Miniaturisation, Micro et Nanotechnologies : Enjeux éthiques des technologies émergentes

colloque de l’institut Pasteur de Lille du 18 mai 2016

L’événement vise à permettre l’explicitation et l’analyse d’un certain nombre de préoccupations éthiques attachées au développement des micro et nano-technologies, spécialement en sciences de la vie et de la santé où elles sont les plus manifestes. Réunissant spécialistes des technologies, médecins, praticiens, philosophes, grand public, la journée ambitionne également de fédérer une communauté interdisciplinaire intéressée aux aspects éthiques du développement des technologies et souhaitant les mettre en débat.


Introduction et « Les Nanotechnologies et l’éthique : un essai de défrichage »
Robin Cremer, espace de réflexion éthique régional du Nord Pas-de-Calais – Fernand Doridot, projet Nanooscope

 

Session I, Partie 1 : Exemples de technologies émergentes et préoccupations éthiques associées
Dominique Collard, LIMMS/CNRS-IIS – Jean-Charles Lambert, Florence Pinet, David Hot, Institut Pasteur de Lille – Pierre Fontaine, CHRU de Lille et Université Lille

Session I : Enjeux éthiques du développement des micro et nano-biotechnologies Modérateurs de session : Bernard Vandenbunder, CNRS UMR 8523 et Université de Lille, Sciences et Technologies. Et Fabrice Nesslany, Institut Pasteur de Lille. Partie 1 : Exemples de technologies émergentes et préoccupations éthiques associées « Analyses in vitro par bio-MEMS et recherche structurée contre le cancer » Par Dominique Collard, LIMMS/CNRS-IIS, coordinateur du projet SMMIL-E. « Technologies omiques, échelles et quantités des données biologiques, nouveaux protocoles de recherche » Par Jean-Charles Lambert, Florence Pinet et David Hot, Institut Pasteur de Lille. « Implantation de pompes à insuline et médecine personnalisée » Par Pierre Fontaine, CHRU de Lille et Université de Lille, Droit et Santé.

 

Session I, Partie 2 : Le point de vue du sujet : apports de cliniciens et de philosophes
Sylvie Manouvrier, CHRU de Lille et Université Lille – Philippe Sanchez, espace de réflexion éthique régional de Picardie

« Le diagnostic génétique à l’heure du séquençage de nouvelle génération : enjeux éthiques pour les cliniciens et les patients » Par Sylvie Manouvrier, CHRU de Lille et Université de Lille, Droit et Santé. « Technologies médicales et place du sujet. L’exemple de la controverse autour des implants cochléaires » Par Philippe Sanchez, Docteur en philosophie.

 

Session II : Sujet, conscience, intelligence – Les enjeux éthiques des nouvelles technologies du cerveau
Gustavo Touzet, CHRU de Lille – Sylvain Lavelle, ICAM de Paris Sénart

Session II : Sujet, conscience, intelligence Les enjeux éthiques des nouvelles technologies du cerveau. Modérateurs de session : Pierre Louchart, CH de Douai. « Les technologies de stimulation cérébrale profonde et leurs enjeux éthiques » Par Gustavo Touzet, CHRU de Lille. « Mimer le cerveau ou le reproduire ? Les ordinateurs bio-inspirés et l’éthique » Par Philippe Devienne, UMR 9189, IRCICA. « Voir et communiquer les pensées d’autrui ? Les enjeux éthiques et épistémologiques du ‘Cogniteur’ » Par Sylvain Lavelle, ICAM de Paris-Sénart.

 

Session III : Origines, contraintes et marges de manœuvre – Que faire des préoccupations éthiques ?
Alexis Vlandas, IEMN de Lille – Anne-Françoise Germe, CHRU de Lille – Xavier Labbée, Université de Lille

Session III : Origines, contraintes et marges de manœuvre Que faire des préoccupations éthiques ? Modérateur de session : Docteur Robin Cremer, Directeur de l’ERER du Nord Pas-de-Calais. « Ethique de la recherche, éthique des chercheurs ? Comment prendre en compte les impacts de l’activité scientifique ». Par Alexis Vlandas, IEMN de Lille. « Choix économiques, choix éthiques, choix politiques ? L’introduction des nouvelles technologies et des nouveaux traitements en milieu hospitalier ». Par Anne-Françoise Germe, CHRU de Lille. « Les stratégies de réponse du droit face aux enjeux éthiques des technologies émergentes ». Par Xavier Labbée, Université de Lille, Droit et Santé, avocat au barreau de Lille.

 

L’éthique du futur et le défi des technologies du vivant

Thèse :  Kokou Sename Amegatsevi, 2013 – Université Laval & Université Paris-Descartes

Résumé : Ce travail vise à mettre en avant une éthique du futur à l’ère des technologies du vivant à partir de la biologie philosophique de Hans Jonas en passant au crible a priori les fondements des technosciences. Jonas estime que le problème n’est pas la technique elle-même qui soit en cause mais l’identité qu’elle accorde à l’homme dans cette logique instrumentale envahissante, en d’autres termes, le matérialisme réductionniste. Le problème aussi n’est pas les effets visibles inquiétants et désastreux de la technique mais l’ontologie qu’elle inspire. Outre les manifestations réelles de destruction qu’elle génère, c’est l’être qu’elle confère ou plus exactement dont elle prive l’homme qui est catastrophique. L’homme finit par se considérer comme un fond exploitable. Il s’agira donc de formuler une éthique qui a pour soubassement une biologie philosophique qui récuse une anthropologie mécaniste d’inspiration matérialiste, une ontologie du pas-encore qui fonde les sciences modernes. Réduire l’homme à des lois physico-chimiques, c’est violer notre individualité. Le métabolisme est la preuve de notre individuation. Dans la matière, gît l’esprit. Au-delà de l’anthropomorphisme qui se dégage, l’homme est le seul animal symbolisant doué d’une conscience réflexive. Une responsabilité politique s’impose pour protéger l’intégrité et l’image de l’homme à l’ère des technologies du vivant qui espèrent améliorer ou modifier l’espèce humaine. Mais cette responsabilité politique qui promeut « un marxisme désenchanté » ne tardera pas à renforcer voire devenir une rationalité instrumentale et idéologique à l’image du lyssenkisme. Une autre responsabilité s’impose : une responsabilité scientifique formulée par Charles De Koninck qui interpelle et invite les scientifiques à ne pas sacrifier l’être humain par leurs recherches sur l’autel des subventions financières, du dualisme au relent matérialiste. La science, dans son élan est invitée à tenir compte du facteur « humain ». Cette responsabilité scientifique va au-delà des règles de bonnes pratiques et déontologiques des comités et des expertises scientifiques. Elle nécessite une éducation scientifique pour une science citoyenne pour éviter une science aveugle et idéologique. Bref, à partir de ces paradigmes, nous voulons montrer que les rêves de l’amélioration, de l’augmentation des performances de l’espèce humaine sont des chimères.

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Langue:  Français
Mots clés:  Philosophie

Colloque Institut Pasteur : Miniaturisation, Micro et Nanotechnologies

Enjeux éthiques des technologies émergentes

Un colloque à l’institut Pasteur de Lille le 18 mai 2016.

Miniaturisation, Micro et Nanotechnologies : Enjeux éthiques des technologies émergentes

L’événement vise à permettre l’explicitation et l’analyse d’un certain nombre de préoccupations éthiques attachées au développement des micro et nano-technologies, spécialement en sciences de la vie et de la santé où elles sont les plus manifestes.

Réunissant spécialistes des technologies, médecins, praticiens, philosophes, grand public, la journée ambitionne également de fédérer une communauté interdisciplinaire intéressée aux aspects éthiques du développement des technologies et souhaitant les mettre en débat.

La journée se déroulera à l’Institut Pasteur de Lille, (amphithéâtre Buttiaux), 1 rue du Professeur Calmette à Lille. Elle est ouverte à tous. L’inscription en ligne est gratuite et obligatoire.

L’évènement du 18 mai propose d’examiner ces questions dans le domaine général des sciences de la vie et de la santé, où elles se posent sans doute aujourd’hui avec le plus d’urgence. La journée cherche ainsi à instaurer un dialogue entre experts des différentes disciplines (ingénieurs, physiciens, biologistes, médecins, éthiciens, philosophes, etc.) et grand public, à partir de l’exposé de cas concrets adossés à des technologies de divers types et relevant de différentes phases de mise en œuvre. Partant de technologies à usage in vitro pour l’analyse et le diagnostic précoces, puis traitant du cas des diagnostics génétiques et des approches dites « à haut débit » ou « omiques », on abordera progressivement des technologies plus intrusives, dans le corps puis dans le cerveau. On examinera les contours peut-être de plus en plus flous des frontières entre la connaissance, le soin, la réparation et l’amélioration des organes, en envisageant les perspectives offertes comme les importantes implications éthiques de ces agissements. La fin de journée aborde des questions plus générales comme celles de l’éthique de la recherche ou des chercheurs, les considérations d’ordre économique qui contraignent l’éthique des choix, ou la façon dont le droit des nouvelles technologies peut border ou clarifier la question éthique.

Pour en savoir plus : ERER du Nord Pas-de-Calais


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L’amélioration humaine : trois usages, trois enjeux (PDF)

Version électronique d’un article publié dans Médecine-Sciences (sous presse)

Simone Bateman * et Jean Gayon **

Résumé

L’expression human enhancement désigne un ensemble d’actions réelles ou projetées qui visent à augmenter les potentialités du corps humain, voire en créer de nouvelles. Ces actions reposent sur une réorientation de techniques biomédicales et s’ouvrent désormais aux technologies convergentes. L’article distingue trois usages du terme anglais, en fonction du sens donné à l’adjectif ‘humain’ : amélioration des capacités humaines, amélioration de la nature humaine, amélioration de soi. Ces strates de signification émanent de contextes distincts, mais héritent de courants de pensée anciens. C’est cette collusion d’idées anciennes et de moyens inédits qui s’exprime dans la formule human enhancement.

L’amélioration humaine

* Centre de Recherche Médecine, Sciences, Santé, Santé Mentale, Société, CERMES, Site CNRS, 7 rue Guy
Môquet, 94801 VILLEJUIF CEDEX
** Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques, Université Paris 1 – Panthéon
Sorbonne/CNRS/ENS, 13 rue du Four, 75006 Paris.

Références

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[2] Walters L, Palmer JG. The ethics of human gene therapy. New York: Oxford UP, 1997: 232 p. Chapter 4: 99-142.
[3] Bostrom N. The Transhumanist FAQ — A General Introduction (Version 2.1), World Transhumanist Association, 2003. http://www.transhumanism.org/resources/FAQv21.pdf
[4] Rocco M., Bainbridge W.S. Converging technologies for improving human performance: nanotechnology, biotechnology, information technology and cognitive science. Dordrecht: Kluwer, 2003: 510 p.
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[6] Elliot C. Better than well: American medicine meets the American dream. New York: W. W. Norton & Company, 2003: xxi-357 p.
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[12] Gayon J. L’eugénisme, hier et aujourd’hui. Médecine/Sciences, 15, 6-7 (juin-juillet 1999): I-VI.
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[25] Bioethica Forum, vol. 4, n°1 (2011): “Focus Enhancement”.
[26] Personn I, Savulescu J., The Perils of Cognitive Enhancement and the Urgent Imperative to Enhance the Moral Character of Humanity, Journal of Applied Philosophy 2008; 25 (3): 162-177.
[27] Harris J. Moral Enhancement and Freedom, Bioethics 2011; 25 (2): 102-111.
[28] Arnoux F. La santé haute définition. Autour de la notion d’homme “augmenté”. Médecine/Sciences 2010; 26: 427-431.