Drépanocytose : rémission des signes de la maladie chez le premier patient au monde traité par thérapie génique

crédit docteurclic
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Une équipe dirigée par le Pr. Marina Cavazzana a réalisé à l’hôpital Necker-Enfants malades, AP-HP et à l’Institut Imagine (AP-HP/Inserm/Université Paris Descartes) en octobre 2014 une thérapie génique dans le cadre d’un essai clinique de phase I/II chez un patient de 13 ans atteint de drépanocytose sévère (forme grave d’anémie chronique d’origine génétique). Menée en collaboration avec le Pr. Philippe Leboulch (CEA/Facultés de médecine de l’université Paris-Sud et de l’université d’Harvard) qui a mis au point le vecteur utilisé et dirigé les études précliniques, ce traitement novateur a permis la rémission complète des signes cliniques de la maladie ainsi que la correction des signes biologiques. Les résultats (suivi de 15 mois après la greffe) font l’objet d’une publication dans le New England Journal of Medicine le 2 mars 2017 et confirment l’efficacité de cette thérapie d’avenir.

« Nous souhaitons, avec cette approche de thérapie génique, développer de futurs essais cliniques et inclure un nombre important de patients souffrant de drépanocytose, en Ile-de-France et sur le territoire national » indique le Pr. Marina Cavazzana.

Gene Therapy in a Patient with Sickle Cell Disease; N Engl J Med 2017; 376:848-855March 2, 2017 DOI: 10.1056/NEJMoa1609677

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© Illustration : A. Dagan pour le Journal du CNRS, d’après Catherine Caillaud

Le futur de la modification génomique et sa règlementation

26 janvier 2017, Katie McNally, University of Virginia

Une nouvelle technologie appelée CRISPR fait les manchettes internationales comme étant un pas-de-géant dans le domaine du génie génétique. CRISPR, acronyme pour « clustered regularly interspaced short palindromic repeats » en anglais, est une technologie de modification génomique qui permet aux scientifiques de modifier l’ADN beaucoup plus rapidement, facilement et efficacement que les anciennes méthodes de génie génétique.

CRISPR a de vastes répercussions sur l’avancement des soins de santé et de l’agriculture et a déjà été utilisé dans le but de créer des moustiques génétiquement modifiés pour aider à réduire la propagation de la malaria.

Dans la foulée de cette percée majeure, UVA Today a demandé au professeur de politique publique de l’université de Virginie, Randall Lutter, de nous expliquer l’impact de cette nouvelle technologie. Maintenant membre de la faculté de la Frank Batten School of Leadership and Public Policy de l’UVA, M. Lutter est un ancien sous-commissionnaire des politiques à la Food and Drug Administration (« FDA »), où il a joué un rôle clé dans les efforts déployés pour réglementer les animaux génétiquement modifiés.

Randall Lutter est professeur de politique publique à la Frank Batten School of Leadership and Public Policy et ancien sous-commissaire des politiques de la FDA.
Randall Lutter is a professor of public policy in the Frank Batten School of Leadership and Public Policy and a former deputy commissioner for policy at the FDA. (Photo by Dan Addison, University Communications) .

Ci-dessous, M. Lutter discute du futur de la modification génomique et des récentes mises à jour de la FDA pour aborder le sujet.

Quelle est la différence entre la modification génomique et les procédés plus anciens de création d’organismes génétiquement modifiés, ou OGM?

Grâce aux techniques d’édition de génome comme CRISPR, les scientifiques sont en mesure de couper le génome d’une cellule à un endroit souhaité de sorte que les gènes existants puissent être retirés ou que l’on puisse en ajouter de nouveaux. Les anciennes techniques sont différentes, car elles nécessitent l’introduction d’éléments génétiques d’une espèce différente, et étaient ainsi parfois appelées « transgéniques ».

Jusqu’à présent, la modification précise s’est révélée fructueuse pour créer des organismes dotés d’une grande variété de traits désirés, même en n’introduisant aucun élément génétique d’une espèce différente. Les résultats obtenus par ce genre de modification génomique pourraient, en principe, apparaître naturellement.

CRISPR, contrairement aux anciennes technologies, peut aussi être utilisé pour modifier des traits héréditaires, même chez les populations sauvages. Au moyen d’un système génétique appelé « forçage génétique » (ou « gene drive » en anglais), un organisme peut être modifié de façon à le doter d’un nouveau trait qui apparaîtra également, selon une très forte probabilité, chez les descendants de cet organisme, et ce, même si l’autre parent « sauvage » ne possède pas ce nouveau trait. Ainsi, le nouveau trait devrait se répandre dans toute la population sauvage – une avancée ayant d’extraordinaires répercussions.

Comment la FDA fait-elle pour évaluer les risques associés à une telle technologie par rapport à ses avantages?

Considérer les risques et les avantages nécessite une évaluation propre au produit en question, mais les décideurs de la FDA en matière de réglementation se concentrent sur des questions quelque peu plus restreintes.

Par exemple, lorsque la FDA a approuvé en 2015 le saumon génétiquement modifié AquaAdvantage, elle a trouvé que la nourriture provenant de ce saumon était aussi salubre et nutritive que celle du saumon de l’Atlantique non transgénique et que cette procédure était aussi sécuritaire pour le saumon. De plus, elle a examiné l’allégation proposée d’AquaBounty relativement au saumon – selon laquelle sa croissance serait plus rapide que celle du saumon traditionnel, avantage clé pour les pisciculteurs – et a conclu que le produit d’assemblage d’ADN recombinant qui crée ce trait était de fait efficace pour provoquer une accélération de la croissance telle qu’énoncée par AquaBounty. Finalement, elle a évalué les possibles incidences néfastes sur l’environnement des États-Unis. Après examen des multiples formes de confinement physique et biologique dans l’application d’AquaBounty visant la commercialisation et la sollicitation d’observations du public, et en consultation avec d’autres agences fédérales, il a été finalement décidé que cela n’avait aucun impact significatif sur l’environnement.

L’un des grands défis posés par le système de réglementation actuel est que le délai d’approbation de nouveaux produits est trop lent. Il aura fallu presque deux décennies après que les premiers documents lui aient été soumis pour que la FDA approuve le saumon d’AquaBounty. Un moustique génétiquement modifié produit par Oxitec, société britannique, pour lutter contre l’Aedes aegypti, moustique qui propage la dengue et le virus Zika, a été approuvé uniquement pour des essais pratiques aux États-Unis, même si les mesures conventionnelles utilisées pour endiguer la dengue semblent à peine suffisantes.

Les délais d’approbation se traduisent par l’utilisation continue d’anciens produits potentiellement moins sécuritaires et une réduction considérable des incitatifs liés au financement des recherches et développements.

La modification génomique comporte-t-elle le même risque que celui associé à l’utilisation massive d’antibiotiques – pourrait-elle entraîner la création de pathogènes ou d’organismes nuisibles plus résistants?

Certaines cultures génétiquement modifiées existantes, développées au moyen d’anciennes technologies transgéniques, sont résistantes aux herbicides, et certains éléments laissent à penser que l’utilisation d’herbicides sur ces cultures a entraîné le développement de super mauvaises herbes.

L’édition du génome, si elle est utilisée pour produire des cultures résistantes aux pesticides, ne réglerait pas ces problèmes, qui peuvent sembler être le résultat, en grande partie, d’une mauvaise utilisation des pesticides.

Quels sont les principes de base de la mise à jour du cadre coordonné de réglementation de la biotechnologie de la FDA?

Début janvier, la FDA a publié trois projets de document d’orientation, qui augmenteraient la portée des lignes directrices pour couvrir toutes les technologies de modification génomique, y compris CRISPR, visant les animaux; étendraient la portée de la consultation volontaire concernant les cultures génétiquement modifiées pour y inclure les technologies de modification génomique visant les cultures; et délégueraient la réglementation des moustiques utilisés pour la lutte antiparasitaire au programme de pesticides de l’EPA. La FDA sollicite également les commentaires [du public] sur les applications de la modification génomique à faible risque.

En ce qui concerne plus particulièrement les moustiques génétiquement modifiés, la FDA réglementerait les moustiques génétiquement conçus, y compris les moustiques modifiés sur le plan du génome, qui sont commercialisés dans le but de réduire la morbidité chez l’humain. Cependant, si les moustiques étaient commercialisés en tant que pesticides, dans le but de réduire la population de moustiques de type sauvage, et non pas les maladies, alors l’EPA aurait compétence aux termes de la loi Federal Insecticide, Fungicide, and Rodenticide Act (FIFRA, Loi fédérale sur les insecticides, fongicides et rodenticides).

Selon vous, quelle est l’avancée possible la plus excitante du point de vue de la modification génomique?

Il est d’avis général que l’édition du génome pourrait être utilisée pour augmenter l’acceptabilité des organes de porcs pour la greffe humaine. Une telle nouvelle source d’organes pourrait redonner espoir à des milliers d’Américains en attente d’une transplantation.

traduction Stéphanie S.

Université de Virginie

Vif embarras en haut lieu après un cinquième mort équipé d’un cœur artificiel Carmat

Pourquoi les responsables de Carmat n’ont-ils pas parlé en temps et en heure ? Et que font ceux de l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des dispositifs de santé (ANSM) ? Une nouvelle fois cela ressemble à une double faille : dans la communication d’entreprise et dans celle d’une institution sanitaire chaque jour un peu plus sur le grill.

L’information est donnée (tardivement) par Europe 1 qui pourrait avoir eu, dans ce dossier, connaissance de données privilégiées : « Mort du cinquième patient équipé d’un cœur artificiel Carmat ».

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Pourquoi les médicaments de thérapie génique sont si chers ?

La société pharmaceutique britannique GSK a déclaré qu’il ferait payer 665.000 $ pour un traitement de thérapie génique pour un déficit immunitaire combiné sévère par déficit en adénosine désaminase ADA-SCID, un trouble immunitaire sévère qui est généralement fatale dans les premières années de la vie.

L’Europe donne le feu vert à la première thérapie génique pour les enfants

Une des raisons est que le processus de fabrication du médicament est dû particulièrement à une forte intensité de main-d’œuvre, car il est adapté à chaque patient. Les cellules-souches sont extraites de la moelle osseuse du patient et pendant cinq jours sont soigneusement mélangée avec le virus qui présentera la version correcte du gène dont ils ont besoin. Après cela, les cellules-souches corrigées sont réinjectées au patient. Une autre raison, pour laquelle le traitement est coûteux, est qu’il a été difficile de prendre un traitement complexe et expérimental et qu’il devienne un produit fiable de qualité garantie que les organismes de réglementation des médicaments permettront d’être vendus. GSK va également engager des coûts, car il doit assurer le suivi avec les patients sur ce nouveau traitement pendant des années. En plus de cela, GSK vendra sur un marché minuscule. Chaque année, seulement 15 patients sont diagnostiqués avec cette maladie dans toute l’Europe.

« Nous entrons dans l’ère de transhumanisme, et les nombreuses nouvelles thérapies ciblées contre le cancer vont avoir une incidence sur les prix. Les dépenses de santé vont exploser dans les prochaines années à un rythme de 10 % par an » Nicolas Bouzou.

The Economist

L’Europe donne le feu vert à la première thérapie génique pour les enfants

A vector, which is used to transport the healthy gene into the patient’s cells, is seen in this undated handout image provided by GlaxoSmithKline on April 1, 2016. REUTERS/Grant Thompson/GSK/Handout via Reuters

La première thérapie génique du monde pour des enfants, développée par des scientifiques italiens et GlaxoSmithKline, a eu un avis favorable recommandant la commercialisation en Europe, boostant la technologie d’avant-garde pour corriger les gènes défectueux.

L’Agence européenne du médicament (EMA) a approuvé, le 1er avril, la thérapie « Strimvelis » pour un petit nombre d’enfants avec un déficit immunitaire combiné sévère par déficit en adénosine désaminase (ADA-DICS) pour lesquels aucun donneur correspondant de moelle osseuse n’est disponible.

Le déficit immunitaire combiné sévère (DICS) par déficit en adénosine désaminase (ADA) est une forme de DICS caractérisée par une lymphopénie profonde et un taux d’immunoglobuline de tous les isotypes très bas provoquant des infections opportunistes graves et récurrentes.

Environ 15 enfants par an sont nés en Europe avec cette maladie génétique ultra-rare, ce qui les rend incapables de faire un type de globules blancs. Ils survivent rarement au-delà de deux ans à moins que leur fonction immunitaire soit restaurée avec une greffe de moelle osseuse compatible.

DICS est connu comme la maladie de « bébé bulle », car ils ont un système immunitaire si faible, qu’ils doivent vivre dans des environnements stérilisés et exempts de germes.

Le médicament est une thérapie génique de cellules souches créées pour un patient individuel à partir de leurs propres cellules qui est destinée à corriger la cause de la maladie. Si elle est approuvée par la Commission européenne, le médicament – actuellement connu sous le nom GSK2696273 (autologues CD34 + cellules transduites pour exprimer ADA) – sera commercialisée sous la marque Strimvelis, pour le traitement des patients atteints d’ADA-DICS – ce qui en fera la deuxième thérapie génique à être approuvé en Europe, après UniQure’s Glybera, qui traite une maladie du sang adulte rare.

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Reuters, Fierce Biotech

Greffes de pénis : bientôt pratiquées aux Etats-Unis chez des militaires émasculés

C’est une spectaculaire première que viennent d’annoncer des chirurgiens américains de la faculté de médecine de Johns Hopkins (Baltimore). Ces chirurgiens se préparent à effectuer une première greffe de pénis aux États-Unis ; la première d’une série de soixante, toutes pratiquées chez des militaires amputés au niveau des parties génitales lors des combats. La première greffe concernera un soldat blessé en Afghanistan, a indiqué le centre hospitalier universitaire Johns Hopkins. Le greffon pénien proviendra d’un donneur décédé et l’opération devrait durer environ douze heures et coûter entre 184 000 et 368 000 euros.

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États-Unis : 3 bébés sauvés grâce à des implants imprimés en 3D

En greffant à trois nouveau-nés souffrant d’une malformation aigüe de la trachée une attelle réalisée sur mesure par impression 3D, des médecins américains réussi à les sauver. Il n’existait jusqu’alors aucune thérapie pour guérir cette forme terminale de trachéomalacie. Il s’agit d’un ramollissement des anneaux de cartilage formant la trachée qui empêche périodiquement de respirer et engage le pronostic vital.

Aucun des trois jeunes patients traités n’a eu de complications ni le besoin d’un ventilateur mécanique ou de sédatifs. Les chercheurs ont aussi constaté une amélioration du fonctionnement de leurs organes.

«Nous avons pu pour la première fois utiliser l’impression en 3D pour concevoir et fabriquer une attelle qui a été cousue autour de la trachée défaillante et permis de restaurer la respiration normale des patients»

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