L’hybridation hommes-machines : dans une vingtaine d’années

Cessons d’opposer l’intelligence humaine à celle des machines : selon l’un des directeurs de Google, nous allons les conjuguer en branchant notre cerveau directement au “cloud”. Quelle forme de pensée en résultera ?

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D’ores et déjà, Kurzweil et les gens de Google ont mis au point des outils qui vont faire ne nos moteurs des « participants actifs de nos vies », selon son expression. Jusqu’à présent, ils ont été conçus afin d’interpréter nos requêtes et de chercher ce qui leur correspond sur une base d’informations indexées. A présent, ils vont nous expliquer pourquoi, en fonction de ce que nous sommes, nous pourrions trouver un intérêt à quelque chose auquel nous n’avons pas encore songé ou dont nous ignorons l’existence.

Et, à ses yeux, c’est un premier pas vers cette « pensée hybride » dont il estime la réalisation pour la fin des années 2030. A ce moment, nos cerveaux pourront être connectés directement aux ressources d’internet via le « cloud » par des puces implantées. Nous serons des humains « augmentés » par l’implantation de relais. Progressivement, prévoit Kurzweil, la partie « non biologique » de notre cerveau finira par comprendre – et donc par dominer – l’autre. Nous serons alors devenus des hybrides hommes-machines. Et la séparation entre intelligence humaine et intelligence artificielle cessera d’être pertinente. Notre pensée elle-même sera devenue une pensée hybride.

EDMR : Désensibilisation et Retraitement (de l’information) par le mouvement des yeux

EMDR est l’acronyme de “Eye Movement desensitization and reprocessing”. Cette thérapie est notamment utilisée dans le traitement du syndrome de stress post-traumatique. Parfois controversée, ses résultats semblent actuellement suffisamment probants puisque son efficacité est reconnue notamment par l’OMS (juillet 2012) et en France par l’INSERM (2004), la Haute Autorité de la Santé (HAS – juin 2007 – page 18 – prise en charge du TSPT – chapitre psychothérapies structurées), l’American Psychiatric Association (2004), et le National Institute for Clinical Excellence du Royaume-Uni (2005). Elle apparaît donc actuellement comme une thérapie de choix pour tout ce qui relève de la psychotraumatologie. Par bien des aspects, l’EMDR apparaît comme une thérapie intégrative. En effet, elle semble mettre en action d’une manière originale et simultanément à la fois des aspects psychodynamiques, cognitifs, comportementaux, émotionnels, corporels et sensoriels. Son originalité tient pourtant principalement dans ce dernier point. Il semblerait que la stimulation sensorielle oculaire, tactile ou sonore, de l’information dysfonctionnelle d’origine traumatique permette de remettre en route son traitement et son classement dans une mémoire explicite/narrative plutôt que dans une mémoire implicite/motrice (Francine Shapiro). (Wikipédia)

L’EMDR est une approche psychothérapeutique, découverte aux Etats-Unis en 1987 par Francine Shapiro, psychologue américaine et membre du Mental Research Institute de Palo Alto, et pratiquée depuis dans le monde entier auprès de milliers de personnes de tout âges et de toutes conditions souffrant de troubles psychologiques.

La thérapie EMDR s’adresse à toute personne (de l’enfant – même en bas âge – à l’adulte) souffrant de perturbations émotionnelles généralement liées à des traumatismes psychologiques.

Il peut s’agir de traumatismes « évidents », avec un grand « T », tels les violences physiques et psychologiques, les abus sexuels, les accidents graves, les décès, les maladies graves, les incendies, les catastrophes naturelles, les situations de guerre et attentats, …

Mais il peut s’agir aussi d’événements de vie difficiles ou de traumatismes avec un petit « t », qui passent inaperçus et peuvent être la source d’émotions ou de comportements inadaptés ou excessifs dans la vie quotidienne (enfance perturbée, séparations, fausses couches et IVG, deuils, difficultés professionnelles, etc…)

Ces perturbations émotionnelles s’expriment sous diverses formes : irritabilité, angoisse, cauchemars, tendance à l’isolement, état dépressif, comportement agité voire violent, douleurs physiques, somatisations, régression chez l’enfant, …

D’autres troubles psychologiques relèvent aussi, dans certains cas, de traumatismes récents ou anciens, parfois inconscients : dépression, addictions, troubles du comportement alimentaire, attaques de panique, phobies, … Ces perturbations apparaissent quand notre cerveau est dépassé par un choc traumatique et n’arrive pas à traiter (ou digérer) les informations comme il le fait ordinairement. Il reste bloqué sur l’évènement, sans que nous en ayons conscience, et ce sont les vécus traumatiques non digérés qui sont sources de ces perturbations.

La thérapie EMDR permet de débloquer les mécanismes naturels de traitement de l’information, et ainsi le traumatisme peut enfin être retraité (ou digéré), même de nombreuses années après.

La thérapie EMDR est aujourd’hui une approche thérapeutique mondialement reconnue par la communauté scientifique pour son efficacité dans le traitement des troubles post-traumatiques. Elle est la seule avec les thérapies comportementales et cognitives dont l’usage est officiellement recommandé pour le traitement des états de stress post traumatique par la Haute Autorité de la Santé (HAS) qui intervient dans la validation des soins médicaux, depuis juin 2007.

Comment se passe un traitement EMDR ?

Une préparation est indispensable : des entretiens préliminaires permettent au patient d’établir une relation de confiance avec son praticien et d’identifier, avec son aide, le ou les souvenirs traumatiques à l’origine de ses difficultés.

Ces souvenirs seront ensuite retraités, un à un, lors des séances. Il faut parfois plusieurs séances pour traiter un seul souvenir. Pour les enfants, le traitement EMDR peut se faire en présence des parents en fonction de l’âge de l’enfant.

Le processus de traitement activé par la méthode est un processus conscient. Il correspond à ce que fait naturellement notre cerveau quand il ne se bloque pas.

Au début d’une séance EMDR, le praticien demande au patient de se concentrer sur l’évènement perturbant, en gardant à l’esprit les souvenirs sensoriels de l’évènement (image, son, odeur, sensation physique), ainsi que les pensées et ressentis actuels qui y sont associés. Le praticien commence alors des séries de stimulations bilatérales alternées, c’est-à-dire qu’il stimule le cerveau alternativement du côté gauche puis droit, soit par des mouvements oculaires, soit par des stimulations tactiles, soit par des bips sonores. Entre chaque série, il suffit alors que le patient remarque ce qui lui vient à l’esprit. Il n’y a aucun effort à faire pendant la stimulation pour obtenir tel ou tel type de résultat ; l’évènement se retraite spontanément, et différemment pour chaque personne selon son vécu, sa personnalité, ses ressources, sa culture.

Les séries de stimulations bilatérales continuent jusqu’à ce que le souvenir de l’évènement ne soit plus source de perturbations mais soit associé à des ressentis calmes ainsi qu’à des pensées positives et constructives. Une séance d’EMDR dure de 60 à 90 mn (plus courte chez l’enfant). Pendant cette période, le patient peut traverser des émotions intenses, et à la fin de la séance, il peut généralement ressentir une nette amélioration.

EMDR, la thérapie qui chasse les démons

L’EMDR est en train de révolutionner la psychothérapie. Cette thérapie de désensibilisation et de retraitement par le mouvement rapide des yeux permet de traiter de très nombreux traumatismes psychiques. Cette méthode thérapeutique a depuis quelques années révolutionnées la conception et la pratique de la psychothérapie grâce à sa rapidité et son efficacité. L’EMDR a tout d’abord été utilisée pour effacer des chocs post traumatiques.

Mais aujourd’hui, on l’utilise pour traiter toutes sortes de traumatismes psychiques, comme les abus sexuels, les phobies, les dépressions. Si la technique a été découverte fortuitement aux Etats-Unis (en 1987), elle a dans un premier temps généré méfiance et scepticisme, certains pensant qu’il s’agissait d’un effet placebo.

Des études scientifiques ont mis en évidence les effets de l’EMDR sur le cerveau. Le neurophysiologiste Marco Pagani. Ce dernier a conduit une étude sur 47 conducteurs de métro victimes d’un choc post traumatique après avoir vu des gens se jeter sous leur rame. Avant la thérapie, il a observé que leur cerveau semblait incapable de gérer les émotions provoquées par le souvenir traumatisant. Après l’EMDR, il a constaté que la zone cognitive du cerveau avait pris le contrôle sur la zone émotionnelle.

Un reportage de Françoise Ducret et Ventura Samarra

Associations EMDR :

EMDR France : http://www.emdr-france.org
EMDR Belgique :  http://www.emdr-belgium.be
EMDR Suisse : http://www.emdr-ch.org/
EMDR Canada : http://www.emdrcanada.org
Amérique du Nord : http://www.emdria.org
Amérique du Sud : http://www.emdriberoamerica.org
Australie :  http://www.emdraa.org

 

Conscience artificielle

Guillaume Tisserant, Guillaume Maurin,
Ndongo Wade, Anthony Willemot – 2010

Le thème de la conscience artificielle agite les esprits des romanciers et des scientifiques depuis l’apparition des premières machines capables de calculer. C’est un sujet qui relie des compétences à la fois de neurologues, d’informaticiens mais aussi de psychologues, d’anthropologues et même de philosophes. Pour ce mémoire, nous ne nous sommes pas placés en tant qu’informaticiens essayant de modéliser une conscience sur nos machines, mais nous avons essayé d’avoir une vision beaucoup plus large du problème, en partant du point de vue de l’être humain plutôt que de celui de l’ordinateur.

La création d’une conscience artificielle est quelque chose qui pourraient ouvrir énormément de nouvelles portes en informatique, donnant à des ordinateurs des capacités qu’ils ne peuvent pas avoir dans l’état actuel de l’informatique, et qui sont pour l’instant réservé au monde animal, voir à l’être humain. Ce rapport a pour but de montrer comment une conscience artificielle pourrait être crée. Nous commencerons par donner une définition de la conscience puis nous ferons un état de l’art sur les modèles de conscience artificielle. Ensuite nous proposerons le nôtre en expliquant ses avantages par rapport à ceux proposés précédemment. Enfin nous expliquerons ce que pourrait offrir cette conscience artificielle.

Téléchargez la thèse (PDF)

Le cerveau d’un rat reconstitué par ordinateur

Le Blue Brain Project, le centre de la simulation du Human Brain Project, a publié un projet de reconstitution numérique des micro-circuits du néocortex d’un rat juvénile — en incluant 31 000 neurones connectés, de 207 types différents, par près de 37 millions de synapses.

La simulation du comportement électrique émergent de ce tissu virtuel par des superordinateurs, a reproduit une gamme d’observations faites précédemment lors d’expériences sur le cerveau, validant ainsi son exactitude biologique, tout en jetant de nouvelles lumières sur le fonctionnement du néocortex. Les recherches ont été publiées jeudi 8 octobre dans le journal Cell.

An image of a simulated rat brain slice Credit: Blue Brain Project, EPFL

Les équipes ont réalisé des dizaines de milliers d’expériences sur les neurones et les synapses dans le néocortex de jeunes rats, avant de cataloguer chaque type de neurone et de synapse ainsi trouvé.

Les chercheurs ont ensuite identifié une série de règles fondamentales décrivant la manière dont les neurones sont arrangés dans les micro-circuits et comment ils se connectent via les synapses. Malgré son ampleur, la base de données est toutefois insuffisante pour reconstituer une carte complète des micro-circuits.

«Nous ne pouvons ni ne devons tout mesurer, explique Henry Markram, auteur de l’étude et directeur du Brain Blue Project à l’école Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) en Suisse.

«Le cerveau est une structure bien ordonnée et dès lors que vous commencez à comprendre cet ordre au niveau microscopique, vous pouvez commencer à déduire une grande partie des données manquantes ».

pour en savoir plus : EPFL

source : Live Science; Le Matin.ch

traduction : Buendía Carlos

Ray Kurzweil : Préparez-vous à la réflexion hybride

Il y a 200 millions d’années, nos ancêtres mammifères ont développé une nouvelle capacité cérébrale : le néocortex. Cet élément pas plus gros qu’un timbre poste est pourtant la clé de voûte qui a permis à l’humanité de grandir. De nos jours, le visionnaire Ray Kurzweil nous suggère de nous préparer pour le prochain sursaut technologique lié à notre cerveau, si bien que celui-ci pourrait prochainement se voir connecté au cloud.

6:13 Alors, où en sommes-nous aujourd’hui ? Eh bien, les ordinateurs commencent à maîtriser les langues grâce à des techniques similaires à celles du néocortex. J’ai décrit l’algorithme, qui est similaire à un système appelé modèle hiérarchique de Markov caché, ce sur quoi je travaille depuis les années 90. Jeopardy est un jeu télévisé portant sur le langage, et Watson a obtenu un score plus important que les deux autres réunis. Il a répondu correctement à cette question : « Un long et ennuyeux discours énoncé par un mousseux nappage de tarte », et il répondit rapidement : « Comment nomme-t-on une diatribe de meringue ? » Jennings et l’autre joueur n’ont pas compris. C’est un exemple précis de la façon dont les ordinateurs comprennent le langage humain, et ils l’apprennent en fait en lisant Wikipédia et de plusieurs autres encyclopédies.

7:03 D’ici 5 à 10 ans, les moteurs de recherche se baseront non seulement sur les combinaisons de mots et de liens, mais bien sur leur compréhension. D’où la lecture de milliards de pages sur internet comme dans des livres. Donc vous vous baladerez et alors Google s’affichera et vous dira : « Mary, il y a un mois vous m’avez exprimé votre préoccupation concernant votre complément en glutathion qui ne passait pas la barrière hématoméningée. Eh bien une nouvelle recherche vient d’être publiée il y a 13 secondes décrivant une toute nouvelle approche, une nouvelle façon d’assimiler le gluthation. Lassez-moi vous en faire un résumé.”

7:37 D’ici 20 ans, nous aurons des nano-robots, car une des nouvelles tendances à forte évolution est la miniaturisation de la technologie. Ils entreront dans notre cerveau à travers nos vaisseaux capillaires et connecteront simplement notre néocortex à un néocortex synthétique dans le cloud, nous en fournissant ainsi une extension. A l’heure actuelle, vous avez un ordinateur dans votre téléphone, mais si vous avez besoin de 10 000 ordinateurs pour quelques secondes pour faire une recherche complexe, vous pouvez y avoir accès dans le cloud. Dans les années 2030, si vous avez besoin d’une extension de néocortex, vous pourrez vous y connecter via le cloud directement depuis votre cerveau. Imaginons que je me balade et je me dis, « Oh, je vais croiser Chris Anderson, il vient vers moi. Il faut que je trouve quelque chose d’intelligent à dire… J’ai trois secondes pour ça. Les 300 millions de modules de mon néocortex ne seront pas suffisants. J’en ai besoin d’un milliard de plus. » Je serai alors capable d’y accéder via le cloud. Alors nous disposerons d’un système de pensée hybride fonctionnant sur des composants biologiques et non biologiques, mais la partie non-biologique est sujette à ma loi du retour accéléré. Elle va grandir de manière exponentielle. Souvenez-vous alors ce qu’il s’est passé il y a deux millions d’années la dernière fois que nous avons agrandi notre néocortex, lorsque nous sommes devenus des humanoïdes et reçu ce grand front. Les autres primates ont des sourcils inclinés. Ils n’ont pas de cortex frontal. Mais le cortex frontal n’est pas vraiment différent qualitativement parlant. C’est une expansion en taille du néocortex, mais cette quantité additionnelle de capacité de réflexion nous a permis alors de prendre une longueur d’avance et de créer le langage ainsi que l’art et la technologie et les conférences TED. Aucune autre espèce n’a fait ça.

9:19 Par conséquent, au cours des prochaines décennies, nous allons répéter ça. Nous allons à nouveau agrandir notre néocortex, seulement cette fois, nous ne serons pas limités à un contenu fixe. Il pourra grossir sans limite. Cette quantité additionnelle sera à nouveau le facteur nous permettant un gigantesque progrès dans les domaines de la culture et de la technologie.