Global Trends : Les tendances mondiales 2040

7e éd. du rapport des tendances mondiales 2040 du National Intelligence Council

Global Trends

Global Trends évalue les principales tendances et incertitudes qui façonneront l’environnement stratégique des États-Unis au cours des deux prochaines décennies.

Cette analyse est présentée avec humilité, sachant que l’avenir se déroulera invariablement d’une manière qui n’aura pas été prévue. Bien que Global Trends soit nécessairement plus spéculatif que la plupart des évaluations du renseignement, ils s’appuient sur les principes fondamentaux de leur métier d’analyste : il envisagent des hypothèses alternatives et la façon dont ils pourraient se tromper ; et ils ne défendent pas de positions ou de préférences politiques. Global Trends reflète le point de vue du National Intelligence Council sur ces tendances futures ; il ne représente pas le point de vue officiel et coordonné de la US Intelligence Community ni la politique américaine.

Ce rapport se compose de trois sections générales.

Tout d’abord, il examine les forces structurelles dans quatre domaines essentiels : la démographie, l’environnement, l’économie et la technologie. La deuxième section examine comment ces forces structurelles interagissent et se croisent avec d’autres facteurs pour affecter les dynamiques émergentes à trois niveaux d’analyse : les individus et la société, les États et le système international. Enfin, la troisième section identifie plusieurs incertitudes clés et les utilise pour créer cinq scénarios futurs pour le monde en 2040. Ces scénarios n’ont pas vocation à être des prédictions mais à élargir l’éventail des possibilités, en explorant diverses combinaisons de la manière dont les forces structurelles, les dynamiques émergentes et les incertitudes clés pourraient se manifester.

LES FORCES STRUCTURELLES : DÉFINITION DES PARAMÈTRES

Les tendances en matière de démographie et de développement humain, d’environnement, d’économie et de technologie jettent les bases et construisent les limites de notre monde futur. Dans certaines régions, ces tendances s’intensifient, comme les changements climatiques, la concentration de la population dans les zones urbaines et l’émergence de nouvelles technologies.

Dans d’autres domaines, les tendances sont plus incertaines : les progrès en matière de développement humain et de croissance économique devraient ralentir, voire s’inverser dans certaines régions, mais un ensemble de facteurs pourrait modifier cette trajectoire. La convergence de ces tendances offrira des possibilités d’innovation, mais certaines communautés et certains États auront du mal à faire face et à s’adapter.

Même les progrès apparents, tels que les technologies nouvelles et avancées, perturberont la vie et les moyens de subsistance de nombreuses personnes, qui se sentiront en insécurité et devront s’adapter.

Les tendances les plus certaines au cours des 20 prochaines années seront des changements démographiques majeurs, la croissance de la population mondiale ralentissant et le monde vieillissant rapidement.

Certaines économies développées et émergentes, notamment en Europe et en Asie de l’Est, vieilliront plus rapidement et seront confrontées à une contraction de leur population, ce qui pèsera sur la croissance économique.

À l’inverse, certains pays en développement d’Amérique latine, d’Asie du Sud, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord bénéficient d’une population en âge de travailler plus nombreuse, ce qui offre des possibilités de dividende démographique si cela s’accompagne d’améliorations des infrastructures et des compétences.

Le développement humain, notamment la santé, l’éducation et la prospérité des ménages, a connu des améliorations historiques dans toutes les régions au cours des dernières décennies. De nombreux pays auront du mal à tirer parti de ces réussites, voire à les pérenniser.

Les améliorations passées se sont concentrées sur les éléments fondamentaux que sont la santé, l’éducation et la réduction de la pauvreté, mais les prochains niveaux de développement sont plus difficiles et doivent faire face aux vents contraires de la pandémie de COVID-19, d’une croissance économique mondiale potentiellement plus lente, du vieillissement des populations et des effets des conflits et du climat.

Ces facteurs mettront les gouvernements au défi de fournir l’éducation et l’infrastructure nécessaires pour améliorer la productivité de leurs classes moyennes urbaines croissantes dans une économie du XXIe siècle. Alors que certains pays relèvent ces défis et que d’autres n’y parviennent pas, il est presque certain que l’évolution des tendances démographiques mondiales aggravera les disparités en termes d’opportunités économiques au sein des pays et entre eux au cours des deux prochaines décennies, tout en créant davantage de pressions et de conflits liés à la migration.

Dans le domaine de l’environnement, les effets physiques du changement climatique devraient s’intensifier au cours des deux prochaines décennies, en particulier dans les années 2030. Des tempêtes, des sécheresses et des inondations plus extrêmes, la fonte des glaciers et des calottes glaciaires et l’élévation du niveau des mers accompagneront la hausse des températures.

L’impact se fera sentir de manière disproportionnée sur le monde en développement et les régions les plus pauvres et se conjuguera avec la dégradation de l’environnement pour créer de nouvelles vulnérabilités et exacerber les risques existants pour la prospérité économique, l’alimentation, l’eau, la santé et la sécurité énergétique.

Les gouvernements, les sociétés et le secteur privé vont probablement développer les mesures d’adaptation et de résilience pour gérer les menaces existantes, mais il est peu probable que ces mesures soient réparties uniformément, laissant certaines populations à la traîne. Les débats se multiplieront sur la manière et la rapidité avec laquelle il convient d’atteindre le niveau zéro d’émissions de gaz à effet de serre.

Au cours des deux prochaines décennies, plusieurs tendances économiques mondiales, notamment l’augmentation de la dette nationale, un environnement commercial plus complexe et fragmenté, une réorientation des échanges et de nouvelles perturbations de l’emploi, sont susceptibles de façonner les conditions au sein et entre les États. De nombreux gouvernements risquent de voir leur marge de manœuvre réduite alors qu’ils doivent faire face à une dette plus lourde, à des règles commerciales diverses et à un éventail plus large de puissants acteurs étatiques et privés exerçant une influence.

Les grandes sociétés dotées de plates-formes – qui offrent des marchés en ligne à un grand nombre d’acheteurs et de vendeurs – pourraient favoriser la poursuite de la mondialisation des échanges et aider les petites entreprises à se développer et à accéder aux marchés internationaux. Ces entreprises puissantes sont susceptibles d’essayer d’exercer une influence dans les arènes politiques et sociales, ce qui pourraient amener les gouvernements à imposer de nouvelles restrictions.

Les économies asiatiques semblent prêtes à poursuivre des décennies de croissance au moins jusqu’en 2030, bien que cela puisse être plus lent. Il est peu probable qu’elles atteignent le produit intérieur brut (PIB) par habitant ou l’influence économique des économies avancées actuelles, notamment les États-Unis et l’Europe. La croissance de la productivité reste une variable clé ; une augmentation du taux de croissance pourrait atténuer de nombreux problèmes économiques, de développement humain et autres défis.

La technologie offrira la possibilité d’atténuer les problèmes, comme le changement climatique et les maladies, et de créer de nouveaux défis, comme la délocalisation des emplois. Les technologies sont inventées, utilisées, diffusées, puis abandonnées à une vitesse toujours plus grande dans le monde entier, et de nouveaux centres d’innovation apparaissent.

Au cours des deux prochaines décennies, le rythme et la portée des développements technologiques devraient s’accélérer encore, transformant toute une série d’expériences et de capacités humaines tout en créant de nouvelles tensions et perturbations au sein et entre les sociétés, les industries et les États. Des rivaux étatiques et non étatiques se disputeront le leadership et la domination dans le domaine de la science et de la technologie, avec des risques et des implications en cascade pour la sécurité économique, militaire et sociétale.

LA TECHNOLOGIE

Principaux points à retenir

Au cours des deux prochaines décennies, le rythme et l’impact des évolutions technologiques devraient s’accélérer, transformant et améliorant les expériences et les capacités humaines. Ces évolutions offriront la possibilité de relever des défis tels que le vieillissement, le changement climatique et la faible croissance de la productivité. De nouvelles tensions et perturbations vont se créer au sein et entre les sociétés, les industries les États.

Les prochaines décennies verront s’intensifier la concurrence mondiale pour les éléments essentiels de la suprématie technologique, tels que le talent, la connaissance et les marchés, ce qui pourrait donner naissance à de nouveaux leaders ou hégémonies technologiques.

La course à la domination technologique est inextricablement liée à l’évolution de la géopolitique et à la rivalité plus large entre les États-Unis et la Chine. Mais l’avantage technologique sera renforcé par les entreprises qui ont une vision à long terme, des ressources et une portée mondiale.

Les technologies et les applications dérivées seront disponibles pour une adoption rapide. Ce qui permettra aux pays en développement de tirer parti des dernières avancées fondamentales, de développer des applications mondiales dans des domaines de niche et de contribuer aux chaînes d’approvisionnement mondiales.

DYNAMIQUES ÉMERGENTES

Ces forces structurelles, ainsi que d’autres facteurs, se croiseront et interagiront au niveau des sociétés, des États et du système international, créant des opportunités et des défis pour les communautés, les institutions, les entreprises et les gouvernements.

Ces interactions sont également susceptibles de produire une contestation plus importante à tous les niveaux que celle observée depuis la fin de la guerre froide, reflétant des idéologies différentes ainsi que des points de vue contrastés sur la manière la plus efficace d’organiser la société et de relever les nouveaux défis.

Au sein des sociétés, on observe une fragmentation et une contestation croissantes des questions économiques, culturelles et politiques. Des décennies de gains constants en termes de prospérité et d’autres aspects du développement humain ont amélioré les conditions de vie dans toutes les régions et suscité l’espoir d’un avenir meilleur. Alors que ces tendances se stabilisent et se combinent à des changements sociaux et technologiques rapides, de larges pans de la population mondiale se méfient des institutions et des gouvernements qu’ils considèrent comme peu désireux ou incapables de répondre à leurs besoins.

Les manifestations, comme ici en Algérie, se sont multipliées dans le monde entier au cours de la dernière décennie, reflétant le mécontentement de la population sur toute une série de sujets tels que les inégalités, la répression politique, la corruption et le changement climatique. Credit: Amine M’Siouri / Pexels

Les gens se tournent vers des groupes familiers et partageant les mêmes idées pour assurer leur communauté et leur sécurité, notamment les identités ethniques, religieuses et culturelles, ainsi que les groupements autour d’intérêts et de causes, comme l’environnementalisme. La combinaison d’allégeances identitaires nouvelles et diverses et d’un environnement d’information plus cloisonné met en évidence et aggrave les lignes de fracture au sein des États, sape le nationalisme civique et accroît la volatilité.

Au niveau de l’État, les relations entre les sociétés et leurs gouvernements dans toutes les régions risquent de connaître des tensions persistantes en raison d’un décalage croissant entre les besoins et les attentes des populations et ce que les gouvernements peuvent et veulent offrir. Dans chaque région, les populations disposent de plus en plus d’outils, de capacités et d’incitations pour faire pression en faveur de leurs objectifs sociaux et politiques préférés et pour exiger davantage de leurs gouvernements afin de trouver des solutions.

Alors que les populations sont de plus en plus autonomes et exigent davantage, les gouvernements sont soumis à une pression accrue en raison de nouveaux défis et de ressources plus limitées. Ce fossé grandissant laisse présager une plus grande volatilité politique, une dégradation de la démocratie et un élargissement du rôle des autres prestataires de services de gouvernance. Avec le temps, cette dynamique pourrait ouvrir la porte à des changements plus importants dans la façon dont les gens gouvernent.

Dans le système international, il est probable qu’aucun État ne sera en mesure de dominer toutes les régions ou tous les domaines, et qu’un plus grand nombre d’acteurs se feront concurrence pour façonner le système international et atteindre des objectifs plus précis.

L’accélération de l’évolution de la puissance militaire, de la démographie, de la croissance économique, des conditions environnementales et de la technologie, ainsi que le durcissement des divisions sur les modèles de gouvernance, sont susceptibles de renforcer la concurrence entre la Chine et une coalition occidentale dirigée par les États-Unis.

Des puissances rivales vont se bousculer pour façonner les normes, les règles et les institutions mondiales, tandis que des puissances régionales et des acteurs non étatiques pourraient exercer une plus grande influence et prendre des initiatives sur des questions laissées en suspens par les grandes puissances. Ces interactions très variées sont susceptibles de produire un environnement géopolitique plus enclin aux conflits et plus volatil, de miner le multilatéralisme mondial et d’élargir l’inadéquation entre les défis transnationaux et les arrangements institutionnels pour les relever.

SCÉNARIOS ALTERNATIFS POUR 2040

Les réponses de l’homme à ces moteurs essentiels et à ces dynamiques émergentes détermineront la manière dont le monde évoluera au cours des deux prochaines décennies.

Parmi les nombreuses incertitudes qui planent sur l’avenir, le rapport a exploré trois questions clés concernant les conditions régnant dans des régions et des pays spécifiques et les choix politiques des populations et des dirigeants qui façonneront l’environnement mondial.

À partir de ces questions, le rapport a élaboré cinq scénarios pour des mondes alternatifs en 2040.

– Quelle est le degré de difficulté des défis mondiaux à venir ?
– Comment les États et les acteurs non étatiques s’engagent-ils dans le monde, y compris l’orientation et le type d’engagement ?
– Enfin, quelles sont les priorités des États pour l’avenir ?

Dans la Renaissance des démocraties, le monde est au cœur d’une résurgence de démocraties ouvertes menées par les États-Unis et leurs alliés. Les progrès technologiques rapides favorisés par les partenariats public-privé aux États-Unis et dans d’autres sociétés démocratiques transforment l’économie mondiale, augmentent les revenus et améliorent la qualité de vie de millions de personnes dans le monde. La marée montante de la croissance économique et des réalisations technologiques permet de répondre aux défis mondiaux, d’atténuer les divisions sociétales et de renouveler la confiance du public dans les institutions démocratiques. En revanche, des années de contrôles et de surveillance sociétales croissantes en Chine et en Russie ont étouffé l’innovation, alors que des scientifiques et des entrepreneurs de premier plan ont cherché asile aux États-Unis et en Europe.

Dans Un monde à la dérive, le système international est sans direction, chaotique et instable car les règles et les institutions internationales sont largement ignorées par les grandes puissances comme la Chine, les acteurs régionaux et les acteurs non étatiques. Les pays de l’OCDE sont en proie à une croissance économique plus lente, à des divisions sociétales croissantes et à une paralysie politique. La Chine profite des difficultés de l’Occident pour étendre son influence internationale, en particulier en Asie, mais Pékin n’a ni la volonté ni la puissance militaire nécessaires pour assumer le leadership mondial, laissant de nombreux défis mondiaux, tels que le changement climatique et l’instabilité dans les pays en développement, largement sans réponse.

Dans le cadre de la coexistence compétitive, les États-Unis et la Chine ont donné la priorité à la croissance économique et ont rétabli une relation commerciale solide, mais cette interdépendance économique existe parallèlement à la concurrence pour l’influence politique, les modèles de gouvernance, la domination technologique et l’avantage stratégique. Le risque de guerre majeure est faible, et la coopération internationale et l’innovation technologique rendent les problèmes mondiaux gérables à court terme pour les économies avancées, mais les défis climatiques à plus long terme demeurent.

Dans des silos séparés, le monde est fragmenté en plusieurs blocs économiques et de sécurité de taille et de force variables, centrés sur les États-Unis, la Chine, l’Union européenne (UE), la Russie et quelques puissances régionales ; ces blocs sont axés sur l’autosuffisance, la résilience et la défense. Les informations circulent dans des enclaves cyber-souveraines distinctes, les chaînes d’approvisionnement sont réorientées et le commerce international est perturbé. Les pays en développement vulnérables sont pris entre deux feux, certains étant sur le point de devenir des États en faillite. Les problèmes mondiaux, notamment le changement climatique, sont traités de façon sporadique, voire pas du tout.

Dans le cadre d’une tragédie et d’une mobilisation, une coalition mondiale, dirigée par l’UE et la Chine et travaillant avec des organisations non gouvernementales et des institutions multilatérales revitalisées, met en œuvre des changements de grande ampleur destinés à lutter contre le changement climatique, l’épuisement des ressources et la pauvreté à la suite d’une catastrophe alimentaire mondiale causée par les événements climatiques et la dégradation de l’environnement. Les pays les plus riches s’efforcent d’aider les pays les plus pauvres à gérer la crise, puis à passer à des économies à faible émission de carbone par le biais de vastes programmes d’aide et de transferts de technologies énergétiques avancées, en reconnaissant la rapidité avec laquelle ces défis mondiaux s’étendent au-delà des frontières.

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Le Royaume-Uni prévoit de donner à tous les enfants un séquençage complet du génome à la naissance

“Nous donnerons à chaque enfant le meilleur départ possible dans la vie en veillant à ce qu’il reçoive les meilleurs soins médicaux possibles dès son entrée dans le monde.”

Le Royaume-Uni pourrait commencer à offrir le séquençage complet du génome à chaque enfant né dans le pays, selon un responsable.

Le secrétaire d’État à la Santé, Matt Hancock, voit dans la généralisation future du séquençage génétique un moyen d’offrir des soins “prédictifs et personnalisés” aux enfants atteints de maladies rares et d’autres maladies génétiques, selon The Telegraph.

Bien que les tests puissent théoriquement améliorer le traitement médical, ils soulèvent aussi une foule de questions sur la confidentialité médicale, le consentement et l’avenir de la race humaine.

À l’heure actuelle, le Royaume-Uni a l’intention d’offrir un séquençage complet du génome à chaque enfant atteint de cancer d’ici à la fin de 2019, selon The Telegraph, aux côtés d’adultes atteints d’un type de cancer ou d’autres maladies peu communes. Hancock espère toutefois aller encore plus loin dans cette initiative.

L’avenir de la médecine

Il affirme que le fait d’offrir des tests génétiques à chaque enfant né au Royaume-Uni entraînerait une “révolution génomique”, selon The Telegraph.

“Nous donnerons à chaque enfant le meilleur départ possible dans la vie en veillant à ce qu’il reçoive les meilleurs soins médicaux possibles dès son arrivée au monde “, a déclaré M. Hancock. “Les soins de santé prédictifs, préventifs et personnalisés – c’est l’avenir du NHS – et le séquençage du génome entier et la génomique vont jouer un rôle énorme à cet égard.”

Mais cela signifierait aussi que toute la séquence génétique des enfants sera cartographiée bien avant qu’ils puissent comprendre ce que cela signifie ou qu’ils n’acceptent de la faire faire. Au fur et à mesure que la science génomique se développe, les dilemmes au sujet de la protection de la vie privée et de ce qu’il advient des données après leur collecte sont encore loin d’être résolus.

L’avenir de la médecine

Comment la technologie façonnera les soins aux patients et améliorera les résultats

L’adoption généralisée de la technologie modifie le fonctionnement de la médecine, des techniques de soins de santé à l’expérience du patient.

Au fur et à mesure que la technologie médicale devient plus centrée sur le patient, les résultats sont susceptibles de s’améliorer. Les experts nous expliquent ce à quoi nous pouvons nous attendre à l’avenir.

Parfois, il semble que les soins de santé ne se sont guère améliorés depuis l’époque de nos parents : Nous rencontrons encore de longues attentes pour voir un médecin, de brefs rendez-vous, des tests incessants et un ennui qui conduit les patients à ne pas se sentir concernés par leurs propres soins. Mais la dernière génération de technologie médicale promet une expérience plus saine.

Les médecins, les infirmières et les patients verront une implication accrue dans les soins médicaux, auront moins de frais généraux non médicaux et obtiendront de meilleurs résultats en matière de santé et, espérons-le, une réduction des coûts pour les patients. On s’attend à ce que les améliorations apportées aux technologies de soins médicaux apportent des avantages significatifs aux patients, leur permettant de mieux contrôler leur capacité à diriger eux-mêmes leurs soins.

Les progrès aideront également les professionnels de la santé qui sont sous pression à obtenir des résultats qui sauveront des vies tout en s’occupant de toute la paperasserie de conformité exigée aujourd’hui. De plus, les professionnels de la santé seront en mesure de mieux adapter les procédures médicales aux besoins des patients et d’établir des diagnostics plus précis et personnalisés pour orienter les traitements.

En tout cas, c’est l’intention d’un grand nombre de personnes intelligentes qui travaillent à améliorer l’expérience.

Ce que vous devez savoir

Beaucoup de choses changent, rapidement. Ce rapport de 57 pages vous donne un aperçu des technologies qui auront un impact sur les soins médicaux, dans un avenir proche et un peu plus lointain. Vous trouverez des informations sur :

– Une technologie qui améliore tous les aspects des soins aux patients
– Une réduction des coûts pour les patients
– L’amélioration de la sécurité des informations et des dispositifs
– Des espaces médicaux intelligents
– Des prescriptions qui comprennent des aliments
– L’intégration d’appareils personnels dans les soins de santé

Les soins médicaux connaissent des changements rapides à mesure que la technologie s’intègre aux processus, aux dossiers des patients, aux diagnostics et même à l’alimentation des gens. L’utilisation de l’avantage technologique et de la quantité rapidement croissante de données qui peuvent être découvertes, analysées et appliquées change le fonctionnement quotidien de la médecine.

Le présent rapport couvre les domaines suivants :

La médecine dépend de la technologie pour améliorer l’avenir : La technologie améliore tous les aspects des soins aux patients, grâce à des outils spécialisés et à des analyses plus efficaces et plus rapides, ce qui réduit la charge de travail et améliore les résultats.

L’analytique ouvre la voie à la réduction des coûts : Des améliorations allant d’une meilleure gestion des installations à des opérations plus efficaces de la chaîne d’approvisionnement entraînent une réduction des coûts pour les patients.

Les nouvelles technologies exigent une nouvelle sécurité : alors que l’IoT médical est devenu monnaie courante, le modèle de la sécurité avant tout devient primordial. Un modèle de sécurité entièrement intégré doit être déployé. Un lit d’hôpital moyen héberge aujourd’hui plus d’une douzaine de dispositifs IoT.

Les installations médicales deviennent plus intelligentes : l’intégration numérique en temps réel, les intelligences artificielles à l’échelle de l’hôpital et les installations médicales intelligentes travaillent ensemble pour améliorer les résultats des patients.

Vous êtes ce que vous mangez : Les médicaments sur ordonnance combinés à des appareils personnels intégrés auront un impact important sur les soins de santé des patients.

L’avenir des soins de santé est numérique : Les nouvelles technologies intégreront les dispositifs portables (wearable) dans les soins de santé des patients, rationaliseront et amélioreront les processus et réduiront le gaspillage – réduction des coûts, amélioration des soins rendront les patients plus heureux et en meilleure santé.

La FDA approuve le premier système de réalité augmentée à usage chirurgical

La FDA a récemment approuvé le système de réalité augmentée OpenSight de Novarad, la première solution médicale de réalité augmentée pour Microsoft HoloLens autorisée à être utilisée dans la planification chirurgicale préopératoire.

La technologie permet de projeter des images 2D, 3D et 4D de patients de manière interactive en les superposant sur le corps du patient, selon un communiqué de presse de Novarad publié le 24 octobre.

OpenSight utilise spécifiquement le casque Microsoft HoloLens qui permet la visualisation simultanée des images 3D du patient en réalité augmentée, du patient réel et de son environnement réel. La technique peut réduire les temps opératoires et améliorer la planification chirurgicale et la compréhension des relations anatomiques.

« C’est une technologie transformatrice qui réunira l’imagerie préopératoire avec la réalité augmentée pour améliorer la précision, la rapidité et la sécurité des procédures médicales », a déclaré Wendell Gibby, MD, PDG de Novarad et co-créateur d’OpenSight. « Cette visualisation interne peut maintenant être réalisée sans que le chirurgien ne fasse d’incision, améliorant les résultats dans un monde de médecine plus précise. »

La technologie permet également une expérience multi-utilisateur, étant donné que plusieurs casques HoloLens peuvent être portés parmi les utilisateurs à des fins de formation ou cliniques. Une version pédagogique du logiciel est également disponible pour que les étudiants en médecine puissent effectuer des dissections virtuelles sur des cadavres, selon le communiqué de presse.

PMA-GPA et bioéthique en France

Les débats font rage en France au sujet de l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux femmes homosexuelles. Cela fait bien 50 ans que la réglementation française touchant à l’institution familiale se libéralise au profit de l’autonomie de l’individu : plus d’autonomie pour les femmes vis-à-vis des maris et des pères, divorce par consentement mutuel, autorité parentale partagée pour les couples… L’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules doit figurer dans la prochaine révision de la loi de bioéthique présentée avant la fin de cette année. Le projet de loi sera ensuite débattu au Parlement début 2019.

Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) a donc publié son avis n° 129 à la révision de la loi de bioéthique. Si elle ne touche pas (encore) à la GPA et à l’euthanasie, la contribution multiplie les transgressions au sujet de la PMA. Ce mardi 25 septembre 2018, le CCNE a donné un second avis favorable (comme il s’y était engagé juin 2017) à l’extension de la PMA à toutes les femmes, c’est-à-dire aux couples de femmes et aux femmes seules pour « pallier une souffrance induite par une infécondité résultant d’orientations personnelles ». La levée de l’anonymat des futurs donneurs de sperme, avec leur autorisation, est parallèlement défendue par le comité. Le CCNE s’oppose à la GPA au nom du « respect de la personne humaine, refus de l’exploitation de la femme, refus de la réification de l’enfant, indisponibilité du corps humain et de la personne humaine ».

Quelques innovations sont également présentes : une ouverture à l’auto-conservation des ovocytes c’est-à-dire le prélèvement des ovocytes, leur vitrification puis leur conservation pour pouvoir les utiliser au moment choisi par la femme. Ou encore la PMA post-mortem soit le « transfert in utero d’un embryon cryoconservé après le décès de l’homme ». Charmant. Le Comité libéralise également la recherche d’aneuploidies (trisomies 21, 18 et 13) dans le cas de fécondations in vitro avec diagnostic pré-implantatoire, de même que les études scientifiques et les modifications génétiques sur l’embryon (sur les surnuméraires issus de PMA) tant qu’il n’y a pas ensuite transfert de l’embryon vers un utérus. Il s’interroge également sur la nécessité d’inscrire les deux critères de « finalité médicale » et « d’absence d’alternative à la recherche » dans la loi.

De plus, le CCNE propose que la recherche sur les embryons et celle sur les cellules souches embryonnaires n’aient plus le même régime juridique, « ouvrant la voie à de nombreuses manipulations sur l’humain » selon Génèthique, premier site francophone d’actualité bioéthique. L’interdiction de création d’embryons à des fins de recherche est tout de même conservée, comme celle des embryons transgéniques en vue d’une implantation ou encore celle des embryons chimériques insérant des cellules humaines dans un embryon animal [processus déjà enclenché dans d’autres pays cf. Géopolitique Profonde n°6, juillet-août 2018, p.23, 24]. La limite temporelle de culture de l’embryon reste fixée à 14 jours, mais la note demande des précisions sur cette limite qui n’a jamais reçu de justification scientifique.

Nous pouvons d’ores et déjà constater que la révision régulière des lois bioéthiques amène n’importe quelle idée à devenir finalement légitime avec le temps d’une propagande bien dosée. « Le CCNE se condamne ainsi à n’être qu’une caisse enregistreuse des évolutions sociétales ». Par ailleurs, « on peut également s’interroger sur les priorités d’un gouvernement qui rogne sur le remboursement de certains actes médicaux, d’une part, et qui pourrait, d’autre part, légaliser des opérations médicales pour des femmes qui ne sont pas malades… ».

Les limites de la PMA

Pour défendre l’ouverture de l’accès de la PMA, certains arguments du CCNE peuvent être rationnellement rejetés. Par exemple, selon la journaliste Charlotte d’Ornella, l’argument de la « discrimination » ne tient pas, car les questions bioéthiques cruciales du statut de l’embryon humain, de la question du tiers donneur et des origines de l’enfant, sont valables pour tout demandeur (femme seule, couple stérile, homosexuel, hétérosexuel…). D’ailleurs, le Conseil d’État a récemment invalidé cet argument : « les couples formés d’un homme et d’une femme sont, au regard de la procréation, dans une situation différente de celle des couples de personne de même sexe ». La PMA élargie ajoute en plus l’institutionnalisation de l’absence de père en violation de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant qui stipule que ce dernier a « dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevés par eux ».

En France, seulement quelques centaines d’hommes (255 en 2015) acceptent de donner leur sperme. Avec l’ouverture de la PMA, l’offre de gamètes actuelle ne peut répondre à un accroissement du procédé, car il manque actuellement 300 dons de spermatozoïdes par an à destination des couples infertiles. De plus, il faut attendre entre un et deux ans pour bénéficier d’un don. La levée de l’anonymat des donneurs va très probablement décourager ce nombre déjà très faible de volontaires. Le délai d’un à deux ans pour bénéficier d’un don risque de s’allonger. L’arrivée de la rémunération des donneurs à l’anglo-saxonne sera probablement la seule solution pour débloquer cette situation. Le risque d’inceste associé au don de masse de gamètes sera à signaler à ce moment-là.

Au niveau santé et bien-être, un manifeste de 1760 médecins, dont 100 gynécologues, 80 psychiatres, 80 pédiatres, 750 généralistes jugent que l’enfant sera la première victime de la « PMA pour toutes ». Selon eux, « rien ne justifie, pas même le désir naturel d’enfant chez une femme, que les médecins prêtent leur concours à la “fabrication” d’enfants privés volontairement de père et de racines paternelles. Nous savons bien que ces enfants souffriraient tôt ou tard de séquelles psycho-affectives ».

Selon une récente étude suisse disponible dans la revue de l’American College of Cardiology, le risque d’hypertension est six fois plus élevé chez les enfants conçus par PMA. D’autres études faites sur des enfants issus de PMA relèvent que leurs fragilités cardiovasculaires sont plus nombreuses. En plus d’un taux d’échec élevé (la PMA ne permet qu’à un couple infertile sur deux de devenir parent) et peu mis en avant, la prématurité (deux fois plus importante que dans une grossesse naturelle) et les bébés en sous-poids à la naissance sont plus courants lors de PMA. Des facteurs favorisant également les maladies cardiovasculaires et le diabète de type II à long terme.

Rappelons-nous que le gouvernement Hollande hésitait déjà à démocratiser la PMA lors de l’arrivée du mariage homosexuel de 2013. En parlant de démocratie, les oppositions ont été tellement virulentes dans toutes les strates de la société face à l’ouverture du mariage pour tous que le sujet de la PMA n’a plus été abordé par le gouvernement de l’époque, le temps que cela se tasse. Cinq ans plus tard, nous y sommes. La GPA mettra sûrement plus de temps à arriver en France, mais suivra le même processus. Au nom de l’égalitarisme abstrait et de la concurrence juste et mieux réglementée que les GPA faites à l’étranger dans de mauvaises conditions, une GPA propre et made in France émergera inéluctablement s’il n’y a pas une (réelle) rupture politique d’ici là. Sur l’extension de la PMA à la GPA, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, répond que « ce n’est absolument pas la même problématique, arrêtons de tout mélanger ! ». Et bien si, nous allons faire l’amalgame en observant les pays plus avancés sur ces questions de procréation à la demande.

Bioéthique : Priver un enfant de son ascendance, c’est le mutiler

La GPA est en réalité effective en France

« Dans tous les pays où la GPA est autorisée, on n’a jamais vu une femme riche porter l’enfant d’une femme pauvre » souligne très justement Marie-Josephe Devillers, de l’association CQFD Lesbiennes Féministes. Cette association a, en lien avec le collectif pour le respect de la personne Corp (pour la suppression de la GPA) et le Mouvement Nid (pour l’arrêt de la prostitution), lancé une coalition internationale pour abolir la GPA. De nos jours, les homosexuels vivant en France privilégient plus les techniques de PMA/GPA que l’adoption et ses procédures longues et complexes. Chez les hommes homosexuels, ils y sont favorables à 44 % par rapport à l’adoption, tandis que le chiffre s’élève à 73 % pour les femmes lesbiennes.

Malgré l’interdiction de la GPA en France, elle reste pourtant bien réelle, car valable pour la justice à cause de l’absence de frontière et de la libre circulation. Par exemple, en juillet 2017, la Cour de cassation avait ouvert la voie à la reconnaissance légale de deux parents en France pour les enfants nés d’une GPA à l’étranger. Cette reconnaissance devant obligatoirement passer par une procédure d’adoption « simple » et non « plénière » par le conjoint du parent biologique. Dans l’adoption plénière, l’enfant adopté est assimilé à un enfant par le sang et la famille adoptive remplace définitivement la famille d’origine. Au contraire, l’adoption simple laisse subsister le lien de filiation d’origine, et lui ajoute un second lien adoptif.

La Cour d’appel de Paris est tout récemment allée plus loin mi-septembre 2018 en validant une demande d’adoption plénière et non simple de jumelles nées en 2011 d’une GPA au Canada. C’est la première fois qu’en France, la justice reconnaît une adoption par le deuxième père, selon l’avocate du couple homosexuel. Régulièrement saisie dans des procédures liées à la GPA, la Cour de cassation doit examiner prochainement deux demandes distinctes de transcription à l’état civil français d’actes de naissance d’enfants nés de cette procréation à l’étranger, jusqu’alors refusé par la justice.

Alors que l’adoption a pour but de réparer la privation de parents, la GPA fait le contraire en organisant l’éclatement de figure de la mère, puisque plusieurs femmes peuvent intervenir lors de cette technique de maternité. Ce que l’adoption répare, la GPA le provoque : une situation d’abandon pour rendre la marchandise (l’enfant) disponible pour satisfaire les besoins des clients.

Faire des enfants demain

Tour d’horizon des pratiques de procréation monétisées

Le phénomène est parfaitement illustré en Belgique. La quatrième édition de la conférence européenne de l’organisation américaine Men having babies a eu lieu à Bruxelles les 22 et 23 septembre 2018. Ce salon de vente d’enfants, avec catalogues de mères porteuses, location d’utérus et autres échanges de biens apparemment acceptables, est destiné aux couples homosexuels masculins. Les clients potentiels sont mis en relation avec les firmes US et canadiennes et doivent préparer des sommes allant de 95 000 $ à 160 000 $ tout compris pour obtenir le bébé de leur choix. Ici, l’enfant est donc un pur produit marchand qui s’achète et se vend selon l’offre et la demande. Des sociétés américaines viennent également dans l’Hexagone proposer des GPA aux Français, un délit d’entremise qui relève du pénal. Les sociétés de GPA sont généralement transnationales pour pouvoir se déplacer en fonction de l’évolution des lois des pays où elles s’implantent. La demande est forte et la technologie est simple (prélèvement d’ovocytes et de sperme, FIV) : tous les ingrédients sont réunis pour générer le profit. Pour faire une GPA dans le monde, la fourchette s’étend de 30 000 à 150 000 €.

La GPA est autorisée dans des pays tels que la Belgique, le Royaume-Uni, le Japon, dans certains états US ou au Canada, mais que voulez-vous le coût du travail y est élevé ! Alors depuis que l’Inde, la Thaïlande, le Cambodge, le Népal et d’autres pays asiatiques ont réglementé voire interdit la GPA low cost aux étrangers, au vu de l’attractivité de la pratique et des dérives qu’elle amène, les Occidentaux se sont tournés de plus en plus vers l’Europe de l’Est ces dernières années. Avec ses lois libérales sur la question, l’Ukraine est une destination prédominante. La législation du pays stipule que le bébé appartient aux « futurs parents » et que la mère porteuse est dépossédée de ses droits parentaux dès la conception. Là-bas tout se loue, tout se vend : ovules, sperme, ventre… et cela ne date pas de la révolution euro-otanesque de Maïdan de 2014, mais de décisions politiques antérieures.

La Russie est également un pays assez libéral sur la GPA, contrairement à ce que l’on pourrait penser au premier abord. Elle le justifie dans le cadre de sa politique démographique nataliste. La méthode est considérée comme une manière d’augmenter le taux de naissance dans la fédération. Sur place, l’encadrement plutôt flou permet, par exemple, à la gestatrice de décider de garder l’enfant au dernier moment, sans recours possible des parents d’intention. Par contre, la mère porteuse n’a pas de protection dans le cas où des clients refusent d’accueillir l’enfant pour X ou Y raison (handicap, désistement…). La pratique existe depuis plus de 20 ans sur le sol russe pour les couples hétérosexuels et les femmes ou hommes célibataires qui ne peuvent pas mener à bien une grossesse. Comme pour la GPA, les techniques de PMA sont également tout aussi accessibles pour les étrangers. Un projet de restriction ou de suppression de la GPA est tout de même étudié par les parlementaires depuis quelques mois.

L’Espagne, à l’instar de nombreux pays européens, a interdit la maternité de substitution (GPA). Le Ministère des Affaires étrangères du pays a annoncé qu’il s’occuperait au cas par cas d’une trentaine de familles ayant utilisé les services d’agences ukrainiennes proposant la GPA. Le gouvernement accepte par contre sans problème la PMA [cf. Géopolitique Profonde n°6, juillet-août 2018, p.24]. Lorsque des parents ont recours à ce procédé et ne donnent pas suite aux relances concernant leurs embryons, les centres de reproduction espagnols peuvent légalement les détruire, mais aussi les utiliser pour la recherche scientifique ou encore les donner à d’autres couples. Parmi les adoptants français d’embryon abandonné, 28 % sont des femmes seules ayant essayé d’adopter un enfant en France.

Alors que la loi espagnole sur la reproduction assistée exige que tout don doit être « altruiste, solidaire et désintéressé », la Clinique FIV Marbella attribue elle aussi la coquette somme de 1 000 € à toute généreuse donneuse en tant que « compensation financière pour le désagrément engendré, les frais de déplacement et le traitement auquel les donneuses sont soumises ». De même, face à la pénurie d’ovocytes, les Pays-Bas n’hésitent pas à promouvoir l’altruisme des individus avec des « dons » d’ovocytes rémunérés jusqu’à 900 € de « compensation ».

En Roumanie, la GPA est extrêmement lucrative alors qu’elle est censée être illégale. Des catalogues divers sont disponibles pour comparer les prestations de mère porteuse, les informations des donneurs de gamètes (couleur de peau, santé, QI, diplômes, etc.), les assurances (handicap, décès, souci génétique, litige avec la mère)…

Utérus artificiel : l’avenir de la procréation humaine ?

Dans trois affaires de GPA sur enfants nés aux États-Unis, en Ukraine et au Ghana, des activistes pro GPA veulent obtenir de la Cour européenne des droits de l’homme l’abolition du principe historiquement fondamental stipulant que « la mère est la femme qui accouche ». Ceci va dans le sens du rapport du think tank Génération Libre, qui stipule que la GPA « s’inscrit dans la continuité de l’IVG » en mettant au goût du jour «la question de la disposition de soi » au nom de la « liberté procréative ». L’énoncé libéral propose une GPA formalisée par un contrat signé entre les deux parties, parents (« 1 et 2 ») et mère porteuse, rédigé par des avocats et avalisé par un juge. Ils proposent à la femme porteuse la possibilité de choisir les parents qui la rémunéreraient, tandis qu’elle bénéficierait dans le même temps d’une prise en charge des frais médicaux, de congés maternité avant et après l’accouchement, et aurait la possibilité d’inscrire sur l’acte civil de l’enfant la référence du jugement de GPA. Des enquêtes devront également déterminer « l’indépendance financière, affective et psychologique » des porteuses de bébés. Le rapport recommande également la mise en place d’une agence publique de GPA pour mettre en relation les individus et éviter ainsi les intermédiaires. Maxime Sbaihi, « citoyen du monde » et « éternel expatrié », comme il le dit lui-même sur son compte Twitter, est le directeur général de Génération Libre et auteur de ce rapport. Ce cosmopolite veut donc protéger les mères porteuses française en défendant une « GPA responsable » sur le territoire.

Notons pour finir que des chercheurs du monde entier mènent parallèlement la suite du programme avec des projets de recherche sur la transplantation utérine (ou greffe d’utérus). La pratique est similaire à la GPA d’un point de vue éthique donc pourquoi pas. Déjà dix enfants sont nés de cette technique sur la planète, dont huit en Suède. L’utérus artificiel n’est pas bien loin.

Conclusion : Un avenir dystopique annoncé

La PMA, la GPA et toute forme de procréation artificielle font de la conception d’enfants hors couple un nouveau marché à pourvoir. Quarante années de recul montrent que de nombreux individus adoptés ou issus de PMA-anonyme sont en souffrance, car en quête de leurs origines. Se pose donc le problème crucial de la filiation et de l’identité humaine et sociale qui est le fait à la fois de biologie et de psychologie.

Avec l’avancée technologique, la filiation devient purement subjective en fonction de l’évolution des techniques de procréation artificielle et de la seule volonté des adultes pouvant rémunérer un service marchand. La femme gestatrice précaire louant son corps à l’Occidental payant comptant ne doit pas être oubliée d’ici les prochaines lois liberticides. Dans les pays économiquement moins avancés, ces femmes peuvent être exploitées dans ce qui est communément appelé des « fermes » ou « usines à bébés ».

Pour conclure, nous citerons Pierre Bergé, grand capitaliste et chef de file de la cause homosexuelle, de la PMA et de la GPA. Une synthèse à lui tout seul : « Moi je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? C’est faire un distinguo qui est choquant ».

Géopolitique Profonde

Bioéthique : Priver un enfant de son ascendance, c’est le mutiler

Gérard Longuet estime que “derrière la PMA et la GPA vous avez ce qu’on appelle le transhumanisme, c’est-à-dire la possibilité de modifier l’être humain avec cette question qu’on devrait poser qui est l’eugénisme”.

Selon la définition du CNRTL, l’eugénisme désigne “l’ensemble des recherches (biologiques, génétiques) et des pratiques (morales, sociales) qui ont pour but de déterminer les conditions les plus favorables à la procréation de sujets sains et, par là même, d’améliorer la race humaine.”

Public Sénat

France IA, la stratégie française en intelligence artificielle

Le 21 mars à la Cité des Sciences et de l’Industrie s’est tenu l’événement de clôture des travaux de France IA, la stratégie française en intelligence artificielle. Il a réuni l’ensemble des acteurs de l’intelligence artificielle autour de la présentation du rapport de la stratégie #FranceIA. Vous pourrez découvrir les derniers progrès de la science, des démonstrations de technologies d’IA, rencontrer des chercheurs français ainsi que les start-up les plus prometteuses dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Rapport de synthèse France Intelligence Artificielle (PDF)

Dossier de presse du 20/01/17 | Lancement de France IA [PDF – 755 Ko]

Les chercheurs veulent réguler vos gènes pour vous aider à vaincre le cancer

Un aperçu moléculaire de notre propre ADN est maintenant possible, un domaine appelé la génomique personnelle. De telles approches peuvent nous faire savoir quand nous aurons des altérations cancérogènes dans nos gènes. Des exemples bien connus sont le mélanome de l’oncogène kinase BRAF, le gène du cancer du sein BRCA1 et l’antigène prostatique spécifique PSA.

Mais il y a plus de cancer et d’autres maladies que nos gènes. En plus du code ADN, il existe une couche cachée de régulation contrôlant l’activité des gènes – tout en ne modifiant pas l’ADN lui-même. Ce champ, appelé épigénétique, est l’étude de la façon dont les gènes sont régulés pour s’exprimer, même s’ils dépendent de la même information génétique. Un gène est toujours un gène, mais il répond différemment à de nombreuses facettes de son environnement chimique.

Par exemple, savez-vous pourquoi les jumeaux sont différents ? Comment est-il possible que le mode de vie de nos grands-parents puisse affecter nos vies aujourd’hui? Quelque chose au-delà de notre ADN est au travail. C’est l’épigénétique.

La couche cachée responsable du réglage précis à côté de notre ADN s’appelle la régulation épigénomique. C’est le domaine de la quantification des résultats épigénétiques à l’échelle du génome, capturant ainsi un instantané de notre état épigénétique.

Récemment, le laboratoire de biologie des systèmes et de métabolisme du cancer à l’UC Merced a publié des découvertes sur un facteur épigénétique appelé Jumonji. Ce facteur affecte non seulement la manière dont un réseau entier de gènes cancéreux se comporte; Il prend effectivement le rôle d’un gène du cancer, ce qui entraîne une croissance cellulaire incontrôlable.

Déjà, des médecins qui diagnostiquent des maladies peuvent, dans une certaine mesure, utiliser des tests personnels de génomique qui intègrent notre composition génétique unique dans la prise de décision clinique. Cependant, il y a plus dans notre génome que ce que ces tests peuvent révéler.

L’épigénétique a un sens des modifications chimiques qui peuvent activer ou désactiver les gènes. Fait important, aucune de ces modifications ne modifie la séquence d’ADN. Alternativement, nos propres cellules utilisent des régulateurs épigénomiques pour contrôler l’activité des gènes. Si la bonne chimie est en place, les produits géniques adéquats sont exprimés au bon moment.

Les influences environnementales comme la nutrition ou la fumée de cigarette ainsi que nos propres hormones ont un fort impact épigénétique et affectent l’activité de nos gènes.

Avec une maladie comme le cancer, les régulateurs épigénomiques tels que Jumonji sont souvent méconnus, ce qui leur permet d’affecter l’activité des gènes. Une chose qu’ils peuvent faire est de ne pas mettre les bonnes modifications chimiques sur leurs gènes cibles, qui dépendent de nombreux facteurs pour activer ou désactiver leur activité. Cela peut conduire à un métabolisme altéré, qui favorise une croissance cellulaire illimitée. Une fois que les cellules ont une capacité illimitée à se diviser, une tumeur se forme.

Les chercheurs ont constaté que Jumonji est excédentaire dans les cellules cancéreuses et favorise la division incontrôlée des cellules cancéreuses, ce qui conduit à une croissance tumorale imparable. Jumonji prend le rôle d’un régulateur maître épigénétique des gènes cancéreux. De plus, Jumonji s’associe à des régulateurs hormonaux responsables de cancers résistants au traitement.

Les biologistes peuvent aider à comprendre comment nous pouvons surmonter les résistances. La biologie des systèmes ouvre des possibilités pour comprendre les signaux réglementaires et les circuits qui gèrent nos cellules. Si nous sommes en mesure de comprendre ces signaux, nous pouvons concevoir des médicaments pour briser les circuits indésirables et surmonter les résistances. Compte tenu de sa nature cachée et complexe, l’épigénomique bénéficie d’une approche de la biologie des systèmes qui pose un câblage critique ouvert de nos cellules.

L’épigénomique a beaucoup de promesses pour les traitements contre le cancer, mais il reste encore beaucoup de questions auxquelles nous devons répondre. Quel est l’aspect de l’épigénome d’une personne saine? Et comment l’épigénome change-t-il à mesure que nous vieillissons? Comment l’épigénome d’un malade diffère-t-il? À l’avenir, ces questions importantes seront abordées par des épigénomènes personnalisées, qui tentent d’extraire l’information d’une image complète du phénomène d’une personne.

Pourquoi ne pouvons-nous pas créer un simple test qui nous indique que nous avons de bons gènes mais un épigénome défavorable ? Notre épigénome est très dynamique. Les régulateurs épigémomiques sont sans arrêt au travail, y compris Jumonji, éliminant ou ajoutant des résultats chimiques permettant des lectures transitoires de gènes tout en bloquant la minute suivante.

Est-il trop tôt pour que les consommateurs réfléchissent aux tests personnalisés? L’information est-elle encore trop cryptique ou trop peu fiable pour tirer des conclusions ?

Des tests de gènes personnels pour le cancer existent. L’acteur d’Hollywood Ben Stiller affirme qu’un simple test génétique pour des niveaux anormalement élevés de l’antigène de la prostate a sauvé sa vie. Des niveaux anormalement élevés de l’antigène spécifique de la prostate dans le sang peuvent signifier qu’un homme a un cancer de la prostate, mais pas toujours. C’est pourquoi le test n’est pas approuvé par la FDA. Et ce test ne tient pas compte des facteurs épigénétiques.

Les médicaments ciblant les mécanismes de l’épigénomie augmentent l’optimisme comme direction viable de la recherche clinique. Les questions cliniques actuelles concernant la recherche épigénétique portent sur les molécules de médicament qui modifient l’épigénome et qui tue spécifiquement les cellules cancéreuses. Il est ouvert si l’épigénétique est sur le bien ou sur le mauvais côté du cancer. Les chercheurs ont constaté que l’épigénétique peut même aider les cellules cancéreuses à manipuler notre propre système immunitaire et de se soustraire à l’approche de ciblage de médicaments.

Selon les connaissances récentes sur la génomique, les chercheurs comparent l’équilibre délicat avec le Yin et le Yang, deux forces à la fois opposées et complémentaires qui s’opposent et s’influencent mutuellement. Si une force dépasse les systèmes, elle est hors d’équilibre. Pour les cellules, cela signifie une croissance illimitée, le cancer ou la mort. Sans aucun doute, une fois que nous aurons une meilleure compréhension de la régulation épigénétique, nous pourrons concevoir des médicaments qui contre-régulent ces facteurs.

Cela se produit avec certains cancers. Des progrès récents dans la recherche sur le mélanome ont identifié une mutation génétique. La résistance au traitement contre le cancer est un obstacle majeur. Cependant, les médicaments épigénétiques, seuls ou en combinaison avec d’autres médicaments, peuvent être une alternative viable.

Le médicament épigénétique utilisé dans une étude arrête la capacité des cellules cancéreuses à se dissimuler du système immunitaire et rend la tumeur vulnérable. Pour les patients atteints de cancer, les médicaments épigénétiques promettent l’espoir.

Fabian V. Filipp, professeur adjoint de biologie des systèmes et métabolisme du cancer, Université de Californie, Merced, The Conversation.

L’éthique du futur et le défi des technologies du vivant

Thèse :  Kokou Sename Amegatsevi, 2013 – Université Laval & Université Paris-Descartes

Résumé : Ce travail vise à mettre en avant une éthique du futur à l’ère des technologies du vivant à partir de la biologie philosophique de Hans Jonas en passant au crible a priori les fondements des technosciences. Jonas estime que le problème n’est pas la technique elle-même qui soit en cause mais l’identité qu’elle accorde à l’homme dans cette logique instrumentale envahissante, en d’autres termes, le matérialisme réductionniste. Le problème aussi n’est pas les effets visibles inquiétants et désastreux de la technique mais l’ontologie qu’elle inspire. Outre les manifestations réelles de destruction qu’elle génère, c’est l’être qu’elle confère ou plus exactement dont elle prive l’homme qui est catastrophique. L’homme finit par se considérer comme un fond exploitable. Il s’agira donc de formuler une éthique qui a pour soubassement une biologie philosophique qui récuse une anthropologie mécaniste d’inspiration matérialiste, une ontologie du pas-encore qui fonde les sciences modernes. Réduire l’homme à des lois physico-chimiques, c’est violer notre individualité. Le métabolisme est la preuve de notre individuation. Dans la matière, gît l’esprit. Au-delà de l’anthropomorphisme qui se dégage, l’homme est le seul animal symbolisant doué d’une conscience réflexive. Une responsabilité politique s’impose pour protéger l’intégrité et l’image de l’homme à l’ère des technologies du vivant qui espèrent améliorer ou modifier l’espèce humaine. Mais cette responsabilité politique qui promeut « un marxisme désenchanté » ne tardera pas à renforcer voire devenir une rationalité instrumentale et idéologique à l’image du lyssenkisme. Une autre responsabilité s’impose : une responsabilité scientifique formulée par Charles De Koninck qui interpelle et invite les scientifiques à ne pas sacrifier l’être humain par leurs recherches sur l’autel des subventions financières, du dualisme au relent matérialiste. La science, dans son élan est invitée à tenir compte du facteur « humain ». Cette responsabilité scientifique va au-delà des règles de bonnes pratiques et déontologiques des comités et des expertises scientifiques. Elle nécessite une éducation scientifique pour une science citoyenne pour éviter une science aveugle et idéologique. Bref, à partir de ces paradigmes, nous voulons montrer que les rêves de l’amélioration, de l’augmentation des performances de l’espèce humaine sont des chimères.

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Langue:  Français
Mots clés:  Philosophie