Des scientifiques veulent choquer le cerveau des prisonniers pour combattre l’agressivité

Les prisons sont souvent en proie à la violence. Mais cela pourrait changer si une expérience à venir produisait l’effet souhaité – et si la société pouvait supporter les implications éthiques de bricoler le cerveau des détenus.

Des chercheurs de l’Université espagnole de Huelva ont déclaré à New Scientist qu’ils allaient bientôt lancer une étude pour voir s’ils pouvaient calmer les pulsions violentes des détenus de la prison de Huelva en les traitant par stimulation transcrânienne à courant continu (tDCS), c’est-à-dire en électrocutant le cerveau des détenus.

“L’étude visera à déterminer si le tDCS a un impact sur différentes évaluations de l’agressivité”, a déclaré Andrés Molero-Chamizo, responsable du projet, à New Scientist. “Ça pourrait aider à maintenir l’ordre dans une prison.”

Les chercheurs prévoient d’enrôler un minimum de 12 volontaires de sexe masculin purgeant des peines d’emprisonnement pour meurtre. Pendant trois jours consécutifs, ils attacheront des électrodes à la tête de chaque homme et allumeront un courant électrique pendant 15 minutes, un processus qu’ils disent indolore.

Au début et à la fin de l’expérience, chaque sujet répondra s’il est d’accord ou non avec une série d’énoncés, comme “de temps en temps, je ne peux pas contrôler l’envie de frapper une autre personne”.

En plus de cette auto-déclaration, l’équipe espère aussi collecter des échantillons de salive de chaque homme afin d’évaluer leur taux de cortisol et de déterminer si l’hormone de stress peut aider à comprendre l’agressivité du détenu.

Ce n’est pas la première fois que l’équipe de l’Université de Huelva teste la capacité de la stimulation électrique du cerveau pour freiner les tendances violentes des détenus. En janvier, elle a publié les résultats d’une autre étude portant sur un groupe de 41 détenus. Cette expérience s’est concentrée sur un autre type de tDCS, mais elle a donné des résultats prometteurs.

Cependant, certains remettent en question l’éthique de l’expérimentation sur des prisonniers.

“J’ai de grandes inquiétudes à ce sujet”, a déclaré Delaney Smith, psychiatre médico-légale, au New Scientist. “La prison est un environnement intrinsèquement coercitif. Les prisonniers pourraient toujours penser que cela pourrait leur être bénéfique à l’avenir.”

Néanmoins, si le tDCS est en mesure d’aider les détenus à freiner leurs pulsions violentes, cela pourrait être un moyen prometteur d’assurer la sécurité des détenus pendant qu’ils purgent leur peine derrière les barreaux.

Une étude similaire, publié en juillet 2018 conduite par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie, a montré que des électrochocs rendraient les personnes moins susceptibles de commettre un acte violent. (Stimulation of the Prefrontal Cortex Reduces Intentions to Commit Aggression: A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled, Stratified, Parallel-Group Trial.).

Dans un article d’avril 2002 sur Wired, il est question des différents usages et techniques de la stimulation magnétique transcrânienne (TMS). Le chercheur américain en neurosciences cognitives et professeur d’université Michael A. Persinger, avançait que la TMS pourrait être utilisée pour contrôler l’esprit, dans un article publié en 1995 dans Perceptual and Motor Skills Volume 80, Issue 3, June 1995: 791–799., titré « On the possibility of directly accessing every human brain by electromagnetic induction of fundamental algorithms ».

José Delgado, célèbre pour ses recherches sur le contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau, a été accusé de mettre au point des dispositifs de contrôle de l’esprit « totalitaire », Dr José Delgado a entamé son enquête sur la douleur et le plaisir de la stimulation électrique en Espagne durant les années 1930. Il devient ensuite directeur de neuropsychiatrie à Yale University Medical School, où il a affiné la conception de son « stimulateur transdermique » commandée à distance (contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau, utilisé pour stimuler les émotions et contrôler le comportement, susciter des réactions physiques spécifiques). Le Dr Delgado a découvert que toute une gamme d’émotions et de comportements peuvent être électriquement orchestrés chez les humains et les animaux. L’individu n’a pas la capacité de résister à un tel contrôle si stimulé. [Livre de José M. R. Delgado, M.D. (Harper & Row, NY, 1969) Physical Control of the Mind: Toward a Psychocivilized Society].

Les recherches sur les interfaces cerveau-ordinateur ne sont pas sans connotation de mauvais augures.

New Scientist

Des électrochocs pourraient rendre moins violent

Une étude montre que choquer le cerveau d’une personne pourrait la rendre moins violente

Une étude conduite par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie montre que des électrochocs rendraient les personnes moins susceptibles de commettre un acte violent. Ils pourraient aussi favoriser la perception du caractère moralement condamnable de la violence et de l’agression.

Les 81 adultes participant à l’étude, ont été divisés en 2 groupes : l’un a reçu pendant 20 minutes des électrochocs ciblés sur le cortex préfrontal, partie avant du cerveau essentielle aux processus de planification et de décision, l’autre n’a reçu aucun traitement. Deux scénarios d’agression physique et sexuelle ont ensuite été présentés à tous les participants, qu’ils aient reçus ou non des électrochocs. Il leur a alors été demandé d’évaluer, sur une échelle de 1 à 10, dans quelle mesure ils seraient susceptibles de commettre de tels actes.

Les résultats montrent que ceux qui ont reçu des électrochocs seraient moins susceptibles de perpétrer des agressions physiques ou sexuelles (respectivement -47% et -70%).

Il serait aisé (et irresponsable) d’en déduire que tous les coupables de violence doivent être soumis à des électrochocs. Néanmoins, l’étude n’ayant même pas tenté de déterminer quels pourraient être le nombre optimal de chocs à administrer, la durée du traitement, et le voltage adéquat, se précipiter vers une telle conclusion serait prématuré.

José Delgado et ses dispositifs de contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau

Selon un communiqué de Stat News, même Olivia Choy, auteure principale de l’étude et professeure assistante en psychologie à l’université Nanyang de Singapour, insiste sur la nécessité de travaux complémentaires plus approfondis avant de conclure à l’efficacité de ce traitement pour réduire la violence.

Ainsi que comme l’a déclaré Roy Hamilton, un neurologue de la Perelman School of Medicine et auteur principal de l’étude, à PennToday, “La capacité de manipuler des aspects aussi complexes et fondamentaux de la cognition et du comportement de l’extérieur du corps a d’importantes implications sociales, éthiques et peut-être un jour juridiques.”

La stimulation magnétique transcrânienne pourrait être utilisée pour contrôler l’esprit

Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, la possibilité de modifier le comportement par de l’électro stimulation ne semble pas si lointaine que cela. D’ores et déjà, les chocs électriques administrés selon la même technique, appelée stimulation transcrânienne à courant continu (tDSC), ont été utilisés pour traiter des conditions telles que la dépendance à la maladie d’Alzheimer et aux opioïdes, ou simplement pour stimuler la mémoire. Un jour, peut être, les aspects les plus violents de la société seront tempérés par un petit électrochoc. Ou comme le suggère Hamilton, ironiquement, “le secret pour être moins violent au plus profond de vous même est peut être d’avoir un esprit correctement stimulé”.

traduction Véronique Guiberteau

Stat News, Penn Today, Forbes, Journal of Neuroscience, EurekAlert

Les scientifiques affirment qu’ils seront bientôt en mesure de modifier les souvenirs humains

Fonctionnement de la mémoire

Des chercheurs ont récemment découvert que deux types distincts de souvenirs entreprennent des processus complètement différents dans les mêmes nerfs, ce qui ouvre la voie à une nouvelle solution pharmaceutique pour traiter l’anxiété et le trouble de stress post-traumatique (TSPT).

Cette découverte remet en question une étude précédente qui suggérait que les souvenirs d’événements traumatisants utilisaient les mêmes nerfs de la même façon que les autres souvenirs, les rendant physiquement impossible à différencier.

Une équipe de scientifiques du Columbia University Medical Center (CUMC) et de l’Université McGill a analysé les neurones d’un escargot marin appelé Aplysia pour tester une hypothèse expliquant pourquoi les souvenirs d’une mauvaise expérience pouvaient déclencher de l’anxiété.

Les souvenirs peuvent être réécrits à l’aide de l’optogénétique

Les neurones construisent les souvenirs à long terme en renforçant les liaisons chimiques, appelées synapses, qui les relient les uns aux autres.

Toute expérience qui pourrait nuire à un organisme, comme toucher une surface brûlante ou être victime de violence, vient s’encoder en tant que souvenir associatif à mesure que la connexion entre les neurones se solidifie.

Les expériences ne sont pas toujours aussi claires et nettes. Une personne pourrait toucher une surface brûlante au même moment où elle entend une cloche sonner ou un chien aboyer aux alentours. Que ce son soit relié ou incidentel, les neurones enregistrent tout de même cette information en cas de nécessité.

Quelquefois ce souvenir incidentel ne sert pas les intérêts d’une personne, il peut déclencher de l’anxiété qui n’aide en rien à la prévention d’un préjudice futur.

Nombre de personnes aux prises avec le TSPT revivent un trauma en association avec un stimulus qui ne semble pas lié à l’évènement traumatisant.

« L’exemple que j’aime bien donner est le suivant : si vous marchez dans une zone de forte criminalité et que vous prenez un raccourci par une allée sombre et que vous vous faites attaquer, et que par hasard vous voyez une boîte aux lettres aux alentours, par la suite vous pourriez devenir très nerveux lorsque vous irez poster une lettre », affirme le chercheur Samuel Schacher du CUMC.

L’anxiété causée par le souvenir incidentel de la boîte aux lettres peut perturber les activités quotidiennes d’une personne puisque la vue d’une boîte aux lettres similaire et inoffensive engendre du stress tout en n’offrant aucune solution quant à la façon d’éviter de se faire attaquer à l’avenir.

Effacement de la mémoire

Selon l’hypothèse du marquage et du captage synaptiques, un faible stimulus peut quand même créer un souvenir à long terme s’il est jumelé avec une plus forte stimulation entrant dans le nerf au moyen d’une différente synapse.

Les modifications nécessaires pour que le nerf enregistre un souvenir sont suscitées par des produits chimiques appelés protéines liés à la plasticité, lesquelles – selon l’hypothèse – sont « marquées » d’une certaine façon à chaque synapse.

Une étude antérieure démontrait que les processus chimiques sous-tendant les deux formes de formation des souvenirs ont des propriétés communes, faisant en sorte qu’il soit impossible de les différencier.

Mais si ces marquages hypothétiques étaient différents, il serait possible d’exploiter cette distinction de propriété physique.

« L’un des objectifs de notre recherche actuelle est de développer des stratégies pour éliminer les souvenirs non associatifs problématiques qui pourraient s’imprégner dans le cerveau lors d’une expérience traumatisante sans toutefois nuire aux souvenirs associatifs qui pourraient aider une personne à prendre une décision éclairée à l’avenir – comme de ne pas prendre un raccourci par une allée sombre d’une zone hautement criminalisée », déclare Schacher.

Il est possible de « Supprimer » les souvenirs indésirables

Pour ne pas compliquer les choses, les chercheurs ont connecté une paire de neurones d’un escargot à un motoneurone (en rouge dans l’image ci-dessous).

Credit: Schacher Lab/Columbia University Medical Center

Un neurone sensoriel était stimulé d’une façon à inciter un fort souvenir associatif, et l’autre neurone, un souvenir incidentel et non associatif.

Les chercheurs ont constaté que la solidité des connexions à chaque synapse découlait de deux différents types d’une protéine nommée kinase, qu’ils ont appelés protéine kinase M Apl I et protéine kinase M Apl III.

Bloquer un seul de ces kinases empêche une expérience donnée de se greffer à un neurone, effaçant virtuellement ce souvenir spécifique de la mémoire.

C’est une bonne nouvelle pour M. Aplysia, mais qu’en est-il des humains?

Heureusement, les vertébrés sont aussi dotés de versions similaires de ces kinases qui entrent en jeu lors de la formation des souvenirs, ce qui suggère que nos cerveaux travaillent de façons plutôt similaires.

Une manipulation de neurones spécifiques aide à effacer les mauvais souvenirs et améliorer les bons

De plus amples recherches sont nécessaires pour ne serait-ce que développer un médicament capable de bloquer les souvenirs traumatisants, mais cette recherche ouvre une porte considérée auparavant comme fermée.

« L’effacement de la mémoire peut possiblement réprimer les TSPT et les troubles d’anxiété en supprimant les souvenirs non associatifs causant la réponse physiologique inadaptée », affirme Jiangyuan Hu du CUMC.

Un jour il sera peut-être possible de prendre après une attaque une pilule qui permettrait au cerveau d’oublier les boîtes aux lettres et les aboiements, mais de conserver le souvenir de la couleur du manteau de l’assaillant.

Les scientifiques ont repéré le circuit cérébral qui pourrait aider à effacer la peur

Une récente découverte a aussi démontré que d’oublier une information incidentelle pourrait grandement aider nos cerveaux à retenir d’autres renseignements clés.

Même sans les applications thérapeutiques potentielles, une telle découverte vient tout de même mettre en place une importante pièce du puzzle qu’est le fonctionnement de notre cerveau dans la formation de souvenirs à long terme.

Columbia University Medical Center, ScienceDaily, ResearchGate

Jiangyuan Hu , Larissa Ferguson , Kerry Adler , Carole A. Farah , Margaret H. Hastings , Wayne S. Sossin , Samuel Schacher. Selective Erasure of Distinct Forms of Long-Term Synaptic Plasticity Underlying Different Forms of Memory in the Same Postsynaptic Neuron. Current Biology, 2017 DOI: 10.1016/j.cub.2017.05.081

traduction Stéphanie S.

José Delgado et ses dispositifs de contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau

https://fr.wikipedia.org/wiki/Implant_cérébral

Le mois dernier, nous avons publié un article sur des fonds militaires pour contrôler les sentiments (interfaces cerveau-ordinateur). Dans cet article, le MIT a cité José Delgado (célèbre pour ses recherches sur le contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau) accusé de mettre au point des dispositifs de contrôle de l’esprit « totalitaire » :

Dans les années 1970, un neuroscientifique de l’Université de Yale, José Delgado, a montré qu’il pourrait amener les gens à ressentir des émotions, comme la relaxation ou l’anxiété, à l’aide d’implants, appelés « stimoceivers » (contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau, utilisé pour stimuler les émotions et contrôler le comportement, susciter des réactions physiques spécifiques). Mais Delgado, également financé par l’armée, a quitté les États-Unis après les audiences du Congrès dans lequel il a été accusé de mettre au point des dispositifs de contrôle de l’esprit « totalitaire ». Selon les scientifiques, financés par la DARPA, l’Agence a été inquiète de la façon dont le programme de Subnets (sous-réseaux) pourrait être perçu, et elle a nommé un comité d’éthique chargé pour superviser la recherche.

Les recherches sur les interfaces cerveau-ordinateur ne sont pas sans connotation de mauvais augures. Sur le site que le MIT a cité en référence (http://www.wireheading.com/delgado/brainchips.pdf), nous avons trouvé d’autres archives sur José Delgado que nous avons traduit.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Implant_cérébral

Contrôle de l’esprit : José Delgado contrôle un taureau furieux par la stimulation électrique du cerveau

« L’individu peut penser que la réalité la plus importante est sa propre existence, mais c’est seulement son point de vue personnel. Ceci manque de perspective historique. L’homme n’a pas le droit de développer son propre esprit (sa propre façon de penser). Ce genre d’orientation libérale a un grand attrait. Nous devons contrôler électroniquement le cerveau. Un jour, les armées et les généraux seront contrôlés par la stimulation électrique du cerveau. »
Dr José Delgado,
Directeur de neuropsychiatrie
Faculté de médecine de l’Université Yale, transcription des séances du Congrès américain,
N ° 26, Vol. 118 24 février 1974

Dr José Delgado a entamé son enquête sur la douleur et le plaisir de la stimulation électrique en Espagne durant les années 1930. Il devient ensuite directeur de neuropsychiatrie à Yale University Medical School, où il a affiné la conception de son « stimulateur transdermique » commandée à distance. Le Dr Delgado a découvert que toute une gamme d’émotions et de comportements peuvent être électriquement orchestrés chez les humains et les animaux. L’individu n’a pas la capacité de résister à un tel contrôle si stimulé.

Le Dr Delgado avait grande foi dans sa technologie. Dans une célèbre expérience menée en Espagne, le Dr Delgado a confronté un taureau de 1 000 livres (1963). Comme l’animal à cornes se précipita vers lui agressivement, le Dr Delgado a utilisé un signal radio pour activer une électrode implantée profondément dans le cerveau du taureau. Le taureau a été stoppé aux pieds de Delgado.

Dans Journey Into Madness, The True Story of Secret CIA Mind Control and Medical Abuse (Bantam Books, 1989), Gordon Thomas, l’ancien producteur de la BBC, le correspondant à l’étranger et le journaliste d’investigation, raconte comment “Le Dr Gottlieb et les comportementalistes de l’ORD [Bureau de recherche et développement -Office of Research and Development, CIA, Central Intelligence Agency] ont partagé le point de vue de [Dr] José Delgado que le jour viendra où la technique pourrait être parfaite pour faire réagir, non seulement des animaux, mais aussi des êtres humains, aux signaux transmis électriquement »… « Comme le Dr Delgado [Université de Yale], le neurochirurgien (Le Dr Heath de l’université de Tulane) a conclu que l’ESB [electronic stimulation of the brain – stimulation électronique du cerveau] pouvait contrôler la mémoire, les impulsions, les sentiments et pourrait susciter des hallucinations ainsi que la peur et le plaisir. Il pourrait littéralement manipuler la volonté humaine – à volonté. »

mp3 José Delgado (1975) ↓

https://www.wireheading.com/delgado/jose.mp3?_=1

Contrôle physique de l’esprit : Vers une société psycho-civilisée

Physical Control of the Mind: Toward a Psychocivilized Society

Livre de José M. R. Delgado, M.D. (Harper & Row, NY, 1969)

Le plaisir humain évoqué par l’ESB

(Electrical Stimulation of the Brain – Stimulation électrique du cerveau)

Sur la base de nombreuses études sur la chirurgie cérébrale, Penfield a affirmé qu’en ce qui concerne la colère, la joie, le plaisir et l’excitation sexuelle dans le cerveau humain que « dans la limite des expériences qui ont été menées, ni décharge épileptique localisée, ni la stimulation électrique n’ont été capable d’éveiller de telles émotions. On est tenté de croire qu’il n’y a aucun mécanisme cortical spécifique lié à ces émotions. » Cette déclaration est toujours valable pour le cortex cérébral, mais des études sur des sujets humains, avec des électrodes implantées dans le cerveau, ont démontré que la stimulation électrique du cerveau profond peut induire des manifestations agréables, comme en témoignent les rapports verbaux spontanés des patients, leur expression faciale et leur comportement général et leur désir de renouveler l’expérience. Sur un groupe de 23 patients atteints de schizophrénie, la stimulation électrique de la région septale, située en profondeur dans les lobes frontaux, a provoqué un renforcement de la vigilance, parfois accompagnée d’une augmentation de la production verbale, d’euphorie ou de plaisir. Dans une étude plus systématique sur un autre groupe de patients, une preuve supplémentaire a été présentée des effets enrichissants et gratifiants de la stimulation septale. Un homme souffrant de narcolepsie a été équipé avec un petit stimulateur et un compteur intégré qui enregistre le nombre de fois qu’il stimulait volontairement chacun des points de contacts situé dans son cerveau, pendant une période de 7 semaines. Le score le plus élevé a été enregistré à partir d’un point dans la région septale, et le patient déclara que lorsqu’il appuyait sur ce bouton en particulier, il se sentait « bien » comme s’il se préparait à un orgasme, sans y aboutir, et se sentait souvent impatient et anxieux. Sa narcolepsie a été grandement soulagée en appuyant sur ce bouton « septal. » Un autre patient, atteint d’épilepsie psychomotrice a également apprécié l’auto-stimulation septale, qui encore une fois, eu le taux le plus élevé de pression du bouton et induisait souvent des pensées sexuelles. La stimulation de la région septale par injection directe d’acétylcholine a induit des variations électriques locales sur deux patients épileptiques et un changement d’humeur, de la dysphorie, au contentement et à l’euphorie, accompagnée le plus souvent avec une motivation sexuelle et certaines « sensations orgasmiques. »

Plus de connaissances ont été acquises lors de l’étude d’un groupe de 65 patients souffrant de schizophrénie ou de la maladie de Parkinson, sur lesquels un total de 643 contacts ont été implantés, principalement dans la partie antérieure du cerveau. Les résultats de l’ESB ont été regroupés comme suit :
– 360 points étaient « Positifs I », et avec une stimulation « les patients se sentaient relaxés, à l’aise, avaient un sentiment de bien-être et/ou une légère somnolence. »
– 31 points étaient « Positifs II », et « les patients étaient changés totalement… de bonne humeur, se sentaient bien. Ils étaient détendus, à l’aise et s’appréciaient, en souriant souvent. Il y avait une légère euphorie, mais le comportement était adéquat. » Parfois, ils voulaient plus de stimulations.
– 8 autres points, étaient « Positif III, » quand « l’euphorie était au-delà des limites du normal. Les patients riaient à gorge déployée, s’appréciaient et aimaient réellement la stimulation et en voulaient plus. »
– 38 points donnaient des résultats ambivalents. Les patients exprimaient parfois le plaisir ou de déplaisir après la stimulation de la même région.
– 3 autres points, les réponses furent qualifiées d’ « orgasme » parce que les patients exprimaient initialement le plaisir et soudainement étaient entièrement satisfaits et ne voulaient plus de stimulation pendant une période de temps variable.
– Enfin, à partir d’environ 200 points, l’ESB a produit des réactions désagréables comprenant l’anxiété, la tristesse, la dépression, la peur et des débordements émotionnels.

Une des images prises dans la présente étude, a été très démonstrative, montrant un patient avec une expression de tristesse et légèrement déprimée, se mit a sourire lors d’une brève stimulation appliquée à la partie rostrale du cerveau, puis retournant rapidement à son état dépressif, pour sourire à nouveau dès que la stimulation reprenait. Puis une stimulation de 10 secondes a modifié de manière durable son comportement et l’expression de son visage dans une ambiance agréable et heureuse. Certains malades mentaux ont reçu un stimulateur portable afin qu’ils traitent leur état dépressif par auto-stimulation, avec un succès clinique apparent.

Ces résultats impliquent d’agir avec précaution lors des interventions chirurgicales sur le cerveau, afin de ne pas induire une euphorie ou une dépression excessives lorsque des zones cérébrales ayant des propriétés de renforcement ou de réduction de ces sentiments sont touchées. L’instabilité émotionnelle, caractérisée par des bouffées de larmes ou de rire sans raisons apparentes a déjà été observée à la suite d’interventions neurochirurgicales. Ces importants problèmes de comportement auraient pu être évités en préservant les zones impliquées dans la régulation des émotions.

Dans une de nos expériences, des sensations de plaisir ont été observées chez trois patients atteints d’épilepsie psychomotrice. Le premier cas a été V.P. une femme de 36 ans avec une longue histoire de crises d’épilepsie qui ne pouvait être contrôlée par la prise de médicaments. Les électrodes ont été implantées dans son lobe temporal droit et lors de la stimulation réalisée dans la partie supérieure à environ 3 millimètres sous la surface, elle a signalé une sensation agréable de picotement dans la partie gauche de son corps « depuis mon visage jusqu’en bas de mes jambes. » Elle se mit à rire et à faire des commentaires amusants, déclarant qu’elle aimait « beaucoup » cette sensation. La répétition de cette stimulation rendait la patiente plus communicative et séduisante. Elle finit par exprimer ouvertement son désir d’épouser le thérapeute. La stimulation des autres points cérébraux ne modifia pas son humeur, ce qui prouve la spécificité de l’effet induit. Au cours des entretiens de contrôle réalisés avant et après l’ESB, son comportement était tout à fait normal, sans familiarité ou convivialité excessives.

Le deuxième patient était J.M., une femme de 30 ans attrayante, coopérative et intelligente, qui souffrait depuis onze ans de crise de psychomotricité et de grand mal qui résistaient aux traitements médicaux. Les électrodes ont été implantées dans son lobe temporal droit, et la stimulation de l’un des points de l’amygdale induit une agréable sensation de plaisir et de relaxation et a augmenté considérablement son discours, qui a pris un caractère plus intime. Cette patiente à exprimer ouvertement son affection pour le thérapeute (qu’elle ne connaissait pas auparavant), embrassa ses mains et a exprimé son immense gratitude pour ce que l’on lui faisait. Une augmentation similaire de l’expression verbale et émotionnelle a été répétée quand le même point a été stimulé un autre jour, mais ceci ne se manifesta pas lorsque l’on explorait d’autres zones du cerveau. Lors des tests de contrôles, la patiente était plutôt réservée et posée.

Le troisième cas était A.F., un garçon de 11 ans souffrant d’épilepsie psychomotrice sévère. Six jours après l’implantation d’électrodes dans les deux lobes temporaux latéraux, sa quatrième entrevue enregistrée sur bande magnétique, a été réalisée alors que l’activité électrique de son cerveau a été enregistrée en continue et des stimulations de 5 secondes ont été appliquées dans un ordre préétabli à des intervalles d’environ quatre minutes. L’intervieweur a maintenu un air amical tout au long, généralement sans initier la conversation. Après six autres excitations(stimulations), le point LP situé sur la surface du lobe temporal gauche est stimulé pour la première fois, et il y avait une déclaration immédiate du plaisir. Le patient avait gardé le silence pendant l’intervalle des cinq minutes précédentes, mais immédiatement après la stimulation, il s’exclama : « Hey ! Vous pouvez me garder plus longtemps quand vous me donnez ça ; j’aime ça ». Il a continué à insister sur le fait que les tests en cours lui faisaient se sentir bien. Des déclarations similaires avec une expression emphatique de « se sentir bien » suivirent 8 des 16 stimulations de ce même point au cours de cet entretien de 90 minutes. Plusieurs de ces manifestations étaient accompagnées d’une déclaration d’affection pour l’intervieweur de sexe masculin, et lors de la dernière, il s’était étiré voluptueusement. Aucune de ces manifestations n’apparut au cours des vingt-deux minutes pendant lesquelles d’autres points furent stimulés. L’analyse statistique de la différence entre la fréquence des expressions de plaisir avant et après l’apparition des stimulations a prouvé que les résultats étaient très significatifs (p < 0,001).

L’expression ouverte de plaisir dans cet entretien et le comportement de passivité généralement exprimé peuvent être liés, plus ou moins intuitivement aux aspirations féminines. Il est donc remarquable que dans le prochain entretien, réalisé de manière similaire, le patient exprima une confusion au sujet de sa propre identité sexuelle suite à la stimulation du point LP. Il a soudainement commencé à exposer son désir de se marier, mais quand on lui demande, « à qui ? » il n’a pas répondu immédiatement. Après la stimulation d’un autre point et d’un silence d’une minute, vingt secondes, le patient déclare de manière confuse, « Je pensais – il y a – je disais cela pour vous. Comment épeler «oui» – oui. Je voulais dire toi. Non ! ‘Vous’ pas toi. C’est ça. Vous ». Le sujet a été ensuite complètement abandonné. Le moniteur qui écoutait depuis la salle voisine a interprété cela comme une volonté, un vœu à peine voilé d’épouser l’interviewer, et il a été décidé de stimuler le même point à nouveau après que l’examen prévu serait terminé. Pendant les quarante minutes qui suivent, sept autres points furent stimulés, et le patient parla de plusieurs sujets sans aucun rapport. Puis le point LP fut stimulé encore une fois et le patient a commencé à faire référence à la barbe de l’interviewer et continua en mentionnant des poils pubiens et du fait qu’il avait été l’objet de jeux sexuels dans le passé. Il a exprimé ensuite des doutes sur son identité sexuelle, en disant : « Je pensais et me demandais “si j’étais un garçon ou une fille – lequel je voudrais être. » Suite à une autre stimulation, il fit remarquer avec un plaisir évident : « c’est l’effet que vous me faites maintenant… » et puis il dit : « je voudrais être une fille. »


Extraits du livre intitulé « Physical Control of the Mind » (cliquez sur les titres ci-dessous)

Contrôle physique de l’esprit : Vers une société psycho-civilisée

Physical Control of the Mind: Toward a Psychocivilized Society

Livre de José M. R. Delgado, M.D. (Harper & Row, NY, 1969)
Directeur de neuropsychiatrie à Yale University Medical School

Communication radio bidirectionnelle avec le cerveau (pages 89-96)

«… il est déjà possible d’équiper les animaux ou les êtres humains avec des minuscules instruments appelés « stimoceivers » (stimorécepteur, contraction de stimulation et récepteur) pour la transmission radio et la réception des messages électriques du cerveau chez les sujets complètement débridés. La microminiaturisation des composants électroniques de l’appareil permet un contrôle de tous les paramètres d’excitation pour la stimulation de la radio de trois endroits différents dans le cerveau et aussi l’enregistrement télémétrique des trois canaux de l’activité électrique intracérébrale.

Il est raisonnable de supposer que dans un proche avenir, le stimoceiver peut fournir le lien essentiel de l’homme vers l’ordinateur puis à nouveau vers l’homme, avec une rétroaction réciproque entre les neurones et les instruments qui représente une nouvelle orientation pour le contrôle médical des fonctions neurophysiologiques. Par exemple, il est concevable que l’activité électrique anormale localisée qui annonce l’imminence d’une crise épileptique peut être captée par des électrodes implantées, télémétrée vers une salle des instruments distante, enregistrée sur bande et analysée par un ordinateur capable de reconnaître les schémas électriques anormaux. L’identification de la perturbation électrique spécifique pourrait déclencher l’émission de signaux radio pour activer le stimoceiver du patient et appliquer une stimulation électrique à une zone d’inhibition déterminée du cerveau, bloquant ainsi le début de l’épisode convulsif.

L’un des facteurs limitants dans ces études était l’existence de fils allant du cerveau au stimoceiver en dehors du cuir chevelu. Les fils représentaient une possible porte d’entrée pour les infections et pouvaient constituer un obstacle aux soins de la chevelure malgré leur petite taille. Il serait évidemment beaucoup plus souhaitable d’employer des instruments minuscules qui pourraient être implantés complètement sous la peau. Pour cela, nous avons développé dans notre laboratoire, un petit stimulateur à trois canaux qui peut être implanté sous la peau et qui a pour but final d’être implanté dans le cerveau (Figure 6). L’instrument est à l’état solide, n’a pas de batteries et peut fonctionner indéfiniment. L’énergie électrique nécessaire, le contrôle à distance des paramètres de la stimulation et le choix des canaux sont fournis par couplage transdermique, à l’aide d’une petite bobine qui est activée par modulation de fréquence de signaux radio.

La technologie pour la communication non sensorielle entre les cerveaux et les ordinateurs via la peau intacte est déjà à portée de main, et ses conséquences sont difficiles à prévoir. Dans le passé, les progrès de la civilisation ont énormément amplifié la puissance de nos sens, de nos muscles et de nos compétences. Maintenant, nous ajoutons une nouvelle dimension : l’interface directe entre les cerveaux et les machines. Même si c’est vrai, cette affirmation est peut-être trop spectaculaire et elle exige des éclaircissements prudents. Nos connaissances actuelles concernant le codage de l’information, les mécanismes de la perception et les bases neuronales du comportement sont si élémentaires qu’il est hautement improbable que les mises en corrélation électriques des pensées ou des émotions puissent être captées, transmises et appliquées électriquement à la structure appropriée d’un autre sujet pour être reconnues et pour déclencher des pensées ou des émotions apparentées. Toutefois, il est déjà possible d’induire une grande variété de réponses, depuis des effets moteurs jusqu’à des réactions émotionnelles et des manifestations intellectuelles, par stimulation électrique directe du cerveau. En outre, plusieurs chercheurs ont appris à identifier les schémas de l’activité électrique (dont un ordinateur pourrait également reconnaître) localisés dans des zones spécifiques du cerveau et liés aux phénomènes déterminés tels que la perception des odeurs ou de la perception visuelle des bords des objets et des mouvements. Nous avançons rapidement dans la reconnaissance des formes des corrélats électriques du comportement et dans la méthodologie pour une communication radio bidirectionnelle entre le cerveau et les ordinateurs.

Des craintes ont été exprimées que cette nouvelle technologie apporte avec elle la menace d’un éventuel contrôle à distance des activités cérébrales de l’homme par d’autres hommes, des contrôles non désirés et contraire à l’éthique, mais comme on le verra plus tard, ce danger est tout à fait improbable et l’emporte (est contrebalancé) sur les avantages cliniques et scientifiques escomptés (qui en sont attendus). La microminiaturisation et les connaissances électroniques ont tellement progressé que les limites semblent plutôt biologiques que technologiques. Notre plus grand besoin consiste en des informations plus expérimentales sur les mécanismes neuronaux associés aux processus mentaux et comportementaux, et la recherche chez les sujets sans restriction promet de révéler une nouvelle compréhension des esprits normaux et des traitements plus efficace des cerveaux perturbés.

Both sides of a three-channel transdermal stimulator. This instrument has no batteries, is activated by radio, and can be used for life, so that the brain can be stimulated indefinitely.


Jose Delgado was born in Ronda Spain in 1915, a founding member of the ACNP and lifelong Fellow. He died at age 96, 3 months before our organization celebrated its fiftieth anniversary.

Jose intended to emulate his father, an ophthalmologist, but fell under the spell of Santiago Ramon y Cahal often considered the ‘Father of Neuroscience’, Nobel Laureate in 1906.

Jose enrolled in Madrid Medical School in 1933 to study both medicine and physiology. In 1936, the Spanish civil war erupted, his mentor Juan Negri fled the country and Jose joined the Republican side as a medical corpsman. After the fascist victory he spent 5 months in a concentration camp before obtaining his MD and Doctorate of Science, both cum laude.

From 1942 to 1950, he began research in neurophysiology on selective brain ablation and electrical stimulation in animals, published 14 articles and won several prizes. In his 2005 OHP interview, at age 90, he tells how he went to Africa to buy primates for research, bonded with a gorilla and, unable to operate on his ‘new friend’, donated the animal to a zoo.

In 1950, Delgado won a scholarship to the Yale University in the Department of Physiology under the direction of John Fulton whose pioneer work on pre-frontal lobotomy in chimpanzees encouraged the Portuguese psychiatrist Egas Moniz to perform the operation in schizophrenic patients, for which he received the Noble Prize in 1949.

Delgado flourished at Yale; rising to Professor of both Physiology and Psychiatry, he eventually succeeded Fulton as Director of Research. Described as ‘a technological wizard’, he invented the ‘stimoceiver’; implanted electrodes that established two-way communications with the brain in mobile animals allowing Jose to stimulate different regions, producing changes in affect and behavior. Encouraged by these results, and Moniz example, Delgado extended his research to patients with chronic refractory epilepsy and schizophrenia.

This ground breaking research was published in 1952 anticipating similar work by Bob Heath at the Tulane University. 1952 was a watershed year in neuroscience, when chlorpromazine was being given to patients with schizophrenia, spawning the neuropsychopharmacology revolution.

Delgado positioned himself between growing disapproval of mutilating brain surgery and his own belief that electrical stimulation of specific brain areas was scientifically superior to oral administration of drugs whose effects were mitigated by liver metabolism, the blood–brain barrier, and uncertain distribution.

Events proved Jose wrong; the effects of electrical stimulation were imprecise, poorly replicated and yielded no useful therapeutic outcomes. Conversely, neuropsychopharmacology thrived. Drugs were developed for every type of psychiatric disorder, deinstitutionalization occurred, and, in 1970, the Nobel Prize went to Julius Axelrod and colleagues for the catecholamine hypothesis of depression.

Nevertheless, in two decades (1950–1970) Delgado authored 134 scientific publications on electrical stimulation in cats, monkeys and patients, both psychotic and non-psychotic. In 1963, he performed an experiment that attracted worldwide attention, including a front page article in the New York Times. After implanting his stimoceiver in the caudate nucleus of a fighting bull, Jose stood facing the bull waving a red cape before stopping the animal in its tracks by activating the electrodes.

Soon after this, Delgado was invited to contribute a volume to a series on ‘World Perspectives’. Its editorial board comprised 12 of the world’s most distinguished leaders in ethics, sociology, economics, spirituality, and science, including three Nobel Laureates. The series editor was a renowned philosopher whose life was devoted to inviting leading scientists and thinkers to speculate on the societal and philosophical implications of their narrow fields; to ‘extrapolate an idea in relation to life’.

Jose chose a provocative title for his volume, ‘Physical Control of the Mind: Towards a Psychocivilized Society’. The text and tone were equally challenging. Although Jose’s discussion of his scientific findings was modest and objective, the philosophical speculations were grandiose and went beyond the data. None the less his intent was benevolent; to encourage the development of ‘a future psychocivilized human being; a less cruel, happier, and better man’. In essence, he was proposing that science might accomplish what two millennia of religion failed to do!

Unfortunately, this rhetoric and hyperbole clashed with a changing scientific, political, and social Zeitgeist, engulfing Delgado in controversy that would end his career in America. Without distinguishing between science and philosophy, Jose’s research and ideas were attacked and denigrated on two fronts.

In 1972, Congress held hearings in response to efforts to end funding for this type of brain surgery. Testimony was given by a libertarian psychiatrist, a scientologist at the time, who disparaged drugs, ECT, and biological psychiatry. This included a collage of selective, out of context, quotations from Delgado and other neuropsychiatrists.

Coincidentally, public and political outrage surfaced over covert CIA ‘mind control’ experiments, designed to combat communism, initiated in the McCarthy era and extending into the mid 1960s (MK-ULTRA).

These twin forces manifested a plethora of websites fed by conspiracy theorists and alleged victims of psychosurgery that disseminated innuendo and largely unsubstantiated accusations for four decades. Delgado’s name and book figure prominently along with other well-known psychiatrists from among 43 universities and colleges alleged to have been involved.

Mired in controversy, Delgado accepted an offer to become Chair of Physiological Science at a new medical school in Madrid and moved there in 1974.

For the next quarter century, Jose continued to publish his research and philosophical ideas, achieving a lifetime total of over 500 articles and six books. His final book, in 1989, was titled ‘Happiness’ and went through 14 editions.

In the last years of his life, Jose and his wife returned to America and lived in San Diego where he died unheralded. Unjustly treated and harshly judged by segments of the public and his profession, Jose Delgado’s ground breaking research, benevolent philosophy, and memory deserve better recognition. His career trajectory may provide budding scientists with a cautionary note about the pitfalls of mingling science with philosophy.

Neuropsychopharmacology (2012) 37, 2883–2884; doi:10.1038/npp.2012.160 (PDF)


Un article du New York Times en 1970, et un autre du Scientific American en 2005, décrivent les travaux de Delgado et de certains autres chercheurs. Ces articles sont disponibles sur les sites officiels du New York Times et du Scientific American:

sources : http://www.wireheading.com/delgado/ ; http://www.wireheading.com/delgado/excerpt.html ; http://www.wireheading.com/jose-delgado.html

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Interfaces cerveau-ordinateur : des fonds militaires pour contrôler les sentiments

Brain reader: An array of micro-electrodes printed on plastic can record from the brain’s surface. It is 6.5 millimeters on a side.
credit: MIT

Un programme de  70 millions $ va essayer de développer des implants cérébraux capables de réguler les émotions chez les personnes souffrant de troubles mentaux.

May 29, 2014

Beaucoup d’anciens combattants souffrent de problèmes émotionnels écrasants.

Jose Carmena a travaillé sur les singes Macaques pour qu’ils déplacent les curseurs et les membres robotiques avec leurs esprits. Il le fait par l’implantation d’électrodes dans leur cerveau pour surveiller l’activité neuronale. Dans le cadre d’un programme de $ 70 millions financé par l’armée américaine, Carmena a un nouvel objectif : utiliser les implants cérébraux pour lire et ensuite contrôler les émotions des malades mentaux.

La Defense Advanced Research Projects Agency, ou DARPA, a décerné deux importants contrats au Massachusetts General Hospital et de l’Université de Californie, San Francisco, pour créer des implants cérébraux électriques capables de traiter les sept maladies psychiatriques, y compris la toxicomanie, la dépression et le trouble de la personnalité borderline.

Le projet s’appuie sur l’expansion des connaissances sur la façon dont fonctionne le cerveau ; le développement de systèmes microélectroniques qui peuvent s’insérer dans le corps ; et des preuves substantielles que les pensées et les actions peuvent être modifiées avec des impulsions électriques bien placées dans le cerveau.

« Imaginez que j’ai une dépendance à l’alcool et que j’ai une envie, » dit Carmena, professeur à l’Université de Californie, Berkeley et impliqué dans le projet dirigé par l’UCSF. « Nous pourrions détecter ce sentiment et puis stimuler l’intérieur du cerveau pour l’empêcher de se produire. »

Les Etats-Unis font face à une épidémie de la maladie mentale chez les anciens combattants, avec des taux de suicide trois ou quatre fois supérieur à celui du grand public. Mais les médicaments et thérapies par la parole sont d’une utilité limitée, ce qui est la raison pour laquelle l’armée se tourne vers les périphériques neurologiques, dit Justin Sanchez, responsable du programme DARPA, pour Systems-Based Neurotechnology for Emerging Therapies.

« Nous voulons comprendre les réseaux cérébraux [dans] les maladies neuropsychiatriques, développer une technologie pour les mesurer et procéder à la signalisation de précision du cerveau » explique Sanchez. « C’est quelque chose de complètement différent et nouveau. Ces dispositifs n’existent encore. »

[…]

La nouvelle ligne de recherche a été surnommée « interfaces cerveau-ordinateur affectives » (aBCI) par certains, ce qui signifie que les appareils électroniques qui modifient les sentiments, peuvent-être sous le contrôle direct des pensées et des désirs (souhaits) du patient. « Fondamentalement, nous essayons de construire la prochaine génération de stimulateurs cérébraux psychiatriques », déclare Alik Widge, un chercheur de l’équipe de Mass General.

Darin Dougherty, un psychiatre qui dirige la division de Mass General de neurothérapeutiques (directs Mass General’s division of neurotherapeutics), dit que l’un des objectifs serait d’éteindre la peur chez les anciens combattants souffrant de trouble de stress post-traumatique, ou TSPD. La peur est générée dans l’amygdale, une partie du cerveau impliquée dans les souvenirs émotionnels (mémoire émotionnelle). Mais elle peut être réprimée par des signaux dans une autre région, le cortex préfrontal ventromédian. « L’idée serait de décoder un signal dans l’amygdale montrant la suractivité, puis stimuler ailleurs pour « supprimer » cette peur, » dit Dougherty.

Ces recherches ne sont pas sans connotation de mauvais augures.

Dans les années 1970, un neuroscientifique de l’Université de Yale, Jose Delgado, a montré qu’il pourrait amener les gens à ressentir des émotions, comme la relaxation ou l’anxiété, à l’aide d’implants, appelés « stimoceivers » (contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau, utilisé pour stimuler les émotions et contrôler le comportement, susciter des réactions physiques spécifiques). Mais Delgado, également financé par l’armée, a quitté les États-Unis après les audiences du Congrès dans lequel il a été accusé de mettre au point des dispositifs de contrôle de l’esprit « totalitaire » (second lien). Selon les scientifiques, financés par la DARPA, l’Agence a été inquiète de la façon dont le programme de Subnets (sous-réseaux) pourrait être perçu, et elle a nommé un comité d’éthique chargé pour superviser la recherche.

Les implants psychiatriques contrôleraient en effet comment les malades mentaux agissent, bien que dans de nombreux cas, indirectement, en changeant ce qu’ils ressentent. Par exemple, un stimulateur qui arrête une envie de cocaïne modifierait le comportement du toxicomane. « C’est de changer ce que ressentent les gens et de changer ce qu’ils font. Ceux-ci sont intimement liés, » explique Dougherty. « Cela va être pour les personnes qui ne répondent pas aux autres traitements ».

by Antonio Regalado, May 29, 2014 pour MIT Technology Review

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Une manipulation de neurones spécifiques aide à effacer les mauvais souvenirs et améliorer les bons

Stony Brook, NY – 6 mai 2016 – Imaginez que la mémoire puisse être réglée d’une telle manière que les bons souvenirs sont améliorés pour ceux souffrant de démence ou que les mauvais souvenirs soient éliminés chez ceux souffrant d’un trouble de stress post-traumatique. Une équipe de recherche de la Stony Brook University a fait un pas en avant vers la possibilité de régler l’intensité de la mémoire en manipulant un des mécanismes naturels du cerveau pour les signaux impliqués dans la mémoire, un neurotransmetteur appelé acetylcholine. Leurs résultats sont publiés dans le journal Neuron.

http://www.neuroplasticite.com/mecanismes-neuroplasticite/stress/

Les mécanismes cérébraux sous-jacents à la mémoire ne sont pas bien connus. Mais la plupart des scientifiques pensent que la région du cerveau la plus impliquée dans la mémoire émotionnelle est l’amygdale cérébrale. L’acétylcholine est délivrée à l’amygdale par les neurones cholinergiques qui résident dans la base du cerveau.  Ces mêmes neurones semblent être affectés au début du déclin cognitif. Des recherches antérieures ont suggéré que l’apport de cholinergique dans l’amygdale semble renforcer les souvenirs émotionnels.

« Les souvenirs d’expériences chargées en émotion sont particulièrement forts, qu’ils soient positifs ou négatifs, et le but de notre recherche est de déterminer les mécanismes sous-jacents au renforcement de la mémoire », a déclaré Lorna Royle, PhD, Professeur et Présidente du département de Neurobiologie et Comportement  et co-directrice de l’Institut des Neurosciences à Stony Brook Medicine.

Dans le document, intitulé « Cholinergic Signaling Controls Conditioned Fear Behaviors and Enhances Plasticity of Cortical-Amygdala Circuits (Les contrôles de signalisation cholinergiques conditionnent les comportements de peur et augmente la plasticité des circuits cortical-amygdale)» le Dr. Role et ses collègues ont utilisé un modèle de mémoire basé sur la peur, sur des souris, pour tester les mécanismes sous-jacents de la mémoire, parce que la peur est une expérience forte et chargée émotionnellement.

L’équipe a utilisé l’optogénétique en utilisant la lumière pour contrôler les cellules dans les tissus vivants, afin de stimuler les « zones » spécifiques de neurones cholinergiques au cours des expériences.

Deux des conclusions de l’équipe se distinguent. Premièrement, quand ils ont augmenté la libération d’acetylcholine dans l’amygdale lors de la formation d’un souvenir traumatique, ça a considérablement augmenté la persistance du souvenir (renforcé la mémoire) rendant le dernier souvenir plus long de deux fois plus que la normale. Ensuite, quand ils ont diminué la signalisation de l’acetylcholine dans l’amygdale au cours d’une expérience traumatisante, celle qui produit normalement la réponse de peur, ils ont pu effectivement effacer le souvenir.

« Ce second résultat est particulièrement surprenant, car nous avons créé essentiellement des souris “sans peur” en manipulant les circuits d’acetylcholine dans le cerveau », a expliqué le Dr Role. « Les résultats fournissent une base pour la recherche examinant une nouvelle approche pour inverser le syndrome de stress post-traumatique ».

Le défi dans la poursuite des recherches est que les neurones cholinergiques restent difficiles à étudier parce qu’ils se mêlent à d’autres types de neurones et sont peu nombreux comparés à d’autres types de neurones dans le cerveau.

Parce que l’aceltylcholine est un mécanisme de signal naturel et semble essentiel pour la mémoire, des recherches supplémentaires seront axées sur les moyens non pharmacologiques pour manipuler ou ajuster la mémoire.

« Le but à long terme de notre recherche est que nous voudrions trouver des moyens – potentiellement indépendants de l’administration de médicament – pour augmenter ou diminuer la persistance de souvenirs spécifiques, garder les bons et diminuer les mauvais », résume le Dr. Role.

La recherche implique les professeurs et étudiants des départements de Neurobiology and Behavior de l’Université de Stony Brook, les sciences pharmacologiques, ainsi que CNS Disorders Center, l’Institut des Neurosciences, et le Program in Neurosciences. Les co-auteurs incluent Li Jian, Srikanya Kunda, James D. Lederman, Gretchen Y. Lopez-Hernandez, Elizabeth C. Ballinger, Shaohua Wang et David A. Talmage.

La recherche est financée en partie par le National Institute of Health.

traduction Benjamin Prissé

Stony Brook University

EDMR : Désensibilisation et Retraitement (de l’information) par le mouvement des yeux

EMDR est l’acronyme de “Eye Movement desensitization and reprocessing”. Cette thérapie est notamment utilisée dans le traitement du syndrome de stress post-traumatique. Parfois controversée, ses résultats semblent actuellement suffisamment probants puisque son efficacité est reconnue notamment par l’OMS (juillet 2012) et en France par l’INSERM (2004), la Haute Autorité de la Santé (HAS – juin 2007 – page 18 – prise en charge du TSPT – chapitre psychothérapies structurées), l’American Psychiatric Association (2004), et le National Institute for Clinical Excellence du Royaume-Uni (2005). Elle apparaît donc actuellement comme une thérapie de choix pour tout ce qui relève de la psychotraumatologie. Par bien des aspects, l’EMDR apparaît comme une thérapie intégrative. En effet, elle semble mettre en action d’une manière originale et simultanément à la fois des aspects psychodynamiques, cognitifs, comportementaux, émotionnels, corporels et sensoriels. Son originalité tient pourtant principalement dans ce dernier point. Il semblerait que la stimulation sensorielle oculaire, tactile ou sonore, de l’information dysfonctionnelle d’origine traumatique permette de remettre en route son traitement et son classement dans une mémoire explicite/narrative plutôt que dans une mémoire implicite/motrice (Francine Shapiro). (Wikipédia)

L’EMDR est une approche psychothérapeutique, découverte aux Etats-Unis en 1987 par Francine Shapiro, psychologue américaine et membre du Mental Research Institute de Palo Alto, et pratiquée depuis dans le monde entier auprès de milliers de personnes de tout âges et de toutes conditions souffrant de troubles psychologiques.

La thérapie EMDR s’adresse à toute personne (de l’enfant – même en bas âge – à l’adulte) souffrant de perturbations émotionnelles généralement liées à des traumatismes psychologiques.

Il peut s’agir de traumatismes « évidents », avec un grand « T », tels les violences physiques et psychologiques, les abus sexuels, les accidents graves, les décès, les maladies graves, les incendies, les catastrophes naturelles, les situations de guerre et attentats, …

Mais il peut s’agir aussi d’événements de vie difficiles ou de traumatismes avec un petit « t », qui passent inaperçus et peuvent être la source d’émotions ou de comportements inadaptés ou excessifs dans la vie quotidienne (enfance perturbée, séparations, fausses couches et IVG, deuils, difficultés professionnelles, etc…)

Ces perturbations émotionnelles s’expriment sous diverses formes : irritabilité, angoisse, cauchemars, tendance à l’isolement, état dépressif, comportement agité voire violent, douleurs physiques, somatisations, régression chez l’enfant, …

D’autres troubles psychologiques relèvent aussi, dans certains cas, de traumatismes récents ou anciens, parfois inconscients : dépression, addictions, troubles du comportement alimentaire, attaques de panique, phobies, … Ces perturbations apparaissent quand notre cerveau est dépassé par un choc traumatique et n’arrive pas à traiter (ou digérer) les informations comme il le fait ordinairement. Il reste bloqué sur l’évènement, sans que nous en ayons conscience, et ce sont les vécus traumatiques non digérés qui sont sources de ces perturbations.

La thérapie EMDR permet de débloquer les mécanismes naturels de traitement de l’information, et ainsi le traumatisme peut enfin être retraité (ou digéré), même de nombreuses années après.

La thérapie EMDR est aujourd’hui une approche thérapeutique mondialement reconnue par la communauté scientifique pour son efficacité dans le traitement des troubles post-traumatiques. Elle est la seule avec les thérapies comportementales et cognitives dont l’usage est officiellement recommandé pour le traitement des états de stress post traumatique par la Haute Autorité de la Santé (HAS) qui intervient dans la validation des soins médicaux, depuis juin 2007.

Comment se passe un traitement EMDR ?

Une préparation est indispensable : des entretiens préliminaires permettent au patient d’établir une relation de confiance avec son praticien et d’identifier, avec son aide, le ou les souvenirs traumatiques à l’origine de ses difficultés.

Ces souvenirs seront ensuite retraités, un à un, lors des séances. Il faut parfois plusieurs séances pour traiter un seul souvenir. Pour les enfants, le traitement EMDR peut se faire en présence des parents en fonction de l’âge de l’enfant.

Le processus de traitement activé par la méthode est un processus conscient. Il correspond à ce que fait naturellement notre cerveau quand il ne se bloque pas.

Au début d’une séance EMDR, le praticien demande au patient de se concentrer sur l’évènement perturbant, en gardant à l’esprit les souvenirs sensoriels de l’évènement (image, son, odeur, sensation physique), ainsi que les pensées et ressentis actuels qui y sont associés. Le praticien commence alors des séries de stimulations bilatérales alternées, c’est-à-dire qu’il stimule le cerveau alternativement du côté gauche puis droit, soit par des mouvements oculaires, soit par des stimulations tactiles, soit par des bips sonores. Entre chaque série, il suffit alors que le patient remarque ce qui lui vient à l’esprit. Il n’y a aucun effort à faire pendant la stimulation pour obtenir tel ou tel type de résultat ; l’évènement se retraite spontanément, et différemment pour chaque personne selon son vécu, sa personnalité, ses ressources, sa culture.

Les séries de stimulations bilatérales continuent jusqu’à ce que le souvenir de l’évènement ne soit plus source de perturbations mais soit associé à des ressentis calmes ainsi qu’à des pensées positives et constructives. Une séance d’EMDR dure de 60 à 90 mn (plus courte chez l’enfant). Pendant cette période, le patient peut traverser des émotions intenses, et à la fin de la séance, il peut généralement ressentir une nette amélioration.

EMDR, la thérapie qui chasse les démons

L’EMDR est en train de révolutionner la psychothérapie. Cette thérapie de désensibilisation et de retraitement par le mouvement rapide des yeux permet de traiter de très nombreux traumatismes psychiques. Cette méthode thérapeutique a depuis quelques années révolutionnées la conception et la pratique de la psychothérapie grâce à sa rapidité et son efficacité. L’EMDR a tout d’abord été utilisée pour effacer des chocs post traumatiques.

Mais aujourd’hui, on l’utilise pour traiter toutes sortes de traumatismes psychiques, comme les abus sexuels, les phobies, les dépressions. Si la technique a été découverte fortuitement aux Etats-Unis (en 1987), elle a dans un premier temps généré méfiance et scepticisme, certains pensant qu’il s’agissait d’un effet placebo.

Des études scientifiques ont mis en évidence les effets de l’EMDR sur le cerveau. Le neurophysiologiste Marco Pagani. Ce dernier a conduit une étude sur 47 conducteurs de métro victimes d’un choc post traumatique après avoir vu des gens se jeter sous leur rame. Avant la thérapie, il a observé que leur cerveau semblait incapable de gérer les émotions provoquées par le souvenir traumatisant. Après l’EMDR, il a constaté que la zone cognitive du cerveau avait pris le contrôle sur la zone émotionnelle.

Un reportage de Françoise Ducret et Ventura Samarra

Associations EMDR :

EMDR France : http://www.emdr-france.org
EMDR Belgique :  http://www.emdr-belgium.be
EMDR Suisse : http://www.emdr-ch.org/
EMDR Canada : http://www.emdrcanada.org
Amérique du Nord : http://www.emdria.org
Amérique du Sud : http://www.emdriberoamerica.org
Australie :  http://www.emdraa.org