale est très raisonnée, bien documentée et délicieusement pimentée. En remettant en question de manière soutenue les hypothèses scientifiques et philosophiques de ses interlocuteurs, elle établit effectivement le programme du prochain chapitre de la recherche sur nos obligations envers les futurs humains. » – Eric T. Juengst, University of North Carolina, Chapel Hill.

« Ancré dans une vision optimiste des capacités humaines et s’appuyant sur de solides arguments philosophiques et scientifiques, le livre de Susan Levin, à la fois perspicace et bienvenu, révèle les promesses tentantes des transhumanistes, mais qui, en fin de compte, n’ont pas été tenues ». – Inmaculada de Melo-Martín, Weill Cornell Medicine.

« Les pandémies mondiales, le changement climatique, les conflits géopolitiques imminents pour l’eau douce et la nourriture… il semble que plus nous devons apprendre à changer le comportement des humains dans la nature, plus nous reculons et essayons de trouver une issue en changeant plutôt la nature chez les humains. L’un de ces reculs est le transhumanisme. Posthuman Bliss propose une critique approfondie de la fabrication biotechnologique de la pensée et des émotions humaines au niveau moléculaire. Bienvenue à la pensée bioéthique qui est critique et non apologétique. Bienvenue à la perspective interdisciplinaire de la philosophe classique Susan B. Levin sur les limites du biopouvoir ». – Bruce Jennings, Vanderbilt University.

MK-Ultra : Les cobayes de la CIA

Aux Etats-Unis, dans les années 50, 60 et 70, des dizaines de milliers de personnes, recrutées parmi les indigents, les déshérités, dans les prisons, les hôpitaux, les casernes et les orphelinats, ont servi de cobayes non volontaires pour un programme top secret de la CIA. Le but des scientifiques : effacer la mémoire, faire avouer un ennemi, fabriquer une machine humaine prête à tuer contre son gré. Avec un cynisme froid et une volonté sans limite, dans une ambiance de guerre froide, les Américains ont ainsi tenté de trouver “l’arme parfaite” qui leur permettrait d’asservir des individus ou des populations entières.

Fabrication d’espions programmables à distance : dans les documents de la CIA, on retrouve toutes ces expérimentations qui visent à créer des super-espions. Ça consiste à créer une nouvelle personnalité sur un cobaye et de lui donner une mission comme tuer quelqu’un, voler des documents ou infiltrer des réseaux. Et quand la mission est terminée, on le reprogramme et le sujet ne se souvient plus de rien.

A l’aide d’images d’archives, de témoignages de survivants, de documents secrets déclassifié et d’interviews de militaires et d’agents retraités, ce document montre comment la CIA a mis en place une politique de la terreur, en se servant du LSD, des électrochocs, des lobotomies et de l’hypnose.

Ce documentaire démontre l’implication forte des services américains pour infiltrer, financer et recruter des chimistes qui étaient pour la plupart de brillants éléments de la société civile. Il montre enfin comment les hommes de la CIA et de l’armée ont pu agir sans aucune considération pour la vie d’autrui.

Pour en savoir plus : CIA Secret Experiments A National Geographic Documentary
Mind Control: America’s Secret War A History Channel Video Documentary
Mind Control Summary The Secrets of Mind Control Based on Three Books by Top Mind Control Researchers
Mind Control Cover-up The Secrets of Mind Control

*Opération Paperclip : Exfiltration de criminels de guerre nazis détenteurs de connaissances exploitables

MK Ultra
The New York Times : PROJECT MKULTRA THE CIA’S PROGRAM OF RESEARCH IN BEHAVIORAL MODIFICATION autres liens : ici ou ici
Wired : April 13, 1953: CIA OKs MK-ULTRA Mind-Control Tests
The New York Times : Sidney Gottlieb, 80, Dies; Took LSD to C.I.A.
Project Mkultra: One of the Most Shocking CIA Programs of All Time

Voir aussi : MK Ultra : le programme de contrôle mental de la CIA au Canada
CIA Projet MK-Ultra / Les techniques de contrôle mental de la CIA
France 3 : Un village empoisonné par la CIA ? – Pont-Saint-Esprit 1951
National Geographic : Les expériences secrètes de la CIA

MK Ultra : le programme de contrôle mental de la CIA au Canada

Les expériences de manipulation mentale sur des sujets humains à l’Institut Allan Memorial de Montréal ont été étudiées par The Fifth Estate. À partir de la fin des années 1980, la CIA et le gouvernement canadien se sont engagés dans des poursuites judiciaires liées à ces programmes et ont conclu des accords de compensation avec de nombreuses victimes.

MK Ultra était un programme secret, aujourd’hui déclassifié, qui visait à connaître les moyens efficaces de contrôler les esprits des individus et des collectifs tels que les forces militaires, les communautés et les nations. Le directeur de la CIA (Central Intelligence Agency) a approuvé MK Ultra en 1953. Il s’est développé dans le contexte de la guerre froide. Le gouvernement américain avait fait en sorte que son programme de guerre psychologique soit au moins équivalent à celui de l’armée russe (Smithsonian, 2017).

L’utilisation de drogues naturelles et de drogues synthétiques telles que l’acide lysergique (LSD) a été l’aspect le plus controversé du projet MK Ultra. Certaines de ces expérimentations étaient des expériences illégales. Elles étaient criminelles car elles n’obtenaient pas le consentement éclairé de tous les participants tels que les prisonniers.

La manipulation psychologique ne requiert pas seulement l’utilisation de drogues pour modifier et contrôler la psyché des individus et des populations. Par exemple, l’activation de haut-parleurs de rue qui avertissent les résidents de la possibilité de l’arrivée d’armes nucléaires peut être utilisée dans le cadre d’une expérimentation d’opération psychologique (Psy-Op). De tels actes peuvent vouloir surveiller le niveau de peur des personnes concernées.

Sur l’obscur programme de contrôle mental “MK Ultra”, le gouvernement américain a reconnu officiellement qu’il s’agissait d’un projet actif de 1953 à 1973.

Pour aller plus loin :
MK Ultra
The New York Times : PROJECT MKULTRA THE CIA’S PROGRAM OF RESEARCH IN BEHAVIORAL MODIFICATION autres liens : ici ou ici
Wired : April 13, 1953: CIA OKs MK-ULTRA Mind-Control Tests
The New York Times : Sidney Gottlieb, 80, Dies; Took LSD to C.I.A.
Project Mkultra: One of the Most Shocking CIA Programs of All Time

Lavage de cerveau : Les expériences secrètes de la CIA au Canada

Les patients d’un hôpital psychiatrique de Montréal ont été soumis à des traitements de choc intensifs, au LSD et à des comas provoqués par des médicaments dans les années 1950 et 1960. Ces expériences brutales ont été financées par le gouvernement canadien et la CIA.

The Fifth Estate a commencé à enquêter sur cette histoire en 1980 et a suivi les victimes qui ont réussi à poursuivre la CIA. Les documents récemment mis au jour révèlent comment Ottawa a gardé des dossiers secrets, a égaré des documents vitaux – et a forcé les victimes à garder les accords d’indemnisation confidentiels.

La chambre du sommeil : Expériences financées par la CIA sur des patients de l’hôpital de Montréal

Un film intitulé The Sleep Room a mis en lumière les expériences de lavage de cerveau, y compris les électrochocs et la thérapie du sommeil, menées sur des patients psychiatriques par le Dr Ewen Cameron à l’Institut Allan Memorial de Montréal dans les années 1950 et 1960.

H+ Vers une civilisation 0.0

Des moyens techniques et financiers sans précédent semblent mettre le vieux rêve de l’homme-machine à portée de main : sur quels fondements idéologiques le projet transhumaniste s’appuie-t-il ? Quelle vision de l’homme porte-t-il ? Alors que les idées du transhumanisme affectent déjà nos vies, “H+” en retrace, à travers l’histoire des idées, les enjeux (politiques, philosophiques ou même économiques) et la généalogie.

Dans ce texte fulgurant, Friederich rétablit les origines de la doctrine transhumaniste au sein de l’histoire des idées, afin de désamorcer la “coupure historique” que celle-ci tente d’initier. Ce faisant, il dénonce cette idéologie nouvelle qui tente d’améliorer grâce aux sciences la condition humaine mais ne fait que relever à ses yeux d’une profonde inhumanité. Il débusque notamment les procédés invisibles auxquels les “technoprophètes”, comme il les qualifie, ont recours pour parvenir à leur fin. Sa critique se double par conséquent d’une dénonciation du capitalisme, dont le transhumanisme est entièrement tributaire. En s’attachant au corps seul, en niant l’esprit, le transhumanisme apparaît comme une dégénérescence du projet philosophique d’émancipation de l’homme.

Arrivée au terme du processus de rationalité critique, voici l’homme en quête d’un modèle neuf comme l’étaient les âmes des morts dans le monde grec. Mais alors les dieux veillaient. Aujourd’hui, l’individu n’est qu’un point nodal sur un réseau. Un réseau aux prises avec une accélération générale. Accélération du rythme de vie, du transfert de l’information, des relations sociales, du régime du travail et des découvertes, de la technique et du marché des idées – ce que Zygmunt Bauman appelle la ‘liquidité’. C’est précisément sur ce marché des idées que les post-humanistes et les post-libéraux cherchent à vendre leur projet d’un homme-machine.”

H+ est le sigle d’identification des Transhumanistes, dont les représentants reprennent à leur compte le rêve ancien de l’homme-machine. À la différence qu’ils disposent cette fois de moyens techniques pour tenter de le réaliser. Ainsi, avons-nous en ce début du XXIe siècle à nous défendre contre une mouvance qui espère remplacer le vivant par une unité fonctionnelle et, sur la foi qu’elle rencontre dans les milieux du pouvoir, bénéficie de soutiens et de moyens financiers considérables. Ce projet aux effets bien réels sur nos vies, à défaut de doter la machine d’un esprit, entend réduire l’homme à la machine.

L’avènement d’un homme artificiel permettrait en effet de contraindre le vivant à se soumettre à un dispositif socio-technique fondé sur la rentabilité. Il permettrait en outre aux puissants, ceux qui conçoivent le dispositif, de dépasser la seule limite que rencontre l’extension infinie du capital et de leur pouvoir : leur propre mort.

Alexandre Friederich ne décrit pas seulement leurs buts, qui sont désormais connus, mais en retrace la généalogie au sein de l’histoire des idées et de celle du capitalisme. Il démontre ainsi comment ils constituent une propagande visant à créer sans attendre un humain simplifié. Avec un espoir : éviter une civilisation 0.0.

Extrait de “H+”

Alexandre Friederich est un Auteur, dramaturge né en 1965 à Lausanne. Fils de diplomate, il passe de nombreuses années à l’étranger (Finlande, Espagne, États-Unis, Mexique, Vietnam…) avant d’entreprendre des études de philosophie à l’université de Genève.

La transmutation posthumaniste – Critique du mercantilisme anthropotechnique

Animal politique et corps de chair, la personne humaine va-t-elle être remplacée par le transhumain génétiquement modifié, le cyborg au métacorps augmenté, l’humanoïde branché sur des réseaux d’intelligence artificielle, le mutant hybride à très longue durée ? Sommes-nous à l’aube d’une rupture anthropologique majeure provoquée par l’application mercantile des biotechnologies et des neurosciences sur l’ensemble du vivant ?

Avec l’expansion mondiale des marchés dérégulés de la naissance artificielle (FIV, PMA, GPA), des modifications corporelles profondes (transgenrisme, chirurgies de biodesign), des “objets intelligents” bioconnectés (implants de puces radio-identification) ou des médecines de dépassement de l’humain (dopage, sélection génétique, clonage), la transmutation posthumaine, largement financée par les géants de l’industrie cybernétique, sort des romans de science-fiction pour investir les corporéités singulières mais aussi les corps sociaux et politiques.

Quatorze auteurs issus de différents champs disciplinaires mènent dans cet ouvrage des réflexions critiques sur l’anthropotechnie qui bouleverse le monde de la vie.

Isabelle Barbéris (agrégée de lettres modernes), Michel Bel (philosophe), Jean-François Braunstein (philosophe), Paul Cesbron (gynécologue-obstétricien), Denis Collin (philosophe), Anne-Lise Diet (psychanalyste), Emmanuel Diet (philosophe et psychanalyste), Christian Godin (philosophe), Aude Mirkovic (juriste), Isabelle de Montmollin (philosophe), François Rastier (linguiste), Pierre-André Taguieff (philosophe et politiste), Patrick Tort (philosophe et historien des sciences), Thierry Vincent (psychiatre et psychanalyste).

L’Homme artefact : Indistinction des sexes et fabrique des enfants

Procréation médicalement assistée ouverte à toutes les femmes, gestation pour autrui légalisée dans de nombreux pays, recherches actives sur l’ectogenèse (utérus artificiel, membrane cybernétique, etc.) sont autant de preuves d’une volonté d’enfanter en désexualisant la vie sexuelle et en déréalisant le corps.

Pour en arriver à fabriquer des bébés comme des artefacts, il faut théoriser l’indistinction de la sexuation humaine. Or, la prolifération des transidentités – transsexuels, transgenres, transhumains – témoigne d’une véritable crise des appartenances sexuelles. Ni homme ni femme, et homme et femme, non-binaire, queer ou cyborg, les “transidentitaires” qui grossissent les rangs des groupes LGBTIQ entendent mettre fin à la domination du “mâle blanc hétérosexuel” par la “dénégation mythifiante des deux sexes” (Devereux).

Les conséquences biopolitiques d’une déconstruction techno-médicale ou performative de l’altérité des sexes sont multiples. Elles posent le grave problème de la naissance et de l’avenir de la personne humaine.

Entretien avec Fabien Ollier

→ Greely a exploré les implications juridiques, éthiques, et sociétales des biotechnologies émergentes dans un nouveau livre : « The end of sex and the future of human reproduction » (Harvard University Press, 2016), qui envisage un monde où la procréation ne commence plus dans la chambre à coucher, mais plutôt dans une boîte de Pétri d’une clinique médicale.

L’ère du sexe pour la reproduction touche à sa fin