Le Vatican accueille une conférence sur le transhumanisme

Humanity 2.0 et le Vatican discutent de The TransHuman Code

Avec le soutien de l’Université pontificale du Latran (PLU), les mondialistes se sont réunis lundi à la Cité du Vatican pour discuter de la meilleure voie à suivre avec l’humanité et la technologie.

La réunion a été décrite comme “un rassemblement exclusif de dirigeants des secteurs de la technologie, des entreprises, des finances, du gouvernement, du monde universitaire, de l’ecclésiastique et des médias… afin de catalyser la prise de conscience et d’établir la meilleure voie à suivre avec humanité et technologie en harmonie”.

Parrainée par la Fondation OISTE, Humanity 2.0 a organisé la réunion intitulée “Technologie et épanouissement humain” avec le soutien du PLU au Collegio Teutonico, qui est adjacent à la Place Saint-Pierre.

Humanity 2.0 a été développé en collaboration avec le Dicastère pour la promotion du développement humain intégral (DPIHD – Dicastery for Promoting Integral Human Development) en tant qu'”agent du bien commun et croyant en la nécessité d’un horizon commun pour unir l’humanité”, selon le site web de l’organisation.

Le pape François a créé le DPIHD en août 2016 avec pour mission de promouvoir “le développement intégral de la personne à la lumière de l’Évangile et conformément à la doctrine sociale de l’Église”.

Le DPIHD fonctionne “au moyen d’un réseau d’interactions qui implique les Églises locales, les Conférences épiscopales, les autres organes de la Curie romaine, les organisations internationales (catholiques et non catholiques), les relations avec les gouvernements et les organisations supranationales”, selon la déclaration de mission.

La vision de Humanity 2.0 est définie par cinq convictions, notamment la conviction que nous sommes une espèce ayant la responsabilité collective de façonner notre avenir et que les défis pour l’humanité doivent être relevés par une action coordonnée.

L’organisation tente d’atteindre ses objectifs de trois manières, la troisième étant de faire venir “des organisations religieuses qui s’alignent pour lutter contre les obstacles et investir dans la solution”.

La réunion au Collegio Teutonico, lundi, a été centrée sur les conférences de Carlos Moreira et David Fergusson et leur livre cosigné, The transHuman Code: How to Program Your Future, ainsi que le père Philip Larrey et son livre, Artificial Humanity: An Essay on the Philosophy of Artificial Intelligence.

Moreira est un leader actif et membre de plusieurs institutions et organisations axées sur le développement de l’innovation technologique et la préservation de l’identité humaine.

Fergusson est un chef de file du financement des entreprises spécialisé dans les fusions et acquisitions mondiales.

Le Père Philip Larrey est un prêtre catholique qui est titulaire de la chaire de logique et d’épistémologie à l’Université pontificale du Latran au Vatican et président de Humanity 2.0.

D’après le synopsis de The TransHuman Code :

Ce que les auteurs proposent, c’est que si nous commençons à concevoir l’avenir transhumain d’un point de vue humain, en veillant à ce que la technologie inspire une révolution ou une évolution, nous pouvons alors veiller à ce que l’humanité continue à prospérer. Le Code transhumain tente de centrer l’humanité sur la tension émergente entre un monde contrôlé par l’homme et un monde contrôlé par la machine. Moreira et Fergusson examinent comment les humains peuvent maintenir l’unicité et l’humanité de ce nouveau monde.

Le livre de Larrey, Artificial Humanity, propose une discussion philosophique sur l’intelligence artificielle.

OISTE, sponsor du récent rassemblement de Humanity 2.0 au Vatican, a un statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l’ONU et est un membre accrédité du groupe des parties prenantes des utilisateurs non commerciaux de l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers.

Accesswire, The transHuman Code, Church Militant

“Never has there been a more important time in our history for business, government, academic and religious leaders to align on the core tenants of humanity, déclare Carlos Moreira, co-auteur de The transHuman Code.

“Humanity is at a crossroads and the time has come for us not just to think collaboratively, but to put our thoughts into action”, a déclaré Matthew Sanders, CEO de Humanity 2.0. “This event assembles thought leaders from around the world to collaboratively act on providing global solutions.”

David Fergusson, co-auteur de The transhuman Code déclare :”In this, the age of technological revolution, advocating and innovating the greatest good for all humanity is paramount to realizing the full potential of our future.”

“Technology is shaping the fabric of our society”, déclare Rev. Philip Larrey, auteur de Artificial Humanity and Connected World. “We need to challenge industry leaders to take into account just how it impacts the ethics in business.”

Penser l’exosomatisation pour défendre la société

Les Entretiens du nouveau monde industriel 2016

Conférence du 13 et 14 décembre 2016. Centre Pompidou. Paris.

Basée sur la data economy, la médecine dite “3.0” en est à ses premières avancées, et déjà des groupes pharmaceutiques tissent des alliances avec Google pour le développement de traitements bioélectroniques ou d’objets communicants. Si ce secteur en pleine évolution est évidemment porteur de nombreux espoirs, il sert également de base de développement du discours transhumaniste. Pendant deux jours, philosophes, médecins, économistes, mathématiciens, anthropologues et historien se sont réunis pour appréhender les véritables enjeux de « l’exosomatisation », c’est-à-dire, de l’augmentation de l’homme par des organes artificiels.

En savoir plus…
Usbek & Rica : Le transhumanisme face aux murs

Session 1 : Exosomatisation et avenir de la société

Mardi 13 décembre – 10h-13h15

L’”augmentation” des organes “naturels” de l’homme par des organes artificiels – organologiques en cela – est définitoire de l’hominisation dès l’origine. Présenter l’augmentation de l’homme comme une radicale nouveauté est à cet égard une imposture. Il n’en reste pas moins que l’organogenèse exosomatique contemporaine présente des caractères tout à fait inédits.

avec10h15 : Bernard Stiegler (philosophe, Institut de recherche et d’innovation)

11h00 : Dominique Lecourt (philosophe, Institut Diderot) La technique et la vie

11h45 : Antoine Missemer (économiste, CNRS) Exosomatisation et théorie économique chez Nicholas Georgescu-Roegen

12h30 : Paolo Vignola (philosophe, Yachai university) Vivre et penser comme des Pokémons. Notes pour une pharmacologie de l’immanence.

13h15 : Fin de session

⇒ Résumés des interventions

Session 2 : Exosomatisation, calculabilité et traitement de données

Mardi 13 décembre – 14h30-18h30

Au-delà de l’extraction corrélationniste de patterns qui caractérise le big data et les data sciences telles que les présente par exemple Chris Anderson[1], la vie et la santé sont irréductibles à une approche purement et simplement computationnelle. Telle que Georges Canguilhem l’a pensée dans Le normal et le pathologique, la santé, en contexte exosomatique, est toujours l’invention d’un nouvel art de vivre par un être qui “se rend malade” par ses techniques mêmes (l’être humain). Cette invention constitue ce que Canguilhem appelle une normativité qui est foncièrement ancrée dans une modalité spécifique de l’anti-entropie telle que, productrice de “bifurcations”, elle échappe précisément à la calculabilité.[1] https://www.wired.com/2008/06/pb-theory/avec14h30 : David Berry (digital humanities, Sussex university) Human attention and exosomatization

15h15 : Wendy Chun (informaticienne et media studies, Brown university) Habit and Exosomatization: the Collective Non-conscious

16h30 : Giuseppe Longo (mathématicien, ENS) La machine à états discrets et les images du monde

17h15 : Thibault d’Orso (co-fondateur de la société Spideo) Protection des données personnelles: obstacle ou opportunité pour l’innovation technologique ?

18h : Interventions du public

18h30 : Fin de session

⇒ Résumé des interventions

Session 3 : Corps augmenté, intelligence artificielle et société

Mercredi 14 décembre – 10h-13h

Fondées sur les technologies de l’information, les nouvelles industries de la santé sont une facette particulièrement sensible de ce que l’on doit appréhender comme un nouvel âge de l’intelligence artificielle que rend possible l’informatique réticulaire. Il importe cependant ici de revenir à la fois sur les réflexions de Bergson sur le vivant au début du XXe siècle, sur les références qu’y fait Georgesu Rœgen dans ses considérations sur l’exosomatisation et l’entropie, sur les conceptions et les questions des premiers penseurs de l’intelligence artificielle fondée sur les agencements homme-machine computationnelle, et sur les limites, apories et perspectives de la théorie de l’entropie dans le champ de l’humain – au moment où l’”extropianisme”, qui est l’une des sources de la pensée transhumaniste, prétend “dépasser l’entropie”, au moment où les neurotechnologies “endosomatisent” les artifices exosomatiques en réaménageant le cerveau.avec10h : Hélène Mialet (anthropologue, Toronto university) Repenser le sujet à l’heure du numérique

10h45 : Pieter Lemmens (philosophe, Radboud university) The Posthuman Fable. Questioning the Transhumanist Imaginary

11h30 : Dominique Bourg (philosophe, université de Lausanne) Exosomatisation pour quelle émancipation ?

12h15 : David Bates (historien des sciences, université de Berkeley) L’intelligence artificielle est-elle un organe exosomatique ?

13h00 : Fin de session

⇒ Résumés des interventions

Session 4 : Technologies du vivant, médecine 3.0 et transhumanisme

Mercredi 14 décembre – 14h30-19h

La médecine 3.0 est aujourd’hui un des premiers marchés de développement des services médicaux en ligne basés sur des objets communicants, sur lesquels se greffe le marketing transhumaniste des fantasmes en tout genre – cependant que le vivant et l’artificiel computationnel s’agencent de façons inédites à travers le quantified-self et la recherche de nouvelles formes de techniques de soi et de soin, souvent dans des contextes communautaires inédits et prometteurs. Qu’en est-il cependant des limites – du vivant, de la technique, de l’économie, de la terre, etc. ? Et quelles politiques de recherche et de développement industriel originales la France et le continent européen peuvent-elles promouvoir ?

avec14h30 : Johan Mathé (ingénieur, Bay labs Inc.), Néguanthropie, opacité et explicabilité des réseaux neuronaux artificiels profonds

15h15 : Jean-Michel Besnier (philosophe, université Paris Sorbonne), La biologie, otage du transhumanisme

16h15 : Jean-François Toussaint (médecin, physiologiste, Insep) Les limites de l’humain

17h00 : Gerald Moore (Durham university), La politique d’un phénomène impossible : L’expérience artéfactuelle et le désaveu du changement climatique.

17h45 : Dorothée Benoît Browaeys (Coordinatrice du Festival Vivant, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, cofondatrice de VivAgora), Quand les marchés dictent la biocybernétique

18h30 : Bernard Stiegler (Directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation)

19h : Fin

⇒ Résumé des interventions

Transhumanisme : de la réparation de l’humain au surhomme

Le développement de la cybernétique et des biotechnologies pourraient, d’ici quelques années, révolutionner la notion même d’humanité, de s’affranchir des lois jusqu’alors inaliénables de la nature. Alors que les premiers pas concrets dans cette direction ont été récemment réalisés avec notamment la fabrication d’organes artificiels ou la modification du patrimoine génétique de plantes puis d’animaux, il nous a semblé important de pouvoir lancer un débat dépassionné cadrant le sujet autant sur les plans scientifique qu’éthique ou juridique. De quoi parle-t-on vraiment ? Un homme amélioré ? Un homme réparable ? Un homme augmenté ? Sur quelles bases scientifiques ? L’Université d’été mobilise un panel de médecins, philosophes et juristes pour traiter de ce sujet complexe sous un angle nouveau.

Intervenants :
Pr François Berger, neuro-cancérologue – Inserm
François Vialla, directeur – Centre Européen d’Etudes et de Recherche Droit & Santé, Faculté de Droit université de Montpellier
Jean-Michel Besnier, professeur des universités & philosophie des technologies d’information et de communication
animée par Lionel Buannic, journaliste

Université de la e-santé
Ecole d’ingénieurs ISIS, Rue Firmin Oulès, 81100 Castres, FRANCE

Colloque : Sciences de la vie, sciences de l’information

Colloque de 7 jours : du 17 septembre 2016 au 24 septembre 2016, au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle Le Château, 50210 Cerisy-la-Salle

D’un côté, des scientifiques se posent la question “Qu’est-ce que la vie ?”. D’un autre côté, la question “Qu’est-ce que l’information ?” apparaît tout aussi pertinente. Un organisme vivant, le plus simple soit-il, est un réseau d’interactions, de communications, d’inscriptions mobilisant une énorme quantité d’information. Le mot “mémoire” a-t-il le même sens en informatique, en biologie et en écologie? Est-ce que, comme l’a pressenti Gilbert Simondon, l’information est ce qui donne forme et se perpétue en structurant la matière ? La biologie moléculaire a mis à jour les principales étapes de l’expression des gènes. Mais on ne sait toujours pas ce qu’est un gène: de l’information ou une structure moléculaire ? Les nanostructures d’ADN ou d’ARN révèlent des architectures en 3D qui seraient les “moteurs” des nanomachines de demain, aux multiples applications thérapeutiques, chimiques et algorithmiques (ou bio-informatiques ?). Enfin, l’épigénétique bouscule les conceptions “mécaniques” de l’expression des gènes. Au niveau cellulaire, cette expression stochastique permet de concevoir une organisation biologique reposant sur un “darwinisme cellulaire”.

La compréhension des origines et de l’évolution du vivant constitue l’un des grands défis du XXIe siècle. Comment envisager l’évolution biologique et le futur de la biosphère, ainsi que celui de l’espèce humaine, dans le contexte de la nouvelle alliance du naturel et de l’artificiel ? Cela pose, en particulier, des questions éthiques. Plus généralement, la technique est-elle un fait social et/ou un prolongement biologique? La transformation conjointe de la technique et de la société par le système d’information constitue-t-elle un nouveau stade de l’évolution ?

Présentation détaillée

Inscription

Avec le soutien
du Centre national de la recherche scientifique (CNRS),
du Commissariat à l’énergie atomique (CEA),
de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA),
de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF),
et d’Électricité de France (EDF)

Transhumanisme, Homme augmenté. Quelles limites, thérapeutiques, techniques, éthiques ?

L’Homme augmenté sera-t-il solidaire ?

La journée a été animée par Édouard Kleinpeter, ingénieur de recherche au CNRS, animateur scientifique du pôle de recherche Santé connectée et humain augmenté de l’ISCC.

Les technologies modernes appellent dans le quotidien une consommation individualisée. Mais elles créent aussi du lien social, en facilitant les communications, les pratiques standardisées ou la constitution de réseaux. On voit aujourd’hui se développer des instruments susceptibles de doter l’humain de ressources nouvelles, tant sur le plan sensorimoteur que cognitif : des prothèses électroniques ou des exosquelettes, des neurostimulants ou des implants intracérébraux…

Après avoir abordé les aspects et l’essor de cette nouvelle réalité baptisée « Homme augmenté », le colloque en évaluera la désirabilité au regard des objectifs mutualistes.

  1. SOMMES-NOUS À LA VEILLE D’UNE VICTOIRE SUR LE HANDICAP ?

Jean-Michel Besnier, philosophe, directeur de l’EA Rationalités contemporaines (Université Paris-Sorbonne), coordonnateur scientifique du pôle de recherche Santé connectée et humain augmenté de l’ISCC.
Nathanaël Jarrassé, chargé de recherche à l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (CNRS – Université Pierre et Marie Curie)
Serge Picaud, neurobiologiste, directeur de recherche à l’Institut de la vision
Marc Roux, président de l’Association française de transhumanisme, Technoprog

  1. NOTRE SOCIÉTÉ « TECHNOLOGISÉE » DEVIENT ELLE PLUS ÉGALITAIRE ?

Hervé Chneiweiss, neurobiologiste et neurologue, directeur de recherche au CNRS
Brigitte Dormont, professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine, directrice de la Chaire Santé de la Fondation du Risque
Brigitte Munier-Temime, enseignant-chercheur à Télécom ParisTech

  1. QUEL CORPS SOIGNERA-T-ON DEMAIN ?

Alim-Louis Benabid, médecin, fondateur et président du directoire de Clinatec (sous réserve)
Geoffrey Delcroix, coordinateur du rapport « Le corps, nouvel objet connecté », Commission nationale informatique et libertés (Cnil)
Geneviève Fioraso, députée, ancienne secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche
Jérôme Goffette, maître de conférences en philosophie des sciences à l’Université Claude Bernard Lyon 1 et à l’École normale supérieure de Lyon
Xavier Labbée, avocat, président de l’Institut du droit et de l’éthique, professeur Lille 2.

Communiqué de presse MGEN

10 mars 2016

Le 9 mars 2016, le groupe MGEN a organisé, avec l’Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC), le colloque « Transhumanisme, Homme augmenté. Quelles limites, thérapeutiques, techniques, éthiques ? » Alors qu’une ère nouvelle est en train de s’ouvrir, où les avancées technologique vont rendre capable l’homme de se transformer, de se modifier et de « s’augmenter », le groupe MGEN voit la nécessité d’initier un véritable débat citoyen, afin que les avancées technologiques s’orientent dans un sens responsable, c’est-à-dire éthique et socialement utile.

S’il est encore trop tôt pour imaginer ce que sera la révolution des « NBIC » (nano technologies, biomédecine, informatique et sciences cognitives sur le cerveau…), une chose est sûre : le mouvement est en marche et les laboratoires de recherche sont, à la fois, à la veille de découvertes considérables pour la santé et le bien-être et prêts à des transgressions majeures pour l’avenir de l’humanité. L’enthousiasme, par exemple, suscité par les perspectives de victoires possibles sur le handicap, ne doit pas occulter la vigilance face à ceux qui seraient tentés de transformer génétiquement l’être humain. Quand certains prédisent une durée de vie très étendue, pour ceux qui en auront les moyens financiers, il ne faut pas oublier que la majorité de la population mondiale n’a aujourd’hui pas accès aux soins essentiels. La question transhumaniste est complexe. Elle fait appel à des connaissances sur des technologies extrêmement récentes, très peu connues du public. Elle renvoie à des débats éthiques qui touchent à la nature des sciences, à l’essence de l’homme. C’est aussi une question vertigineuse. Qu’est-ce que vivre 200 ans ? Qu’est-ce que penser avec un cerveau boosté par l’intelligence artificielle ?… Malgré la difficulté, il est impératif que le débat politique, éthique et philosophique soit ouvert et vivant dans la société. Le groupe MGEN a décidé d’y participer. En tant que mutuelle et acteur de soins, il pose des questions particulières : quelle place pour les systèmes solidaires de protection sociale ? Quel accès aux nouvelles technologies et aux soins, indépendamment des moyens financiers ?

En marge du colloque, Éric Chenut, vice-président du groupe MGEN, a déclaré : « nous avons l’ambition de faciliter l’appropriation de ce type de débats par le public, afin que chacun puisse se positionner en conscience et, concrètement, être acteur de sa propre santé. Nous voulons également devenir un acteur incontournable du marché des nouvelles technologies en santé. Depuis 2014, nous avons lancé d’autres réflexions sur le big data, la médecine prédictive et les objets connectés. La logique est la même. L’utilité sociale doit être au cœur du progrès technologique et si des acteurs tels que les mutuelles n’apportent pas de réponse sociale et solidaire, le champ sera complètement libre pour les acteurs dont l’objectif premier, voire unique, est lucratif. »

L’appréhension juridique contemporaine du corps humain

Colloque international France-Chine, organisé par le laboratoire de Droit de la Santé et de Droit Médical de l’Université de Paris 8 – Paris Lumières (EA 1581), ainsi que SHI JIAYOU, Directeur adjoint du Collège international de l’Université de Renmin.

Les progrès technoscientifiques de ces dernières années ont transformé considérablement l’appréhension du corps de la personne qui n’est plus uniquement appréhendé comme un support physique mais aussi et surtout comme un moyen de manipuler et transformer l’individu.

La génétique, les neurosciences, l’épigénétique, les nanotechnologies, l’imagerie médicale, l’image 3D, le numérique, Big Data, l’environnement sont autant de domaines d’innovations, susceptibles de transformer l’appréhension du corps de l’homme dans toute sa singularité, sa spécificité et son humanité. Cette évolution est d’autant plus significative en raison du décloisonnement des disciplines rapprochant les sciences. De nouvelles interactions se mettent en place. La science juridique doit, plus que jamais, réfléchir, adapter et innover en parallèle des changements sans cesse croissants et rapides des domaines scientifiques, technologiques et médicaux.

Si les mutations s’opèrent, autant en France qu’en Chine, la prise en compte de ces changements n’est pas nécessairement identique compte-tenu des appréhensions socio-économiques, culturelles, éthiques, philosophiques différentes. Le colloque portant sur « le devenir juridique du corps humain » donnera l’opportunité d’échanger et de réfléchir sur l’appréhension et l’évolution de la notion du corps humain en pleine évolution en France qu’en Chine. Cette réflexion est d’autant plus fondamentale et nécessaire qu’il en va de l’humanité, de la primauté et de la dignité de la personne dont le corps est partie intégrante.

Table ronde n°1 – L’appréhension juridique du corps humain à travers les principes fondamentaux protecteurs (primauté, dignité, indisponibilité, non patrimonialité, respect).

Table ronde n°2 – L’appréhension juridique contemporaine du corps humain manipulé (AMP, DPI, politique de natalité, avortement, soins, recherche, dons d’organes).

Table ronde n°3 – L’appréhension juridique contemporaine du corps humain transformé (homme cyborg, impact environnemental, génétique, neurosciences, organes impression 3D).

Table ronde n°4 – Vers une appréhension juridique spécifique du corps humain ? (autodétermination,  propriété,  commercialité,  patrimoine  commun  de l’humanité).