Les études du CJG – Vers un transhumanisme libéral ?

Actuellement, une révolution médicale est en cours en raison de l’accélération des progrès conjugués dans le domaine des nanotechnologies, des biotechnologies et des sciences cognitives. Il devient désormais possible non plus de simplement soigner ou guérir les êtres humains mais d’améliorer les aptitudes de ceux-ci tant au niveau physique que psychique.

Nous défendons la thèse que ces progrès peuvent être autorisés sous certaines conditions et dans certaines limites. Il n’est pas souhaitable – au nom d’une prétendue nature intangible de l’humanité – de s’opposer au principe même de cette évolution, qui ne s’est jamais interrompue depuis l’apparition des pré-hominidés, et qui permet de vivre plus vieux, en meilleure santé et avec davantage de bien-être.

Nous pensons que l’homme qui en fait librement le choix doit – au nom de le liberté morphologique – se voir reconnaître le droit d’améliorer son organisme et que, au nom du principe d’égalité des chances, ce droit doit devenir accessible à chacun et soit même, progressivement et dans les limites budgétaires disponibles financé par la sécurité sociale. Car les améliorations – impensables aujourd’hui – deviendront indispensables demain.

Il est impératif que le législateur veille à ce que le progrès des technologies s’opère de manière salutaire en traçant des lignes rouges partout où ces technologies risquent de porter atteinte à ces composantes du sujet que sont l’intimité, l’identité, le libre-arbitre, la volonté, l’autonomie, le désir, etc. Notre spécificité ne réside pas dans notre organisme qui évolue depuis toujours mais, dans des principes et valeurs fondamentaux. C’est ceux-là qu’il importe de défendre. C’est sur base de ces derniers que nous proposons d’encadrer le progrès transhumanistes par dix principes régulateurs libéraux.

Une étude réalisée par Corentin De Salle, directeur du Centre Jean Gol

Les 10 principales tendances technologiques pour 2020

Les 10 principales tendances du rapport Gartner mettent en évidence les tendances que les entreprises doivent prendre en compte dans le cadre de leur processus de planification technologique stratégique quinquennal. Ces tendances ont un impact profond sur les gens et les espaces qu’ils habitent.

Les tendances technologiques stratégiques peuvent à la fois créer des opportunités et provoquer des perturbations importantes. Les leaders de l’architecture d’entreprise et de l’innovation technologique doivent évaluer ces grandes tendances afin de déterminer comment les combinaisons de tendances peuvent renforcer leur stratégie d’innovation.

Les 10 principales tendances stratégiques en matière de technologies pour 2020 sont organisées en deux catégories : les espaces axés sur les personnes et les espaces intelligents. Il s’agit d’une organisation non structurée dont le but est de faire connaître l’impact principal et la manifestation de la tendance. Cependant, presque toutes les tendances auront un impact sur les concepts de personnes et les espaces intelligents.

Centré sur les gens :

* L’hyper-automation porte sur l’application de technologies de pointe, y compris l’intelligence artificielle et l’apprentissage machine, afin d’automatiser de plus en plus les processus et d’augmenter les ressources humaines.
* La multiexpérience traite de la façon dont les gens perçoivent, interagissent et contrôlent le monde numérique à travers une large gamme d’appareils et de points de contact sensoriels.
* La démocratisation explore comment créer un modèle simplifié permettant aux gens de consommer des systèmes numériques et de puiser dans une expertise automatisée au-delà de leur formation ou de leur expérience.
* L’augmentation humaine explore comment les humains sont physiquement et cognitivement augmentés par ces systèmes.
* La transparence et la traçabilité se concentrent sur les défis de la confidentialité des données et de l’éthique numérique et sur l’application de la conception, des principes opérationnels et des technologies pour accroître la transparence et la traçabilité afin de renforcer la confiance.

Espaces intelligents :

* Empowered Edge, l’Edge Computing ou “traitement des données à la périphérie” souligne la façon dont les espaces autour de nous sont de plus en plus peuplés par des capteurs et des dispositifs qui connectent les personnes les unes aux autres et aux services numériques.
* Le cloud distribué examine une évolution majeure du Cloud Computing où les applications, plates-formes, outils, sécurité, gestion et autres services sont en train de passer physiquement d’un modèle de centre de données centralisé à un modèle dans lequel les services sont distribués et fournis quand le besoin se fait sentir. Le point de besoin peut s’étendre aux centres de données clients ou jusqu’aux dispositifs de bord.
* Les objets autonomes explorent comment les choses physiques dans les espaces autour des personnes sont améliorées avec de plus grandes capacités pour percevoir, interagir, déplacer et manipuler ces espaces avec différents niveaux de guidage humain, d’autonomie et de collaboration.
* La Blockchain dans la pratique se concentre sur la manière dont la blockchain peut être exploitée dans des cas d’utilisation concrets d’entreprises, en expansion au cours des trois à cinq prochaines années.
* La sécurité de l’IA traite de la réalité de la sécurisation des systèmes alimentés par l’IA qui sont à l’origine des tendances centrées sur les personnes.

Tendance n° 4 : Augmentation humaine

L’augmentation humaine fait référence à l’amélioration des capacités humaines grâce à l’utilisation de la technologie et de la science. Les humains ont toujours utilisé la technologie et la science de cette manière.

Même avant l’introduction de l’ordinateur, des technologies telles que la machine à écrire, la photocopieuse et la presse à imprimer augmentaient la capacité humaine à créer, copier et publier du texte. Les lunettes, les appareils auditifs et les fausses dents sont tous des exemples historiques d’augmentation humaine.

L’ère de l’informatique a ajouté de nouvelles dimensions à l’augmentation humaine. Le traitement de texte, la publication assistée par ordinateur, les pages Web, les blogs et les médias sociaux élargissent considérablement notre capacité à créer et à publier du texte.

Avec l’émergence de nouvelles technologies telles que l’IoT, l’IA, les haut-parleurs intelligents et la réalité virtuelle issus de l’informatique, et les technologies telles que CRISPR provenant de la science biologique, de nouvelles possibilités en matière d’augmentation humaine apparaissent.

L’augmentation humaine explore comment la technologie peut être utilisée pour apporter des améliorations cognitives et physiques en tant que partie intégrante de l’expérience humaine. Au lieu que les ordinateurs et les applications soient en dehors de l’expérience humaine normale, ils deviennent un élément naturel – et parfois nécessaire – de l’expérience humaine quotidienne.

En outre, l’augmentation humaine inclut également des facteurs de la bio-ingénierie qui vont au-delà de l’exploitation des ordinateurs et des applications. Nous sommes déjà sur ce chemin dans une certaine mesure. Pour beaucoup de gens, les smartphones sont un outil essentiel et un compagnon constant. Les réseaux sociaux et les connexions électroniques tels que le courrier électronique sont devenus un lien primordial entre les personnes. Les produits pharmaceutiques ont augmenté l’homme bien avant l’avènement des ordinateurs.

L’augmentation humaine est un excellent exemple d’innovation combinatoire qui regroupe de nombreuses tendances, notamment :

* L’hyper-automation et le développement de systèmes experts pour démocratiser l’accès aux compétences au-delà de l’expérience et de la formation actuelles.
* L’Edge Computing et les objets autonomes, qui existent dans les espaces autour des humains et augmentent leurs capacités.

Augmentation cognitive et physique

L’augmentation humaine influe sur la façon dont nous nous déplaçons, percevons et interagissons dans les espaces physiques et numériques, ainsi que sur la façon dont nous traitons, analysons et stockons les informations. L’augmentation peut être globalement catégorisée en catégories physique et cognitive, bien que les limites entre elles se brouillent avec le temps.

L’augmentation physique améliore les capacités humaines en modifiant leurs capacités physiques inhérentes en implantant ou en hébergeant un élément technologique dans leur corps. Les secteurs de l’automobile, des mines, du pétrole et du gaz et d’autres industries utilisent des dispositifs portables pour améliorer la sécurité des travailleurs. Les appareils vestimentaires stimulent également la productivité sur le lieu de travail dans des secteurs tels que la vente au détail, les voyages et les soins de santé. L’augmentation physique comprend également l’utilisation de la biologie ou d’autres moyens pour modifier le corps humain.

Dans certains cas, l’augmentation physique remplace une capacité humaine perdue par un individu (par exemple une jambe prothétique); mais, dans certains cas, ces capacités de remplacement peuvent dépasser les capacités humaines naturelles.

L’augmentation physique peut être envisagée selon plusieurs dimensions :

Augmentation sensorielle – Audition, vision et autres dispositifs d’augmentation ou implants pour améliorer la perception. La réalité virtuelle, augmentée et mixte est un exemple actuel d’augmentation sensorielle. Dans le secteur des technologies émergentes, diverses entreprises expérimentent des lentilles de contact intelligentes pour détecter les niveaux de glucose dans les larmes et la pression intra-oculaire. Les chercheurs expérimentent également la mise au point d’un “nez électronique” imitant un nez humain.

Augmentation des organes et des fonctions biologiques – L’utilisation d’exosquelettes et de prothèses pour remplacer ou améliorer ces capacités est un domaine élargi de l’augmentation humaine. L’augmentation chirurgicale des yeux a été populaire auprès des golfeurs professionnels. Les implants cochléaires peuvent remplacer les nerfs auditifs non fonctionnels, et une technologie similaire a été utilisée pour reproduire les yeux. L’industrie cosmétique est leader dans l’amélioration des ongles, des cheveux, des yeux et de la forme des parties du corps en utilisant des implants passifs. On peut soutenir que l’industrie pharmaceutique augmente les fonctions biologiques humaines depuis des années. Les nootropiques font référence à l’utilisation de substances naturelles ou synthétiques qui peuvent améliorer les capacités mentales, bien que l’utilisation de ces substances en dehors d’un traitement pour une condition médicale spécifique soit très controversée.

Augmentation du cerveau – Il existe actuellement des implants tels qu’un stimulateur du nerf vague pour traiter les convulsions. Les implants cérébraux sont explorés pour diverses utilisations, notamment le stockage de la mémoire et les implants cérébraux pour décoder les schémas neuronaux et synthétiser la parole. Neuralink tente de développer un implant cérébral permettant de connecter le cerveau humain à des réseaux informatiques.

Augmentation génétique – Les thérapies géniques et cellulaires somatiques sont utilisées de nos jours et considérées comme moralement acceptables. Par exemple, la thérapie génique pour traiter les enfants présentant un déficit immunitaire combiné sévère est un traitement accepté. À l’avenir, la facilité d’accès aux technologies CRISPR et leur faible coût peuvent permettre un vaste génie génétique, bien que les questions éthiques soient importantes.

La cognition est le processus par lequel les humains acquièrent des connaissances grâce à des informations sensorielles, les expériences de vie, l’apprentissage et la réflexion sur ces informations, cette expérience et cette éducation. Les compétences cognitives sont utilisées pour comprendre, traiter, mémoriser et appliquer l’information afin de prendre des décisions et de prendre des mesures. L’augmentation cognitive améliore la capacité de l’être humain à penser et à prendre de meilleures décisions.

L’augmentation cognitive peut se produire par l’accès à l’information et l’exploitation d’applications sur des systèmes informatiques traditionnels et l’émergence d’une interface multiexpérience dans des espaces intelligents. Cela comprend des scénarios d’intelligence augmentée, où les humains et l’intelligence artificielle travaillent ensemble pour améliorer la performance cognitive, y compris la prise de décision et l’apprentissage. En outre, l’augmentation physique qui améliore les sens ou la capacité ou les capacités du cerveau humain alimente de nouveaux modèles d’augmentation cognitive. Cela comprend l’utilisation de médicaments intelligents et d’implants cérébraux pour stocker les souvenirs.

L’augmentation humaine offre la possibilité de réaliser la transformation numérique par la transformation humaine.

Les appareils portables (wearables) sont un exemple d’augmentation physique d’aujourd’hui. Au fur et à mesure que la maturité et l’adoption des technologies portables augmentent, les consommateurs et les employés commenceront à envisager d’autres augmentations physiques pour améliorer leur vie personnelle (c.-à-d. leur santé et leur condition physique) ou pour faire leur travail plus efficacement (c.-à-d. exosquelettes et implants).

Au cours des 10 prochaines années, les niveaux d’augmentation physique et cognitive humaine vont devenir prédominants à mesure que les individus recherchent des améliorations personnelles. Cela créera à son tour un nouvel effet de “consumérisation” dans lequel les employés chercheront à exploiter leurs améliorations personnelles – et même à les étendre – pour améliorer leur environnement de travail. D’ici 2023, 30% des organisations informatiques étendront leurs politiques de BYOD avec “apportez votre propre amélioration” pour prendre en compte les humains augmentés sur le marché du travail.

Aspects culturels et éthiques de l’augmentation humaine

L’augmentation humaine sera l’un des principaux moyens par lesquels les individus interagissent les uns avec les autres et avec les espaces intelligents qui les entourent. Les chefs d’entreprise et les responsables informatiques doivent planifier la manière dont leurs entreprises adopteront, exploiteront et s’adapteront aux changements à venir. Au fur et à mesure que les consommateurs et les employés intègrent une plus grande partie de leur vie dans une augmentation humaine amplifiant l’intelligence, les organisations devront faire face aux problèmes de transparence, de confidentialité et d’autonomie des données.

Lorsqu’elles choisissent des technologies et des méthodologies d’augmentation humaine, les entreprises doivent examiner cinq domaines principaux :

Sécurité. Les technologies d’augmentation humaine doivent atteindre et maintenir un état de risque lié à la sécurité acceptable. Ce risque concerne une surface d’attaque qui n’est plus liée à un dispositif ou à un emplacement physique spécifique, mais qui peut voyager avec le sujet humain.

Vie privée. L’augmentation humaine offre la possibilité d’accéder à des connaissances intimes et à des données relatives à l’humain qu’elle améliore. Ces données doivent être protégées.

Conformité. Les gouvernements et les organismes de réglementation publient fréquemment des réglementations et imposent des exigences de conformité, ce qui rend la conformité extrêmement complexe pour les entreprises mondiales, en particulier parce que les organismes tentent toujours de saisir les implications des technologies d’augmentation humaine.

Impact sur la santé. L’augmentation humaine peut entraîner des conséquences mentales et physiques à long terme qui pourraient ne pas être immédiatement comprises.

Éthique. La mise en œuvre de technologies et de processus d’augmentation humaine pose de graves problèmes d’éthique. Celles-ci incluent des considérations et des évaluations éthiques pour déterminer les vulnérabilités, les risques et les problèmes moraux spécifiques. Par exemple, la fracture numérique se creuse-t-elle au fur et à mesure que les individus nantis peuvent s’augmenter eux-mêmes et leurs enfants, alors que les moins nantis ne le peuvent pas ? Les réponses à ces questions sociétales deviendront de plus en plus importantes.

Les entreprises de tous types et de toutes tailles envisagent l’augmentation humaine pour obtenir divers résultats commerciaux grâce à de nombreux scénarios d’utilisation commerciale avec des horizons temporels différents. Par conséquent, ils doivent prendre en compte les leçons, les recommandations et les principes de l’expérimentation humaine lorsqu’ils commencent intentionnellement à exploiter les capacités d’augmentation humaine pour la transformation humaine.

Les entreprises doivent trouver un équilibre entre deux principes éthiques classiques – préventif et proactif – et adopter ce que Gartner appelle le “principe de précaution” :

Le principe de précaution stipule que “si une mesure ou une politique risque de causer un préjudice grave ou irréversible au public ou à l’environnement, en l’absence d’un consensus scientifique selon lequel il n’y aurait pas de préjudice, la charge de la preuve incombe à ceux qui prennent cette mesure”.

Le principe pro-actionnaire a été formulé par Max More et constitue un principe fondamental du mouvement transhumaniste. Lorsqu’il s’agit d’imposer des mesures restrictives, il présente plusieurs impératifs : “Évaluer les risques et les opportunités en fonction des données scientifiques disponible et non de la perception populaire. Tenir compte à la fois du coûts des restrictions elles-mêmes et des opportunités manquées. Privilégier les mesures proportionnelles à la probabilité et à l’ampleur des impacts et qui ont une valeur d’attente élevée. Protéger la liberté des gens de faire des expériences, d’innover et de progresser.”

Le principe de précaution établit un équilibre entre le principe de précaution et le principe proactif. Il recommande que les organisations aillent de l’avant avec l’innovation, mais uniquement d’une manière qui ne met pas en danger l’individu, l’entreprise ou l’environnement dans son ensemble.

https://iatranshumanisme.com/transhumanisme/intelligence-artificielle-dimensions-socio-economiques-politiques-et-ethiques/

L’avenir de la médecine

Comment la technologie façonnera les soins aux patients et améliorera les résultats

L’adoption généralisée de la technologie modifie le fonctionnement de la médecine, des techniques de soins de santé à l’expérience du patient.

Au fur et à mesure que la technologie médicale devient plus centrée sur le patient, les résultats sont susceptibles de s’améliorer. Les experts nous expliquent ce à quoi nous pouvons nous attendre à l’avenir.

Parfois, il semble que les soins de santé ne se sont guère améliorés depuis l’époque de nos parents : Nous rencontrons encore de longues attentes pour voir un médecin, de brefs rendez-vous, des tests incessants et un ennui qui conduit les patients à ne pas se sentir concernés par leurs propres soins. Mais la dernière génération de technologie médicale promet une expérience plus saine.

Les médecins, les infirmières et les patients verront une implication accrue dans les soins médicaux, auront moins de frais généraux non médicaux et obtiendront de meilleurs résultats en matière de santé et, espérons-le, une réduction des coûts pour les patients. On s’attend à ce que les améliorations apportées aux technologies de soins médicaux apportent des avantages significatifs aux patients, leur permettant de mieux contrôler leur capacité à diriger eux-mêmes leurs soins.

Les progrès aideront également les professionnels de la santé qui sont sous pression à obtenir des résultats qui sauveront des vies tout en s’occupant de toute la paperasserie de conformité exigée aujourd’hui. De plus, les professionnels de la santé seront en mesure de mieux adapter les procédures médicales aux besoins des patients et d’établir des diagnostics plus précis et personnalisés pour orienter les traitements.

En tout cas, c’est l’intention d’un grand nombre de personnes intelligentes qui travaillent à améliorer l’expérience.

Ce que vous devez savoir

Beaucoup de choses changent, rapidement. Ce rapport de 57 pages vous donne un aperçu des technologies qui auront un impact sur les soins médicaux, dans un avenir proche et un peu plus lointain. Vous trouverez des informations sur :

– Une technologie qui améliore tous les aspects des soins aux patients
– Une réduction des coûts pour les patients
– L’amélioration de la sécurité des informations et des dispositifs
– Des espaces médicaux intelligents
– Des prescriptions qui comprennent des aliments
– L’intégration d’appareils personnels dans les soins de santé

Les soins médicaux connaissent des changements rapides à mesure que la technologie s’intègre aux processus, aux dossiers des patients, aux diagnostics et même à l’alimentation des gens. L’utilisation de l’avantage technologique et de la quantité rapidement croissante de données qui peuvent être découvertes, analysées et appliquées change le fonctionnement quotidien de la médecine.

Le présent rapport couvre les domaines suivants :

La médecine dépend de la technologie pour améliorer l’avenir : La technologie améliore tous les aspects des soins aux patients, grâce à des outils spécialisés et à des analyses plus efficaces et plus rapides, ce qui réduit la charge de travail et améliore les résultats.

L’analytique ouvre la voie à la réduction des coûts : Des améliorations allant d’une meilleure gestion des installations à des opérations plus efficaces de la chaîne d’approvisionnement entraînent une réduction des coûts pour les patients.

Les nouvelles technologies exigent une nouvelle sécurité : alors que l’IoT médical est devenu monnaie courante, le modèle de la sécurité avant tout devient primordial. Un modèle de sécurité entièrement intégré doit être déployé. Un lit d’hôpital moyen héberge aujourd’hui plus d’une douzaine de dispositifs IoT.

Les installations médicales deviennent plus intelligentes : l’intégration numérique en temps réel, les intelligences artificielles à l’échelle de l’hôpital et les installations médicales intelligentes travaillent ensemble pour améliorer les résultats des patients.

Vous êtes ce que vous mangez : Les médicaments sur ordonnance combinés à des appareils personnels intégrés auront un impact important sur les soins de santé des patients.

L’avenir des soins de santé est numérique : Les nouvelles technologies intégreront les dispositifs portables (wearable) dans les soins de santé des patients, rationaliseront et amélioreront les processus et réduiront le gaspillage – réduction des coûts, amélioration des soins rendront les patients plus heureux et en meilleure santé.

Biohacking l’avenir de l’évolution humaine

Amal Graafstra, auteur du livre RFID Toys, s’est fait implanter deux puces RFID. Son intérêt pour le biohacking, la RFID et la NFC ont commencé en 2005 comme une solution simple à un problème. Il voulait un accès facile à son bureau. Il a exploré les options biométriques et s’est finalement aperçu qu’elles étaient trop chères, peu fiables, et vulnérables au vandalisme. Graafstra joue un rôle actif dans le milieu des implants RFID DIY [Do It Yourself] depuis le milieu des années 2000. Son entreprise de biohacking Dangerous Things déclare que « le biohacking est à l’avant-garde d’un nouveau type d’évolution.

 

Expérience de Bitcoin avec une puce NFC : une clé privée implantée

L’avenir de l’humanité est de diriger sa propre évolution – Interview avec Amal Graafstra

De la rareté des ressources aux paris sur l’avenir

Guillaume Pitron livre avec La guerre des métaux rares1 la synthèse d’une enquête de plusieurs années sur les nouveaux équilibres géopolitiques et les problèmes environnementaux auxquels nous confronte la convergence des technologies vertes avec les technologies numériques. Ces dernières étant non seulement supposées optimiser les premières, mais également œuvrer à la dématérialisation des flux, on pourrait s’attendre à l’avènement d’une croissance mondiale décarbonée, présentée comme « propre » et durable par ses promoteurs. Mais c’est sans compter avec la matérialité bien tangible des métaux rares nécessaires à l’ensemble de ces technologies, dont nous feignons d’ignorer l’impact sur la terre et les gens comme si, par exemple, le cloud était une sorte de saint-esprit sans support physique. Or nous ne sommes qu’au début du paradoxe de la transition énergétique, dont la consommation ne cesse de croître : la dernière étude de Greenpeace estime que le secteur numérique représente déjà 7% de la consommation mondiale d’électricité… tout en encourageant ce secteur à se tourner vers les énergies renouvelables2. Le travail de Guillaume Pitron inviterait justement à douter de l’évidence de cette recommandation (qui n’est d’ailleurs pas contredite par les géants du numérique, pressés de se mettre au diapason vert des marchés du moment). Contre toute attente, il existe même quelques convergences entre certains courants écologistes et transhumanistes3. Les solutions transhumanistes au problème écologique vont de la modification de l’environnement (géo-ingénierie par exemple) à la modification de l’empathie et de la morale humaine (moral enhancement). Elles ne remettent pas en question la capacité de la technologie à surmonter la finitude terrestre en explorant l’univers.

Voyons plutôt où mène l’examen de l’industrie des métaux rares. Tout le monde se souvient de l’usine de Rhône-Poulenc de la Rochelle qui, au début des années 90, était le premier traiteur et fournisseur mondial de terres rares4 (à côté des activités textiles, agrochimiques et pharmaceutiques du groupe, nationalisé en 1982 et privatisé en 1993, et auquel succéda Aventis en 1998). Les Français s’inquiétaient à l’époque du traitement des déchets radioactifs générés par l’usine. Le problème du traitement des déchets n’a pas été résolu, mais les temps ont changé. En 2010, c’est la Chine qui détenait 95% du marché mondial des métaux rares5. Sous la pression des citoyens, des riverains, et des écologistes, tout comme sous la pression des marchés financiers mondialisés, les activités d’extraction minière et de raffinage – confrontées à une demande mondiale exponentielle – furent délocalisées et alimentèrent l’illusion occidentale des technologies propres. Guillaume Pitron, qui est allé voir sur place, donne une toute autre version de ce « cauchemar environnemental où se côtoient – pour ne citer qu’eux – rejets de métaux lourds, pluies acides et eaux contaminées. (…) En ce sens, la transition énergétique et numérique est une transition pour les classes les plus aisées : elle dépollue les centre-villes, plus huppés, pour mieux lester de ses impacts réels les zones plus miséreuses et éloignées des regards6. » En conséquence de quoi l’auteur propose de réouvrir les mines sur le sol français, à l’encontre des militants écologistes, afin que les citoyens et gouvernements aient à nouveau « sous leurs fenêtres », dit-il, les conséquences intenables du mode de production et de consommation actuel et prennent les responsabilités qui vont de pair. Une proposition de bon sens pour réintégrer les externalités dans le bilan final. Les standards européens sont, de fait, plus exigeants que les standards chinois et la confrontation directe avec les problèmes environnementaux pousseraient peut-être les consommateurs à exiger la fin de l’obsolescence programmée. C’est du moins là-dessus que l’on peut spéculer.

Or il se pourrait que cette idée – défendue par Emmanuel Macron – soit prise au sérieux, non pas tant par souci de l’environnement que pour retrouver dans le domaine des métaux rares une souveraineté perdue, essentielle en termes de stratégie économique et militaire. Ce livre conte l’ascension fulgurante de la Chine dans le monopole mondial des métaux rares, qui explique sa position actuelle de première puissance informatique au monde – exploit conjugué à son bilan écologique catastrophique. Ayant compris qu’elle n’avait aucun intérêt à rester le fournisseur de matières premières à bas prix qu’elle avait été jusqu’alors et ayant pris la mesure de la fin annoncée des énergies fossiles, la Chine a provoqué des embargos sur ses exportations de terres rares, attiré les industriels étrangers sur son territoire en les alléchant par un accès aux matières premières et passé avec eux des partenariats de « co-innovation » qui lui permirent de s’approprier les technologies de pointe, de garder la main sur la valeur ajoutée et d’investir ensuite dans ses propres laboratoires de recherche. L’Union Européenne, le Japon et les États-Unis furent pris de vitesse et l’attaquèrent d’ailleurs devant l’OMC pour ses quotas d’exportation7. La Chine remplaça alors ses quotas par un système de licences. Mais le chantage chinois « technologies contre ressources8 » inspira d’autres pays émergents…

Comme le rappelle Guillaume Pitron, devant la raréfaction de ces ressources difficiles à extraire de la croûte terrestre, certains lorgnent déjà les gisements marins et la captation d’astéroïdes. La question que personne ne pose volontiers est la suivante : « Combien faut-il d’énergie pour produire de l’énergie ?9 » Car les procédés d’extraction capables d’atteindre l’espace ou le fond des océans ne sauraient être eux-mêmes gratuits et écologiquement inoffensifs, ils ne font que décupler le challenge énergétique. Ainsi la question des limites de la croissance ne fait que reculer indéfiniment son échéance jusqu’à l’acculement ultime. Comme le résumait Philippe Bihouix : « Nous faisons face à [ces] deux problèmes au même moment, et ils se renforcent mutuellement : plus d’énergie nécessaire pour extraire et raffiner les métaux, plus de métaux pour produire une énergie moins accessible10. » Ce n’est pas tout : l’impact écologique des voitures électriques, panneaux solaires ou éoliennes est, selon certains calculs, peu concluant considéré sur l’ensemble d’un cycle de vie, même si l’empreinte carbone est moindre. Si l’on ajoute à ce bilan pas si glorieux l’effet rebond (selon lequel un équipement technologique plus efficace et plus rentable s’accompagne en fait d’une hausse de consommation et non de la diminution attendue) – duquel l’auteur de la Guerre des métaux rares ne fait pas mention – alors le battage médiatique et les formidables investissements que mobilisent les énergies renouvelables semblent une cruelle escroquerie effectuée sur le dos des populations des pays émergents, qui, certes, voient leur niveau de vie s’élever au rythme de la croissance mondiale, mais en ignorant la facture ultime de cette amélioration relative.

Il ne resterait, pour non pas empêcher mais ralentir cette échéance, que le recyclage. Or lui-même a un coût si prohibitif que l’on investit peu dans cette filière. Les alliages et matériaux composites, les multicouches à l’origine de propriétés extraordinaires des objets modernes sont difficiles à séparer et nécessitent de repenser les modes de fabrication, afin de prendre en compte dès la conception la perspective du recyclage en fin de vie. Le recyclage de matériel électronique exige des opérations chimiques polluantes destinées à séparer les composants. Des méthodes plus propres et prometteuses sont toutefois en cours de recherche. Le caractère apparemment écologique et charitable de la volonté de rendement (rendre accessible à plus de monde des produits informatiques ou de l’énergie bon marché avec moins de risques sanitaires et écologiques) ne saurait masquer l’enjeu capitaliste : produire, vendre et consommer toujours plus. Dans ces conditions, même le recyclage intégral ne compenserait pas l’augmentation constante de la consommation globale et l’apparition régulière de nouveaux gadgets, tels la cigarette électronique. Les annonces d’Apple sur le recyclage des iPhones représentent en effet une goutte d’eau dans les chiffres de la consommation électronique. La directive européenne DEEE de 2002, qui transfère la responsabilité du recyclage aux fabricants reste suivie d’effets très insuffisants et les fabricants ont plus intérêt à fabriquer de nouveaux appareils à l’aide de matériaux partiellement recyclés qu’à récupérer les pièces et réparer les vieux. Il y a fort à parier que des techniques propres et efficaces de recyclage ne seront étudiées et mises en œuvre à grande échelle que lorsque les ressources disponibles seront épuisées (c’est à dire lorsque le coût d’extraction des ressources disponibles sera devenu supérieur à celui de l’exploitation des montagnes de déchets accumulées entre temps), ce qui laisse augurer d’une situation planétaire infernale, chaque parcelle de terre ayant été exploitée au maximum, avec une humanité dépendante de machines qui seront devenues omniprésentes et hypersophistiquées, mais peut-être privées de l’énergie nécessaire à leur entretien… Nous devrions alors nous contenter d’un stock de ressources limité à gérer parcimonieusement et à se disputer âprement entre terriens, loin des rêves de conquêtes spatiales. Enfin, aucun recyclage n’est intégral, son écobilan n’est jamais nul et les matériaux recyclés peuvent être de qualité inférieure. Georgescu-Roegen l’exprimait de cette manière imagée : « Nous pouvons ramasser toutes les perles tombées par terre et reconstituer un collier cassé, mais aucun processus ne peut effectivement réassembler toutes les molécules d’une pièce de monnaie usée11. » Il précisait qu’il ne s’agit pas d’exclure en principe la reconstitution d’une structure matérielle, mais que « si en pratique de telles opérations sont impossibles, c’est seulement parce qu’elles réclameraient un temps pratiquement infini12. » On ne reconstitue pas miraculeusement des stocks naturels qui ont mis des millions d’années à se constituer.

Georgescu-Roegen démontra implacablement pourquoi la dégradation de l’environnement était liée à un principe d’entropie irréversible (« la seule loi naturelle dont la prédiction n’est pas quantitative13 ») mais accéléré par les activités humaines et constamment ignoré par les économistes orthodoxes, qui ne s’intéressent ni à l’input des ressources ni à l’output des déchets. Selon lui, les limites du progrès technologique seront données par le coefficient de rendement énergétique qui ne saurait être exponentiel sans rendre la production incorporelle, ce que prétend sans le savoir « le sophisme de la substitution perpétuelle14» qui ne tient pas compte du coût énergétique croissant de l’accès à de nouvelles énergies. Ce modèle suppose, en somme, une croyance surnaturelle exactement là où il se prétend le plus scientifique. La promotion de l’extropie – antonyme de l’entropie – développée dans le journal et l’institut du même nom, et formalisée par Max More en 1998 dans Les principes extropiens15 se fonde, quant à elle, exclusivement sur un article de foi dans le progrès technologique illimité. Elle ne constitue en rien une réponse scientifique aux travaux de Georgescu-Roegen et aux objections de nombreux physiciens.

Guillaume Pitron ne prône pas la décroissance, ne s’exprime pas sur les principes de la thermodynamique et ne tire aucune conclusion prospective. C’est au lecteur de le faire. La situation qu’il décrit ne nous confronte pas seulement au délire d’une croissance qui ne s’arrête jamais et se croit capable d’inventer sans cesse à mesure de ses nouveaux déficits. Elle nous ramène aussi au pari transhumaniste, celui qui propose de risquer le va-tout pour atteindre peut-être « la maturité technologique » capable de résoudre un jour des problèmes aujourd’hui insolubles. Au-delà du risque brandi par certains de l’avènement d’une intelligence artificielle maligne, c’est le problème platement physique des ressources qui se pose déjà. Un problème trop terre-à-terre ? La focalisation sur le développement de l’intelligence occulte la question d’une barrière énergétique infranchissable dans les conditions physiques connues. Le technoprogressisme ne donne aucun scénario vraisemblable de réponse à l’accroissement exponentiel de la demande d’énergie que suppose sa vision. Au mieux, il affirme son engagement écologique sur le mode religieux du déni green tech exposé plus haut et choisit de croire qu’il existe quelque part dans le futur un degré de développement technologique capable d’inverser une équation tenue par les physiciens pour impossible, à savoir l’accès à une source d’énergie à la fois propre, gratuite et illimitée.

Le paradoxe formulé par le prix Nobel de physique Enrico Fermi en 1950 – s’étonnant de l’absence de signes extraterrestres, compte tenu de la très haute probabilité de civilisations extraterrestres plus anciennes que la nôtre – a suscité un nombre considérable d’hypothèses. Une solution fut celle formulée par l’astrophysicien Haqq-Misra et le géographe Baum16, qui considéraient les paramètres de croissance durable ou non durable comme une explication plausible soit de l’échec (en raison d’un effondrement de leurs écosystèmes), soit de la lenteur (en raison d’une croissance ralentie ou bloquée) de civilisations extraterrestres à coloniser l’espace jusqu’à nous. Le physicien Gabriel Chardin a émis récemment une hypothèse similaire : « Sous l’hypothèse apparemment raisonnable d’un taux de croissance de la consommation et de l’utilisation des ressources de 2 % par an, la durée d’épuisement des ressources de la Terre est de quelques centaines d’années, avec une large marge d’incertitude. Pour l’Univers observable tout entier, curieusement, l’estimation est plus précise : entre 5 000 et 6 000 ans, à très peu de chose près… (…) Autrement dit, une croissance de 2 % par an poursuivie pendant quelques millénaires grille presque nécessairement le système planétaire qui en subit l’expérience17. »

Ces hypothèses ne sont pas apocalyptiques, au sens où elles ne postulent pas l’extinction inéluctable de l’espèce humaine (du moins une extinction d’origine anthropique). En revanche elles suggèrent qu’une croissance rapide est à coup sûr incompatible avec la colonisation de l’espace ou même avec l’accomplissement d’un progrès technologique qui sera pris de court par sa propre accélération. Seul un rythme d’innovation ralenti, déconnecté d’intérêts marchands et financé par des fonds publics, éloigné d’applications de masse et faisant l’objet de délibération éthique et politique aurait peut-être une chance de favoriser le progrès technologique à long terme. La course en avant chargée de nous donner la solution toujours repoussée à des problèmes toujours plus gros semble par contre aller droit dans le mur. Mais notons que ce n’est pas sûr : personne ne connaît la structure ultime de l’univers. Georgescu-Roegen concluait ses travaux sur cette alternative : « Peut-être le destin de l’homme est-il d’avoir une vie brève mais fiévreuse, excitante et extravagante, plutôt qu’une existence longue, végétative et monotone. Dans ce cas, que d’autres espèces dépourvues d’ambition spirituelle – les amibes par exemple – héritent d’une Terre qui baignera longtemps encore dans une plénitude de lumière solaire !18 » Cet avertissement pose d’une manière plus aiguë que jamais l’enjeu de choix politiques fondés sur des paramètres inconnus et peut-être inconnaissables ou impossibles à mesurer.

Sandrine Aumercier

1Guillaume Pitron, La guerre des métaux rares – La face cachée de la transition énergétique et numérique, Éditions Les Liens qui Libèrent, Paris, 2018.

2« Impact environnemental du numérique : il est temps de renouveler Internet », 10 janvier 2017

3Marc Roux, « Transhumanisme et écologie », 11 avril 2016

4Dominique Challiol, « Déchets : une solution en vue pour l’usine Rhône-Poulenc de la Rochelle », Les Echos, 24 mai 1991.

5Bertrand d’Armagnac, « Grandes manœuvres autour des métaux rares », Le Monde, 03 février 2010.

6Guillaume Pitron, La guerre des métaux rares, pp. 80-81.

7Dominique Albertini, « Les terres rares, un facteur majeur de la puissance chinoise », Libération, 14 mars 2012.

8Guillaume Pitron, La guerre des métaux rares, p. 151.

9Ibid. p. 220.

10Philippe Bihouix, « Du mythe de la croissance verte à un monde post-croissance », in Crime climatique stop , Collectif, Seuil, Paris, 2015.

11Nicholas Georgescu-Roegen, La décroissance, Sang de la Terre, Paris, 2011, p. 105.

12Ibid., p. 105.

13Ibid., p. 98.

14Ibid., p. 113.

15Principes transhumanistes d’Extropie

16Jacob D. Haqq-Misra et Seth D. Baum, « The Sustainability Solution to the Fermi Paradox », Journal of British Interplanetary Society, vol. 62,‎ 2009.

17Gabriel Chardin, « Le paradoxe de Fermi et les extraterrestres invisibles », Libération, 2 mai 2015.

18Nicholas Georgescu-Roegen, La décroissance, op. cit., p. 149.

La guerre des métaux rares

La face cachée de la transition énergétique et numérique

Transition énergétique, révolution numérique, mutation écologique… Politiques, médias, industriels nous promettent en chœur un nouveau monde enfin affranchi du pétrole, des pollutions, des pénuries et des tensions militaires. Cet ouvrage, fruit de six années d’enquête dans une douzaine de pays, nous montre qu’il n’en est rien !

En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance : celle aux métaux rares. Graphite, cobalt, indium, platinoïdes, tungstène, terres rares… ces ressources sont devenues indispensables à notre nouvelle société écologique (voitures électriques, éoliennes, panneaux solaires) et numérique (elles se nichent dans nos smartphones, nos ordinateurs, tablettes et autre objets connectés de notre quotidien). Or les coûts environnementaux, économiques et géopolitiques de cette dépendance pourraient se révéler encore plus dramatiques que ceux qui nous lient au pétrole.

Dès lors, c’est une contre-histoire de la transition énergétique que ce livre raconte – le récit clandestin d’une odyssée technologique qui a tant promis, et les coulisses d’une quête généreuse, ambitieuse, qui a jusqu’à maintenant charrié des périls aussi colossaux que ceux qu’elle s’était donné pour mission de résoudre.

“Le secteur des technologies de l’information et de la communication produit ainsi 50% de plus de gaz à effet de serre que le transport aérien! Cercle vicieux!”

Journaliste pour Le Monde Diplomatique, Géo ou National Geographic (il est notamment lauréat de l’édition 2017 du Prix Erik Izraelewicz de l’enquête économique, créé par Le Monde), Guillaume Pitron signe ici son premier ouvrage. La géopolitique des matières premières est un axe majeur de son travail. Il intervient régulièrement auprès du parlement français et de la Commission européenne sur le sujet des métaux rares.

Extrait ↓

Ce vêtement «vivant» vous garde au frais

Une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), a développé la prochaine tendance des vêtements de sport à partir de cellules vivantes microbiennes. Avec un design qui semble être sorti directement de la science-fiction, le costume d’entraînement auto-ventilé, donne une nouvelle signification aux vêtements respirants et sans sueurs – de plus, il est livré avec une paire de chaussures de course doublées des mêmes cellules vivantes à l’intérieur.

« Nous proposons d’utiliser des cellules microbiennes génétiquement traçables pour créer des interfaces multifonctionnelles sensibles à l’humidité. Nous avons émis l’hypothèse que les cellules microbiennes peuvent être utilisées comme éléments de construction fonctionnels pour la construction de matériaux sensibles à l’humidité » ont écrit les chercheurs dans une étude publiée sur Science Advances.

Les cellules utilisées par les chercheurs sont la souche non-pathogène la plus courante d’E. coli, imprimées sur des feuilles de latex. Les cellules ont ensuite été conçues dans des volets de ventilation dans le costume d’entraînement.

This breathable workout suit prototype has ventilating flaps that open and close in response to an athlete’s body heat and sweat.
Image: Hannah Cohen

Ces petits rabats minuscule de la taille d’un doigt, s’ouvrent et se ferment en réaction à la chaleur et à la sueur générée par le corps d’un athlète. Les cellules microbiennes répondent aux changements d’humidité, qui se développent lorsque le corps commence à transpirer et à se rétrécir lorsqu’il se refroidit. De plus, les cellules microbiennes utilisées sont durables et sans danger au toucher.

« Nous pouvons combiner nos cellules avec des outils génétiques pour introduire d’autres fonctionnalités dans ces cellules vivantes », a expliqué Wen Wang du MIT, auteur principal de l’étude. « Nous utilisons la fluorescence à titre d’exemple, ce qui permet aux gens de savoir que vous courez dans le noir. À l’avenir, nous pouvons combiner les fonctionnalités de libération d’odeurs grâce au génie génétique. Alors peut-être après être allé à la salle de gym, la chemise peut libérer une odeur agréable. »

MIT News

Nouveau rapport sur la biométrie médicale

La biométrie continuera de stimuler la transformation technologique sur le marché mondial de la santé, selon un nouveau rapport publié par Biometrics Research Group Inc.

Selon le rapport, la transformation sera guidée par des solutions biométriques qui apporteront des économies significatives grâce à la réduction de la fraude et une efficacité accrue sur le lieu de travail. Un objectif clé de ces technologies sera également l’amélioration et l’expansion de la prestation des soins à long terme.

L’entreprise prévoit que l’ensemble du marché mondial des solutions biométriques sur le marché de la santé atteindra près de 5 milliards de dollars d’ici 2020.

Biometrics Research Group définit la “biométrie médicale” comme des applications biométriques dans les cabinets de médecins, les hôpitaux ou pour la surveillance des patients. Cela peut inclure le contrôle d’accès, l’identification, la gestion de la main-d’œuvre ou le stockage des dossiers des patients. De nombreux hôpitaux et organisations de soins de santé déploient actuellement une architecture de sécurité biométrique. L’identification sécurisée est essentielle dans le système de santé, à la fois pour contrôler l’accès logique aux archives centralisées des données numériques des patients, pour limiter l’accès physique aux bâtiments et aux services hospitaliers et d’authentifier le personnel de soutien médical et social.

Dans le secteur de la santé, la biométrie est utilisée en combinaison avec des mots de passe ou des cartes d’identification intelligentes pour sécuriser l’accès aux dossiers de patients sensibles et pour répondre aux exigences d’enregistrement des patients.

La firme s’attend à ce que l’utilisation de la biométrie s’accélère dans l’ensemble du secteur mondial de la santé en raison de l’adoption élargie de la biométrie afin d’améliorer les méthodes de réduction de coûts pour lutter contre la fraude dans les programmes assurés par le gouvernement et les marchés de l’assurance du secteur privé. La croissance de l’utilisation de la biométrie dans le secteur dépendra principalement de la poursuite de la réforme de la santé aux États-Unis, qui sera principalement attribuable aux impératifs de confinement des coûts. La biométrie médicale, menée par la santé mobile (mHealth) et les technologies portables (wearables), continueront à faire leur chemin dans le marché de la technologie grand public.

Ce rapport a été parrainé par HID Global. Télécharger le rapport (PDF).

BiometricUpdate

L’avenir de l’humanité est de diriger sa propre évolution – Interview avec Amal Graafstra

Amal Graafstra s’est fait implanter deux puces RFID, auteur du livre RFID Toys, et est un intervenant à TEDx. Son intérêt pour le biohacking, la RFID et la NFC ont commencé en 2005 comme une solution simple à un problème. Il voulait un accès facile à son bureau. Il a exploré les options biométriques et s’est finalement aperçu qu’elles étaient trop chères, peu fiables, et vulnérables au vandalisme. Graafstra joue un rôle actif dans le milieu des implants RFID DIY depuis le milieu des années 2000. Son entreprise de biohacking Dangerous Things déclare que « le biohacking est à l’avant-garde d’un nouveau type d’évolution.

Pourquoi avez-vous commencé Dangerous Things ?

En 2005, j’étais vraiment frustré par la situation avec mes clés. J’étais réellement agacé de devoir prendre toutes ces clés avec moi, cela faisait un peu potiche, je voulais que la porte me reconnaisse, je ne voulais pas utiliser de scanner d’iris ou d’empreintes digitales, j’ai jeté un œil à ces technologies, elles semblaient particulièrement robustes pour ce qui est des portes, vous avez un capteur comme celui-là, c’est assez cher, vous le mettez dehors et un enfant le frappe avec un bâton… il ne fonctionne plus.

La technologie RFID semble être la solution logique, mais vous échangez une clé métallique pour une carte en plastique, la promesse de la RFID est que vous avez une carte qui fonctionne avec toutes vos portes, mais en réalité, les fabricants de contrôle d’accès veulent construire dans la propriété de sorte que vous devez acheter chez eux les tags (balises) afin de pouvoir s’en servir pour toutes les portes, et vous finissez avec tout un tas de tags comme un trousseau de clés, ce qui est stupide. Donc, je me suis dit : vous savez quoi ? Je vais fabriquer cela moi-même et me mettre un implant. Comme ça, je n’aurai plus à me soucier de porter une carte. J’ai donc fait quelques recherches et j’ai décidé de ne pas prendre d’implant d’animaux de compagnie pour diverses raisons, j’ai ensuite trouvé le bon type de puce que je voulais, le bon verre et j’ai parlé à certains médecins qui étaient mes clients, je leur ai dit « Hey, que diriez-vous de mettre cela ici ? », et ils semblaient dire « bien sûr, pas de problème. » J’ai donc acheté les tags, et en cinq minutes c’était dedans.

C’est tout simplement ce qui s’est passé, mais en 2008/2009, une révolution de fabricants a frappé, les gens ont commencé à fabriquer leurs propres électroniques et à vraiment s’y intéresser. Les RFID sont devenus le passe-temps favori de l’électronique et beaucoup de personnes étaient intéressées par les implants et c’était trop difficile à gérer sans une structure alors j’ai commencé Dangerous Things. Nous vendons maintenant du matériel sûr et nous nous associons à des perceurs corporels professionnels pour permettre à nos clients de pouvoir se faire poser un implant de façon sécurisé.

Venez-vous d’une formation d’ingénieur ?

Non. J’aime la technologie. Je peux coder et fabriquer du hardware, mais pas très bien. Je connais un peu les affaires, mais pas beaucoup. Je suis un peu touche-à-tout.

Donc, pour cette puce, vous fournissez le matériel et d’autres personnes peuvent fournir le logiciel ?

Vous pouvez construire un mécanisme de verrouillage assez facilement ou vous pouvez en acheter un. Samsung fait une serrure de porte et un tas d’autres entreprises font des serrures de porte, mais si vous voulez entrer dans quelque chose d’un peu plus complexe comme démarrer votre voiture ou quelque chose comme ça, vous devez connaître un peu l’électronique pour modifier la voiture. Quand il s’agit de choses comme les paiements, c’est plutôt une question de partenariat et de personnes que techniques. Vous devez disposer des autorisations appropriées, de la bonne sécurité sur vos périphériques, etc. [note admin : « Ces dispositifs n’ont pas été testés ou certifiés par un organisme de réglementation pour l’implantation ou l’utilisation sur ou dans le corps humain »].

Qu’en est-il de la mission principale de l’entreprise ?

Nous n’avons pas vraiment développé un énoncé de mission de base, mais cela revient vraiment à l’idée de mettre directement votre corps à niveau directement, soit par des installations matérielles ou de bricoler avec les gènes. Ce genre de chose est vraiment la prochaine forme d’évolution, et nous croyons que l’avenir de l’humanité est de diriger sa propre évolution. L’évolution est deux choses, la mutation aléatoire et la sélection. La mutation aléatoire est mauvaise 99.99% du temps. Un bébé naît avec un défaut puis il meurt. C’est la sélection. Mais nous avons agi sur ce processus sélectif en sauvant chirurgicalement la vie du bébé. Cependant, nous n’avons pas changé le problème du mauvais gène, donc être capable de guider l’évolution d’une manière non aléatoire est vraiment intéressant ici.

Est-ce que ces dispositifs collectent des données ?

Les appareils ne sont pas connectés, le seul moment où ils sont sous tension est quand ils sont dans la gamme du lecteur. Il n’y a donc pas de données collectées. Dans le futur, quand nous aurons une cellule de stockage d’énergie sûre, nous pourrons parler de collecte de données biologiques et d’agrégation de ces données, pour faire plus de choses avec elles. Mais pour l’instant c’est plus comme un échange d’informations. Par exemple, nous avons un tag (une étiquette) avec un capteur thermique dessus, de sorte que vous pouvez obtenir la température, mais il enregistre la température seulement quand vous lui demandez.

Y a-t-il des défis sur le produit ?

Il n’y a pas de pièces mobiles, il n’y a aucune raison de penser qu’elles se briseront. Je l’ai depuis onze ans. Il y a des limites différentes, je suppose. Certains modèles ont une mémoire de dix ans de protection des données. Donc, si vous n’écrivez rien, l’appareil conservera les données pendant 10 ans, mais si vous réécrivez quelque chose, cela sera réinitialisé à ce moment-là. Il y a aussi un compteur de 100 000 cycles sur les blocs mémoires eux-mêmes afin que vous puissiez écrire dans cette mémoire 100 000 fois. Donc, même si vous écrivez une fois par jour, chaque jour, cela vous donnera environ 27.9 ans.

Selon vous, quels sont nos plus grands problèmes numériques ?

Nous avons un problème en ce moment. Nos identités numériques deviennent de plus en plus précieuses, beaucoup plus précieuses que nos identités biologiques. Vous ne pouvez pas aller à la banque et accéder à votre compte sans un système d’identification pour vous identifier. Votre corps n’est pas suffisant. Donc, être en mesure de lier les identités en ligne et hors ligne est un gros problème qui deviendra plus grand étant donné que nous comptons de plus en plus sur les communications en ligne. C’est l’un des principaux axes de développement de ces dispositifs.

Voyez-vous cette technologie comme une force destructrice aussi bien que constructive ?

Les gens sont des êtres étranges, il y aura donc le chaos dans toute sorte d’initiative. Mon espoir est de pouvoir prouver sans équivoque que votre identité dans les interactions numériques et en ligne va seulement être bénéfique. Si vous regardez dans le passé à travers l’histoire, vous constatez que tout type de changement effraie et fait peur aux gens. Donc, il y a toujours une période d’acceptation, c’était tout aussi vrai pour les pacemakers.

Les premiers pacemakers ont été condamnés comme l’œuvre du diable. Et lentement, les gens ont commencé à les accepter, par la compréhension de ce qu’ils font et pourquoi ils sont importants. C’est plus facile pour les technologies médicales d’obtenir l’acceptation parce qu’elles aident d’une manière qui semble être critique et urgente. Je pense qu’une fois que nous aurons une cellule de source d’énergie sûre, alors nous pourrons commencer à faire toutes sortes de dispositifs assez fous. Les gens ont voulu des appareils bioélectriques pour surveiller le mouvement musculaire, par exemple pour activer une prothèse, mais obtenir une bonne lecture sensorielle depuis l’extérieur de la peau est très difficile. Cependant, avoir un dispositif implanté capable d’écouter le mouvement musculaire est très intéressant. Ce n’est qu’un exemple. Il y aura des dispositifs médicaux et non médicaux, par exemple, un dispositif qui permet d’effectuer des contrôles gestuels. C’est ce genre de capacité que nous allons voir grâce aux dispositifs de biohacking (biologie participative).

Quels genres de changements voyez-vous pour le biohacking dans le futur ?

Encore une fois, une fois que nous aurons une cellule de puissance active, nous serons capables d’avoir des dispositifs qui sont alimentés dans le corps, puis la collecte de données devient possible et contribuant à un grand flux de données va être l’une de ces possibilités. Les technologies portables sont intéressantes, mais un wearable est un fardeau à gérer. Ils sont incohérents dans la collecte de données parce que les gens ne les portent pas tout le temps. Donc, être en mesure d’établir une routine de connexion de données par un dispositif d’implant toujours à l’écoute et toujours en train d’enregistrer a des possibilités plus intéressantes pour le big data.

Traduction Thomas Jousse

Dataconomy

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CBS Pittsburgh : Des gens s’implantent des puces électroniques sous la peau
Implants, puces et transhumainsFrance Info : Les implants NFC arrive en France
Des puces et des hommes

Lorsque l’identité numérique devient personnelle … vraiment personnelle.

VivoKey (anciennement UKI) est une plate-forme NFC implantable pour les applications d’identité, de sécurité, de cryptographie et de paiement. Lire l’article sur DailyMail : Rencontrez Amal, le cyborg qui a implanté des puces sous sa peau pour acquérir des capacités super-humaines.