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La révolution industrielle 4.0

Une évolution des organisations et des pratiques professionnelles dans la société

Les modes de productions industriels se transforment progressivement dans la société. Plusieurs auteurs et théoriciens exposent l’idée que nous serions entrés dans une nouvelle révolution industrielle rendant obsolète l’économie propre à l’énergie fossile, avec l’émergence de forme de travail nouvelles fonctionnant par exemple en réseau pour les entreprises et dépassant de fait le modèle pyramidale existant depuis plusieurs années. Cette nouvelle révolution industrielle lié à l’économie du savoir et de la connaissance s’inscrit dans la continuité des révolutions techniques et productivistes du XXème Siècle transformant nos manières de vivre ensemble, de travailler voire même de penser. L’émergence d’organisations réticulaires pour mener à bien des projets serait la nouvelle donne. La structure pyramidale dans les entreprises très hiérarchisées se préparerait à être abolie au profit d’une expansion et un développement rapide de nouveaux modes de productions industriels. Plusieurs réflexions demeurent donc face à la montée en puissance de ces nouveaux modes de travail, qui bousculent les activités humaines, notamment par la diffusion croissante des pratiques numériques et présentant un travailleur toujours plus connecté. Une nouvelle ère est annoncée qui transforme les pratiques professionnelles des individus à travers l’utilisation et l’application de technologies innovantes. Des questions demeurent cependant : faut-il déceler à travers ces nouveaux modèles de travail une révolution latente ou bien s’agit-il d’un véritable bouleversement organisationnel chez les travailleurs connectés ? Un changement profond opérait-il dans le rapport au travail avec une accélération des pratiques dans la société ?

Je vais tenter d’exposer dans un premier temps l’existence de nouvelles organisations de travail que je pense être réticulaires puis introduire la nature et les caractéristiques des travailleurs connectés de ces organisations. L’exemple concerne les espaces de co-working comme mode de travail en réseau. La figure du travailleur connecté concerne les indépendants qui utilisent ces environnements à des fins professionnels et personnels et qui par définition illustreraient cette manifestation de nouvelle révolution industrielle ou révolution 4.0. Cette mutation inédite serait le fruit d’acteurs de la prospective, d’inventeurs et de gestionnaires visionnaires qui libéreraient les idées transformant ainsi le monde du travail et de la consommation à venir.

I. Les organisations réticulaires, les espaces de co-working

La dynamique du co-working trouve son origine avec la création du hackerspace C-Base1 à Berlin en 1995. Cet espace est le premier hackerspace du monde et permet à l’ensemble de ses membres de pouvoir se rencontrer, travailler et échanger entre eux. Le hackerspace C-Base se présente comme à l’avant garde du mouvement des espaces de co-working et dispose d’une identité singulière basée sur une culture de l’informatique respective chez ses membres, lesquels peuvent partager un ensemble de ressources et de connaissances en commun. En 1999, dans la continuité de l’ouverture du C-Base, l’expression « co-working » est popularisée par le biais du game designer américain Bernie De Koven. L’auteur définie un travail collaboratif existant par l’utilisation des ordinateurs et des nouvelles technologies. Cette expression correspond à une méthode destinée à faciliter le travail collaboratif et les réunions d’affaires coordonnées par l’utilisation des ordinateurs. Bernie DeKoven considère que les travailleurs d’une entreprise sont trop isolés et que la hiérarchie de l’emploie est trop importante pour permettre la réalisation d’un travail collaboratif entre les travailleurs. A travers cette expression, il souhaite proposer une dynamique du travail plus étendue, basée sur une approche non-concurentielle avec la possibilité pour les personnes de travailler sur leurs propres projets.

En ce qui concerne l’origine physique du co-working, il faut attendre 2005 pour voir se développer un premier espace de co-working à San Francisco en Californie aux Etats-Unis. Le San Francisco Coworking Space intégré dans l’espace du collectif féministe Spiral Muse2 voit le jour. A cette époque, la location de cet espace est proposée par l’intermédiaire du développeur informatique Brad Neuberg dont l’idée vise à accueillir d’autres travailleurs indépendants comme lui, juxtaposant ainsi la dynamique collective du travail tout en ayant acquis une liberté du non-salarié. Pour faire la promotion de cet espace, Brad Neuberg distribue des prospectus et se rend à la rencontre de la population du coin dans les cafés. Progressivement, plusieurs personnes sont intéressées par cette initiative et accèdent à cet espace pour venir y travailler. De fait, la croissance du nombre de personnes désirant rejoindre l’espace s’organise en trois phases. Une première phase correspondant à des individus intéressés seulement pour observer le fonctionnement de l’espace sans y prendre part. Une deuxième phase avec l’installation d’une liste Google Groups destinée à la mise en réseau des différents travailleurs indépendants de l’espace, et initié par Chris Messina et Tara Hunt proche de Brad Neuberg à l’origine de deux autres espaces de co-working : La Hat Factory et le Space Citizen. Enfin, une troisième phase de croissance des co-workers liée à l’ouverture d’un autre espace de co-working la Hat Factory toujours par Brad Neuberg dès suite de la fermeture au bout d’une année de Spiral Muse. Le développement de la Hat Factory s’est réalisé avec l’aide de plusieurs bénévoles devenant ainsi le deuxième espace de co-working aux Etats-Unis.

Concernant les particularités des espaces de co-working, il me semble qu’ils fonctionnent à la croisée de deux mondes, celui de l’habitation et celui du travail. Le co-working est et avant tout « un mode de production en émergence ». Ce concept est à considéré à travers sa représentation spatiale construisant ainsi un lieu des possibles et qui permet d’accéder à un « mode de coopération qui peut faire émerger de nouvelles pratiques » notamment en réponse à une crise économique et sociale importante. D’après la revue Deskmag3 spécialisée dans ces organisations, en 2013, environ 3000 espaces de co-working étaient officiellement ouverts dans le monde avec pour vocations de faire cohabiter des échanges de compétences entre les travailleurs, et pour les porteurs de projets de partager une base de savoir-faire nécessaire aux développements de leurs produits ou de leurs services.

II. Le travailleur connecté

Le travailleur d’aujourd’hui dans les espaces de travail informatisés disposent de plusieurs caractéristiques et modes de fonctionnement. Individu mobile, et connectés, ils disposent de leurs propres aspirations et codes de travail pour lesquels le numérique joue un rôle important et permet à ces travailleurs d’être maîtres de leurs activités professionnels.

Le travailleur connecté ou co-worker, dispose d’un ensemble de connaissances et de compétences acquises de manière formelles (par la formation) ou plus ou moins informelles (échange de compétences avec ses pairs, autodidaxie). Il se présente comme un travailleur informatisé qui utilise la technologie numérique pour pouvoir réaliser ses projets et en réponse aux offres de son portefeuille de clients facilité par une mise en relation avec d’autres travailleurs. Ce travailleur s’engage dans son travail en considérant certaines valeurs idéologiques telles que la flexibilité, le travail en réseau pour avancer dans ses projets professionnels. Il gravite dans des espaces de co-working à la recherche d’un cadre confortable et avantageux pour développer ses projets et réaliser du réseau (ou networking) avec d’autres travailleurs. C’est un individu déterminé et généralement optimiste dans son travail, en plus d’être doté d’une forme d’altruisme tout en étant pré-disposé à l’autre et aux rencontres professionnelles dans son environnement social. En revanche, ce travailleur moderne bien que connecté peut et suivant le cas travailler de manière isolée des autres, c’est à dire à son poste de travail en étant insensible à toutes formes d’animation dans les espaces informatisés que proposent les gestionnaires ou les animateurs de communautés. En effet, le travailleur connecté peut rechercher en priorité un cadre social accueillant lui permettant de fortifier son réseau professionnel, d’avoir accès à du matériel informatique peu onéreux, tout en ne cherchant pas à partager du temps libre avec d’autres travailleurs des environnements informatisés. En somme, tout dépend de sa personnalité et de ses intentions professionnelles et personnelles pour ces environnements.La particularité du travailleur connecté est de pouvoir travailler sans contrainte de lieu et de temps et d’acquérir une plus grande autonomie professionnelle que des activités professionnelles limitées et contraignantes. En revanche, cette autonomie peut être source d’une temporalité de travail plus importante que des horaires de bureaux normalisés et normalisants. Derrière cette autonomie et ce renforcement de la connectivité, il se peut que certains travailleurs n’arrivent pas à déconnecter de leurs travails même sur le temps du hors travail, et restent donc ainsi joignable à n’importe quel moment de la journée. L’une des difficulté d’ordre professionnel pour le travailleur connecté est de pouvoir trouver du temps de repos lorsqu’il le souhaite et dans des règles définies entre lui et ses clients. Également, en ce qui concerne la diversité des travailleurs de ces environnements socio-techniques, ils proviennent de secteurs professionnels typiques et relativement distincts, bien qu’appartenant à la classe créative exposée par Richard Florida. Cette classe désigne selon Florida, une population urbaine mobile, qualifiée et généralement connectée. Elle représente aux Etats-Unis environ 30 % de la population active « the creative class now includes some 38.3 million Americans,roughly 30 percent of the entire U.S. workforce ». Cette classe créative existerait également en France avec des travailleurs qualifiés toujours plus connectés entre eux et en interactions avec les outils et technologies numériques. Les catégories de travailleurs présents dans ces environnements socio-techniques peuvent se regrouper en plusieurs catégories socio-professionnelles. Citons : les métiers du consulting, de la traduction, de l’ingénierie informatique, voire de l’édition. Ces professionnels indépendants pour la plupart investissent les espaces de co-working pour trouver un cadre de travail en accord avec leurs choix idéologiques portant sur l’ouverture, l’esprit d’entreprendre, le volontarisme et le lien social et avec pour intérêt de pouvoir échanger et discuter sur leurs pratiques professionnelles sur des temps informelles, tout en disposant de matériel approprié et d’une connexion Internet haut-débit.

Conclusion

Pour cette contribution, j’ai essayé de rendre compte d’une analyse d’environnements informatisés que sont les espaces de co-working. J’ai intégré dans ce travail une esquisse de ce que sont ces environnements intégrant des travailleurs connectés. A partir de ces formes de travail réticulaires, il me semble que nous sommes les témoins d’une mutation et d’une véritable transformation des pratiques professionnelles illustrant ainsi une révolution industrielle de type 4.0 nous positionnant alors sur des valeurs nouvelles de types coopération professionnelle, ouverture d’esprit, et pratiques communautaires. Cette révolution 4.0 me semble intéressante à considérer et peut à mon avis renvoyer également au courant de recherche sur l’économie du savoir et ses aboutissants, s’associant de fait à une forme de diversité des pratiques avec une société de la connaissance qui transforme progressivement le monde qui nous entoure.

1Site internet du HackerSpace

Benjamin Lorre
Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication – USPC. Il nous propose des articles d’opinions sur les questions de mode de travail, de révolutions des pratiques professionnelles et de l’innovation technologique dans la société. Il s’intéresse aux nouvelles mutations du travail en lien avec la diffusion des technologies numériques.

Comeet : l’Intelligence Artificielle au service du bien-être en entreprise

En France, seulement 5% des salariés se disent pleinement satisfaits et impliqués dans leur entreprise [1]. Un chiffre beaucoup trop insuffisant, surtout quand on sait que des employés heureux sont jusqu’à 30% plus productifs. Comment fédérer les employés et améliorer leur qualité de vie au travail ? Comeet, une application au service du bien-être au travail, replace la rencontre au centre de l’entreprise pour favoriser les échanges entre salariés.

Avec Comeet, découvrez enfin vos collègues !

Credit : Comeet

Comeet est une application ludique et conviviale pour réinventer l’expérience quotidienne au travail, en permettant davantage de liens et de moments de partage entre les individus. S’appuyant sur les dernières innovations en matière d’intelligence artificielle, la start-up propose des rencontres personnalisées en fonction du profil et des objectifs de chacun : déjeuner, activité sportive, … Un algorithme de matching analyse la compatibilité des profils des salariés en se basant sur différents critères (centre d’intérêt, parcours professionnel). L’application se charge ensuite de trouver les personnes avec lesquelles on partage le plus de points communs.

« Comeet permet à la fois de développer son réseau mais aussi de fédérer les salariés d’une même entreprise, quel que soit son échelon au sein de la hiérarchie. Cela permet de rencontrer des collègues à qui l’on n’aurait pas parler . En bref, de passer du virtuel au réel afin de créer une solide culture d’entreprise » indique Samuel Metias, fondateur de Comeet.

Le futur du bien-être en entreprise grâce à l’intelligence artificielle ?

Médecine, finance, high tech, … l’intelligence artificielle se développe dans tous les domaines. Véritable prouesse technologique, l’intelligence artificielle est rapidement devenue un enjeu, jusqu’au bien-être en entreprise ! Elle s’immisce dans le quotidien des entreprises pour améliorer le confort et la productivité des salariés.

Selon une étude Accenture publiée en 2016, ces logiciels intelligents pourraient multiplier la croissance française par deux et augmenter la productivité du pays de 20% d’ici à 2035. Les entreprises misent sur l’intelligence artificielle pour croître mais toutes n’ont pas encore pris la mesure de ce que l’IA peut leur apporter.

« L’intelligence artificielle est un vrai défi pour les entreprises. Que l’on soit pour ou contre, les perspectives de transformations sont belles et bien présentes. Utilisée à bonne escient, l’intelligence artificielle est un formidable outil et c’est tout naturellement que l’on a choisi de l’utiliser pour développer Comeet avec pour seul objectif : améliorer le bien-être au travail » conclut Samuel Metias.

Comeet répond aux besoins des entreprises en matière de sécurité et de respect des données des utilisateurs. La start-up est engagée pour la protection des données personnelles de ses utilisateurs, c’est pourquoi aucune donnée n’est stockée sur l’application.

A propos de Comeet
Créée en 2017, Comeet met à la disposition des collaborateurs d’une entreprise une application mobile leur permettant de rencontrer d’autres collègues lors d’activités conviviales comme un déjeuner ou encore une séance de sport. Le service s’appuie sur les dernières innovations en matière d’intelligence artificielle afin de proposer aux utilisateurs une expérience pertinente et adaptée aux besoins de chacun. L’ambition de Comeet est de réinventer la vie en entreprise en proposant aux employés une expérience sociale inédite leur permettant de développer facilement leur réseau professionnel.

[1] Selon une enquête IPSOS parue en février 2016

Un monde sans travail ?

Les technologies vont-elles détruire le travail ? Cette question tourmente les hommes depuis les débuts de l’ère industrielle. La machine à vapeur, l’électricité, l’automobile ont remplacé des millions d’ouvriers… mais, toujours, de nouveaux postes sont apparus. Aujourd’hui, les stupéfiants progrès de l’intelligence artificielle vont confronter la société à un terrible défi. Dans la décennie qui vient, robots et ordinateurs intelligents vont générer un chômage sans précédent. Comme les machines ont remplacé les ouvriers, des programmes informatiques pourraient se substituer aux employés de bureaux. Mais alors que les « cols bleus » se sont reconvertis dans les services, les « cols blancs » pourront-ils trouver comment rebondir ?.

Par une série de reportages vivants et d’entretiens avec les meilleurs experts, Tiffany Blandin explore les coulisses de cette mutation irrépressible, racontant comment les géants de la Silicon Valley et les startups du monde entier s’emparent de cette technologie, et comment les entreprises de tous les secteurs, déjà, envisagent de se séparer de leurs salariés. Loin des regards, l’automatisation des tâches intellectuelles s’est enclenchée. Il faut en prendre conscience dès maintenant, affronter ce nouveau défi et trouver des solutions pour tous. Sans quoi seuls les plus riches en profiteront.

Tiffany Blandin, née en 1984, est journaliste indépendante. Passionnée par l’investigation, elle écrit sur l’économie, le social et l’environnement pour le quotidien Reporterre et de nombreux magazines grand public.

Ce livre est édité en partenariat avec Reporterre, le quotidien de l’écologie sur Internet.


L’émergence de ce monde sans travail.

L’avenir appartient-il aux machines ? Plus fiables, plus rapides et moins coûteuses que les êtres humains, elles sont en passe de les remplacer dans les entreprises. Enquête sur la marche inéluctable de la robotisation du travail et la fin annoncée de l’emploi.

Depuis vingt ans, les politiques ne parviennent plus à endiguer le chômage de masse et le plein-emploi apparait comme le symbole d’un passé révolu. Les machines “intelligentes”, plus fiables et moins coûteuses que les humains, sont en passe de nous remplacer tandis que l’essor des algorithmes contribue à l’automatisation croissante du travail.

La prochaine cible de cette quatrième révolution industrielle : les cols-blancs, le cœur de la classe moyenne, en France comme partout ailleurs dans le monde.

Du côté de la société civile, les idées et les initiatives se multiplient pour tenter de faire face à cette disparition du plein-emploi. Parmi elles, la proposition de créer un revenu minimum d’existence universel, de garantir une nouvelle répartition de la création de richesses et de retrouver le lien entre l’économie et la réalité d’un monde aux ressources limitées.

Emission de France 5 du mercredi 11 octobre 2017.

Laurent Alexandre : La guerre des intelligences

L’intelligence artificielle peut elle dépasser les humains, et comment l’éducation doit faire sa révolution ?

Depuis la parution en 2011 de son premier essai La mort de la mort, comment la techno-médecine va bouleverser l’humanité, Laurent Alexandre s’est révélé comme l’un des plus visionnaires analystes des révolutions technologiques. Il s’attaque aujourd’hui à l’intelligence artificielle et aux vertigineuses mutations qu’elle va déclencher dans nos modes de vie, et en particulier dans notre conception de l’éducation.

D’un côté, l’intelligence artificielle progresse bien plus vite que tous les pronostics avancés : la rapidité d’apprentissage de l’intelligence artificielle est multipliée par 100 chaque année. Il faut trente ans pour former un ingénieur ou un radiologue, quelques heures pour éduquer une intelligence artificielle ! De l’autre, une école qui n’a pas évolué depuis 250 ans qui forme aux métiers d’hier et qui n’a pas intégré le bouleversement inévitable que l’intelligence artificielle va provoquer sur le marché du travail. Comment faire pour que nos cerveaux biologiques résistent à l’intelligence artificielle et restent complémentaires ? Comment nos enfants pourront-ils rester compétitifs face à l’intelligence artificielle ? Comment l’éducation, non totalement darwinienne, trouvera-t-elle sa place à côté des cerveaux de silicium boostés par les moyens presque infinis des GAFA et autres géants américains et chinois ? Quels scénarios l’Humanité devra-t-elle choisir ? Faut-il accepter le vertige transhumaniste qui nous « upgrade » biologiquement mais nous maintient Homme ? Fusionner avec l’intelligence artificielle en devenant des cyborgs ? Interdire ou limiter puissamment l’intelligence artificielle ?

C’est à cette réflexion fondamentale et passionnante que Laurent Alexandre nous invite.

Lire un extrait

Selon Mark Cuban, l’IA sera à l’origine de la plus grande rupture de ces 30 dernières années dans le monde du travail

Lors d’un discours récent, Mark Cuban a soutenu que l’intelligence artificielle allait remplacer un nombre considérable d’emplois – pourtant, si l’on en croit de précédentes déclarations de Cuban, il ne croit pas que le revenu universel (ou revenu de base) soit une solution. Sa vision contraste avec celles d’autres leaders de technologies industrielles.

Bill Gates : le robot qui prend votre travail devrait payer des impôts
Stephen Hawking : l’automatisation et l’IA vont décimer les emplois de la classe moyenne
Vinod Khosla : « 80% des emplois informatiques peuvent être remplacés par l’automatisation

Citibank indique « des prévisions suggérant qu’il y aura 9,5 millions de nouveaux emplois et 98 millions d’emplois qui vont être remplacés par des machines intelligentes dans l’UE de 2013 à 2025. L’analyse montre que la moitié des emplois disponibles dans l’UE aurait besoin de travailleurs hautement qualifiés.

Un rapport publié en février 2016 par Citibank en partenariat avec l’Université d’Oxford a prédit que 47 % des emplois aux États-Unis sont à risque d’automatisation. Au Royaume-Uni, 35 % le sont. En Chine, c’est un énorme 77 % – tandis que dans l’ensemble de l’OCDE, en moyenne 57 %.

Mark Cuban a alerté sur les dangers potentiels que fait peser l’intelligence artificielle sur le monde du travail, affirmant, durant un échange au OZY Fest dimanche que :

« Il va y avoir un grand nombre de personnes sans emploi qui seront remplacées par la technologie et si nous n’en prenons pas conscience maintenant, nous devrons faire face à de vrais problèmes ».

Et Cuban d’ajouter qu’il ne se rappelle pas d’une telle transformation du monde du travail dans l’histoire récente.

« Nous traversons une période de transition où nous verrons plus de ruptures engendrées par l’intelligence artificielle que lors de ces 30 dernières années ».

C’est la dernière alerte parmi toute une série lancée par le magnat du sport à propos de la révolution de l’intelligence artificielle au 21e siècle. En février, Cuban a tweeté que « l’automatisation va engendrer une recrudescence du chômage à laquelle nous ne sommes pas préparés » – mais, contrairement à d’autres, il n’est pas d’accord sur le fait que le revenu universel soit une solution à ce problème, tweetant à nouveau que c’est « l’une des pires réponses possibles » à la crise potentielle.

Rapport de l’ONU : les robots vont remplacer les deux tiers des emplois dans les pays en développement
850 000 emplois supplémentaires vont être automatisés d’ici 2030 au Royaume-Uni
L’intelligence artificielle et l’automatisation : seulement 1,5 % des emplois perdus pourraient être remplacés par les emplois créés
ING Focus Belgique – les emplois les plus « robotisables » (PDF)
L’évolution de l’intelligence artificielle pourrait sonner le glas de nombreuses professions
La Banque d’Angleterre et Bank of America Merrill Lynch annoncent une apocalypse de l’emploi

traduction Virginie Bouetel

TheStreet, OZY

Des robots pour remplacer les juges ?
Ross, le premier avocat Robot du monde
Automatisation : environ 114.000 emplois juridiques seront perdus soit 39% des emplois dans le secteur

Le Revenu universel d’existence #hamon2017

Avoir de la visibilité sur ses revenus et percevoir un salaire juste permet d’être inclus dans la société. Le Revenu Universel d’Existence est le nouveau pilier de la protection sociale du XXIe siècle et le meilleur ami du travail, mais du travail mieux payé et moins subi.

Calculez le montant de votre R.U.E.

crédit https://www.benoithamon2017.fr/

Le Revenu de base : un outil pour construire le XXIe siècle – comment le financer

Ouvrage collectif du MFRB coordonné par Jean-Eric Hyafil

Tandis que notre économie est en pleine mutation, nous sommes à la recherche d’une dynamique de progrès pour nos sociétés en souffrance. La proposition du revenu de base – ­un revenu versé de façon inconditionnelle, universelle et individuelle, cumulable avec les autres revenus (travail, patrimoine, remplacement) ­- incarne fortement cette idée de progrès en ce qu’il est porteur d’émancipation.

Ce livre présente les multiples arguments qui justifient la mise en oeuvre d’un revenu de base dès maintenant : besoin d’émancipation des travailleurs, tremplin pour développer de nouvelles richesses, notamment non­ marchandes, meilleure protection des travailleurs dans un contexte d’automatisation des emplois et “d’uberisation de l’économie”, émancipation des femmes, des jeunes et des citoyens… Mais aussi possibilité de sortir d’un carcan idéologique et d’une impasse politique dans lesquels la croissance économique est devenue l’unique solution aux problèmes sociaux. Le revenu de base offre ainsi la promesse de changer de paradigme économique, politique et social.

→ Consulter le sommaire du livre

→ Consulter un extrait du livre – Chapitre 3

Ouvrage collectif du MFRB coordonné par Jean-Eric Hyafil et Thibault Laurentjoye

Panorama des modalités de financement

Après avoir présenté les multiples justifications du revenu de base dans le livre précédent, Revenu de base : un outil pour construire le XXIème siècle, nous présentons ici les multiples propositions concrètes de mise en oeuvre du revenu de base.

Ce manuel donne la possibilité au lecteur de construire sa propre proposition de revenu de base et de choisir la façon dont il souhaite le financer. Les sources de financement sont multiples (impôt sur le revenu, sur la consommation, sur les bénéfices, sur le patrimoine, fiscalité écologique, etc.). La question du montant du revenu de base est aussi débattue, celle de son coût budgétaire, ainsi que celle des prestations et politiques qu’il pourrait éventuellement remplacer. Enfin, une dernière partie s’intéresse à la façon dont est créée la monnaie aujourd’hui et propose une réforme qui consisterait à passer à une création monétaire sous forme de dividende universel. Ce livre démontre non seulement que le revenu de base est une mesure à portée de main, mais aussi que les pistes pour le financer sont multiples.

→ Consulter le sommaire du livre

→ Consulter un extrait du livre – Chapitre 1

Le revenu de base face aux défauts du RSA :

Financer le revenu de base par l’impôt :

Pourquoi individualiser l’impôt et les prestations sociales ?

Forfaitiser les aides aux familles : c’est plus juste !

Le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB) est une association transpartisane créée en mars 2013 qui se donne pour mission de promouvoir dans le débat public l’idée d’un revenu de base, afin d’aboutir à son instauration en France. Dans un esprit d’ouverture, le mouvement a pour vocation de présenter les différentes propositions de revenu de base qui respectent sa charte, tant sur les aspects pratiques (financement, montant, instauration) que sur les justifications idéologiques et philosophiques.

La technologie détruit-elle l’emploi ?

La Banque d’Angleterre et Bank of America Merrill Lynch annoncent une apocalypse de l’emploi
→ Rappelons que l’Institut McKinsey prévoit à l’horizon 2025, la disparition de 140 millions d’emplois qualifiés au niveau mondial.
Dans ce numéro de ING Focus, nous joignons de manière inédite les probabilités de robotisation des emplois telles qu’évaluées par Frey et Osborne pour les Etats-Unis avec un TOP 100 des métiers pour lesquels le nombre d’emplois robotisables est le plus important en Belgique.
Singularity University : Ce n’est pas un mythe, les robots et l’intelligence artificielle vont supprimer les emplois dans presque toutes les industries
Préparez-vous à un monde avec une raréfaction sans précédent des emplois et donc de vos revenus


Dr Michael A. Osborne is a University Lecturer in the Machine Learning Research Group of the University of Oxford’s Department of Engineering Science. His research interests focus on the design of intelligent systems: algorithms capable of substituting for human time and attention. He has worked to apply his novel techniques to scientific and engineering problems in fields as diverse as astrostatistics, ornithology and sensor networks.

Dr Carl Benedikt Frey is an economics researcher with the Oxford Martin Programme on the Impacts of Future Technology and Nuffield College.

His work focuses on technological change and its potential impacts on labour markets, as well as on income inequality. He has previously worked as an economist in government, academia and the financial sector.

Bouleversements à venir

Extrait de : Pour une présidentielle sous le signe des NBIC, par Laurent Alexandre, LesEchos.fr, le 23 mai 2016

Le prochain quinquennat devra être celui de l’orientation technologique des politiques publiques à toute échelle et pour tous les citoyens. La France ne peut plus sous-estimer les effets et les turbulences engendrés par la convergence NBIC. La montée en puissance de l’intelligence artificielle et de la robotique n’impactera pas seulement les joueurs de Go, mais bien l’ensemble des acteurs économiques de la nation. Aucun secteur, aucun écosystème ne pourra faire l’économie d’une adaptation rapide aux mutations technologiques. La révolution NBIC va modifier en profondeur le marché du travail, la finance, l’industrie, l’économie, la santé publique, l’éducation, la recherche et la défense nationale.

Chaque ministère du futur gouvernement devra accompagner et gérer des ruptures technologiques qui détruiront les consensus et les équilibres traditionnels. Face à ces ruptures, la France doit mener un combat exemplaire pour s’adapter. Il faut désormais que les candidats s’interrogent et nous interrogent sur l’avenir technologique de la Nation : allons-nous subir la révolution des NBIC ou au contraire, agir et profiter de ses innovations et du développement économique qu’elle entraîne ? C’est finalement la question principale qui devrait guider la rédaction d’un programme politique pour 2017.

La société civile, quant à elle, ne peut plus rester à l’écart de l’action politique. Ils contribueront au succès de la Nation, ou à son déclin, s’ils ne sont pas entendus par le pouvoir.