Jeff Bezos finance une start-up pour inverser le vieillissement

Une nouvelle start-up qui vise à inverser le vieillissement prévoit d’ouvrir un laboratoire au Royaume-Uni, grâce, semble-t-il, à un financement de Jeff BezosAltos Labs est une start-up de biotechnologie qui utilise la reprogrammation cellulaire (médecine régénérative) pour développer des médicaments thérapeutiques pour la longévité.

Altos Labs a levé au moins 270 millions de dollars pour développer sa technologie de reprogrammation cellulaire, une façon de rajeunir les cellules qui, selon certains scientifiques, pourrait être étendue pour revitaliser des corps d’animaux entiers, et, à terme, prolonger ainsi la vie humaine.

La société, qui a été créée aux États-Unis et au Royaume-Uni en 2021, compterait les milliardaires Jeff Bezos et Yuri Milner parmi ses investisseurs, selon le MIT Technology Review.

Shinya Yamanaka, qui a reçu le prix Nobel 2012 pour la découverte de la reprogrammation, agira en tant que scientifique principal non rémunéré et présidera le conseil consultatif scientifique de la société. Il a découvert qu’en ajoutant seulement quatre protéines, il est possible de demander aux cellules de revenir à un état primitif ayant les propriétés des cellules souches embryonnaires.

Carlos Izpisua Belmonte, un scientifique espagnol qui aurait également rejoint Altos, a appliqué ces principes à des souris vivantes, obtenant des signes d’inversion du vieillissement et l’amenant à qualifier la reprogrammation d'”élixir de vie” potentiel. Il a prédit que l’espérance de vie humaine pourrait être augmentée de 50 ans.

Bien que certaines des souris participant à ses expériences aient montré des signes de rajeunissement de leurs tissus, d’autres ont développé de vilaines tumeurs embryonnaires appelées tératomes, qui peuvent être cancéreuses.

“Bien qu’il y ait de nombreux obstacles à surmonter, le potentiel est énorme”, a déclaré Yamanaka.

Un autre expert qui rejoint la société est Steve Horvath, professeur à l’UCLA et concepteur d’une “horloge biologique” capable de mesurer avec précision le vieillissement humain et l’efficacité de tout médicament destiné à inverser le processus de vieillissement.

Dans un premier temps, du moins, Altos versera aux chercheurs des salaires d’un million de dollars sans attendre de produits ou de revenus.

Inverser le vieillissement. Crédit: AdobeStock

D’autres start-ups se sont penchées sur la technologie de reprogrammation, notamment la start-up britannique Shift Bioscience, mais leurs efforts n’ont pas encore abouti à des traitements testés sur des personnes dans le cadre d’essais cliniques.

Calico Labs, une entreprise spécialisée dans la longévité annoncée en 2013 par Larry Page, cofondateur de Google, dirige également un laboratoire axé sur la reprogrammation.

David Sinclair, un chercheur de l’université de Harvard qui a annoncé l’année dernière avoir rendu la vue à des souris grâce à cette technologie, a déclaré que ce domaine était particulièrement prometteur.

“Que peut-on faire d’autre pour inverser le vieillissement du corps ?” a-t-il déclaré. “Dans mon laboratoire, nous répertorions les principaux organes et tissus, par exemple la peau, les muscles et le cerveau, pour voir lesquels nous pouvons rajeunir.”

Alejandro Ocampo, qui a travaillé dans le laboratoire de Izpisua Belmonte, a déclaré que la technologie pouvait être utilisée pour “prendre une cellule d’une personne de 80 ans et, in vitro, inverser son âge de 40 ans”, mais a averti qu’elle était “risquée” et “très éloignée de la thérapie humaine”.

La principale question qui se pose maintenant est de savoir comment adapter la reprogrammation pour voir si elle peut rajeunir les animaux en toute sécurité sans les tuer, et si le processus peut être réalisé avec des médicaments ordinaires, plutôt que par le biais du génie génétique.

La reprogrammation est encore trop dangereuse pour être expérimentée sur l’homme car, en plus de rajeunir les cellules, elle modifie leur identité – par exemple, en transformant une cellule de peau en cellule souche.

Dans sa dernière lettre aux actionnaires d’Amazon, avant de quitter son poste de PDG, Bezos s’est exprimé sur le vieillissement : “Si les êtres vivants ne s’efforcent pas activement de prévenir la mort, ils finiront par se fondre dans leur environnement et cesseront d’exister en tant qu’êtres autonomes”.

“C’est ce qui arrive quand ils meurent.”

L’éthique du futur et le défi des technologies du vivant

Thèse :  Kokou Sename Amegatsevi, 2013 – Université Laval & Université Paris-Descartes

Résumé : Ce travail vise à mettre en avant une éthique du futur à l’ère des technologies du vivant à partir de la biologie philosophique de Hans Jonas en passant au crible a priori les fondements des technosciences. Jonas estime que le problème n’est pas la technique elle-même qui soit en cause mais l’identité qu’elle accorde à l’homme dans cette logique instrumentale envahissante, en d’autres termes, le matérialisme réductionniste. Le problème aussi n’est pas les effets visibles inquiétants et désastreux de la technique mais l’ontologie qu’elle inspire. Outre les manifestations réelles de destruction qu’elle génère, c’est l’être qu’elle confère ou plus exactement dont elle prive l’homme qui est catastrophique. L’homme finit par se considérer comme un fond exploitable. Il s’agira donc de formuler une éthique qui a pour soubassement une biologie philosophique qui récuse une anthropologie mécaniste d’inspiration matérialiste, une ontologie du pas-encore qui fonde les sciences modernes. Réduire l’homme à des lois physico-chimiques, c’est violer notre individualité. Le métabolisme est la preuve de notre individuation. Dans la matière, gît l’esprit. Au-delà de l’anthropomorphisme qui se dégage, l’homme est le seul animal symbolisant doué d’une conscience réflexive. Une responsabilité politique s’impose pour protéger l’intégrité et l’image de l’homme à l’ère des technologies du vivant qui espèrent améliorer ou modifier l’espèce humaine. Mais cette responsabilité politique qui promeut « un marxisme désenchanté » ne tardera pas à renforcer voire devenir une rationalité instrumentale et idéologique à l’image du lyssenkisme. Une autre responsabilité s’impose : une responsabilité scientifique formulée par Charles De Koninck qui interpelle et invite les scientifiques à ne pas sacrifier l’être humain par leurs recherches sur l’autel des subventions financières, du dualisme au relent matérialiste. La science, dans son élan est invitée à tenir compte du facteur « humain ». Cette responsabilité scientifique va au-delà des règles de bonnes pratiques et déontologiques des comités et des expertises scientifiques. Elle nécessite une éducation scientifique pour une science citoyenne pour éviter une science aveugle et idéologique. Bref, à partir de ces paradigmes, nous voulons montrer que les rêves de l’amélioration, de l’augmentation des performances de l’espèce humaine sont des chimères.

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Langue:  Français
Mots clés:  Philosophie

Dépasser l’humain, une étonnante aspiration contemporaine

Philo & Cie – mai-août 2016, Nicolas Le Dévédec

Que les fans de The Walking Dead se préparent, bientôt peut-être les morts-vivants ne peupleront plus seulement nos écrans. C’est du moins ce que laisse entendre l’entreprise de biotechnologies américaine Bioquark dont l’ambition est de développer une technologie capable de ranimer les morts. Baptisé ReAnima, ce projet vise en effet à établir s’il est possible ou non de régénérer le système nerveux humain en testant le cerveau de personnes en état de mort cérébrale dans le but de les ramener à la vie. L’entreprise a d’ores et déjà reçu l’autorisation éthique de mener ses essais cliniques en Inde sur une vingtaine de patients en état de mort cérébrale. Aussi fantasmagorique qu’il puisse paraître, ce projet rejoint une ambition beaucoup plus générale poursuivie aujourd’hui par de nombreux scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs, celle de dépasser techniquement l’être humain et les potentialités du corps humain, celle de contrôler techniquement tous les paramètres de la vie, du cerveau, des émotions, de la mort. En 1950, dans « Ce qu’est et comment se détermine la phusis chez Aristote », Martin Heidegger le pressentait déjà : « Parfois on dirait que l’humanité moderne fonce vers ce but : que l’homme se produise lui-même techniquement [ … ]. » Se fabriquer soi-même en s’affranchissant de toutes les limites biologiques grâce aux avancées technoscientifiques et biomédicales, voilà une étonnante aspiration contemporaine.

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Par cette volonté acharnée d’optimiser le corps et ses performances comme on fait fructifier n’importe quelle forme de capital, le transhumanisme est entièrement en phase avec l’esprit du capitalisme. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le mouvement bénéficie du soutien de géants économiques tels que Google ou Paypal. Le marché de l’enhancement et de l’immortalité s’annonce des plus lucratifs et l’homme augmenté sied parfaitement à la société de marché.

Bioquark et Humai annoncent un partenariat pour inverser la mort

Le mois dernier, nous vous avions parlé du projet ReAnima, où des scientifiques de la société de biotechnologie Bioquark, souhaitaient ramener les morts à la vie.

Dans un communiqué du 1er juin 2016, Bioquark, Inc., et Humai Technologies, entrent dans une collaboration de recherche pour étudier la médecine régénérative reprogrammant les approches des lésions d’ischémie reperfusion.

Humai, est une jeune start-up australienne qui souhaite vaincre la mort d’ici 2045 en maintenant un cerveau humain dans une structure humanoïde appelé Humai. En clair, c’est implanter votre cerveau dans un robot ayant intégré votre personnalité, dans lequel vous pourriez vivre éternellement. Une sorte de clone robotique.

Avec l’utilisation de l’intelligence artificielle, de membres cybernétique, de BCI (interface cerveau-ordinateur) et d’autres technologies émergentes, l’objectif est d’étendre les capacités biologiques et l’espérance de vie.

Voir le communiqué :

https://www.facebook.com/notes/humai/bioquark-and-humai-announce-partnership-to-reverse-death/1200406780004476

Projet ReAnima : des morts pourraient être ramenés à la vie

credit : ReAnima Advanced Biosciences

Un projet souhaite voir s’il est possible de régénérer le cerveau des personnes mortes, avec l’approbation des organismes de surveillance de la santé.

Bioquark, une société de biotechnologie aux Etats-Unis, a reçu l’autorisation éthique de recruter 20 patients qui ont été déclarés cliniquement morts d’un traumatisme crânien, pour vérifier si une partie de leur système nerveux central peut être ramené à la vie.

Les scientifiques utiliseront une combinaison de thérapies, qui comprennent l’injection du cerveau avec des cellules-souches et un cocktail de peptides, ainsi que le déploiement de lasers et de techniques de stimulation nerveuse qui ont été montrées pour amener les patients hors des comas.

Les participants à l’essai ont été certifiés morts et seulement maintenus en vie grâce à des machines d’assistances. Ils seront surveillés pendant plusieurs mois à l’aide d’appareils d’imagerie du cerveau pour chercher des signes de régénération, en particulier dans la moelle épinière supérieure – la plus basse région du tronc cérébral qui contrôle la respiration et le rythme cardiaque.

L’équipe croit que les cellules-souches du cerveau peuvent être en mesure d’effacer leur histoire et de remettre en marche la vie encore une fois, basée sur leurs tissus environnants – un processus vu dans le règne animal comme les salamandres qui peuvent faire repousser des membres entiers.

Docteur Ira Pastor, PDG de Bioquark Inc a déclaré : “il s’agit du premier essai de ce genre et une nouvelle étape vers l’annulation éventuelle de la mort au cours de notre vie.

“Nous venons de recevoir l’approbation pour nos 20 premiers sujets et nous espérons commencer le recrutement des patients immédiatement à partir de ce premier site – nous travaillons en collaboration avec l’hôpital pour identifier les familles où il peut y avoir un obstacle religieux ou médical pour le don d’organes.

Pour entreprendre une telle initiative complexe, nous combinons des outils de médecine régénératrice biologique avec d’autres dispositifs médicaux existants, généralement utilisés pour la stimulation du système nerveux central, chez les patients atteints d’autres troubles graves de la conscience.

Nous espérons voir des résultats dans les deux ou trois mois. »

Le projet ReAnima vient de recevoir l’approche de l’Institutional Review Board à la National Institutes of Health aux États-Unis et en Inde, et l’équipe prévoit de commencer à recruter des patients immédiatement.

La première étape, nommée “First In Human Neuro-Regeneration & Neuro-Reanimation” sera un groupe non-randomisé (qui n’est pas aléatoire), un groupe unique de la « preuve du concept » et aura lieu à l’hôpital Anupam Rudrapur, Uttarakhand Inde.

Les peptides seront administrés dans la moelle épinière quotidiennement via une pompe, avec les cellules-souches données toutes les deux semaines, au cours d’une période de six semaines.

Dr Pastor a ajouté : « C’est une vision à long terme qu’est la nôtre qu’un rétablissement complet chez ces patients est une possibilité, bien que ce ne soit pas l’objectif de cette première étude – mais c’est un pont à cette éventualité. »

La mort encéphalique (mort cérébrale) est lorsqu’une personne n’a plus aucune fonction du tronc cérébral et a définitivement perdu le potentiel de la conscience et la capacité à respirer. Une personne est confirmée comme étant morte quand la fonction du tronc cérébral est définitivement perdue.

Cependant, le corps peut encore souvent faire circuler le sang, digérer les aliments, excréter les déchets, équilibrer des hormones, se développer (grandir), atteindre la maturité sexuelle, cicatriser des plaies, supprimer une fièvre, être en gestation et accoucher d’un bébé.

Des études récentes ont suggéré qu’une certaine activité électrique et de flux sanguin se poursuit après la mort des cellules cérébrales, mais pas suffisamment pour permettre à l’ensemble du corps de  fonctionner.

Tandis que les êtres humains n’ont pas les capacités régénératrices substantielles du système nerveux central, de nombreuses espèces non-humaines, telles que les amphibiens et les poissons, peuvent réparer, régénérer et remodeler des parties importantes de leur cerveau et tronc cérébral, même après un traumatisme critique.

“Grâce à notre étude, nous allons avoir un aperçu unique sur l’état de mort cérébrale humaine, qui aura des liens importants pour le futur développement thérapeutique pour d’autres troubles graves de la conscience, tels que le coma et les états végétatifs et peu conscients, ainsi qu’un éventail de maladies dégénératives du système nerveux central, notamment Alzheimer et la maladie de Parkinson”, a ajouté le Dr Sergei Paylian, fondateur, président et directeur scientifique de Bioquark Inc.

Le Dr Dean Burnett, un neuroscientifique du Centre de l’Université de Cardiff pour l’éducation médicale a déclaré : « … l’idée que la mort cérébrale pourrait être facilement inversée semble très tirée par les cheveux, compte tenu de nos capacités et de la compréhension des neurosciences actuelles. Sauver les parties individuelles peut s’avérer utile, mais c’est un long chemin de vouloir ressusciter un cerveau entier et dans un état fonctionnel intact. »

The Telegraph