Chine : le chien augmenté

A naturally occurring DNA mutation in the myostatin gene leads to highly muscled whippets, at left, as reported in the journal Neuromuscular Disorders. Scientists in China say they can now engineer the same change into other dogs.

Des scientifiques chinois du Key Laboratory of Regenerative Biology Guangzhou Institutes of Biomedicine and Health (GIBH) ont utilisé l’édition de gène (CRISPR-cas9) pour produire des chiens personnalisés : un lévrier a le double de sa masse musculaire habituelle par la suppression d’un gène appelé myostatine.

Selon les chercheurs :

“L’objectif de la recherche est d’explorer une approche de génération de nouveaux modèles de chiens pour la recherche biomédicale. Les chiens sont très proches de l’homme en termes de caractéristiques métaboliques, physiologiques et anatomiques.”

lire l’article sur le MIT
voir l’étude publiée dans The Journal of Molecular Cell Biology

Cpf1 une alternative à CRISPR-Cas9 ?

Le 25 septembre 2015, une étude publiée dans la revue Cell et dirigée par le biologiste Feng Zhang (Broad Institute, Cambridge, Massachussetts) présente la découverte d’une protéine appelée Cpf1 qui pourrait dépasser les limites de CRISPR-Cas9 (modification du génome sur embryon humain).

L’équipe de Zhang a repéré une autre protéine, Cpf1, associée à CRISPR. Comme Cas9, Cpf1 a la propriété de couper les brins d’ADN, avec cependant quelques différences qui la rendent supérieure.

Plus simple, Cpf1 « ouvre à beaucoup de possibilités pour des choses que nous ne pouvions pas imaginer » a déclaré l’épigénéticienne Luca Magnani du Collège impérial de Londres. Cette nouvelle enzyme surpassera-t-elle Cas9 en popularité ? « Il est encore trop tôt pour le dire » déclare Zhang. Il prévoit de poursuivre ses recherches pour mettre au point de nouvelles méthodes de « genome editing ».

source : Mc Governe Institute

Les humains seront cyborgs dans 200 ans, prédit un expert

“Ce sera la plus grande évolution en biologie depuis l’apparition de la vie.”

Dans les 200 prochaines années, les humains seront si fusionnés avec la technologie que nous aurons évolué en “cyborgs comme Dieu”, selon Yuval Noah Harari, historien et auteur, il enseigne actuellement au Département d’Histoire de l’Université hébraïque de Jérusalem en Israël.

Harari fait des recherches sur l’histoire de l’espèce humaine, il estime maintenant que nous sommes a à peine quelques siècles d’être en mesure d’utiliser la technologie pour éviter complètement la mort.

«Je pense qu’il est probable que dans les 200 prochaines années Homo sapiens va se perfectionner dans une certaine idée d’un être divin, soit par manipulation biologique ou génie génétique de par la création de cyborgs : partie organique, partie non-organique,”

a déclaré Harari lors de sa présentation au Festival de Hay au Royaume-Uni, comme Sarah Knapton (pour the Telegraph) : “Ce sera la plus grande évolution en biologie depuis l’apparition de la vie … Nous serons aussi différents des humains d’aujourd’hui que les chimpanzés le sont maintenant de nous.”
lire la suite (article en anglais)

Valeurs transhumanistes Explorer le royaume posthumain

Thèse : Culture du corps et technosciences : vers une mise à niveau technique de l’humain ?

 

Université de Montréal, Département de sociologie Faculté des arts et des sciences, Michèle Robitaille, 2008

Analyse des représentations du corps soutenues par le mouvement transhumaniste

Résumé(s):

L’intérêt marqué porté actuellement aux recherches NBIC (nano-bio-info-cognitivo technologies) visant l’optimisation des capacités humaines augure d’un profond bouleversement dans nos représentations du corps humain et du rapport humain-machine. Tour à tour, des travaux issus des domaines du génie génétique, de la pharmacologie, des biotechnologies ou des nanotechnologies nous promettent un corps moins sujet à la maladie, mieux « adapté » et surtout plus malléable. Cette construction en laboratoire d’un corps amélioré fait amplement écho aux préoccupations contemporaines concernant la santé parfaite, le processus de vieillissement, l’inaptitude, l’apparence, la performance, etc. En vue d’analyser les transformations qu’induisent ces recherches sur les représentations du corps, nous avons construit un modèle théorique appuyé, d’une part, sur des travaux en sociologie du corps et, d’autre part, sur des travaux en épistémologie des sciences. Puis, en scrutant différents textes de vulgarisation scientifique produits par des chercheurs transhumanistes – militant ouvertement en faveur d’une optimisation radicale des capacités humaines par le biais des technosciences –, il a été observé que les représentations du corps s’organisent autour de trois principaux noyaux. Le corps humain est présenté, dans ce discours, comme étant à la fois informationnel, technologiquement perfectible et obsolète.

Cette représentation tripartite du corps permet aux transhumanistes d’ériger leur modèle d’action (i.e. amélioration des capacités physiques, intellectuelles, sensitives, émotionnelles, etc.) à titre de nécessité anthropologique. À leurs yeux, l’amélioration des conditions humaines doit passer par une mutation contrôlée de la biologie (i.e. une hybridation avec la machine) du fait que le corps serait « inadapté » au monde contemporain. Ainsi, les promesses NBIC, une fois récupérées par les chercheurs transhumanistes, se voient exacerbées et prennent une tonalité péremptoire. Ceci contribue vivement à la promotion du posthumain ou du cyborg, soit d’un individu transformé dans l’optique d’être plus robuste et intelligent, de moduler sa sensitivité et ses états émotifs et de vivre plus longtemps, voire indéfiniment. Enfin, situé à mi-chemin entre la science et la science-fiction, ce projet est qualifié de techno-prophétie en ce qu’il produit d’innombrables prévisions basées sur les avancées technoscientifiques actuelles et potentielles.

Afin d’accroître l’acceptabilité sociale de leur modèle d’action, les transhumanistes ne font pas uniquement appel à la (potentielle) faisabilité technique; ils s’appuient également sur des valeurs socialement partagées, telles que l’autodétermination, la perfectibilité humaine, l’égalité, la liberté ou la dignité. Néanmoins, la lecture qu’ils en font est parfois surprenante et rompt très souvent avec les conceptions issues de la modernité. À leur avis, le perfectionnement humain doit s’opérer par le biais des technosciences (non des institutions sociales), sur le corps même des individus (non sur l’environnement) et en vertu de leur « droit » à l’autodétermination compris comme un droit individuel d’optimiser ses capacités. De même, les technosciences doivent, disent-ils, être démocratisées afin d’en garantir l’accessibilité, de réduire les inégalités biologiques et de permettre à chacun de renforcer son sentiment d’identité et d’accomplissement. L’analyse du discours transhumaniste nous a donc permis d’observer leurs représentations du corps de même que la résonance culturelle du projet qu’ils proposent.

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Quel avenir avec le transhumanisme ?

Le transhumanisme consiste à valider l’anthropomorphisme et privilégier l’émancipation définitive en annihilant tout lien avec la nature, obstacle au développement linéaire de l’humanité, compte tenu de la liberté escomptée grâce aux progrès techno-scientifiques. Il est issu du scientisme qui veut, selon la formule d’Ernest Renan, « organiser scientifiquement l’humanité » et il est promu par le postulat selon lequel « on n’arrête pas le progrès ».

Le nombre des adeptes de cette voie augmente. Cette progression est favorisée, en partie, par l’incapacité du développement durable à respecter ses promesses. Et cette situation témoigne de l’état d’esprit des décideurs actuel du monde : la nature est considérée comme une charge incompatible avec le progrès, une obstacle “naturel” à l’émancipation de l’Homme. En témoigne, par exemple, l’échec total du sommet de Copenhague. Ce manque de réaction de la part de nos dirigeants face aux dégradations de l’environnement et du climat, montre combien la tradition judéo-chrétienne de l’Homme-roi conditionne l’inconscient collectif occidental : il faut que la doctrine soit appliquée et que la direction suivie reste la même, quelles que soient les menaces.

Et c’est grave, comme le constate Jean-Claude Guillebaud : « En réalité, le projet transhumaniste ne relève plus du futurisme ni du délire (…) Il inspire dorénavant des programmes de recherche, la création d’universités spécialisées et d’une multitude de groupes militants. Il influence une frange non négligeable de l’administration fédérale américaine et, donc, le processus de décision politique ».

Les transhumanistes, en majorité de culture anglo-saxonne, souhaitent que l’humanité cesse de suivre son évolution naturelle pour entrer dans une ère post-humaine, prendre ainsi le contrôle de sa destinée en se libérant des contraintes et des affres imposées par sa nature biologique.

Réflexions par François Chatel. Télécharger le PDF : La Grande Relève N° 1159, p. 9 – déc. 2014 (magazine mensuel de réflexion socio-économique)

De Stanislas Robert Mainard sur le Transhumanisme (PDF)

Télécharger le PDF Allocution Mainard – Le Transhumanisme

Extrait : Au simple plan physique, le transhumanisme, est un mouvement de pensée, assez peu connu en France, mais qui est considéré comme riche d’avenir dans les pays anglo-saxons. Certains auteurs font remonter la source du mouvement très loin dans le temps, mais c’est plutôt dans la philosophie du siècle des lumières qu’on pourrait en trouver l’origine. Au cours du temps certains penseurs comme pic de la Mirandole, Condorcet, Franklin et même Darwin ont émis, en effet, des idées qui pourraient permettre de les considérer comme de lointains précurseurs.

Si le concept moderne de transhumanisme a été posé pour la première fois dans un ouvrage publié en 1989 par un scientifique américain Estfandiary : «Are you a transhuman ?», le mouvement, en lui-même, fut officiellement fondé par deux philosophes, enseignant à l’université d’Oxford, Nick Bostrom et David Pearce, mouvement qui, de nos jours, compte plusieurs milliers de membres essentiellement des universitaires et des scientifiques de tous horizons…

Robert Mainard

L’ingénierie génétique des bébés est une obligation morale, dit un professeur d’Oxford

Le professeur Julian Savulescu a déclaré que la création de bébés génétiquement modifiés pourrait être considérée comme une “obligation morale”.

L’expert en éthique pratique dit que nous devrions activement donner aux parents le choix d’écarter les défauts de la personnalité de leurs enfants, ce qui voudrait dire qu’ils seraient alors moins susceptibles de “nuire à eux-mêmes et aux autres”.

Également rédacteur en chef du “Journal of Medicals Ethics”, l’universitaire a fait paraître un article dans le Readers’s Digest. Il a expliqué que nous sommes maintenant au milieu d’une révolution génétique. Il a dit que la science découvre de plus en plus que les gènes ont une influence significative sur la personnalité, que certains marqueurs génétiques chez l’embryon suggèrent ses caractéristiques futures. En dépistant certains gènes de ces embryons, il est possible d’influencer le développement de l’enfant.

La “conception rationnelle”, création d’enfants par génie génétique, contribuerait à une société meilleure, plus intelligente et moins violente.

“En effet, quand il s’agit de filtrer les défauts de la personnalité, tels que l’alcoolisme, la psychopathie potentielle et la disposition à la violence, on pourrait dire que les gens ont une obligation morale sur le plan éthique à sélectionner les enfants de meilleure qualité”.

“Si nous avons le pouvoir d’intervenir dans la nature de notre descendance – plutôt que de les reléguer à la loterie naturelle – alors nous devons le faire”.

The Telegraph