H+ Vers une civilisation 0.0

H+ transhumanismeDes moyens techniques et financiers sans précédent semblent mettre le vieux rêve de l’homme-machine à portée de main : sur quels fondements idéologiques le projet transhumaniste s’appuie-t-il ? Quelle vision de l’homme porte-t-il ? Alors que les idées du transhumanisme affectent déjà nos vies, “H+” en retrace, à travers l’histoire des idées, les enjeux (politiques, philosophiques ou même économiques) et la généalogie.

Dans ce texte fulgurant, Friederich rétablit les origines de la doctrine transhumaniste au sein de l’histoire des idées, afin de désamorcer la “coupure historique” que celle-ci tente d’initier. Ce faisant, il dénonce cette idéologie nouvelle qui tente d’améliorer grâce aux sciences la condition humaine mais ne fait que relever à ses yeux d’une profonde inhumanité. Il débusque notamment les procédés invisibles auxquels les “technoprophètes”, comme il les qualifie, ont recours pour parvenir à leur fin. Sa critique se double par conséquent d’une dénonciation du capitalisme, dont le transhumanisme est entièrement tributaire. En s’attachant au corps seul, en niant l’esprit, le transhumanisme apparaît comme une dégénérescence du projet philosophique d’émancipation de l’homme.

Arrivée au terme du processus de rationalité critique, voici l’homme en quête d’un modèle neuf comme l’étaient les âmes des morts dans le monde grec. Mais alors les dieux veillaient. Aujourd’hui, l’individu n’est qu’un point nodal sur un réseau. Un réseau aux prises avec une accélération générale. Accélération du rythme de vie, du transfert de l’information, des relations sociales, du régime du travail et des découvertes, de la technique et du marché des idées – ce que Zygmunt Bauman appelle la ‘liquidité’. C’est précisément sur ce marché des idées que les post-humanistes et les post-libéraux cherchent à vendre leur projet d’un homme-machine.”

H+ est le sigle d’identification des Transhumanistes, dont les représentants reprennent à leur compte le rêve ancien de l’homme-machine. À la différence qu’ils disposent cette fois de moyens techniques pour tenter de le réaliser. Ainsi, avons-nous en ce début du XXIe siècle à nous défendre contre une mouvance qui espère remplacer le vivant par une unité fonctionnelle et, sur la foi qu’elle rencontre dans les milieux du pouvoir, bénéficie de soutiens et de moyens financiers considérables. Ce projet aux effets bien réels sur nos vies, à défaut de doter la machine d’un esprit, entend réduire l’homme à la machine.

L’avènement d’un homme artificiel permettrait en effet de contraindre le vivant à se soumettre à un dispositif socio-technique fondé sur la rentabilité. Il permettrait en outre aux puissants, ceux qui conçoivent le dispositif, de dépasser la seule limite que rencontre l’extension infinie du capital et de leur pouvoir : leur propre mort.

Alexandre Friederich ne décrit pas seulement leurs buts, qui sont désormais connus, mais en retrace la généalogie au sein de l’histoire des idées et de celle du capitalisme. Il démontre ainsi comment ils constituent une propagande visant à créer sans attendre un humain simplifié. Avec un espoir : éviter une civilisation 0.0.

Extrait de “H+”

Alexandre Friederich est un Auteur, dramaturge né en 1965 à Lausanne. Fils de diplomate, il passe de nombreuses années à l’étranger (Finlande, Espagne, États-Unis, Mexique, Vietnam…) avant d’entreprendre des études de philosophie à l’université de Genève.

Samsung tweete des plans mystérieux pour dévoiler un “humain artificiel”

Samsung prévoit de dévoiler ce qu’il appelle un “humain artificiel” appelé NEON lors du Consumer Electronics Show, qui débute le 7 janvier.

Depuis quelques semaines, une série de messages provenant des comptes officiels des médias sociaux de NEON posent la même question dans plusieurs langues : ” Avez-vous déjà rencontré un ‘ARTIFICIEL’ ? – avec un message partagé le 27 décembre qui disait que “NEON = HUMAIN ARTIFICIEL”.

À l’exception de ces posts et d’un site web de NEON qui se vante d’avoir un compte à rebours pour le CES 2020, Samsung n’a pas eu grand-chose à dire sur le projet – mais bizarrement, le cinéaste et acteur indien-britannique Shekhar Kapur a posté pas mal de choses à ce sujet sur les médias sociaux, suggérant qu’il pourrait être impliqué d’une certaine manière dans le projet .

“Enfin, une intelligence artificielle qui vous demandera lequel d’entre vous est réel”, lit-on dans un des récents tweets de Kapur, et un autre qui invite les visiteurs du CES à s’arrêter au coin NEON pour en savoir plus sur “une intelligence artificielle qui est votre meilleur amie”.

Une chose que Samsung dira à propos de NEON, est qu’il n’est pas lié à l’assistant numérique Bixby, alimenté par l’intelligence artificielle de l’entreprise.

“Honoré d’avoir autant de couverture avant même que nous ne dévoilions le produit”, a tweeté le compte officiel de NEON. “Mais contrairement à certaines rumeurs, NEON n’a rien a voir avec Bixby, ou quoi que ce soit que vous ayez vu auparavant.”

Il semble que nous devrons simplement attendre quelques jours pour savoir exactement ce que Samsung a créé – et si c’est à la hauteur du battage médiatique de la société.

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