Aldous Huxley, le prophète oublié

ISBN : 978-2-343-13976-0

et Michel Houellebecq en contrepoint

Mal-être personnel et vive critique des comportements humains ont conduit Huxley vers une quête éthique et spirituelle incessante. Auteur d’un des livres les plus célèbres, Le meilleur des Mondes, si son nom est aujourd’hui connu, le reste de son œuvre est oublié. Pourtant, ses intuitions quant à l’évolution de la société furent prémonitoires. Comme Houllebecq, il avait compris que l’hégémonie de l’économisme et du divertissement présente tous les risques de désarroi des individus face à leur condition de mortels. L’un et l’autre ont en commun le souci premier du destin humain individuel et collectif auquel Huxley, à la différence de Houellebecq, donna une réponse religieuse.

Jean-Claude Mary, avec son expérience de professeur de sciences économiques et sociales, d’élu local pendant 20 ans, de militant écologiste, ne pouvait qu’apprécier un auteur qui, dès les années 20, avait compris le système économique et ses effets destructeurs.

https://iatranshumanisme.com/transhumanisme/la-declaration-transhumaniste/manifeste-des-geneticiens-1939/

https://iatranshumanisme.com/2015/07/16/litterature-nous-autres-deugene-zamiatine-ou-la-pensee-critique-dun-humanisme-technique/

Fin des Lumières : bienvenue dans le meilleur des mondes transhumanistes

Par Nicolas Le Dévédec, sept. 2016 FigaroVox (PDF)

Extrait :

«Changer l’être humain plutôt que changer le monde», telle pourrait être résumée la rupture introduite par le transhumanisme quant à la conception de la perfectibilité humaine. Il ne s’agit désormais plus tant d’améliorer la société et nos conditions de vie sociales par des moyens politiques, mais d’améliorer l’humain par des moyens technoscientifiques dans une optique adaptative. Ce renversement marque une rupture importante avec la culture humaniste des Lumières, qui encourageait au contraire les êtres humains à conquérir leur autonomie sociale et politique.

Il ne se passe pas un jour ou presque sans qu’on parle du mouvement transhumaniste et de son ambition d’«améliorer» techniquement l’être humain et ses performances intellectuelles, physiques et émotionnelles. Militant en faveur d’un humain revu et corrigé par les technosciences et bénéficiant du soutien de géants économiques comme Google ou PayPal, le transhumanisme ne cesse en effet de gagner en notoriété. Les idéaux d’un «humain augmenté» trouvent un écho certain dans nos sociétés obnubilées par le culte de la performance. Chirurgie esthétique, dopage sportif, recours aux psychostimulants pour optimiser les capacités cognitives ou développement d’une médecine régénératrice qui œuvre à repousser la mort en sont quelques-unes des manifestations saillantes.

Suscitant depuis plusieurs années d’importants débats, force est de constater que le transhumanisme demeure toutefois essentiellement interrogé dans une perspective bioéthique gestionnaire et utilitariste centrée sur la minimisation des risques et la maximisation des avantages de l’humain augmenté. lire la suite

 

Conférence organisé par le Cercle de l’Aréopage sur le Transhumanisme

Le Transhumanisme : toute la vérité sur le posthumain

Par Père Jean Boboc, Docteur en Médecine de la Faculté de médecine de Paris. Titulaire de différentes spécialités médicales et en particulier de Pharmacologie et Toxicologie cliniques, le 15 février 2016

Anthropologie : Cours de propédeutique, questions anthropologiques et bioéthiques

Association culturelle catholique Cercle de l’Aréopage


Père Jean Boboc Professeur de Bioéthique : Ordonné prêtre le 10 mai 2009, par son Éminence le Métropolite Joseph dans l’Église des saints Archanges Mihaï, Gavriil et Rafaïl, devenue le jour même Cathédrale métropolitaine de la métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale par la décision à l’unanimité de la communauté roumaine de se rattacher désormais à la Métropole et de mettre fin à 60 ans de séparation entre la communauté de l’exil et l’Église mère, le père Jean Boboc a été ordonné pour cette cathédrale. Prêtre économe stavrophore, le  père Jean est le troisième prêtre de la cathédrale.

Français d’origine roumaine, le père Jean Boboc est Docteur en médecine de la Faculté de médecine de Paris. Titulaire de différentes spécialités médicales et en particulier de Pharmacologie et Toxicologie cliniques, il a partagé sa vie professionnelle entre la pratique praticienne et la recherche appliquée. Titulaire d’un MBA dans l’administration des affaires, il a dirigé différentes firmes pharmaceutiques comme président et en particulier aux Etats Unis et au Canada, ce qui l’a familiarisé aux problèmes éthiques de la recherche médicale.

Parallèlement, le père Jean a mené une vie active dans l’Exil roumain en France et en Amérique du Nord. Président fondateur de l’AFDOR (Association des Français d’Origine Roumaine) et de la BRP (Bibliothèque Roumaine de Paris), associations particulièrement utiles durant la guerre froide, le père Jean a donné de nombreuses conférences des deux côtés de l’Atlantique, sur la situation historique roumaine et en particulier sur la question des territoires de Bessarabie et de Bucovine, annexés par l’Union soviétique et toujours occupés ou annexés. Il a de même écrit sur ce sujet de nombreux articles et participé à des ouvrages collectifs traitant de ces questions. Un recueil de certains écrits politiques de Mihaï Eminescu, traduits en français, est d’ailleurs attendu.

Sous l’influence de Mircea Eliade, le père Jean a parallèlement à ses études médicales, suivi les cours de l’ISTR (Institut de Science et de Théologie des Religions) de l’Institut catholique de Paris. De retour des Etats Unis, il rejoint l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge, où il obtient une licence et un master de théologie orthodoxe, et où il doit soutenir bientôt une thèse de doctorat sur les aspects eschatologiques de l’anthropologie orthodoxe. Un Essai d’anthropologie orthodoxe est aussi en cours de rédaction.

Co-traducteur des œuvres théologiques du père Dumitru Staniloae, le père Jean Boboc s’intéresse essentiellement aux aspects pneumatiques et eschatologiques de l’anthropologie orthodoxe et à leur impact sur les sciences de la vie, et donc aux questions brûlantes de la bioéthique actuelle.

Il est doyen du Centre Orthodoxe d’Etude et de Recherche “Dumitru Staniloae” et responsable de la direction Anthropologie, Éthique et Sciences de la vie dans le cadre du Centre.

cours et conférences

Julian Huxley, Le Transhumanisme, 1957

Sir Julian Sorell Huxley, (1887-1975) est un biologiste britannique, socialiste et progressiste, connu pour ses ouvrages de vulgarisation sur la biologie et l’évolution. Son grand-père, Thomas Henry Huxley (1825-1895) était un biologiste connu pour être un collègue et partisan de Charles Darwin (1809-1882).

L’écrivain Aldous Leonard Huxley (1894-1963) est son frère, et si ce dernier est l’auteur de l’ouvrage de science-fiction Le Meilleur des mondes (Brave New World, 1932), ce n’est certainement pas un hasard, puisque Julian Huxley était un partisan de l’eugénisme comme moyen d’amélioration de la population humaine :

« Une fois pleinement saisies les conséquences qu’impliquent la biologie évolutionnelle, l’eugénique deviendra inévitablement une partie intégrante de la religion de l’avenir, ou du complexe de sentiments, quel qu’il soit, qui pourra, dans l’avenir, prendre la place de la religion organisée. »

J. Huxley, L’homme, cet être unique, 1941 ; trad. fr. éd. Oreste Zeluck, 1948, p. 47.

En 1939, il sera un des biologistes à l’origine du Manifeste des généticiens qui prône un eugénisme « de gauche », où l’amélioration des conditions sociales est présentée comme la condition de la réussite et de l’efficacité d’une politique eugéniste.

Aldous Huxley, avec son roman de science-fiction, n’a fait que radicaliser l’engouement pour l’eugénisme et autres formes d’ectogenèse (reproduction humaine en dehors de l’utérus féminin, concept inventé par un autre initiateur du Manifeste des généticiens, John B. S. Haldane (1892-1964)) alors fort en vogue chez nombre de biologistes et de médecins de l’entre-deux guerres (voir André Pichot, La société pure, de Darwin à Hitler, éd. Flammarion, 2001).

Notons également que Julian Huxley a également participé à la création de l’UNESCO et en a été le premier directeur général en 1946. Dans un texte préparatoire à la création de cette organisation, L’UNESCO, ses buts et sa philosophie (1946), il réaffirmera son attachement à une politique eugéniste :

« L’inégalité biologique est évidemment le fondement de l’affirmation de tout l’eugénisme. […] L’inégalité de simple différence est désirable, et la préservation de la variété humaine devrait être l’un des deux buts principaux de l’eugénisme. Mais l’inégalité de niveau ou de degré est indésirable, et le deuxième but essentiel de l’eugénisme devrait être l’élévation du niveau moyen de toutes les qualités désirables. »

Probablement parce que l’idée d’eugénisme, même de gauche, était devenue un peu trop sulfureuse après la révélation des programmes nazis de sélection des géniteurs et génitrices pour créer et développer une race aryenne pure (lebensborn) et d’extermination des « êtres inférieurs » (untermench) – qui concernait aussi bien les juifs, les slaves, les tziganes que les asociaux, les homosexuels et les handicapés –, J. Huxley invente en 1957 le terme de transhumanisme pour désigner son idée d’amélioration des performances humaines.

Dans ce texte très court – pour la première fois traduit en français –, on y retrouve tous les poncifs de l’idéologie évolutionniste-progressiste de l’époque. Le « véritable destin de l’espèce humaine », qu’en tant que spécialiste de l’évolution, J. Huxley connaît bien évidement mieux que personne, est la « réalisation la plus aboutie des possibilités de l’homme » afin de devenir le « directeur général de la plus grande entreprise de toutes, celle de l’évolution ». Autrement dit, il faut évoluer parce que c’est le principe de l’évolution.

Dans quel but et pour quoi faire ? On ne nous le dit pas. Mais une chose est sûre : il faut é-vo-lu-er – on vous l’a dit : répétez ! – car c’est la condition du progrès. Dans cet esprit, il est évident que c’est reculer que d’être stationnaire, on le devient de trop philosopher… Principe repris de nos jours en chœur par tous les transhumanistes.

Andréas Sniadecki

lire la page : Le Transhumanisme, 1957

Le “manifeste des généticiens” – 1939

Nous publions, à titre de document historique, la traduction de ce qui a été appelé à l’époque le Manifeste des généticiens, produit du septième Congrès International de Génétique qui s’est clôturé à Edinburgh trois jours avant la déclaration de la Seconde Guerre Mondiale. Les personnalités à l’origine de ce texte, notamment J. Huxley, J. B. S. Haldane et H. Müller, sont toutes progressistes.

Julian Sorell Huxley (1887-1975) est socialiste, promoteur de l’eugénisme, un des créateurs de l’UNESCO et l’inventeur du terme transhumanisme en 1957.

John Burdon Sanderson Haldane (1892-1964) est socialiste, inventeur du concept d’ectogenèse (reproduction humaine en dehors de l’utérus féminin). En 1938, il publie un livre (Hérédité et politique, trad. fr. éd. PUF, 1948) qui démontre l’inanité d’un programme eugéniste dans les conditions politiques et sociales de l’époque.

Hermann Joseph Müller (1890-1967) est communiste, juif d’origine allemande. En 1933, lorsque Hitler arriva au pouvoir, il part en URSS et propose à Staline un programme d’eugénisme positif, mais se heurte à l’influence grandissante de Trofim Lyssenko qui s’oppose à la génétique occidentale. En 1935, il publie un livre (Hors de la nuit, vues d’un biologiste sur l’avenir, trad. fr. éd. Gallimard, 1938) qui se fait le promoteur de l’ectogenèse, propose de constituer des réserves de sperme de grands hommes, d’utiliser des animaux comme « mères porteuses » pour les enfants, etc. Il se réfugie en Angleterre en 1938.

Aldous Leonard Huxley (1894-1963), le frère de Julian Huxley, est l’auteur du roman de science-fiction Le Meilleur des mondes, publié en 1932.

cliquez ici pour lire le manifeste “Biologie sociale et amélioration de la population” (Social Biology and Population Improvement). Source