Le transhumanisme n’est pas une option

Sapiens doit rapidement devenir Deus pour éviter l’extinction de l’Homo.

Pour beaucoup le transhumanisme est un mouvement sous la tutelle du Dr Frankeinstein qui regroupe savants fous et hérétiques souhaitant prendre la place de Dieu : géniteur de l’Homo Deus. Grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle, des biotechnologies, des nanotechnologies et de la génétique, nous serons en mesure de pouvoir vivre mieux et plus longtemps d’ici quelques décennies. Sur le plan cognitif, davantage d’intelligence, de créativité et d’empathie. Prothèses, implants, contrôle et communication par la pensée font déjà leur apparition : une équipe de neuro-ingénieurs américains vient de mettre au point une intelligence artificielle capable de convertir le signal électrique du cerveau en paroles,  leurs résultats viennent d’être publiés dans la revue Scientific Reports.

Afin de comprendre les enjeux fondamentaux du mouvement transhumanisme, il faut l’analyser sous le prisme de la théorie du Transformisme de Jean-Baptiste de Lamarck qui a précédée le Darwinisme et le Néodarwinisme. Le transformisme, ou la transmutation des espèces, repose sur l’hérédité des caractères acquis en réaction aux influences de l’environnement. Théorie surplombée par le Darwinisme qui évoque la notion de sélection naturelle, qui grâce à la génétique, va permettre à Gregor Johan Mendel d’expliquer la transmission des caractères innés sur la base de trois principes :

1. l’évolution est graduelle et se produit par variations continues,
2. la sélection naturelle est le moteur principal de l’évolution en privilégiant les espèces les mieux adaptées à leur environnement
3. le changement évolutif par mutation peut se faire de deux façons : l’anagenèse et la cladogenèse.

Les résultats de 200 000 ans d’évolution de l’Homo Sapiens sont vraiment formidables et fascinants. Alors, pourquoi voulons nous faire mieux et plus vite que la nature ?

Il suffit tout simplement de voir ce qu’il se passe dans le monde au moment où vous lisez cet article : plusieurs records de température ont été frôlés aux États-Unis, un froid renforcé par le vent glacial qui donne des températures ressenties jusqu’à -53 °C : coupures d’eau et d’électricité, perturbations dans les transports, la mort d’une dizaine de personnes. En même temps, de l’autre côté du globe en Australie, le mois de janvier a été le plus chaud jamais enregistré avec des températures ressenties jusqu’à 50°C : vagues d’incendies, pollution, des milliers de poissons et d’animaux morts, sécheresse …

Si nous prenons en compte ces conditions climatiques extrêmes, les différentes formes de pollution, la surconsommation favorisée par la chimie synthétique et la surexploitation des ressources naturelles, l’évolution naturelle ne suffit plus : notre environnement évolue plus vite que notre capacité d’adaptation. L’évolution de notre espèce est en « stand by », voire dans une forme de « rétro-évolution » suite la surexploitation de la chimie synthétique et des hormones de synthèses favorisant l’action de perturbateurs endocriniens sur l’humain. Ces-derniers peuvent interférer avec le fonctionnement normal du système hormonal et créer ainsi des effets nocifs sur la santé humaine et la biodiversité. Plusieurs affections sont suspectes d’être en lien avec une exposition : certains troubles de la fonction de reproduction féminine et masculine, certaines malformations et troubles de la maturation et du développement, certains cancers, certaines pathologies intra utérines, altération du système immunitaire … Alors que le transhumanisme nous promet l’avènement de l’homme augmenté, nous n’avons jusqu’à présent agit que pour l’homme diminué au profit d’une économie déshumanisée.

Dans ces conditions, le transhumanisme n’est pas une option mais une nécessité ! La théorie Mendélienne Néodawinisme est améliorée aujourd’hui par le plus grand Hack de l’histoire. L’anagenèse et la cladogenèse sont rejoints par une nouvelle mutation biotechnologique pour permettre à l’Homme de vivre dans un environnement qui lui est à présent défavorable. Selon une étude de la Commission européenne publiée dans The Lancet Planetary Health, le nombre de décès causés par les événements climatiques extrêmes en Europe pourrait être multiplié par 50 à cause du réchauffement climatique d’ici 2100. Les vagues de chaleur, inondations, tempêtes et autres phénomènes climatiques extrêmes pourraient faire 152 000 morts par an en Europe d’ici à la fin du siècle, contre environ 3 000 actuellement, essentiellement à cause du réchauffement climatique. Si nous refusons le transhumanisme aujourd’hui alors notre civilisation sera vouée à disparaître.

Par conséquent, nous devons réfléchir dès aujourd’hui à la manière de déjouer les pronostics qui annoncent en partie l’aggravation des inégalités sociales et la notion d’« inégalité humaine ». J’entends par « inégalité humaine » la remise en question de l’article Premier des Droits de L’Homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». En effet, si nous n’agissons pas maintenant, seule une partie de la population aura la capacité d’être plus intelligente, plus forte et résistante aux maladies. Elle sera en capacité de créer des nouvelles générations d’humains augmentés favorisant une inégalité forte et structurante.

La France doit devenir une pionnière de la démocratisation du transhumanisme. Le système de santé français a été caractérisé selon le « Rapport sur la Santé dans le Monde 2000 – Pour un système de santé plus performant » de l’Organisation mondiale de la santé en 2000 comme le plus performant en termes de dispense et d’organisation des soins de santé. Nous avons tous les atouts en main pour démocratiser l’accès à la technologie permettant à chacun d’entre nous de vivre mieux face aux bouleversements de l’environnement.

A l’ère du transhumanisme, l’inégalité ne signifie pas seulement le déséquilibre social, c’est l’extinction massive des populations les plus pauvres et un règne absolu d’une minorité élitiste favorisée.

La 6ème extinction de masse mondiale arrive trop tôt, selon ce mathématicien

Cela ne se produit pas très souvent, mais après quelque 540 millions d’années, ce monde dans lequel nous vivons a été témoin de cinq extinctions massives – et le prochain rideau pourrait tomber avant que le siècle ne soit écoulé. C’est l’évaluation sombre d’une nouvelle analyse mathématique du cycle de carbone renouvelable de la Terre, avec des calculs prévoyant notre production d’émissions de CO2 qui nous entraînent vers un «seuil de catastrophe» que la planète n’a pas violée depuis des millions d’années.

Le géophysicien du MIT, Daniel Rothman, a étudié les fluctuations du cycle du carbone – les traces de carbone sur les terres, les océans et l’atmosphère de la Terre – qui se sont produites au cours des 542 millions d’années.

En analysant 31 événements isotopiques de carbone reconnus par les géochimistes, Rothman a identifié le flux et le reflux du carbone-12 et du carbone-13 – deux isotopes de carbone dont l’abondance a varié considérablement dans l’histoire de la Terre. De là, il a construit une base de données pour évaluer la quantité de masse de carbone injectée dans les océans du monde dans chaque événement historique. Dans la plupart de ces épisodes, le volume de carbone est resté sous un certain seuil.

Mais dans certains d’entre eux – dont quatre des cinq derniers événements d’extinction de masse qui ont exterminé une multitude de formes de vie sur la planète – le seuil a été violé.

Maintenant, nous savons tous que la corrélation ne correspond pas à la causalité, mais à la lumière de tous les autres éléments de preuve que nous avons sur la façon dont les niveaux élevés de carbone sont dangereux pour la vie sur notre planète, une tendance inquiétante est sans aucun doute en train d’émerger.

« Il est devenu évident qu’il y avait un taux de changement caractéristique que le système n’a guère envie de passer, » affirme Rothman.

Selon les calculs de Rothman, il existe deux façons dont les niveaux de carbone peuvent dépasser ce seuil de catastrophe. L’un d’eux consiste à gonfler lentement les émissions de CO2 sur des milliers et des millions d’années, déclenchant lentement une calamité mondiale. L’autre cas se produit à une échelle de temps beaucoup plus courte, où un changement immense dans les volumes de carbone se déplaçant dans le cycle du carbone se produit dans l’espace des décennies et des années. Cela vous semble familier ?

Dans ce contexte, Rothman prédit qu’il faudrait environ 310 gigatonnes de carbone ajouté aux océans du monde pour que nous puissions franchir le seuil – ce qui est à peu près la quantité minimum attendu pour l’année 2100 au rythme où vont les choses, à ce moment le chercheur dit que nous allons entrer dans un “territoire inconnu”.

« Cela ne veut pas dire que le désastre surviendra le lendemain », déclare Rothman.

« Cela dit, si on le laisse sans contrôle, le cycle du carbone se déplacerait dans un domaine qui ne serait plus stable et qu’il se comporterait d’une manière difficile à prédire. Dans le passé géologique, ce type de comportement est associé à une extinction massive. »

En d’autres termes, à moins que l’humanité ne fasse quelque chose pour changer radicalement notre situation en carbone, nous pourrions bloquer une extermination dangereuse.

Cela ne se produirait pas du jour au lendemain, mais une mort aussi épique pourrait se dérouler sur quelque chose comme environ 10 000 ans, suggère Rothman, et le phénomène pourrait se cristalliser dès 2100 si les choses ne changent pas.

Bien sûr, c’est seulement une perspective sur la façon dont le scénario du carbone mondial pourrait se concrétiser, et Rothman ne prétend pas avoir toutes les réponses, mais il espère que nous considérons ces chiffres comme une autre preuve pour nous galvaniser.

« Il devrait y avoir des moyens de réduire les émissions de dioxyde de carbone », dit-il. « Mais ce travail souligne les raisons pour lesquelles nous devons faire attention, et cela donne plus de raisons d’étudier le passé pour informer le présent. »

Les résultats sont présentés dans Science Advances DOI: 10.1126/sciadv.1700906.

Cette recherche a été soutenue en partie par la NASA et la National Science Foundation.

MIT News, Science Alert

Les climatologues avertissent de l’augmentation des décès liés aux conditions météorologiques en Europe

Une étude, menée par le Centre commun de recherche (CCR, Joint Research Centre en anglais) de la Commission européenne, vient d’être publiée dans Lancet Planetary Health. Elle combine des informations sur les catastrophes documentées avec des projections de risque et de démographie jusqu’en 2100. Les catastrophes météorologiques considérées sont celles qui ont le plus d’impact – les canicules et les périodes de froid, les feux de forêt, les sécheresses, les inondations fluviales et côtières et les tempêtes de vent. L’étude prévient que, si rien n’est fait pour limiter les émissions ou pour se prémunir contre les phénomènes météorologiques extrêmes, l’Europe pourrait voir plus de 152 000 décès liés au climat chaque année d’ici 2100. Le chiffre, 50 fois plus élevé que le taux actuel de mortalité météorologique extrême en Europe, est basé sur des records de catastrophe de 1981 à 2010 et sur les projections actuelles du climat et de la population. Les vagues de chaleur devraient constituer la cause principale de décès, en particulier en Europe du Sud, et il est également prévu que les inondations côtières auront un impact. Le co-auteur de l’étude, Giovanni Forzieri, a déclaré : “À moins que le réchauffement climatique ne soit freiné d’urgence et que des mesures appropriées soient prises, environ 350 millions d’Européens (soit les deux tiers de la population européenne d’ici l’an 2100) pourraient être exposés à des conditions climatiques dangereuses sur une base annuelle d’ici la fin du siècle”.

Les résultats ont mis en lumière le fardeau attendu du changement climatique sur les sociétés dans les différentes régions d’Europe.

Overall risk of weather-related hazards to the European population for each time period
Number of deaths due to (A) and number of people exposed to (B) multiple weather-related hazards under different scenarios. Error bars represent the intermodel climate variability (uncertainty range) and percentages report the relative variations with respect to the reference period.
The Lancet Planetary Health 2017 1, e200-e208 DOI: (10.1016/S2542-5196(17)30082-7)
Spatial and temporal patterns of projected changes in the overall risk of weather-related hazards
Number of deaths (A) and people exposed (E) per year aggregated at the Nomenclature of Statistical Territorial Units 2 level due to multiple weather-related hazards recorded during the reference period per 1 million inhabitants. Corresponding simulated changes of deaths for 2011–40 (B), 2041–70 (C), and 2071–100 (D), and of people exposed for 2011–40 (F), 2041–70 (G), and 2071–100 (H), under climate and population change scenarios.
The Lancet Planetary Health 2017 1, e200-e208 DOI: (10.1016/S2542-5196(17)30082-7)

Écologisme et transhumanisme. Des connexions contre nature

Ecologistes, véganes et sympathisants de gauche prolifèrent au sein du mouvement transhumaniste. Après Le Monde, Le Nouvel Obs et Politis, Primevère, le plus grand salon écologiste français, invitait en 2016 un de ses représentants à s’exprimer. Didier Cœurnelle, vice-président de l’Association française transhumaniste, est élu Verts en Belgique. Il aurait eu les mots pour séduire les visiteurs de Primevère, avec une « vie en bonne santé beaucoup plus longue, solidaire, pacifique, heureuse et respectueuse de l’environnement, non pas malgré, mais grâce aux applications de la science (1). » II aura fallu les protestations d’opposants aux nécrotechnologies pour que le salon annule son invitation (2). Les transhumanistes ne luttent pas contre les nuisances. Technophiles et « résilients », ils comptent sur l’ingénierie génétique, la chimie et les nanotechnologies pour adapter la nature humaine et animale à un milieu saccagé.

Faut-il un État mondial inter-espèces pour lutter contre les dominations entre humains et animaux ? Voire entre animaux, avec des prédateurs devenus herbivores après modification génétique ? Même si leurs idées prêtent à rire, les transhumanistes ne sont pas des ahuris victimes d’une indigestion de mauvaise science-fiction. Ils sont écologistes et véganes (c’est-à-dire refusant de consommer les produits issus des animaux), certes. Parfois même bouddhistes. Mais aussi philosophes, généticiens, informaticiens, sociologues ou start-uppers rétribués par Harvard, Oxford, la London School of Economics ou Google. La plupart d’entre eux veulent le bien de la planète et de ses habitants, lutter contre les oppressions, tout en augmentant notre espérance de vie jusqu’à « la mort de la mort ».

Les deux porte-parole du mouvement transhumaniste francophone revendiquent leur militantisme « écolo ». Marc Roux a été adhérent de l’Alternative rouge et verte. Didier Cœurnelle est élu Verts de la commune de Molenbeek. Le cofondateur de Humanity+, la principale association transhumaniste américaine, David Pearce, est un militant antispéciste et végane. L’Australien Peter Singer, philosophe et auteur du livre de référence des antispécistes La Libération animale (1975), est lui-même transhumaniste et ancien candidat Verts en Australie. Quant à l’actuel directeur de Humanity+, James Hughes, en tant que bouddhiste, il ne ferait pas de mal à une mouche. Loin de l’image repoussoir de libertariens insensibles aux malheurs qui les entourent, les transhumanistes sont souvent des progressistes de gauche, écologistes et féministes, suivant la bonne conscience qui règne dans la Silicon Valley depuis le mouvement hippie des années 1960. En France, à l’avant-garde des partisans de la reproduction artificielle de l’humain (PMA-GPA) figurent les membres d’Europe Écologie-Les Verts.

D’après Marc Roux et Didier Cœurnelle, auteurs de Technoprog (3), les transhumanistes seraient majoritairement de gauche, attachés à un système social et à une médecine redistributive, contre l’idée d’une humanité à deux vitesses après sélection génétique. Ils se trouvent même des points communs avec les « objecteurs de croissance » (4). Fort bien. Laissons de côté les ultras, libertariens ou technogaïanistes, et intéressons-nous à ces transhumanistes sociaux-démocrates et soi-disant écolos. Ceux qui introduisent le loup transhumaniste dans la bergerie verte.[…]

L’écologie transhumaniste est pétrie de cette idéologie de la « résilience » – un terme issu de la psychologie synonyme d’adaptation à la dégradation des conditions d’existence –, qui prévaut aujourd’hui jusque dans les Conférences sur le climat. « Aucune idée n’est à écarter a priori si elle peut déboucher sur une meilleure adaptation des corps à leur environnement. […] Il s’agit, dans la tradition du darwinisme social, de permettre la survie du mieux adapté. Crèvent les faibles et les inadaptés. D’où l’appel aux transformations génétiques. Voilà l’imposture.[…]

TomJo, Hors-sol, octobre 2016

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Modifier l’espèce humaine ou l’environnement? Les transhumanistes face à la crise écologique

 

Fin des Lumières : bienvenue dans le meilleur des mondes transhumanistes

Par Nicolas Le Dévédec, sept. 2016 FigaroVox (PDF)

Extrait :

«Changer l’être humain plutôt que changer le monde», telle pourrait être résumée la rupture introduite par le transhumanisme quant à la conception de la perfectibilité humaine. Il ne s’agit désormais plus tant d’améliorer la société et nos conditions de vie sociales par des moyens politiques, mais d’améliorer l’humain par des moyens technoscientifiques dans une optique adaptative. Ce renversement marque une rupture importante avec la culture humaniste des Lumières, qui encourageait au contraire les êtres humains à conquérir leur autonomie sociale et politique.

Il ne se passe pas un jour ou presque sans qu’on parle du mouvement transhumaniste et de son ambition d’«améliorer» techniquement l’être humain et ses performances intellectuelles, physiques et émotionnelles. Militant en faveur d’un humain revu et corrigé par les technosciences et bénéficiant du soutien de géants économiques comme Google ou PayPal, le transhumanisme ne cesse en effet de gagner en notoriété. Les idéaux d’un «humain augmenté» trouvent un écho certain dans nos sociétés obnubilées par le culte de la performance. Chirurgie esthétique, dopage sportif, recours aux psychostimulants pour optimiser les capacités cognitives ou développement d’une médecine régénératrice qui œuvre à repousser la mort en sont quelques-unes des manifestations saillantes.

Suscitant depuis plusieurs années d’importants débats, force est de constater que le transhumanisme demeure toutefois essentiellement interrogé dans une perspective bioéthique gestionnaire et utilitariste centrée sur la minimisation des risques et la maximisation des avantages de l’humain augmenté. lire la suite

 

Modifier l’espèce humaine ou l’environnement? Les transhumanistes face à la crise écologique

Gabriel Dorthe, Johann A R Roduit
Bioethica Forum / 2014 / Volume 7 / No. 3  

Faculté des géosciences et de l’environnement, Institut de géographie et durabilité, Université de Lausanne
UFR de philosophie, Centre d’Etudes des Techniques, des Connaissances et des Pratiques, Université Paris I Panthéon-Sorbonne
Neohumanitas, Geneva, Switzerland
Institute of Biomedical Ethics, University of Zurich
Oxford Uehiro Centre for Practical Ethics, University of Oxford

L’objectif de cet article est d’explorer la manière dont les transhuma­nistes essaient de répondre aux questions environnementales de notre époque. Pour cela, nous avons non seulement sélectionné et analysé certains textes «transhumanistes», mais également invité certains mili­tants transhumanistes à réagir aux textes en question, lors d’entretiens récents. Nous montrons qu’en l’espèce il n’y a pas une pensée trans­humanisme homogène, mais bien des pensées transhumanistes. Les transhumanismes diffèrent non seulement sur la façon d’agir et de réagir face aux problèmes écologiques, mais ne s’entendent également pas sur les responsabilités, sur le rôle de l’humain dans la déplétion des ressources naturelles et le réchauffement climatique.

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Extrait :

L’ingénierie humaine – Human Engineering and Climate Change

«Premièrement, comme l’élevage de bétail est responsable de 18% de l’émission de gaz à effet de serre au niveau mondial, les auteurs proposent de rendre les êtres humains intolérants à la viande. Deuxièmement, comme la taille est proportionnelle à l’empreinte écologique, ils proposent des interventions qui permettraient de rendre les êtres humains plus petits, de façon à diminuer cette empreinte. Les auteurs suggèrent de choisir les embryons dont les gènes prédisent une petite taille, de modifier les taux d’hormone de croissance chez les enfants, ou encore de réduire le poids des nouveau-nés grâce à des drogues. Troisièmement, s’appuyant sur certaines études qui montrent que les femmes «intelligentes» et éduquées font moins d’enfants, ils proposent d’améliorer les capacités cognitives des femmes afin de réduire le nombre d’enfants et ainsi indirectement influencer les changements climatiques. Finalement, ils suggèrent d’améliorer l’empathie et l’altruisme de chacun, par l’intermédiaire de modifications génétiques ou de drogues, afin de rendre l’humain plus sensible aux questions écologiques.»