Manuel pour en finir avec la mort – Éditions Envolume

ISBN : 978-2-37114-062-2

Résumé

Il était une fois deux psychanalystes qui voulaient parler de la mort autrement. Ils sont partis à la rencontre de ceux qui la côtoient tous les jours, qui l’ont rencontrée au détour d’un événement traumatique, qui ont traversé des deuils, qui ont survécu à une maladie ou à un accident. La mort se vit de manière toujours singulière. Elle mène au cimetière comme à la création, à la souffrance invivable comme à la renaissance. Et il y a ceux qui ont approché la mort jusqu’à peut-être entrevoir ce qui se situe après… Joseph Agostini et Agnès Rouby leur ont donné la parole. Pour en finir avec la mort, c’est aussi et surtout un livre sur la vie… toujours recommencée.

Extrait

99,99% des espèces qui ont vécu sur Terre depuis la naissance de la vie, voici trois milliards et demi d’années, ont définitivement disparu de la surface planétaire ! Alors… Il est facile de dire que nous allons mourir nous aussi ! Le « Nous » crée ce qu’il faut de distance avec ce verbe hautement inflammable. Nous allons mourir, c’est comme ça. C’est la nature humaine. That’s life ! Les livres de biologie n’en finissent pas de nous le promettre. Quant aux livres d’Histoire, ils sont gorgés de guerres, de catastrophes et de famines, nous rappelant toujours un peu plus notre petitesse dans l’univers.

Dire « Je vais mourir », en revanche, est une autre paire de manches. Pour le Moi, la mort est une fable. Il ne l’imagine que chez les autres. La sienne est littéralement impensable. Pour autant, il reste fasciné par sa mortalité. Elle le scotche. Il n’a pas demandé à naître, pourquoi devrait-il mourir ?! Il doit y avoir erreur. Des spiritualistes partent d’un présupposé différent, selon lequel nous aurions demandé à naître. Le Moi agirait comme une victime qui refuserait de s’attribuer cette part de responsabilité. Nous serions avant tout des êtres énergétiques, en contact avec des vibrations terrestres. Nous naîtrions pour nous élever, pour faire grandir notre âme au fil de nos expériences humaines. Le temps historique, « à l’occidental », cacherait en réalité un temps cosmologique, cyclique, fait d’éternels retours, de métempsycose ou de réincarnation. Alors, qui croire ? Et d’ailleurs, ne s’agit-il que de croyances ?

En librairie le 18 octobre 2018.

Joseph Agostini est psychologue clinicien, diplômé d’état de l’Université Paris 7 Denis Diderot. Formé au psychodrame à l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière et à la psychotraumatologie au service de réanimation de l’Hôpital Necker. Il a exercé en hôpital de jour et en foyer spécialisé. Il a son cabinet privé à Clamart. Joseph Agostini est auteur de théâtre. Ses pièces, On peut se pendre avec sa langue, Barbarie Land, Ajoutez comme ennemi, Le dernier secret, Œdipe à la folie et Le petit garçon qui posait trop de questions, ont été jouées à Paris et en Avignon. Il est également l’auteur du premier essai psychanalytique sur une chanteuse populaire, Dalida sur le divan, Envolume (2017).

Agnès Rouby est psychopraticienne. Psychanalyste, formée à l’institut freudien de psychanalyse, et thérapeute holistique, elle a créé l’association Eveil, consciences et soins proposant ateliers et rencontres, ouverts à tous les cheminements spirituels guidés par la conscience de soi et la bienveillance.

Bioéthique. Pour en finir avec la mort ! FEBS 2017

Interview de Joseph Agostini

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de racolage ?

Je dis juste qu’on peut être drôle et pointu, pertinent et populaire. Pourquoi choisir ? Les concepts psychanalytiques ne nous amènent pas à une complexité intellectuelle, mais au contraire, à une approche du réel le plus simple, le plus radical. Je les compare souvent à des épures, à des poèmes japonais. En ce qui me concerne, j’ai voulu donner des clés d’accès à un univers souvent vu comme hermétique à tort. Les psychanalystes sont des clowns ! Des clowns du langage ! Ils s’amusent avec, le tordent dans tous les sens pour extraire son essence, sa magie. Lacan et Freud nous l’ont dit bien avant moi.

On peut donc être sérieux sans se prendre au sérieux ?

Pourquoi avoir une morgue, une arrogance quand on parle de choses graves ? Mes inspirateurs dans ce métier sont d’une humilité extrême. Les plus habiles cliniciens savent qu’ils ne savent pas. En cela, ils donnent beaucoup d’eux-mêmes à leurs patients, viennent les convoquer dans leur véritable subjectivité. Les donneurs de leçons, qui s’érigent en maîtres et ne pratiquent ni plus ni moins que du clientélisme intellectuel, discréditent le métier et le rabaissent à une querelle d’égos. Un comble pour des psychanalystes, quand on sait que nous travaillons précisément avec la dimension imaginaire des ambitions du Moi !

Comment voyez-vous la psychanalyse dans dix ou quinze ans ?

Nous devons nous remettre en question, savoir transmettre, vulgariser notre savoir. Les thérapies comportementales et cognitives prennent le pas sur la psychanalyse, car elles décomplexifient le monde dont elles parlent. La psychanalyse peut aussi avoir cette vocation tout en gardant sa profondeur, sa substance. L’écriture est une question de charme, elle doit venir séduire pour ensuite véhiculer sa puissance, ses enjeux véritables. Si l’ennui règne, rien n’est possible.

La presse en parle

France 3, le 24 septembre à 20H00, interview de 25 minutes au cours de l’émission « Votre rendez-vous »

Utérus artificiel : l’avenir de la procréation humaine ?

Utérus artificiel : Pourquoi ne pouvons-nous pas encore faire développer des fœtus en dehors du corps ?

Un avenir dans lequel n’importe qui peut avoir un bébé, quelle que soit sa croyance ou ses besoins, chaque fois qu’il le souhaite. Ceci n’est pas tiré par les cheveux compte tenu de la vitesse à laquelle les techniques de reproduction ont progressé au cours des dernières décennies. En effet, il est déjà possible d’acheter ou vendre des œufs et du sperme ; nous pouvons faire des tests génétiques sur les embryons pour nous assurer que les enfants qu’ils produisent n’ont pas de maladies héréditaires mettant leur vie en danger ; et les bébés peuvent même naître, maintenant, avec le patrimoine génétique de trois parents différents.

Il s’ensuit que nous devrions bientôt pouvoir avoir une grossesse en dehors du corps – des utérus artificiels.

Les scientifiques ont déjà compris comment imiter de nombreux processus du corps pour des techniques telles que la fécondation in vitro et même le contrôle des naissances hormonales. Mais la manière dont les corps des mères soutiennent les fœtus est incroyablement compliquée – et la science n’est pas encore arrivée à un point où nous pouvons simuler ces processus. Et aussi parce qu’il est interdit aux scientifiques d’étudier les embryons 14 jours après leur fécondation, c’est une vision de science-fiction qui ne se concrétisera probablement pas. Tout du moins, pas dans un avenir proche.

Pour le moment, il a été imaginé dans « The Stork », le deuxième épisode de Glimpse, une nouvelle série de science-fiction originale de Futurism Studios et de DUST.

Cela ne veut pas dire que les utérus artificiels ne sont pas utiles. Ils pourraient avoir une utilisation légèrement différente de celle envisagée par les œuvres de science-fiction qui les ont employées. Par exemple, ils pourraient résoudre le problème croissant des naissances prématurées.

Lorsque l’on parle de naissances «prématurées», on parle généralement de bébés nés avant 37 semaines de gestation. Mais la plus grande préoccupation concerne les bébés nés entre 22 et 24 semaines, qu’on appelle la «frontière de la viabilité» du fœtus.

Au cours des dernières années, les médecins ont trouvé des interventions qui rendent plus probable la survie des bébés nés dans cette fenêtre de temps. Mais même dans ce cas, ils sont beaucoup plus susceptibles d’avoir des problèmes neurologiques, des problèmes pulmonaires ou d’autres effets à long terme sur leur esprit et leur corps. Le taux de survie des bébés nés à 23 semaines n’est que de 30%. Une semaine de plus fait une énorme différence ; à 24 semaines, les chances de survie doublent.

C’est important car, aux États-Unis, le taux de naissances prématurées a augmenté ces dernières années. Personne ne sait très bien pourquoi, mais certains facteurs qui augmentent le risque de naissance prématurée incluent l’âge de la mère et si la mère souffre d’autres problèmes de santé pendant la grossesse.

Les utérus artificiels pourraient aider. Et pour cette utilisation, au moins, ils pourraient se situer dans une perspective pas trop éloignée.

En 2017, des chercheurs du CHOP (Children’s Hospital of Philadelphia) ont dévoilé un prototype fonctionnel d’un utérus artificiel. Au cours des expériences, le système a permis de mener à terme huit bébés agneaux extrêmement prématurés. Les chercheurs ont déplacé les fœtus dans des «environnements semblables à l’utérus» à 110 jours de gestation, soit l’équivalent de la limite humaine de la viabilité.

Gestation réussie pour un agneau dans un utérus artificiel. Les humains pourraient être les prochains

Dans leur étude publiée l’an dernier dans Nature Communications, les chercheurs ne se réfèrent jamais à leurs systèmes comme des «utérus artificiels», probablement parce que ce terme pèse trop lourd et suscite une controverse. «Notre objectif n’est pas d’étendre les limites actuelles de la viabilité, mais plutôt d’offrir un potentiel d’amélioration des résultats pour les nourrissons qui sont déjà systématiquement réanimés et soignés dans des unités de soins intensifs néonatals», écrivent les chercheurs.

Bien sûr, comme beaucoup d’autres techniques de reproduction (sinon toutes), un environnement semblable à celui de l’utérus suscite la controverse. Dans les jours qui ont suivi la publication de l’étude du CHOP, une vague de préoccupations exprimées par les médias a été soulevée, la plupart d’entre elles demandant une certaine variation des mêmes questions. Est-ce la fin de la grossesse naturelle ? Est-ce qu’une usine de fabrication semblable à Matrix sera ouverte dans votre quartier ?

Bien sûr, il y a des questions éthiques absolument légitimes à régler sur les utérus artificiels. La technologie pourrait éventuellement réduire l’âge auquel les fœtus sont considérés comme «viables», ce qui pourrait compliquer les droits à l’avortement. Et il y a aussi la question de savoir de qui décide de qui obtient l’accès à la technologie de reproduction avancée ?

Il est compréhensible que les parents d’un bébé prématuré peuvent être mal à l’aise de voir leur nouveau-né dans une sorte de sac en plastique (c’est-à-dire si la technologie CHOP évolue pour être utilisée sur des humains). Mais cela pourrait sauver la vie du bébé. Cependant, cette technologie ne progressera pas s’il n’y a pas de débats sur la question. Mais cela ne devrait pas non plus empêcher la recherche d’avancer.

C’est pourquoi il est contre-productif de s’intéresser à la question de savoir si ce type de technologie est ou non dangereux ou «non naturel». Il y a encore beaucoup de travail à faire avant que les utérus artificiels ne soient disponibles pour les humains. Il faut augmenter la portée et la qualité de la couverture des soins de santé. Et réorganiser les lois et règlements régissant la santé génésique.

Mais l’éducation – sur la façon dont ces appareils fonctionnent, sur les raisons pour lesquelles ils sont nécessaires – et le storytelling, à propos de personnes dont la vie pourrait être améliorée grâce à de tels dispositifs, peuvent contribuer à équilibrer ces conversations. Cela pourrait réduire l’alarmisme et les réactions excessives. Cela pourrait commencer à faciliter la manifestation de cette science-fiction dans une histoire réelle.

Après tout, les utérus artificiels ne sont pas si différents des autres technologies transformatrices qui ont fait leur apparition dans l’histoire. Comme avec ceux-là, les scientifiques créeront les outils – et nous ne déterminerons pas seulement comment nous les utiliserons, mais pas avant que nous décidions combien de temps il faut avant que nous cessions de les craindre et d’explorer les possibilités d’un monde qui les utilise.

Futurism

L’utérus artificiel

Des bébés qui viendraient au monde sans passer un seul instant dans le ventre de leur mère : fable futuriste ou réalité scientifique ? Parce qu’ils parviennent à sauver des prématurés de plus en plus jeunes, des chercheurs envisagent la possibilité de combler toujours plus les besoins des bébés en dehors du ventre de leur mère, jusqu’à pratiquer l’ectogenèse. Ce procédé, déjà pratiqué sur certaines espèces animales (par exemple les chèvres), consiste à faire se développer un bébé, depuis sa conception jusqu’à sa naissance, dans un utérus artificiel ressemblant à une sorte d’incubateur. Fécondation in vitro, liquide amniotique de synthèse, placenta artificiel et, neuf mois plus tard, un enfant naîtrait… Mais comment anticiper les répercussions sur son évolution ? Comment reproduire les connections entre l’enfant et sa mère ?

En tentant de mesurer les enjeux scientifiques, éthiques et psychologiques de cette (r)évolution, Marie Mandy revient sur les fondements de la maternité, ses mythes et ses phantasmes et part à la rencontre des médecins et biologistes en France, en Belgique, au Japon et aux États-Unis, qui expérimentent de nouvelles techniques de gestation extra utero. S’il s’agit d’avancées considérables en matière de procréation (sauver les prématurés, aider les femmes sans utérus…), cela soulève beaucoup de questions d’ordre bioéthique : qui seront les parents ? Qui pourrait y avoir recours ? Une histoire qui interroge la valeur de la vie et le pouvoir de la science.

 

Faire des bébés sans ovules serait possible, disent les scientifiques

Et si nos vies n’étaient qu’énigme ?

ISBN- 979-1034603879

« Là où c’était à l’instant même, là où c’était pour un peu, entre cette extinction qui luit encore et cette éclosion qui achoppe, Je peux venir à l’être de disparaître de mon dit » Lacan, Ecrits, page 801.

L’homme parle et ne sait pas ce qu’il dit, il désire mais ne sait pas quoi, il jouit mais ne s’en satisfait pas…

Il y a chez l’être humain – parlêtre dirait Lacan – cette vibration intime et secrète de la chair depuis que le Verbe l’a percuté et cette vibration, cette pulsation, c’est le vivant.

Depuis toujours, l’homme a été intrigué par ce vivant mystérieux. Il a voulu le comprendre, l’expliquer,le maitriser, l’évaluer, etc. Il en appelé à l’écriture, à l’image, à la philosophie, aux mathématiques, à l’art, aux religions, et plus que jamais à la science. Ainsi sommes nous passés de Thalès calculant la hauteur de la pyramide de Khéops en mesurant l’ombre portée de son corps, à Armstrong marchant sur la lune…

La science dont la fonction est d’établir des rapports, n’avait pas, jusqu’à il y quelques décennies, répondu aux « origines » et aux « fins ».

Aujourd’hui, elle le veut. Et le prouve en dissociant, par exemple, la parentalité de la reproduction ou en nous promettant l’éternité !

Naguère, la puissance du réel était dévolue au divin. Désormais, le discours scientifique s’en empare,prouvant une fois de plus que rien n’est plus insupportable que le réel, rien n’est plus déconcertant que l’impossible à dire et à se représenter. Alors, autant le confondre, ce réel, avec la réalité !

Cependant, paradoxalement, plus ce discours se veut riche de promesses et plus notre errance s’accroît, ne sachant pas davantage d’où nous venons, ni même où nous allons…

« La psychanalyse trouve sa diffusion en ceci qu’elle met en question la science comme telle – science pour autant qu’elle fait de l’objet un sujet, alors que c’est le sujet qui est de lui-même divisé. » Lacan, Le Séminaire XXIII, p.36.

Actes du colloque organisé par le Collège des humanités les 24 et 25 septembre 2016.

Les auteurs :
Marc Lévy, Psychiatre, psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, à Montpellier
Augustin Menard, Psychiatre, psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, à Nîmes
Patrick Lévy, Ecrivain, Poète, Kabbaliste
Esthela Solano, Psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, à Paris
Jacques Borie, Psychanalyste à Lyon, membre de l’ECF et de l’AMP
Jean-Paul Laumond, Roboticien, directeur de recherche au CNRS-LAAS de Toulouse
Catherine Vidal, Neurobiologiste, Directrice de recherche à l’Institut Pasteur
Valerie Arrault, Professeur en Arts et sciences de l’Art, univ. Paul Valery, Montpellier 3
Jean-Daniel Causse, Professeur au dépt de Psychanalyse, univ. Paul Valéry, Montpellier 3
Jean-Michel Besnier, Professeur de philosophie, Paris 4, docteur en sciences politiques

Gestation réussie pour un agneau dans un utérus artificiel. Les humains pourraient être les prochains

Les agneaux ont passé quatre semaines dans des utérus extracorporels sans le moindre problème apparent

A l’intérieur de ce qui ressemble à un sac en plastique zippé branché à des tubes flexibles contenant du sang et d’autres fluides, huit fœtus de moutons ont poursuivi leur développement, quasiment comme ils l’auraient fait à l’intérieur du ventre de leurs mères. Si l’on en croit la nouvelle étude faisant ses premiers pas vers un utérus artificiel, pendant quatre semaines, les agneaux ont vu leurs poumons et cerveaux se développer, leur peau se couvrir de laine. Ils ont ouvert les yeux, gigoté, et appris à avaler. Un jour, il se pourrait que ce dispositif permette à des enfants prématurés d’arriver à terme hors de l’utérus de leur mère, mais à ce stade, le procédé n’a été testé que sur des moutons.

Credit: The Children’s Hospital of Philadelphia

C’est excitant d’imaginer un monde où des enfants naissent dans des utérus artificiels, éliminant ainsi les problèmes de santé liés à une grossesse. Mais il est important de ne pas aller trop vite explique Alan Flake, chirurgien prénatal au Children’s Hospital de Philadelphia et auteur principal de cette étude. « L’idée de prendre un embryon dès ses premiers stades de développement pour qu’il poursuivre sa gestation dans notre dispositif sans l’intervention primordiale de la mère n’est que pure science-fiction » rassure-t’il.

Toutefois, l’intérêt de mettre au point un utérus artificiel – appelé Biobag par l’équipe – est de donner l’opportunité à des enfants prématurés de terminer leur développement dans un environnement similaire à celui d’un utérus naturel, déclare Flake.

Le Biobag n’a pas vraiment l’allure d’un utérus mais il se compose des mêmes éléments-clés : un sac en plastique transparent enveloppant le fœtus de mouton et le protégeant du monde extérieur, tel qu’un utérus le fait ; une solution électrolyte dans laquelle baigne l’agneau similaire au liquide amniotique contenu dans l’utérus ; et un moyen de faire circuler le sang du fœtus pour que celui-ci puisse éliminer le dioxyde de carbone en échange d’oxygène. Flake et ses collègues ont publié leurs résultats dans la revue Nature Communications.

Flake espère que le Biobag figurera parmi les options disponibles pour les grands prématurés qui gardent de « terribles séquelles bien connues et documentées ». Les naissances prématurées constituent la cause principale de mortalité chez les nouveau-nés. Aux USA, environ 10% des enfants naissent prématurés – avant d’avoir atteint la 37e semaine de gestation. Presque 6% d’entre eux, soit 30.000 naissances, sont considérés comme grands prématurés. Autrement dit, ils naissent avant leur 28e semaine de développement.

A lamb is pictured after four (left) and 28 days (right) in the artificial womb. (Nature Communications)

Ces bébés nécessitent des soins intensifs pour qu’ils continuent à se développer hors du ventre de leur mère. Ceux qui survivent à l’accouchement nécessitent d’être placés sous respirateur, ont besoin de traitements et d’être nourris par intraveineuse. Lorsqu’ils passent le cap des soins intensifs, nombre de ces enfants (entre 20 et 50%) souffrent d’un mauvais état de santé du fait d’un retard de croissance de leurs organes.

« Les parents doivent prendre des décisions terribles quant à l’utilisation de mesures drastiques pour maintenir leurs bébés en vie, ou préférer des soins plus doux et moins douloureux » explique la néonatalogiste Elizabeth Rogers, co-directrice du programme de suivi de Soins intensifs de néonatalogie du UCSF Benioff Children’s Hospital, mais qui n’a pas participé à l’étude. « L’une des choses que l’on n’oublie de dire dans le cas de grands prématurés est que les familles concernées déclarent que « si elles avaient su que leur enfant souffrirait de tant de séquelles, elles auraient préféré ne pas s’acharner ».

Ceci explique que depuis des décennies, les scientifiques essayent de développer un utérus artificiel qui recréerait un environnement quasiment normal dans lequel le petit prématuré pourrait terminer son développement. L’un des problèmes majeurs auxquels sont confrontés les chercheurs réside dans le système circulatoire complexe qui relie la mère et l’enfant. Le sang de la mère circule jusqu’au bébé puis revient, permettant ainsi les échanges gazeux entre oxygène et dioxyde de carbone. Le sang a besoin de circuler avec suffisamment de pression mais si cette dernière est trop élevée, elle peut endommager le cœur du bébé.

Pour résoudre ce problème, Flake et ses collègues ont créé un système circulatoire dépourvu de pompe. Ils relient les vaisseaux sanguins du cordon ombilical du fœtus à une nouvelle sorte d’oxygénateur, et le sang circule tranquillement à travers le système. Tranquillement signifie en fait que le sang circule propulsé par les battements du cœur du fœtus, sans nécessiter l’intervention d’une pompe supplémentaire.

Le problème suivant concerne les risques d’infections, auxquels les prématurés sont exposés lorsqu’ils sont placés en incubateur dans les services de Néonatologie – unité de Soins Intensifs (NICU). C’est là que le Biobag et que le liquide amniotique artificiel interviennent. Le liquide circule depuis et vers le Biobag exactement comme il le ferait dans un utérus. Il assure l’évacuation des déchets, protège l’enfant des germes infectieux présents dans l’hôpital, et conserve les poumons remplis de liquide pendant leur développement.

Flake et ses collègues ont testé le dispositif pendant quatre semaines sur des fœtus de moutons âgés de 105 à 120 jours – ce qui équivaut à des fœtus humains de 22 à 24 semaines de gestation. Au terme des quatre semaines, ils ont mis les agneaux prématurés sous respirateurs tels qu’on procède en temps normal pour des enfants prématurés en NICU.

L’état de santé des agneaux mis sous respirateur est quasiment aussi satisfaisant que celui d’un agneau du même âge né par césarienne. Par la suite, les chercheurs ont débranchés les respirateurs. Le seul agneau qui s’était suffisamment bien développé et respirait de façon autonome a été conservé en vie. Les sept autres ont été euthanasiés afin d’étudier leurs organes. Leurs poumons et cerveaux – les organes qui sont les plus vulnérables lors de naissances prématurées – ne présentaient aucune altération et s’étaient développés comme chez un agneau qui serait né normalement après une gestation complète dans l’utérus de sa mère.

Alors il est vrai qu’un mouton n’est pas un être humain, et que ces organismes présentent des vitesses de développement cérébral différentes. Les auteurs de l’étude reconnaissent qu’il faudra réaliser encore bien d’autres recherches tant d’un point de vue scientifique que de sûreté de ce dispositif avant qu’il soit utilisé avec des bébés humains. Ils ont déjà commencé à tester le dispositif avec des agneaux de taille humaine placés dans des Biobags à un stade plus précoce de gestation. Afin d’observer si des problèmes pouvaient survenir sur le long terme, l’équipe a surveillé les quelques agneaux ayant survécu après que les respirateurs aient été débranchés. Jusqu’ici, les agneaux semblent être en bonne santé. « Je pense qu’il est réaliste d’imaginer que d’ici trois ans les premiers tests sur des humains pourront avoir lieu » déclare Flakes.

« C’est tellement passionnant et c’est également tellement innovant » se réjouit Rogers. «Être capable de poursuivre son développement dans un environnement artificiel peut réduire les nombreux problèmes qui surviennent quand on a la malchance de naître trop tôt ». Mais Rogers ajoute que rares sont les équipements possédant les ressources et les compétences en matière de soins d’avant-garde pour les mères enceintes ; un problème que le Biobag ne pourra pas résoudre. « Nous savons d’ores et déjà qu’il existe des inégalités dans la prise en charge des enfants nés avant terme. Si vous avez accès à des soins de qualité, vous avez plus de chances de bien vous en sortir que dans le cas contraire » regrette la scientifique.

Rogers s’inquiète également des effets que pourrait avoir le battage publicitaire autour du Biobag sur les parents faisant face aux problèmes d’un enfant prématuré. « Je pense que beaucoup de gens ont été confrontés à des naissances avant terme et qu’ils sont persuadés que le Biobag sera la solution miracle. Et je pense également que les naissances prématurées constituent un problème vraiment compliqué ». Selon elle, prévenir les cas de naissances prématurées devrait être une priorité et le Biobag pourrait participer à l’avancée des travaux sur le sujet.

Pour Flake, les recherches se poursuivent. « Je suis toujours aussi époustouflé à chaque fois que je regarde nos agneaux » dit-il. « Je pense que c’est juste une chose incroyable de s’asseoir et de regarder les fœtus dans ce dispositif qui fonctionne comme un véritable utérus… c’est vraiment une entreprise fascinante de pouvoir poursuivre une gestation normale hors du ventre de la maman ».

traduction Virginie Bouetel

doi:10.1038/ncomms15112, The Verge, The Atlantic, BBC, MIT Technology Review

Miniaturisation, Micro et Nanotechnologies : Enjeux éthiques des technologies émergentes

colloque de l’institut Pasteur de Lille du 18 mai 2016

L’événement vise à permettre l’explicitation et l’analyse d’un certain nombre de préoccupations éthiques attachées au développement des micro et nano-technologies, spécialement en sciences de la vie et de la santé où elles sont les plus manifestes. Réunissant spécialistes des technologies, médecins, praticiens, philosophes, grand public, la journée ambitionne également de fédérer une communauté interdisciplinaire intéressée aux aspects éthiques du développement des technologies et souhaitant les mettre en débat.


Introduction et « Les Nanotechnologies et l’éthique : un essai de défrichage »
Robin Cremer, espace de réflexion éthique régional du Nord Pas-de-Calais – Fernand Doridot, projet Nanooscope

 

Session I, Partie 1 : Exemples de technologies émergentes et préoccupations éthiques associées
Dominique Collard, LIMMS/CNRS-IIS – Jean-Charles Lambert, Florence Pinet, David Hot, Institut Pasteur de Lille – Pierre Fontaine, CHRU de Lille et Université Lille

Session I : Enjeux éthiques du développement des micro et nano-biotechnologies Modérateurs de session : Bernard Vandenbunder, CNRS UMR 8523 et Université de Lille, Sciences et Technologies. Et Fabrice Nesslany, Institut Pasteur de Lille. Partie 1 : Exemples de technologies émergentes et préoccupations éthiques associées « Analyses in vitro par bio-MEMS et recherche structurée contre le cancer » Par Dominique Collard, LIMMS/CNRS-IIS, coordinateur du projet SMMIL-E. « Technologies omiques, échelles et quantités des données biologiques, nouveaux protocoles de recherche » Par Jean-Charles Lambert, Florence Pinet et David Hot, Institut Pasteur de Lille. « Implantation de pompes à insuline et médecine personnalisée » Par Pierre Fontaine, CHRU de Lille et Université de Lille, Droit et Santé.

 

Session I, Partie 2 : Le point de vue du sujet : apports de cliniciens et de philosophes
Sylvie Manouvrier, CHRU de Lille et Université Lille – Philippe Sanchez, espace de réflexion éthique régional de Picardie

« Le diagnostic génétique à l’heure du séquençage de nouvelle génération : enjeux éthiques pour les cliniciens et les patients » Par Sylvie Manouvrier, CHRU de Lille et Université de Lille, Droit et Santé. « Technologies médicales et place du sujet. L’exemple de la controverse autour des implants cochléaires » Par Philippe Sanchez, Docteur en philosophie.

 

Session II : Sujet, conscience, intelligence – Les enjeux éthiques des nouvelles technologies du cerveau
Gustavo Touzet, CHRU de Lille – Sylvain Lavelle, ICAM de Paris Sénart

Session II : Sujet, conscience, intelligence Les enjeux éthiques des nouvelles technologies du cerveau. Modérateurs de session : Pierre Louchart, CH de Douai. « Les technologies de stimulation cérébrale profonde et leurs enjeux éthiques » Par Gustavo Touzet, CHRU de Lille. « Mimer le cerveau ou le reproduire ? Les ordinateurs bio-inspirés et l’éthique » Par Philippe Devienne, UMR 9189, IRCICA. « Voir et communiquer les pensées d’autrui ? Les enjeux éthiques et épistémologiques du ‘Cogniteur’ » Par Sylvain Lavelle, ICAM de Paris-Sénart.

 

Session III : Origines, contraintes et marges de manœuvre – Que faire des préoccupations éthiques ?
Alexis Vlandas, IEMN de Lille – Anne-Françoise Germe, CHRU de Lille – Xavier Labbée, Université de Lille

Session III : Origines, contraintes et marges de manœuvre Que faire des préoccupations éthiques ? Modérateur de session : Docteur Robin Cremer, Directeur de l’ERER du Nord Pas-de-Calais. « Ethique de la recherche, éthique des chercheurs ? Comment prendre en compte les impacts de l’activité scientifique ». Par Alexis Vlandas, IEMN de Lille. « Choix économiques, choix éthiques, choix politiques ? L’introduction des nouvelles technologies et des nouveaux traitements en milieu hospitalier ». Par Anne-Françoise Germe, CHRU de Lille. « Les stratégies de réponse du droit face aux enjeux éthiques des technologies émergentes ». Par Xavier Labbée, Université de Lille, Droit et Santé, avocat au barreau de Lille.

 

Vivons-nous dans une simulation informatique? Par Nick Bostrom

Faculty of Philosophy, Oxford University. Published in Philosophical Quarterly (2003) Vol. 53, No. 211, pp. 243-255.

Résumé

Cet article soutient qu’au moins une des propositions suivantes est vraie : (1) l’espèce humaine aura très probablement disparu avant d’atteindre un stade «posthumain»; (2) toute civilisation post-humaine est extrêmement peu susceptible d’exécuter un nombre significatif de simulations de leur histoire évolutive (ou de leurs variations); (3) nous sommes presque certains de vivre dans une simulation informatique. Il s’ensuit que la croyance qu’il y a une chance significative que nous deviendrons un jour des posthumains qui exécutent des simulations d’ancêtres est fausse, à moins que nous ne vivions actuellement dans une simulation. Un certain nombre d’autres conséquences de ce résultat sont également discutées.

Télécharger la version PDF (14 pages) (en anglais)

Des physiciens et des philosophes de grande envergure se sont réunis (avril 2016) pour débattre de savoir si nous sommes réelle ou virtuelle et ce que cela signifie. > lire l’article sur Scientific American.

Pourquoi Elon Musk dit que nous vivons dans une simulation ?

Le goût de vieillir, Ghislaine de Sury

Au travers de courtes chroniques, entre sourire et auto-dérision, Ghislaine de Sury raconte les surprises, les tâtonnements de la femme vieillissante qu’elle est devenue, à son corps défendant. Commençant par se moquer tendrement d’elle-même, elle finira par s’inventer un chemin pour mieux « goûter la vie ».

Ghislaine de Sury passe ainsi d’un étonnement doux-amer sur une vie qui rétrécit (cette « tête de tortue » que vous donne l’âge, les passants qui vous aident à traverser alors que vous n’avez rien demandé…) à l’idée que, « malgré les ombres qui passent », s’invite une liberté nouvelle. Celle d’échanger avec des inconnus dans les bus, dans les cafés, de profiter de moments que l’on n’aurait pas vus passer avant – pas le temps, trop pressé.

Ghislaine de Sury évoque bien sûr aussi l’inéluctable, pour mieux tenter de l’apprivoiser.
« Philosopher, c’est apprendre à mourir » disait Montaigne, invitant à s’affranchir de la peur pour redevenir joyeux et libre.

« En regardant le chemin parcouru ces vingt dernières années, je m’aperçois que cette période que je redoutais a été incroyablement riche de surprises, de découvertes, de transformations… et que j’en ai encore de multiples à vivre. Ce que j’appréhendais comme un déclin inéluctable, la pire période de ma vie, s’est révélé une aventure peut-être aussi étonnante que les vingt premières années de mon existence. »

Lire un extrait

Le transhumanisme nous entraîne dans un scénario totalitaire

A l’occasion de la parution de son dernier livre, Le temps de l’Homme, Tugdual Derville a accordé un grand entretien à FigaroVox. Il y plaide pour une révolution de l’écologie humaine afin d’éviter l’avènement d'”une société atomisée, d’individus errants, sans racines”.

Par Eléonore de Vulpillière, le 04/06/2016

Extrait :

LE FIGARO. – Le Conseil d’État a autorisé, mardi 30 mai, le transfert, en Espagne, du sperme du mari défunt d’une femme en vue d’une insémination post-mortem, et ce au nom du respect de leur projet de conception d’un enfant. Que vous inspire cette décision ?

Tugdual DERVILLE. – C’est le type même de rupture anthropologique qui confirme l’alerte que lance Le temps de l’Homme. Dès qu’on s’affranchit des trois limites inhérentes à l’humanité – le corps sexué, le temps compté et la mort inéluctable, on aboutit à une folie. Ici, on exige de concevoir un enfant déjà orphelin de père. Voilà comment notre société bascule vers la toute-puissance : en démolissant les murs porteurs de notre humanité, toujours au dépend des plus fragiles. L’alibi utilisé est celui de la souffrance d’une femme qui a perdu son mari. Mais, ainsi que j’ai pu le constater par moi-même en accompagnant de nombreuses personnes endeuillées, seul le consentement au réel permet la vraie consolation. Engendrer des enfants à partir des morts fait entrer l’humanité dans une ère de confusion généalogique. La “tyrannie du possible” génère une société atomisée, d’individus errants, sans racines.

En quoi l’écologie humaine est-elle un service vital à rendre pour l’humanité ?

L’écologie humaine vise à protéger “tout l’homme et tous les hommes”: c’est-à-dire l’homme dans toutes ses dimensions et les hommes dans leur diversité, des plus forts aux plus fragiles. C’est un humanisme intégral. Son domaine d’application s’étend à toutes les activités humaines, de l’agriculture à la culture, en les reliant par un même souci : servir l’homme. Personne ne doit être traité ni comme un objet, ni comme une variable d’ajustement. L’écologie humaine est le défi du millénaire parce que l’homme a réussi à mettre le doigt sur la vie. L’embryon transgénique n’est pas loin. La responsabilité de l’humanité n’est plus seulement de léguer aux générations futures une planète habitable ; il nous faut transmettre aux hommes de demain les repères anthropologiques et désormais «génétiques» dont nous avons tous bénéficié.

C’est une urgence anthropologique, car la nature humaine est menacée d’autodestruction. Nous risquons la généralisation du processus inconscient d’exclusion du bouc-émissaire décrit par René Girard. Il explique déjà notre eugénisme: les personnes porteuses de handicap étant considérées comme source de malheur, subissent une exclusion anténatale destinée à trouver la paix. En réalité, c’est une guerre permanente qui est déclarée aux plus fragiles. Après avoir sélectionné les hommes par l’eugénisme, les scientistes rêvent de sortir l’homme de sa condition par le transhumanisme. Ils pensent que l’homme doit à tout prix échapper à sa condition humaine, à sa part de fragilité comme aux limites qui le frustrent. C’est le nouveau fantasme prométhéen. Il faudrait aboutir à un homme tout-puissant, un homme-Dieu. Ce serait une déshumanisation de masse car la vulnérabilité est une valeur d’humanité.

Nous nous trouvons dans un scénario totalitaire, proche du Meilleur des mondes. Livrée à la technique, l’étatisation de la maternité serait liberticide. La visée transhumaniste est d’ailleurs extrêmement élitiste : ce prétendu progrès serait réservé aux sociétés opulentes. Les pauvres resteraient à quai.

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La marchandisation de la vie humaine à l’ère de la bioéconomie

Sang, tissus, cellules, ovules : le corps humain, mis sur le marché en pièces détachées, est devenu la source d’une nouvelle plus-value au sein de ce que l’on appelle désormais la bioéconomie. Sous l’impulsion de l’avancée des biotechnologies, la généralisation des techniques de conservation in vitro a en effet favorisé le développement d’un marché mondial des éléments du corps humain.

Ce livre passionnant éclaire les enjeux épistémologiques, politiques et éthiques de cette économie particulière. Ainsi montre-t-il que la récupération des tissus humains promulguée par l’industrie biomédicale et l’appel massif au don de tissus, d’ovules, de cellules ou d’échantillons d’ADN cachent une logique d’appropriation et de brevetage. De même fait-il apparaître que, du commerce des ovocytes à la production d’embryons surnuméraires, l’industrie de la procréation assistée repose sur une exploitation du corps féminin. Et inévitablement dans notre économie globalisée, le capital issu de la « valorisation » du corps parcellisé se nourrit des corps des plus démunis, avec la sous-traitance des essais cliniques vers les pays émergents, ou le tourisme médical. Ainsi, ce n’est plus la force de travail qui produit de la valeur, mais la vie en elle-même qui est réduite à sa pure productivité.

Un livre essentiel sur les implications méconnues de l’industrie biomédicale.

Céline Lafontaine est professeure agrégée de sociologie à l’université de Montréal, spécialiste des technosciences. Elle a notamment publié L’Empire cybernétique. Des machines à penser à la pensée machine (Seuil, 2004, prix Jeune Sociologue) et La Société postmortelle (Seuil, 2008).

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