Google : La stratégie secrète pour transformer l’humanité

Laurent Alexandre, spécialiste du transhumanisme, explique ce que Google semble bâtir sous nos yeux. Le constat est à la fois fascinant et effrayant. Les informations soulignées par Alexandre et le bilan que l’on peut faire aujourd’hui sur la société, associés au fait que ses dirigeants n’ont jamais voulu détailler leurs stratégies et objectifs, laissent la place à une hypothèse incroyable.

Les débuts de l’intelligence artificielle

Selon Alexandre, l’objectif de Google, quant à son moteur de recherche, est de transformer ce dernier en intelligence artificielle. À une échelle encore embryonnaire, ce spécialiste des questions des secteurs NBIC estime que Google commence à y arriver.

Il fait le lien entre les différentes actions de Google ces dernières années. Selon lui, la quantité de start-ups que Google rachète, la création de Calico (la société réfléchissant aux maladies liées au vieillissement), la présence du géant dans le secteur du séquençage ADN et la robotique, avec le projet BigDog de Boston Dynamics, pour ne parler que d’eux, dessinent le projet de Google.

Par ailleurs, la société a recruté les plus grands noms de la question de l’intelligence artificielle, tels que le gourou du sujet, Ray Kurzweil, selon lequel les robots seront égaux aux humains d’ici 2029, qui est désormais ingénieur en chef du moteur de recherche.

Google maitrise toutes les technologies qui permettent le transhumanisme. Tous les moyens sont bons pour améliorer l’homme physiquement, intellectuellement, et dans son espérance de vie. Google est présent dans la robotique, l’informatique, les moteurs de recherche, l’intelligence artificielle, les nanobiotechnologies et le séquençage d’ADN.

La machine omnisciente

Lorsqu’on lui demande qui contrôle Google aujourd’hui, Alexandre explique que seuls ses actionnaires ont le pouvoir. Il avance alors la nécessité d’encadrer l’intelligence artificielle au niveau mondial, soulignant que les États-Unis y réfléchissent déjà sérieusement, tout comme l’Asie, alors que l’Europe observe passivement la situation.

Si une telle entité devient le leader dans la lutte contre la mort, l’intelligence artificielle, la robotique, la domotique et les voitures intelligentes, il faudra alors réfléchir à la démanteler.

Dans une telle situation, Google deviendrait plus puissant que des États.

L’auteur termine son interview en évoquant la loi de Moore, décrivant le rythme d’évolution de la puissance des ordinateurs. D’après cette loi, les ordinateurs ayant la puissance de calcul du cerveau humain sont pour 2040, et l’intelligence des machines nous dépassera d’ici la fin du siècle. La rencontre de cette puissance, de l’impression 3D et de la mise en réseau de cette intelligence en ferait une entité quasi omnisciente.

Connectons les points

Alexandre « se contente » ici de parler de la puissance de l’entité Google et de l’avènement de la machine pensante, ce qui est en soi une perspective incroyable et paradoxalement crédible. Mais d’autres spéculations sont autorisées.

Lorsque je fais la somme de tout ce que Google entreprend depuis quelques années, je vois autre chose se dessiner. Faisons le point.

Google a cartographié la planète, et se lance depuis quelque temps dans la cartographie de l’intérieur des bâtiments. La société a par ailleurs pour ambition manifeste de numériser toutes les productions humaines, avec notamment Google Books, mais nous pourrions aussi parler du fait qu’elle possède le site leader du stockage de vidéos avec YouTube.

L’idée de Chrome OS est de centraliser les données sur le cloud pour que nos contenus se trouvent « partout ». De plus, les investissements de la société dans des câbles haut débit sous-marins connectant les continents entre eux, le Projet Loon envoyant des ballons relayant internet dans la stratosphère et les drones solaires ayant la même ambition, affichent la volonté de Google de faire qu’internet soit accessible absolument partout sur Terre.

Ainsi, Google est en train de fabriquer une version numérique de notre planète et de ses contenus, avec l’ambition de les rendre accessibles depuis n’importe où.

La question de l’identité

Par ailleurs, certains d’entre nous réalisent déjà qu’ils passent une majeure partie de leur existence à interagir avec internet, par leur smartphone ou leur ordinateur, qu’il s’agisse de communiquer avec d’autres humains ou de consulter du contenu. La question de l’identité est ainsi en jeu.

Il ne s’agit pas ici de juger de la chose d’un point de vue moral, mais de constater le phénomène. Si la plupart de mes interactions avec le monde se font via internet, mon identité numérique n’est-elle pas une part importante de mon identité globale ?

Alors, me revient le fait que Ray Kurzweil, le futurologue dont nous parlions plus haut, a fait entre autres projections ces dernières années que l’être humain pourrait transférer son cerveau sur des disques durs avant 2030. Et d’un coup, les points semblent se connecter.

En produisant une réplique numérique de la planète et de ses ressources intellectuelles, en permettant à internet d’être disponible même dans les zones les plus reculées du monde, en investissant dans la robotique et en s’intéressant de prêt au vieillissement, le projet de Google ne serait-il pas de dématérialiser l’être humain ?

La question de savoir si la chose serait bonne ou mauvaise est un gouffre d’interrogations philosophiques et métaphysiques, mais pour le pire ou pour le meilleur, et au regard de l’adhésion des dirigeants de Google au transhumanisme et aux théories de Kurzweil, le fait que l’objectif final de la société soit que l’humanité vive éternellement dans une réalité virtuelle mondialement connectée, est sans doute envisageable. La question de savoir s’ils pourront y parvenir est bien évidemment tout autre.

source : Phonandroid, via Le JDD

Hacker le cerveau : la menace ultime ? par le Docteur Laurent Alexandre

Avec la montée en puissance des neurotechnologies et l’automatisation annoncée des tâches intellectuelles l’être humain va intégrer de plus en plus de technologies à son organisme. Quels sont les enjeux éthiques, politiques et moraux qui se posent dans cet environnement où notre cerveau, cet « ordinateur fait de viande », devient un outil piratable ? Avec quels rôles pour les géants du Net, (Google, Amazon, Facebook…) qui sont précisément en train de phagocyter le domaine des neurotechnologies ?

Chirurgien-urologue et neurobiologiste, Laurent Alexandre est également diplômé de Science Po, d’HEC et de l’ENA. Fondateur et développeur de Doctissimo.fr. et d’une dizaine d’entreprises hi-tech, il dirige aujourd’hui DNAVision qui est spécialisée dans le décryptage du génome. Auteur de plusieurs livres dont « La mort de la mort », « La défaite du cancer » et « Google démocratie », il s’intéresse aujourd’hui aux technologies NBIC.

Technocalyps suite (2nd et 3e volets en VO uniquement)

TechnoCalyps Part II Preparing for the Singularity

 

Des scientifiques de renom dans les domaines de la génétique, l’intelligence artificielle, recherche sur le cerveau et la nanotechnologie

 

TechnoCalyps Part III The Digital Messiah

Le Messie numérique
Les conséquences métaphysiques de la nouvelle révolution technologique. Les scientifiques commencent à utiliser des concepts métaphysiques pour décrire l’impact de leurs recherches. Un nombre étonnamment élevé de projets scientifiques sont inspirés par des aspirations religieuses.

 

1er volet – le transhumanisme

Singularity University, les technologies exponentielles

Depuis sa création, en 2008, par l’informaticien et philosophe Ray Kurtzweil, cette institution haut de gamme, installée au cœur de la Silicon Valley sur un ancien aéroport de la NASA, rassemble chaque été environ quatre-vingts étudiants et jeunes professionnels de tous les pays, soigneusement sélectionnés. Des experts, venus en majorité de la Silicon Valley, leur enseignent pêle-mêle les sciences et les techniques qui doivent leur permettre de changer le monde au cours des prochaines décennies.
La Singularity University organise aussi des stages de courte durée pour les « décideurs » politiques et économiques. Le sommet d’Amsterdam, qui devrait attirer près de neuf cents personnes, sera consacré aux technologies dites « exponentielles », l’un des nouveaux mots à la mode dans la Silicon Valley. Neil Jacobstein, l’un des responsables de l’université, explique le concept « d’exponentialité » appliqué à l’économie :

« Nous parlons de technologies comme l’intelligence artificielle, la robotique, la biologie synthétique, les nanotechnologies. Elles sont très différentes les unes des autres, mais ce qui les rapproche, c’est que leurs performances doublent tous les dix-huit à vingt-quatre mois. Cette progression est si rapide que les chefs d’entreprise n’arrivent à l’intégrer ni dans leur mode de pensée ni dans leurs stratégies. Il est donc essentiel de leur proposer des programmes éducatifs pour qu’ils comprennent mieux les implications techniques, commerciales et éthiques de ces bouleversements. »

Pour illustrer son discours, Neil Jacobstein cite les panneaux solaires photovoltaïques, dont le ratio prix/performance double tous les dix-huit mois – un rythme qui bouleverse déjà les modes de vie dans certains pays :

« Je reviens d’un voyage en Mongolie. Devant les yourtes, au milieu du désert de Gobi, les nomades installent des panneaux solaires pour générer leur propre électricité. Du coup, ils ont aussi des antennes satellites, ils sont connectés au monde entier. »

Imbrication de technologies

Pour Neil Jacobstein, toutes ces technologies exponentielles sont étroitement imbriquées :

« L’intelligence artificielle ne se résume pas à des algorithmes permettant aux machines de reconnaître des modèles ou de s’améliorer par elles-mêmes. Elle a aussi un effet levier sur les autres sciences. Ainsi, par exemple, les recherches menées par des moteurs d’intelligence artificielle sur les données génétiques brutes font progresser l’ensemble de la biologie. »

Sur cette base théorique, la Singularity University a inventé le concept de « médecine exponentielle », et organise en Californie des conférences sur ce thème destinées aux professionnels.

Par ailleurs, l’intelligence artificielle est déjà en train de s’installer dans la vie quotidienne :

« Jusqu’à présent, les gens ont considéré leurs smartphones comme des outils. Bientôt, ces appareils vont se transformer en assistants à qui on pourra déléguer diverses tâches. D’ici à 2020, vous pourrez demander à votre téléphone d’organiser à votre place un voyage d’affaires compliqué, en tenant compte de vos contraintes de calendrier, de vos préférences, de votre régime alimentaire. Au fil du temps, il va gagner votre confiance, il deviendra un véritable partenaire dans votre vie professionnelle et personnelle. »

En ce qui concerne le monde de l’entreprise, Neil Jacobstein estime qu’il y a urgence :

« Les hommes d’affaires et les cadres doivent réformer les entreprises, les transformer en organisations flexibles, capables de changer d’échelle rapidement. S’ils veulent survivre dans un environnement aussi turbulent, ils devront se doter d’un radar pour voir au-delà de l’horizon. »

Cela dit, les membres de la Singularity University reconnaissent que la tâche ne sera pas aisée. Paradoxalement, le terme de « singularité », emprunté à la physique, désigne un événement sans précédent, d’une telle ampleur qu’il empêche totalement de prévoir ce qui arrivera ensuite – à l’image des phénomènes inconnus se développant aux abords d’un trou noir…

Neil Jacobstein n’imagine pas que les technologies exponentielles provoquent un bouleversement aussi radical, mais il entrevoit un risque majeur, déjà évoqué par Ray Kurtzweil, inventeur du concept de singularité dans cette nouvelle acception :

« Certains humains s’intégreront de plus en plus aux systèmes d’intelligence artificielle, selon un mode opératoire encore inédit. Par contre, ceux qui seront exclus de ce niveau d’interconnexion avec les machines ne comprendront plus du tout le nouveau monde. »

source

Quand Eric Schmidt annonce la disparition d’internet

C’est au cours du Forum Économique Mondial de Davos, en Suisse, que l’ex-PDG de Google Eric Schmidt a lâché sa petite bombe : « Internet va disparaitre ». Et bim.

« Il y aura tellement d’adresses IP… tellement d’appareils, de capteurs, de choses que vous porterez, de choses avec lesquelles vous interagirez que vous ne vous en rendrez même plus compte. Ce sera présent en permanence autour de vous. Imaginez que vous marchez dans une pièce, et que cette pièce est dynamique. Et avec votre permission et tout cela, vous interagirez avec les choses qui vous entourent dans la pièce. »

Vous l’aurez compris, l’ancien président de Google n’annonce pas ici la mort des réseaux de communication modernes, bien au contraire. Eric Schmidt fait bien sûr référence à l’internet des objets, qui devrait représenter le futur proche d’internet, grâce notamment à la multiplication des solutions domotiques et à l’arrivée sur le marché d’un nombre croissant d’accessoires connectés.

Après le web 2.0, qui mettait au centre le partage entre les internautes, la prochaine évolution d’internet devrait en effet se concentrer autour de l’internet des objets, qui gagne petit à petit notre quotidien et permet de connecter tout ce qui nous entoure.

Certaines théories annoncent d’ailleurs que les objets pourraient devenir des acteurs autonomes de ces nouveaux réseaux, grâce notamment au développement de l’intelligence artificielle, où chaque élément pourrait déclencher des actions à la suite d’évènements particuliers et évoluer en fonction de son environnement.

Durant la session du Forum de Davos consacrée au«  Futur de l’Économie Numérique », Eric Schmidt a également évoqué la domination de Google sur le marché de la recherche, et la concurrence toujours plus importante dans le secteur de la téléphonie mobile, en précisant à ce sujet que l’arrivée de nouveaux acteurs rendait difficile les prédictions à plus ou moins long terme dans ce domaine.

Business Insider via Mac4Ever