Archives par mot-clé : climat

Géo-ingénierie : Huit États américains utilisent l’ensemencement des nuages

Ensemencement des nuages : Modification artificielle des conditions météorologiques

Alors que d’immenses étendues de la côte ouest sont confrontées à moult sécheresses parmi les plus graves que la région ait jamais connues, les scientifiques de l’atmosphère tentent de trouver quelques solutions.

Huit États américains utilisent désormais une technique appelée “ensemencement des nuages” pour encourager la formation de nuages et fournir aux régions frappées par la sécheresse, l’eau dont elles ont tant besoin, rapporte Scientific American.

La technique consiste à libérer dans l’air plusieurs particules d’iodure d’argent, dont la structure est très similaire à celle de la glace. Lorsqu’elles atteignent l’intérieur des nuages, elles attirent les gouttelettes, qui se regroupent et gèlent en se rassemblant. Le résultat, en théorie : davantage d’eau douce atteignant le sol.

Un Cessna 441 Conquest II équipé de nacelles d’ensemencement des nuages sur ses ailes, à l’aéroport international de Hobart, Tasmanie, Australie, 2008. CC

“Nous sommes certainement mieux placés aujourd’hui pour répondre à cette question qu’il y a dix ans”, a déclaré Jeff French, spécialiste de l’atmosphère à l’université du Wyoming. “L’état de la science a progressé au point que c’est une question à laquelle nous pouvons et devons essayer de répondre dès maintenant.”

Jusqu’à présent, l’ensemencement des nuages a été le plus souvent utilisé pour produire davantage de neige. Cette neige se précipite en hiver, puis fond au printemps, fournissant de l’eau fraîche à des millions de personnes.

“Les gestionnaires de l’eau ont essentiellement deux choix, et les deux sont mis en œuvre”, a déclaré French. “L’un est de réduire d’une manière ou d’une autre la demande par la conservation, et l’autre est d’augmenter d’une manière ou d’une autre l’offre. Et l’ensemencement des nuages est une proposition relativement peu coûteuse.”

Il y a cependant un gros problème : nous ne sommes pas tout à fait sûrs de son efficacité. Les expériences menées tout au long de la seconde moitié du XXe siècle ont donné des résultats décevants.

Mais cela n’empêche pas quelques États comme le Colorado, l’Utah et le Wyoming de tenter de faire pleuvoir en utilisant cette technique. Selon Scientific American, certains programmes ont permis de constater une augmentation de 5 à 15 % des chutes de neige par rapport aux zones sans ensemencement des nuages, mais ces programmes n’ont pas pu prouver scientifiquement l’existence d’un lien de causalité entre l’ensemencement des nuages et l’augmentation de la neige.

Les scientifiques comme Jeff French ne sont toujours pas entièrement convaincus que l’ensemencement des nuages serait une solution viable pour lutter contre les sécheresses.

Mais dans un contexte de changement climatique rapide, il convient d’essayer toutes les solutions possibles pour sauver les régions sujettes à la sécheresse.

Diverses propositions de géo-ingénierie conçues pour augmenter la réflectance solaire ou capturer et stocker le carbone. Crédit: Encyclopædia Britannica, Inc.

La Chine met en place un énorme système de géo­-ingénierie

Modification artificielle des conditions météorologiques

Le gouvernement chinois a annoncé qu’il prévoit d’augmenter considérablement son utilisation de technologies qui modifient artificiellement le climat.

La technologie d’ensemencement des nuages, ou des systèmes qui peuvent projeter des molécules d’argent dans le ciel pour provoquer la condensation et la formation de nuages, existe depuis des décennies, et la Chine y a fréquemment recours. Mais aujourd’hui, CNN rapporte que la Chine veut augmenter la taille totale de sa zone d’essai de modification du climat à 5,5 millions de miles carrés d’ici 2025 – une augmentation énorme, et une zone plus grande que celle de tout le pays de l’Inde, ce qui pourrait affecter l’environnement à une échelle gigantesque et provoquer des conflits avec les pays voisins.

Plus particulièrement, la Chine et l’Inde partagent une frontière très contestée sur laquelle elles se sont violemment affrontées dernièrement, comme l’a déjà rapporté CNN. L’agriculture indienne dépend d’une saison de mousson qui est déjà devenue imprévisible en raison du changement climatique, ce qui fait craindre aux experts du pays que la Chine utilise sa capacité à contrôler les pluies et les chutes de neige comme une arme.

Le manque de coordination des activités de modification du climat pourrait conduire à des accusations de “vol de pluie” entre régions voisines”, concluent des chercheurs de la National Taiwan University dans un article publié dans Geoforum en 2017.

Par le passé, la Chine a utilisé sa technologie de modification météorologique pour semer des nuages bien avant de grands événements comme les Jeux olympiques de 2008 et les réunions politiques, afin que les événements eux-mêmes se déroulent sous un ciel dégagé.

Mais cette expansion envisagée du système signifie que d’autres pays peuvent être soumis à des aléas météorologiques.

Certains experts ont estimé que le succès de la modification du climat pourrait amener la Chine à adopter des projets de géo-ingénierie plus ambitieux, d’autant plus que le pays souffre aussi des effets du changement climatique. Des solutions radicales telles que l’ensemencement de l’atmosphère avec des particules réfléchissantes pourraient théoriquement aider à réduire les températures, mais pourraient également avoir des conséquences majeures imprévues, et de nombreux experts appréhendent ce qui pourrait arriver si un pays expérimentait de telles techniques.

Bien que la Chine n’ait pas encore montré de signes de déploiement “unilatéral” de projets de géo-ingénierie sur le terrain, l’ampleur de ses projets de modification du climat et autres projets d’ingénierie massifs, y compris les méga-barrages, suggère que la Chine est prête à déployer des projets de géo-ingénierie à grande échelle pour faire face aux impacts du changement climatique et atteindre ses objectifs de Paris.

Le changement climatique a désormais des effets préoccupants sur la santé

Le changement climatique a désormais un impact sur la santé et le bien-être des populations dans toutes les régions du monde.

C’est la conclusion du rapport 2020 Lancet Countdown. Le rapport a débuté en 2015 avec un groupe international d’experts qui suivait le changement climatique et son impact sur la santé publique. Aujourd’hui, cinq ans plus tard, le rapport conclut que les impacts et les conséquences du changement climatique sur l’humanité constituent le phénomène le plus préoccupant de tous les temps.

Le rapport souligne notamment la chaleur extrême, la rareté de la nourriture et de l’eau, et les maladies infectieuses endémiques qui, selon ses auteurs, sont liées au changement climatique.

Le rapport évalue l’impact du changement climatique sur la santé publique en fonction de 16 critères, notamment l’exposition à des températures dangereusement élevées, à des phénomènes météorologiques extrêmes ou à des incendies de forêt comme ceux qui ont ravagé les États-Unis et l’Australie cette année. Les 16 domaines problématiques sont tous en augmentation et sont les pires que le groupe ait commencé à suivre.

A kangaroo rushes past a burning house in Lake Conjola, Australia, on Tuesday, Dec. 31 2019. This fire season has been one of the worst in Australia’s history, with at least 15 people killed, hundreds of homes destroyed and millions of acres burned. (Matthew Abbott/The New York Times) *** Local Caption *** AUSTRALIA WILDFIRE BURNING CLIMATE NATURAL DISASTER

“Les chocs induits par le changement climatique font des victimes, nuisent à la santé et perturbent les moyens de subsistance dans toutes les régions du monde en ce moment”, a déclaré à New Scientist Ian Hamilton, directeur de Lancet Countdown à l’University College London. “Cela signifie qu’aucun continent ou communauté n’est épargné”.

Hamilton a déclaré que les pays membres des Nations Unies ont tendance à ne pas tenir compte de la santé publique lorsqu’ils soumettent leurs plans d’action sur le climat. Les auteurs du rapport leur ont donc demandé de reconsidérer leur approche avant le sommet sur le climat de la COP26 qui se tiendra l’année prochaine.

“Pour l’instant, la santé ne figure pas parmi les Contributions déterminées au niveau national (CDN) comme elle le devrait”, a déclaré Hamilton.

Pour la réflexion qu’elle apporte, vous pouvez visionner l’intégralité de L’Effondrement, une mini-série signée par le collectif Les Parasites. Un traité de collapsologie qui, espérons-le, n’est pas aussi visionnaire que le pensent ses réalisateurs.

La collapsologie s’inscrit dans l’idée que l’homme altère son environnement durablement, et propage le concept d’urgence écologique, lié notamment au réchauffement climatique et à l’effondrement de la biodiversité. Les collapsologues estiment que l’effondrement de la civilisation industrielle pourrait provenir de la conjonction de différentes crises : crise environnementale, mais aussi crise énergétique, économique, géopolitique, démocratique, etc.

Les inondations ont ravagé une partie du nord de la France, Pas-en-Artois (Pas-de-Calais) le mardi 7 juin 2016.
Crue de la Seine à Paris, Pont Alexandre III le 26 Janvier 2018 – Crédits Jmdigne
France : Vue aérienne de la ville de Trèbes, dans l’Aude – Oct 2018. Crédits : Sylvain Thomas / AFP
Après les incendies qui ont ravagé la ville de Paradise, en Californie, en novembre 2018. Photo Noah Berger/AP/Sipa.
Un tourbillon de cendres chaudes et de braises se déchire dans l’incendie d’une colline à Santa Barbara, en Californie, le 26 nov. 2019. Crédit David Mcnew/Reuters
Une route détruite par les inondations provoquées par la tempête tropicale Florence à Charlotte, aux États-Unis, en 2018. Photo Nate Orlowski/Zuma/Réa.
Des personnes ont perdu leur maison au bord d’une rivière en raison de l’érosion à Soriotpur, au Bangladesh, en août 2018. Photo Chowdhury Zakir Hossain/Barcroft Media/Abaca.

Défense et changement climatique : quel modèle pour les armées de demain ?

L’USAWC (United States Army War College) vient de publier, le 24 octobre 2019, un rapport commandé par le général Mark Milley, chef d’état-major interarmées des forces américaines. Sobrement intitulé « Implications of Climate Change for the U.S. Army », le rapport résulte d’une collaboration active entre plusieurs agences et corps d’armée : la DIA (Defense Intelligence Agency), la NASA, l’US Air Force, l’US Navy, l’US Army, l’US War College et le Center for Climate and Security (CFCS).

Il s’agissait de croiser les expertises et les données de ces différentes agences afin d’évaluer l’impact du changement climatique sur la sécurité nationale américaine d’ici à 2050, puis de produire des préconisations à destination du président Trump qui, comme chacun le sait, « ne croit pas » au réchauffement climatique. Les mises en garde et les conclusions alarmistes de ce rapport mettent clairement en lumière le manque de résilience des infrastructures énergétiques et la fragilité systémique des forces armées américaines face aux effets de l’élévation des températures et de la montée du niveau des océans.

Vers un monde de plus en plus instable

L’approche adoptée pour la construction du rapport se veut à la fois pragmatique, rationnelle et systémique.

Les rédacteurs et analystes du rapport s’appuient sur des études antérieures sérieuses, sur des données scientifiques validées et sur des observations de la NASA pour construire des prévisions cohérentes et élaborer des scénarios probables. Tous ces scénarios sont particulièrement préoccupants pour le maintien de la continuité opérationnelle des forces armées américaines.

Selon le rapport, la population américaine pourrait être confrontée, à l’horizon 2040-2050, à des pannes d’électricité de longue durée, à des épidémies, au manque d’eau potable, à la famine et à la guerre. Dans ce contexte fortement dégradé, l’armée des États-Unis pourrait à son tour s’effondrer et perdre ses capacités opérationnelles.

Les auteurs du rapport identifient deux menaces majeures provoquées par le réchauffement climatique pour les vingt prochaines années : un effondrement du réseau électrique national et l’apparition d’épidémies massives. L’augmentation des besoins énergétiques provoquée par les nouvelles conditions climatiques alternant de longues périodes de forte chaleur, de sécheresse puis de froid intense pourrait submerger un système de production et de distribution déjà fragile.

À l’international, l’armée américaine doit, selon le rapport, se préparer à intervenir sur de nouveaux conflits « de type syrien » déclenchés par les effets migratoires liés au réchauffement. Les analystes ont identifié le Bangladesh comme le pays le plus vulnérable à l’effondrement climatique : le déplacement permanent d’une grande partie de sa population est tout à fait probable. Ce mouvement migratoire massif provoquerait une catastrophe régionale et accroîtrait l’instabilité mondiale.

Ce qui impacte un pays comme le Bangladesh pourrait se généraliser, à l’échelle mondiale, aux 600 millions d’individus vivant au niveau de la mer. Une élévation de 2 mètres d’ici à 2100 pourrait déplacer plusieurs centaines de millions d’habitants, engendrant une instabilité massive sur les cinq continents. Face à ces futures menaces, les États-Unis doivent être en mesure d’intervenir au Bangladesh comme dans toutes les régions du monde déstabilisées.

La zone arctique, qui dispose d’importantes ressources en hydrocarbures, fera l’objet de toutes les convoitises, notamment chinoises et russes. Il s’agira pour l’armée américaine de tirer partie de ces ressources en utilisant les nouvelles routes ouvertes par la fonte des glaces tout en contrant l’expansionnisme russe dans cette zone stratégique.

Les auteurs du rapport insistent sur l’impréparation des États-Unis et de l’armée américaine face à un effondrement climatique, notamment dans le contexte d’interventions et de projections de forces à l’étranger. L’approvisionnement en eau constitue le premier point de contrainte pour une armée moderne intervenant en dehors du territoire national. Pour l’armée américaine, cet approvisionnement en eau représente en 2019 entre 30 % et 40 % du coût total d’une intervention extérieure ! Ce pourcentage devrait fortement dépasser les 40 % avec l’augmentation des températures de 2 degrés.

En outre, le stress hydrique pour les populations civiles devient un verrou opérationnel pour les personnels militaires projetés sur des zones extérieures « chaudes ». Les systèmes naturels que sont les océans, les lacs, les rivières, les nappes phréatiques, les récifs et les forêts vont être impactés par le réchauffement et le stress hydrique associé. La plupart des infrastructures critiques américaines n’ont pas été conçues pour résister à un fort stress hydrique.

Concernant les ressources, 80 % des exportations et 78 % des importations agricoles américaines sont d’origine hydrique, c’est-à-dire qu’elles concernent des matières premières et produits qui nécessitent de grands volumes d’eau pour les extraire ou les produire. La sécurité alimentaire mondiale pourrait être directement menacée à la fois par l’élévation des températures et par l’élévation du niveau des océans. Les infrastructures de transport devraient elles aussi être impactées par le réchauffement, tout comme le réseau électrique national, qui pourrait s’effondrer en raison de plusieurs facteurs de stress induits par le déficit hydrique.

Des lignes à haute tension en proie aux flammes durant un incendie en Californie, 11 octobre 2019. David Mcnew/AFP

Des solutions qui restent à imaginer

Le rapport met également l’accent, en sus du constat, sur les solutions qui peuvent permettre de répondre, pour les forces armées, au défi de l’adaptation à ces nouvelles conditions.

La principale solution envisagée est l’électrisation des forces et des systèmes, qui reposerait notamment sur une évolution profonde des systèmes énergétiques militaires actuels. La doctrine de l’Alliance atlantique – formalisée au travers de la Allied Joint Publication 47. – repose sur l’utilisation d’une source énergétique unique : le carburant aéronautique utilisé tant pour les opérations que pour la production d’électricité sur les bases.

Les dangers que fait peser la chaîne logistique pétrolière sur les forces armées, de même que la faible efficience énergétique du système qui n’a, par essence, que peu de redondance, conduit depuis des années les armées occidentales à envisager des modèles alternatifs. Les États-Unis ont d’ailleurs longtemps été des leaders sur ce sujet, jusqu’à ce que l’arrivée au pouvoir de l’administration Trump ne mette tout en sommeil.

La réémergence, manifestée par ce rapport, de l’idée qu’il est nécessaire de repenser l’énergie opérationnelle militaire, se combine aux efforts conduits par les autres nations de l’Alliance atlantique au travers des travaux du Centre d’excellence sur la sécurité énergétique de Vilnius (ENSEC-COE) ainsi que des orientations européennes, poussées par la France, dans le cadre de la Coopération structurée permanente. Ces travaux otaniens et européens ont notamment conduit à des projets de camps expéditionnaires multi-énergies avec, au côté des groupes électrogènes, des systèmes renouvelables (panneaux solaires conteneurisés notamment) et des systèmes de pilotage et de bascule intelligents.

Au-delà du passage d’un modèle tout-hydrocarbure à un modèle mixte hydrocarbure-électrique, il importe de prendre en compte l’enjeu majeur que représentent les technologies d’efficacité énergétique, que ce soit dans la gestion de la production et de la distribution d’électricité dans les systèmes que dans le stockage de l’énergie.

La gestion et le stockage sont les deux grands axes de développement aujourd’hui envisagés qui font par ailleurs appel à des technologies par essence civiles, comme les batteries lithium-ion, les piles à combustible ou les systèmes de gestion de réseau. L’efficacité semble ainsi être le mot-clé dans cette nouvelle vision de l’énergie militaire opérationnelle puisque, grâce à elle – même en conservant des systèmes fondés sur un carburant unique –, il est possible d’obtenir des gains opérationnels importants. La même logique se retrouve dans la gestion de l’eau et des déchets où l’enjeu d’une approche raisonnée et efficiente est le principal défi auquel la logistique sera confrontée dans les années à venir.

Les conflits des années 2000 (Liban, Kosovo, etc.) ayant démontré l’innocuité des actions militaires sans implication directe au sol, la présence des forces armées sur le terrain, au contact des populations et des ennemis, demeure une nécessité absolue. Dans ce contexte, il importe de trouver des solutions pour résoudre l’équation de l’implication territoriale dans des environnements dégradés.

La robotisation, solution partielle ?

Au-delà des technologies précitées qui entrent directement dans le périmètre de l’adaptation aux changements climatiques, il importe également d’examiner dans cette optique certaines évolutions technologiques de fond des armées. Parmi elles, la robotisation des forces armées – quel que soit le milieu d’emploi d’ailleurs – constitue une réponse partielle aux enjeux, en particulier logistiques, des théâtres d’opération.

La permanence sur une zone – notamment dans des milieux hostiles à l’homme – est l’une des principales caractéristiques des systèmes robotisés. Les modèles de drones marins et sous-marins en cours de développement ou d’expérimentation en particulier aux États-Unis, offrent la possibilité d’effectuer un contrôle de zone continu, lequel peut être de différentes natures selon les missions envisagées (guerre des mines, contrôle de frontières, relais de communication, etc.) ou les capteurs-effecteurs embarqués (radar, sonar, etc.). Identiquement, les robots terrestres permettent de disposer d’une allonge plus importante ainsi que de capacités plus variées, développant le potentiel d’action des groupes de combat d’infanterie en leur offrant un panorama de vision plus large (contrôle spatial, interaction avec le domaine électromagnétique, infrarouge, etc.) ou un spectre de missions plus étendu.

Avec des systèmes plus économes en énergie, en eau et en nourriture que les formats de force actuels, les forces armées du futur pourraient ainsi soit conserver leur capacité d’action malgré la dégradation des territoires soit, dans une vision plus optimiste, disposer de meilleures capacités pour un coût équivalent.

Toutefois cette vision implique d’importantes capacités industrielles et technologiques liées au cyber. Il s’agit en effet de disposer ici d’engins embarquant des capteurs, des systèmes de traitement et des effecteurs, véritables systèmes d’information mobiles. Il y a donc un enjeu fort dans l’acquisition, le stockage et le traitement des données d’une part, ainsi que dans les systèmes de gestion et de pilotage d’autre part. La logique de systèmes militaires conditionnés par les données implique ainsi des efforts substantiels dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité des plates-formes, la résilience électromagnétique, la protection des protocoles de communication ; sans même parler de l’efficacité énergétique de l’ensemble (et donc des batteries ou piles à combustible déjà mentionnées). L’enjeu est donc ici une maîtrise de la donnée et de sa chaîne de valeur – dont certains éléments seront sans doute issus du monde civil – tout autant que des effecteurs eux-mêmes.

Presque tout reste à faire…

La réémergence d’une vision des enjeux des changements climatiques par les forces armées américaines est salutaire. Alors que le changement d’administration avait mis en sommeil toutes les initiatives – y compris les plus avancées –, le retour au réalisme militaire semble en marche. Dans le même temps, les Européens, la France en tête, prennent toujours plus en compte ces questions. Le moteur économique et technologique de l’espace euro-atlantique retrouve donc une position importante sur ce sujet.

Certes, ce rapport ne constitue pas encore une doctrine et de nombreux efforts restent à faire. Mais des pistes technologiques, cohérentes avec les orientations prises ces dernières années, se dessinent toujours davantage. À l’image de Lénine qui définissait le communisme selon l’équation « soviets + électricité », l’approche des forces armées du futur face aux enjeux des nouveaux environnements dégradés pourrait être « données + électricité ». La robotisation et la numérisation des forces armées, en marche depuis plus d’une décennie, doivent maintenant se combiner avec des technologies d’efficacité énergétique pour aboutir à des modèles pérennes qui permettront de continuer à remplir les obligations internationales et le spectre des missions des armées, tout en garantissant leur adéquation aux évolutions de long terme du monde ; pour les militaires, il s’agit, en quelque sorte, de réconcilier la fin du monde et la fin du mois.

Thierry Berthier, Maitre de conférences en mathématiques, cybersécurité et cyberdéfense, chaire de cyberdéfense Saint-Cyr, Université de Limoges et Nicolas Mazzucchi, Chargé de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, responsable du module risque de l’Executive Master « énergie, environnement et régulation » à Sciences Po, Sciences Po – USPC

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

La génération Z fait face à un monde au bord de l’effondrement

John Maynard Keynes, le fondateur de la macroéconomie, a prédit que le capitalisme durerait jusqu’en 2030, date à laquelle l’humanité aurait résolu le problème de nos différents besoins et serait passée à des préoccupations plus élevées. Au lieu de cela, la Génération Z se prépare à la stagnation des salaires et à la crise écologique, écrit Malcom Harris pour le MIT Technology Review.

Mais qu’est-ce qui s’est passé ? Pour le savoir, il faut se poser des questions fondamentales sur l’économie, la technologie et le progrès. Par exemple, au lieu de soulager les travailleurs du labeur, les progrès technologiques réduisent leur efficacité en moulant les ouvriers dans des formes déraisonnables. L’effet de ruissellement ressemble à une mauvaise blague. La différence entre la productivité et le salaire est une augmentation de l’exploitation : les travailleurs font plus et obtiennent moins.

Et ensuite ? Les prévisions ne sont pas roses. Nous avons accumulé non seulement des richesses, mais aussi des catastrophes, et la planète va se réchauffer de plus en plus. Un panneau de protestation de la grève des jeunes pour le climat l’a dit de façon succincte : “Vous allez mourir de vieillesse. Nous mourrons du changement climatique”.

Les enfants reconnaissent que le capitalisme a épuisé les ressources humaines et naturelles plutôt que de construire une meilleure société. À la grande surprise de tous, les petits-enfants de Keynes sont devenus marxistes. Il est difficile de dire ce qui va suivre, mais ça va arriver très rapidement.

Lire la suite MIT Technology Review

Pourquoi la révolution de la voiture électrique pourrait prendre beaucoup plus de temps que prévu ?

Une nouvelle analyse du MIT contredit fortement la conclusion selon laquelle les véhicules électriques pourraient être aussi bon marché que leurs rivaux à essence au cours des cinq prochaines années.

Les véhicules électriques ne seront jamais aussi bon marché que leurs concurrents à essence, dans la mesure où ils utilisent des batteries lithium-ion.

Pourquoi ? Le problème est que la baisse constante du coût de ces batteries est susceptible de ralentir dans les prochaines années à mesure qu’elles approchent des limites fixées par le coût des matières premières, disent les chercheurs du MIT.

Ces résultats contredisent fortement ceux d’autres groupes de recherche, qui ont conclu que les véhicules électriques pourraient atteindre la parité de prix dans les cinq prochaines années.

Le transport est la plus grande source d’émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, et il n’y a aucun moyen d’atteindre les réductions nécessaires pour éviter des niveaux dangereux de réchauffement planétaire sans passer par des véhicules et des systèmes de transport en commun plus propres.

Malgré cela, un nombre croissant de constructeurs se tournent vers les véhicules électriques, proposant différents modèles à différents prix. Mais cette étude montre que nous avons besoin d’une révision parallèle des systèmes électriques utilisés pour les charger.

→ L’étude du MIT “Insights into Future Mobility” – Présentation générale (PDF)Étude complète (PDF)

MIT Technology Review

L’apartheid climatique va faire basculer 120 millions de personnes dans la pauvreté d’ici 2030

L’apartheid climatique est imminent. Seuls les riches survivront.

Un rapport de l’ONU prévoit que les populations pauvres de la planète ne pourront pas échapper au pire de la crise climatique.

Si la catastrophe du changement climatique mondial se poursuit sans être maîtrisée, de vastes régions du monde deviendront probablement plus hostiles et beaucoup moins hospitalières pour l’humanité.

Lorsque cela se produira, un fossé encore plus profond se creusera entre les nantis et les démunis de la planète, car de nombreuses personnes se retrouveront sans les moyens d’échapper aux pires effets de la crise climatique, selon un nouveau rapport publié par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies qui décrit un “apartheid climatique” imminent.

Alors que les riches déménagent dans des zones habitables plus chères, le rapport prévoit que 120 millions de personnes seront plongées dans la pauvreté d’ici 2030 en raison du changement climatique. Beaucoup d’autres mourront.

Le rapport décrit comment les 3,5 milliards de personnes les plus pauvres du monde sont responsables de dix pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tandis que les dix pour cent les plus riches de la population mondiale sont responsables de la moitié.

La civilisation humaine va probablement s’effondrer d’ici 2050

« Perversement, les plus riches, qui ont la plus grande capacité d’adaptation, qui sont responsables de la vaste majorité des émissions de gaz à effet de serre et qui en ont tiré profit, seront les mieux placés pour faire face au changement climatique », a écrit Philip Alston, responsable des droits humains et de la pauvreté aux Nations Unies dans son rapport, “tandis que les plus pauvres, qui ont le moins contribué aux émissions et ont le moins de capacité à se protéger, seront les plus touchés”.

Dans le rapport, Alston écrit comment l’accès des riches aux ressources vitales a amené l’humanité à s’adapter à la crise climatique dans la mauvaise direction – au lieu d’agir pour prévenir ou inverser le pire du changement climatique, les riches peuvent se permettre d’éviter personnellement ce problème.

“Une dépendance excessive à l’égard du secteur privé pourrait conduire à un scénario d’apartheid climatique dans lequel les riches paieraient pour échapper au réchauffement, à la faim et aux conflits, tandis que le reste du monde en souffrirait”, écrit Alston.

CNN, ONU

La civilisation humaine va probablement s’effondrer d’ici 2050

Une analyse australienne bouleversante sur le changement climatique a de mauvaises nouvelles : la civilisation humaine est sur le point de s’effondrer d’ici 2050 si l’on ne s’attaque pas à la menace imminente du changement climatique.

L’analyse conclut que le changement climatique est un risque de sécurité nationale actuel et existentiel qui menace l’extinction prématurée de la vie intelligente provenant de la Terre ou la destruction permanente et radicale de son potentiel de développement futur souhaitable.

En d’autres termes, le monde est sur la voie de la fin de la civilisation humaine et de la société moderne telle que nous l’avons connue.

D’ici 2050, les systèmes humains pourraient atteindre un point de non-retour dans lequel la perspective d’une Terre largement inhabitable conduirait à l’effondrement des nations et de l’ordre international.

Comment tout peut s’effondrer

Par conséquent, le document appelle à une mobilisation d’urgence de la main-d’œuvre et des ressources à l’échelle de la société, d’une ampleur comparable à celle de la mobilisation d’urgence de la Seconde Guerre mondiale, affirme le document.

Une partie de cette solution consisterait en une construction de type approvisionnement en énergie sans dioxyde de carbone et en un plan semblable à celui du Plan Marshall, ainsi qu’une électrification majeure visant à mettre en place une stratégie industrielle sans émission de carbone.

L’objectif : limiter le réchauffement climatique à seulement 1,5 degré Celsius, et non aux trois degrés Celsius dont les rapports précédents font état.

Même pour un réchauffement de 2 ° C, il faudra peut-être reloger plus d’un milliard de personnes. Dans les scénarios les plus extrêmes, l’ampleur des destructions dépasse notre capacité de modéliser la probabilité de la fin de la civilisation humaine, indique le rapport.

Vice, National Centre for Climate Restoration Australia

Aldrin appelle à une grande migration de l’humanité vers Mars

Il y a cinquante ans, l’astronaute Buzz Aldrin est devenu le deuxième humain à marcher sur la Lune. Maintenant, il encourage les États-Unis à faire des missions d’exploration humaine sur Mars une priorité nationale – et il ne parle pas seulement de quelques astronautes chanceux.

“Les yeux des États-Unis – et notre engagement unifié – devraient viser à ouvrir la porte de la grande migration de l’humanité vers Mars”, écrit Aldrin dans un éditorial publié récemment pour le Washington Post.

Dans l’article, Aldrin exprime sa gratitude envers l’administration Trump pour s’être engagée dans des missions avec équipage sur la Lune. Ces missions ne devraient pas être le but ultime, a écrit l’astronaute, mais plutôt servir à nous aider à définir un chemin vers Mars.

“En ce qui concerne la mécanique orbitale, les missions de migration de la Terre vers Mars sont complexes”, écrit Aldrin. “Cela dit, la nature humaine – et potentiellement la survie ultime de notre espèce – exige que l’humanité continue d’aller vers l’univers.”

“Appelez cela de la curiosité ou du calcul, de la planification stratégique ou du destin”, poursuit-il. “En termes simples : Nous explorons, ou nous disparaissons. C’est pourquoi nous devons aller de l’avant.”

Washington Post

Stephen Hawking : “Je suis convaincu que les humains doivent quitter la Terre”