MK-Ultra : Les cobayes de la CIA

Aux Etats-Unis, dans les années 50, 60 et 70, des dizaines de milliers de personnes, recrutées parmi les indigents, les déshérités, dans les prisons, les hôpitaux, les casernes et les orphelinats, ont servi de cobayes non volontaires pour un programme top secret de la CIA. Le but des scientifiques : effacer la mémoire, faire avouer un ennemi, fabriquer une machine humaine prête à tuer contre son gré. Avec un cynisme froid et une volonté sans limite, dans une ambiance de guerre froide, les Américains ont ainsi tenté de trouver “l’arme parfaite” qui leur permettrait d’asservir des individus ou des populations entières.

Fabrication d’espions programmables à distance : dans les documents de la CIA, on retrouve toutes ces expérimentations qui visent à créer des super-espions. Ça consiste à créer une nouvelle personnalité sur un cobaye et de lui donner une mission comme tuer quelqu’un, voler des documents ou infiltrer des réseaux. Et quand la mission est terminée, on le reprogramme et le sujet ne se souvient plus de rien.

A l’aide d’images d’archives, de témoignages de survivants, de documents secrets déclassifié et d’interviews de militaires et d’agents retraités, ce document montre comment la CIA a mis en place une politique de la terreur, en se servant du LSD, des électrochocs, des lobotomies et de l’hypnose.

Ce documentaire démontre l’implication forte des services américains pour infiltrer, financer et recruter des chimistes qui étaient pour la plupart de brillants éléments de la société civile. Il montre enfin comment les hommes de la CIA et de l’armée ont pu agir sans aucune considération pour la vie d’autrui.

Pour en savoir plus : CIA Secret Experiments A National Geographic Documentary
Mind Control: America’s Secret War A History Channel Video Documentary
Mind Control Summary The Secrets of Mind Control Based on Three Books by Top Mind Control Researchers
Mind Control Cover-up The Secrets of Mind Control

*Opération Paperclip : Exfiltration de criminels de guerre nazis détenteurs de connaissances exploitables

MK Ultra
The New York Times : PROJECT MKULTRA THE CIA’S PROGRAM OF RESEARCH IN BEHAVIORAL MODIFICATION autres liens : ici ou ici
Wired : April 13, 1953: CIA OKs MK-ULTRA Mind-Control Tests
The New York Times : Sidney Gottlieb, 80, Dies; Took LSD to C.I.A.
Project Mkultra: One of the Most Shocking CIA Programs of All Time

Voir aussi : MK Ultra : le programme de contrôle mental de la CIA au Canada
CIA Projet MK-Ultra / Les techniques de contrôle mental de la CIA
France 3 : Un village empoisonné par la CIA ? – Pont-Saint-Esprit 1951
National Geographic : Les expériences secrètes de la CIA

MK Ultra : le programme de contrôle mental de la CIA au Canada

Les expériences de manipulation mentale sur des sujets humains à l’Institut Allan Memorial de Montréal ont été étudiées par The Fifth Estate. À partir de la fin des années 1980, la CIA et le gouvernement canadien se sont engagés dans des poursuites judiciaires liées à ces programmes et ont conclu des accords de compensation avec de nombreuses victimes.

MK Ultra était un programme secret, aujourd’hui déclassifié, qui visait à connaître les moyens efficaces de contrôler les esprits des individus et des collectifs tels que les forces militaires, les communautés et les nations. Le directeur de la CIA (Central Intelligence Agency) a approuvé MK Ultra en 1953. Il s’est développé dans le contexte de la guerre froide. Le gouvernement américain avait fait en sorte que son programme de guerre psychologique soit au moins équivalent à celui de l’armée russe (Smithsonian, 2017).

L’utilisation de drogues naturelles et de drogues synthétiques telles que l’acide lysergique (LSD) a été l’aspect le plus controversé du projet MK Ultra. Certaines de ces expérimentations étaient des expériences illégales. Elles étaient criminelles car elles n’obtenaient pas le consentement éclairé de tous les participants tels que les prisonniers.

La manipulation psychologique ne requiert pas seulement l’utilisation de drogues pour modifier et contrôler la psyché des individus et des populations. Par exemple, l’activation de haut-parleurs de rue qui avertissent les résidents de la possibilité de l’arrivée d’armes nucléaires peut être utilisée dans le cadre d’une expérimentation d’opération psychologique (Psy-Op). De tels actes peuvent vouloir surveiller le niveau de peur des personnes concernées.

Sur l’obscur programme de contrôle mental “MK Ultra”, le gouvernement américain a reconnu officiellement qu’il s’agissait d’un projet actif de 1953 à 1973.

Pour aller plus loin :
MK Ultra
The New York Times : PROJECT MKULTRA THE CIA’S PROGRAM OF RESEARCH IN BEHAVIORAL MODIFICATION autres liens : ici ou ici
Wired : April 13, 1953: CIA OKs MK-ULTRA Mind-Control Tests
The New York Times : Sidney Gottlieb, 80, Dies; Took LSD to C.I.A.
Project Mkultra: One of the Most Shocking CIA Programs of All Time

Lavage de cerveau : Les expériences secrètes de la CIA au Canada

Les patients d’un hôpital psychiatrique de Montréal ont été soumis à des traitements de choc intensifs, au LSD et à des comas provoqués par des médicaments dans les années 1950 et 1960. Ces expériences brutales ont été financées par le gouvernement canadien et la CIA.

The Fifth Estate a commencé à enquêter sur cette histoire en 1980 et a suivi les victimes qui ont réussi à poursuivre la CIA. Les documents récemment mis au jour révèlent comment Ottawa a gardé des dossiers secrets, a égaré des documents vitaux – et a forcé les victimes à garder les accords d’indemnisation confidentiels.

La chambre du sommeil : Expériences financées par la CIA sur des patients de l’hôpital de Montréal

Un film intitulé The Sleep Room a mis en lumière les expériences de lavage de cerveau, y compris les électrochocs et la thérapie du sommeil, menées sur des patients psychiatriques par le Dr Ewen Cameron à l’Institut Allan Memorial de Montréal dans les années 1950 et 1960.

Des scientifiques veulent choquer le cerveau des prisonniers pour combattre l’agressivité

Les prisons sont souvent en proie à la violence. Mais cela pourrait changer si une expérience à venir produisait l’effet souhaité – et si la société pouvait supporter les implications éthiques de bricoler le cerveau des détenus.

Des chercheurs de l’Université espagnole de Huelva ont déclaré à New Scientist qu’ils allaient bientôt lancer une étude pour voir s’ils pouvaient calmer les pulsions violentes des détenus de la prison de Huelva en les traitant par stimulation transcrânienne à courant continu (tDCS), c’est-à-dire en électrocutant le cerveau des détenus.

“L’étude visera à déterminer si le tDCS a un impact sur différentes évaluations de l’agressivité”, a déclaré Andrés Molero-Chamizo, responsable du projet, à New Scientist. “Ça pourrait aider à maintenir l’ordre dans une prison.”

Les chercheurs prévoient d’enrôler un minimum de 12 volontaires de sexe masculin purgeant des peines d’emprisonnement pour meurtre. Pendant trois jours consécutifs, ils attacheront des électrodes à la tête de chaque homme et allumeront un courant électrique pendant 15 minutes, un processus qu’ils disent indolore.

Au début et à la fin de l’expérience, chaque sujet répondra s’il est d’accord ou non avec une série d’énoncés, comme “de temps en temps, je ne peux pas contrôler l’envie de frapper une autre personne”.

En plus de cette auto-déclaration, l’équipe espère aussi collecter des échantillons de salive de chaque homme afin d’évaluer leur taux de cortisol et de déterminer si l’hormone de stress peut aider à comprendre l’agressivité du détenu.

Ce n’est pas la première fois que l’équipe de l’Université de Huelva teste la capacité de la stimulation électrique du cerveau pour freiner les tendances violentes des détenus. En janvier, elle a publié les résultats d’une autre étude portant sur un groupe de 41 détenus. Cette expérience s’est concentrée sur un autre type de tDCS, mais elle a donné des résultats prometteurs.

Cependant, certains remettent en question l’éthique de l’expérimentation sur des prisonniers.

“J’ai de grandes inquiétudes à ce sujet”, a déclaré Delaney Smith, psychiatre médico-légale, au New Scientist. “La prison est un environnement intrinsèquement coercitif. Les prisonniers pourraient toujours penser que cela pourrait leur être bénéfique à l’avenir.”

Néanmoins, si le tDCS est en mesure d’aider les détenus à freiner leurs pulsions violentes, cela pourrait être un moyen prometteur d’assurer la sécurité des détenus pendant qu’ils purgent leur peine derrière les barreaux.

Une étude similaire, publié en juillet 2018 conduite par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie, a montré que des électrochocs rendraient les personnes moins susceptibles de commettre un acte violent. (Stimulation of the Prefrontal Cortex Reduces Intentions to Commit Aggression: A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled, Stratified, Parallel-Group Trial.).

Dans un article d’avril 2002 sur Wired, il est question des différents usages et techniques de la stimulation magnétique transcrânienne (TMS). Le chercheur américain en neurosciences cognitives et professeur d’université Michael A. Persinger, avançait que la TMS pourrait être utilisée pour contrôler l’esprit, dans un article publié en 1995 dans Perceptual and Motor Skills Volume 80, Issue 3, June 1995: 791–799., titré « On the possibility of directly accessing every human brain by electromagnetic induction of fundamental algorithms ».

José Delgado, célèbre pour ses recherches sur le contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau, a été accusé de mettre au point des dispositifs de contrôle de l’esprit « totalitaire », Dr José Delgado a entamé son enquête sur la douleur et le plaisir de la stimulation électrique en Espagne durant les années 1930. Il devient ensuite directeur de neuropsychiatrie à Yale University Medical School, où il a affiné la conception de son « stimulateur transdermique » commandée à distance (contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau, utilisé pour stimuler les émotions et contrôler le comportement, susciter des réactions physiques spécifiques). Le Dr Delgado a découvert que toute une gamme d’émotions et de comportements peuvent être électriquement orchestrés chez les humains et les animaux. L’individu n’a pas la capacité de résister à un tel contrôle si stimulé. [Livre de José M. R. Delgado, M.D. (Harper & Row, NY, 1969) Physical Control of the Mind: Toward a Psychocivilized Society].

Les recherches sur les interfaces cerveau-ordinateur ne sont pas sans connotation de mauvais augures.

New Scientist

Des électrochocs pourraient rendre moins violent

Une étude montre que choquer le cerveau d’une personne pourrait la rendre moins violente

Une étude conduite par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie montre que des électrochocs rendraient les personnes moins susceptibles de commettre un acte violent. Ils pourraient aussi favoriser la perception du caractère moralement condamnable de la violence et de l’agression.

Les 81 adultes participant à l’étude, ont été divisés en 2 groupes : l’un a reçu pendant 20 minutes des électrochocs ciblés sur le cortex préfrontal, partie avant du cerveau essentielle aux processus de planification et de décision, l’autre n’a reçu aucun traitement. Deux scénarios d’agression physique et sexuelle ont ensuite été présentés à tous les participants, qu’ils aient reçus ou non des électrochocs. Il leur a alors été demandé d’évaluer, sur une échelle de 1 à 10, dans quelle mesure ils seraient susceptibles de commettre de tels actes.

Les résultats montrent que ceux qui ont reçu des électrochocs seraient moins susceptibles de perpétrer des agressions physiques ou sexuelles (respectivement -47% et -70%).

Il serait aisé (et irresponsable) d’en déduire que tous les coupables de violence doivent être soumis à des électrochocs. Néanmoins, l’étude n’ayant même pas tenté de déterminer quels pourraient être le nombre optimal de chocs à administrer, la durée du traitement, et le voltage adéquat, se précipiter vers une telle conclusion serait prématuré.

José Delgado et ses dispositifs de contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau

Selon un communiqué de Stat News, même Olivia Choy, auteure principale de l’étude et professeure assistante en psychologie à l’université Nanyang de Singapour, insiste sur la nécessité de travaux complémentaires plus approfondis avant de conclure à l’efficacité de ce traitement pour réduire la violence.

Ainsi que comme l’a déclaré Roy Hamilton, un neurologue de la Perelman School of Medicine et auteur principal de l’étude, à PennToday, “La capacité de manipuler des aspects aussi complexes et fondamentaux de la cognition et du comportement de l’extérieur du corps a d’importantes implications sociales, éthiques et peut-être un jour juridiques.”

La stimulation magnétique transcrânienne pourrait être utilisée pour contrôler l’esprit

Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, la possibilité de modifier le comportement par de l’électro stimulation ne semble pas si lointaine que cela. D’ores et déjà, les chocs électriques administrés selon la même technique, appelée stimulation transcrânienne à courant continu (tDSC), ont été utilisés pour traiter des conditions telles que la dépendance à la maladie d’Alzheimer et aux opioïdes, ou simplement pour stimuler la mémoire. Un jour, peut être, les aspects les plus violents de la société seront tempérés par un petit électrochoc. Ou comme le suggère Hamilton, ironiquement, “le secret pour être moins violent au plus profond de vous même est peut être d’avoir un esprit correctement stimulé”.

traduction Véronique Guiberteau

Stat News, Penn Today, Forbes, Journal of Neuroscience, EurekAlert

José Delgado et ses dispositifs de contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau

https://fr.wikipedia.org/wiki/Implant_cérébral

Le mois dernier, nous avons publié un article sur des fonds militaires pour contrôler les sentiments (interfaces cerveau-ordinateur). Dans cet article, le MIT a cité José Delgado (célèbre pour ses recherches sur le contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau) accusé de mettre au point des dispositifs de contrôle de l’esprit « totalitaire » :

Dans les années 1970, un neuroscientifique de l’Université de Yale, José Delgado, a montré qu’il pourrait amener les gens à ressentir des émotions, comme la relaxation ou l’anxiété, à l’aide d’implants, appelés « stimoceivers » (contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau, utilisé pour stimuler les émotions et contrôler le comportement, susciter des réactions physiques spécifiques). Mais Delgado, également financé par l’armée, a quitté les États-Unis après les audiences du Congrès dans lequel il a été accusé de mettre au point des dispositifs de contrôle de l’esprit « totalitaire ». Selon les scientifiques, financés par la DARPA, l’Agence a été inquiète de la façon dont le programme de Subnets (sous-réseaux) pourrait être perçu, et elle a nommé un comité d’éthique chargé pour superviser la recherche.

Les recherches sur les interfaces cerveau-ordinateur ne sont pas sans connotation de mauvais augures. Sur le site que le MIT a cité en référence (http://www.wireheading.com/delgado/brainchips.pdf), nous avons trouvé d’autres archives sur José Delgado que nous avons traduit.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Implant_cérébral

Contrôle de l’esprit : José Delgado contrôle un taureau furieux par la stimulation électrique du cerveau

« L’individu peut penser que la réalité la plus importante est sa propre existence, mais c’est seulement son point de vue personnel. Ceci manque de perspective historique. L’homme n’a pas le droit de développer son propre esprit (sa propre façon de penser). Ce genre d’orientation libérale a un grand attrait. Nous devons contrôler électroniquement le cerveau. Un jour, les armées et les généraux seront contrôlés par la stimulation électrique du cerveau. »
Dr José Delgado,
Directeur de neuropsychiatrie
Faculté de médecine de l’Université Yale, transcription des séances du Congrès américain,
N ° 26, Vol. 118 24 février 1974

Dr José Delgado a entamé son enquête sur la douleur et le plaisir de la stimulation électrique en Espagne durant les années 1930. Il devient ensuite directeur de neuropsychiatrie à Yale University Medical School, où il a affiné la conception de son « stimulateur transdermique » commandée à distance. Le Dr Delgado a découvert que toute une gamme d’émotions et de comportements peuvent être électriquement orchestrés chez les humains et les animaux. L’individu n’a pas la capacité de résister à un tel contrôle si stimulé.

Le Dr Delgado avait grande foi dans sa technologie. Dans une célèbre expérience menée en Espagne, le Dr Delgado a confronté un taureau de 1 000 livres (1963). Comme l’animal à cornes se précipita vers lui agressivement, le Dr Delgado a utilisé un signal radio pour activer une électrode implantée profondément dans le cerveau du taureau. Le taureau a été stoppé aux pieds de Delgado.

Dans Journey Into Madness, The True Story of Secret CIA Mind Control and Medical Abuse (Bantam Books, 1989), Gordon Thomas, l’ancien producteur de la BBC, le correspondant à l’étranger et le journaliste d’investigation, raconte comment “Le Dr Gottlieb et les comportementalistes de l’ORD [Bureau de recherche et développement -Office of Research and Development, CIA, Central Intelligence Agency] ont partagé le point de vue de [Dr] José Delgado que le jour viendra où la technique pourrait être parfaite pour faire réagir, non seulement des animaux, mais aussi des êtres humains, aux signaux transmis électriquement »… « Comme le Dr Delgado [Université de Yale], le neurochirurgien (Le Dr Heath de l’université de Tulane) a conclu que l’ESB [electronic stimulation of the brain – stimulation électronique du cerveau] pouvait contrôler la mémoire, les impulsions, les sentiments et pourrait susciter des hallucinations ainsi que la peur et le plaisir. Il pourrait littéralement manipuler la volonté humaine – à volonté. »

mp3 José Delgado (1975) ↓

https://www.wireheading.com/delgado/jose.mp3?_=1

Contrôle physique de l’esprit : Vers une société psycho-civilisée

Physical Control of the Mind: Toward a Psychocivilized Society

Livre de José M. R. Delgado, M.D. (Harper & Row, NY, 1969)

Le plaisir humain évoqué par l’ESB

(Electrical Stimulation of the Brain – Stimulation électrique du cerveau)

Sur la base de nombreuses études sur la chirurgie cérébrale, Penfield a affirmé qu’en ce qui concerne la colère, la joie, le plaisir et l’excitation sexuelle dans le cerveau humain que « dans la limite des expériences qui ont été menées, ni décharge épileptique localisée, ni la stimulation électrique n’ont été capable d’éveiller de telles émotions. On est tenté de croire qu’il n’y a aucun mécanisme cortical spécifique lié à ces émotions. » Cette déclaration est toujours valable pour le cortex cérébral, mais des études sur des sujets humains, avec des électrodes implantées dans le cerveau, ont démontré que la stimulation électrique du cerveau profond peut induire des manifestations agréables, comme en témoignent les rapports verbaux spontanés des patients, leur expression faciale et leur comportement général et leur désir de renouveler l’expérience. Sur un groupe de 23 patients atteints de schizophrénie, la stimulation électrique de la région septale, située en profondeur dans les lobes frontaux, a provoqué un renforcement de la vigilance, parfois accompagnée d’une augmentation de la production verbale, d’euphorie ou de plaisir. Dans une étude plus systématique sur un autre groupe de patients, une preuve supplémentaire a été présentée des effets enrichissants et gratifiants de la stimulation septale. Un homme souffrant de narcolepsie a été équipé avec un petit stimulateur et un compteur intégré qui enregistre le nombre de fois qu’il stimulait volontairement chacun des points de contacts situé dans son cerveau, pendant une période de 7 semaines. Le score le plus élevé a été enregistré à partir d’un point dans la région septale, et le patient déclara que lorsqu’il appuyait sur ce bouton en particulier, il se sentait « bien » comme s’il se préparait à un orgasme, sans y aboutir, et se sentait souvent impatient et anxieux. Sa narcolepsie a été grandement soulagée en appuyant sur ce bouton « septal. » Un autre patient, atteint d’épilepsie psychomotrice a également apprécié l’auto-stimulation septale, qui encore une fois, eu le taux le plus élevé de pression du bouton et induisait souvent des pensées sexuelles. La stimulation de la région septale par injection directe d’acétylcholine a induit des variations électriques locales sur deux patients épileptiques et un changement d’humeur, de la dysphorie, au contentement et à l’euphorie, accompagnée le plus souvent avec une motivation sexuelle et certaines « sensations orgasmiques. »

Plus de connaissances ont été acquises lors de l’étude d’un groupe de 65 patients souffrant de schizophrénie ou de la maladie de Parkinson, sur lesquels un total de 643 contacts ont été implantés, principalement dans la partie antérieure du cerveau. Les résultats de l’ESB ont été regroupés comme suit :
– 360 points étaient « Positifs I », et avec une stimulation « les patients se sentaient relaxés, à l’aise, avaient un sentiment de bien-être et/ou une légère somnolence. »
– 31 points étaient « Positifs II », et « les patients étaient changés totalement… de bonne humeur, se sentaient bien. Ils étaient détendus, à l’aise et s’appréciaient, en souriant souvent. Il y avait une légère euphorie, mais le comportement était adéquat. » Parfois, ils voulaient plus de stimulations.
– 8 autres points, étaient « Positif III, » quand « l’euphorie était au-delà des limites du normal. Les patients riaient à gorge déployée, s’appréciaient et aimaient réellement la stimulation et en voulaient plus. »
– 38 points donnaient des résultats ambivalents. Les patients exprimaient parfois le plaisir ou de déplaisir après la stimulation de la même région.
– 3 autres points, les réponses furent qualifiées d’ « orgasme » parce que les patients exprimaient initialement le plaisir et soudainement étaient entièrement satisfaits et ne voulaient plus de stimulation pendant une période de temps variable.
– Enfin, à partir d’environ 200 points, l’ESB a produit des réactions désagréables comprenant l’anxiété, la tristesse, la dépression, la peur et des débordements émotionnels.

Une des images prises dans la présente étude, a été très démonstrative, montrant un patient avec une expression de tristesse et légèrement déprimée, se mit a sourire lors d’une brève stimulation appliquée à la partie rostrale du cerveau, puis retournant rapidement à son état dépressif, pour sourire à nouveau dès que la stimulation reprenait. Puis une stimulation de 10 secondes a modifié de manière durable son comportement et l’expression de son visage dans une ambiance agréable et heureuse. Certains malades mentaux ont reçu un stimulateur portable afin qu’ils traitent leur état dépressif par auto-stimulation, avec un succès clinique apparent.

Ces résultats impliquent d’agir avec précaution lors des interventions chirurgicales sur le cerveau, afin de ne pas induire une euphorie ou une dépression excessives lorsque des zones cérébrales ayant des propriétés de renforcement ou de réduction de ces sentiments sont touchées. L’instabilité émotionnelle, caractérisée par des bouffées de larmes ou de rire sans raisons apparentes a déjà été observée à la suite d’interventions neurochirurgicales. Ces importants problèmes de comportement auraient pu être évités en préservant les zones impliquées dans la régulation des émotions.

Dans une de nos expériences, des sensations de plaisir ont été observées chez trois patients atteints d’épilepsie psychomotrice. Le premier cas a été V.P. une femme de 36 ans avec une longue histoire de crises d’épilepsie qui ne pouvait être contrôlée par la prise de médicaments. Les électrodes ont été implantées dans son lobe temporal droit et lors de la stimulation réalisée dans la partie supérieure à environ 3 millimètres sous la surface, elle a signalé une sensation agréable de picotement dans la partie gauche de son corps « depuis mon visage jusqu’en bas de mes jambes. » Elle se mit à rire et à faire des commentaires amusants, déclarant qu’elle aimait « beaucoup » cette sensation. La répétition de cette stimulation rendait la patiente plus communicative et séduisante. Elle finit par exprimer ouvertement son désir d’épouser le thérapeute. La stimulation des autres points cérébraux ne modifia pas son humeur, ce qui prouve la spécificité de l’effet induit. Au cours des entretiens de contrôle réalisés avant et après l’ESB, son comportement était tout à fait normal, sans familiarité ou convivialité excessives.

Le deuxième patient était J.M., une femme de 30 ans attrayante, coopérative et intelligente, qui souffrait depuis onze ans de crise de psychomotricité et de grand mal qui résistaient aux traitements médicaux. Les électrodes ont été implantées dans son lobe temporal droit, et la stimulation de l’un des points de l’amygdale induit une agréable sensation de plaisir et de relaxation et a augmenté considérablement son discours, qui a pris un caractère plus intime. Cette patiente à exprimer ouvertement son affection pour le thérapeute (qu’elle ne connaissait pas auparavant), embrassa ses mains et a exprimé son immense gratitude pour ce que l’on lui faisait. Une augmentation similaire de l’expression verbale et émotionnelle a été répétée quand le même point a été stimulé un autre jour, mais ceci ne se manifesta pas lorsque l’on explorait d’autres zones du cerveau. Lors des tests de contrôles, la patiente était plutôt réservée et posée.

Le troisième cas était A.F., un garçon de 11 ans souffrant d’épilepsie psychomotrice sévère. Six jours après l’implantation d’électrodes dans les deux lobes temporaux latéraux, sa quatrième entrevue enregistrée sur bande magnétique, a été réalisée alors que l’activité électrique de son cerveau a été enregistrée en continue et des stimulations de 5 secondes ont été appliquées dans un ordre préétabli à des intervalles d’environ quatre minutes. L’intervieweur a maintenu un air amical tout au long, généralement sans initier la conversation. Après six autres excitations(stimulations), le point LP situé sur la surface du lobe temporal gauche est stimulé pour la première fois, et il y avait une déclaration immédiate du plaisir. Le patient avait gardé le silence pendant l’intervalle des cinq minutes précédentes, mais immédiatement après la stimulation, il s’exclama : « Hey ! Vous pouvez me garder plus longtemps quand vous me donnez ça ; j’aime ça ». Il a continué à insister sur le fait que les tests en cours lui faisaient se sentir bien. Des déclarations similaires avec une expression emphatique de « se sentir bien » suivirent 8 des 16 stimulations de ce même point au cours de cet entretien de 90 minutes. Plusieurs de ces manifestations étaient accompagnées d’une déclaration d’affection pour l’intervieweur de sexe masculin, et lors de la dernière, il s’était étiré voluptueusement. Aucune de ces manifestations n’apparut au cours des vingt-deux minutes pendant lesquelles d’autres points furent stimulés. L’analyse statistique de la différence entre la fréquence des expressions de plaisir avant et après l’apparition des stimulations a prouvé que les résultats étaient très significatifs (p < 0,001).

L’expression ouverte de plaisir dans cet entretien et le comportement de passivité généralement exprimé peuvent être liés, plus ou moins intuitivement aux aspirations féminines. Il est donc remarquable que dans le prochain entretien, réalisé de manière similaire, le patient exprima une confusion au sujet de sa propre identité sexuelle suite à la stimulation du point LP. Il a soudainement commencé à exposer son désir de se marier, mais quand on lui demande, « à qui ? » il n’a pas répondu immédiatement. Après la stimulation d’un autre point et d’un silence d’une minute, vingt secondes, le patient déclare de manière confuse, « Je pensais – il y a – je disais cela pour vous. Comment épeler «oui» – oui. Je voulais dire toi. Non ! ‘Vous’ pas toi. C’est ça. Vous ». Le sujet a été ensuite complètement abandonné. Le moniteur qui écoutait depuis la salle voisine a interprété cela comme une volonté, un vœu à peine voilé d’épouser l’interviewer, et il a été décidé de stimuler le même point à nouveau après que l’examen prévu serait terminé. Pendant les quarante minutes qui suivent, sept autres points furent stimulés, et le patient parla de plusieurs sujets sans aucun rapport. Puis le point LP fut stimulé encore une fois et le patient a commencé à faire référence à la barbe de l’interviewer et continua en mentionnant des poils pubiens et du fait qu’il avait été l’objet de jeux sexuels dans le passé. Il a exprimé ensuite des doutes sur son identité sexuelle, en disant : « Je pensais et me demandais “si j’étais un garçon ou une fille – lequel je voudrais être. » Suite à une autre stimulation, il fit remarquer avec un plaisir évident : « c’est l’effet que vous me faites maintenant… » et puis il dit : « je voudrais être une fille. »


Extraits du livre intitulé « Physical Control of the Mind » (cliquez sur les titres ci-dessous)

Contrôle physique de l’esprit : Vers une société psycho-civilisée

Physical Control of the Mind: Toward a Psychocivilized Society

Livre de José M. R. Delgado, M.D. (Harper & Row, NY, 1969)
Directeur de neuropsychiatrie à Yale University Medical School

Communication radio bidirectionnelle avec le cerveau (pages 89-96)

«… il est déjà possible d’équiper les animaux ou les êtres humains avec des minuscules instruments appelés « stimoceivers » (stimorécepteur, contraction de stimulation et récepteur) pour la transmission radio et la réception des messages électriques du cerveau chez les sujets complètement débridés. La microminiaturisation des composants électroniques de l’appareil permet un contrôle de tous les paramètres d’excitation pour la stimulation de la radio de trois endroits différents dans le cerveau et aussi l’enregistrement télémétrique des trois canaux de l’activité électrique intracérébrale.

Il est raisonnable de supposer que dans un proche avenir, le stimoceiver peut fournir le lien essentiel de l’homme vers l’ordinateur puis à nouveau vers l’homme, avec une rétroaction réciproque entre les neurones et les instruments qui représente une nouvelle orientation pour le contrôle médical des fonctions neurophysiologiques. Par exemple, il est concevable que l’activité électrique anormale localisée qui annonce l’imminence d’une crise épileptique peut être captée par des électrodes implantées, télémétrée vers une salle des instruments distante, enregistrée sur bande et analysée par un ordinateur capable de reconnaître les schémas électriques anormaux. L’identification de la perturbation électrique spécifique pourrait déclencher l’émission de signaux radio pour activer le stimoceiver du patient et appliquer une stimulation électrique à une zone d’inhibition déterminée du cerveau, bloquant ainsi le début de l’épisode convulsif.

L’un des facteurs limitants dans ces études était l’existence de fils allant du cerveau au stimoceiver en dehors du cuir chevelu. Les fils représentaient une possible porte d’entrée pour les infections et pouvaient constituer un obstacle aux soins de la chevelure malgré leur petite taille. Il serait évidemment beaucoup plus souhaitable d’employer des instruments minuscules qui pourraient être implantés complètement sous la peau. Pour cela, nous avons développé dans notre laboratoire, un petit stimulateur à trois canaux qui peut être implanté sous la peau et qui a pour but final d’être implanté dans le cerveau (Figure 6). L’instrument est à l’état solide, n’a pas de batteries et peut fonctionner indéfiniment. L’énergie électrique nécessaire, le contrôle à distance des paramètres de la stimulation et le choix des canaux sont fournis par couplage transdermique, à l’aide d’une petite bobine qui est activée par modulation de fréquence de signaux radio.

La technologie pour la communication non sensorielle entre les cerveaux et les ordinateurs via la peau intacte est déjà à portée de main, et ses conséquences sont difficiles à prévoir. Dans le passé, les progrès de la civilisation ont énormément amplifié la puissance de nos sens, de nos muscles et de nos compétences. Maintenant, nous ajoutons une nouvelle dimension : l’interface directe entre les cerveaux et les machines. Même si c’est vrai, cette affirmation est peut-être trop spectaculaire et elle exige des éclaircissements prudents. Nos connaissances actuelles concernant le codage de l’information, les mécanismes de la perception et les bases neuronales du comportement sont si élémentaires qu’il est hautement improbable que les mises en corrélation électriques des pensées ou des émotions puissent être captées, transmises et appliquées électriquement à la structure appropriée d’un autre sujet pour être reconnues et pour déclencher des pensées ou des émotions apparentées. Toutefois, il est déjà possible d’induire une grande variété de réponses, depuis des effets moteurs jusqu’à des réactions émotionnelles et des manifestations intellectuelles, par stimulation électrique directe du cerveau. En outre, plusieurs chercheurs ont appris à identifier les schémas de l’activité électrique (dont un ordinateur pourrait également reconnaître) localisés dans des zones spécifiques du cerveau et liés aux phénomènes déterminés tels que la perception des odeurs ou de la perception visuelle des bords des objets et des mouvements. Nous avançons rapidement dans la reconnaissance des formes des corrélats électriques du comportement et dans la méthodologie pour une communication radio bidirectionnelle entre le cerveau et les ordinateurs.

Des craintes ont été exprimées que cette nouvelle technologie apporte avec elle la menace d’un éventuel contrôle à distance des activités cérébrales de l’homme par d’autres hommes, des contrôles non désirés et contraire à l’éthique, mais comme on le verra plus tard, ce danger est tout à fait improbable et l’emporte (est contrebalancé) sur les avantages cliniques et scientifiques escomptés (qui en sont attendus). La microminiaturisation et les connaissances électroniques ont tellement progressé que les limites semblent plutôt biologiques que technologiques. Notre plus grand besoin consiste en des informations plus expérimentales sur les mécanismes neuronaux associés aux processus mentaux et comportementaux, et la recherche chez les sujets sans restriction promet de révéler une nouvelle compréhension des esprits normaux et des traitements plus efficace des cerveaux perturbés.

Both sides of a three-channel transdermal stimulator. This instrument has no batteries, is activated by radio, and can be used for life, so that the brain can be stimulated indefinitely.


Jose Delgado was born in Ronda Spain in 1915, a founding member of the ACNP and lifelong Fellow. He died at age 96, 3 months before our organization celebrated its fiftieth anniversary.

Jose intended to emulate his father, an ophthalmologist, but fell under the spell of Santiago Ramon y Cahal often considered the ‘Father of Neuroscience’, Nobel Laureate in 1906.

Jose enrolled in Madrid Medical School in 1933 to study both medicine and physiology. In 1936, the Spanish civil war erupted, his mentor Juan Negri fled the country and Jose joined the Republican side as a medical corpsman. After the fascist victory he spent 5 months in a concentration camp before obtaining his MD and Doctorate of Science, both cum laude.

From 1942 to 1950, he began research in neurophysiology on selective brain ablation and electrical stimulation in animals, published 14 articles and won several prizes. In his 2005 OHP interview, at age 90, he tells how he went to Africa to buy primates for research, bonded with a gorilla and, unable to operate on his ‘new friend’, donated the animal to a zoo.

In 1950, Delgado won a scholarship to the Yale University in the Department of Physiology under the direction of John Fulton whose pioneer work on pre-frontal lobotomy in chimpanzees encouraged the Portuguese psychiatrist Egas Moniz to perform the operation in schizophrenic patients, for which he received the Noble Prize in 1949.

Delgado flourished at Yale; rising to Professor of both Physiology and Psychiatry, he eventually succeeded Fulton as Director of Research. Described as ‘a technological wizard’, he invented the ‘stimoceiver’; implanted electrodes that established two-way communications with the brain in mobile animals allowing Jose to stimulate different regions, producing changes in affect and behavior. Encouraged by these results, and Moniz example, Delgado extended his research to patients with chronic refractory epilepsy and schizophrenia.

This ground breaking research was published in 1952 anticipating similar work by Bob Heath at the Tulane University. 1952 was a watershed year in neuroscience, when chlorpromazine was being given to patients with schizophrenia, spawning the neuropsychopharmacology revolution.

Delgado positioned himself between growing disapproval of mutilating brain surgery and his own belief that electrical stimulation of specific brain areas was scientifically superior to oral administration of drugs whose effects were mitigated by liver metabolism, the blood–brain barrier, and uncertain distribution.

Events proved Jose wrong; the effects of electrical stimulation were imprecise, poorly replicated and yielded no useful therapeutic outcomes. Conversely, neuropsychopharmacology thrived. Drugs were developed for every type of psychiatric disorder, deinstitutionalization occurred, and, in 1970, the Nobel Prize went to Julius Axelrod and colleagues for the catecholamine hypothesis of depression.

Nevertheless, in two decades (1950–1970) Delgado authored 134 scientific publications on electrical stimulation in cats, monkeys and patients, both psychotic and non-psychotic. In 1963, he performed an experiment that attracted worldwide attention, including a front page article in the New York Times. After implanting his stimoceiver in the caudate nucleus of a fighting bull, Jose stood facing the bull waving a red cape before stopping the animal in its tracks by activating the electrodes.

Soon after this, Delgado was invited to contribute a volume to a series on ‘World Perspectives’. Its editorial board comprised 12 of the world’s most distinguished leaders in ethics, sociology, economics, spirituality, and science, including three Nobel Laureates. The series editor was a renowned philosopher whose life was devoted to inviting leading scientists and thinkers to speculate on the societal and philosophical implications of their narrow fields; to ‘extrapolate an idea in relation to life’.

Jose chose a provocative title for his volume, ‘Physical Control of the Mind: Towards a Psychocivilized Society’. The text and tone were equally challenging. Although Jose’s discussion of his scientific findings was modest and objective, the philosophical speculations were grandiose and went beyond the data. None the less his intent was benevolent; to encourage the development of ‘a future psychocivilized human being; a less cruel, happier, and better man’. In essence, he was proposing that science might accomplish what two millennia of religion failed to do!

Unfortunately, this rhetoric and hyperbole clashed with a changing scientific, political, and social Zeitgeist, engulfing Delgado in controversy that would end his career in America. Without distinguishing between science and philosophy, Jose’s research and ideas were attacked and denigrated on two fronts.

In 1972, Congress held hearings in response to efforts to end funding for this type of brain surgery. Testimony was given by a libertarian psychiatrist, a scientologist at the time, who disparaged drugs, ECT, and biological psychiatry. This included a collage of selective, out of context, quotations from Delgado and other neuropsychiatrists.

Coincidentally, public and political outrage surfaced over covert CIA ‘mind control’ experiments, designed to combat communism, initiated in the McCarthy era and extending into the mid 1960s (MK-ULTRA).

These twin forces manifested a plethora of websites fed by conspiracy theorists and alleged victims of psychosurgery that disseminated innuendo and largely unsubstantiated accusations for four decades. Delgado’s name and book figure prominently along with other well-known psychiatrists from among 43 universities and colleges alleged to have been involved.

Mired in controversy, Delgado accepted an offer to become Chair of Physiological Science at a new medical school in Madrid and moved there in 1974.

For the next quarter century, Jose continued to publish his research and philosophical ideas, achieving a lifetime total of over 500 articles and six books. His final book, in 1989, was titled ‘Happiness’ and went through 14 editions.

In the last years of his life, Jose and his wife returned to America and lived in San Diego where he died unheralded. Unjustly treated and harshly judged by segments of the public and his profession, Jose Delgado’s ground breaking research, benevolent philosophy, and memory deserve better recognition. His career trajectory may provide budding scientists with a cautionary note about the pitfalls of mingling science with philosophy.

Neuropsychopharmacology (2012) 37, 2883–2884; doi:10.1038/npp.2012.160 (PDF)


Un article du New York Times en 1970, et un autre du Scientific American en 2005, décrivent les travaux de Delgado et de certains autres chercheurs. Ces articles sont disponibles sur les sites officiels du New York Times et du Scientific American:

sources : http://www.wireheading.com/delgado/ ; http://www.wireheading.com/delgado/excerpt.html ; http://www.wireheading.com/jose-delgado.html

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National Geographic : Les expériences secrètes de la CIA

Maj 04/09/16 : Nouveau rapport!! → voir le PDF de The New York Times : PROJECT MKULTRA THE CIA’S PROGRAM OF RESEARCH IN BEHAVIORAL MODIFICATION (on ligne) : autres liens : ici (on ligne), ou ici


Ce documentaire du National Geographic de 2006, se penche sur les expériences secrètes de la CIA menées pendant la guerre froide. Il se concentre principalement sur le contrôle de l’esprit et les techniques de lavage de cerveau qui s’y rattachent : hypnose, thérapie par électrochocs, par les drogues, contrôle biologique et chimique du comportement humain.

Mais aussi sur la mort mystérieuse par défenestration du docteur Frank Olson, le 28 novembre 1953. Un chimiste affecté à Fort Detrick, chargé d’étudier les applications militaires des drogues. En 1975, face aux enquêteurs de la Commission Rockefeller, l’US Army avait admis avoir fait absorber au chercheur du LSD à son insu, ce qui aurait provoqué une crise de délire pendant laquelle il se serait défenestré. Le Pentagone avait offert 750 000 dollars d’indemnisation à sa famille. Mais, en 1994, une expertise médico-légale pratiquée après exhumation du corps avait invalidé la version officielle et conclue à un probable homicide.

La CIA n’avait rien à envier à son homologue soviétique sur le plan de l’horreur…

De nouveaux documents attestent que le docteur Olson dirigea diverses expériences de guerre chimique, notamment… à Pont-Saint-Esprit.


Documents déclassifiés relatifs à l’affaire Olson (PDF)

Pour en savoir plus : CIA Secret Experiments A National Geographic Documentary
Mind Control: America’s Secret War A History Channel Video Documentary
Mind Control Summary The Secrets of Mind Control Based on Three Books by Top Mind Control Researchers
Mind Control Cover-up The Secrets of Mind Control

*Opération Paperclip : Exfiltration de criminels de guerre nazis détenteurs de connaissances exploitables

Voir aussi : France 5 : CIA Projet MK-Ultra / Les techniques de contrôle mental de la CIA, ABC News 1979 (vosf) / France 3 : Un village empoisonné par la CIA ? – Pont-Saint-Esprit 1951

Pour aller plus loin :
Wired : April 13, 1953: CIA OKs MK-ULTRA Mind-Control Tests (https://www.wired.com/2010/04/0413mk-ultra-authorized/)
CIA : https://www.cia.gov/library/readingroom/search/site/mk%20ultra
The New York Times : Sidney Gottlieb, 80, Dies; Took LSD to C.I.A. (https://www.nytimes.com/1999/03/10/us/sidney-gottlieb-80-dies-took-lsd-to-cia.html?pagewanted=all&src=pm)
Project Mkultra: One of the Most Shocking CIA Programs of All Time

France 3 : Un village empoisonné par la CIA ? – Pont-Saint-Esprit 1951

Maj 04/09/16 : Nouveau rapport!! → voir le PDF de The New York Times : PROJECT MKULTRA THE CIA’S PROGRAM OF RESEARCH IN BEHAVIORAL MODIFICATION (on ligne)  : autres liens : ici (on ligne), ou ici


Documentaire Diffusé sur France 3 le mercredi 8 juillet 2015

Le 17 août 1951 à Pont-Saint-Esprit, dans le Gard, le village entier semble pris de folie, après ce qui ressemble à une banale intoxication collective. Pendant une semaine, les scènes surréalistes s’enchaînent, avec des habitants en proie au délire et à des hallucinations. A l’issue de cette semaine, on déplore cinq morts et 300 malades, dont une soixantaine internée dans des hôpitaux psychiatriques. En 2009, le journaliste américain Hank Albarelli assure dans un livre que le village aurait été victime d’une expérience sur les effets du LSD, menée conjointement par l’armée américaine et la CIA. Une théorie qui prend place aux côtés de l’empoisonnement par l’ergot de seigle ou les mycotoxines dans le catalogue des hypothèses.

Voir aussi : France 5 : CIA Projet MK-Ultra / Les techniques de contrôle mental de la CIA, ABC News 1979 (vosf)
National Geographic : Les expériences secrètes de la CIA

Pour aller plus loin :
Wired : April 13, 1953: CIA OKs MK-ULTRA Mind-Control Tests (https://www.wired.com/2010/04/0413mk-ultra-authorized/)
CIA : https://www.cia.gov/library/readingroom/search/site/mk%20ultra
The New York Times : Sidney Gottlieb, 80, Dies; Took LSD to C.I.A. (https://www.nytimes.com/1999/03/10/us/sidney-gottlieb-80-dies-took-lsd-to-cia.html?pagewanted=all&src=pm)
Project Mkultra: One of the Most Shocking CIA Programs of All Time

CIA Projet MK-Ultra / Les techniques de contrôle mental de la CIA

Maj 04/09/16 : Nouveau rapport!! → voir le PDF de The New York Times : PROJECT MKULTRA THE CIA’S PROGRAM OF RESEARCH IN BEHAVIORAL MODIFICATION (on ligne) autres liens : ici (on ligne), ou ici


Le projet MK-Ultra (ou MKUltra), dévoilé en 1975, est le nom de code d’un projet secret illégal de la CIA des années 1950 à 1970 visant à manipuler mentalement certaines personnes par l’injection de substances psychotropes ou par signaux bioélectriques (sous-programme 119). De 1951 à 1963, il se nommait projet Artichoke ; le projet Bluebird (1951-1953) lui est apparenté.

Dirigé par le Dr Sidney Gottlieb, le projet MK-ULTRA fut lancé sous l’impulsion du directeur de la CIA Allen Dulles le 13 avril 1953, en réponse à des utilisations supposées de techniques de contrôle mental qui auraient été faites par l’Union soviétique, la Chine et la Corée du Nord sur des prisonniers de guerre américains lors de la guerre de Corée. La CIA voulait développer des techniques similaires. L’agence voulait aussi être capable de manipuler des dirigeants étrangers et tentera d’ailleurs d’utiliser certaines de ces techniques sur Fidel Castro.

En 1964, le projet fut renommé MKSEARCH. Le but était de produire un sérum de vérité parfait (également nommé la sauce) destiné aux interrogatoires de personnes soupçonnées d’être des espions soviétiques et plus généralement d’explorer les techniques de contrôle mental.

En 1972, Richard Helms, directeur de la CIA ordonna la destruction des archives du projet. Il est donc difficile d’avoir une compréhension complète de MK-ULTRA étant donné que plus de 150 sous-projets différents ont été financés dans le cadre de ce programme. Cependant des milliers de documents furent découverts en 1977. Le projet fut définitivement stoppé en 1988.

source Wikipedia

MK Ultra

Stimulation magnétique transcrânienne

Manipulation mentale

Les techniques de contrôle mental de la CIA (ABC News – 1979)

Ce documentaire porte sur les différents projets secrets menés par la CIA concernant le contrôle mental. Ces études, totalement illégales, s’intensifièrent avec la découverte du LSD, substance qui sera administrée, entre autres, à des citoyens américains à leur insu.

A l’aide de John Marks (Auteur de « Un crime dans la tête) et de documents déclassifiés, les journalistes tentent de démêler les affaires suivantes :

Harold Blauer
Joueur de tennis professionnel admit comme patient à l’Institut Psychiatrique privé de l’Etat de New York. Ce dernier trouva la mort après 5 injections d’un dérivé de Mescaline.

Franck Olson
Scientifique qui travailla pour l’US Army dans une division top secret de Fort Detrick à Frederick et qui mourut dans des circonstances suspectes à New York.

James Thornwell
Militaire américain basé à Orléans, accusé de vol à tort, qui fût torturé dans sa caserne à Orléans.

Velma Orlikow
Epouse d’un parlementaire canadien, elle entra dans un institut privé pour soigner sa dépression.
Un traitement de choc lui fût administré par le Dr Ewen Cameron.

Cette série d’interviews d’anciens agents de la CIA, et autres docteurs sans scrupules, vient confirmer l’horreur et le secret de ses projets ayant eu cours entre les années 50 et 70.

National Geographic : Les expériences secrètes de la CIA

Qu’en est-il de nos jours ? Jusqu’où sont allées les agences de renseignements ?

Les « docteurs » :
Dr Ewen Cameron
Dr Sidney Gottlieb
Dr José Delgado
Dr Albert Hofmann
Dr Timothy Leary
Dr Russell Monroe
Dr Sidney Cohen
Dr James Cattell
Dr Laurent Frenkel
Dr Milton Kline
Dr James Moore
Dr Robert Cleghorn
Dr Maurice Dongier

Les agents de la CIA :
John Gittinger
Lyman Kirkpatrick
Stansfield Turner
William Donovan
Mike Burke
Stanley Lovell
George White
Charles Siragusa

Autres intervenants :
John Marks
Robert Gordon Wasson
Maria Sabina
Jozsef Mindszenty
Robert Lashbrook
Lyman Kirkpatrick

AgoraVox

Pour aller plus loin :
Wired : April 13, 1953: CIA OKs MK-ULTRA Mind-Control Tests (https://www.wired.com/2010/04/0413mk-ultra-authorized/)
CIA : https://www.cia.gov/library/readingroom/search/site/mk%20ultra
The New York Times : Sidney Gottlieb, 80, Dies; Took LSD to C.I.A. (https://www.nytimes.com/1999/03/10/us/sidney-gottlieb-80-dies-took-lsd-to-cia.html?pagewanted=all&src=pm)
Project Mkultra: One of the Most Shocking CIA Programs of All Time

Voir aussi :

National Geographic : Les expériences secrètes de la CIA
France 3 : Un village empoisonné par la CIA ? – Pont-Saint-Esprit 1951
Project Mkultra: One of the Most Shocking CIA Programs of All Time

José Delgado et ses dispositifs de contrôle de l’esprit par la stimulation électrique du cerveau