Guerre cognitive : Le cerveau sera le champ de bataille du 21e siècle

La militarisation de la science du cerveau

Les gouvernements occidentaux de l’alliance militaire de l’OTAN développent des tactiques de “guerre cognitive”, utilisant les menaces supposées de la Chine et de la Russie pour justifier une “bataille pour votre cerveau” dans le “domaine humain”, pour “faire de chacun une arme”.

L’OTAN développe de nouvelles formes de guerre pour mener une “bataille pour le cerveau“, selon les termes de l’alliance militaire.

Le cartel militaire de l’OTAN dirigé par les États-Unis a testé de nouveaux modes de guerre hybride contre ses adversaires autoproclamés, notamment la guerre économique, la cyberguerre, la guerre de l’information et la guerre psychologique.

Aujourd’hui, l’OTAN met au point un tout nouveau type de combat qu’elle a baptisé “guerre cognitive“. Décrite comme une ” militarisation des sciences du cerveau “, cette nouvelle méthode consiste à “pirater l’individu” en exploitant “les vulnérabilités du cerveau humain” afin de mettre en œuvre une “ingénierie sociale” plus sophistiquée.

Jusqu’à récemment, l’OTAN divisait la guerre en cinq domaines opérationnels différents : air, terre, mer, espace et cybernétique. Mais avec le développement de stratégies de guerre cognitive, l’alliance militaire discute d’un nouveau domaine, le sixième : le “domaine humain“.

Une étude parrainée par l’OTAN en 2020 sur cette nouvelle forme de guerre explique clairement : “Alors que les actions menées dans les cinq domaines sont exécutées afin d’avoir un effet sur le domaine humain, l’objectif de la guerre cognitive est de faire de chacun une arme.”

“Le cerveau sera le champ de bataille du 21e siècle”, souligne le rapport. “Les humains sont le domaine contesté” et “les conflits futurs se produiront probablement entre les personnes numériquement d’abord et physiquement ensuite, à proximité des centres de pouvoir politique et économique.”

Le domaine cognitif est un nouvel espace de compétition, au-delà des domaines terrestre, maritime, aérien, cybernétique et spatial.
© NATO Innovation Hub

Si l’étude soutenue par l’OTAN insiste sur le fait qu’une grande partie de ses recherches sur la guerre cognitive est conçue à des fins défensives, elle concède également que l’alliance militaire développe des tactiques offensives, en déclarant : “L’humain est très souvent la principale vulnérabilité et il convient d’en tenir compte afin de protéger le capital humain de l’OTAN mais aussi de pouvoir tirer parti des vulnérabilités de nos adversaires.”

Dans une révélation qui fait froid dans le dos, le rapport dit explicitement que “l’objectif de la guerre cognitive est de nuire aux sociétés et pas seulement aux militaires”.

Avec des populations civiles entières dans le collimateur de l’OTAN, le rapport souligne que les armées occidentales doivent collaborer plus étroitement avec le monde universitaire pour armer les sciences sociales et humaines et aider l’alliance à développer ses capacités de guerre cognitive.

L’étude décrit ce phénomène comme “la militarisation de la science du cerveau“. Mais il semble évident que le développement de la guerre cognitive par l’OTAN conduira à une militarisation de tous les aspects de la société et de la psychologie humaines, des relations sociales les plus intimes à l’esprit lui-même.

Cette militarisation globale de la société se reflète dans le ton paranoïaque du rapport parrainé par l’OTAN, qui met en garde contre “une cinquième colonne intégrée, où chacun, à son insu, se comporte selon les plans de l’un de nos concurrents”. L’étude indique clairement que ces “concurrents” censés exploiter la conscience des dissidents occidentaux sont la Chine et la Russie.

En d’autres termes, ce document montre que les figures du cartel militaire de l’OTAN considèrent de plus en plus leur propre population nationale comme une menace, craignant que les civils ne soient de potentielles cellules dormantes chinoises ou russes, de redoutables “cinquièmes colonnes” qui remettent en cause la stabilité des “démocraties libérales occidentales”.

Le développement par l’OTAN de nouvelles formes de guerre hybride intervient à un moment où les campagnes militaires des États membres visent les populations nationales à un niveau sans précédent.

Le Ottawa Citizen a rapporté en septembre dernier que le Commandement des opérations conjointes de l’armée canadienne a profité de la pandémie de Covid-19 pour mener une guerre de l’information contre sa propre population, en testant des tactiques de propagande sur des civils canadiens.

Des rapports internes commandités par l’OTAN suggèrent que cette divulgation ne fait qu’effleurer la surface d’une vague de nouvelles techniques de guerre non conventionnelles que les armées occidentales emploient dans le monde entier.

Le Canada accueille le “Défi innovation de l’OTAN” sur la guerre cognitive

Deux fois par an, l’OTAN organise un événement de type “pitch” qu’elle qualifie de “défi de l’innovation”. Ces campagnes – l’une organisée au printemps et l’autre à l’automne par les États membres en alternance – font appel à des entreprises privées, des organisations et des chercheurs pour aider à mettre au point de nouvelles tactiques et technologies pour l’alliance militaire.

Les défis de type “chars à requins” reflètent l’influence prédominante de l’idéologie néolibérale au sein de l’OTAN, les participants mobilisant le libre marché, les partenariats public-privé et la promesse de prix en espèces pour faire avancer le programme du complexe militaro-industriel.

Le défi d’innovation de l’OTAN – Automne 2021 est organisé par le Canada et s’intitule “La menace invisible : Des outils pour lutter contre la guerre cognitive”.

“La guerre cognitive cherche à modifier non seulement ce que les gens pensent, mais aussi leur façon d’agir“, a fait savoir le gouvernement canadien dans sa déclaration officielle sur ce défi. “Les attaques contre le domaine cognitif impliquent l’intégration de capacités de cybernétique, de désinformation, de psychologie et d’ingénierie sociale.”

Le communiqué de presse poursuit : “La guerre cognitive positionne l’esprit comme un espace de combat et un domaine contesté. Son objectif est de semer la dissonance, de susciter des récits contradictoires, de polariser l’opinion et de radicaliser les groupes. La guerre cognitive peut inciter les gens à agir d’une manière qui peut perturber ou fragmenter une société autrement cohésive.”

Des responsables militaires canadiens soutenus par l’OTAN discutent de la guerre cognitive lors d’une table ronde

Un groupe de défense appelé NATO Association of Canada s’est mobilisé pour soutenir ce défi de l’innovation, en travaillant en étroite collaboration avec les entrepreneurs militaires pour inciter le secteur privé à investir dans de nouvelles recherches au nom de l’OTAN – et de ses propres résultats.

Bien que la NATO Association of Canada (NAOC) soit techniquement une ONG indépendante, sa mission est de promouvoir l’OTAN, et l’organisation se vante sur son site web : “La NAOC a des liens étroits avec le gouvernement du Canada, notamment avec Global Affairs Canada et le Department of National Defence.”

Dans le cadre de ses efforts pour promouvoir le Défi d’innovation de l’OTAN du Canada, la NAOC a organisé une table ronde sur la guerre cognitive le 5 octobre 2021.

Le chercheur qui a rédigé l’étude définitive de 2020 sur la guerre cognitive, parrainée par l’OTAN, François du Cluzel, a participé à l’événement, aux côtés d’officiers militaires canadiens soutenus par l’OTAN.

La table ronde était supervisée par Robert Baines, président de la NATO Association of Canada. Elle était animée par Garrick Ngai, un responsable du marketing dans l’industrie de l’armement qui est conseiller auprès du ministère canadien de la Défense nationale et vice-président et directeur du NAOC.

Baines a ouvert l’événement en indiquant que les participants discuteraient de “la guerre cognitive et du nouveau domaine de compétition, où les acteurs étatiques et non étatiques visent à influencer ce que les gens pensent et comment ils agissent”.

Le président du NAOC s’est également réjoui des “opportunités lucratives pour les entreprises canadiennes” que promet ce défi d’innovation de l’OTAN.

Un chercheur de l’OTAN décrit la guerre cognitive comme “un moyen de nuire au cerveau”.

La table ronde du 5 octobre a débuté avec François du Cluzel, un ancien officier militaire français qui, en 2013, a contribué à la création du NATO Innovation Hub (iHub), qu’il dirige depuis lors depuis sa base de Norfolk, en Virginie.

Bien que l’iHub insiste sur son site web, pour des raisons juridiques, sur le fait que les “opinions exprimées sur cette plateforme ne constituent pas des points de vue de l’OTAN ou de toute autre organisation”, l’organisation est parrainée par l’Allied Command Transformation (ACT), décrit comme “l’un des deux commandements stratégiques à la tête de la structure de commandement militaire de l’OTAN”.

L’Innovation Hub agit donc comme une sorte de centre de recherche ou de groupe de réflexion interne à l’OTAN. Ses recherches ne constituent pas nécessairement une politique officielle de l’OTAN, mais elles sont directement soutenues et supervisées par l’OTAN.

En 2020, le Supreme Allied Commander Transformation (SACT) de l’OTAN a chargé Du Cluzel, en tant que responsable de l’iHub, de mener une étude de six mois sur la guerre cognitive.

Du Cluzel a résumé ses recherches lors de la table ronde d’octobre dernier. Il a commencé ses remarques en notant que la guerre cognitive “est actuellement l’un des sujets les plus chauds pour l’OTAN” et “est devenue un terme récurrent dans la terminologie militaire ces dernières années.”

Bien que français, Du Cluzel a souligné que la stratégie de guerre cognitive “est actuellement développée par mon commandement ici à Norfolk, aux États-Unis”.

Le responsable du NATO Innovation Hub s’est exprimé à l’aide d’une présentation PowerPoint, et a commencé par une diapositive provocatrice décrivant la guerre cognitive comme “une bataille pour le cerveau“.

“La guerre cognitive est un nouveau concept qui commence dans la sphère de l’information, c’est une sorte de guerre hybride”, a déclaré du Cluzel.

“Cela commence par l’hyper-connectivité. Tout le monde a un téléphone portable”, a-t-il poursuivi. “Cela commence avec l’information, car l’information est, si je puis dire, le carburant de la guerre cognitive. Mais cela va bien au-delà de la seule information, qui est une opération autonome – la guerre de l’information est une opération autonome.”

La guerre cognitive se recoupe avec les entreprises Big Tech et la surveillance de masse, car “il s’agit d’exploiter le big data“, explique Du Cluzel. “Nous produisons des données partout où nous allons. Chaque minute, chaque seconde, nous allons en ligne. Et il est extrêmement facile d’exploiter ces données afin de mieux vous connaître et d’utiliser ces connaissances pour changer votre façon de penser.”

Naturellement, le chercheur de l’OTAN a affirmé que les “adversaires” étrangers sont les agresseurs supposés qui utilisent la guerre cognitive. Mais dans le même temps, il a clairement indiqué que l’alliance militaire occidentale développe ses propres tactiques.

Du Cluzel a défini la guerre cognitive comme “l’art d’utiliser des technologies pour altérer la cognition de cibles humaines“.

Ces technologies, a-t-il noté, intègrent les domaines de la NBIC – nanotechnologie, biotechnologie, technologie de l’information et science cognitive. L’ensemble de ces technologies constitue un cocktail très dangereux qui permet de manipuler davantage le cerveau“, a-t-il déclaré.

Du Cluzel a poursuivi en expliquant que cette nouvelle méthode d’attaque exotique “va bien au-delà” de la guerre de l’information ou des opérations psychologiques (psyops).

“La guerre cognitive n’est pas seulement un combat contre ce que nous pensons, mais c’est plutôt un combat contre la façon dont nous pensons, si nous pouvons changer la façon dont les gens pensent“, a-t-il déclaré. “C’est beaucoup plus puissant et cela va bien au-delà de la [guerre] de l’information et des opérations psyops”.

De Cluzel poursuit : “Il est crucial de comprendre qu’il s’agit d’un jeu sur notre cognition, sur la façon dont notre cerveau traite l’information et la transforme en connaissance, plutôt qu’un jeu uniquement sur l’information ou sur les aspects psychologiques de notre cerveau. Ce n’est pas seulement une action contre ce que nous pensons, mais aussi une action contre la façon dont nous pensons, la façon dont nous traitons l’information et la transformons en connaissance.”

“En d’autres termes, la guerre cognitive n’est pas seulement un autre mot, un autre nom pour la guerre de l’information. C’est une guerre contre notre processeur individuel, notre cerveau.”

Le chercheur de l’OTAN a souligné que “c’est extrêmement important pour nous, les militaires”, car “cela a le potentiel, en développant de nouvelles armes et de nouveaux moyens de nuire au cerveau, d’engager les neurosciences et la technologie dans de très nombreuses approches différentes pour influencer l’écologie humaine… car vous savez tous qu’il est très facile de transformer une technologie civile en une technologie militaire.”

Quant à savoir qui pourraient être les cibles de la guerre cognitive, Du Cluzel a révélé que tout le monde est sur la table.

“La guerre cognitive a une portée universelle, en commençant par l’individu jusqu’aux États et aux organisations multinationales”, a-t-il déclaré. “Son champ d’action est global et vise à prendre le contrôle de l’être humain, civil comme militaire.”

Et le secteur privé a un intérêt financier à faire progresser la recherche sur la guerre cognitive, a-t-il noté : “Les investissements massifs réalisés dans le monde entier dans le domaine des neurosciences laissent penser que le domaine cognitif sera probablement l’un des champs de bataille de l’avenir.”

Le développement de la guerre cognitive transforme totalement le conflit militaire tel que nous le connaissons, a déclaré Du Cluzel, ajoutant “une troisième dimension de combat majeure au champ de bataille moderne : à la dimension physique et informationnelle s’ajoute désormais une dimension cognitive.”

Cela “crée un nouvel espace de compétition au-delà de ce que l’on appelle les cinq domaines d’opérations – ou domaines terrestre, maritime, aérien, cybernétique et spatial. La guerre dans l’arène cognitive mobilise un éventail plus large d’espaces de combat que ne peuvent le faire les seules dimensions physique et informationnelle.”

En bref, les humains eux-mêmes sont le nouveau domaine contesté dans ce nouveau mode de guerre hybride, aux côtés de la terre, de la mer, de l’air, du cyberespace et de l’espace.

L’étude de l’OTAN sur la guerre cognitive met en garde contre une “cinquième colonne intégrée”.

L’étude menée par François du Cluzel, responsable du NATO Innovation Hub, de juin à novembre 2020, a été parrainée par le Allied Command Transformation du cartel militaire, et publiée sous la forme d’un rapport de 45 pages en janvier 2021 (PDF).

Ce document glaçant montre comment la guerre contemporaine a atteint une sorte de stade dystopique, autrefois imaginable uniquement dans la science-fiction.

“La nature de la guerre a changé”, souligne le rapport. “La majorité des conflits actuels restent en deçà du seuil de la définition traditionnellement acceptée de la guerre, mais de nouvelles formes de guerre sont apparues, comme la guerre cognitive (Cognitive Warfare CW), tandis que l’esprit humain est désormais considéré comme un nouveau domaine de la guerre.”

Pour l’OTAN, la recherche sur la guerre cognitive n’est pas seulement défensive, elle est aussi très offensive.

“Développer des capacités pour nuire aux capacités cognitives des adversaires sera une nécessité”, indique clairement le rapport Du Cluzel. “En d’autres termes, l’OTAN devra obtenir la capacité de sauvegarder son processus décisionnel et de perturber celui de l’adversaire.”

Et n’importe qui peut être la cible de ces opérations de guerre cognitive : “Tout utilisateur des technologies modernes de l’information est une cible potentielle. Il vise l’ensemble du capital humain d’une nation”, ajoute le rapport de manière inquiétante.

“Outre l’exécution potentielle d’une guerre cognitive en complément d’un conflit militaire, elle peut également être menée seule, sans aucun lien avec un engagement des forces armées”, poursuit l’étude. “De plus, la guerre cognitive est potentiellement sans fin puisqu’il ne peut y avoir de traité de paix ou de reddition pour ce type de conflit.”

Tout comme ce nouveau mode de combat n’a pas de frontières géographiques, il n’a pas non plus de limite de temps : “Ce champ de bataille est mondial via internet. Sans début ni fin, cette conquête ne connaît aucun répit, rythmée par les notifications de nos smartphones, en tout lieu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.”

L’étude parrainée par l’OTAN note que “certains pays de l’OTAN ont déjà reconnu que les techniques et technologies neuroscientifiques ont un fort potentiel d’utilisation opérationnelle dans diverses entreprises de sécurité, de défense et de renseignement”.

Elle parle de percées dans les “méthodes et technologies neuroscientifiques” (neuroS/T), et précise “l’utilisation des résultats et des produits de la recherche pour faciliter directement la performance des combattants, l’intégration d’interfaces homme-machine pour optimiser les capacités de combat des véhicules semi-autonomes (par exemple, les drones), et le développement d’armes biologiques et chimiques (c’est-à-dire les neuroarmes)”.

Le Pentagone est l’une des principales institutions à faire avancer cette recherche novatrice, comme le souligne le rapport : “Bien qu’un certain nombre de nations aient poursuivi, et poursuivent actuellement, la recherche et le développement neuroscientifiques à des fins militaires, les efforts les plus proactifs à cet égard ont sans doute été menés par le Département de la défense des États-Unis ; les travaux de recherche et de développement les plus notables et les plus rapides étant menés par la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) et l’Intelligence Advanced Research Projects Activity (IARPA)”.

Selon l’étude, les utilisations militaires de la recherche neuroscientifique et technologique comprennent la collecte de renseignements, la formation, “l’optimisation des performances et de la résilience du personnel de combat et de soutien militaire” et, bien sûr, “l’utilisation directe des neurosciences et des neurotechnologies à des fins militaires”.

Cette militarisation de la neuroS/T peut être et sera fatale, comme le souligne clairement l’étude parrainée par l’OTAN. La recherche peut “être utilisée pour atténuer l’agressivité et favoriser les cognitions et les émotions d’affiliation ou de passivité ; induire la morbidité, le handicap ou la souffrance ; et “neutraliser” les adversaires potentiels ou provoquer la mortalité” – en d’autres termes, pour mutiler et tuer des gens.

Le rapport cite le général de division américain Robert H. Scales, qui résume la nouvelle philosophie de combat de l’OTAN : “La victoire se définira davantage en termes de capture du terrain psycho-culturel plutôt que géographique.”

Et tandis que l’OTAN développe des tactiques de guerre cognitive pour “capturer le psycho-culturel“, elle se dote également de plus en plus d’armes dans divers domaines scientifiques.

L’étude parle notamment de “creuset des sciences des données et des sciences humaines”, et souligne que “la combinaison des sciences sociales et de l’ingénierie des systèmes sera essentielle pour aider les analystes militaires à améliorer la production de renseignements.”

“Si la puissance cinétique ne peut vaincre l’ennemi, la psychologie et les sciences comportementales et sociales connexes peuvent combler ce vide.”

“L’exploitation des sciences sociales sera centrale pour le développement du plan d’opérations du domaine humain”, poursuit le rapport. “Il soutiendra les opérations de combat en fournissant des plans d’action potentiels pour l’ensemble du milieu humain environnant, y compris les forces ennemies, mais aussi en déterminant les éléments humains clés tels que le centre de gravité cognitif, le comportement souhaité comme état final.”

Toutes les disciplines universitaires seront impliquées dans la guerre cognitive, et pas seulement les sciences dures. “Au sein de l’armée, des compétences en anthropologie, ethnographie, histoire, psychologie, entre autres, seront plus que jamais nécessaires pour coopérer avec l’armée”, indique l’étude parrainée par l’OTAN.

Le rapport s’approche de sa conclusion avec une citation inquiétante : “Les progrès actuels des nanotechnologies, des biotechnologies, des technologies de l’information et des sciences cognitives (NBIC), dopés par la marche apparemment imparable d’une troïka triomphante composée de l’intelligence artificielle, du Big Data et de la “dépendance numérique” civilisationnelle, ont créé une perspective bien plus inquiétante : une cinquième colonne embarquée, où chacun, à son insu, se comporte selon les plans de l’un de nos concurrents.”

“Le concept moderne de la guerre ne concerne pas les armes mais l’influence”, postulait-il. “La victoire à long terme restera uniquement dépendante de la capacité à influencer, affecter, changer ou impacter le domaine cognitif.”

L’étude parrainée par l’OTAN se termine par un paragraphe final qui indique clairement que l’objectif ultime de l’alliance militaire occidentale n’est pas seulement le contrôle physique de la planète, mais aussi le contrôle de l’esprit des gens :

“La guerre cognitive pourrait bien être l’élément manquant qui permet de passer de la victoire militaire sur le champ de bataille à un succès politique durable. Le domaine humain pourrait bien être le domaine décisif, dans lequel les opérations multi-domaines permettent d’atteindre l’effet recherché par le commandant. Les cinq premiers domaines peuvent donner des victoires tactiques et opérationnelles ; seul le domaine humain peut obtenir la victoire finale et complète.”

Un officier canadien des opérations spéciales souligne l’importance de la guerre cognitive

Lorsque François du Cluzel, le chercheur de l’OTAN qui a mené l’étude sur la guerre cognitive, a conclu ses remarques lors de la table ronde de la NATO Association of Canada du 5 octobre 2021, il a été suivi par Andy Bonvie, un commandant du Centre canadien d’entraînement aux opérations spéciales.

Fort de plus de 30 ans d’expérience au sein des forces armées canadiennes, Bonvie a expliqué comment les armées occidentales utilisent les recherches de Du Cluzel et d’autres, et incorporent de nouvelles techniques de guerre cognitive dans leurs activités de combat.

“La guerre cognitive est un nouveau type de guerre hybride pour nous”, a déclaré Bonvie. “Et cela signifie que nous devons examiner les seuils traditionnels de conflit et comment les choses qui sont faites sont vraiment en dessous de ces seuils de conflit, des attaques cognitives, et des formes non cinétiques et des menaces non combatives pour nous. Nous devons mieux comprendre ces attaques et adapter nos actions et notre formation en conséquence pour être en mesure d’opérer dans ces différents environnements.”

Bien qu’il ait présenté les actions de l’OTAN comme étant “défensives”, affirmant que les “adversaires” utilisaient la guerre cognitive contre eux, Bonvie a été sans ambiguïté sur le fait que les armées occidentales développent elles-mêmes ces techniques, afin de conserver un “avantage tactique”.

“Nous ne pouvons pas perdre l’avantage tactique pour nos troupes que nous plaçons à l’avant, car il s’étend non seulement sur le plan tactique, mais aussi sur le plan stratégique”, a-t-il déclaré. “Certaines de ces différentes capacités dont nous disposons et dont nous bénéficions tout à coup pourraient être pivotées pour être utilisées contre nous. Nous devons donc mieux comprendre la rapidité avec laquelle nos adversaires s’adaptent aux choses, puis être en mesure de prédire où ils vont dans le futur, afin de nous aider à obtenir et à maintenir l’avantage tactique pour nos troupes à l’avenir.”

“La guerre cognitive est la forme de manipulation la plus avancée à ce jour”.

La guerre cognitive intègre des capacités d’ingénierie cybernétique, informationnelle, psychologique et sociale pour parvenir à ses fins.
© Root Info Solutions

Marie-Pierre Raymond, lieutenant-colonel canadienne à la retraite qui occupe actuellement le poste de “scientifique de la défense et gestionnaire de portefeuille d’innovation” pour le programme Innovation for Defence Excellence and Security des Forces armées canadiennes, a également rejoint le panel du 5 octobre.

“Il est loin le temps où la guerre était menée pour acquérir plus de terres”, a déclaré Raymond. “Maintenant, le nouvel objectif est de changer les idéologies des adversaires, ce qui fait du cerveau le centre de gravité de l’humain. Et cela fait de l’humain le domaine contesté, et l’esprit devient le champ de bataille.”

“Lorsque nous parlons de menaces hybrides, la guerre cognitive est la forme de manipulation la plus avancée vue à ce jour”, a-t-elle ajouté, notant qu’elle vise à influencer la prise de décision des individus et “à influencer un groupe d’individus sur leur comportement, dans le but d’obtenir un avantage tactique ou stratégique.”

Raymond a noté que la guerre cognitive recoupe aussi fortement l’intelligence artificielle, le big data et les médias sociaux, et reflète “l’évolution rapide des neurosciences comme outil de guerre.”

Raymond aide à superviser le Défi d’innovation automne 2021 de l’OTAN au nom du Département de la défense nationale du Canada, qui a délégué les responsabilités de gestion au programme Innovation for Defence Excellence and Security (IDEaS) de l’armée, où elle travaille.

Dans un jargon très technique, Raymond a indiqué que le programme de guerre cognitive n’est pas seulement défensif, mais aussi offensif : “Ce défi appelle une solution qui soutiendra le domaine humain naissant de l’OTAN et qui lancera le développement d’un écosystème de la cognition au sein de l’alliance, et qui soutiendra le développement de nouvelles applications, de nouveaux systèmes, de nouveaux outils et concepts menant à une action concrète dans le domaine cognitif.”

Elle a souligné que cela “nécessitera une coopération soutenue entre les alliés, les innovateurs et les chercheurs pour permettre à nos troupes de combattre et de gagner dans le domaine cognitif. C’est ce que nous espérons voir émerger de cet appel aux innovateurs et aux chercheurs.”

Pour susciter l’intérêt des entreprises pour le NATO Innovation Challenge, Raymond a lancé : “Les candidats bénéficieront d’une visibilité nationale et internationale et recevront des prix en espèces pour la meilleure solution”. Elle a ensuite ajouté de façon alléchante : “Les candidats pourraient également en bénéficier en leur donnant potentiellement accès à un marché de 30 pays.”

Un officier militaire canadien appelle les entreprises à investir dans la recherche de l’OTAN sur la guerre cognitive

L’autre institution qui gère le Défi d’innovation de l’OTAN de l’automne 2021 au nom du Département de la défense nationale du Canada est le Commandement des forces d’opérations spéciales (CANSOFCOM).

Un officier militaire canadien qui travaille avec le CANSOFCOM, Shekhar Gothi, était le dernier panéliste de l’événement organisé par la NATO Association of Canada le 5 octobre. Gothi est l'”agent d’innovation” du CANSOFCOM pour le sud de l’Ontario.

Il a conclu l’événement en appelant les entreprises à investir dans la recherche de l’OTAN sur la guerre cognitive.

Le défi de l’innovation, qui a lieu deux fois par an, “fait partie du rythme de combat de l’OTAN”, a déclaré Gothi avec enthousiasme.

Il a indiqué qu’au printemps 2021, le Portugal a organisé un défi d’innovation de l’OTAN axé sur la guerre dans l’espace.

Au printemps 2020, les Pays-Bas ont accueilli un défi d’innovation de l’OTAN axé sur le Covid-19.

Gothi a rassuré les investisseurs que l’OTAN se pliera en quatre pour défendre leurs résultats : “Je peux assurer à tout le monde que le défi de l’innovation de l’OTAN indique que tous les innovateurs conserveront le contrôle total de leur propriété intellectuelle. L’OTAN ne prendra donc pas le contrôle de cette propriété. Le Canada non plus. Les innovateurs conserveront le contrôle de leur propriété intellectuelle.”

Ce commentaire a constitué une conclusion appropriée au panel, affirmant que l’OTAN et ses alliés du complexe militaro-industriel ne cherchent pas seulement à dominer le monde et les humains qui l’habitent à l’aide de techniques de guerre cognitive inquiétantes, mais aussi à s’assurer que les entreprises et leurs actionnaires continuent de profiter de ces projets impériaux.

Revue de l’OTAN, Innovation Hub, Le Monde

Ben Norton pour The Grayzone : Behind NATO’s ‘cognitive warfare’: ‘Battle for your brain’ waged by Western militaries

Ego4D : Apprendre à une IA à percevoir le monde à travers vos yeux

Ego4D : Perception égocentrique 4D

Une IA qui comprend le monde du point de vue de la première personne pourrait ouvrir une nouvelle ère d’expériences immersives, à mesure que des dispositifs tels que les lunettes de réalité augmentée et les casques de réalité virtuelle deviennent aussi utiles dans la vie quotidienne que les smartphones. Imaginez que votre dispositif de réalité augmentée vous montre exactement comment tenir les baguettes pendant une leçon de batterie, vous guide dans la réalisation d’une recette, vous aide à retrouver vos clés perdues ou vous rappelle des souvenirs sous forme d’hologrammes qui prennent vie devant vous.

Pour mettre au point ces nouvelles technologies, il faut apprendre à l’IA à comprendre et à interagir avec le monde comme nous le faisons, à partir d’une perspective à la première personne – ce que la communauté des chercheurs appelle communément la perception égocentrique. Cependant, les systèmes actuels de vision par ordinateur apprennent généralement à partir de millions de photos et de vidéos capturées dans une perspective à la troisième personne, où la caméra n’est qu’un spectateur de l’action. “Les systèmes d’IA de la prochaine génération devront apprendre à partir d’un tout autre type de données – des vidéos qui montrent le monde depuis le centre de l’action, plutôt que depuis les coulisses”, explique Kristen Grauman, chercheuse scientifique principale chez Facebook.

L’IA de Facebook annonce Ego4D un ambitieux projet à long terme visant à relever les défis de la recherche en matière de perception égocentrique. Ils ont réuni un consortium de 13 universités et laboratoires répartis dans neuf pays, qui ont recueilli plus de 2 200 heures de vidéos à la première personne dans la nature, mettant en scène plus de 700 participants dans leur vie quotidienne. Cela augmente considérablement l’échelle des données égocentriques accessibles au public pour la communauté des chercheurs, d’un ordre de grandeur, plus de 20 fois supérieur à tout autre ensemble de données en termes d’heures de séquences. Facebook a financé le projet par des dons universitaires à chacune des universités participantes.

Ego4D Perception égocentrique Credit: Ego4D facebook

En collaboration avec le consortium et Facebook Reality Labs Research (FRL Research), Facebook AI a également mis au point cinq repères de référence centrés sur l’expérience visuelle à la première personne qui stimuleront les progrès vers des applications réelles pour les futurs assistants IA.

Les cinq repères d’Ego4D sont la mémoire épisodique, la prévision, la manipulation des mains et des objets, la journalisation auditive et visuelle et l’interaction sociale.

“Ces repères catalyseront la recherche sur les éléments de base nécessaires au développement d’assistants IA plus intelligents, capables de comprendre et d’interagir non seulement dans le monde réel, mais aussi dans le métavers, où la réalité physique, la réalité augmentée et la réalité virtuelle se rejoignent dans un même espace”, a précisé Facebook.

Les ensembles de données seront rendus publics en novembre de cette année pour les chercheurs qui signent l’accord d’utilisation des données d’Ego4D.

Empreinte anale : Des toilettes qui vous identifient par votre trou de balle

Au-delà de l’étrange… Des chercheurs veulent donner aux toilettes une nouvelle apparence intelligente. À la Stanford School of Medicine, le Wall Street Journal rapporte que des chercheurs sont en train de mettre au point un scanner capable de reconnaître l'”empreinte anale” unique de l’utilisateur, c’est-à-dire les “caractéristiques distinctives de son anoderme”, c’est-à-dire la peau du canal anal.

Pour y parvenir, ils ont installé une caméra à l’intérieur d’une cuvette de toilettes et utilisé des algorithmes d’apprentissage automatique pour associer des échantillons de selles à des utilisateurs spécifiques. Le système peut même calculer “le débit et le volume de l’urine en utilisant la vision par ordinateur comme un débitmètre urinaire”, selon une publication de 2020.

Sonia Grego, cofondatrice de Coprata, une startup de surveillance physiologique affiliée à l’université de Duke, veut révolutionner notre façon de faire en analysant des échantillons de vos selles et de vos urines pour détecter des indicateurs de santé, notamment des maladies chroniques et même des cancers, rapporte The Guardian.

Une autre société, Toi Labs, a poussé cette idée un peu plus loin avec son siège de toilette intelligent TrueLoo, qui recueille une sélection encore plus large de données biométriques.

“Quel est leur poids ? Comment sont-ils assis sur le siège ?”, a déclaré le fondateur Vik Kashyap au Guardian. Le siège peut ensuite analyser des échantillons de selles “en utilisant des méthodes optiques, en regardant des choses comme le volume, la clarté, la cohérence, la couleur.”

Ces dispositifs sont principalement destinés aux personnes âgées.

“Il s’agit essentiellement de comprendre quand une personne présente des schémas anormaux, puis d’être capable de documenter ces schémas et de fournir des rapports qui peuvent être utilisés par les médecins pour aider au traitement d’une variété de conditions”, a déclaré Kashyap.

La collecte de données sur des échantillons de selles et d’urine permet de révéler de nombreuses informations personnelles, jusqu’à la consommation de médicaments – illicites ou prescrits – et des détails sur la santé des personnes. Si tout cela vous préoccupe sur le plan de la vie privée, les scientifiques précisent que les données relatives à vos anus sont toutes “stockées et analysées sur un serveur de cloud crypté”.

« Imaginez un monde où les toilettes intelligentes des bureaux seraient capables de dire quels employés sont enceintes, se droguent ou risquent de souffrir de troubles physiques ou mentaux, ce qui impliquerait qu’ils sont potentiellement moins productifs ou sur le point de s’absenter du travail ».

Un scénario inquiétant est que les compagnies d’assurance pourraient s’emparer de ces données et commencer à proposer des traitements préférentiels à des personnes par ailleurs en bonne santé.

“Dès que l’on commence à mesurer quelque chose qui appartient au corps, la frontière de la vie privée est franchie”, a déclaré Phil Booth, coordinateur de MedConfidential.

Êtes-vous prêt à partager votre empreinte anale avec les grandes technologies ?

Vous n’aurez aucune intimité mais vous serez heureux…

Il est clair que l’authentification anale ne fonctionnera pas pour les paiements #fintech ^_^

Bref, cela ressemble à une belle idée de merde, sans mauvais jeux de mots.

The Guardian

Le gouvernement canadien embrasse ouvertement le transhumanisme

Le texte et les diapositives qui suivent sont tirés directement de l’organisation du gouvernement fédéral du Canada, Horizons de politiques Canada. Il s’agit de transhumanisme et de technocratie purs qui visent à “l’intégration physique complète des entités biologiques et numériques” afin de “modifier l’être humain – notre corps, notre esprit et notre comportement“.

Qu’arrive-t-il lorsque la biologie et les technologies numériques fusionnent ?

Dans les années à venir, les technologies bionumériques pourraient être intégrées dans nos vies de la même manière que les technologies numériques le sont présentement. La convergence des systèmes biologiques et numériques pourraient changer notre manière de travailler, de vivre et même d’évoluer en tant qu’espèce. Plus qu’un changement technologique, cette convergence bionumérique pourrait transformer notre compréhension de nous-mêmes et nous amener à redéfinir ce que nous considérons comme humain ou naturel.

La convergence bionumérique pourrait avoir des répercussions profondes sur notre économie, nos écosystèmes et notre société. En nous tenant prêts à l’appuyer, tout en gérant les risques qui en découlent avec soin et en faisant preuve de sensibilité, nous serons en meilleure position pour gérer les considérations sociales et éthiques et pour orienter les conversations concernant les politiques et la gouvernance.

Guidé par son mandat, Horizons de politiques Canada (Horizons de politiques) souhaite amorcer un dialogue éclairé et utile sur les avenirs plausibles de la convergence bionumérique et sur les questions de politiques qui pourraient émerger. Dans ce premier document, nous définissons et explorons la convergence bionumérique – l’importance de l’explorer maintenant, ses caractéristiques, les nouvelles capacités qui pourraient en découler et quelques répercussions initiales sur les politiques. Nous voulons amorcer un dialogue avec un large éventail de partenaires et d’intervenants sur la forme que pourrait prendre notre avenir bionumérique, sur les répercussions que cette convergence pourrait avoir sur les secteurs et les industries, ainsi que sur l’évolution possible de notre relation avec la technologie, avec la nature et même avec la vie.

Qu’est-ce que la convergence bionumérique ?

La convergence bionumérique est l’association interactive, parfois au point de fusion, des technologies et des systèmes numériques, d’une part, et biologiques d’autre part. Horizons de politiques explore trois différentes voies de convergence.

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convergence bionumérique

Qu’est-ce que la convergence bionumérique?

Dans cette vidéo, ils parlent de la convergence envisageable du numérique et du vivant, et de ses effets potentiels sur notre vie quotidienne.

Transcription

NARRATEUR : Les technologies numériques et les systèmes biologiques ont commencé à s’imbriquer et à fusionner de manières qui pourraient bouleverser nos hypothèses au sujet de la société, de l’économie, et du corps humain. C’est ce que nous appelons la convergence bionumérique.

Au cours des quarante dernières années, l’économie s’est transformée avec l’évolution numérique des technologies de l’information comme l’lnternet, les téléphones intelligents, les applis, et l’analyse de mégadonnées. La convergence bionumérique pourrait changer la façon dont nous concevons et produisons des biens, révolutionner les soins de santé et l’agriculture, modifier notre environnement, et même changer la façon dont l’être humain évolue en tant qu’espèce.

Aujourd’hui, de nombreuses innovations accélèrent ces changements, mais quels sont les éléments clés à surveiller?

Quelles nouvelles capacités bionumériques pourraient complètement transformer le monde?

AVALYNE DIOTTE : Je suis Avalyne.

MARCUS BALLINGER : Je m’appelle Marcus Ballinger.

ERIC WARD : Je m’appelle Eric Ward.

KRISTEL VAN DER ELST : Je suis Kristel Van der Elst.

PIERRE-OLIVIER DESMARCHAIS : Je m’appelle Pierre-Olivier Desmarchais.

MARCUS : L’idée du bionumérique, c’est vraiment celle de la convergence de deux domaines qu’on considère souvent comme séparés. En gros, on prend quelque chose de biologique et quelque chose de numérique et combine les deux.

Comme la « DragonflEye » par exemple, ce qu’ils font, c’est qu’ils prennent une libellule, donc une entité biologique, et ils lui mettent une puce sur le dos et ils le relient à un capteur qui permet de stimuler les nerfs de l’entité biologique et de contrôler la libellule. C’est une intégration simple de deux choses, assez évidente pour tout le monde.

L’autre, c’est celle où il y a d’énormes avancées dans un domaine qui dépendent d’avancées dans d’autres disciplines. Par exemple, on sait maintenant que les gènes activent ou désactivent des choses, mais on ne sait cela que parce que nous avons des technologies numériques énormes qui permettent de séquencer le génome. On peut utiliser l’intelligence artificielle pour repérer les bons gènes, donc on n’aurait pas pu avoir ces avancées en biologie sans les avancées du numérique.

La troisième possibilité, c’est une convergence plus conceptuelle. On pensait que la vie était plutôt aléatoire et imprévisible, quelque chose de mystérieux. Par contre on considérait les technologies numériques comme hautement prévisibles et précises, on programme un ordinateur pour une tâche particulière, et il n’en dévie pas du tout.

Ce qu’on observe dans cette convergence, c’est qu’on comprend maintenant la biologie. En fait, elle est beaucoup plus prévisible, beaucoup plus proche du numérique, on peut programmer des séquences génétiques ou programmer l’ADN pour faire des tâches spécifiques, donc on peut programmer des organismes d’une façon comparable à ce qu’on faisait pour les machines.

À l’inverse, on constate que les technologies numériques deviennent plus complexes, comme l’intelligence artificielle par exemple, qui se comporte parfois de façon inattendue. À bien des points de vue, elle commence à ressembler à ce qu’on pensait de la biologie, imprévisible, aléatoire, donc quand on y regarde de plus près, on peut voir ça comme l’intégration ou la synthèse de ces deux concepts, plutôt que comme deux éléments séparés.

PIERRE-OLIVIER : Une des idées qui m’a surpris le plus, c’est sans doute l’année dernière, le chercheur chinois qui a donné naissance à ce qu’on appelle les « jumelles CRISPR », qui est une technologie, une biotechnologie qui permet de modifier l’ADN in vitro, et on peut commencer à s’imaginer, au cours des dix à quinze prochaines années, où est-ce que cette technologie-là pourrait nous mener, dans une optique où on pourrait peut-être éliminer certaines maladies et immuniser le corps humain au points d’une génération complète contre certaines maladies. Et aussi c’est la possibilité de personnaliser l’humain dans le futur.

AVALYNE : L’une des choses les plus étranges que j’ai mis du temps à vraiment comprendre, c’est la biologie synthétique, le café moléculaire, par exemple, quand j’ai fait des recherches sur une entreprise à Seattle qui fait du café sans grains. Ils abordent ça du point de vue environnemental, et il y a beaucoup de mouvement dans le bionumérique autour de la durabilité, et ça va de la viande imprimée en 3D, imprimer une poitrine de poulet dans votre cuisine au lieu de l’acheter à la ferme et faire du café synthétique, sans les grains.

MARCUS : Je crois qu’une des choses les plus bizarres était un robot dans lequel on avait implanté des cellules cérébrales. Il n’est pas conscient au même sens que nous, mais il semble prendre des décisions, le cerveau semble décider où envoyer le robot. Je trouve ça vraiment bizarre.

ERIC : Au cours de nos recherches prospectives, nous avons vu émerger l’intégration de nos technologies informatiques en réseau et des systèmes biologiques qui ont évolué sur Terre, et l’apparition d’une troisième entité, quelque chose de nouveau. C’est ça que nous voulons explorer par la prospective.

AVALYNE : Ça pourrait chambouler beaucoup de choses, avec les levures et les bactéries, on peut tout faire à partir de levures. On commence à voir que les gens peuvent fabriquer des choses à la maison qui auraient pris tout un laboratoire de recherche, et c’est ce qui est si intéressant dans le bionumérique, c’est qu’il est accessible.

KRISTEL : Nous pensons que la convergence entre les systèmes biologiques et les systèmes numériques en est au même point où étaient les technologies numériques dans les années 80. Donc, cette convergence bionumérique ouvre la voie à des façons entièrement nouvelles de nous changer, nos corps, notre esprit, nos comportements. Cela nous permet aussi de changer nos écosystèmes, de créer de nouveaux organismes. Nous pourrons aussi d’une façon différente, percevoir, stocker, traiter et transmettre des informations. Nous pourrons aussi restructurer différemment les chaînes d’approvisionnement et la production.

Nous pensons que dans les années qui viennent, nous pourrons avoir une intégration de cette technologie bionumérique, tout comme le sont maintenant les technologies numériques. Nous pouvons aussi être amenés à nous poser des questions sur ce que ça veut dire d’être humain, ce qui est naturel. Par conséquent, vu l’ampleur des implications de la convergence bionumérique, nous devons commencer à réfléchir à ce qui est possible, à ce qu’on veut voir dans le futur pour que nous puissions construire un futur bionumérique que nous voulons.

ERIC : Ce que j’espère pouvoir attendre de cette étude, c’est de faire ressortir une image assez précise d’avenirs plausibles de la convergence bionumérique pour le Canada. J’ai beaucoup d’espoir pour la prochaine génération et ce qu’elle pourra accomplir à mesure que la convergence bionumérique évoluera.

Pendant les décennies des technologies de l’information, nous nous sommes surtout concentrés sur l’économie du savoir. Si on veut éviter de se tromper à l’époque du bionumérique, dans les choix que nous ferons, les connaissances ne suffiront pas. Il faudra aussi de la sagesse.

KRISTEL : La convergence bionumérique aura des impacts sur différentes industries et sur plein de domaines politiques. Pour un analyste, il serait intéressant de commencer à regarder ce qui pourrait arriver. En quoi est-ce que ça impacte en fait mon domaine de responsabilité ? Est ce qu’il y a des changements dans le futur pour lesquels il faut que je me prépare ? Est ce qu’il y a besoin de nouvelles lois qui doivent être créées ? Est ce qu’il y a besoin de changements dans les stratégies politiques afin d’arriver à nos buts ? Est ce qu’il y a des investissements à considérer pour pouvoir saisir les opportunités qui viennent de cette convergence ?

Ou est ce qu’il y a des conversations avec la société qu’on doit mener pour savoir ce que la société veut et comment on peut se préparer justement pour saisir les opportunités sans tomber dans les conséquences inattendues d’une convergence pareille.

La quatrième révolution industrielle de Klaus Schwab

Intelligence artificielle et transhumanisme

Dans une émission de la Radio Télévision Suisse diffusée le 10 janvier 2016, Dairus Rochebin reçoit Klaus Schwab, président et fondateur du WEF, pour parler de son nouveau livre la quatrième révolution industrielle.

Il a déclaré que cette quatrième révolution industrielle conduira à une fusion des mondes physique, biologique et numérique.

Schwab se plaît à dire que le Covid et le Grand Reset annoncé par le Forum économique mondial en juillet de l’année dernière, obligeront les gens à interagir avec les machines de manière nouvelle et différente.

Klaus Schwab est un grand partisan du transhumanisme, il prévoit l’implantation de puces sur les vêtements puis sous la peau ou dans le cerveau d’ici 2026, pour établir une “communication directe entre notre cerveau et le monde digital”. Il défend et promeut l’avènement de l’intelligence artificielle. Il parle aussi de longévité. Tout un programme.

Dans son livre, il affirme que le moment est proche où les développements technologiques vont non seulement “changer la façon dont nous vivons et travaillons”, mais vont “même remettre en question les idées sur ce que signifie être humain.”

Une rentrée mouvementée dans la nouvelle normalité #NewNormal

Les mesures contre la pandémie font partie d’un “nouvel ordre mondial”

A mesure que les efforts pour enrayer la pandémie s’intensifient sans qu’aucune date de fin ne soit en vue, un journaliste a demandé au Dr Kerry Chant, responsable de la santé publique en Nouvelle-Galles du Sud, au cours d’une conférence de presse jeudi, à quoi ressembleront les mesures lorsque le pays rouvrira ses portes en octobre, le Dr Chant a répondu : “Nous examinerons à quoi ressemble la recherche des contacts dans le “Nouvel ordre mondial“, a-t-elle déclaré.

“Et oui, cela inclu les pubs, les clubs et autres lieux si nous avons un cas positif. Notre réponse peut être différente si nous savons que les gens sont complètement vaccinés, donc nous travaillons sur un certain nombre de ces questions”, a poursuivi Chant.

“Dès que l’on s’engage sur la voie de la désignation de citoyens innocents comme boucs émissaires pour couvrir des erreurs politiques, les démocraties s’effondrent dans l’anarchie”, Alexandra Marshall pour The Spectator “Covid: the New World Order” 14 sept. 2021

Ce n’est pas la première fois qu’un responsable de la santé publique utilise cette expression pour décrire le monde post-pandémique. Le ministre de la santé Brad Hazzard a déjà qualifié la pandémie de “nouvel ordre mondial” en juillet 2020.

“Il s’agit d’une pandémie mondiale, c’est un événement qui ne se produit qu’une fois tous les 100 ans, donc vous pouvez vous attendre à ce que nous ayons une forme de contamination de temps en temps, et c’est comme ça. Nous devons accepter que c’est le nouvel ordre mondial“, a déclaré Hazzard à la suite d’une épidémie de cas.

Une correspondante de Newsmax à la Maison Blanche Emerald Robinson demande : “Qu’est-il arrivé à ‘mon corps mon choix’ en matière de vaccinations dans l’administration Biden ? Et en 2020, le président élu Biden a déclaré qu’il n’exigerait pas de mandat pour les vaccins.”

Une correspondante de CBSNews à la Maison Blanche Weijia demande si l’une de ces nouvelles mesures affectera la “vie quotidienne” des gens. La porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki répond souriante : “Cela dépend si vous êtes vacciné ou non.”

New Normal

Londres : Un chirurgien à la retraite, déclare sur les pass : “Cela ne s’arrêtera pas là, cela concernera les pubs, les restaurants, les vols, le nombre de kilomètres parcourus. Il ne s’agit pas d’un passeport vaccinal, mais d’un système de crédit social.”

Communiqué, l’Académie nationale de médecine propose de remplacer au plus tôt le passe sanitaire par un passe vaccinal.

Pour Thales, les pass vaccinaux sont un précurseur des portefeuilles d’identification numérique, offrant aux citoyens une commodité et une sécurité inégalées.

Le “passeport vaccinal” et la fusion à venir avec les systèmes d’identification numérique : un projet de contrôle social massif est en préparation depuis des années avec #Gavi, #INFUSE et autres, qui préparent le terrain pour faire de nous tous des esclaves numériques.

L’équipementier automobile français Valeo a dévoilé une borne capable de détecter le Covid 19 sans contact, en moins de 2 minutes. Avec un taux de fiabilité de 94%, cette borne devrait être homologuée d’ici un an.

Il est clair que les restrictions ne seront pas “temporaires”, loin de là.

Singapour déploie des robots pour détecter les “comportements indésirables”, ainsi que les groupes de “plus de cinq personnes”.

https://twitter.com/Alpha_Mind7/status/1434849402061877248

Mark Zuckerberg a dévoilé des nouvelles lunettes intelligentes Facebook x Ray-Ban. Donc pas de réalité augmentée, mais des lunettes en réseau avec deux caméras pour recueillir encore plus de données sur le comportement de ses utilisateurs et de tout le monde et de tout ce que ses utilisateurs regardent.

“Lorsque vos lunettes sont éteintes, elles sont complètement éteintes. Le micro est éteint et vous ne pouvez pas prendre de photos ni enregistrer de vidéos.”

Les pépites de fin août/début septembre, à chacun de juger….

Des documents nouvellement divulgués montrent que le Dr Fauci a menti et que les États-Unis ont bien financé la recherche sur le « gain de fonction » à Wuhan. The Epoch Times 8 septembre 2021.

Selon Le Point, on peut injecter une puce électronique via une seringue dans un corps humain.

Finalement ce sont les vaccinés qui contaminent les non vaccinés.

Une infection antérieure au COVID protège davantage contre le variant Delta que le vaccin Pfizer, selon une étude.

Pour infos, les essais cliniques vaxx covid sur les femmes enceintes sont en cours…

Moderna vient juste de commencer les essais cliniques sur les femmes enceintes pour obtenir plus de données à ce sujet peu étudié pour l’instant, pour se terminer, selon des estimations préalables, vers fin 2023 ou début 2024.

Les essais cliniques des femmes enceintes pour Pfizer ont débuté en février 2021 entre les semaines 24 et 34 de leur grossesse âgées d’au minimum 18 ans et être en bonne santé! Elles seront suivies pendant au moins 7 à 10 mois.

L’UE met en garde la France et les états qui mettent en place un rappel vaccinal. La Commission européenne a rappelé aux pays membres qui se préparent à injecter des doses de rappel (3eme, 4eme) aux vaccinés qu’ils s’exposent à des risques juridiques accrus. L’Agence européenne des médicaments n’a, en effet, pas donné son feu vert. la Commission n’endossera pas de responsabilité en cas de problème.

Les personnes qui se sont remises d’un épisode de Covid-19 (immunité naturelle) au cours de l’une des premières vagues de la pandémie semblent présenter un risque plus faible de contracter le variant delta que celles qui ont reçu deux doses du vaccin de Pfizer. Bloomberg

Le corona n’est pas une cause probable de décès dans 80 % des décès officiels de covid signalés en allemagne depuis début juillet, selon le professeur Bertram Häussler, directeur de l’institut indépendant de recherche sur la santé IGES à Berlin (Welt).

Liberté

Nous vous suggérons un article d’Anne Applebaum pour The Atlantic : Les Nouveaux Puritains« Les codes sociaux changent, souvent pour le mieux. Mais pour ceux dont le comportement ne s’adapte pas assez vite aux nouvelles normes, le jugement peut être rapide et sans pitié. » « Une atmosphère croissante de justice populaire en Amérique produit le genre d’autocensure que l’on trouve dans un régime autoritaire ».

Une belle tribune exclusive publiée par Quartier Général sur la liberté d’expression, où plus de 2.500 chercheurs, universitaires, CNRS, INRAE, INSERM… médecins, infirmières, psy, soignants, juristes, enseignants, artistes et même quelques journalistes plus courageux que d’autres, dénoncent la censure inédite opérée autant par les médias que par les GAFAS au sujet de tout ce qui contredit le discours officiel sur le Covid. Chasse aux sorcières, règlements de compte, rien n’est épargné aux personnes qui contestent le bien-fondé du pass sanitaire, et réclament simplement plus de transparence concernant le processus vaccinal, ainsi qu’un débat contradictoire sur la stratégie sanitaire nationale.

Pass sanitaire, vers un traçage généralisé de la population

Arthur Delaborde reçoit François-Bernard Huygue, Directeur de recherche à l’institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), spécialisé sur la communication, la cyberstratégie et l’intelligence économique et Cyrille Dalmont, chercheur associé numérique à l’institut Thomas More.

@CyrilleDalmont “Aujourd’hui on se rend compte que les Etats aussi veulent collecter nos données, plus seulement les #gafam. Mais les géants du numérique n’ont pas d’armée, ni de police ou d’opposants politiques. On est sur une tendance lourde de sens…!” #PassSanitaire

@CyrilleDalmont “#PassSanitaire : toutes les personnes qui croient naïvement que cet outil va disparaitre après la #CriseSanitaire se leurrent ! Le QR code va s’inscrire dans le passeport biométrique européen !”

@CyrilleDalmont “#PassSanitaire permet de savoir où sont exactement les citoyens, quand et avec qui. Demain personne n’est capable de nous dire qui aura accès à ces données !” #CriseSanitaire

@CyrilleDalmont “#PassSanitaire : La logique de protection des données avancée par l’Etat est factuellement fausse ! Il y a forcément un échange de données lorsque vous scannez le QR code” #COVID19

Pass sanitaire – Il faut s’inquiéter du monde qui vient. “Le 12 juillet, Emmanuel Macron a annoncé l’extension du pass sanitaire aux espaces de loisir, où il faudra bientôt présenter un QR code. Cette décision s’inscrit dans une dynamique de traçage numérique et de privation de libertés”, déplorent Jean-Thomas Lesueur et Cyrille Dalmont.

Ancienne normalité vs New Normal

Du néolibéralisme des années 1980 au “Grand Reset”

Vendu sous le couvert d’une quête d’optimisation du bien-être et du “bonheur”, le capitalisme prospère sur l’exploitation des peuples et de l’environnement. Ce qui compte vraiment, c’est la recherche du maintien de marges bénéficiaires viables.

Le système économique actuel exige des niveaux d’extraction, de production et de consommation toujours plus élevés et nécessite un certain niveau de croissance annuelle du PIB pour que les grandes entreprises puissent réaliser des bénéfices suffisants.

Mais à un moment donné, les marchés deviennent saturés, les taux de demande baissent et la surproduction et la suraccumulation du capital deviennent un problème. En réponse, nous avons vu les marchés du crédit se développer et les dettes personnelles augmenter pour maintenir la demande des consommateurs alors que les salaires des travailleurs ont été réduits, la spéculation financière et immobilière augmenter (nouveaux marchés d’investissement), les rachats d’actions et les renflouements et subventions massifs (argent public pour maintenir la viabilité du capital privé) et une expansion du militarisme (une force motrice majeure pour de nombreux secteurs de l’économie).

Nous avons également assisté au déplacement de systèmes de production à l’étranger pour permettre à des entreprises mondiales de s’emparer de marchés dans des pays étrangers et de les développer.

L’ANCIENNE NORMALITÉ

Une grande partie de ce qui est exposé ci-dessus est inhérente au capitalisme. Mais les années 1980 ont été une période cruciale qui a contribué à définir le cadre dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui.

Vous vous souvenez de l’époque où le culte de l’individu occupait le devant de la scène ? Il faisait partie de la rhétorique Reagan-Thatcher sur le “new normal” du néolibéralisme des années 1980.

Au Royaume-Uni, la réduction des prestations sociales a été justifiée par la rhétorique gouvernementale et médiatique sur la “responsabilité individuelle”, la réduction du rôle de l’État et la nécessité de “voler de ses propres ailes”. La vente des biens publics à des sociétés mercantiles a été vendue aux masses sur la base de l’efficacité du marché et de la “liberté de choix”.

La couverture sociale de l’État, l’éducation, les services de santé et le rôle du secteur public ont été implacablement sapés par le dogme néolibéral et la croyance que le marché (les entreprises mondiales) constituait la meilleure méthode pour répondre aux besoins humains.

La mission déclarée de Thatcher était de libérer l’esprit d’entreprise en supprimant l'”État providence”. Elle n’a pas tardé à écraser le pouvoir des syndicats et à privatiser les principaux actifs de l’État.

Malgré sa rhétorique, elle n’a pas réellement réduit le rôle de l’État. Elle a utilisé ses rouages différemment, au service des entreprises. Elle n’a pas non plus libéré “l’esprit d’entreprise”. Sous son mandat, les taux de croissance économique étaient similaires à ceux des années 1970, mais une concentration de la propriété s’est produite et les niveaux d’inégalité ont explosé.

Margaret Thatcher était bien formée à la gestion de la perception, manipulant certains courants de sentiments et de préjugés populistes latents. Ses platitudes de marché libre et d’anti-gouvernement ont été transmises à une partie du public qui n’était que trop désireuse de les adopter pour remédier à tout ce qui n’allait pas en Grande-Bretagne. Pour beaucoup, ce qui était autrefois considéré comme les politiques sociales et économiques extrêmes de la droite est devenu le bon sens de l’époque.

Les politiques de Thatcher ont détruit un cinquième de la base industrielle de la Grande-Bretagne en deux ans seulement. Le secteur des services, la finance et la banque ont été présentés comme les nouveaux moteurs de l’économie, alors qu’une grande partie du secteur manufacturier britannique était délocalisée vers des économies à main-d’œuvre bon marché.

Sous Thatcher, la part des employés dans le revenu national a été réduite de 65% à 53%. Une grande partie des emplois manufacturiers relativement bien rémunérés qui contribuaient à construire et à soutenir l’économie ont disparu depuis longtemps. À leur place, le pays a vu l’imposition d’un régime de faible imposition et d’emplois mal payés et précaires dans le “secteur des services” (travail sans contrat, macjobs (emploi peu qualifié, mal payé), emplois dans les centres d’appels – dont beaucoup sont rapidement partis à l’étranger), ainsi qu’une bulle immobilière, des dettes contractées par des cartes de crédit et des dettes d’étudiants, qui ont contribué à maintenir l’économie à flot.

Cependant, en fin de compte, ce que Thatcher a fait – malgré sa rhétorique d’aide aux petites entreprises et son drapeau national – c’est faciliter le processus de mondialisation en ouvrant l’économie britannique aux flux de capitaux internationaux et en laissant libre cours à la finance mondiale et aux sociétés transnationales.

Si nous revenons au début de cet article, il est clair que le bonheur et le bien-être des uns comptent plus que ceux des autres, comme l’explique David Rothkopf dans son livre Superclass : The Global Power Elite and the World They Are Making.

Les membres de la superclasse appartiennent aux mégacorporations, c’est-à-dire aux élites mondiales imbriquées qui élaborent les politiques, et sont issus des plus hauts échelons de la finance, de l’industrie, de l’armée, du gouvernement et d’autres élites de l’ombre. Ce sont les personnes dont Margaret Thatcher servait les intérêts.

Ces personnes établissent les ordres du jour de la Commission trilatérale, de Bilderberg, du G-7, du G-20, de l’OTAN, de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce.

N’oublions pas non plus les divers groupes de réflexion et arènes d’élaboration des politiques comme le Council on Foreign Relations, le Brookings Institute et Chatham House, ainsi que le Forum économique mondial (WEF), où des sections de l’élite mondiale élaborent des politiques et des stratégies et les transmettent à leurs marionnettes politiques.

Porté par la vision de son influent président exécutif, Klaus Schwab, le WEF est une force motrice majeure pour la “grande réinitialisation” dystopique, un changement tectonique qui entend modifier la façon dont nous vivons, travaillons et interagissons les uns avec les autres.

LE NEW NORMAL

Le grand reset envisage une transformation du capitalisme, qui se traduira par des restrictions permanentes des libertés fondamentales et une surveillance de masse, les moyens de subsistance et des secteurs entiers étant sacrifiés pour renforcer le monopole et l’hégémonie des entreprises pharmaceutiques, des géants de la haute technologie/des big data, d’Amazon, de Google, des grandes chaînes mondiales, du secteur des paiements numériques, des entreprises de biotechnologie, etc.

Sous couvert de confinement et de restrictions COVID-19, le grand reset est déployé sous le couvert d’une “quatrième révolution industrielle” dans laquelle les petites entreprises seront acculées à la faillite ou rachetées par des monopoles. Les économies sont en train d’être “restructurées” et de nombreux emplois et rôles seront assurés par des technologies basées sur l’intelligence artificielle.

Selon le WEF, le public “louera” tout ce dont il a besoin : le droit de propriété sera supprimé sous le couvert d’une “économie verte” soutenue par la rhétorique de la “consommation durable” et de “l’urgence climatique”.

Dans le même temps, de nouveaux marchés (“produits verts”) sont créés et, grâce au COVID, de nouvelles possibilités d’extraction de bénéfices s’ouvrent à l’étranger.

Par exemple, le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, a déclaré que les pays les plus pauvres seront “aidés” à se remettre sur pied après les différents confinements qui ont été mis en place en réponse à la crise de Covid-19. Cette “aide” sera conditionnée par la mise en œuvre et l’ancrage des réformes néolibérales et de l’affaiblissement des services publics.

Un mois seulement après le début de la crise du COVID, le FMI et la Banque mondiale étaient déjà confrontés à un déluge de demandes d’aide de la part des pays en développement. Des dizaines de pays demandaient des renflouements et des prêts. Une couverture idéale pour relancer l’économie mondiale par le biais d’une crise de la dette, de la privatisation des actifs nationaux qui en découle et de la poursuite de l'”ajustement structurel” des économies.

De nombreuses personnes ne perdent pas de temps pour parler d’une sorte de prise de contrôle de la planète par les “marxistes” ou les “communistes”, parce qu’une petite élite dictera les politiques. Cela n’a rien à voir avec le marxisme. Une élite capitaliste autoritaire – soutenue par ses technocrates politiques – vise à s’assurer un contrôle encore plus grand de l’économie mondiale. Il ne s’agira plus d’un “capitalisme” (vaguement étiqueté) basé sur des marchés “libres” et la concurrence (même si ces concepts n’ont jamais vraiment résisté à un examen approfondi).

Les économies seront monopolisées par des acteurs mondiaux, notamment les plateformes de commerce électronique gérées par des sociétés comme Amazon, Walmart, Facebook, Google et leurs propriétaires multimilliardaires.

De nouveaux marchés essentiels (pour le capitalisme) seront également créés par la “financiarisation” et la propriété de tous les aspects de la nature, qui sera colonisée, transformée en marchandise et commercialisée sous la fausse notion de protection de l’environnement.

La soi-disant “économie verte” s’inscrira dans la notion de “consommation durable” et d'”urgence climatique”. Un groupe de milliardaires et leurs plateformes contrôleront chaque aspect de la chaîne de valeur. Bien entendu, ils ne réduiront pas eux-mêmes leur consommation, ne se débarrasseront pas de leurs jets personnels, de leurs véhicules coûteux, de leurs nombreuses résidences luxueuses et ne renonceront pas à leur mode de vie gourmand en ressources. La réduction de la consommation n’est destinée qu’aux masses.

Elles contrôleront et posséderont non seulement les données relatives à la consommation, mais aussi celles relatives à la production, à la logistique, à qui a besoin de quoi, quand il en a besoin, qui doit le produire, qui doit le transporter et quand il doit être transporté. Les entreprises indépendantes disparaîtront ou seront incorporées dans les plates-formes, agissant comme des rouages serviles. Les représentants élus seront de simples superviseurs technocratiques de ces plateformes et des outils d’intelligence artificielle qui planifient et déterminent tout ce qui précède.

Les confinements et les restrictions auxquels nous assistons depuis mars 2020 ont contribué à accroître les bénéfices des chaînes mondiales et des géants du commerce électronique et ont consolidé leur domination. De nombreuses petites et moyennes entreprises indépendantes ont été poussées à la faillite. Dans le même temps, les droits fondamentaux ont été éradiqués suite aux mesures gouvernementales COVID19.

Les hommes politiques du monde entier ont repris la rhétorique du grand reset du WEF, en parlant de la nécessité de “reconstruire en mieux” pour le “new normal”. Ils sont tous sur la bonne voie. Ce n’est pas une coïncidence. L’élément essentiel de ce “new normal” est la nécessité de supprimer les libertés individuelles et personnelles étant donné que, dans le “green new normal”, la consommation sans entrave ne sera plus une option pour la majeure partie de la population.

Il y a longtemps qu’une partie importante de la classe ouvrière est considérée comme “excédentaire” – il y a trois décennies, ces personnes ont été sacrifiées sur l’autel du néolibéralisme. Elles ont perdu leur emploi en raison de l’automatisation et des délocalisations. Elles ont dû s’en remettre à la maigre aide sociale de l’État et à des services publics délabrés.

Mais ce que nous voyons aujourd’hui, c’est la possibilité que des centaines de millions de personnes dans le monde soient privées de leurs moyens de subsistance. Oubliez la “quatrième révolution industrielle” et sa promesse de techno-utopie. Ce à quoi nous assistons actuellement semble être une restructuration majeure des économies capitalistes.

Avec l’IA et l’automatisation avancée de la production, de la distribution et de la prestation de services (impression/fabrication 3D, technologie des drones, véhicules sans conducteur, aliments cultivés en laboratoire, fermes sans agriculteurs, robotique, etc.), une main-d’œuvre de masse – et donc une éducation de masse, une protection sociale de masse, une prestation de soins de santé de masse et des systèmes entiers qui étaient en place pour reproduire la main-d’œuvre pour l’activité économique capitaliste – ne sera plus nécessaire. Au fur et à mesure que l’activité économique se restructure, la relation du travail au capital se transforme.

Dans un système réorganisé qui n’a plus besoin de vendre les vertus d’un individualisme excessif (consumérisme), les niveaux de droits et de libertés politiques et civils auxquels nous avons été habitués ne seront pas tolérés.

Le néolibéralisme a peut-être atteint sa conclusion logique (pour l’instant). Rendre les syndicats impuissants, faire baisser les salaires pour créer des niveaux d’inégalité inimaginables et (via le démantèlement de Bretton Woods) donner au capital privé une telle liberté pour s’assurer des profits et une influence politique sous le couvert de la “mondialisation” conduirait inévitablement à un résultat.

Une concentration de la richesse, du pouvoir, de la propriété et du contrôle au sommet, avec une grande partie de la population bénéficiant d’un revenu de base universel contrôlé par l’État et tout le monde soumis à la discipline d’un État de surveillance biosécuritaire émergent, conçu pour réduire les libertés allant de la liberté de mouvement et de réunion à la protestation politique et à la liberté d’expression.

La gestion des perceptions est bien sûr vitale pour passer à travers tout cela. La rhétorique sur la “liberté” et la “responsabilité individuelle” a fonctionné à merveille dans les années 1980 pour aider à réaliser un vol massif de richesses. Cette fois, il s’agit d’une alerte de santé publique et de “responsabilité collective” dans le cadre d’une stratégie visant à favoriser le contrôle quasi-monopolistique des économies par une poignée d’acteurs mondiaux.

Et la perception de la liberté est également gérée. Une fois vaccinés, beaucoup commenceront à se sentir libres. Plus libres que sous confinement. Mais pas du tout libre.

Colin Todhunter est un journaliste indépendant qui écrit sur le développement, les questions environnementales, la politique, l’alimentation et l’agriculture. En août 2018, il a été nommé parmi les 400 leaders et modèles vivants pour la paix et la justice par Transcend Media Services, en reconnaissance de son journalisme.

Vous pouvez continuer à faire l’autruche. Je n’ai pas de problème avec cela. Je ne suis pas là pour vous convaincre.

Covid-19 : Un rapport préconise la collecte de données personnelles

Dans un rapport présenté par la délégation sénatoriale à la prospective, les membres de la Haute assemblée défendent la mise en place d’une plateforme numérique de collecte de données pour prévenir de nouvelles épidémies.

Véronique Guillotin membre du Mouvement Radical
Christine Lavarde membre du parti Les Républicains
René-Paul Savary membre du parti Les Républicains

Le rapport « CRISES SANITAIRES ET OUTILS NUMÉRIQUES : RÉPONDRE AVEC EFFICACITÉ POUR RETROUVER NOS LIBERTÉS » est disponible ici (ou copie ici).

Les recommandations n’ont pas de valeur législative à ce jour et le rapport n’est donc pas un projet de loi adopté à ce jour. Mais, le contenu de ce rapport interroge.

Pour retrouver nos libertés il faut accepter une société de contrôle maximal, un contrôle numérique de l’intrusivité dans votre vie privée. Les seules réponses à une épidémie sont les restrictions de libertés.

https://www.publicsenat.fr/article/societe/covid-19-un-rapport-du-senat-preconise-la-collecte-de-donnees-personnelles-pour

p.10 http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/delegation/prospective/PRO_Rapport_numerique_pandemies.pdf
p.13-14
p.13-14
p.15
p.23
p.23-24
p.24
p.24-25
p.25
p.43-44
p.54
p.54
p.59
p.60
p.62
p.87
p.106
Source : Institut Montaigne, avril 2020
p.133
p.133 cdh
p.137
p.139
p.144
http://www.senat.fr/notice-rapport/2020/r20-673-notice.html