D’un désir mortifère d’immortalité. À propos du transhumanisme

Les mouvements transhumanistes affichent l’obsession de “réaliser” un idéal d’humanité grâce aux technosciences. Ils mettent notamment l’accent sur les prouesses en matière de longévité et s’aventurent parfois à annoncer l’immortalité comme possible. Du mythe à la réalité, le passage serait-il donc aujourd’hui permis ? Peut-être la fusion avec les machines qui fait le fond des utopies posthumaines ne promet-elle, en matière d’immortalité, qu’une pure volonté de néant. Peut-être n’a-t-elle en vue rien d’autre que la disparition de l’altérité – et par suite, de l’humanité elle-même ?

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Intervention donnée dans le cadre de l’Université d’été Sciences, éthique et société 2013, organisée par l’Espace éthique/Ile-de-France les 11 et 12 juin 2013, sous le Haut patronage du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Jean-Michel Besnier est Professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV)

Et si nos vies n’étaient qu’énigme ?

ISBN- 979-1034603879

« Là où c’était à l’instant même, là où c’était pour un peu, entre cette extinction qui luit encore et cette éclosion qui achoppe, Je peux venir à l’être de disparaître de mon dit » Lacan, Ecrits, page 801.

L’homme parle et ne sait pas ce qu’il dit, il désire mais ne sait pas quoi, il jouit mais ne s’en satisfait pas…

Il y a chez l’être humain – parlêtre dirait Lacan – cette vibration intime et secrète de la chair depuis que le Verbe l’a percuté et cette vibration, cette pulsation, c’est le vivant.

Depuis toujours, l’homme a été intrigué par ce vivant mystérieux. Il a voulu le comprendre, l’expliquer,le maitriser, l’évaluer, etc. Il en appelé à l’écriture, à l’image, à la philosophie, aux mathématiques, à l’art, aux religions, et plus que jamais à la science. Ainsi sommes nous passés de Thalès calculant la hauteur de la pyramide de Khéops en mesurant l’ombre portée de son corps, à Armstrong marchant sur la lune…

La science dont la fonction est d’établir des rapports, n’avait pas, jusqu’à il y quelques décennies, répondu aux « origines » et aux « fins ».

Aujourd’hui, elle le veut. Et le prouve en dissociant, par exemple, la parentalité de la reproduction ou en nous promettant l’éternité !

Naguère, la puissance du réel était dévolue au divin. Désormais, le discours scientifique s’en empare,prouvant une fois de plus que rien n’est plus insupportable que le réel, rien n’est plus déconcertant que l’impossible à dire et à se représenter. Alors, autant le confondre, ce réel, avec la réalité !

Cependant, paradoxalement, plus ce discours se veut riche de promesses et plus notre errance s’accroît, ne sachant pas davantage d’où nous venons, ni même où nous allons…

« La psychanalyse trouve sa diffusion en ceci qu’elle met en question la science comme telle – science pour autant qu’elle fait de l’objet un sujet, alors que c’est le sujet qui est de lui-même divisé. » Lacan, Le Séminaire XXIII, p.36.

Actes du colloque organisé par le Collège des humanités les 24 et 25 septembre 2016.

Les auteurs :
Marc Lévy, Psychiatre, psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, à Montpellier
Augustin Menard, Psychiatre, psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, à Nîmes
Patrick Lévy, Ecrivain, Poète, Kabbaliste
Esthela Solano, Psychanalyste, membre de l’ECF et de l’AMP, à Paris
Jacques Borie, Psychanalyste à Lyon, membre de l’ECF et de l’AMP
Jean-Paul Laumond, Roboticien, directeur de recherche au CNRS-LAAS de Toulouse
Catherine Vidal, Neurobiologiste, Directrice de recherche à l’Institut Pasteur
Valerie Arrault, Professeur en Arts et sciences de l’Art, univ. Paul Valery, Montpellier 3
Jean-Daniel Causse, Professeur au dépt de Psychanalyse, univ. Paul Valéry, Montpellier 3
Jean-Michel Besnier, Professeur de philosophie, Paris 4, docteur en sciences politiques

Le transhumanisme, le symbolique et la gnose

Les technosciences qui inspirent le transhumanisme entreprennent de supprimer l’altérité sous ses diverses formes : la mal et la finitude, le vieillissement et la mort, la reproduction sexuée et le temps… Appliquées à l’humain, elles évacuent la dimension symbolique de l’existence, par exemple en réduisant la maladie et la mort à de simples pannes qu’on doit pouvoir réparer. Cette élimination du symbolique équivaut à une évacuation de la castration dont on ne s’étonne pas qu’elle mobilise l’activité technique. Il s’agit d’assurer une non-séparation et d’instaurer le règne d’une immédiateté pouvant se traduire dans le triomphe des automatismes et de la « pensée intégrale ». De là à considérer le transhumanisme comme l’avatar d’un paganisme dont la Gnose a pu porter le message dans les premiers siècles de la chrétienté, c’est ce que l’exposé s’aventurera à suggérer.

Jean-Michel Besnier, séminaire Le corps augmenté et ses symptômes, 18 novembre 2016 ISCC

De la Gnose au Transhumanisme

Qu’est-ce que la Gnose, le Transhumanisme et comment remédier à ces terribles maux ? Cet ouvrage essaye de répondre à ces trois questions fondamentales à travers cinq parties distinctes et complémentaires. La première retrace l’histoire de France jusqu’au 20e siècle, en insistant sur les causes de divisions engendrées par la Gnose au fil du temps, à travers des textes anciens et des témoignages historiques relatifs à certaines époques capitales. La deuxième aborde la problématique du Transhumanisme en dévoilant son véritable visage grâce à des faits contemporains en lien avec les géants du web également surnommés GAFA. La troisième apporte un éclairage nouveau, à travers des textes et contes originaux, en donnant des outils pratiques qui permettent de détecter et de comprendre les enjeux de différentes hérésies contemporaines. La quatrième propose une réflexion chrétienne approfondie sur les problématiques majeures de notre antique nation, dans l’optique de la renouveler selon les commandements de Jésus-Christ en s’appuyant également sur les recommandations des plus grands saints qui ont contribué à Son œuvre salvatrice. Enfin, la dernière partie vient compléter l’ouvrage grâce à des contes chrétiens originaux qui permettent de méditer sur les questions cruciales du Bien et du Mal ainsi que sur leurs conséquences. Le lecteur découvrira, non seulement, un ouvrage d’analyse qui essaye d’apporter, selon le dogme catholique traditionnel, des solutions concrètes aux problèmes contemporains, mais également une œuvre composée de textes méditatifs et de contes anticipatifs qui sont le fruit de cinq années de travail. L’auteur, qui travaille dans le milieu social, est informaticien spécialisé dans le domaine des logiciels libres depuis plus de quinze années.

Sommaire de l’ouvrage

Pour aller plus loin :

Les Religions, Jean Chevalier, éditions CEPL, 1972
– Michèle Broze, « L’hermétisme et la gnose : tradition et distorsion dans la transmission du savoir », Civilisations [En ligne], 52-1 | 2004, mis en ligne le 28 janvier 2009, consulté le 02 mars 2018. URL : http://journals.openedition.org/civilisations/739 ; DOI : 10.4000/civilisations.739
– Henri-Charles Puech, En quête de la Gnose I, La Gnose et le temps et autres essais. En quête de la Gnose II. Sur l’évangile selon Thomas. Paris, Collection Bibliothèque des Sciences humaines, Gallimard, 1978. 2 vol.
Les enseignements secrets de la Gnose (1907) publié sous la signature gnostique Simon—Théophane

2100 : big data, intelligence artificielle, transhumanisme – Colloque

Prospective et éthique aux frontières de l’inconnu. Colloque Lille 13, 14 mars – Université Catholique de Lille

Les 13 et 14 mars 2017, sous le haut patronage de la Région Hauts de France, l’Université Catholique de Lille organise dans ses murs un colloque universitaire d’un nouveau type par la variété des activités proposées.

En effet, le public pourra se saisir de la question essentielle de l’avenir, et pour cela écouter et interroger des experts reconnus dans des champs scientifiques étendus, échanger avec des grands témoins sur les transformations et ruptures contemporaines, s’impliquer dans des ateliers collaboratifs, participer à un « amphi inversé » avec les étudiants, et vivre une expérience avec l’Anthropo-lab de l’Université.

Ces Rencontres sont conçues pour être un temps de réflexions et de co-construction du futur, elles s’articuleront pour cela autour de trois thèmes cruciaux :
– La prospective, en prenant pour référence les prémonitions de Thierry Gaudin exprimées dans 2100, Récit du prochain siècle, et en questionnant avec lui les scenarii du futur.
– Les différents courants de pensée et les recherches technologiques associées pour augmenter, voire transformer radicalement l’humain, et en cherchant à comprendre en quoi ils pèsent déjà sur notre vision de l’avenir.
– L’éthique enfin, en s’interrogeant sur la place qu’elle pourra ou devra tenir face aux nouveaux défis de la communauté internationale.
Ouvertes à un large public, ces Rencontres se veulent un lieu de dialogue et d’approfondissement, permettant de construire de façon innovante un récit pour l’avenir.

Parmi les intervenants extérieurs présents, il convient de noter la participation de :
Jean-Michel Besnier
• Thierry Gaudin
• Paul Jorion
• Patrick Viveret

Renseignements et inscriptions : prospective@univ-catholille.fr

Contact : paul.depuybusque@univ-catholille.fr

 

pour en savoir plus

Penser l’exosomatisation pour défendre la société

Les Entretiens du nouveau monde industriel 2016

Conférence du 13 et 14 décembre 2016. Centre Pompidou. Paris.

Basée sur la data economy, la médecine dite “3.0” en est à ses premières avancées, et déjà des groupes pharmaceutiques tissent des alliances avec Google pour le développement de traitements bioélectroniques ou d’objets communicants. Si ce secteur en pleine évolution est évidemment porteur de nombreux espoirs, il sert également de base de développement du discours transhumaniste. Pendant deux jours, philosophes, médecins, économistes, mathématiciens, anthropologues et historien se sont réunis pour appréhender les véritables enjeux de « l’exosomatisation », c’est-à-dire, de l’augmentation de l’homme par des organes artificiels.

En savoir plus…
Usbek & Rica : Le transhumanisme face aux murs

Session 1 : Exosomatisation et avenir de la société

Mardi 13 décembre – 10h-13h15

L’”augmentation” des organes “naturels” de l’homme par des organes artificiels – organologiques en cela – est définitoire de l’hominisation dès l’origine. Présenter l’augmentation de l’homme comme une radicale nouveauté est à cet égard une imposture. Il n’en reste pas moins que l’organogenèse exosomatique contemporaine présente des caractères tout à fait inédits.

avec10h15 : Bernard Stiegler (philosophe, Institut de recherche et d’innovation)

11h00 : Dominique Lecourt (philosophe, Institut Diderot) La technique et la vie

11h45 : Antoine Missemer (économiste, CNRS) Exosomatisation et théorie économique chez Nicholas Georgescu-Roegen

12h30 : Paolo Vignola (philosophe, Yachai university) Vivre et penser comme des Pokémons. Notes pour une pharmacologie de l’immanence.

13h15 : Fin de session

⇒ Résumés des interventions

Session 2 : Exosomatisation, calculabilité et traitement de données

Mardi 13 décembre – 14h30-18h30

Au-delà de l’extraction corrélationniste de patterns qui caractérise le big data et les data sciences telles que les présente par exemple Chris Anderson[1], la vie et la santé sont irréductibles à une approche purement et simplement computationnelle. Telle que Georges Canguilhem l’a pensée dans Le normal et le pathologique, la santé, en contexte exosomatique, est toujours l’invention d’un nouvel art de vivre par un être qui “se rend malade” par ses techniques mêmes (l’être humain). Cette invention constitue ce que Canguilhem appelle une normativité qui est foncièrement ancrée dans une modalité spécifique de l’anti-entropie telle que, productrice de “bifurcations”, elle échappe précisément à la calculabilité.[1] https://www.wired.com/2008/06/pb-theory/avec14h30 : David Berry (digital humanities, Sussex university) Human attention and exosomatization

15h15 : Wendy Chun (informaticienne et media studies, Brown university) Habit and Exosomatization: the Collective Non-conscious

16h30 : Giuseppe Longo (mathématicien, ENS) La machine à états discrets et les images du monde

17h15 : Thibault d’Orso (co-fondateur de la société Spideo) Protection des données personnelles: obstacle ou opportunité pour l’innovation technologique ?

18h : Interventions du public

18h30 : Fin de session

⇒ Résumé des interventions

Session 3 : Corps augmenté, intelligence artificielle et société

Mercredi 14 décembre – 10h-13h

Fondées sur les technologies de l’information, les nouvelles industries de la santé sont une facette particulièrement sensible de ce que l’on doit appréhender comme un nouvel âge de l’intelligence artificielle que rend possible l’informatique réticulaire. Il importe cependant ici de revenir à la fois sur les réflexions de Bergson sur le vivant au début du XXe siècle, sur les références qu’y fait Georgesu Rœgen dans ses considérations sur l’exosomatisation et l’entropie, sur les conceptions et les questions des premiers penseurs de l’intelligence artificielle fondée sur les agencements homme-machine computationnelle, et sur les limites, apories et perspectives de la théorie de l’entropie dans le champ de l’humain – au moment où l’”extropianisme”, qui est l’une des sources de la pensée transhumaniste, prétend “dépasser l’entropie”, au moment où les neurotechnologies “endosomatisent” les artifices exosomatiques en réaménageant le cerveau.avec10h : Hélène Mialet (anthropologue, Toronto university) Repenser le sujet à l’heure du numérique

10h45 : Pieter Lemmens (philosophe, Radboud university) The Posthuman Fable. Questioning the Transhumanist Imaginary

11h30 : Dominique Bourg (philosophe, université de Lausanne) Exosomatisation pour quelle émancipation ?

12h15 : David Bates (historien des sciences, université de Berkeley) L’intelligence artificielle est-elle un organe exosomatique ?

13h00 : Fin de session

⇒ Résumés des interventions

Session 4 : Technologies du vivant, médecine 3.0 et transhumanisme

Mercredi 14 décembre – 14h30-19h

La médecine 3.0 est aujourd’hui un des premiers marchés de développement des services médicaux en ligne basés sur des objets communicants, sur lesquels se greffe le marketing transhumaniste des fantasmes en tout genre – cependant que le vivant et l’artificiel computationnel s’agencent de façons inédites à travers le quantified-self et la recherche de nouvelles formes de techniques de soi et de soin, souvent dans des contextes communautaires inédits et prometteurs. Qu’en est-il cependant des limites – du vivant, de la technique, de l’économie, de la terre, etc. ? Et quelles politiques de recherche et de développement industriel originales la France et le continent européen peuvent-elles promouvoir ?

avec14h30 : Johan Mathé (ingénieur, Bay labs Inc.), Néguanthropie, opacité et explicabilité des réseaux neuronaux artificiels profonds

15h15 : Jean-Michel Besnier (philosophe, université Paris Sorbonne), La biologie, otage du transhumanisme

16h15 : Jean-François Toussaint (médecin, physiologiste, Insep) Les limites de l’humain

17h00 : Gerald Moore (Durham university), La politique d’un phénomène impossible : L’expérience artéfactuelle et le désaveu du changement climatique.

17h45 : Dorothée Benoît Browaeys (Coordinatrice du Festival Vivant, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, cofondatrice de VivAgora), Quand les marchés dictent la biocybernétique

18h30 : Bernard Stiegler (Directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation)

19h : Fin

⇒ Résumé des interventions

Avez-vous peur du transhumanisme ?

Écouter l’émission 50’22 France Inter 15 novembre 2016 #GrandBienVousFasse par Ali Rebeihi

https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16173-15.11.2016-ITEMA_21136426-0.mp3?_=1

avec :

  • Jean-Michel Besnier, philosophe, co auteur avec Laurent Alexandre de Les robots font-ils l’amour ? Ed Dunod
  • Mathieu Terence, écrivain, auteur Le transhumanisme est un intégrisme ed. du Cerf
  • Au téléphone : Julien Bisson, Lire
  • Au téléphone : Olivier Delcroix, Le figaro

Partenariat Femme Actuelle Sabrina Nadjar, rédactrice en chef adjointe

→ Le Monde : Marie-Amélie Le Fur : « Le transhumanisme me fait peur » La championne paralympique met en garde contre la tentation de trop vouloir instrumentaliser le corps.


Le transhumanisme est un intégrisme
de Mathieu Terence

Le transhumanisme a inspiré beaucoup de livres. Pour et contre. Il fallait Mathieu Terence pour en dévoiler l’imposture. Pour en dénoncer l’aberration. Pour démonter ce mythe ultime de la religion du progrès. Avec humour et gravité. Avec style et prophétisme. Sources, théories, moyens financiers, relais médiatiques, réseaux d’influence : voici, tel qu’en lui-même, le mirage high-tech et mortifère de l’idéologie libérale mondialisée. Car, sous cette fausse promesse de puissance et d’immortalité, se cache la disparition du corps, du visage, de la parole et de tout ce qui confère sa véritable infinité à la finitude humaine. Cet intégrisme, jusque-là, ne disait pas son nom. C’est chose faite. Mieux qu’un pamphlet, un bréviaire de résistance. Écrivain à l’oeuvre déjà forte d’une quinzaine d’ouvrages, saluée par la critique et la presse, Mathieu Terence a été couronné par l’Académie française pour ses nouvelles.

Les robots font-ils l’amour ? Le transhumanisme en 12 questions

Le transhumanisme est un mouvement technico-scientifique international qui prétend augmenter à l’infini les performances physiques et mentales de l’être humain.  Aujourd’hui vous pouvez déjà faire séquencer votre ADN en une journée, pour, peut-être un jour, le réparer, tandis qu’Internet bouleverse nos modes d’apprentissage et nos relations sociales. Demain, l’intelligence artificielle aura-t-elle encore besoin de l’intelligence humaine et ferons-nous l’amour avec des robots ?

Laurent Alexandre, Médecin et entrepreneur, et Jean-Michel Besnier, philosophe spécialiste des nouvelles technologies,  confrontent leurs arguments et vous donnent les clés pour comprendre ce qui se joue à coups de milliards dans les labos des sociétés High Tech californiennes.

Sommaire

Prologue : La technique peut-elle et doit-elle améliorer l’espèce humaine ? De l’utérus artificiel au clonage, l’humanité doit-elle changer sa reproduction ? Du cœur artificiel aux prothèses visuelles, la technique a-t-elle vocation a tout réparer ? Exosquelettes, prothèses artificielles, stimulation cérébrale : demain tous cyborgs ? Une sexualité est-elle possible avec des robots ? Est-il désirable de vivre des siècles ? Le transhumanisme est-il un eugénisme ? L’intelligence artificielle va-t-elle tuer l’homme ? Quelles entreprises misent aujourd’hui sur le transhumain ? Comment réguler les technologies d’amélioration de l’homme ? Faut-il craindre un meilleur des mondes bio-totalitaire ? Épilogue : Jusqu’où pousser la recherche sur l’amélioration de la condition humaine ?

Lire l’extrait

Transhumanisme. Utopie ou néofascisme ?

Humanité Dimanche, 30 juillet 2015

2045, l’intelligence des machines va nous dépasser… 2030, vous serez tous équipés de prothèses. Les transhumanistes imaginent ainsi améliorer l’espèce humaine par la technologie et la science, tuer la mort en quelque sorte. A priori, on aurait envie de reléguer ces scénarios au rayon science-fiction. En réalité, c’est un projet sérieux, à la fois structuré philosophiquement et politiquement. Issu des libertariens, le mouvement s’épanouit grâce aux millions déversés par les géants du numérique. Balade en Transhumanie, un monde où l’espèce humaine doit disparaître…

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[note admin : Les extropiens constituent un groupe de transhumanistes fondé par Tom M. Morrow et Max More. En 1990, un code plus formel et concret pour les transhumanistes libertariens prend la forme des Principes transhumanistes d’Extropie (Transhumanist Principles of Extropy, traduction française), l’extropianisme étant une synthèse du transhumanisme et du néolibéralisme.

Transhumanisme : de la réparation de l’humain au surhomme

Le développement de la cybernétique et des biotechnologies pourraient, d’ici quelques années, révolutionner la notion même d’humanité, de s’affranchir des lois jusqu’alors inaliénables de la nature. Alors que les premiers pas concrets dans cette direction ont été récemment réalisés avec notamment la fabrication d’organes artificiels ou la modification du patrimoine génétique de plantes puis d’animaux, il nous a semblé important de pouvoir lancer un débat dépassionné cadrant le sujet autant sur les plans scientifique qu’éthique ou juridique. De quoi parle-t-on vraiment ? Un homme amélioré ? Un homme réparable ? Un homme augmenté ? Sur quelles bases scientifiques ? L’Université d’été mobilise un panel de médecins, philosophes et juristes pour traiter de ce sujet complexe sous un angle nouveau.

Intervenants :
Pr François Berger, neuro-cancérologue – Inserm
François Vialla, directeur – Centre Européen d’Etudes et de Recherche Droit & Santé, Faculté de Droit université de Montpellier
Jean-Michel Besnier, professeur des universités & philosophie des technologies d’information et de communication
animée par Lionel Buannic, journaliste

Université de la e-santé
Ecole d’ingénieurs ISIS, Rue Firmin Oulès, 81100 Castres, FRANCE