Biohacking l’avenir de l’évolution humaine

Amal Graafstra, auteur du livre RFID Toys, s’est fait implanter deux puces RFID. Son intérêt pour le biohacking, la RFID et la NFC ont commencé en 2005 comme une solution simple à un problème. Il voulait un accès facile à son bureau. Il a exploré les options biométriques et s’est finalement aperçu qu’elles étaient trop chères, peu fiables, et vulnérables au vandalisme. Graafstra joue un rôle actif dans le milieu des implants RFID DIY [Do It Yourself] depuis le milieu des années 2000. Son entreprise de biohacking Dangerous Things déclare que « le biohacking est à l’avant-garde d’un nouveau type d’évolution.

 

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L’avenir de l’humanité est de diriger sa propre évolution – Interview avec Amal Graafstra

L’informatique quantique va changer le monde

Quels en seront les effets sur notre quotidien?

Cela fait déjà plusieurs années que le monde de la science et de la technologie est animé par l’informatique quantique, mais notre quotidien est toujours dépourvu d’une telle technologie. Les systèmes quantiques peuvent crypter les données de manière infaillible, nous permettre d’exploiter l’énorme quantité de données existantes, et résoudre des problèmes complexes que même les supercalculateurs les plus puissants ne peuvent résoudre (comme des diagnostics médicaux et des prévisions météorologiques).

Or, en novembre dernier, nous avons fait un pas de plus en direction de ce futur quantique nébuleux, alors que paraissaient dans la prestigieuse revue Nature deux articles faisant état de systèmes quantiques parmi les plus avancés à ce jour.

Dans cette interview accordée à Futurism, Mikhail Lukin, professeur de physique à l’Université Harvard et auteur principal de l’un de ces articles, explique l’état actuel de l’informatique quantique, nous dit quand nos téléphones et nos bureaux pourraient être équipés de technologies quantiques, et ce qu’il faudra pour que cela se produise.

Les Machines pour le Big Data : Vers une Informatique Quantique et Cognitive (PDF)

Futurism : Pouvez-vous d’abord nous expliquer, en termes simples, comment fonctionne l’informatique quantique?

Mikhail Lukin : Commençons par expliquer comment fonctionnent les ordinateurs classiques. Avec un ordinateur classique, vous formulez le problème que vous voulez résoudre sous la forme d’une entrée, qui est essentiellement un flux constitué de 0 et 1. Pour effectuer des calculs, il faut créer un certain nombre de règles fondées sur la façon dont ce flux pourra circuler – c’est notre processus de calcul (addition, multiplication, etc.).

Mais nous savons depuis plus de 100 ans que le monde microscopique est fondamentalement régi par les lois de la mécanique quantique, et à l’échelle quantique, on retrouve également des systèmes. Votre ordinateur, par exemple, ou votre chaise pourraient être placés dans deux états différents à la fois – c’est l’idée de la superposition quantique. En d’autres termes, votre ordinateur pourrait se trouver simultanément à Boston et à New York. Donc, cette superposition quantique, même si elle nous paraît très étrange, est permise par les lois de la mécanique quantique. À grande échelle, comme dans mon exemple, c’est évidemment très bizarre. Mais dans le monde microscopique, comme à l’échelle d’un seul atome, ce type d’état superposé est en fait assez courant. Ainsi, en effectuant de nombreuses expériences scientifiques, les chercheurs ont pu démontrer qu’un même atome peut se trouver dans deux états différents à la fois.

L’idée de l’ordinateur quantique est d’utiliser les règles de la mécanique quantique pour traiter l’information. On peut assez facilement comprendre pourquoi ce type de machine peut être si puissant. Avec un ordinateur classique, vous fournissez des données d’entrée, il les traite, puis vous transmet des données de sortie. Mais avec du matériel utilisant les principes de la mécanique quantique, plutôt que de simplement fournir de manière séquentielle des données d’entrée et de lire les réponses, le registre informatique peut être dans les superpositions quantiques de différents types d’entrées à la fois.

Cela signifie que si on traite cet état de superposition à l’aide des lois de la mécanique quantique, on peut traiter beaucoup, beaucoup d’entrées à la fois. L’accélération sera même exponentielle par rapport aux programmes classiques.

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F : À quoi ressemble un ordinateur quantique?

ML : En entrant dans une pièce où se trouve notre machine quantique, vous verriez une cellule ou un tube à vide dans lequel sont projetés une série de lasers. À l’intérieur, on utilise un type d’atome en très faible densité. Nous utilisons les lasers pour ralentir le mouvement atomique très près du zéro absolu, un processus appelé “refroidissement par laser”.

F : Et comment le programmez-vous?

ML : Pour programmer un ordinateur quantique, nous lançons une centaine de rayons laser concentrés dans une chambre à vide. Chacun de ces faisceaux laser agit comme une pince optique, en saisissant un atome ou non. Nous avons ces pièges atomiques, chacun étant chargé ou vide. Nous prenons ensuite une photo de ces atomes piégés, et nous déterminons quels pièges sont pleins et lesquels sont vides. Ensuite, nous réarrangeons les pièges contenant des atomes uniques selon la configuration que nous souhaitons. Comme chacun des atomes est retenu séparément et donc facilement contrôlable, nous pouvons en principe les positionner comme nous le souhaitons.

Positionner ainsi les atomes constitue une manière de programmer. Pour bien contrôler les qubits, nous amenons doucement et prudemment les atomes de leur niveau d’énergie le plus bas vers un niveau d’énergie supérieur. Nous utilisons pour cela des faisceaux laser soigneusement choisis qui sont projetés à une transition spécifique. Leur fréquence est très étroitement contrôlée. Dans cet état excité, les atomes deviennent très volumineux, et se mettent à interagir ou, pourrait-on dire, à communiquer entre eux. En choisissant l’état auquel nous excitons les atomes, de même que leurs arrangements et leurs positions, nous pouvons programmer les interactions avec beaucoup de contrôle.

F : Pour quels types d’applications l’ordinateur quantique est-il le plus utile?

ML : Pour être honnête, nous ne connaissons pas vraiment la réponse à cette question. Nous croyons que les ordinateurs quantiques ne sont pas nécessairement bons pour tous les types de calcul. Mais certains problèmes sont mathématiquement difficiles à résoudre, même pour les meilleurs ordinateurs classiques. Il s’agit généralement de problèmes très complexes, d’optimisations complexes par exemple, impliquant plusieurs contraintes contradictoires à gérer.

Imaginons que vous vouliez donner un cadeau collectif à un groupe de personnes aux intérêts variés. Or, il se pourrait que certains intérêts soient contradictoires. Pour résoudre ce problème de façon classique, vous pourriez regrouper les individus par paires ou triplets pour vous assurer de satisfaire les intérêts non contradictoires. La complexité de ce problème augmentera très rapidement si vous ajoutez des personnes, car le nombre de combinaisons classiques à vérifier est exponentiel. Plusieurs croient que les ordinateurs quantiques s’avéreraient plus efficaces pour résoudre ce type de problème.

Un autre exemple bien connu est la factorisation. Si on prend un petit nombre, disons 15, nous savons qu’il a 3 et 5 comme facteurs. Mais c’est le genre de problème qui se complexifie très rapidement si on prend des nombres de plus en plus élevés. Si on prend un nombre élevé qui a deux grands facteurs, la meilleure façon avec la méthode classique de trouver ces facteurs est d’essayer tous les nombres en commençant par un, deux, trois, et ainsi de suite. Mais il s’avère qu’il existe un algorithme quantique, appelé algorithme de Shor, qui permet de trouver les facteurs d’un nombre de manière exponentiellement plus rapide que les meilleurs algorithmes classiques connus. Si vous pouvez faire quelque chose à une vitesse exponentiellement plus élevée qu’à l’aide d’une autre approche, cela représente un énorme avantage.

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F : J’ai l’impression que votre mission, et celle des autres dans le domaine, est d’améliorer cette technologie et de nous aider à mieux la comprendre. Les applications semblent plutôt secondaires, et seront développées quand vous aurez les outils. Est-ce le cas?

ML : Je vais répondre à votre question par une analogie. Les premiers ordinateurs classiques étaient surtout utilisés pour faire des calculs scientifiques et des expériences numériques destinés à mieux comprendre le comportement des systèmes physiques complexes. Aujourd’hui, les ordinateurs quantiques en sont à ce stade de développement. Ils nous permettent déjà d’étudier des phénomènes physiques quantiques complexes. Ils sont utiles dans un cadre scientifique, et les chercheurs les utilisent déjà à cette fin.

En fait, un des constats de nos articles [publiés dans Nature] est que nous avons déjà construit des machines suffisamment grandes, complexes et quantiques pour réaliser des expériences scientifiques autrement très difficiles à réaliser, même à l’aide des meilleurs ordinateurs classiques (principalement des superordinateurs). Dans le cadre de nos travaux, l’appareil nous a déjà permis de faire une découverte scientifique. Celle-ci n’avait pu être faite jusqu’à présent, en partie en raison du fait qu’il est très difficile pour les ordinateurs classiques de modéliser ces systèmes. À certains égards, nous sommes en train de franchir le seuil où les machines quantiques deviennent utiles, du moins à des fins scientifiques.

Pendant le développement des ordinateurs classiques, on avait déjà une bonne idée des algorithmes qu’on allait pouvoir utiliser. Mais en fait, lorsque les premiers ordinateurs ont été construits et qu’on a commencé à les expérimenter, cela a mené à la création de nombreux algorithmes plus efficaces et plus utiles. En d’autres termes, c’est à ce moment-là qu’on a découvert à quoi ces ordinateurs pouvaient réellement servir.

C’est la raison pour laquelle je dis que nous ne pouvons pas vraiment savoir aujourd’hui à quelles tâches les ordinateurs quantiques s’avéreront particulièrement utiles. La seule façon de le découvrir est de construire de puissants ordinateurs quantiques fonctionnels, et de les mettre à l’essai. C’est un objectif de grande importance, et nous entrons maintenant dans cette phase. Nous nous approchons sérieusement du stade où nous pourrons commencer à expérimenter des algorithmes quantiques sur des machines à grande échelle.

F : Parlez-moi un peu de votre article dans Nature. De quelle avancée est-il question? Et à quel point sommes-nous près de concevoir des algorithmes faits pour les ordinateurs quantiques?

ML : Parlons d’abord de la manière de quantifier les machines quantiques. Pour ce faire, utilisons trois axes. Sur un des axes se trouverait l’échelle indiquant le nombre de qubits, [ou bits quantiques, soit l’unité élémentaire de l’ordinateur quantique, l’équivalent des bits en informatique classique]. Plus il y en a, mieux c’est. Un autre axe indiquerait le degré de « quanticité », c’est-à-dire la cohérence de ces systèmes. Maintenant, pour quantifier un ordinateur quantique, vous devez déterminer la probabilité qu’un calcul soit exempt d’erreur lorsque vous utilisez un nombre donné de qubits.

Si vous n’utilisez qu’un seul qubit, les probabilités d’erreur sont minimes. Mais dès que leur nombre est plus élevé, ces probabilités augmentent de façon exponentielle. Les systèmes dont il est question dans notre article et dans l’article complémentaire ont assez de qubits et sont suffisamment cohérents pour effectuer la série de calculs avec une probabilité d’erreur relativement faible. En d’autres termes, en un nombre donné d’essais, nous pouvons obtenir un résultat exempt d’erreur.

Mais ce n’est pas tout. Le troisième axe indique le potentiel de programmation de la machine. Essentiellement, si vous pouvez faire communiquer chaque qubit avec chacun des autres qubits de manière arbitraire, vous pouvez alors coder n’importe quel problème quantique dans la machine. De telles machines sont parfois appelées ordinateurs quantiques universels. Notre machine n’est pas entièrement universelle, mais elle présente un très haut degré de programmabilité. Nous pouvons en fait changer la connectivité très rapidement. C’est ce qui nous permet finalement d’expérimenter et de faire de nouvelles découvertes sur ces phénomènes quantiques complexes.

F : Les ordinateurs quantiques pourront-ils un jour être réduits à la taille d’un téléphone ou d’un autre type d’appareil mobile?

ML : Ce n’est pas impossible. Il existe des moyens de les assembler de sorte à les rendre portables, potentiellement de les miniaturiser suffisamment, peut-être pas à la taille d’un téléphone mobile, mais peut-être d’un ordinateur de bureau. Mais à l’heure actuelle, ce n’est pas encore possible.

F : Croyez-vous qu’à l’instar des ordinateurs classiques, les ordinateurs quantiques passeront du stade de la découverte scientifique à celui d’une utilisation massive dans une trentaine d’années?

ML : La réponse est oui, mais pourquoi trente ans? Ça pourrait se produire beaucoup plus rapidement.

F : Quels progrès doit-on encore réaliser pour en arriver là?

ML : Je pense qu’il nous faut des ordinateurs assez puissants pour comprendre pleinement à quoi ils peuvent vraiment servir. Nous ne savons pas encore ce que les ordinateurs quantiques sont capables de faire. Nous ne connaissons pas leur plein potentiel. Je crois que le prochain défi est là.

La prochaine étape sera celle de l’ingénierie et de la création de machines destinées à des applications spécialisées. Plusieurs travaillent déjà, y compris [mon équipe], à la mise au point de petits appareils quantiques conçus pour, par exemple, aider au diagnostic médical. Dans certaines de ces applications, les systèmes quantiques ne font que mesurer de minuscules champs électriques ou magnétiques dans le but d’améliorer l’efficacité des diagnostics. Je crois que c’est déjà en train de se produire. Certaines de ces idées sont déjà en phase de commercialisation.

Alors peut-être que des applications plus générales pourraient être commercialisées. Dans la pratique, les ordinateurs quantiques et les ordinateurs classiques fonctionneront probablement de manière complémentaire. En fait, il est fort probable que la majeure partie du travail sera effectuée par des ordinateurs classiques, mais que certaines parties, les problèmes les plus difficiles, seront résolues par des machines quantiques.

Il existe également un autre domaine appelé communication quantique qui s’intéresse au transfert d’états quantiques entre stations éloignées. En utilisant les états quantiques pour envoyer de l’information, on peut construire des lignes de communication totalement sécurisées. De plus, grâce aux réseaux quantiques (parfois appelés internet quantique) nous devrions pouvoir accéder à distance à des serveurs quantiques. On peut donc facilement imaginer de nombreuses manières qui amèneront les ordinateurs quantiques à faire partie de notre quotidien, sans nécessairement les porter dans notre poche.

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F : Y a-t-il quelque chose au sujet des ordinateurs quantiques qui devrait être davantage connu du public?

ML : L’informatique quantique et les technologies quantiques sont dans l’actualité depuis un certain temps. Pour nous, les scientifiques, il s’agit d’un domaine passionnant. Elle représente réellement une frontière de la recherche scientifique dans de nombreux sous-domaines. Depuis cinq à dix ans, la plupart des gens croient que les développements dans le domaine sont très futuristes, qu’il faudra attendre encore longtemps avant de créer des ordinateurs quantiques utiles.

Je pense que ce n’est pas du tout le cas. Je crois que nous entrons déjà dans une ère nouvelle qui présente un potentiel énorme de découvertes scientifiques, qui amènera des applications étendues pour la science des matériaux, la chimie, tout ce qui implique des systèmes physiques complexes. Mais j’ai aussi l’impression que très bientôt, nous allons commencer à découvrir à quelles fins les ordinateurs quantiques peuvent être utiles dans un cadre beaucoup plus large, allant de l’optimisation à l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique (machine learning). Je crois que tout ça se profile à l’horizon.

Nous ne savons pas encore ce que feront les ordinateurs quantiques, ni comment ils le feront, mais nous le saurons très bientôt.

traduction Mathieu Lepage

Futurism

Le transhumanisme prépare un monde d’apartheid

Dans cet entretien vidéo, Miguel Benasayag explique pourquoi un cerveau augmenté signifie une humanité diminuée. Et pourquoi le transhumanisme dessine un monde d’apartheid. Interview réalisé le 4 mars 2017 par Reporterre et plumeStudios.

Cerveau augmenté, homme diminué, de Miguel Benasayag, éditions La Découverte, mai 2016, 200 p.

Que les citoyens soient maintenus dans l’ignorance totale de la mutation en cours et qu’ils y adhèrent comme des moutons, c’est nouveau et très dangereux.

Le futur de la modification génomique et sa règlementation

26 janvier 2017, Katie McNally, University of Virginia

Une nouvelle technologie appelée CRISPR fait les manchettes internationales comme étant un pas-de-géant dans le domaine du génie génétique. CRISPR, acronyme pour « clustered regularly interspaced short palindromic repeats » en anglais, est une technologie de modification génomique qui permet aux scientifiques de modifier l’ADN beaucoup plus rapidement, facilement et efficacement que les anciennes méthodes de génie génétique.

CRISPR a de vastes répercussions sur l’avancement des soins de santé et de l’agriculture et a déjà été utilisé dans le but de créer des moustiques génétiquement modifiés pour aider à réduire la propagation de la malaria.

Dans la foulée de cette percée majeure, UVA Today a demandé au professeur de politique publique de l’université de Virginie, Randall Lutter, de nous expliquer l’impact de cette nouvelle technologie. Maintenant membre de la faculté de la Frank Batten School of Leadership and Public Policy de l’UVA, M. Lutter est un ancien sous-commissionnaire des politiques à la Food and Drug Administration (« FDA »), où il a joué un rôle clé dans les efforts déployés pour réglementer les animaux génétiquement modifiés.

Randall Lutter est professeur de politique publique à la Frank Batten School of Leadership and Public Policy et ancien sous-commissaire des politiques de la FDA.
Randall Lutter is a professor of public policy in the Frank Batten School of Leadership and Public Policy and a former deputy commissioner for policy at the FDA. (Photo by Dan Addison, University Communications) .

Ci-dessous, M. Lutter discute du futur de la modification génomique et des récentes mises à jour de la FDA pour aborder le sujet.

Quelle est la différence entre la modification génomique et les procédés plus anciens de création d’organismes génétiquement modifiés, ou OGM?

Grâce aux techniques d’édition de génome comme CRISPR, les scientifiques sont en mesure de couper le génome d’une cellule à un endroit souhaité de sorte que les gènes existants puissent être retirés ou que l’on puisse en ajouter de nouveaux. Les anciennes techniques sont différentes, car elles nécessitent l’introduction d’éléments génétiques d’une espèce différente, et étaient ainsi parfois appelées « transgéniques ».

Jusqu’à présent, la modification précise s’est révélée fructueuse pour créer des organismes dotés d’une grande variété de traits désirés, même en n’introduisant aucun élément génétique d’une espèce différente. Les résultats obtenus par ce genre de modification génomique pourraient, en principe, apparaître naturellement.

CRISPR, contrairement aux anciennes technologies, peut aussi être utilisé pour modifier des traits héréditaires, même chez les populations sauvages. Au moyen d’un système génétique appelé « forçage génétique » (ou « gene drive » en anglais), un organisme peut être modifié de façon à le doter d’un nouveau trait qui apparaîtra également, selon une très forte probabilité, chez les descendants de cet organisme, et ce, même si l’autre parent « sauvage » ne possède pas ce nouveau trait. Ainsi, le nouveau trait devrait se répandre dans toute la population sauvage – une avancée ayant d’extraordinaires répercussions.

Comment la FDA fait-elle pour évaluer les risques associés à une telle technologie par rapport à ses avantages?

Considérer les risques et les avantages nécessite une évaluation propre au produit en question, mais les décideurs de la FDA en matière de réglementation se concentrent sur des questions quelque peu plus restreintes.

Par exemple, lorsque la FDA a approuvé en 2015 le saumon génétiquement modifié AquaAdvantage, elle a trouvé que la nourriture provenant de ce saumon était aussi salubre et nutritive que celle du saumon de l’Atlantique non transgénique et que cette procédure était aussi sécuritaire pour le saumon. De plus, elle a examiné l’allégation proposée d’AquaBounty relativement au saumon – selon laquelle sa croissance serait plus rapide que celle du saumon traditionnel, avantage clé pour les pisciculteurs – et a conclu que le produit d’assemblage d’ADN recombinant qui crée ce trait était de fait efficace pour provoquer une accélération de la croissance telle qu’énoncée par AquaBounty. Finalement, elle a évalué les possibles incidences néfastes sur l’environnement des États-Unis. Après examen des multiples formes de confinement physique et biologique dans l’application d’AquaBounty visant la commercialisation et la sollicitation d’observations du public, et en consultation avec d’autres agences fédérales, il a été finalement décidé que cela n’avait aucun impact significatif sur l’environnement.

L’un des grands défis posés par le système de réglementation actuel est que le délai d’approbation de nouveaux produits est trop lent. Il aura fallu presque deux décennies après que les premiers documents lui aient été soumis pour que la FDA approuve le saumon d’AquaBounty. Un moustique génétiquement modifié produit par Oxitec, société britannique, pour lutter contre l’Aedes aegypti, moustique qui propage la dengue et le virus Zika, a été approuvé uniquement pour des essais pratiques aux États-Unis, même si les mesures conventionnelles utilisées pour endiguer la dengue semblent à peine suffisantes.

Les délais d’approbation se traduisent par l’utilisation continue d’anciens produits potentiellement moins sécuritaires et une réduction considérable des incitatifs liés au financement des recherches et développements.

La modification génomique comporte-t-elle le même risque que celui associé à l’utilisation massive d’antibiotiques – pourrait-elle entraîner la création de pathogènes ou d’organismes nuisibles plus résistants?

Certaines cultures génétiquement modifiées existantes, développées au moyen d’anciennes technologies transgéniques, sont résistantes aux herbicides, et certains éléments laissent à penser que l’utilisation d’herbicides sur ces cultures a entraîné le développement de super mauvaises herbes.

L’édition du génome, si elle est utilisée pour produire des cultures résistantes aux pesticides, ne réglerait pas ces problèmes, qui peuvent sembler être le résultat, en grande partie, d’une mauvaise utilisation des pesticides.

Quels sont les principes de base de la mise à jour du cadre coordonné de réglementation de la biotechnologie de la FDA?

Début janvier, la FDA a publié trois projets de document d’orientation, qui augmenteraient la portée des lignes directrices pour couvrir toutes les technologies de modification génomique, y compris CRISPR, visant les animaux; étendraient la portée de la consultation volontaire concernant les cultures génétiquement modifiées pour y inclure les technologies de modification génomique visant les cultures; et délégueraient la réglementation des moustiques utilisés pour la lutte antiparasitaire au programme de pesticides de l’EPA. La FDA sollicite également les commentaires [du public] sur les applications de la modification génomique à faible risque.

En ce qui concerne plus particulièrement les moustiques génétiquement modifiés, la FDA réglementerait les moustiques génétiquement conçus, y compris les moustiques modifiés sur le plan du génome, qui sont commercialisés dans le but de réduire la morbidité chez l’humain. Cependant, si les moustiques étaient commercialisés en tant que pesticides, dans le but de réduire la population de moustiques de type sauvage, et non pas les maladies, alors l’EPA aurait compétence aux termes de la loi Federal Insecticide, Fungicide, and Rodenticide Act (FIFRA, Loi fédérale sur les insecticides, fongicides et rodenticides).

Selon vous, quelle est l’avancée possible la plus excitante du point de vue de la modification génomique?

Il est d’avis général que l’édition du génome pourrait être utilisée pour augmenter l’acceptabilité des organes de porcs pour la greffe humaine. Une telle nouvelle source d’organes pourrait redonner espoir à des milliers d’Américains en attente d’une transplantation.

traduction Stéphanie S.

Université de Virginie

Transhumanisme : la révolution de l’intelligence artificielle

Annoncée depuis des décennies, l’intelligence artificielle est devenue réalité. Mais nombre de décideurs ne mesurent pas encore les impacts de cette révolution. Spécialiste du transhumanisme, Laurent Alexandre décrypte les potentiels et les enjeux de cette révolution. A l’occasion du Crea Digital Day en janvier à Genève, le spécialiste du transhumanisme Laurent Alexandre est venu expliquer les enjeux de la révolution qui attend nos sociétés dans les années à venir. Selon lui, les premières réussites de l’intelligence artificielle ne datent que de trois ans, malgré des annonces bien plus anciennes. Mais la robotisation, la connectique, les technologies issues du séquençage ADN ou encore les nanotechnologies vont entraîner des bouleversements majeurs.

Et c’est en particulier le domaine économique qui pourrait être rapidement touché, avec des robots capables de remplacer l’humain non seulement pour des tâches faciles comme la conduite routière, mais également pour des compétences complexes comme l’analyse radiographique. D’où un besoin urgent de repenser des pans entiers de notre société, dont la formation.

L’avenir de l’humanité est de diriger sa propre évolution – Interview avec Amal Graafstra

Amal Graafstra s’est fait implanter deux puces RFID, auteur du livre RFID Toys, et est un intervenant à TEDx. Son intérêt pour le biohacking, la RFID et la NFC ont commencé en 2005 comme une solution simple à un problème. Il voulait un accès facile à son bureau. Il a exploré les options biométriques et s’est finalement aperçu qu’elles étaient trop chères, peu fiables, et vulnérables au vandalisme. Graafstra joue un rôle actif dans le milieu des implants RFID DIY depuis le milieu des années 2000. Son entreprise de biohacking Dangerous Things déclare que « le biohacking est à l’avant-garde d’un nouveau type d’évolution.

Pourquoi avez-vous commencé Dangerous Things ?

En 2005, j’étais vraiment frustré par la situation avec mes clés. J’étais réellement agacé de devoir prendre toutes ces clés avec moi, cela faisait un peu potiche, je voulais que la porte me reconnaisse, je ne voulais pas utiliser de scanner d’iris ou d’empreintes digitales, j’ai jeté un œil à ces technologies, elles semblaient particulièrement robustes pour ce qui est des portes, vous avez un capteur comme celui-là, c’est assez cher, vous le mettez dehors et un enfant le frappe avec un bâton… il ne fonctionne plus.

La technologie RFID semble être la solution logique, mais vous échangez une clé métallique pour une carte en plastique, la promesse de la RFID est que vous avez une carte qui fonctionne avec toutes vos portes, mais en réalité, les fabricants de contrôle d’accès veulent construire dans la propriété de sorte que vous devez acheter chez eux les tags (balises) afin de pouvoir s’en servir pour toutes les portes, et vous finissez avec tout un tas de tags comme un trousseau de clés, ce qui est stupide. Donc, je me suis dit : vous savez quoi ? Je vais fabriquer cela moi-même et me mettre un implant. Comme ça, je n’aurai plus à me soucier de porter une carte. J’ai donc fait quelques recherches et j’ai décidé de ne pas prendre d’implant d’animaux de compagnie pour diverses raisons, j’ai ensuite trouvé le bon type de puce que je voulais, le bon verre et j’ai parlé à certains médecins qui étaient mes clients, je leur ai dit « Hey, que diriez-vous de mettre cela ici ? », et ils semblaient dire « bien sûr, pas de problème. » J’ai donc acheté les tags, et en cinq minutes c’était dedans.

C’est tout simplement ce qui s’est passé, mais en 2008/2009, une révolution de fabricants a frappé, les gens ont commencé à fabriquer leurs propres électroniques et à vraiment s’y intéresser. Les RFID sont devenus le passe-temps favori de l’électronique et beaucoup de personnes étaient intéressées par les implants et c’était trop difficile à gérer sans une structure alors j’ai commencé Dangerous Things. Nous vendons maintenant du matériel sûr et nous nous associons à des perceurs corporels professionnels pour permettre à nos clients de pouvoir se faire poser un implant de façon sécurisé.

Venez-vous d’une formation d’ingénieur ?

Non. J’aime la technologie. Je peux coder et fabriquer du hardware, mais pas très bien. Je connais un peu les affaires, mais pas beaucoup. Je suis un peu touche-à-tout.

Donc, pour cette puce, vous fournissez le matériel et d’autres personnes peuvent fournir le logiciel ?

Vous pouvez construire un mécanisme de verrouillage assez facilement ou vous pouvez en acheter un. Samsung fait une serrure de porte et un tas d’autres entreprises font des serrures de porte, mais si vous voulez entrer dans quelque chose d’un peu plus complexe comme démarrer votre voiture ou quelque chose comme ça, vous devez connaître un peu l’électronique pour modifier la voiture. Quand il s’agit de choses comme les paiements, c’est plutôt une question de partenariat et de personnes que techniques. Vous devez disposer des autorisations appropriées, de la bonne sécurité sur vos périphériques, etc. [note admin : « Ces dispositifs n’ont pas été testés ou certifiés par un organisme de réglementation pour l’implantation ou l’utilisation sur ou dans le corps humain »].

Qu’en est-il de la mission principale de l’entreprise ?

Nous n’avons pas vraiment développé un énoncé de mission de base, mais cela revient vraiment à l’idée de mettre directement votre corps à niveau directement, soit par des installations matérielles ou de bricoler avec les gènes. Ce genre de chose est vraiment la prochaine forme d’évolution, et nous croyons que l’avenir de l’humanité est de diriger sa propre évolution. L’évolution est deux choses, la mutation aléatoire et la sélection. La mutation aléatoire est mauvaise 99.99% du temps. Un bébé naît avec un défaut puis il meurt. C’est la sélection. Mais nous avons agi sur ce processus sélectif en sauvant chirurgicalement la vie du bébé. Cependant, nous n’avons pas changé le problème du mauvais gène, donc être capable de guider l’évolution d’une manière non aléatoire est vraiment intéressant ici.

Est-ce que ces dispositifs collectent des données ?

Les appareils ne sont pas connectés, le seul moment où ils sont sous tension est quand ils sont dans la gamme du lecteur. Il n’y a donc pas de données collectées. Dans le futur, quand nous aurons une cellule de stockage d’énergie sûre, nous pourrons parler de collecte de données biologiques et d’agrégation de ces données, pour faire plus de choses avec elles. Mais pour l’instant c’est plus comme un échange d’informations. Par exemple, nous avons un tag (une étiquette) avec un capteur thermique dessus, de sorte que vous pouvez obtenir la température, mais il enregistre la température seulement quand vous lui demandez.

Y a-t-il des défis sur le produit ?

Il n’y a pas de pièces mobiles, il n’y a aucune raison de penser qu’elles se briseront. Je l’ai depuis onze ans. Il y a des limites différentes, je suppose. Certains modèles ont une mémoire de dix ans de protection des données. Donc, si vous n’écrivez rien, l’appareil conservera les données pendant 10 ans, mais si vous réécrivez quelque chose, cela sera réinitialisé à ce moment-là. Il y a aussi un compteur de 100 000 cycles sur les blocs mémoires eux-mêmes afin que vous puissiez écrire dans cette mémoire 100 000 fois. Donc, même si vous écrivez une fois par jour, chaque jour, cela vous donnera environ 27.9 ans.

Selon vous, quels sont nos plus grands problèmes numériques ?

Nous avons un problème en ce moment. Nos identités numériques deviennent de plus en plus précieuses, beaucoup plus précieuses que nos identités biologiques. Vous ne pouvez pas aller à la banque et accéder à votre compte sans un système d’identification pour vous identifier. Votre corps n’est pas suffisant. Donc, être en mesure de lier les identités en ligne et hors ligne est un gros problème qui deviendra plus grand étant donné que nous comptons de plus en plus sur les communications en ligne. C’est l’un des principaux axes de développement de ces dispositifs.

Voyez-vous cette technologie comme une force destructrice aussi bien que constructive ?

Les gens sont des êtres étranges, il y aura donc le chaos dans toute sorte d’initiative. Mon espoir est de pouvoir prouver sans équivoque que votre identité dans les interactions numériques et en ligne va seulement être bénéfique. Si vous regardez dans le passé à travers l’histoire, vous constatez que tout type de changement effraie et fait peur aux gens. Donc, il y a toujours une période d’acceptation, c’était tout aussi vrai pour les pacemakers.

Les premiers pacemakers ont été condamnés comme l’œuvre du diable. Et lentement, les gens ont commencé à les accepter, par la compréhension de ce qu’ils font et pourquoi ils sont importants. C’est plus facile pour les technologies médicales d’obtenir l’acceptation parce qu’elles aident d’une manière qui semble être critique et urgente. Je pense qu’une fois que nous aurons une cellule de source d’énergie sûre, alors nous pourrons commencer à faire toutes sortes de dispositifs assez fous. Les gens ont voulu des appareils bioélectriques pour surveiller le mouvement musculaire, par exemple pour activer une prothèse, mais obtenir une bonne lecture sensorielle depuis l’extérieur de la peau est très difficile. Cependant, avoir un dispositif implanté capable d’écouter le mouvement musculaire est très intéressant. Ce n’est qu’un exemple. Il y aura des dispositifs médicaux et non médicaux, par exemple, un dispositif qui permet d’effectuer des contrôles gestuels. C’est ce genre de capacité que nous allons voir grâce aux dispositifs de biohacking (biologie participative).

Quels genres de changements voyez-vous pour le biohacking dans le futur ?

Encore une fois, une fois que nous aurons une cellule de puissance active, nous serons capables d’avoir des dispositifs qui sont alimentés dans le corps, puis la collecte de données devient possible et contribuant à un grand flux de données va être l’une de ces possibilités. Les technologies portables sont intéressantes, mais un wearable est un fardeau à gérer. Ils sont incohérents dans la collecte de données parce que les gens ne les portent pas tout le temps. Donc, être en mesure d’établir une routine de connexion de données par un dispositif d’implant toujours à l’écoute et toujours en train d’enregistrer a des possibilités plus intéressantes pour le big data.

Traduction Thomas Jousse

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Des puces et des hommes

Lorsque l’identité numérique devient personnelle … vraiment personnelle.

VivoKey (anciennement UKI) est une plate-forme NFC implantable pour les applications d’identité, de sécurité, de cryptographie et de paiement. Lire l’article sur DailyMail : Rencontrez Amal, le cyborg qui a implanté des puces sous sa peau pour acquérir des capacités super-humaines.

Les terrifiantes menaces du chef d’état-major des USA à la Russie et à la Chine

4 octobre : le Général Mark Milley, chef d’état-major de l’Armée américaine, a parlé sans langue de bois : “La guerre entre grands États est pratiquement certaine, elle sera hautement mortelle”. Voir l’article du 6 octobre 2016 sur The Sun : WE WILL DESTROY YOU’ US Army chief Mark Milley fires terrifying threat to Russia over Syria and warns: ‘We’ll beat you anywhere, anytime’

Transcription Olivier Berruyer

La volonté stratégique de notre nation, les États-Unis, est remise en cause et nos alliances sont testées. […]

Mais je veux être clair ; je veux être sans ambiguïté. Je veux être clair avec ceux qui tentent de s’opposer aux États-Unis. Je veux être clair avec ceux qui veulent nous faire du mal. Je veux être clair avec ceux, qui, à travers le monde, veulent détruire notre mode de vie, nos alliés, nos amis. Avec l’armée des États-Unis – en dépit de tous nos défis, en dépit de notre tempo opérationnel, en dépit de tout ce que nous avons fait -, nous allons vous stopper et nous allons vous battre plus durement que vous ne l’avez jamais été auparavant. Ne vous méprenez pas à ce sujet.

Ne vous y trompez pas ! Et l’armée des États-Unis… [Applaudissements] Et l’armée des États-Unis est la force de combat décisive de l’Amérique. Et quand la direction politique des États-Unis décide de déployer son armée, quand nous arrivons sur votre pelouse, vous comprenez que le jeu est réel et vous soupesez pour de bon les enjeux. Et l’autre chose que vous comprenez, c’est que vous allez perdre ; vous perdrez face à l’armée américaine, ne faites aucune erreur à ce sujet !

Nous possédons et nous conserverons à l’avenir, la capacité de nous déployer rapidement et nous détruirons n’importe quel ennemi, n’importe où, n’importe quand.

Je suis donc ici aujourd’hui, et je mets en garde les ennemis de l’Amérique qui doutent ou méconnaissent nos capacités. De nombreux ennemis ont largement sous-estimé les États-Unis et son peuple dans le passé ; ils ont sous-estimé notre détermination nationale ; ils ont sous-estimé nos capacités, nos compétences, notre puissance de combat et tous ont fait un choix fatal qui s’est terminé par leur transfert dans les poubelles de l’Histoire. Il en sera de même de tout ennemi qui fera cette erreur, aujourd’hui ou demain.

Mais alors que nous sommes maintenant prêts, et que nous le resterons à l’avenir, nous sommes confrontés à des choix stratégiques très difficiles, nous sommes de plus en plus contestés par des adversaires potentiels très compétents qui agissent clairement en s’opposant à nos intérêts. Notre but est de dissuader de faire la guerre, mais si la dissuasion échoue, nous, en tant qu’armée, nous, en tant que nation, devons être prêts à nous battre ! […]

D’autres pays, Russie, Iran, Chine et Corée du Nord ont appris de nous Ils ont regardé avec attention comment nous nous sommes battus en 1991 et 2003. Ils ont étudié notre doctrine, nos tactiques, nos équipements, notre organisation, notre entraînement et nos dirigeants.

Et en retour, ils ont révisé leurs propres doctrines et ils modernisent rapidement leurs armées aujourd’hui pour déjouer nos forces, dans l’espoir d’arriver à nous vaincre un jour.

Récemment, un haut responsable russe, l’ambassadeur au Royaume-Uni, Alexander Yakovenko a dit, je cite : “L’ordre mondial actuel subit un bouleversement fondamental avec la Crimée, l’Ukraine et le Brexit” il a ensuite appelé au démantèlement de l’OTAN et de l’Union européenne puis il a dit, je cite : “La Russie peut mener une guerre conventionnelle en Europe et la gagner La Russie est le seul pays qui restera pour toujours indispensable, alors qu’on peut se passer des autres pays, et cela inclut les USA. Nous sommes désormais dans la phase finale.” Fin de la citation. [NdT : déclaration très étonnante, non retrouvée malgré de longues recherches]

Il a déclaré ceci il y a à peine 30 jours. Menaces, arrogance, bravades ? Que veut-il dire par là ? Y croit-il vraiment ? Et plus important, les dirigeants au Kremlin croient-ils ceci ? Eh bien l’Histoire nous apprend à être prudents. Il est toujours sage de croire les déclarations publiques des dirigeants étrangers, alors que la plupart des nations tendent à camoufler leurs intentions stratégiques. […]

Malheureusement, je pense qu’il est très peu probable que la guerre entre les États-nations reste reléguée aux livres d’Histoire. Parce qu’il n’y a pas d’autorité supérieure et parce que la sécurité est l’intérêt fondamental de chaque État, le conflit entre les États-nations est pratiquement certain à plus ou moins long terme. […]

Et aujourd’hui, aujourd’hui, nous sommes au milieu d’un autre changement géopolitique majeur. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis détenaient sans conteste le pouvoir mondial politique, économique et militaire ; nous vivions ce que certains ont appelé un moment unipolaire, qui est en train de changer, et de changer rapidement.

Les États-Unis sont confrontés à un important défi en Europe, en Asie et au Moyen-Orient. En Europe, nous voyons une Russie revancharde, qui a modernisé son armée et mène une politique étrangère agressive en Géorgie, Crimée, Ukraine et ailleurs. En Asie, nous sommes dans la troisième décennie du plus grand changement économique mondial des cinq derniers siècles, avec le centre de gravité économique mondial qui se déplace de l’Atlantique Nord au Pacifique Nord. Cela découle d’une Chine en croissance rapide, qui est une grande puissance à la politique étrangère révisionniste, soutenue par une armée de plus en plus forte. […]

Et nous avons appris de l’Histoire que les systèmes internationaux unipolaires et bipolaires ont tendance à être très stables, mais nous savons aussi que les systèmes multipolaires sont intrinsèquement sujets à la compétition, la confrontation, l’instabilité et à des guerres entre États. Nous entrons dans cet avenir multipolaire, et en fait, nous y sommes probablement depuis quelques années… […]

L’instabilité imprévisible est la nouvelle norme. Nous devons gérer le plus haut taux d’instabilité depuis au moins 1992. La Russie se voit elle-même en confrontation directe avec l’Occident ; la Chine poursuit son programme d’une vigoureuse modernisation militaire directement destinée à se hisser à notre niveau, avec des exercices de formation sans précédent par leur étendue, ampleur et complexité. […]

Le domaine [des technologies de l’information] connait des changements vraiment dramatiques, avec des implications militaires très importantes. D’inquiétantes cyber-capacités sont en cours d’élaboration en ce moment même et utilisées par de grands États-nations [le 21 octobre, attaque d’infrastructure Internet qui a paralysé des grands sites américains pendant plusieurs heures, une attaque développée dans ce discours du 4 octobre] ; et il est désormais tout à fait possible d’infliger des dégâts considérables à l’économie ou à l’armée de pays adverses uniquement en utilisant des outils informatiques. Nous constatons désormais ceci dans notre vie quotidienne, avec les hackers, la cybercriminalité, les imposteurs, etc. Mais tout ceci n’est qu’une nuisance relativement mineure par rapport aux ressources dont dispose un État-nation avancé, comme la Russie, la Chine ou même la Corée du Nord et l’Iran. […]

La structure et l’organisation de notre armée, tant au niveau institutionnel qu’opérationnel, doivent changer radicalement, et nous devons être ouverts à ce changement. Nous menons actuellement une importante campagne d’étude afin de comprendre ces changements, et je peux vous dire que nous devons les comprendre très vite et qu’il vaut mieux pour nous abattre nos vaches sacrées nous-mêmes plutôt que de perdre une guerre parce que nous sommes trop sclérosés pour penser l’impensable. […]

À ce stade, nous pouvons développer quelques points que nous avons appris au cours de l’étude que nous avons menée intensément cette année sur la guerre future de haute intensité entre des États-nations de grande puissance. Et le premier est, sans surprise, qu’elle sera hautement mortelle, très hautement mortelle, contrairement à tout ce que notre armée a connu au moins depuis la Seconde Guerre mondiale.

En outre, le champ de bataille sera hautement complexe et presque certainement dans des zones urbaines denses et contre un ennemi insaisissable, obscur, qui combine la guérilla terroriste avec des actions conventionnelles, au sein de larges populations civiles. […]

Donc, en résumé, les 25 prochaines années ne vont pas être comme le 10 dernières, ni même comme les 25 dernières. Les défis qui s’accumulent et auxquels nous sommes confrontés, tout comme le caractère de la guerre en pleine mutation, ne ressemblent à rien que nos forces actuelles aient jamais connu en intensité et mortalité. […]

Un très grand historien [NdT. Victor Davis Hanson] a récemment écrit qu’il constatait une augmentation du nationalisme, des courses à l’armement régionales, des revendications territoriales non résolues, des conflits sectaires interminables, et un retour à l’équilibre des puissances politiques du 18e siècle avec des sphères d’influence. Il a alors indiqué qu’il y avait actuellement une légère brise dans l’air, mais qu’elle pouvait se transformer en une tempête. Et il a conclu à la fin de son papier qu’une forte averse était sur le point de s’abattre sur nous…”

115 ans : la limite de notre espérance de vie?

Sandra De Breucker, Gériatre à l’hôpital Erasme et Didier Coeurnelle, Porte-parole de l’AFT-Technoprog, étaient les invités de Fanny Rocher dans l’émission Pour ou Contre ce lundi sur RTL-TVI. Au menu du débat : 115 ans, est-ce la limite de notre espérance de vie ?

L’être humain ne sera jamais immortel

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