Étude prospective à l’horizon 2030 : impacts des transformations et ruptures technologiques sur notre environnement stratégique et de sécurité.

Pour la première fois, un document gouvernemental en matière de prospective technologique est réalisé par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) pour penser les défis technologiques à venir auxquels nous serons confrontés et les ruptures stratégiques qui en découleront. Il vise à proposer des pistes de réflexion à l’ensemble des acteurs de la communauté stratégique française, voire alimenter le débat public dans une période où les questions de sécurité et de défense s’imposent au cœur des préoccupations.

A vocation pédagogique, cet exercice de prospective n’exprime pas de position officielle et ne correspond pas à une quelconque doctrine, livre blanc ou politique publique. Il reflète le point de vue de chercheurs et l’état des réflexions sur un ensemble de sujets. Le choix des thématiques résulte du travail de veille technologique réalisé par le SGDSN, en relation étroite avec le monde de la recherche. Il pourra être actualisé et augmenté par l’étude ultérieure d’autres sujets.

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Sommaire

Avant-propos
Introduction
Partie 1 : Des tendances qui se consolident
La défense antimissile balistique en 2030 : un système militaire mature au cœur des équilibres stratégiques
La démocratisation de l’accès à l’espace
Paix et guerre dans le cyberespace
La dissuasion, atout de puissance et facteur de paix
Terrorisme et menaces NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) : vers un terrorisme technologique ?
Frontières passoires ou frontières intelligentes
Partie 2 : ruptures technologiques – ruptures stratégiques
Les missiles et vecteurs hypervéloces, nouveaux déterminants des puissances ?
Militarisation et insécurisation de l’espace
La révolution de l’impression 3D
La biologie de synthèse : un saut dans l’inconnu
Comment les neurosciences vont-elles transformer la guerre ?
La cryptographie est-elle à l’aube de la révolution quantique ?
Le champ de bataille « 3.0 » : intelligence artificielle, robots, nanotechnologies et armes à énergie dirigée sous l’uniforme


Extrait : Comment les neurosciences vont-elles transformer la guerre ?

L’impact potentiel des neurosciences sur la manière de faire la guerre est identifié et de nombreuses recherches sont en cours. Essentielles en termes de santé, ces avancées vers « l’homme augmenté » sont parfois déroutantes au plan militaire et éthique. La France et l’Europe doivent les prendre en compte pour maintenir leurs capacités de défense pour la guerre du futur, identifier les priorités afin de ne pas disperser moyens et financements et se préparer à créer les conditions d’une modération des acteurs et d’un encadrement international.

De formidables avancées susceptibles d’intéresser la défense

Les stratégies et méthodes permettant d’étudier le fonctionnement cérébral ou de modifier les capacités cognitives sont de natures très diverses, impliquant à la fois des technologies non-invasives ou invasives. Des avancées récentes en matière d’imagerie cérébrale, de techniques de neuromodulation ou d’interfaces cerveau-machine ouvrent de nouvelles perspectives à plus ou moins long terme.

Pour les forces armées, les recherches actuelles dans le domaine des neurosciences, si elles aboutissent, pourraient participer à la réalisation de plusieurs objectifs, comme :

– la préservation de la santé et de la sécurité des opérateurs militaires ;
– le maintien, voire l’amélioration de leurs performances, notamment en matière d’endurance, de capacités sensorielles, de réactivité, de productivité, de créativité ou encore de résistance au stress.

Ces applications auraient une incidence directe sur les performances individuelles et la capacité opérationnelle.

Parmi les axes de recherche qui suscitent également un intérêt – et soulèvent autant d’enjeux éthiques et sociétaux – figurent l’exploitation des connaissances et technologies relevant des neurosciences, en particulier des techniques d’imagerie cérébrale fonctionnelle, en vue d’évaluer la véracité des informations obtenues lors d’un interrogatoire ou même de déterminer le degré de responsabilité d’un individu, notamment dans le cadre d’expertises judiciaires ou dans le domaine du renseignement.

L’Homme augmenté, réflexions sociologiques pour le militaire
Éthique sur le champ de bataille dans un futur proche
Augmentation des performances humaines avec les nouvelles technologies : Quelles implications pour la défense et la sécurité ?

Les applications potentielles des neurosciences pour les forces armées, dont certaines restent à l’heure actuelle très hypothétiques, comprennent :

– le suivi médical individuel des combattants, par exemple la surveillance de l’évolution de la vigilance ou du niveau de stress ;
– la prise en charge médico-psychologique, avec notamment la possibilité de restaurer une fonction après une atteinte à l’intégrité physique, voire psychique (commande de dispositif prothétique, perception de sensations recréées, restauration des souvenirs, etc.) ;
– l’amélioration de la formation et de l’entraînement, y compris en cas de stress ;
– l’amélioration des performances physiques et sensorielles des combattants ;
– le guidage à distance de systèmes d’armes, tels que des robots, des drones ou un exosquelette, par une interface cerveau-machine ;
– l’amélioration des performances cognitives des opérateurs et des combattants, en particulier dans un environnement complexe et avec des sollicitations multiples ;
– l’obtention et l’évaluation d’informations à des fins de renseignement ;
– la mise en réseau de capacités cérébrales afin de pouvoir combiner des compétences individuelles.

Le nouvel exosquelette des Forces Spéciales « Iron Man » arrête les balles avec une armure liquide
Robotisation des armées : « Il y a un début de fuite en avant dans certains pays »
Réalité augmentée pour les forces armées
Le nouveau programme de la DARPA envisage de stimuler vos nerfs pour l’auto-guérison

S’ils se concrétisent, certains développements pourraient être à l’origine de profonds bouleversements dans les prochaines décennies, sans qu’il ne soit encore possible de déterminer toutes les conséquences au niveau individuel, sociétal ou international. En effet, outre la restauration des capacités, il devient désormais envisageable de pouvoir altérer de façon ciblée des fonctions cognitives telles que la mémorisation ou le processus de prise de décision, en les améliorant ou en les dégradant, voire peut-être un jour de modifier ou créer des souvenirs ou encore d’accéder aux pensées d’un individu. Ces évolutions imposent d’engager une réflexion approfondie sur les questions éthiques, sociétales, juridiques et médicales afférentes, en fonction des applications, qu’elles soient civiles ou militaires, et du contexte d’emploi. Elles soulèvent des questions quant aux conséquences en termes de dignité humaine et de respect de la vie privée, mais aussi de risques d’atteinte à l’identité personnelle et à l’autonomie. En interférant avec les fonctions cognitives, ces avancées s’accompagnent ainsi d’une possible remise en cause des notions de libre arbitre ou de responsabilité individuelle, telles qu’elles sont traditionnellement appréhendées. Enfin, il convient de considérer les risques de détournement à des fins malveillantes.

Les scientifiques ont repéré le circuit cérébral qui pourrait aider à effacer la peur
Interfaces cerveau-ordinateur : des fonds militaires pour contrôler les sentiments
Une manipulation de neurones spécifiques aide à effacer les mauvais souvenirs et améliorer les bons
José Delgado et ses dispositifs de contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau

Au-delà de l’état actuel des connaissances sur le cerveau et son fonctionnement, la complexité de la problématique est aussi liée à l’interdépendance fonctionnelle avec l’environnement physique et social. Que la modification soit recherchée ou secondaire, il peut y avoir atteinte à l’intégrité physique ou psychique des individus. Sans même chercher à dégrader certaines capacités, il existe un risque que l’amélioration de fonctions cognitives spécifiques se fasse au détriment d’autres. La question de la réversibilité des effets doit également être posée. Il faut de plus considérer la problématique de l’acceptabilité individuelle mais aussi sociétale.

La sécurité des équipements médicaux implantables fait déjà partie des préoccupations majeures pour les acteurs du secteur de la santé. En plus des risques de dysfonctionnement, la vulnérabilité aux cyber-attaques de certains systèmes représente donc une crainte légitime, en particulier s’agissant de ceux qui sont connectés et reçoivent et/ou transmettent des flux de données à distance, et ce d’autant plus s’ils sont invasifs. En prenant pour exemple les travaux de recherche en cours portant sur le développement d’un implant neuronal qui pourrait remplacer les dispositifs externes de réalité virtuelle, des informations altérées pourraient par exemple être transmises directement au niveau du cortex visuel.

A l’horizon 2030, un soutien financier substantiel à des programmes de recherche innovants aura permis d’obtenir des résultats concrets, avec une transition réussie de la recherche fondamentale à des applications concrètes de façon générale mais aussi a posteriori dans les forces armées. Dans le même temps, les recherches relevant des neurosciences bénéficieront des approches collaboratives et interdisciplinaires, permettant la levée de verrous technologiques. « L’homme augmenté » sera en passe de devenir une réalité.

Les États-Unis, comme la Chine, auront investi massivement dans ce domaine. Malgré de fortes réticences au sein de la société civile et d’organisations non gouvernementales, voire du Comité international de la Croix-rouge, certains systèmes innovants seront déployés et opérationnels au sein des forces armées américaines et vraisemblablement, de façon plus limitée, de celles d’autres pays comme la Chine, de la Russie ou Israël. A ce stade, il s’agira principalement :

– d’implants destinés à augmenter l’acuité visuelle ou auditive ;
– de dispositifs d’électrostimulation cérébrale pour les opérateurs exerçant en environnement complexe ;
– d’interfaces cerveau-machine permettant soit d’utiliser des exosquelettes afin d’augmenter les capacités locomotrices, soit de piloter des drones ou des robots pour le déminage des engins explosifs improvisés (IED) ;
– d’outils d’aide aux interrogatoires à des fins de renseignement.

Facebook travaille sur une interface cérébrale qui vous permettra de « communiquer uniquement avec votre esprit »

Au cas où vous l’auriez manqué, le 18-19 avril a eu lieu la Conférence annuelle des développeurs de Facebook. Lors de l’événement, le PDG Mark Zuckerberg a révélé des détails clés sur l’avenir de l’entreprise, en mettant l’accent sur le fait que Facebook travaille sur les robots, les drones, la réalité virtuelle, la réalité augmentée et il a également déclaré que les détails clés sur « les interfaces directes cerveau-ordinateur (BCIs) » vont être révélés. (voir plus bas).

Le travail provient du mystérieux « Building 8 (B8) » de Facebook, qui semble avoir travaillé sur des technologies de cerveau-machine depuis un certain temps. Dans leur récente recherche d’un ingénieur, B8 affirme qu’ils souhaitent « un ingénieur expérimenté en interface neuronale directe – [aussi appelée IND ou BCI (brain-computer interface : interface cerveau-machine, ou encore interface cerveau-ordinateur] qui sera chargé de travailler sur un projet de 2 ans avec B8 axé sur le développement de technologies IND avancées. »

Zuckerberg a déclaré quel serait l’objectif ultime de cette interface :

« Demain, nous allons vous mettre au courant de tous nos travaux sur la connectivité. Nous avons une équipe en ce moment en Arizona qui se prépare pour notre deuxième vol d’Aquila, notre avion à énergie solaire qui va aider à propager la connectivité Internet aux gens du monde entier et nous allons aussi vous mettre au courant sur beaucoup d’autres technologies que nous développons. Regina Dugan vous parlera d’un projet que nous menons pour développer quelque chose qui va au-delà de la réalité augmentée, et cela comprend les travaux autour des interfaces directes du cerveau qui, éventuellement, un jour, vous permettront de communiquer en utilisant seulement votre esprit. »

→ L’interface cerveau-à-cerveau — le prochain grand saut dans la communication humaine : des pouvoirs télépathiques

Zuckerberg affirme que la société annoncera l’état d’avancement de leurs travaux sur la technologie BCI et du calendrier jusqu’au dévoilement final. Bien sûr, la neuroscience est assez complexe, et il y a beaucoup de recherches qui doivent encore être réalisées. Par conséquent, les détails seront probablement basés en grande partie sur des projections.

Facebook a publié les détails sur leur interface cerveau-machine

Regina Dugan est une ancienne cadre exécutive de DARPA et chef actuel du mystérieux Building 8 de Facebook. Elle a également travaillé pour la division des projets avancés de Google. A présent, Dugan publie les informations sur le travail que B8 a fait :

  • Facebook travaille pour développer une interface cerveau-machine qui, à l’avenir, permettra aux individus de communiquer avec d’autres personnes sans parler. En fin de compte, ils espèrent développer une technologie qui permet aux gens de « parler » en n’utilisant que leurs pensées – sans contrainte de temps ou de distance.

La communication cerveau à cerveau chez les humains pourrait bientôt devenir une réalité

  • Ils veulent créer des « produits définissant des catégories » qui sont d’abord « sociaux », des produits qui nous permettent de former plus de connexions humaines et, en fin de compte, d’unir le monde numérique d’Internet avec le monde physique et l’esprit humain.

  • Dugan note que le cerveau produit environ 1 téraoctet par seconde. Cependant, par le biais de la parole, nous ne pouvons transmettre des informations à d’autres personnes qu’à environ 100 octets par seconde. Facebook veut obtenir toutes les informations qui sont transmises à notre centre de la parole hors du « cerveau » et dans le monde (pour nous permettre de les fournir à d’autres à volonté).

  • Pour leur projet de départ, ils espèrent permettre à tous les humains de « taper » et « cliquer » à travers notre cerveau afin d’interagir avec notre technologie. Par exemple, les personnes atteintes d’ALS pourraient taper – sans avoir à cligner des yeux – mais avec leurs pensées. Ainsi, ils souhaitent « décoder le discours » et permettre à tous les individus de communiquer en utilisant nos ondes cérébrales.

  • Au départ, leur objectif est de permettre aux gens de taper 5 fois plus rapidement (qu’ils ne peuvent le faire actuellement sur un smartphone) directement à partir de leur cerveau. Cela signifie qu’ils développent des technologies qui peuvent « lire » le cerveau humain afin de transmettre cette information.

Les scientifiques décodent les pensées, lisent l’esprit des personnes en temps réel

Brevets américains pour les technologies de manipulation et contrôle de l’esprit

Mind control

Interfaces cerveau-ordinateur : des fonds militaires pour contrôler les sentiments

Les tatouages télépathie ou télékinésie

  • Ensuite, ils travailleront pour permettre aux gens de « taper » 100 mots par minute en utilisant leurs pensées. C’est beaucoup plus rapide que ce que peuvent faire la plupart des humains sur un ordinateur. Une personne moyenne tape entre 38 et 40 mots par minute.

  • Ils ont développé des capteurs qui permettent aux gens d’ « entendre » leur peau. En fin de compte, avec la technologie de Facebook, les humains peuvent « ressentir » les mots.

  • Finalement, ils veulent permettre aux gens de pouvoir penser quelque chose et d’envoyer la pensée sur la peau de quelqu’un. En outre, ils permettront aux gens de penser à quelque chose dans une langue et d’avoir une autre personne recevant cette pensée dans une langue différente.

Cela dit, les technologies BCI seraient bien plus proches que nous le pensons.

Zuckerberg n’est pas le seul à travailler sur une interface cerveau-machine. Récemment, Elon Musk a annoncé la création de la société Neuralink, qui fera des recherches sur le cerveau humain afin d’accroître l’intelligence humaine et permettra aux humains de suivre le rythme des intelligences artificielles. Initialement, ces améliorations aideront probablement dans de plus petites proportions, par exemple en nous aidant à améliorer nos souvenirs en créant des composants de stockage amovibles supplémentaires.

De même, le fondateur de Braintree, Bryan Johnson, a investi 100 millions de dollars pour faire une neuroprothèse qui nous permettra de débloquer le pouvoir du cerveau humain et, finalement, rendre notre code neuronal programmable. Johnson décrit le but de son travail, affirmant qu’il s’agit de co-évolution :

« Notre connexion avec nos nouvelles créations d’intelligence est limitée par des écrans, des claviers, des interfaces gestuelles et des commandes vocales – des modalités d’entrée/sortie contraignantes. Nous avons très peu d’accès à notre propre cerveau, limitant notre capacité à co-évoluer avec des machines à base de silicium de manières puissantes. »

Il travaille pour changer cela et à assurer une interface transparente avec nos technologies (et notre IA). Alors préparez-vous. La superintelligence humaine n’est (très probablement) qu’une question de temps.

Traduction Thomas Jousse

Facebook for Developers, Futurism

La communication cerveau à cerveau chez les humains pourrait bientôt devenir une réalité

Imaginez vivre dans un monde où la communication verbale n’est plus requise, une société dans laquelle la télépathie est la norme, où les individus seraient capables de “parler” entre eux en utilisant uniquement leurs pensées.

Les scientifiques ont depuis longtemps envisagé les possibilités d’une communication de cerveau à cerveau chez les humains, et il semble que leurs rêves pourraient devenir réalité au cours de la prochaine année, ou plus. Un tel système serait rendu possible grâce à des avancées majeures qui ont été obtenues dans des essais récents impliquant des animaux.

Dans une étude, trois singes étaient reliés par des implants cérébraux individuels, puis placés dans des chambres séparées. Ils ont eu la tâche de contrôler un bras virtuel sur un écran, une tâche qu’ils ne pouvaient réaliser avec succès que s‘ils travaillaient ensemble. Finalement, ils l’ont fait. Selon Miguel Nicolelis, le dirigeant de l’étude, “ils ont synchronisé leurs cerveaux et ont achevé la tâche en créant un super cerveau – une structure qui est la combinaison de trois cerveaux”.

→ Nature, Computing Arm Movements with a Monkey Brainet
→ Nature, Building an organic computing device with multiple interconnected brains

Alternativement, une autre expérience ayant testé la synchronicité du cerveau chez quatre rats a obtenu des résultats similaires. Après 10 essais, les scientifiques ont trouvé que les rats étaient capables de penser comme un seul 61 pourcents du temps. Ils ont acquis une plus grande précision dans la résolution de problèmes simples lorsqu’ils ont combiné leurs esprits.

Plus récemment, la recherche s’est focalisée sur les humains. Dans une étude, les chercheurs ont placé deux individus dans des chambres séparées et leur ont donné la tâche de jouer un jeu de 20 questions sur un ordinateur en utilisant uniquement leurs cerveaux. Ils ont transmis des réponses “oui” ou “non” à l’aide d’un casque d’électroencéphalographie (EEG), qui suivait l’activité cérébrale d’une personne et déclenchait un courant électrique dans le cerveau de l’autre personne.

Une étude pilote de communication directe cerveau-à-cerveau chez l’homme
Interface cerveau-à-cerveau — le prochain grand saut dans la communication humaine

Un jour, nous pourrions essayer d’aller plus loin afin de détecter des processus de pensée individuels. Ces pensées pourraient être transmises à une autre personne, influençant les décisions qu’ils prennent.

Les scientifiques décodent les pensées, lisent l’esprit des personnes en temps réel
Le machine-learning peut lire votre électroencéphalographie (EEG) et découvrir vos habitudes

Cela pourrait être un énorme changement pour les personnes atteintes de paralysie et d’autres conditions médicales les empêchant d’être en mesure d’effectuer des tâches physiques. Par exemple, assembler une combinaison robotique équipée de brainet, (réseau de cerveaux ou cerveau ordinateur) une synchronisation de plusieurs cerveaux agissant comme un ordinateur organique, pourrait permettre aux gens de recevoir l’aide des autres lorsqu’ils apprennent à utiliser un exosquelette pour retrouver le mouvement.

Pour l’instant, il est assez difficile de créer un dispositif imitant la pure télépathie. Nos cerveaux sont uniques, et chacun d’entre eux pense différemment, nos pensées étant influencées par nos souvenirs et expériences individuelles. Les schémas cérébraux résultants rendent difficile pour les neuroscientifiques de développer la communication cerveau à cerveau, mais s’ils peuvent révéler les modes de pensée d’un individu, ils pourraient potentiellement utiliser l’activité cérébrale d’une autre personne pour déclencher ces pensées.

traduction Benjamin Prissé

New Scientist, Popular Mechanics, Futurism

Peter Diamandis pense que nous évoluons vers la “méta-intelligence”

Au cours des 30 prochaines années, l’humanité va être en pleine transformation comme jamais auparavant. Le fondateur et président de la Fondation XPRIZE, Peter Diamandis, pense que cela donnera naissance à une nouvelle espèce. Diamandis admet que cela pourrait paraître trop loin pour la plupart des gens. Il est convaincu, cependant, que nous évoluerons vers ce qu’il appelle la « méta-intelligence », et le taux exponentiel actuel de croissance est une indication claire.

« Je crois que nous nous dirigeons rapidement vers une transformation à l’échelle humaine, la prochaine étape évolutive dans ce que j’appelle une « méta-intelligence », un avenir dans lequel nous sommes tous très liés – cerveau à cerveau, via le Cloud – partageant des pensées, des connaissances et des actions », écrit-il.

Interface cerveau-à-cerveau — le prochain grand saut dans la communication humaine

Diamandis décrit les prochaines étapes de l’évolution de l’humanité en quatre étapes. Il y a quatre forces motrices derrière cette évolution : notre monde interconnecté, l’apparition de l’interface cerveau-ordinateur (BCI), l’émergence de l’intelligence artificielle et l’homme atteignant la dernière frontière de l’espace.

Dans les 30 prochaines années, l’humanité passera de la première étape – où nous sommes aujourd’hui – à la quatrième étape. De simples humains dépendants les uns des autres, l’humanité intégrera la technologie dans son corps pour permettre une utilisation plus efficace de l’information et de l’énergie. Cela se produit déjà aujourd’hui.

La troisième étape est un point crucial.

Grâce à l’interface cerveau-ordinateur et à l’IA, les humains vont se connecter massivement entre eux et des milliards d’IA (ordinateurs) via le cloud, analogues aux premières formes de vie multicellulaires, il y a 1,5 milliard d’années. Une telle interconnexion massive mènera à l’émergence d’une nouvelle conscience globale, et un nouvel organisme que j’appelle la méta-intelligence.

Cela rappelle un autre événement futuriste que beaucoup attendent avec impatience : la singularité technologique. “Dans un quart de siècle, l’intelligence non biologique correspondra à la gamme et à la subtilité de l’intelligence humaine“, a déclaré Ray Kurzweil.

En raison de l’accélération continue des technologies informatiques, ainsi que de la capacité des machines à partager instantanément leurs connaissances. Kurzweil prévoit que cela se produira d’ici 2045. Dans la chronologie évolutive de Diamandis. « L’intelligence non biologique créée cette année sera un milliard de fois plus puissante que toute intelligence humaine aujourd’hui. »

La quatrième et dernière étape marque l’évolution de l’humanité pour devenir une espèce multiplanétaire.

« Notre voyage vers la Lune, Mars, les astéroïdes et au-delà, représentent l’analogie moderne du parcours réalisé par le poisson pulmonaire s’échappant des océans, il y a environ 400 millions d’années », explique Diamandis.

Singularity HUB

La stimulation magnétique transcrânienne pourrait être utilisée pour contrôler l’esprit

Dans un article d’avril 2002 sur Wired, il est question des différents usages et techniques de la stimulation magnétique transcrânienne (TMS). Nous avons décidé de partir à la découverte du chercheur américain en neurosciences cognitives et professeur d’université Michael A. Persinger, qui avance que la TMS pourrait être utilisée pour contrôler l’esprit, dans un article publié en 1995 dans Perceptual and Motor Skills Volume 80, Issue 3, June 1995: 791–799., titré « On the possibility of directly accessing every human brain by electromagnetic induction of fundamental algorithms. »

En effet, Persinger cherche à identifier et à cataloguer les algorithmes fondamentaux, une série d’impulsions magnétiques spécifiques qui correspondent à une réaction donnée dans le cerveau. Sans surprise, la technologie est considérée comme potentiellement dangereuse. La TMS est considérée comme une technologie inexacte, mais les chercheurs ont tout juste commencé à explorer son potentiel en neurosciences. L’article suivant traite donc de la possibilité d’influencer le cerveau humain grâce aux ondes électromagnétiques.

La communication au sein du cerveau humain est assurée par les échanges de signaux électriques (influx nerveux) entre les neurones. Ces échanges sont la source de l’ensemble des processus qui se produisent dans le cerveau, et ce chez tous les êtres humains. Partant de ce constat, Persinger étudie l’opportunité d’interférer dans ces processus sur un groupe de personnes grâce aux ondes électromagnétiques, même à distance. Il présente plusieurs exemples d’expériences sur l’homme ou l’animal issus de la recherche académique afin de soutenir sa démonstration.

L’objectif assumé de ce document est de démontrer publiquement qu’il est techniquement possible de parvenir à une telle prouesse, ce qui implique un risque lié à l’utilisation inappropriée de ces technologies.

Depuis la rédaction de cet article, de nombreux progrès ont été faits sur la stimulation magnétique transcrânienne (TMS). Cette technique est désormais utilisée couramment dans le milieu médical par exemple, et est la base de nombreux projets innovants.

Parmi ces projets :

– La TMS pourrait être employée sur des foules indifférenciées afin de manipuler l’activité de leurs cerveaux et ainsi modifier leurs états d’esprit. L’application pourrait être utilisée à des fins de maintien de l’ordre ou même comme arme militaire. ( > voir l’article)

– La société Axilum Robotics développe actuellement un robot afin d’automatiser la TMS. L’entreprise a réussi l’exploit d’envoyer le premier message par télépathie à l’aide de la TMS.

– Un rapport de 2013 du Comité Consultatif National d’Éthique pour les Sciences de la Vie et de la Santé traite des stimulants cognitifs, de la stimulation électrique transcrânienne directe, de la stimulation cérébrale focale et profonde et de la stimulation magnétique transcrânienne. (> voir l’article)

– Plusieurs équipes indépendantes de chercheurs issus d’universités prestigieuses travaillent sur des interfaces « cerveau-à-cerveau » fonctionnant grâce à la TMS. (> voir l’article)


Télécharger la traduction de l’article académique de Persinger (PDF)

Télécharger l’article académique de Persinger disponible sur son site personnel (VO PDF) ou ici.

Site personnel de Persinger

Twitter : https://twitter.com/drpersinger


Dr. Michael Persinger

Je suis né le 26 Juin 1945 à Jacksonville en Floride. J’ai vécu en Virginie, dans le Maryland puis dans le Wisconsin. Après avoir étudié à Carroll College (1963-1964), j’ai intégré et obtenu mon bachelor à l’University of Wisconsin, à Madison (1967). J’ai choisi la majeure psychologie (psychochimie) car il s’agissait de l’interface entre les sciences sociales et les sciences physiques. J’ai obtenu mon Master (psychophysiologie) à l’University of Tennessee et mon doctorat à l’University of Manitoba (1971). Depuis la fin de mes études, j’enseigne à la Laurentian University de Sudbury, dans l’Ontario au Canada. Durant cette période, j’ai publié plus de 300 articles techniques dans des revues scientifiques et rédigé six ouvrages (liste complète dans mon C.V.)

Mon premier objectif philosophique est de discerner les points de convergence entre les différentes disciplines scientifiques et d’intégrer les différents concepts fondamentaux. Je suppose que le cerveau humain avec sa microstructure et son activité complexe constitue la source de l’ensemble du savoir humain. Dans cette optique, j’ai mis l’accent sur la géophysique parce qu’il s’agit d’un élément central des sciences physiques ainsi que sur la neuroscience, puisqu’il s’agit d’un élément central des sciences biosociales émergentes. Une des conséquences principales de cette double spécialisation est la recherche des interactions entre l’environnement géophysique et météorologique avec le comportement de l’être humain.

Les explications scientifiques et les attributions sont des désignations transitoires appliquées à de nombreuses sources de variance partagées largement sous-estimées ou même non-démontrées au sein des ensembles de données numériques (ou de réponses verbales qui servent de données nominales). De ce fait, j’ai poursuivi une méthodologie et des approches (statistiques) multidimensionnelles. Je me suis concentré sur les champs magnétiques car il s’agit d’un des rares stimuli susceptibles d’engendrer des conséquences à travers tous les niveaux du discours scientifique. Cette perspective a été synthétisée dans ELF and VLF Electromagnetic Fields Effects (1974) et dans Space-Time Transients and Unusual Events (1977). Ces approches, conjuguées à mon objectif d’intégration des concepts, ont déterminées ma décision d’étudier des problématiques interdisciplinaires et d’appliquer ces compétences aux milieux académiques et fonctionnels.

Dans le domaine académique, j’ai organisé le Behavioral Neuroscience Program de la Laurentian University. Ce cursus fut l’un des premiers à associer la chimie, la biologie et la psychologie. Ce programme a été destiné à une partie des étudiants, qui ne sont pas forcément les « meilleurs », mais qui possède des capacités d’intégration et de résolution remarquables, ainsi qu’un certain désir d’apprendre. Dans le domaine clinique, je suis devenu psychologue agréé, et me suis spécialisé en neuropsychologie clinique afin de faciliter l’intégration de la neurologie, la neuropsychologie et la psychologie. Mais aussi dans le but de développer des méthodes quantitatives dont les résultats pourraient favoriser la rééducation des personnes victimes de traumatismes crâniens légers. Dans le domaine fonctionnel, nous avons travaillé sur la possibilité que certaines expériences telles que la dépression ou la mémorisation pourraient être simulées grâce à l’application transcrânienne de champs magnétiques complexes, associée à l’activité de ligands endogènes ou exogènes sur les synapses.

Sur le plan personnel, je suis préoccupé par les explications illusoires sur la conscience humaine ainsi que par le futur de l’espèce humaine. Par conséquent, suite à la rédaction de la Neuropsychological Base of God Beliefs (1987), j’ai entrepris l’emploi systématique de champs magnétiques complexes afin de discerner les schémas induisant des expériences (de présence) habituellement attribuées à une myriade d’intrusions divines ou extra-terrestres. L’objectif de ces recherches n’est pas de démentir les expériences religieuses ou mystiques de quiconque, mais de déterminer quelles parties du cerveau et quels modèles électromagnétiques génèrent ces expériences. Deux milles ans de philosophie nous ont enseigné que les tentatives visant à démontrer des réalités n’ont parfois par de solutions exprimables verbalement à cause des limites de cet instrument. Ma recherche a été motivée par le fait que la plupart des guerres et des exactions ont été associées implicitement à des croyances spirituelles ainsi qu’à la présomption que ceux qui n’adhèrent pas aux mêmes croyances sont dans un certain sens moins humain, et donc que la valeur de leur vie est moindre. Bien que ces penchants égocentriques aient pu avoir des significations utilitaristes, leur raison d’être pour l’avenir de notre espèce est discutable.

Du fait du caractère multidisciplinaire et unique de ce travail, il m’est apparu nécessaire que les méthodes et les résultats soient publiées dans des revues scientifiques. Cette mesure devrait permettre de réduire la probabilité que ces technologies ou ces connaissances soient seulement employées par une minorité privilégiée. Mis à part 10 000$ offert en 1983 par un chercheur de l’US Navy intéressé par les relations entre les champs magnétiques et l’activité cérébrale, l’ensemble de mon travail a été financé sur mes fonds personnels. La Laurentian University m’a aussi constamment soutenu en mettant à ma disposition des infrastructures. Nous sommes ravis du fait que les travaux de recherche effectués par notre laboratoire aient précédé l’intérêt de la communauté scientifique d’une dizaine à une quinzaine d’années.

Interface cerveau-à-cerveau — le prochain grand saut dans la communication humaine

Marc Zuckerberg a déclaré que l’avenir de l’internet et par conséquent de l’humanité, se trouve dans la technologie qui nous donne des pouvoirs télépathiques. Selon lui, nous serions capables d’enregistrer nos propres expériences en temps réel et de partager des pensées et des sentiments directement avec des amis et des proches. Il l’a appelé « l’avenir de la communication ». Alors comment sommes-nous proches de l’interface cerveau-à-cerveau ?

Des recherches antérieures dans l’exploitation des ondes cérébrales sonnent comme un roman de science-fiction. Envisager un singe qui pourrait contrôler un ordinateur avec ses pensées et un humain contrôlant par télépathie les mouvements de l’autre. D’autres expériences ont utilisé des « ordinateurs organiques » avec le cerveau de plusieurs chimpanzés ou des rats tous reliés ensemble.

Les neuroscientifiques de l’Université de Washington, ont récemment annoncé la télépathie électronique assistée. Dans cette expérience, deux collègues séparés d’un mile ont utilisé uniquement l’internet relayant leurs ondes cérébrales. Ils ont joué à un jeu de 20 questions. Ceci a été rendu possible par le travail de Miguel Nicolelis, un chercheurs brésiliens à l’Université Duke. A la fin des années 90, il a commencé à expérimenter la puissance électrique du cerveau, en vérifiant minutieusement chaque neurone individuel. Lui et ses collègues ont rapidement découvert quel neurone fait quoi. Par exemple, 48 neurones spécifiques se déclenchent simultanément pour permettre à un rat de se déplacer. Quand ils se sont tournés aux singes, Nicolelis et son équipe ont pu identifier les 100 neurones se déclenchant à l’unisson. Ce qu’ils ont fait ensuite a été stupéfiant.

Ils ont connecté une sonde au cerveau d’un singe et il déplaçait un point autour d’un écran avec un joystick. Quand il obtenait le point au centre, il recevait une récompense. En observant ce mouvement, les neuroscientifiques pouvaient reconnaître des modèles de cerveau. Après que le joystick a été enlevé, le singe a été relié à un autre appareil, et il pouvait déplacer le point avec ses pensées, juste en l’imaginant dans sa tête. Ce fut la première expérience du genre, la première fois qu’un primate déplace quelque chose avec ses seules pensées.

Model of the experiment
credit: big think

La découverte a inspiré les neuroscientifiques pour commencer ce qui est connu aujourd’hui sous le nom d’interface cerveau-à-cerveau. Jusqu’à présent, les résultats chez l’homme ont été limités. C’est aussi dû principalement aux règles éthiques qui interdisent le raccordement des sondes dans le cerveau des êtres humains. Pourtant, Chantel Prat et Andrea Stocco de l’Université de Washington ont relevé le défi. Tout d’abord, ils ont voulu voir s’ils pouvaient envoyer un signal d’un cerveau qui lancerait une réaction (réponse) physique dans un autre.

credit: stories by williams

Ils ont recruté deux chercheurs qui ont été placés dans des pièces différentes sur le campus. Chacun était muni d’un capuchon d’électroencéphalographie (EEG) qui mesure les ondes cérébrales. Un collègue dans une pièce a commencé à jouer un jeu vidéo avec son esprit. Pour pouvoir tirer une balle dans le jeu, il l’imagine simplement appuyant sur le bouton de tir. Un autre chercheur a reçu un casque antibruit. Sa tête était munie d’une bobine de TMS, la stimulation magnétique transcrânienne. Cet appareil émet des signaux électriques ciblés. Il a été placé sur la partie du cerveau qui contrôle son doigt. Lorsque le premier chercheur a tiré avec son cerveau, le doigt du second appuyait sur la gâchette. Un seul homme contrôlait l’autre.

Un problème avec le modèle de la télépathie selon Prat, est que la personne qui reçoit les signaux télépathiques ne peut pas dire si cela provient de leur propre cerveau ou celui de l’autre. « Quelle que soit la forme qu’elle prenne (future communication cerveau-à-cerveau) cela va être très différent d’écouter les pensées de quelqu’un dans votre tête, » dit-il. Pourtant, cette recherche porte déjà ses fruits.

The brain-to-brain communication system.
Credit: PLOS ONE

Le travail de Nicolelis a conduit à des interfaces cerveau-machine. Aujourd’hui, les paralysés sont capables de marcher à l’aide de signaux du cerveau envoyés aux prothèses robotique et peuvent même retrouver leur sens du toucher. Pendant ce temps, Prat pense qu’il peut y avoir des applications pour l’apprentissage. Vous pourriez dire quand quelqu’un se concentrait en classe par exemple, tandis que l’autre rêvassait, à l’aide de modèles d’EEG de pointe. Vous pouvez également brancher le cerveau d’un étudiant de TDAH (trouble du déficit d’attention avec ou sans hyperactivité) à celle d’une personne qui ne l’a pas, pour voir si vous pouvez de cette façon soulager les symptômes de la maladie. Ceci est théorique, bien sûr. Une autre possibilité est de raccorder les cerveaux humains à ceux des animaux et être capable d’éprouver des sensations non pas par rapport à notre espèce, mais comme le sens olfactif du chien, ou le sonar d’un dauphin.

Bien que Prat ne croie pas que le téléchargement et diffusion de pensées soit possible, d’autres ne sont pas si sûrs. Une étude de Harvard avait une personne en Inde portant une configuration EEG/TMS liée à une autre personne par le biais de l’internet en France. Le participant en Inde a pensé les mots « ciao » et « hola » qui ont été envoyées par courriel et repris par l’autre. Ces signaux ont été perçus comme des flashs de lumière qui pourraient être déchiffrés en mots. Ajoutant à cela, les chercheurs de l’Université de Washington ont décidé de jouer à un jeu de 20 questions.

Ici, deux personnes ont été reliées (connectées) via un ordinateur. L’un portait un capuchon d’EEG et l’autre une bobine TMS. Le porteur du TMS a montré une photo d’un animal sur l’écran de l’ordinateur, disons un requin. Puis, on demanderait une question comme, « peut-il voler ? » Le porteur de l’EEG penserait le mot « oui » ou « non ». Ces pensées se sont rendues vers l’autre (personne) via internet. Le porteur TMS verrait un phosphène ou un éclair de lumière dans leurs yeux si la réponse est oui, signalant qu’ils étaient sur la bonne voie. Cette équipe a marqué un taux d’exactitude de 72 %, par rapport à une précision de 18 % du groupe témoin. La communication cerveau-à-cerveau peut être possible. Mais des flashs de lumière sont loin d’envoyer la parole ou des images à la tête de quelqu’un d’autre.

Big Think

voir aussi : Une étude pilote de communication directe cerveau-à-cerveau chez l’homme
Les scientifiques décodent les pensées, lisent l’esprit des personnes en temps réel
Un pas vers le transhumanisme : contrôler les gènes par la pensée
Neurosciences : un système fait entendre tout haut ce que notre cerveau raconte
Les tatouages télépathie ou télékinésie
La Chine développe un robot MTC simulant la pensée du cerveau humain
Nataliya Kosmyna, pilote des objets par la pensée

Pour en savoir plus sur les capacités psychiques assistée électroniquement :

ou cliquez ici: http://bigthink.com/embeds/video_idea/x-ray-vision-and-telepathy-already-exist-2

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L’Homme augmenté, réflexions sociologiques pour le militaire

Colin A. (dir.), mars 2016, « L’Homme augmenté, réflexions sociologiques pour le militaire », Études de l’IRSEM n°42. → Télécharger le PDF (77 pages)

Voir aussi → Éthique sur le champ de bataille dans un futur proche

Agnès COLIN est chargée d’étude à l’IRSEM depuis 2010, auprès du domaine Défense et société. Elle est diplômée d’un doctorat en Chimie-Physique de l’université Pierre et Marie Curie-Paris VI, a été ingénieure d’étude à la DGA puis chargée d’étude au Centre des Hautes Etudes de l’armement (CHEar) sur les nouvelles technologies et les enjeux sociétaux. Ses principales thématiques de recherche sont les aspects sociétaux des nouvelles technologies NBIC (Nanotechnologie, Biotechnologie, Science de l’Information et de la Cognition), ainsi que les questionnements éthiques, juridiques et philosophiques des technologies émergentes en vue d’augmenter les performances de l’homme en terrain de combat.

Cette étude collective a été dirigée par une chercheuse de l’IRSEM, notre regrettée collègue Agnès Colin. Agnès nous a malheureusement quittés en septembre 2015. Titulaire d’un doctorat en physique-chimie obtenu en 1984, elle avait été recrutée à la Délégation générale pour l’armement comme ingénieur cadre technico-commercial. Ses fonctions avaient plusieurs fois évolué au sein de la DGA où elle avait notamment occupé les postes de chef de la division Détection sous-marine-Sonar, d’ingénieur en guerre électronique puis de chargée d’études en réflexion stratégique de l’armement au CHEAr. Agnès avait rejoint l’IRSEM, en tant que chercheuse, dès sa création en 2010. Elle avait mené plusieurs projets de publication dont cette étude sur l’homme augmenté qui lui aura donné l’occasion de fédérer autour d’elle une équipe de chercheurs d’horizons divers. Agnès aurait été heureuse que cette étude paraisse, apportant ainsi une nouvelle fois sa contribution à la recherche stratégique en France. Il revient maintenant à l’IRSEM de prolonger les pistes ouvertes par les travaux originaux d’Agnès.

Sommaire :

Introduction : L’Homme augmenté, nouveaux enjeux pour la défense
Les technologies d’amélioration des capacités humaines, le contexte sociologique
L’éthique, place respective du médecin et du scientifique face à des impératifs militaires de commandement et d’opérationnalité
Le dopage sportif, quelles évolutions récentes et quelles conséquences pour les militaires ?
Le contexte sociologique des technologies augmentatrices, perception et acceptation sociale
Un regard de philosophie morale sur l’homme et le militaire augmentés : vers la fin du courage ?
Le cyborg, un regard historique

Introduction (extrait)

L’homme augmenté constitue un vaste champ de recherche sur lequel se cristallisent de nombreux travaux et avancées scientifiques, liés au développement des nouvelles technologies et de la convergence croissante entre les nanotechnologies, les biotechnologies, l’informatique et les sciences cognitives (NBIC). Ces techniques ont un intérêt certain dans le domaine médical pour « réparer » l’homme lors d’applications à finalité thérapeutique mais peuvent aussi conduire à des améliorations hors du champ médical. De tout temps, l’homme a eu le désir de pouvoir un jour dépasser ses limites biologiques en vue de la création d’une espèce plus performante ou de s’élever au-dessus de la condition de simple mortel (post-humain). Ce sujet fascine car les médias et les auteurs de science-fiction entretiennent régulièrement de nombreux mythes et imaginaires sur les attentes (le cyborg). Si le débat sur l’amélioration artificielle des performances humaines, dans le secteur civil et dans le monde académique, émerge aujourd’hui de manière plus flagrante, c’est en grande partie grâce aux progrès scientifiques sur les sciences du vivant et l’ingénierie à des échelles de plus en plus petites. Il est donc logique que ces avancées scientifiques et technologiques aient des répercussions sur l’homme et posent de nouveaux enjeux sociétaux afin de garantir les droits et la santé des individus. Depuis une dizaine d’années, de nombreux scientifiques, philosophes et sociologues se penchent sur la question du “human enhancement” ou de “l’homme augmenté” et discutent des enjeux de l’amélioration artificielle des capacités humaines. Cette problématique concerne aussi le monde militaire. Pour la défense, ces nouvelles techniques ouvrent en effet des perspectives pour le combattant qui peut améliorer ses capacités d’adaptation à l’environnement militaire, d’augmenter ses performances et son efficience dans des contextes d’opérations difficiles (Vincent, 2010). Ces questionnements représentent de nouveaux défis non seulement technologiques mais aussi de nouveaux défis idéologiques et sociétaux, comme le souligne Patrice Binder (Binder, 2012) pour le Conseil Général de l’Armement dans une étude sur les enjeux des neurosciences pour la défense. Du point de vue éthique, l’utilisation des nouvelles technologies à des fins non thérapeutiques pose de nouvelles interrogations sur le respect des valeurs morales et sur la santé du personnel. En France, il n’existe pas de cadre normatif adapté aux questions d’amélioration de l’individu. Cela est dû au fait que dans le monde médical, la problématique de l’éthique des nouvelles technologies n’est actuellement abordée que pour les utilisations thérapeutiques. La refonte de la loi de bioéthique de 2004 définit un cadre d’application pour les applications thérapeutiques. Mais pour l’utilisation de dispositifs à d’autres fins, rien n’est prévu pour l’instant dans la révision des lois de bioéthique. Pour la défense, comme le militaire doit respecter les mêmes lois de bioéthique que le civil, force est de constater qu’il n’existe pas actuellement de cadre législatif particulier ni réglementaire pour traiter ce sujet. Certes, le droit et certains codes de bonnes pratiques des instituts de recherche apportent des éclairages sur ces questions. C’est ainsi que le Service de santé des Armées s’oppose à tout comportement ou à toute action susceptible de nuire à la santé du militaire.

À ce jour, il convient d’être très prudent sur les possibles technologiques et les projections futuristes. Il semble que les progrès les plus importants dans les technosciences se situent dans les technologies de l’information et de la communication, dans la mise au point de complexes interfaces cerveau-machines, dans la robotique comme les prothèses et dans de nouvelles molécules dopantes qui peuvent agir directement sur la physiologie de l’homme. Mais c’est surtout grâce aux avancées notables et conséquentes des recherches dans les neurosciences et les techniques d’exploration du cerveau, que la demande d’amélioration des performances semble être la plus forte et est présente de manière significative dans les débats éthiques du secteur civil, et commence à l’être dans le secteur militaire en France. En complément des articles présentés dans cette étude, ce préambule a pour objet d’introduire cette problématique d’actualité qui ouvre de nouveaux champs de recherche. L’ensemble de ces interrogations concerne le secteur de la défense au sein duquel des dispositifs basés sur l’imagerie cérébrale et le décodage de l’activité cérébrale sont potentiellement appelés à connaître un essor au cours des prochaines années. Ces techniques pourraient ainsi être utilisées pour le recrutement du personnel, lors de la sélection pour certaines prises de risques ou situations demandant des connaissances spécifiques. Elles seraient aussi très utiles dans les expériences sur les interfaces cerveau-machines en vue de l’amélioration des performances des militaires au combat (Colin, 2012). Les travaux de recherche militaire les plus nombreux et les plus avancés dans ce domaine sont menés par la DARPA pour le compte de l’armée américaine (Moreno, 2006) et visent à corréler l’activité de neurones avec des tâches spécifiques (dans le but, entre autres, de détecter le mensonge ou mieux gérer la peur).

La vision devient temporairement plus claire après avoir zappé le cortex visuel dans le cerveau

Le Lasik [technique d’intervention chirurgicale au laser, Laser-Assisted In-Situ Keratomileusis], les lentilles et les lunettes traitent les problèmes de vision directement à travers des yeux, mais des scientifiques ont aujourd’hui trouvé un moyen de contourner le trouble de la vision en faisant quelque chose à la place du cerveau. Un léger zappe [électrique] de 20 minutes directement dans le cortex visuel du cerveau a démontré une amélioration temporaire de la vision, jusqu’à deux heures, dans une expérimentation conduite sur 20 jeunes participants en bonne santé.

La stimulation transcrânienne à courant direct (transcranial direct-current stimulation : tDCS) a aussi eu un effet de « normalisation » : plus la vue de l’individu était mauvaise, plus l’amélioration était grande ; ceux ayant une vue normale (ou proche de la normale) n’ont pas vu beaucoup de différence.

Pour être clair, la procédure n’est pas un substitut aux lunettes ou au Lasik, étant donné qu’elle n’améliore pas l’état des yeux. Les chercheurs émettent la théorie que l’électricité stimule les signaux visuels pour un traitement plus rapide dans le cerveau, si bien que cela ne traite pas les problèmes oculaires, elle améliore la façon dont le cerveau traite des images sans le bruit et le flou.

La stimulation cérébrale électrique est connue pour améliorer la mémoire, la créativité, et pour stimuler les processus cognitifs généraux, ainsi que la réduction de la dépression. Mais avant que vous n’alliez acheter un kit tDCS (ou en fabriquer un vous-même), sachez que la stimulation électrique du cerveau vient avec un avertissement : elle peut causer des changements d’humeur, des convulsions, et d’autres effets à long terme qu’il reste encore à identifier. En fait, même quand elle est effectuée sous surveillance en laboratoire, la procédure n’est faite que pendant 20 minutes à la fois – et seulement sur des personnes ayant passé des tests médicaux spécifiques avant de subir la procédure.

Des appels pour le contrôle d’appareils commerciaux ont été délivrés par les chercheurs. Nick Davis, maître de conférences en psychologie à la Manchester Metropolitan University a écrit un plaidoyer de prudence sur l’utilisation de ces dispositifs : « Il semble probable que des séances répétées de TMS (transcranial magnetic stimulation : stimulation magnétique transcrânienne) ou de tDCS mènent à des effets neuronaux plus durables ; ces effets longue durée de la stimulation cérébrale donnent une possibilité attrayante pour les traitements cliniques. Cependant, aucune région du cerveau n’existe dans l’isolement, et les chercheurs commencent à comprendre seulement maintenant, les répercussions de la modulation d’une zone du cerveau sur d’autres zones de celui-ci. »

Donc, bien que cette étude montre que le tDCS est important pour les recherches futures sur comment fonctionne le système visuel, il serait préférable de se tenir à distance sur l’utilisation de ces appareils commerciaux jusqu’à ce que des études plus approfondies déterminent que c’est sécurisé.

traduction Thomas Jousse

ScienceAlert ; DOI: http://dx.doi.org/10.1016/j.cub.2016.05.019

Est-ce que l’US Navy planifie d’implanter des micro-puces ?

Des représentants consultent Zoltan Istvan le candidat à la présidence.

  • Le transhumaniste Zoltan Istvan a rencontré des hauts fonctionnaires de l’US Navy
  • Ils ont demandé conseils pour les aider à élaborer des politiques sur les implants de micro-puces
  • M. Istvan croit que tous les enfants devraient avoir des implants afin qu’ils puissent être suivis

La plupart d’entre nous portent un dispositif de repérage chaque jour sous la forme de téléphones mobiles, mais certaines personnes vont plus loin en ayant des puces intégrées dans leur corps.

La plupart d’entre nous portent un dispositif de repérage chaque jour sous la forme de téléphones mobiles, mais certaines personnes vont plus loin en ayant des puces intégrées dans leur corps.

L’US Navy est maintenant si préoccupée quant à cette pratique qu’elle est en train d’élaborer une politique officielle pour l’aider à traiter avec le personnel ayant des puces implantées.

Les fonctionnaires ont consulté le candidat transhumaniste à la présidence américaine Zoltan Istvan, pour discuter des répercussions de la préparation des humains avec des micro-puces pour augmenter leurs capacités (discuter de la fusion des humains et des machines).


Éthique sur le champ de bataille dans un futur proche


La DARPA[1] travaille déjà sur des implants qui peuvent être implantés dans le cerveau des soldats afin de les rendre plus résistants à la guerre.

Mais d’après M. Istvan, l’armée est également préoccupée à propos des technologies non autorisées que leur personnel peut s’implanter.

« La Navy s’efforce de créer des politiques autour de soldats ou marins qui commencent leur service militaire avec des puces non autorisées intégrées en eux.

C’est tout à fait sensé étant donné que la technologie est devenue si petite, que les implants peuvent maintenant faire un large éventail de choses – traquer, effectuer des paiements, surveiller la circulation sanguine et la santé corporelle – et être totalement cachée dans les êtres humains.

Vous pouvez imaginer à quel point ce serait délicat si quelqu’un avait une puce implantée non autorisée sur une base nucléaire – des politiques doivent être créées et rapidement. »

La rencontre s’est tenue entre M. Istvan et des responsables du Chief of Naval Operations Strategic Studies Group (opérations navales des études stratégiques), qui recherche de nouveaux concepts de guerre.

Une lettre du Vice-Amiral James Wisecup, directeur du groupe, dit à M. Istvan : « Vos commentaires ont élargi notre compréhension du transhumanisme et de la fusion des hommes et des machines.

Vos perspectives personnelles furent intéressantes et opportunes alors que nous commençons notre processus de recherche. Vous avez eu un impact direct sur nos points de vue pour les futurs concepts. »

Istvan croit que la technologie pourrait être utilisée pour donner aux humains l’immortalité en augmentant nos corps avec la technologie.

Traduction Thomas Jousse

Lire la suite sur DailyMail

[1] DARPA projette de concevoir le modem cortical ; Des implants cérébraux conçus pour fondre et ne laisser aucune trace ; Un implant cérébral montre le potentiel de l’interface-neuronale (IND) pour le cerveau ; Un implant cérébral se connectera avec 1 million de neurones ; Un algorithme informatique créé pour encoder les souvenirs humains.