Les scientifiques affirment qu’ils seront bientôt en mesure de modifier les souvenirs humains

Fonctionnement de la mémoire

Des chercheurs ont récemment découvert que deux types distincts de souvenirs entreprennent des processus complètement différents dans les mêmes nerfs, ce qui ouvre la voie à une nouvelle solution pharmaceutique pour traiter l’anxiété et le trouble de stress post-traumatique (TSPT).

Cette découverte remet en question une étude précédente qui suggérait que les souvenirs d’événements traumatisants utilisaient les mêmes nerfs de la même façon que les autres souvenirs, les rendant physiquement impossible à différencier.

Une équipe de scientifiques du Columbia University Medical Center (CUMC) et de l’Université McGill a analysé les neurones d’un escargot marin appelé Aplysia pour tester une hypothèse expliquant pourquoi les souvenirs d’une mauvaise expérience pouvaient déclencher de l’anxiété.

Les souvenirs peuvent être réécrits à l’aide de l’optogénétique

Les neurones construisent les souvenirs à long terme en renforçant les liaisons chimiques, appelées synapses, qui les relient les uns aux autres.

Toute expérience qui pourrait nuire à un organisme, comme toucher une surface brûlante ou être victime de violence, vient s’encoder en tant que souvenir associatif à mesure que la connexion entre les neurones se solidifie.

Les expériences ne sont pas toujours aussi claires et nettes. Une personne pourrait toucher une surface brûlante au même moment où elle entend une cloche sonner ou un chien aboyer aux alentours. Que ce son soit relié ou incidentel, les neurones enregistrent tout de même cette information en cas de nécessité.

Quelquefois ce souvenir incidentel ne sert pas les intérêts d’une personne, il peut déclencher de l’anxiété qui n’aide en rien à la prévention d’un préjudice futur.

Nombre de personnes aux prises avec le TSPT revivent un trauma en association avec un stimulus qui ne semble pas lié à l’évènement traumatisant.

« L’exemple que j’aime bien donner est le suivant : si vous marchez dans une zone de forte criminalité et que vous prenez un raccourci par une allée sombre et que vous vous faites attaquer, et que par hasard vous voyez une boîte aux lettres aux alentours, par la suite vous pourriez devenir très nerveux lorsque vous irez poster une lettre », affirme le chercheur Samuel Schacher du CUMC.

L’anxiété causée par le souvenir incidentel de la boîte aux lettres peut perturber les activités quotidiennes d’une personne puisque la vue d’une boîte aux lettres similaire et inoffensive engendre du stress tout en n’offrant aucune solution quant à la façon d’éviter de se faire attaquer à l’avenir.

Effacement de la mémoire

Selon l’hypothèse du marquage et du captage synaptiques, un faible stimulus peut quand même créer un souvenir à long terme s’il est jumelé avec une plus forte stimulation entrant dans le nerf au moyen d’une différente synapse.

Les modifications nécessaires pour que le nerf enregistre un souvenir sont suscitées par des produits chimiques appelés protéines liés à la plasticité, lesquelles – selon l’hypothèse – sont « marquées » d’une certaine façon à chaque synapse.

Une étude antérieure démontrait que les processus chimiques sous-tendant les deux formes de formation des souvenirs ont des propriétés communes, faisant en sorte qu’il soit impossible de les différencier.

Mais si ces marquages hypothétiques étaient différents, il serait possible d’exploiter cette distinction de propriété physique.

« L’un des objectifs de notre recherche actuelle est de développer des stratégies pour éliminer les souvenirs non associatifs problématiques qui pourraient s’imprégner dans le cerveau lors d’une expérience traumatisante sans toutefois nuire aux souvenirs associatifs qui pourraient aider une personne à prendre une décision éclairée à l’avenir – comme de ne pas prendre un raccourci par une allée sombre d’une zone hautement criminalisée », déclare Schacher.

Il est possible de « Supprimer » les souvenirs indésirables

Pour ne pas compliquer les choses, les chercheurs ont connecté une paire de neurones d’un escargot à un motoneurone (en rouge dans l’image ci-dessous).

Credit: Schacher Lab/Columbia University Medical Center

Un neurone sensoriel était stimulé d’une façon à inciter un fort souvenir associatif, et l’autre neurone, un souvenir incidentel et non associatif.

Les chercheurs ont constaté que la solidité des connexions à chaque synapse découlait de deux différents types d’une protéine nommée kinase, qu’ils ont appelés protéine kinase M Apl I et protéine kinase M Apl III.

Bloquer un seul de ces kinases empêche une expérience donnée de se greffer à un neurone, effaçant virtuellement ce souvenir spécifique de la mémoire.

C’est une bonne nouvelle pour M. Aplysia, mais qu’en est-il des humains?

Heureusement, les vertébrés sont aussi dotés de versions similaires de ces kinases qui entrent en jeu lors de la formation des souvenirs, ce qui suggère que nos cerveaux travaillent de façons plutôt similaires.

Une manipulation de neurones spécifiques aide à effacer les mauvais souvenirs et améliorer les bons

De plus amples recherches sont nécessaires pour ne serait-ce que développer un médicament capable de bloquer les souvenirs traumatisants, mais cette recherche ouvre une porte considérée auparavant comme fermée.

« L’effacement de la mémoire peut possiblement réprimer les TSPT et les troubles d’anxiété en supprimant les souvenirs non associatifs causant la réponse physiologique inadaptée », affirme Jiangyuan Hu du CUMC.

Un jour il sera peut-être possible de prendre après une attaque une pilule qui permettrait au cerveau d’oublier les boîtes aux lettres et les aboiements, mais de conserver le souvenir de la couleur du manteau de l’assaillant.

Les scientifiques ont repéré le circuit cérébral qui pourrait aider à effacer la peur

Une récente découverte a aussi démontré que d’oublier une information incidentelle pourrait grandement aider nos cerveaux à retenir d’autres renseignements clés.

Même sans les applications thérapeutiques potentielles, une telle découverte vient tout de même mettre en place une importante pièce du puzzle qu’est le fonctionnement de notre cerveau dans la formation de souvenirs à long terme.

Columbia University Medical Center, ScienceDaily, ResearchGate

Jiangyuan Hu , Larissa Ferguson , Kerry Adler , Carole A. Farah , Margaret H. Hastings , Wayne S. Sossin , Samuel Schacher. Selective Erasure of Distinct Forms of Long-Term Synaptic Plasticity Underlying Different Forms of Memory in the Same Postsynaptic Neuron. Current Biology, 2017 DOI: 10.1016/j.cub.2017.05.081

traduction Stéphanie S.

Améliorer son cerveau : oui, mais pas n’importe comment !

Présentation de l’éditeur : Chaque semaine ou presque, on nous explique qu’on peut recâbler, voire “libérer” son cerveau, augmenter sa mémoire ou stimuler sa concentration. Mais quels sont les vrais pouvoirs des neurosciences? Et comment procéder en pratique ? Vieux rêve de l’humanité, on sait maintenant qu’il est possible d’améliorer son cerveau… mais pas n’importe comment ! Apprendre plus vite, mieux dormir, modifier son humeur, prévenir les maladies neurodégénératives, méditer et se relaxer à l’aide d’un smartphone, etc. : ces pouvoirs inouïs sont à notre portée, avec à la clé de profonds bouleversements de notre société. Notre compréhension du cerveau a fait des progrès stupéfiants ces dernières années, consacrant un nouveau champ de recherche : la neuro-amélioration. En voici le fascinant récit par l’un des meilleurs spécialistes, qui a activement contribué à la diffusion de ces techniques en dehors des laboratoires. Une révolution est en marche : en serez-vous ?

Michel Le Van Quyen est chercheur en neurosciences à l’INSERM et dirige un groupe de recherche à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (hôpital de la Pitié-Salpêtrière).

Je rapporte dans ce livre une véritable révolution où des technologies utilisées des laboratoires de recherches commencent à en sortir et se diffusent dans le grand public. Ces dispositifs proposent tous d’agir sur le cerveau pour en améliorer le fonctionnement, c’est-à-dire augmenter la concentration ou la mémoire mais aussi le bien être, l’humeur ou le sommeil. Ici, pas de puce d’implanté dans le cerveau, ces systèmes sont des bandeaux ou des casques qui se portent comme un chapeau avec quelques capteurs (minuscules) à des points stratégiques sur le crâne et sont tous des objets connectés à des smartphones. Une vague d’innovations technologiques est sur le point de toucher notre quotidien. L’objectif de ce livre est de décrire en détail ces nouveaux dispositifs, leurs histoires et leurs effets, compte tenu de l’état actuel des connaissances scientifiques.

https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10212-02.02.2017-ITEMA_21216971-0.mp3?_=1

France Inter, 2 février 2017 : Améliorer son cerveau, 54’30
Voir aussi sur Franceinfo : Michel Le Van Quyen présente un casque qui améliore les capacités cérébrales

D’après les auteurs de “l’Effet Télomère”, nous avons le pouvoir d’allonger notre espérance de vie

La biologiste moléculaire Elizabeth Blackburn, en collaboration avec 2 autres chercheurs, a reçu le Prix Nobel de médecine (en 2009) pour ses travaux sur les télomères – des structures situées aux extrémités des chromosomes et qui jouent un rôle clé dans le processus de vieillissement des cellules. Mais elle reste frustrée de constater que d’importantes implications de ses travaux en matière de santé ne sortent pas du cadre académique.

Elle a donc décidé, avec la collaboration de la psychologue Elissa Epel, de publier ses découvertes dans un nouvel ouvrage destiné à une large audience. Sa démarche : faire état d’une expérience scientifique afin d’encourager les lecteurs à respecter leurs résolutions de début d’année telles que ne pas fumer, manger sainement, dormir suffisamment, pratiquer une activité sportive, et limiter le stress.

Le message principal de “l’Effet Télomère”, publié mardi, est que vous avez plus de contrôle sur votre propre vieillissement que vous le pensiez. En se fondant sur l’étude de milliers d’articles, l’auteur déclare que nous pouvons rallonger nos télomères (et peut-être notre durée de vie) en suivant des conseils sensés en matière de santé.

“Les télomères nous écoutent, ils sont attentifs à notre comportement et à notre état d’esprit” affirme Blackburn, Présidente du Salk Institute for Biological Studies à La Jolla en Californie.

Les télomères sont situés à l’extrémité des brins d’ADN, comme les petits capuchons qu’on observe au bout des lacets de chaussures. Le stress causé par une vie surmenée réduit la longueur de ces capuchons, ce qui accroît les chances que les cellules cessent de se diviser et meurent.

Selon les deux scientifiques, une trop grande quantité de ces cellules sénescentes accélère le vieillissement chez l’humain. Cela n’engendre pas de maladie particulière. Mais les recherches suggèrent que cela accroît le potentiel de chacune de nos cellules de développer des anomalies latentes. Par conséquent, si vous avez un terrain favorable aux problèmes cardiaques, vous aurez plus de chances de voir apparaître ce problème en étant jeune si vos télomères sont raccourcis, confie Epel, Directrice de l’University of California, San Francisco’s Aging, Metabolism and Emotions Center.

Epel rajoute que « nous pouvons atteindre un nouveau niveau de spécificité et informer les gens plus précisément grâce aux clés mises en évidence par l’étude des télomères : quel type d’exercice influence les longs télomères, quelle nourriture, quels aspects du sommeil ».

D’autres chercheurs dans le domaine font l’éloge des efforts considérables fournis par Blackburn et Epel pour rendre la recherche sur les télomères plus pertinente auprès du grand public. Certains chercheurs, quant à eux, alertent sur le fait que de telles affirmations pourraient donner une image ultra simplifiée de la science.

« Je pense qu’il est très difficile de prouver de façon concluante » que le style de vie peut avoir des effets sur la longueur des télomères et par conséquent sur la vie, déclare David Sinclair, généticien et spécialiste de l’anti-vieillissement à Harvard. « Mettre en évidence une action de cause à effet chez l’Homme est impossible, donc ces affirmations sont fondées sur des associations de résultats ».

Judith Campisi, experte du vieillissement cellulaire au Buck Institute for Research on Aging à Novato, en Californie, soutient que les travaux sous-jacents sont solides. « Si vous avez un régime alimentaire déplorable et que vous fumez, votre espérance de vie en sera forcément diminuée, ainsi que la longueur de vos télomères ».

Les cellules possédant des télomères courts ont plus de chance que les autres de devenir sénescentes et de produire des molécules à l’origine d’inflammations, qui, nous dit-elle, constituent un facteur de risque important dans toutes les maladies liées à l’âge. « Par conséquent, il existe bien un lien entre la longueur des télomères et l’espérance de vie », confie Campisi, « ce n’est juste pas l’unique formule magique, c’est tout ».

Le vieillissement intervient sous différentes formes au sein des cellules. Une personne peut ainsi posséder de nombreuses cellules âgées alors que ses télomères possèdent un aspect normal. « Si le vieillissement n’était que le fait des télomères, nous aurions trouvé une solution au problème du vieillissement depuis bien longtemps » conclue Campisi.

Elizabeth Blackburn (left) and Elissa Epel, authors of “The Telomere Effect.”

Lors d’un échange téléphonique depuis le bureau de son éditeur à New York, Blackburn a affirmé que la partie la plus intéressante de la recherche sur les télomères est qu’elle est quantifiable, donnant à chacun des conseils plus spécifiques que ceux que nos mères ont pu nous fournir pour nous sortir du canapé et faire du sport.

“Votre mère ne vous a pas dit si il était préférable que vous alliez courir un marathon chaque semaine ou que courir trois ou quatre fois par semaine suffisait ». La recherche sur les télomères suggère que pratiquer des sports à l’excès n’est pas forcément un moyen de vivre mieux et plus longtemps.

En outre, Blackburn déclare que ses travaux suggèrent que rallonger les télomères par voies médicamenteuses pourrait être dangereux, et que modifier son style de vie est bien plus sain que de prendre des médicaments.

Un fait surprenant de ces travaux : il n’est en réalité pas nécessaire de faire une bonne nuit de sommeil de huit heures pour prendre soin de ses télomères. Sept heures sont suffisantes si cela vous permet de vous sentir reposé. « Grâce à cela, plus personne n’aura besoin de rester au lit sous prétexte qu’il ou elle n’a pas eu ses huit heures de sommeil » ajoute Blackburn.

L’un des plus grands problèmes lorsqu’on étudie les télomères réside dans le fait qu’on mesure en général leur longueur dans les cellules sanguines. Mais il se peut que le foie vieillisse plus vite ou moins vite que le sang. Tout notre corps ne vieillit pas de la même façon, déclare Campisi.

En mesurant les télomères des cellules sanguines, « vous faites en réalité un bilan fonctionnel des cellules souches immunitaires » nous dit Matt Kaeberlein, qui étudie les bases moléculaires du vieillissement à l’Université de Washington. « Ce que cela peut en réalité nous fournir comme information est que le système immunitaire est peut-être très sensible à notre style de vie et aux facteurs environnementaux ».

Kaeberlein confie qu’il n’en est qu’aux prémices de la recherche sur les télomères, et reste sceptique quant à la valeur prédictive de la longueur des télomères.

“Il n’est pas évident du tout que les méthodes soient suffisamment précises quantitativement ou qu’elles aient un niveau de résolution suffisant pour permettre de conclure » affirme Kaeberlein. « Je pense qu’il est possible que ce soit un biomarqueur capable de prédire les résultats en matière de santé, mais je ne sais pas si je ferais suffisamment confiance à cette méthode pour dire à des personnes qu’elles devraient modifier leur mode de vie, juste en me fondant sur la longueur de leurs télomères » nous confie-t-il.

Sara Gottfried, elle, l’a fait. Gynécologue formée à Harvard et travaillant à Berkeley en Californie, elle a reconnu que les résultats d’un test de longueur de télomères suggérant que son organisme avant 20 ans de plus que son âge réel, avaient eu sur elle l’effet d’un électrochoc.

« C’était une expérience anecdotique intéressante » a déclaré Gottfried, pour qui cet examen a mené à la rédaction d’un ouvrage, qui sortira en mars, avec pour titre “Younger: A Breakthrough Program to Reset Your Genes, Reverse Aging, and Turn Back the Clock 10 Years”. « Cela m’a amenée à réfléchir aux moyens d’intervenir sur l’espérance de vie (nourriture, sommeil, sport, masse corporelle, stress) et réaliser à quel point nombre d’entre nous sommes en situation d’échec, ce qui, je pense, accélère le vieillissement ».

Traduction Virginie Bouetel

Stat News

The Telomere Effect
A Revolutionary Approach to Living Younger, Healthier, Longer
by Dr. Elizabeth Blackburn, Dr. Elissa Epel
A groundbreaking book coauthored by the Nobel Prize winner who discovered telomerase and telomeres’ role in the aging process and the health psychologist who has done original research into how specific lifestyle and psychological habits can protect telomeres, slowing disease and improving life.
Have you wondered why some sixty-year-olds look and feel like forty-year-olds and why some forty-year-olds look and feel like sixty-year-olds? While many factors contribute to aging and illness, Dr. Elizabeth Blackburn discovered a biological indicator called telomerase, the enzyme that replenishes telomeres, which protect our genetic heritage. Dr. Blackburn and Dr. Elissa Epel’s research shows that the length and health of one’s telomeres are a biological underpinning of the long-hypothesized mind-body connection. They and other scientists have found that changes we can make to our daily habits can protect our telomeres and increase our health spans (the number of years we remain healthy, active, and disease-free).
THE TELOMERE EFFECT reveals how Blackburn and Epel’s findings, together with research from colleagues around the world, cumulatively show that sleep quality, exercise, aspects of diet, and even certain chemicals profoundly affect our telomeres, and that chronic stress, negative thoughts, strained relationships, and even the wrong neighborhoods can eat away at them.
Drawing from this scientific body of knowledge, they share lists of foods and suggest amounts and types of exercise that are healthy for our telomeres, mind tricks you can use to protect yourself from stress, and information about how to protect your children against developing shorter telomeres, from pregnancy through adolescence. And they describe how we can improve our health spans at the community level, with neighborhoods characterized by trust, green spaces, and safe streets.
THE TELOMERE EFFECT will make you reassess how you live your life on a day-to-day basis. It is the first book to explain how we age at a cellular level and how we can make simple changes to keep our chromosomes and cells healthy, allowing us to stay disease-free longer and live more vital and meaningful lives.

Un ordinateur détecte votre nervosité en analysant votre visage

L’affective computingLes banques utilisent la biométrie pour détecter les fraudeurstag affective-computing

La vidéo ci-dessus est basée sur la présentation donnée par un chercheur à la CVPR de Las Vegas, la plus grande conférence sur la vision par ordinateur dans le monde. Accompagnée de la publication d’un article, elle explique que l’équipe a entrainé son algorithme sur les bases de données MAHNOB-HCI et MMSE-HR, composées d’une grande quantité d’échantillons vidéo et utilisées pour apprendre aux machines à identifier et à étiqueter les émotions humaines. Selon les chercheurs, cette méthode est plus précise que les estimations basées sur le rythme cardiaque ; la combinaison des deux approches est d’ailleurs possible.

Si la perspective qu’un ordinateur soit capable de percevoir vos émotions vous met mal à l’aise, pas d’inquiétude, il est déjà au courant.

lire l’article sur Motherboard


Sergey Tulyakov, Xavier Alameda Pineda, Elisa Ricci, Lijun Yin, Jeffrey Cohn and Nicu Sebe

Computer Vision and Pattern Recognition, 2016

Les banques utilisent la biométrie pour détecter les fraudeurs

Quelque chose n’allait pas. Un sentiment de malaise a déferlé sur les spécialistes de la sécurité en regardant l’activité de la Banque. Un capteur dans le secteur, situé dans une ville portuaire sur la côte Est, avait détecté des battements cardiaques inhabituels et des modèles peu communs de la chaleur de corps des nouveaux clients qui venaient pour ouvrir un compte.

Quelque chose était faux. Ces « clients » étaient entrés dans le pays des jours avant en tant qu’une cargaison humaine sur un bateau de l’Europe. Maintenant, un gang criminel les utilisait pour orchestrer la fraude financière. Mais les capteurs biométriques installés à la succursale de la Banque ont détecté les « modèles » qui pointaient vers les signes révélateurs de stress.

Cet épisode, qui a eu lieu l’an dernier, est un des exemples les plus dramatiques de comment l’industrie des services financiers déploie différents types de technologie biométrique pour repousser les criminels sophistiqués. Une nouvelle génération d’outils au-delà des empreintes digitales et des analyses de l’iris peut mesurer des qualités comme la température du corps et la circulation sanguine à une courte distance et sans alerter le sujet.

« Chaque rythme cardiaque est unique, » dit Barnabas Szilagyi, Directeur chez Capco, une société qui aide les grandes banques à identifier les menaces à la sécurité et respecter les lois avec « la connaissance de votre client ». « La nouvelle technologie peut détecter ce qui est dans vos veines, votre chaleur corporelle, la tension artérielle et identifier avec une grande précision qui vous êtes. »

Une grande partie de cette technologie est encore en phase pilote, mais Capco dit que les demandes pourraient facilement dépasser la banque de détail. Les gestionnaires de bureaux commerciaux pourraient utiliser des capteurs pour suivre le rythme cardiaque et de chaleur chez les commerçants afin qu’ils soient alertés lorsque les types inhabituels de révéler, par exemple, qu’un accord est imminent.

Les capteurs sont essentiels pour ces outils biométriques, mais c’est le logiciel analytique qui les fait briller.

Les améliorations apportées aux technologies existantes comme la reconnaissance vocale aident également à la lutte contre la fraude. La voix d’une personne peut agir comme un marqueur d’identité unique pour aider les banques à reconnaître les appels répétés de fraudeurs connus. L’industrie a mis 60 000 voix sur une liste noire à ce jour.

Source : Fortune (en cache)

EDMR : Désensibilisation et Retraitement (de l’information) par le mouvement des yeux

EMDR est l’acronyme de “Eye Movement desensitization and reprocessing”. Cette thérapie est notamment utilisée dans le traitement du syndrome de stress post-traumatique. Parfois controversée, ses résultats semblent actuellement suffisamment probants puisque son efficacité est reconnue notamment par l’OMS (juillet 2012) et en France par l’INSERM (2004), la Haute Autorité de la Santé (HAS – juin 2007 – page 18 – prise en charge du TSPT – chapitre psychothérapies structurées), l’American Psychiatric Association (2004), et le National Institute for Clinical Excellence du Royaume-Uni (2005). Elle apparaît donc actuellement comme une thérapie de choix pour tout ce qui relève de la psychotraumatologie. Par bien des aspects, l’EMDR apparaît comme une thérapie intégrative. En effet, elle semble mettre en action d’une manière originale et simultanément à la fois des aspects psychodynamiques, cognitifs, comportementaux, émotionnels, corporels et sensoriels. Son originalité tient pourtant principalement dans ce dernier point. Il semblerait que la stimulation sensorielle oculaire, tactile ou sonore, de l’information dysfonctionnelle d’origine traumatique permette de remettre en route son traitement et son classement dans une mémoire explicite/narrative plutôt que dans une mémoire implicite/motrice (Francine Shapiro). (Wikipédia)

L’EMDR est une approche psychothérapeutique, découverte aux Etats-Unis en 1987 par Francine Shapiro, psychologue américaine et membre du Mental Research Institute de Palo Alto, et pratiquée depuis dans le monde entier auprès de milliers de personnes de tout âges et de toutes conditions souffrant de troubles psychologiques.

La thérapie EMDR s’adresse à toute personne (de l’enfant – même en bas âge – à l’adulte) souffrant de perturbations émotionnelles généralement liées à des traumatismes psychologiques.

Il peut s’agir de traumatismes « évidents », avec un grand « T », tels les violences physiques et psychologiques, les abus sexuels, les accidents graves, les décès, les maladies graves, les incendies, les catastrophes naturelles, les situations de guerre et attentats, …

Mais il peut s’agir aussi d’événements de vie difficiles ou de traumatismes avec un petit « t », qui passent inaperçus et peuvent être la source d’émotions ou de comportements inadaptés ou excessifs dans la vie quotidienne (enfance perturbée, séparations, fausses couches et IVG, deuils, difficultés professionnelles, etc…)

Ces perturbations émotionnelles s’expriment sous diverses formes : irritabilité, angoisse, cauchemars, tendance à l’isolement, état dépressif, comportement agité voire violent, douleurs physiques, somatisations, régression chez l’enfant, …

D’autres troubles psychologiques relèvent aussi, dans certains cas, de traumatismes récents ou anciens, parfois inconscients : dépression, addictions, troubles du comportement alimentaire, attaques de panique, phobies, … Ces perturbations apparaissent quand notre cerveau est dépassé par un choc traumatique et n’arrive pas à traiter (ou digérer) les informations comme il le fait ordinairement. Il reste bloqué sur l’évènement, sans que nous en ayons conscience, et ce sont les vécus traumatiques non digérés qui sont sources de ces perturbations.

La thérapie EMDR permet de débloquer les mécanismes naturels de traitement de l’information, et ainsi le traumatisme peut enfin être retraité (ou digéré), même de nombreuses années après.

La thérapie EMDR est aujourd’hui une approche thérapeutique mondialement reconnue par la communauté scientifique pour son efficacité dans le traitement des troubles post-traumatiques. Elle est la seule avec les thérapies comportementales et cognitives dont l’usage est officiellement recommandé pour le traitement des états de stress post traumatique par la Haute Autorité de la Santé (HAS) qui intervient dans la validation des soins médicaux, depuis juin 2007.

Comment se passe un traitement EMDR ?

Une préparation est indispensable : des entretiens préliminaires permettent au patient d’établir une relation de confiance avec son praticien et d’identifier, avec son aide, le ou les souvenirs traumatiques à l’origine de ses difficultés.

Ces souvenirs seront ensuite retraités, un à un, lors des séances. Il faut parfois plusieurs séances pour traiter un seul souvenir. Pour les enfants, le traitement EMDR peut se faire en présence des parents en fonction de l’âge de l’enfant.

Le processus de traitement activé par la méthode est un processus conscient. Il correspond à ce que fait naturellement notre cerveau quand il ne se bloque pas.

Au début d’une séance EMDR, le praticien demande au patient de se concentrer sur l’évènement perturbant, en gardant à l’esprit les souvenirs sensoriels de l’évènement (image, son, odeur, sensation physique), ainsi que les pensées et ressentis actuels qui y sont associés. Le praticien commence alors des séries de stimulations bilatérales alternées, c’est-à-dire qu’il stimule le cerveau alternativement du côté gauche puis droit, soit par des mouvements oculaires, soit par des stimulations tactiles, soit par des bips sonores. Entre chaque série, il suffit alors que le patient remarque ce qui lui vient à l’esprit. Il n’y a aucun effort à faire pendant la stimulation pour obtenir tel ou tel type de résultat ; l’évènement se retraite spontanément, et différemment pour chaque personne selon son vécu, sa personnalité, ses ressources, sa culture.

Les séries de stimulations bilatérales continuent jusqu’à ce que le souvenir de l’évènement ne soit plus source de perturbations mais soit associé à des ressentis calmes ainsi qu’à des pensées positives et constructives. Une séance d’EMDR dure de 60 à 90 mn (plus courte chez l’enfant). Pendant cette période, le patient peut traverser des émotions intenses, et à la fin de la séance, il peut généralement ressentir une nette amélioration.

EMDR, la thérapie qui chasse les démons

L’EMDR est en train de révolutionner la psychothérapie. Cette thérapie de désensibilisation et de retraitement par le mouvement rapide des yeux permet de traiter de très nombreux traumatismes psychiques. Cette méthode thérapeutique a depuis quelques années révolutionnées la conception et la pratique de la psychothérapie grâce à sa rapidité et son efficacité. L’EMDR a tout d’abord été utilisée pour effacer des chocs post traumatiques.

Mais aujourd’hui, on l’utilise pour traiter toutes sortes de traumatismes psychiques, comme les abus sexuels, les phobies, les dépressions. Si la technique a été découverte fortuitement aux Etats-Unis (en 1987), elle a dans un premier temps généré méfiance et scepticisme, certains pensant qu’il s’agissait d’un effet placebo.

Des études scientifiques ont mis en évidence les effets de l’EMDR sur le cerveau. Le neurophysiologiste Marco Pagani. Ce dernier a conduit une étude sur 47 conducteurs de métro victimes d’un choc post traumatique après avoir vu des gens se jeter sous leur rame. Avant la thérapie, il a observé que leur cerveau semblait incapable de gérer les émotions provoquées par le souvenir traumatisant. Après l’EMDR, il a constaté que la zone cognitive du cerveau avait pris le contrôle sur la zone émotionnelle.

Un reportage de Françoise Ducret et Ventura Samarra

Associations EMDR :

EMDR France : http://www.emdr-france.org
EMDR Belgique :  http://www.emdr-belgium.be
EMDR Suisse : http://www.emdr-ch.org/
EMDR Canada : http://www.emdrcanada.org
Amérique du Nord : http://www.emdria.org
Amérique du Sud : http://www.emdriberoamerica.org
Australie :  http://www.emdraa.org

 

Implant cérébral : un implant optifluidique contrôlable à distance, permet de contrôler les cellules du cerveau en injectant des médicaments et de la lumière

Une étude a montré que des scientifiques peuvent déterminer le chemin emprunté par une souris en pressant sur un bouton. Des chercheurs de l’École de médecine, St. Louis, et des Universités de l’Illinois et de Washington, ont créé un implant de tissu de dernière génération qui permet aux neuroscientifiques d’injecter des médicaments et de la lumière dans les neurones d’une souris. Cet appareil révolutionnaire est décrit dans la revue Cell. Son développement a été partiellement financé par le NIH (National Institutes of Health).

« Cette découverte offre des possibilités infinies pour les scientifiques afin de comprendre le fonctionnement du cerveau » selon Michael R. Bruchas, professeur agrégé d’anesthésiologie et de neurobiologie à la faculté de médecine de l’Université de Washington et auteur principal de l’étude.

Le laboratoire de Bruchas étudie les circuits qui contrôlent une variété de troubles y compris le stress, la dépression, l’addiction et la douleur. Les scientifiques doivent choisir entre l’injection de drogues (médicaments) à travers de tubes métalliques ou de la lumière par des fibres optiques.

Les deux options nécessitent une intervention chirurgicale qui peut endommager les parties du cerveau et introduire des conditions expérimentales qui entravent les mouvements naturels des animaux.

Pour répondre à ces questions, Jae-Woong Jeong, Ph.D., un bio-ingénieur de l’Université de l’Illinois, a travaillé avec Jordan G. McCall, Ph.D., un doctorant dans le laboratoire de Bruchas, de construire un implant optifluidique contrôlable à distance. L’appareil est conçu avec des matériaux souples d’une dimension d’1/10 d’un cheveu humain et peut fournir simultanément des médicaments et de la lumière.

« Nous avons utilisé des techniques de nano-fabrication pour créer un implant qui nous permet de pénétrer profondeur dans le cerveau cerveau avec un minimum de dégats », a déclaré John A. Rogers, Ph.D., professeur de science des matériaux et de l’ingénierie à l’Université de l’Illinois. «

Des appareils ultra-miniaturisés de ce genre ont un énorme potentiel pour la science et la médecine. »

Avec une épaisseur de 80 micromètres et une largeur de 500 micromètres, l’implant optofluidique est plus mince que les tubes métalliques, ou les canules que les scientifiques utilisent généralement pour injecter de la drogue. Lorsque les scientifiques ont comparé l’implant avec une canule typique, ils ont constaté que l’implant endommageait beaucoup moins le tissu cérébral.

Les scientifiques ont testé le potentiel de distribution de médicaments de l’appareil, chirurgicalement placer dans le cerveau de la souris. Dans certaines expériences, ils ont montré qu’ils pouvaient cartographier précisément les circuits à l’aide de l’implant pour injecter des virus qui marquent les cellules avec des colorants génétiques. Dans d’autres tests, ils ont fait marcher une souris en injectant un médicament qui imite la morphine dans l’aire segmentale ventrale (ATV) une région qui contrôle la motivation et l’addiction.

Les chercheurs ont également testé le potentiel de distribution combiné de lumière et de médicament. Ils ont fait en sorte que les souris, qui ont des neurones sensibles à la lumière dans leur zone ATV, restent sur un coté de la cage en commandant l’implant (à distance) et déclencher des pulsions laser sur les cellules. Les souris ont perdu leurs préférences lorsque les scientifiques ont utilisé l’appareil pour injecter simultanément un médicament qui bloque la communication neuronale. Dans toutes les expériences, les souris se trouvaient à environ 90 centimètres de l’antenne de commande.

« C’est le genre d’outil de développement révolutionnaire dont les neuroscientifiques ont besoin pour cartographier l’activité des circuits cérébraux » selon James Gnadt, Ph.D., directeur de programme à l’institut national des troubles neurologiques du NIH et des maladies NINDS. Cet appareil est dans la ligne droite avec les objectifs de l’initiative de cerveau BRAIN du NIH.

Les chercheurs ont fabriqué l’implant en utilisant les techniques de fabrication des puces informatiques semi-conducteurs. Cet implant peut au maximum transporter 4 médicaments et dispose de 4 diodes électroluminescentes inorganiques microscopique.

Ils ont installé un matériau expansible (extensible?) dans la partie inférieure des réservoirs de médicaments pour contrôler la livraison.

«Nous avons essayé au moins 30 prototypes différents avant que cela fonctionne,” a déclaré le Dr McCall.

« Ce fut vraiment un effort interdisciplinaire », a déclaré le Dr Jeong, qui est maintenant professeur adjoint de génie électrique, informatique et de l’ingénierie de l’énergie à l’Université du Colorado. « Nous avons essayé de concevoir l’implant pour répondre à certains grands besoins non satisfaits des neurosciences. »

Dans l’étude, les scientifiques fournissent des instructions détaillées pour la fabrication de l’implant.

« Un outil est bon seulement lorsqu’il est utilisé ». a déclaré le Dr Bruchas, « Nous croyons dans une approche participative « crowdsourcing » de neuroscience, c’est un excellent moyen de comprendre les circuits du cerveau normal et sain. »

Ce travail a été financé par des subventions du NIH (NS081707, DA037152, DA038752, MH101956), US Department of Energy (DE-FG02-07ER46471, DE-FG02-07ER46453), Department of Defense National Security Science and Engineering Faculty Fellowship.

Pour plus d’informations, visitez le site: http://www.ninds.nih.gov/

Le NINDS est le premier bailleur de fonds de la nation de la recherche sur le cerveau et le système nerveux. La mission du NINDS est de rechercher la connaissance fondamentale sur le cerveau et le système nerveux, et à utiliser ces connaissances pour réduire le fardeau de la maladie neurologique.

Reference : Jeong et al. “Wireless Optofluidic Systems for Programmable In Vivo Pharmacology and Optogenetics,” Cell, July 16, 2015. DOI: 10.1016/j.cell.2015.06.058

Source  de l’article en anglais : NIH – National Institutes of Health
Institut national des troubles neurologiques et des maladies