L’ère du sexe pour la reproduction touche à sa fin

Henry T. Greely est directeur du Center for Law and Biosciences de l’Université de Stanford, ainsi que de son programme sur les neurosciences et la société. Manifestement, le type en sait quelque chose sur la technologie et sur son rôle dans la vie des gens – et il prédit maintenant que les progrès technologiques feront un jour du sexe à des fins de reproduction une chose du passé.

“Ma prédiction la plus forte est que dans l’avenir, les gens auront toujours des rapports sexuels – mais plus rarement dans le but de faire des bébés”, a déclaré Greely, qui a publié un livre intitulé “The End of Sex and the Future of Human Reproduction”, à la BBC. “Dans 20 à 40 ans, la plupart des gens dans le monde qui auront une bonne couverture médicale choisiront de concevoir en laboratoire.”

Sommes-nous à vingt années des bébés personnalisés ?

Au cours des quatre décennies qui ont suivi la naissance du premier “bébé éprouvette”, plus de 8 millions de personnes sont nées par fécondation in vitro.

Aujourd’hui, les parents qui produisent certains de ces enfants choisissent de soumettre leurs embryons fécondés à un diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) avant leur transfert dans l’utérus. Il s’agit de prélever des cellules sur les embryons pour voir si un enfant hériterait de gènes problématiques de ses parents.

Le DPI permet aux parents de n’utiliser que des embryons sans problème pour la FIV et, selon Greely, une fois qu’ils seront plus abordables et disponibles, de nombreux parents choisiront le DPI plutôt que de recourir au mode traditionnel de la reproduction.

“Comme la plupart des sujets, il y aura d’abord une certaine quantité de réactions viscérales négatives”, a-t-il dit à la BBC, avant d’ajouter que l’acceptation par le public interviendrait dès que les parents se rendront compte que les enfants nés avec le DPI ne naissent pas avec “deux têtes et une queue”.

BBC

L’avenir du sexe : comment se transforme l’intimité

La mortalité humaine peut-elle être hackée ?

Un scientifique pense que quelqu’un vivant aujourd’hui vivra jusqu’à 1 000 ans.

Aubrey de Grey, un scientifique qui étudie la médecine régénérative, pense que les nouvelles biotechnologies permettront à des personnes d’atteindre l’âge de 1 000 ans.

“C’est extraordinaire pour moi qu’il s’agisse d’une affirmation aussi incendiaire”, a déclaré de Grey à The Week.

De Grey n’est qu’un des nombreux chercheurs de la Silicon Valley qui sont déterminés à prolonger la durée de vie de l’être humain autant que possible sur le plan technologique, ce qui représente un domaine en pleine croissance, mais toujours controversé, de chercheurs obsédés par la prévention de la mort.

https://iatranshumanisme.com/organisms-transhumanist/immortalite-lultime-conquete-de-la-liberte/

Par exemple, The Week rapporte qu’un médecin coréen nommé Joon Yun a offert deux prix de 500 000 $ à des chercheurs qui peuvent prolonger la vie d’un animal de 50 % en préservant la santé de son cœur.

Yun soutient qu’étant donné que le taux de mortalité des jeunes de 20 ans est d’environ un sur mille, les mathématiques de base prédisent qu’une personne capable de maintenir une bonne santé physique d’un jeune de 20 ans en santé vivrait environ 1 000 ans.

De Grey et Yun sont à peine aberrants – The Week fait état de plusieurs autres scientifiques obsédés par la mort, comme le fondateur de Bulletproof Coffee, Dave Asprey, qui prend 100 compléments alimentaires chaque jour et prévoit d’injecter régulièrement des cellules souches dans ses articulations et organes dans l’espoir de les garder plus jeunes.

Mais en dehors de la Silicon Valley, ces chercheurs en longévité n’ont pas vraiment convaincu la communauté scientifique qu’ils sont sur la bonne voie. The Week cite des experts dans le domaine qui estiment que les affirmations de De Grey sont totalement invraisemblables.

D’autres s’inquiètent du fait que la philosophie de la Silicon Valley qui consiste à “agir rapidement et casser les choses” ne devrait pas s’appliquer à la longévité humaine. Il y a trop de dilemmes éthiques inhérents à l’émergence d’une nouvelle classe de personnes extrêmement riches qui peuvent se permettre les traitements hypothétiques qui leur permettraient de vivre pendant des centaines d’années.

Heureusement, à part les prédictions de De Grey, rien n’indique vraiment que les gens d’aujourd’hui auront à s’inquiéter de ce genre de problème – les plus vieux humains à avoir vécu n’ont atteint que 122 ans.

The Week

Une nouvelle bio-imprimante facilite la fabrication en 3D de la chair et des os

credit: biobot2.com

La bio-imprimante 3D idéale, selon Y. Shrike Zhang, spécialiste en génie tissulaire, ressemblerait à une machine à pain : « Elle aurait quelques boutons sur le dessus et on en pousserait un pour choisir le tissu d’un cœur ou celui d’un foie. » Par la suite, Zhang pourrait vaquer à ses occupations tandis que la machine produirait des couches complexes de cellules et autres matières.

Cette technologie n’est pas encore tout à fait au point. Mais la nouvelle imprimante BioBot 2 semble avoir pris un pas dans cette direction. Cet appareil de table comprend une série de nouvelles fonctionnalités conçues pour procurer aux utilisateurs un contrôle simple d’une puissante machine, y compris une calibration automatisée, six têtes d’impression pour six différentes bio-encres, une précision de positionnement d’un micromètre sur les axes x, y, et z, et une interface de logiciel conviviale qui gère le processus d’impression du début à la fin.

Le cofondateur et chef de la direction de BioBots, Danny Cabrera, atteste que les caractéristiques du BioBot 2 sont le fruit d’une collaboration avec des chercheurs en génie tissulaire.

« Pour faire avancer cette technologie, nous devions faire plus que développer un nouveau robot » — Danny Cabrera, chef de la direction de BioBots

« Au cours de la dernière année et demie, nous avons travaillé de près avec des scientifiques pour comprendre ce dont ils avaient besoin pour faire avancer la technologie, dit-il, nous nous sommes aperçus qu’une simple bio-imprimante ne suffisait pas, ils avaient besoin de plus, nous devions donc développer plus qu’un nouveau robot. »

Le logiciel de la société se trouve dans le cloud, ce qui facilite le téléchargement des paramètres d’impression par les utilisateurs, paramètres qui sont transposés par le système en protocoles pour la machine. Après l’impression du tissu, le système peut utiliser des caméras intégrées et un logiciel de vision informatisée pour conduire des analyses de base. Par exemple, il peut calculer le nombre de cellules vivantes par rapport à celui des cellules mortes d’un tissu imprimé ou mesurer la longueur des axones de neurones imprimés. « Cette plateforme leur permet de mesurer la façon dont les différents paramètres d’impression, comme la pression ou la résolution cellulaire, affectent la biologie du tissu », déclare Cabrera.

Le BioBot 1 a fait son apparition sur le marché en 2015 et se vend à 10 000 $ US. L’entreprise accepte maintenant des commandes pour le BioBot 2 à 40 000 $ US, et en prévoit sa distribution plus tard cette année.

Chacune des têtes d’impression du BioBot 2 peut refroidir sa bio-encre à 4 degrés Celsius ou la chauffer à 200 degrés Celsius. La température du plateau d’impression peut également être contrôlée et celui-ci est équipé de lumières visibles et ultraviolettes qui déclenchent la réticulation des matériaux pour solidifier les formes imprimées.

Cabrera affirme que le contrôle de température facilite l’impression du collagène, principale composante des os et des tissus conjonctifs, parce que la réticulation se fait à basse température. « Beaucoup d’utilisateurs trafiquent leur bio-imprimante pour qu’elle puisse imprimer le collagène, note Cabrera, certains la placent dans le réfrigérateur ».

Bien que certains chercheurs ne souhaiteront pas utiliser les six têtes d’imprimante pour concevoir des tissus composés de six différents matériaux, Cabrera estime que cette conception permet aussi aux chercheurs de multiplexer les expériences. Par exemple, si des chercheurs expérimentent la concentration de cellules dans une bio-encre, cette fonctionnalité leur permet de tester simultanément six différentes versions. « Des semaines de travail peuvent être épargnées si vous attendez que vos cellules se développent entre chaque expérience », mentionne Cabrera.

En outre, la machine peut déposer la matière non seulement dans une boîte de Petri, mais aussi sur une plaque de culture cellulaire munie de plusieurs petites cupules. Grâce à une plaque de 96 cupules, « vous pouvez conduire 96 petites expériences », indique Cabrera.

L’un des objectifs à long terme du bioprinting est de procurer aux médecins la capacité d’appuyer sur un bouton pour imprimer une feuille de peau pour un patient brûlé ou pour façonner avec précision un greffon osseux pour un patient défiguré dans un accident. De telles impressions ont été réussies en laboratoire, mais ne sont pas prêtes d’obtenir l’approbation réglementaire. Un objectif encore plus à long terme est celui de procurer aux médecins la possibilité d’imprimer des organes de remplacement complets, mettant fin à l’insuffisance d’organes disponibles pour la transplantation, mais cette éventualité reste aujourd’hui du domaine de la science-fiction.

En attendant ces applications, les bio-imprimantes 3D trouvent toutefois leur utilité auprès des chercheurs en biomédecine.

Zhang a conduit des expériences avec une version bêta du BioBot 1 alors qu’il travaillait au laboratoire d’Ali Khademhosseini à l’école de médecine de Harvard. Il a utilisé des bio-imprimantes pour créer des structures d’organes intégrés sur puce, qui imitent la nature intrinsèque d’organes comme le cœur, le foie ou les vaisseaux sanguins grâce à des couches d’espèces de cellules souhaitées imprimées selon des schémas complexes. Ces petites puces peuvent être utilisées pour le dépistage systématique des drogues ou des recherches médicales de base. Avec la version bêta du BioBot, Zhang a créé une « thrombose intégrée sur puce », où des caillots se sont formés à l’intérieure de vaisseaux sanguins miniatures.

Maintenant professeur en médecine et bioingénieur adjoint à la Brigham and Women’s Hospital de Boston, Zhang affirme être intrigué par le BioBot 2. Sa capacité de faire des impressions avec de multiples matériaux est séduisante, dit-il, parce qu’il souhaite reproduire des tissus complexes composés de différentes espèces de cellules. Mais il ne sait toujours pas s’il en commandera une. Comme dans bien des aspects de la science, « tout repose sur le financement », déclare-t-il.

Photo: EnvisionTec

Le BioBot 2 est la bio-imprimante la moins dispendieuse sur le marché.

Les machines haut de gamme utilisées par les chercheurs souhaitant une précision à l’échelle du nanomètre coûtent habituellement environ 200 000 $ — comme la 3D-Bioplotter d’EnvisionTec. Cette grosse machine a été utilisée pour des recherches tout juste présentées, où des scientifiques de la Northwestern University ont imprimé en 3D une structure semblable à un ovaire de souris. Lorsqu’ils l’ont ensemencé d’ovules miniatures et implanté dans une souris, l’animal a donné naissance à des souriceaux.

Photo: Cellink

Mais il existe d’autres bio-imprimantes qui font concurrence à la BioBot sur le plan monétaire. Notons plus particulièrement une compagnie suédoise appelée Cellink, qui vend une bio-imprimante de la taille de trois ordinateurs pour un prix variant entre 10 000 $ et 40 000 $.

Il y a aussi la jeune entreprise de San Francisco, Aether, qui a tout récemment commencé à vendre des unités bêta à des chercheurs pour essais et commentaires. L’entreprise a promis de lancer la commercialisation de sa Aether 1 cette année, pour seulement 9 000 $.

Photo: Aether

La principale source de concurrence pourrait ne pas provenir des autres entreprises, mais plutôt de la tendance des bioingénieurs à bricoler leurs machines. « Nous prenons habituellement une imprimante de base quelconque et produisons nos propres têtes d’imprimante et bio-encres », affirme Zhang.

Mais pour les chercheurs en biologie qui ne sont pas des ingénieurs, le BioBot 2, selon Zhang, pourrait leur permettre d’accroître considérablement leurs capacités. Ce serait comme de donner à un phobique de la cuisine la capacité soudaine de cuire à la perfection une miche de blé entier.

Traduction Stéphanie S.

IEEE Spectrum

Des ovaires obtenus par impression 3D ont donné naissance à une progéniture en pleine santé

Des bioprothèses d’ovaires ont permis à des souris initialement stériles de donner naissance à des souriceaux.

Si l’on en croit l’étude menée par la Northwestern University Feinberg School of Medicine et la McCormick School of Engineering, le nouveau monde des organes imprimés en 3D comprend maintenant des structures ovariennes qui, fidèles à leur conception, sont réellement capables d’ovuler.

La souris femelle à laquelle on a enlevé un ovaire en le remplaçant par une bioprothèse d’ovaire, n’a pas seulement été capable d’ovuler mais elle a également donné naissance à des souriceaux en parfaite santé. En outre, les mamans ont été capables d’allaiter leurs petits.

Les bioprothèses d’ovaires sont faites de structures imprimées en 3D abritant des œufs immatures, et ont réussi à stimuler la production d’hormones et restaurer la fertilité des souris, ce qui constituait l’objectif ultime de ces travaux.

“Ces recherches montrent que les bioprothèses d’ovaires fonctionnent durablement sur le long terme” a confié Teresa K. Woodruff, scientifique spécialiste de la reproduction et directrice du Women’s Health Research Institute à Feinberg. “Utiliser la bio-ingénierie plutôt que la transplantation à partir de cadavres, pour créer des structures organiques fonctionnelles capables de restaurer l’état de santé du tissu du receveur constitue le saint graal de la bio-ingénierie en médecine régénérative”.

La recherche a été publiée le 16 mai dans Nature Communications.

Dans quelle mesure ces recherchent diffèrent d’autres structures réalisées par impression 3D ?

Ce qui fait que ces travaux sont vraiment à part, réside dans l’architecture du squelette (ou échafaudage) et du matériel, ou « encre » que les scientifiques utilisent, a expliqué Ramille Shah, professeur assistante en matériaux scientifiques et ingénierie au McCormick et en chirurgie à Feinberg.

Ce matériau est de la gélatine, un hydrogel biologique fabriqué à partir de collagène décomposé, pouvant être utilisé en toute sécurité chez l’humain. Les scientifiques savaient que, quel que soit l’échafaudage qu’ils créeraient, il était nécessaire qu’il soit réalisé à partir de matériaux organiques suffisamment rigides pour être manipulés pendant la chirurgie, mais aussi suffisamment poreux pour interagir naturellement avec les tissus du corps de la souris.

« La plupart des hydrogels sont très fragiles du fait qu’ils sont majoritairement constitués d’eau, et vont donc s’effondrer sur eux-mêmes » explique Shah. « Mais nous avons trouvé une température pour la gélatine qui permet à cette dernière de s’autoporter, de ne pas s’effondrer, et permet la réalisation de structures multicouches. Personne d’autre n’a été capable d’imprimer de la gélatine selon une géométrie aussi précise et autoportante ».

Cette géométrie permet de vérifier directement si les follicules ovariens (des cellules organisées produisant des hormones et entourant une cellule-œuf immature) peuvent, ou pas, survivre dans l’ovaire. C’est l’une des découverte-clés de cette étude.

“C’est la première étude qui démontre que l’architecture en échafaudage fait la différence dans la survie du follicule”, affirme Shah. “Nous ne serions pas capables de faire cela si nous n’utilisions pas un programme d’impression 3D”.

Quel impact chez les êtres humains ?

L’unique objectif des scientifiques en développant ces ovaires bioprothèses était d’aider à restaurer la fertilité et la production d’hormones chez des femmes qui avaient souffert de traitements contre le cancer à l’âge adulte ou qui avaient survécu à des cancers lors de l’enfance et présentent aujourd’hui des risques élevés d’infertilité et de problèmes de développement liés à des hormones.

« Ce qui se passe avec nos patientes atteintes de cancer est que leurs ovaires ne fonctionnent pas suffisamment et qu’elles ont besoin de thérapies de substitution hormonale afin de déclencher la puberté » explique Monica Laronda, co-auteur principal de ces travaux et précédemment étudiante en post-doctorat au Laboratoire Woodruff. « Le but de cet échafaudage est de récapituler comment fonctionne un ovaire. Nous voyons large, c’est-à-dire que nous prenons en considération tous les stades de la vie d’une femme, donc de la puberté à la ménopause en passant par l’âge adulte ».

Laronda est maintenant professeur assistante au Stanley Manne Children’s Research Institute au Ann & Robert H. Lurie Children’s Hospital.

En outre, la fabrication réussie d’implants imprimés en 3D afin de remplacer des tissus mous complexes a un impact significatif sur le travail à venir relatif à la médecine régénérative des tissus mous.

Techniquement, comment fonctionne l’impression biologique 3D ?

Imprimer une structure ovarienne en 3D ressemble à un enfant jouant avec un Lincoln Logs (jeu de construction) explique Alexandra Rutz, co-auteur principal de l’étude et diplômée de bioingénierie médicale au laboratoire Tissue Engineering and Additive Manufacturing (TEAM) lab au Simpson Querrey Institute, coordonné par Shah. Les enfants peuvent entreposer les rondins à angle droit pour former des structures. En fonction de l’espacement entre les rondins, la structure change pour construire une fenêtre, une porte…

“L’impression 3D est réalisée en déposant des filaments” explique Rutz, qui est maintenant post-doctorante dans le cadre du Whitaker International Postdoctoral Scholar à l’École Des Mines De Saint-Étienne à Gardanne, France. Vous pouvez contrôler la distance entre ces filaments, ainsi que l’angle de progression entre les couches, et cela nous permet d’obtenir des pores de tailles et géométrie différentes.

Au laboratoire de Northwestern, les chercheurs appellent ces structures imprimées en 3D des « échafaudages », et les comparent aux échafaudages qui entourent temporairement un bâtiment pendant sa rénovation.

« Tout organe possède un squelette » explique Woodruff, qui est également Professeur d’obstétrique au Thomas J. Watkins Memorial et membre du Robert H. Lurie Comprehensive Cancer Center de la Northwestern University. « Nous avons appris à quoi ressemblait le squelette d’un ovaire et nous nous en sommes servis comme modèle pour réaliser la bioprothèse ovarienne qui serait implantée ».

Dans un bâtiment, les échafaudages soutiennent les matériaux nécessaires à la réparation du bâtiment jusqu’à ce qu’ils soient démontés. Ce qui reste est une structure capable de se tenir droite toute seule. De la même manière, l’échafaudage, ou squelette imprimé en 3D, est implanté dans une femelle et ses pores peuvent être utilisés pour optimiser l’insertion des follicules, ou des œufs immatures, dans l’échafaudage. Ce dernier permet la survie des cellules-œufs immatures de la souris ainsi que les cellules qui produisent les hormones accélérant la production d’œufs. La structure ouverte laisse suffisamment d’espace aux cellules-œufs pour qu’elles murissent jusqu’à l’ovulation. Cela s’applique également aux vaisseaux sanguins qui se développent à l’intérieur de l’implant permettant aux hormones de circuler dans le système sanguin de la souris et déclencher la lactation après que la souris ait donné naissance à ses petits.

La collaboration exclusivement féminine McCormick-Feinberg pour ces travaux a été « très fructueuse » confie Shah, et d’ajouter que c’était motivant de faire partie d’une équipe de femmes menant des recherches visant à trouver des solutions à des problèmes de santé de femmes.

« Ce qui rend ce travail collaboratif, ce sont les personnages, et la possibilité de trouver de la bonne humeur au sein de cette étude » confie Shah. « Teresa et moi avons ri à l’idée que nous étions les grands-mères de ces souriceaux ».

traduction Virginie Bouetel

Northwestern University

L’avenir du sexe : comment se transforme l’intimité

La technologie pousse la sexualité humaine vers un terrain inexploré. Elle transforme la façon dont nous exprimons l’amour et l’intimité, et possède un énorme potentiel pour les connexions émotionnelles et physiques plus profondes. Bien que tout le monde puisse y trouver son compte, cela est d’autant plus vrai pour les personnes faisant face à des obstacles sexuels en raison de la distance, la solitude, la discrimination ou l’invalidité.

Selon Future of Sex, cinq grands domaines sont à l’origine de ces changements. Le Future of Sex Report se plonge dans chacun d’eux, révélant comment les innovations nous font passer au-delà du seuil de penser que la technologie nous isole. Au lieu de cela, voici les principales façons dont la technologie joue un rôle essentiel pour nous rapprocher.

La distance peut détruire des relations. Mais le travail et d’autres facteurs empêchent souvent les couples de se voir sur une base régulière. Heureusement, les progrès dans le sexe à distance et les technologies intimes surmontent cette fracture.

Les sociétés de technologie du sexe telles que Kiiroo et Vibease vendent déjà des jouets sexuels connectés à Internet, qui sont souvent appelés teledildonics*. Ces vibrateurs “intelligents” et les manchons sexuels masculins interagissent entre eux via des applications mobiles et de bureau. En utilisant la technologie haptique (interaction sensorielle entre le réel et le virtuel), ils enregistrent les mouvements sexuels et envoient les sensations entre les amants éloignés.

* [tele = la distance, dildonic = qui s’apparente à un dildo/godemichet – masturbation mutuelle à distance, envoi de sensations sexuelles à distance].

Il existe aussi des prototypes pour des dispositifs de baisers à distance, des combinaisons haptiques de réalité virtuelle, et des oreillers connectés qui transmettent le son du rythme cardiaque d’un amant. Ces innovations préfigurent le futur d’une sexualité éloignée et d’une intimité multisensorielle et immersive.

Bien que ce domaine soit encore en phase d’émergence, dans les prochaines décennies, le sexe à distance deviendra plus attrayant, réaliste et émotionnellement intense. L’innovation devrait véritablement débuter après 2018, quand un vaste brevet régissant la transmission de la communication sexuelle en ligne aura expiré.

Vous voulez explorer vos fantasmes sexuels dans un environnement sûr et accueillant ? Des mondes virtuels pour adultes comme Red Light Center et 3DXChat vous permettent de concevoir des environnements et des corps sexuels hyper personnalisables. Vous pouvez vous transformer ou personnaliser un autre avatar en votre partenaire idéal, rencontrer de vraies personnes en temps réel, participer à des parties de danse virtuelle, et entrez dans des espaces sans jugement conçus pour répondre à des désirs uniques. Pour les personnes qui vivent dans des régions rurales isolées ou des régions conservatrices qui pourraient considérer le sexe non traditionnel comme honteux, le sexe virtuel pourrait grandement améliorer le bien-être général et l’acceptation de soi.

http://futureofsex.net

Les animations de capture de mouvement des acteurs contribuent à créer des graphismes animés incroyablement réalistes. Mais le domaine va être amené à devenir encore plus réaliste. Les mondes sexuels virtuels ont commencé à intégrer les jouets sexuels à distance et la réalité virtuelle. Au fur et à mesure que ces nouveaux champs se fusionnent et deviennent plus avancés, la ligne divisant le «vrai» sexe avec quelqu’un dans votre espace physique et le sexe virtuel dans les mondes en ligne disparaîtra.

Des entreprises font la course pour créer les premiers robots sexuels entièrement fonctionnels – bien que certains prototypes et automates de bas niveau existent déjà. Le leader populaire est Abyss Creations, le fabricant populaire de poupées sexuelles en silicone, RealDoll. La société a annoncé son projet Realbotix en 2015. Son premier objectif est de créer une tête robotique parlante avec l’illusion de sensibilité qui s’attachera aux corps RealDoll. La libération du système robotisé et les précommandes sont attendus d’ici la fin de l’année. Cependant, une application d’IA devrait être lancée en avril.

L’équipe prévoit également de faire un corps entièrement robotique et d’intégrer ses robots dans la réalité virtuelle. Cette entreprise est particulièrement passionnante parce que l’équipe de Realbotix travaille avec des experts de Hanson Robotics. Cette entreprise de renommée mondiale est connue pour ses robots sophistiqués et humanistes dotés d’une impressionnante capacité d’intelligence artificielle.

Pourtant, les robots avec des fonctions sexuelles ne serviront pas seulement à réparer les cœurs solitaires, ou à des personnes déjà attirées par les compagnons artificiels. À l’avenir, les robots thérapeutiques seront utilisés pour traiter la dysfonction sexuelle et aider à enseigner aux gens comment devenir de meilleurs amants à des partenaires humains.

Alors que les studios de cinéma pour adultes embrassent rapidement la réalité virtuelle, espérant qu’elle va revitaliser les bénéfices minimes par des sites de streaming gratuit, le potentiel sexuel de la technologie s’étend bien au-delà de la pornographie et de l’éducation sexuelle.

Les environnements de VR simulés offrent un moyen sûr d’explorer des enjeux sociaux et d’enseigner aux jeunes des scénarios potentiellement risqués. Par exemple, un YMCA [Young Men’s Christian Association] de Montréal a récemment lancé une campagne éducative sur le consentement. En utilisant des casques de réalité virtuelle, les participants ont participé à des interactions scriptées avec un prétendant masculin insistant – tous du point de vue féminin. L’objectif des organisateurs était de sensibiliser l’opinion à l’égalité des sexes et à la violence en mettant les gens dans la peau de quelqu’un d’autre. Une équipe de l’Université Emory et Georgia Tech a également annoncé des plans pour développer un programme d’éducation sexuelle en VR pour les jeunes femmes de couleur. L’expérience immersive vise à enseigner les pratiques sexuelles sans danger, à combattre les MST et à prévenir les grossesses non planifiées.

Le site porno de VR primé BaDoinkVR a également mis en place sa propre vision de la thérapie sexuelle. Dans sa série en huit parties Virtual Sexology, créée avec l’aide d’un thérapeute agréé, les interprètes adultes enseignent le renforcement de Kegel pour les hommes et les femmes, et comment améliorer l’endurance et prolonger les orgasmes.

Des percées dans le domaine médical ouvrent des possibilités érotiques, ce qui nous fait reconsidérer les soi-disant limitations sexuelles posées par la biologie ou infligées par des blessures ou des maladies.

Par exemple, en 2016, les chirurgiens ont effectué la première transplantation de pénis aux États-Unis sur un survivant du cancer qui avait eu son pénis amputé. L’année dernière, une femme infertile a également reçu la première transplantation d’utérus dans le pays. Même si celui-ci a finalement dû être retiré, les femmes qui ont reçu des transplantations similaires en Suède ont été en mesure de porter des enfants.

Alors que la reconstruction génitale et les chirurgies de transplantation reposent principalement sur des donneurs d’organes, le bioprinting (bio-impression) 3D et l’ingénierie tissulaire finiront par éliminer le goulot d’étranglement causé par une faible quantité d’approvisionnement. En fait, les médecins du Wake Forest Baptist Medical Center ont déjà créé et implanté des vagins cultivés en laboratoire chez des femmes souffrant d’aplasie vaginale. Le centre a également bio-conçu et implanté du tissu pénien érectile sur des lapins.

Dans les prochaines décennies, la médecine régénérative aidera plus de gens à surmonter les blessures et les dysfonctionnements sexuels. Nous aurons également des options pour personnaliser notre corps dans une optique d’esthétique sexuelle personnelle et une félicité érotique accrue. Les micropuces et les implants connectés à Internet offriront également des possibilités incroyables aux personnes qui souhaitent fusionner avec des machines pour devenir des cyborgs sexuels.

Le sexe et la sexualité jouent un rôle essentiel dans l’interaction humaine. Ces technologies émergentes peuvent nous aider à apprendre davantage sur nous-mêmes et à mieux se connecter avec nos proches. La façon dont nous utiliserons ces innovations façonnera les générations à venir. Pour les personnes confrontées à des défis physiques, émotionnels et géographiques, elles offriront des possibilités d’accomplissement sexuel qui n’existeraient pas autrement.

Cependant, ces sujets ne reçoivent pas toujours l’attention qu’ils méritent – dans la mesure où notre société est fascinée par le sexe, nous manquons souvent d’en parler d’une manière positive qui pousse la discussion vers l’avant. L’objectif du Future of Sex Report est d’apporter plus de visibilité sur la façon dont la technologie contribue à la sexualité humaine, de sorte que le plus grand nombre possible de personnes puissent participer à la création d’un avenir sexuel positif et inclusif.

Pour plus d’informations sur les cinq principaux domaines de l’industrie de la technologie du sexe, y compris les prévisions sur ce à quoi s’attendre dans les prochaines décennies, lisez le rapport complet du Future of Sex Report ici.

Jenna Owsianik est une journaliste canadienne et rédactrice en chef de FutureofSex.net. La publication, qui explore l’intersection du sexe et de la technologie, fait partie du groupe Rh7thm.

traduction Thomas Jousse

Futurism

Une vitamine qui arrête le processus de vieillissement des organes

Communiqué de presse de l’École polytechnique fédérale de Lausanne

En administrant de la nicotinamide riboside à des souris déjà âgées, des chercheurs de l’EPFL ont pu réactiver la régénération de leurs organes vieillissants et prolonger leur vie. Une méthode encourageante pour traiter certaines maladies dégénératives.

NR treatment rescues neural stem cell decline in aged mice

Étonnante, la nicotinamide riboside (NR). Déjà mise en lumière à plusieurs reprises pour son aptitude à améliorer le fonctionnement du métabolisme, elle dévoile aujourd’hui une partie de ses secrets grâce à l’analyse d’une équipe de chercheurs du Laboratoire de physiologie intégrative de l’EPFL (LISP), dirigé par Johan Auwerx. L’un de ses doctorants, Hongbo Zhang, signe aujourd’hui dans Science un article décrivant les effets bénéfiques de la NR sur le fonctionnement des cellules souches. Ceux-ci s’apparentent à une véritable cure de jouvence.

A la fin de leur vie, les souris, comme tout autre mammifère, voient en effet diminuer leur capacité à régénérer certains de leurs organes, tels que le foie, les reins ou les muscles – dont le cœur. Leur aptitude à les réparer après un traumatisme s’en ressent également. S’ensuivent de nombreux troubles typiques de la vieillesse.

NR treated aged mice have improved muscle regeneration ability

Les mitochondries – utiles aussi dans les cellules souches

A l’EPFL, en partenariat avec des collègues de l’ETH Zurich, de l’Université de Zurich et d’universités canadienne et brésilienne, Hongbo Zhang a voulu comprendre de quelle manière ce processus de régénération s’altérait avec l’âge. En suivant plusieurs marqueurs, il a pu identifier la chaîne moléculaire régulant le fonctionnement des mitochondries, les « usine énergétiques » des cellules, et son évolution avec l’âge. Le rôle des mitochondries pour le métabolisme a déjà été largement démontré, « mais nous avons pu mettre en évidence pour la première fois l’importance de leur bon fonctionnement dans les cellules souches », souligne Johan Auwerx, directeur du LISP.

Or ce sont ces cellules souches qui, réagissant aux signaux envoyés par l’organisme, sont normalement en mesure de régénérer des organes affectés, en produisant de nouvelles cellules spécifiques. Du moins chez les jeunes. « Nous avons démontré que la fatigue des cellules souches était l’une des causes principales conduisant à une mauvaise régénération, voire une dégénérescence de certains tissus ou organes », ajoute Hongbo Zhang.

Raison pour laquelle les scientifiques ont voulu « revitaliser » les cellules souches musculaires de souris déjà âgées. Et ce, en ciblant précisément les molécules utiles au bon fonctionnement des mitochondries. « Nous avons donné de la nicotinamide riboside à des souris âgées de 2 ans, soit à l’automne de leur vie, poursuit le chercheur. Cette substance, proche de la vitamine B3, est le précurseur de la molécule NAD+, dont le rôle est crucial pour l’activité mitochondriale. Nos résultats sont extrêmement prometteurs : la régénération musculaire est bien meilleure chez les souris ayant reçu la NR, et elles vivent plus longtemps que celles qui n’en ont pas eu. »

Muscle stem cells from NR treated mice have better transplantation efficiency

Une avancée pour la médecine régénérative

Des études parallèles ont démontré qu’un effet comparable pouvait être observé sur des cellules souches du cerveau ou de la peau. « Ces travaux donnent des perspectives très intéressantes dans le domaine de la médecine régénérative, estime Johan Auwerx. On ne parle pas ici d’introduire des corps étrangers dans l’organisme, mais de lui réapprendre à se réparer tout seul, avec un produit qu’il suffit d’ingérer avec son repas. » Outre les effets du vieillissement, ces travaux pourraient s’appliquer au traitement de certaines maladies telles que la dystrophie musculaire (myopathie), qui peut toucher les jeunes et leur être fatale.

Jusqu’à ce jour, aucun effet secondaire néfaste n’a été constaté lors de l’utilisation de NR, même à haute dose. La prudence reste toutefois de mise avant d’envisager d’en absorber en tant qu’« élixir de jouvence » : comme elle semble stimuler le fonctionnement de toutes les cellules, il pourrait en être de même pour des cellules pathologiques. Des études approfondies doivent donc encore être menées.

Note : cet article est publié en ligne par le journal Science le jeudi 28 avril 2016 à 20h (CET), sous le titre « Improving mitochondrial function by NAD+ repletion improves mitochondrial and stem cell function and enhances lifespan in mice ».

Hongbo Zhang, Dongryeol Ryu, Yibo Wu, Karim Gariani, Xu Wang, Peiling Luan, Davide D’amico, Eduardo R. Ropelle, Matthias P. Lutolf, Ruedi Aebersold, Kristina Schoonjans, Keir J. Menzies, Johan Auwerx. NAD repletion improves mitochondrial and stem cell function and enhances lifespan in mice.
Science, 2016 DOI: 10.1126/science.aaf2693

Un projet de cellules souches robotique est à venir au Royaume-Uni

L’Université d’Aston au Royaume-Uni a reçu des fonds (6 millions d’euros) par le biais du programme Horizon 2020 de la Commission européenne pour faciliter le consortium AUTOSTEM dans leur recherche sur les cellules souches. Avec NUI Galway en Irlande, ils espèrent régler les défis actuels dans la fabrication de cellules souches.

Les thérapies par les cellules souches ont le potentiel pour traiter actuellement les besoins des patients non satisfaits et de fournir des traitements pour des conditions telles que le diabète, maladie cardiaque et maladie de Parkinson. Cependant, les méthodes actuelles de fabrication des cellules souches adultes sont coûteuses, nécessites beaucoup de temps et de mains-d’œuvre, donc incapables de satisfaire la demande prévue des patients” explique Dr. Qasim Rafiq dans le communiqué.

“Notre projet élaborera un système robotique évolutif et automatisé pour la croissance des cellules souches adultes, ce qui nous permet de réduire considérablement les coûts associés aux cellules souches et aider à améliorer la qualité de vie des patients dans le monde entier”.

Les fonds serviront à mettre l’accent sur le développement d’un produit qui pourrait être en mesure de guérir des milliers de patients dans le monde entier. Le processus consiste à isoler et purifier les cellules souches adultes provenant de la moelle osseuse, puis ces cellules souches seront cultivées dans des bioréacteurs pour produire la quantité de cellules souches saines pour être placé dans le corps du patient. Ce qui est spécial au sujet de leur installation, c’est que la salle blanche hautement stérile et aseptique sera exploitée par un système robotisé.

Le traitement des cellules souches a été utilisé pour plusieurs maladies comme la maladie de Parkinson, Alzheimer, traumatismes médullaires (lésions de la moelle épinière), leucémie et lymphome, pour n’en nommer que quelques-uns.

source : National Centre for Universities and Business

Les cellules souches utilisées pour remplacer une partie du cerveau humain

Shared science: Scientists at Riken’s Center for Developmental Biology in Kobe have coaxed human embryonic stem cells into developing the cell type and structure necessary to replicate a working pituitary gland

Scientifiques de Riken Center for Developmental Biology à Kobe ont cultivé en laboratoire une partie vitale du cerveau humain à partir de zéro. Eh bien, en fait, pas tout à fait à partir de zéro. L’équipe a cajolé les cellules souches embryonnaires humaines — des cellules essentielles dans notre corps qui ont la capacité de se transformer en n’importe quelle cellule particulière — en développant le type cellulaire et la structure nécessaire pour répliquer une glande pituitaire de travail. Ou, comme ils le décrivent, une structure tridimensionnelle hypophysaire.

Ils ont ensuite transplanté la glande de cellules souches sur des souris sans glandes pituitaires. Les souris ont récupéré et ont continué à vivre une vie normale.

« Il s’agit d’une étape excitante vers notre but ultime, qui est d’être en mesure de repousser des organes pleinement fonctionnels en laboratoire, » dit Takashi Tsuji, chef du centre de laboratoire de biologie du développement pour la régénération d’organe (Center for Developmental Biology’s Laboratory for Organ Regeneration). « Nous allons continuer d’aller de l’avant avec les expériences pour cultiver d’autres parties du corps. »

L’hypophyse est un organe de la taille d’un pois caché profondément dans le cerveau. Elle produit des hormones, mais contrôle également l’activité des autres glandes productrices d’hormone importante, y compris les surrénales et la thyroïde.

Les souris qui ont reçu l’hypophyse humaine avaient des lésions sur leurs propres glandes pituitaires. Habituellement, c’est mortel car les souris sont incapables de produire assez d’hormones clés, mais la transplantation s’est efforcée de fournir aux souris le bon équilibre d’hormones. Les souris avec la transplantation ont vécu trois fois plus longtemps que celles avec les lésions sur leur glande pituitaire. Puisque les souris étaient une souche particulière sans un système immunitaire fort, les hypophyses humaines n’ont pas été rejetées par le corps.

Hidetaka Suga, un des auteurs de ce nouveau rapport, est réticent pour préciser quand une hypophyse cultivée en laboratoire pourrait être prête à être utilisée chez des patients humains. Quand on lui demande quels sont les autres organes sur lesquels il travaillait, il répondit : “Désolé, c’est un secret” (est-ce l’hypothalamus ?).

Le domaine est connu comme la médecine régénérative. Pendant de nombreuses années, la régénération a été quelque chose que nous avons observé chez les animaux comme les lézards, qui sont en mesure de faire repousser leur queue si elle tombe, et animaux tels que les concombres de mer, qui peuvent régénérer l’ensemble complet de leurs organes internes. Cependant, pendant les 20 dernières années, ça a été une branche de la médecine qui cherche à se développer et pour remplacer des organes humains endommagés.

Les retombées potentielles pour le succès dans ce domaine sont énormes, c’est pourquoi il y a une pression telle sur les chercheurs pour démontrer cette invention révolutionnaire.

source : Japan Times
Étude publiée dans Nature doi:10.1038/ncomms10351 (version PDF)

Transhumanisme et Cellules Souches – travail à la frontière de la gériatrie biomédicale

La recherche scientifique biomédicale dans le domaine des cellules souches et plus largement de la médecine régénérative offre aujourd’hui des promesses d’applications thérapeutiques révolutionnaires pour de nombreuses maladies. Pourtant, il semble que pour certains, ces avancées pourraient servir d’autres desseins, notamment en ce qui concerne l’amélioration biologique de l’humain vers des objectifs de contrôle voire d’inversion du processus de vieillissement.

Beaucoup de ceux qui tiennent à ces idées appartiennent à un mouvement, dit transhumaniste, où ils s’accordent sur des idées et valeurs communes concernant l’avenir de l’humain. Plus que cela, certains de ces acteurs transhumanistes prennent activement part à la recherche scientifique et orientent celle-ci vers les valeurs qu’ils soutiennent, touchant ainsi aux frontières de disciplines scientifiques établies et à la démarcation entre science et pseudoscience.

En s’appuyant sur les concepts de recherche confinée / recherche de plein air, de forum hybride et de travail aux frontières, la présente recherche explore la place que les chercheurs transhumanistes occupent dans la recherche scientifique institutionnelle et se questionne sur la façon et les moyens qu’ils mettent en œuvre pour y prendre part.

À partir de la constitution et de l’analyse d’un corpus documentaire transhumaniste sur les cellules souches, mais aussi en décrivant le réseau auquel les chercheurs transhumanistes appartiennent, l’étude apporte une perspective nouvelle sur le mouvement transhumaniste. Les résultats obtenus montrent que les chercheurs transhumanistes ne se cantonnent pas à produire des discours et des représentations de leurs idées et de leurs valeurs, mais participent activement à la réalisation de celles-ci en menant eux-mêmes des recherches et en infiltrant la recherche scientifique institutionnelle.

Laurie Paredes, Université de Montréal Octobre 2014