Liberté, Égalité, Singularité

À l’heure de la globalisation, les frontières ne disparaissent pas qu’entre les pays. Longtemps confinée aux domaines de la science, de l’industrie et du divertissement, la technologie envahit désormais des territoires considérés jusque-là comme essentiellement humains : les relations intimes, la psychologie, l’art, l’éducation et même… la politique. La conquête se fait sur plusieurs fronts simultanément : la sécurité, l’économie, le droit, l’environnement, la santé, mais aussi sur le plan électoral lui-même, et tout cela à grand renfort de big data. Cette évolution, qui soulève pourtant de nombreuses questions éthiques, ne semble pas inquiéter les citoyens et les citoyennes de nos chères démocraties, probablement usées par des décennies de scandales et de crises à répétition. En effet, dans un sondage réalisé le 21 mars 2019 par l’Université IE de Madrid, on apprend que « 25% des Européens seraient prêts à laisser des algorithmes gouverner plutôt que des hommes politiques pour prendre les bonnes décisions (…) Un chiffre qui monte à 30% en Allemagne, en Italie, en Irlande, au Royaume-Uni et même à 43% aux Pays-Bas »… Saint George (Orwell), priez pour nous.

Big data, big brother, big control

Les temps changent et, avec eux, les pratiques politiques. Enfin, les outils évoluent, mais les objectifs des puissants restent, eux, désespérément identiques au fil des siècles. Parmi ces objectifs, la clé de voûte du pouvoir : le contrôle. Et c’est ce que le big data permet aujourd’hui, dans des proportions inédites. Nous sommes scrutés sous toutes les coutures, nos actions sont observées, mesurées et enregistrées sans que nous en ayons conscience : caméras de surveillance dans les rues, reconnaissance faciale, géolocalisation, analyse de nos habitudes de consommation via nos cartes de paiement, de nos préférences culturelles et de nos orientations politiques sur les réseaux sociaux… Nous savons même désormais avec certitude que nous sommes écoutés par nos téléphones portables, nos tablettes et nos ordinateurs. Bien sûr, pour le moment cette collecte de données se fait officiellement à titre anonyme et pour des motivations commerciales. Mais il est clair que leur exploitation ne se limite pas à un usage mercantile et que ces pratiques ont d’ores et déjà des visées politiques, comme l’a démontré récemment le scandale Cambridge Analytica. Ajoutons à ce tableau le développement de nouvelles techniques comme le facial coding, qui consiste à décrypter les émotions sur le visage d’une personne, ou encore le déploiement du nudge, discipline qui vise à influer sur le comportement du consommateur (ou de l’électeur) par des moyens subtils et donc à guider sournoisement ses choix, et nous voyons se dessiner les contours d’une société où les notions de vie privée et de liberté ne seront bientôt plus qu’un lointain souvenir. Or, cette liberté est l’un des fondements de la démocratie et si les avancées technologiques la mettent en péril, alors il ne s’agit plus de progrès, mais d’une terrible régression. Le journaliste et essayiste Philippe Vion-Dury, auteur de La nouvelle servitude volontaire, le confirme : « Les entreprises de la Silicon Valley sont porteuses d’un véritable projet politique. Leurs algorithmes mettent sous leur coupe ceux qui s’y soumettent, volontairement. Aveuglant les consommateurs et les États par l’éclat de leur spectaculaire réussite économique, ces entreprises sont en train d’accumuler des sommes incalculables de données, grâce auxquelles elles ambitionnent de tout mesurer, tout contrôler, tout prévoir. Ou quand les mathématiques deviennent totalitaires. »

Power of equality

Les algorithmes sont-ils égalitaires, par nature ? Dans un rapport de la Human Technology Fondation intitulé « Intelligence artificielle, solidarité et assurances en Europe et au Canada » et daté du 20 janvier 2020, des acteurs majeurs du monde de l’assurance dressent un constat clair : « La montée en puissance des technologies et de l’IA nous force à réfléchir à ces pratiques et à leur futur. Ainsi, le recours, par les assureurs, aux objets connectés qui fournissent des informations précieuses sur le comportement de l’assuré, peut entrer en conflit avec le droit fondamental des personnes de mener leur existence selon leur propre conception de la vie bonne. En outre, l’hypersegmentation, qui aboutirait, à son point limite à la personnalisation complète des tarifs, pourrait remettre en question le principe de mutualisation entre les assurés. » En d’autres termes, l’IA et le big data pourraient accroître les inégalités en faisant payer davantage les citoyens dont on jugera le mode de vie « non conforme ». Les algorithmes pourraient devenir, si l’on n’y prend garde, des outils au service d’une discrimination sans précédent. Et ce qui est valable dans le monde de l’assurance, l’est tout autant dans les domaines de la culture, de l’éducation, de l’orientation religieuse, politique ou même sexuelle… Qui établira ce qui est conforme et ce qui ne l’est pas ? Quels seront les intérêts défendus par les instances en charge de telles décisions ? C’est là que l’État, en tant que représentant de l’intérêt général, a plus que jamais son rôle à jouer. Oui, mais voilà… Pour certains militants radicaux de la big tech, l’État, c’est justement la bête à abattre. Curtis Yarvin, ingénieur quadragénaire de la Silicon Valley et membre du mouvement néo-réactionnaire NRx, déclare : « Les États doivent devenir des entreprises lourdement armées et ultra rentables, qui aboliront le pouvoir de la presse, écraseront les universités, vendront les écoles publiques et transféreront les « populations décivilisées » dans des enclaves sécurisées pour les rééduquer ». Pour David Golumbia, professeur à la Virginia Commonwealth University, ce mépris pour la démocratie ferait partie de l’ADN même des fondateurs de la Valley : « Des gens comme Peter Thiel ou Elon Musk, pour ne citer qu’eux, dont le mépris est encore plus flagrant, sont célébrés comme des héros par les néo-réactionnaires ». Derrière les outils technologiques, il est donc bien question d’idéologie politique.

Make America tech again

Comme tout courant de pensée, l’idéologie techno-futuriste a ses penseurs. D’aucuns diraient ses gourous. Malgré une posture anti-politique de façade, certains ne cachent pas leurs ambitions dans ce domaine, à l’instar de Peter Thiel. Le cofondateur de Paypal et de Palantir Technologies, une société spécialisée dans le big data, a soutenu la candidature de Donald Trump à la présidentielle américaine de 2016 et est resté, depuis, l’un de ses proches conseillers. Pour le très libertarien Thiel, « le sort de notre monde dépend d’un seul individu, d’une personne, qui sera capable de bâtir et diffuser des outils technologiques favorisant la liberté et permettant un monde plus sûr pour l’épanouissement du capitalisme »… Cette personne serait-elle Elon Musk ? Avec son entreprise Neuralink, le patron de Tesla entend augmenter l’être humain grâce à des interfaces homme-machine implantées directement dans le cerveau et ce, afin d’augmenter la mémoire, de piloter des logiciels par la pensée ou encore de bénéficier d’un moteur de recherche cérébral… De quoi donner des sueurs froides à la CNIL, dans une France encore très attachée à la protection des données et aux libertés individuelles. Catherine Vidal, neurobiologiste et membre du comité d’éthique de l’Inserm, estime qu’« une vigilance éthique accrue s’impose face au développement spectaculaire des technologies de manipulations cérébrales qui dépassent désormais le cadre de la médecine, avec des applications commerciales destinées à la population en bonne santé (…) Les stimulations (électriques ou magnétiques) peuvent altérer le fonctionnement normal du cerveau, ses capacités de plasticité, et porter atteinte à l’autonomie du patient en interférant avec ses pensées, ses émotions, son libre arbitre ». Mais si la plupart des chercheurs français se montrent prudents quant à l’impact des neurotechnologies sur la société, les américains sont plus décomplexés, voire carrément débridés. Parmi eux, le pape transhumaniste Ray Kurzweil qui considère que « l’existence humaine ne dépend pas d’un corps biologique » et que « la biologie elle-même n’est qu’un ensemble de nanomachines ». Pour le directeur de l’ingénierie de Google, « les machines dépasseront nos capacités » très bientôt et nous n’aurions d’autres choix, pauvres humains limités que nous sommes, que de fusionner avec une super intelligence artificielle pour survivre. Une vision que partage le leader du parti transhumaniste Zoltan Istvan, candidat aux élections présidentielles de 2020, qui fait campagne « pour mettre fin à l’idée de la mort ». Dans son programme, quelques grands classiques ultralibéraux et technophiles : fin de l’impôt sur le revenu et de l’IRS (l’administration fiscale américaine), réduction du nombre de fonctionnaires grâce aux robots et aux nouvelles technologies, lutte contre le réchauffement climatique avec la géo-ingénierie, développement des utérus artificiels… Mais aussi, en toute logique, des mesures orientées plus radicalement vers le transhumanisme. « Le gouvernement ne devrait pas être en mesure de limiter ce que nous pouvons faire à notre corps, quelles que soient les normes culturelles, les préjugés religieux ou l’orientation politique », déclare le candidat sur son site de campagne. Si Istvan souhaite accéder à la fonction suprême, c’est pour « interdire les lois qui entravent la recherche de la santé et de la longévité pour les citoyens, notamment les interdictions sur l’édition génétique, le clonage et d’autres sciences radicales (…), déréglementer autant que possible l’innovation scientifique et technologique (…), explorer des options telles que donner aux criminels le choix du reconditionnement cérébral plutôt que de l’exécution (…), jeter les bases de droits civils pour de futurs êtres avancés comme les robots conscients, les cyborgs et les êtres vivants génétiquement créés »… Le Docteur Frankenstein est sorti de son laboratoire pour convertir le monde à la religion scientiste. Le président américain ne prêtera-t-il bientôt plus serment sur la Bible lors de son investiture, mais sur l’ouvrage du médecin philosophe Julien Offray de La Mettrie, L’Homme Machine ? Amérique, pays de tous les extrêmes.

Opération Crossroads 2020

« Il est évident que la guerre, peut-être même les civilisations, sont arrivées à un point critique grâce à cette arme révolutionnaire ». Telles sont les paroles du vice-amiral William Blandy, chef de l’opération Crossroads (« À la croisée des chemins »), une série d’essais nucléaires qui eurent lieu dans l’atoll de Bikini, au cours de l’été 1946, et dont le but était de valider la puissance destructrice des bombes A sur des navires et des sous-marins situés aux alentours. À la croisée des chemins, c’est probablement là que nous nous situons actuellement, avec le développement spectaculaire des neurotechnologies, de l’intelligence artificielle et du transhumanisme. Les enjeux de ces progrès sont, tout comme ceux liés à l’invention de la bombe atomique, planétaires et historiques. Nous parlons bel et bien ici, sans exagération, de l’avenir de l’humanité. À nos pieds, s’étendent deux voies, deux visions politiques, deux futurs possibles. L’une de ces routes nous mènerait vers un monde imprégné de scientisme, dans lequel la technologie serait mise au service d’une minorité recherchant toujours plus de richesses et de pouvoir, au détriment d’une population de plus en plus déclassée et soumise. Laurie Pycroft, chercheur en neurochirurgie à l’Université d’Oxford, analyse parfaitement ce risque : « Des neurotechnologies de pointe dont l’usage serait large pourraient offrir des modes de manipulation politique inimaginables jusqu’ici (…) Ce qui nous inquiète, c’est que si les mesures de sécurité appropriées ne sont pas mises en place, les patients pourraient être victimes de sévères effets secondaires, et leurs pensées pourraient être ciblées par des cyberattaques (…)L’attraction que pourrait générer la manipulation des souvenirs chez certains dirigeants politiques me semble évidente ! Modifier la mémoire ou changer notre point de vue sur un sujet est l’un des principaux objectifs de n’importe quel propagandiste. » Si le corps a déjà commencé à être envahi par la société de consommation, à travers la chirurgie esthétique et le transhumanisme, la conscience était restée jusque-là un territoire imprenable. Mais aujourd’hui, ce dernier bastion de la liberté humaine est menacé et pourrait bien être colonisé avec une efficacité redoutable, si nous n’y prenons pas garde. Les capitaines de la big tech eux-mêmes multiplient les déclarations chocs, comme pour se préserver de leur propre hubris. Brad Smith, le président de Microsoft, déclarait en 2018 au Web Summit de Lisbonne : « Pour la première fois, le monde est au seuil de technologies qui donneraient à un gouvernement la possibilité de suivre n’importe qui, n’importe où (…) Il pourrait savoir exactement où vous allez, où vous êtes allé et où vous étiez hier. Et cela a de profondes ramifications potentielles, même pour les libertés civiles fondamentales sur lesquelles reposent les sociétés démocratiques. Avant de nous réveiller et de constater que l’année 2024 ressemble à l’ouvrage « 1984 », déterminons le genre de monde que nous voulons créer, quels sont les garde-fous et les limites des entreprises et des gouvernements dans l’utilisation de ces technologies. » Nous devons, en effet, déterminer le monde dans lequel nous voulons vivre. La crise du Covid-19 nous le rappelle de manière brutale : le marché et ses lois ne nous guident pas vers un monde meilleur, et aujourd’hui sa main invisible doit être désinfectée chaque jour avec du gel hydroalcoolique, sous peine de mort. Pourtant, certaines autorités tentent actuellement de renforcer leur pouvoir – et celui de l’économie néolibérale – en proposant des mesures radicales de surveillance numérique, au prétexte de vouloir protéger les populations… Mais gardons espoir, car il existe une deuxième voie. Nous pouvons bâtir un autre avenir, un monde dans lequel la technologie ne tiendra pas un rôle oppressif, mais libérateur. Une société low tech où le numérique régulera la surconsommation, au lieu de l’aggraver ; où la technologie apportera un soutien à chaque citoyen, quel que soit son niveau social ; où la priorité ne sera pas la rentabilité d’un médicament, mais son efficacité ; où l’épanouissement des salariés prévaudra sur le niveau des dividendes ; où les tâches pénibles et dangereuses seront assurées par des robots, au bénéfice de l’homme ; où les solutions énergétiques durables ne seront pas enterrées parce qu’elles menacent les intérêts de certaines industries polluantes ; où chaque être humain mangera à sa faim, où qu’il soit sur Terre ; où le besoin de sécurité ne sera pas assuré par des politiques de surveillance liberticides, mais par la disparition des inégalités… Un nouvel Éden, où le progrès technique sera au service de l’humanité tout entière. Cette société est possible, ce n’est pas une utopie. Mais pour la faire advenir, nous avons des choix à faire. Des choix politiques, au sens le plus philosophique du terme.

In Google We Trust

Depuis son adoption par le Congrès en 1956, « In God We Trust » (« Nous avons confiance en Dieu ») est devenue la devise officielle des États-Unis. Quelle ironie de voir une nation qui a fondé ses valeurs sur la foi religieuse, devenir le fer de lance de la foi transhumaniste et promettre à qui veut l’entendre, par la bouche de ses techno-prophètes, que l’immortalité numérique est pour bientôt ! C’est justement là qu’une réflexion philosophique s’impose. Paradoxalement, l’intelligence artificielle, aboutissement ultime du matérialisme, va nous obliger à nous poser des questions d’ordre spirituel. Rappelons que la singularité annoncée par Ray Kurzweil, ce moment où l’intelligence artificielle dépassera l’intelligence humaine et où son développement échappera à tout contrôle, a son équivalent en mathématiques et en astrophysique : il s’agit de la frontière d’un trou noir, appelé « horizon des évènements », au-delà de laquelle les lois de la physique ne s’appliquent plus, une réalité littéralement métaphysique. Et c’est l’ultime raison pour laquelle le politique doit s’emparer des questions soulevées par la big tech : pour ne pas laisser ce qui relève de la pérennité de l’humanité aux seuls industriels, dont les choix sont encore trop dictés, aujourd’hui, par des objectifs uniquement financiers. L’humanité est, nous le pressentons tous, à un tournant de son histoire. Il se pourrait que, demain, de nouvelles découvertes scientifiques sur la conscience changent complètement la donne et redéfinissent les priorités de la recherche, autant que la vision que nous avons de la vie elle-même… Que deviendraient les promesses des transhumanistes et leur obsession de « guérir la mort », si nous découvrions que nous avons une âme et qu’elle existe dans une autre dimension ? Zoltan Istvan a-t-il envisagé cette possibilité ? Ray Kurzweil en a-t-il tenu compte dans son business plan ? Qu’elle soit spirituelle ou technologique, la singularité à venir ne peut, par définition, pas être anticipée. Mais une chose est sûre, elle sera le résultat des intentions que nous aurons déposées, aujourd’hui, collectivement, pour la construction de notre futur. Citoyennes, citoyens, nous sommes à la croisée des chemins.

Grégory Aimar
Auteur du roman d’anticipation I.AM

Donald Trump fait face au défi présidentiel du cyborg transhumaniste

Donald Trump fait face à un défi inattendu pour l’investiture républicaine de 2020 au poste de président des États-Unis sous la forme du futuriste radical Zoltan Istvan.

Istvan s’était déjà présenté comme candidat d’un parti tiers aux élections américaines de 2016 pour le Parti Transhumaniste, mais il a décidé que le ticket républicain fournirait une meilleure plateforme pour promouvoir son message selon lequel la science et la technologie peuvent profondément transformer l’Amérique et les Américains.

Parmi les promesses les plus extrêmes du transhumanisme, on peut citer l’inversion du vieillissement et, à terme, la guérison de la mort, bien que certaines méthodes d’amélioration artificielle du corps humain soient déjà en cours de développement, comme l’interface cerveau-ordinateur de Neuralink.

Neuralink veut connecter votre cerveau à Internet

Istvan adopte ces technologies dites cyborgs – il a une puce implantée dans sa main qui peut déverrouiller sa porte d’entrée – et a adopté le slogan de la campagne : “Upgrading America”.

“Le transhumanisme n’est plus un rêve de science-fiction, c’est le cœur et l’âme des plus grandes entreprises du monde, a déclaré Zoltan Istvan à The Independent.

“Ma campagne présidentielle vise à inciter les conservateurs à être plus ouverts d’esprit afin qu’ils puissent également contribuer à ce nouveau monde. Certains conservateurs diront que je suis un cheval de Troie, essayant de nuire au GOP (Parti républicain également surnommé Grand Old Party abrégé en GOP), mais ce n’est rien de tel… Je veux voir les conservateurs américains accepter un avenir transhumaniste.”

De nombreux républicains traditionnels pourraient avoir du mal à accepter Istvan, qui se décrit comme pro-choix, pro-immigration, laïc et défenseur des droits des LGBTQ. Il est également favorable à la réduction des dépenses militaires afin d’investir de l’argent dans la recherche scientifique et technologique.

L’avenir du mouvement LGBT pourrait impliquer le transhumanisme

“Mon équipe et moi sommes prêts à faire beaucoup d’efforts, à participer aux scrutins des primaires et voir si nous pouvons amener les conservateurs à être plus ouverts d’esprit pour l’avenir. Nous sommes ravis qu’ils s’ouvrent pour que l’extrême gauche ne soit pas totalement en possession des sciences et technologies radicales pour le futur. Nous pensons que nous pouvons contribuer à convaincre le GOP et les conservateurs libertaires d’élargir leurs perspectives sur ces questions”, a déclaré Istvan au Washington Times.

D’autres politiques telles que le revenu de base universel peuvent également sembler plus gauchistes, mais Istvan affirme que sa mise en œuvre ne nécessiterait pas une augmentation des impôts. Au lieu de cela, les robots et les algorithmes d’intelligence artificielle remplaceraient les emplois humains et permettraient aux travailleurs de profiter de plus de temps libre sans nuire à l’économie.

Un dividende des terres fédérales qui monétiserait les 800 millions d’acres de terres américaines inutilisées financerait le programme, qui, selon lui, suffirait à fournir à chaque Américain 1 000 dollars par mois.

Parmi les autres politiques audacieuses figurent la lutte contre les terroristes à l’aide de robots et la déclaration selon laquelle “le vieillissement et la maladie doivent être éradiqués en tant que mission nationale de la santé des États-Unis”.

Dans un essai non publié détaillant ses raisons de se présenter comme républicain, Istvan a exprimé sa conviction que le “futur radieux” qu’offre le transhumanisme n’est possible que par “un esprit d’entreprise capitaliste et une approche non interventionniste du gouvernement”.

Il a averti que des pays comme la Chine et la Russie sont déjà en tête par rapport aux États-Unis en termes d’efficacité et de rapidité d’innovation.

“Sous l’administration actuelle, le progrès technologique de l’Amérique est lentement livrée sur un plateau aux laboureurs autoritaires”, écrit-il.

“La Chine nous surpasse de plus en plus en sciences et en technologie – ce qui, historiquement, a amélioré la vie quotidienne des Américains plus que tout autre chose. Je ne peux plus rester les bras croisés et regarder l’Amérique ne pas atteindre son potentiel épique.”

Un nouvel avion militaire chinois ressemble à un OVNI

Les images d’une exposition aéronautique en Chine montrent un nouvel avion militaire chinois qui ressemble étrangement à une soucoupe volante d’un film d’époque sur les OVNI.

La semaine dernière, des photos ont commencé à circuler en ligne sur un engin avec une coque extérieure d’aspect extra-terrestre et un cockpit central. Vendredi, le journal chinois Global Times avait apparemment confirmé que le véhicule était un hélicoptère d’attaque expérimental, surnommé Great White Shark, qui pourrait voler dès 2020.

Une analyse détaillée du projet par The Drive – y compris la traduction d’une affiche qui accompagnait l’embarcation à l’exposition – soutient que le véhicule génère probablement de la portance en utilisant un rotor de 16 pieds qui est blindé par sa coque extérieure, tandis que deux moteurs à réaction fournissent la poussée avant.

The Drive souligne également que l’engin futuriste n’est pas le premier à présenter une conception circulaire ressemblant à une soucoupe – bien que les sous-traitants militaires aient eu du mal à rendre le concept pratique sur le champ de bataille.

Une chose est sûre : le concept montre que la Chine, à l’instar des États-Unis, tente de déterminer la forme que prendront les hélicoptères d’attaque du futur.

The Sun

Les pilotes de la marine déroutés par les rencontres d’OVNI

Le Japon veut être le premier pays où les voitures volantes sont la norme

Le gouvernement japonais considère les voitures volantes comme la panacée face à certains problèmes de circulation au pays – les véhicules volants réduiront la congestion, stimuleront le tourisme et faciliteront l’accès aux zones reculées.

Ainsi, la nation veut naturellement être le leader mondial dans le développement des véhicules volants. Selon une déclaration publiée par le ministère du Commerce à Tokyo, elle dispose désormais d’une équipe de rêve composée de sociétés pour l’aider à atteindre son objectif.

Vingt et une entreprises et organisations, notamment Uber, Boeing et Airbus, se sont jointes à un groupe dirigé par le gouvernement japonais conçu pour établir la feuille de route pour l’adoption de voitures volantes au Japon.

Les délégués de chaque membre du groupe se sont rencontrés le 29 août pour trouver un plan qui permettra d’acheminer des voitures volantes au Japon au cours de la prochaine décennie.

Bien que l’idée de faire voler des voitures ne soit pas au rendez-vous, si le transport futuriste est en train de prendre son envol, il faudra probablement un gouvernement en tête, et le Japon semble prêt à intervenir sur ce front.

“Il est nécessaire que le gouvernement prenne les devants et coordonne la mise en place de normes de sécurité”, a déclaré à Bloomberg Yasuo Hashimoto, chercheur à Japan Aviation Management Research, basé à Tokyo. “Ils essaient de donner le ton à l’industrie avant les autres pays.”

The Japan Times, Bloomberg, Forbes

Upgrade un thriller futuriste et transhumaniste

Situé dans un futur proche, la technologie contrôle presque tous les aspects de la vie. Grey Trace (Logan Marshall-Green), un technophobe, est devenu paralysé suite à une agression et au meurtre de sa femme. Lorsqu’il est approché par un inventeur milliardaire, il est équipé d’un implant cérébral appelé STEM, qui se révèle être une redoutable intelligence artificielle et qui lui donne des capacités presque surhumaines, ainsi qu’une occasion de traquer le tueur de sa femme. Un thriller futuriste et transhumaniste.

Upgrade a été écrit et réalisé par Leigh Whannell (Saw) et sera dans les salles américaines à partir du 1er juin 2018. Il n’y a pas encore de date de sortie au Royaume-Uni ni en France. Le film est produit par Blumhouse Productions.

Livestream avec Ray Kurzweil et Peter Diamandis

Le co-fondateur de la Singularity University, directeur de Google AI et futuriste Ray Kurzweil, se joindra à Peter Diamandis pour un live Ask Me Anything de 90 minutes, le 13 octobre de 20h30 à 22h00.

C’est une chance d’entendre les prédictions de Ray Kurzweil pour le futur proche et lui poser directement vos questions, toutes visant à vous fournir un avantage déloyal pour votre entreprise.

Le Transhumanisme et le Venus Project

Zoltan Istvan, (transhumaniste, philosophe, visionnaire et candidat à la présidentielle) a récemment visité Jacque Fresco, un américain autodidacte, ingénieur, architecte designer, philosophe, éducateur, futuriste et technoprogressiste, du Venus Project. Il écrit et donne des conférences à propos de ses visions sur les villes durables, l’efficacité énergétique, la gestion des ressources naturelles, la cybernétique, l’automation avancée ainsi que le rôle de la science dans la société. Avec sa collègue, Roxanne Meadows, il est le fondateur et directeur de The Venus Project. En tant que critique social connu pour sa franchise, Fresco prône l’implémentation globale d’un système socioéconomique de coopération sociale, d’automation technologique et de méthodologie scientifique qu’il appelle « économie basée sur les ressources ».

Zoltan Istvan (r) sitting down with Jacque Fresco (m) and Roxanne Meadows. (l) (Photo Credit: Zoltan Istvan)

Qu’est-ce que le Projet Venus ? Un système où l’humanité vivrait en harmonie avec la nature grâce à la technologie et à une économie basée sur les ressources qui n’utiliserait pas de monnaie, des villes durables, une efficacité énergétique, une gestion des ressources naturelles et une automatisation.

Il s’agit d’un système socio-économique holistique dans lequel tous les biens et services sont disponibles sans l’utilisation d’argent, de crédit, de troc ou toute autre forme de dette ou de servitude. L’ensemble des ressources de la planète est considéré comme étant le patrimoine commun de tous les peuples de la Terre, dépassant ainsi à terme le recours aux barrières artificielles qui séparent les peuples.

Il serait possible d’utiliser la technologie pour surmonter le manque de ressources. Parmi les méthodes utilisées figurent l’utilisation de sources d’énergie renouvelables, l’informatisation et l’automatisation de la fabrication et des inventaires, la conception de villes sures et efficaces sur le plan énergétique. Ces villes seraient équipées de systèmes avancés de transports tout en offrant des soins de santé universels et une éducation plus pertinente. Il s’agit d’appliquer la technologie intelligemment et efficacement, tout en conservant l’énergie, réduisant les déchets et en offrant davantage de temps pour les loisirs. Grâce à un inventaire automatisé à l’échelle mondiale, il serait possible de maintenir un équilibre entre la production et la distribution. Seuls les aliments nutritifs et sains seraient mis à disposition et l’obsolescence planifiée serait inutile et inexistante.

D’après Jacque Fresco, l’argent n’est important dans une société que lorsque certaines ressources vitales doivent être rationnées et que les gens acceptent l’argent comme un moyen d’échange pour ces ressources. L’argent est en fait une convention sociale, un accord. Il n’est pas une ressource naturelle et n’en représente aucune. L’argent n’est pas nécessaire à la survie, à moins que nous ayons été conditionnés à le considérer comme tel.

Il s’intéresse à des technologies en plein développement actuellement : impression 3D, robotique et automatisation, intelligence artificielle, biotechnologie, science des matériaux, production alimentaire, villes intelligentes, recyclage.

“Cela n’a rien à voir avec ceux qui veulent former un nouvel ordre mondial des élites contrôlé par elles-mêmes et les grandes entreprises et qui veulent soumettre le reste du monde à leur volonté.”

“Au contraire, une économie globale basée sur les ressources permet à tous d’atteindre leur plus haut potentiel, de grandir et de s’épanouir dans une société qui fonctionne pour eux, une société qui protège et préserve aussi l’environnement ; une société comprenant que nous faisons partie de la nature et n’en sommes pas séparés.”

“Toutes ces choses sont faisables à partir des connaissances actuelles. Il faudrait 10 ans pour changer la surface de la Terre et transformer le monde en un deuxième jardin d’Eden. Vous avez le choix. La stupidité d’une course aux armements nucléaires, le développement d’armes, tenter de résoudre nos problèmes politiquement en votant pour tel ou tel parti politique. La politique dans son ensemble nage dans la corruption. Je le répète : le communisme, le socialisme, le fascisme, les démocrates, les libéraux. Il n’y a pas de problème noir, de problème polonais, de problème juif, ni de problèmes grecs ou féministes. Il y a des problèmes humains.”

Serious Wonder, The Venus Project

Nous allons vivre éternellement et deviendrons des cyborgs

David Orban, 50 ans, est un scientifique et visionnaire né en Hongrie. Il est professeur à la Singularity University de Californie et a fondé de nombreuses entreprises hitech y compris Network Society Ventures, un fonds d’investissement pour les start-ups. En tant que futurologue, il s’exprime sur tous les meilleurs forums mondiaux. Pour des fins expérimentales, il a eu un implant d’une puce NFC, ce qui fait de lui un cyborg.


David Orban a été interviewé par Panorama, un magazine hebdomadaire italien en avril 2016.

Nous allons vivre éternellement et deviendrons des cyborgs

Les droïdes super-intelligents vont travailler à notre place. Considérant que nous serons des ensembles de données avec la capacité de se réincarner à volonté. L’avenir selon David Orban de la Singularity University.

« Nous vivrons aux côtés de robots et droïdes qui seront plus intelligents que les humains. Pendant qu’ils travailleront à notre place, la nouvelle espèce humaine passera son temps à explorer le potentiel inconnu de l’esprit. Les gens deviendront des cyborgs, avec des capacités améliorées par la technologie. Nous serons en mesure de vivre éternellement en transférant nos cerveaux (y compris le soi sensitif (sentient Self)) dans d’autres corps et d’explorer l’espace en transmettant notre matière grise à la vitesse de la lumière comme si c’était des bits voyageant à travers l’éther. »

C’est le futur qui nous attend dans les 50 prochaines années selon David Orban, le fondateur d’un nombre incalculable de compagnies high-tech à succès, mais par-dessus tout un visionnaire et professeur à la Singularity University, une « usine » à génies et startups financées par Google, fondée en 2008 par le scientifique Ray Kurzweil et l’entrepreneur Peter Diamandis au cœur de la Silicon Valley en Californie. Orban n’est pas un auteur de science-fiction, mais un business manager à la réputation mondiale et futurologue, qui passe un tiers de son temps dans les airs pour se rendre vers les lieux des meilleures conférences technologiques. Comme il le dit lui-même, il est « un ambassadeur pour le vivre-demain dans le présent. » Panorama l’a rencontré lors d’un bref séjour à Milan pour intervenir dans le séminaire du labo sur les communications numériques. Son article s’intitulait « Le futur est  anticipé de 10 ans ».

Quand vous parlez à Orban, votre impression immédiate est que vous êtes en compagnie du Capitaine Kirk de la série télé Start Trek, juste avant une téléportation vers de nouveaux mondes depuis le vaisseau spatial Enterprise. Dès que vous lui serrez la main, il vous invite à sentir l’espace entre son index et son pouce où il s’est fait implanter une puce. « Je suis un cyborg », dit-il à Panorama. « La puce possède tous les codes dont j’ai besoin pour faire des paiements en Bitcoin, la monnaie numérique d’internet. Avec les capacités de la puce, je peux faire plein d’autres choses encore en plus de transférer de l’argent. Je peux prendre une voiture dans un système de co-voiturage, passer les tourniquets du métro ou ceux du travail. Dans le futur, je pourrais envoyer des informations à une autre personne avec le même implant, aussi facilement et rapidement qu’un ordinateur envoie aujourd’hui un e-mail en utilisant le wifi. La puce pourrait mesurer mes fonctions vitales, formuler des requêtes Google et envoyer les réponses directement à mon cerveau. » Mais la raison principale pour laquelle Orban est le premier humain à avoir un implant (son chien a aussi la même puce) est pour tester l’acceptation sociale. « Avec cet implant, je veux développer un débat avec les gens qui pensent que nous ne devrions pas être autorisés à devenir des êtres technologiquement augmentés. »

En effet, la principale préoccupation d’Orban est que le futur pourrait voir des formes de racisme technologique menant à des guerres de suprématie. « Nous allons devoir apprendre à vivre côte à côte avec une nouvelle espèce d’humanoïdes dont l’intelligence artificielle les rend plus intelligents que nous », dit-il à Panorama. « Arriverons-nous à les accepter ? Ou y aura-t-il un conflit ? Nous devons nous poser ces questions rapidement. » Orban rappelle que « les cent dernières années ont vu un plus grand progrès technologique que les mille années précédentes. Si la puissance de calcul des ordinateurs continue d’augmenter à la même vitesse, nous aurons des ordinateurs plus puissants qu’un cerveau humain dès 2025. Et d’ici 2045, avec cette croissance exponentielle, les hommes auront créé des machines pensantes avec les capacités de 10 milliards de cerveaux humains regroupés ensemble. »

Pourtant, cela ne sera pas seulement dû à l’effort humain. L’intelligence artificielle « est capable d’évoluer et de s’auto-améliorer beaucoup plus rapidement que l’intelligence humaine. » Dans la vision d’Orban, la singularité – le moment où le progrès technologique surpasse la compréhension des générations précédentes – se rapproche et se produira dans la première moitié du 21e siècle. La singularité est l’accélération simultanée de quatre technologies clés : la génétique, la nanotechnologie, la robotique et, par-dessus tout, l’intelligence artificielle. Une explosion technologique qui réécrira la parabole humaine, de « vous êtes né, vous travaillez, vous mourrez », d’après Orban, « vous êtes né, vous ne travaillez plus, et vous vivez pour toujours. »

Dans ce scénario, la main-d’œuvre se composera de machines travaillant à notre place dans des bureaux et des usines. Pendant ce temps, le contenu de notre cerveau (y compris notre personnalité) survivra à nos corps physiques. « Nous serons en mesure de transférer notre « moi » dans une mémoire, de la même façon que vous copiez un document sur une clé USB », Orban continue, « et nous serons en mesure de continuer à vivre dans un nouveau corps bionique. Nos souvenirs et nos connaissances deviendront des bits qui peuvent être transmis à travers l’éther, de sorte que nous n’aurons plus besoin de trains, d’avions ou de voitures pour voyager. Nous pourrons même supprimer des expériences négatives[1] pour ne garder que nos souvenirs heureux. Nous n’aurons pas à passer par la mort physique pour vivre une vie parallèle. Plutôt comme dans Avatar [film de James Cameron, 2009], ce sera comme allé dormir, nous pourrions fermer les yeux à Milan et se réveiller (dans un corps différent) à New-York. Ou, pourquoi pas, sur une autre planète. »

À ce moment-là, le concept même d’humanité devra être repensé. Les religions devront aussi reconsidérer leur travail pour comprendre et accepter cette nouvelle avancée évolutionnaire, où les humains seront en mesure de choisir la vie éternelle. « Le monde sera peuplé par des robots plus intelligents que les gens, par des êtres humains et par des cyborgs avec des cerveaux humains. » Fascinant ou effrayant, voici ce qui nous attend. « L’accélération exponentielle a commencé. Et elle ne peut pas être stoppée. »

Traduction Thomas Jousse

David Orban, le 24 avril 2016

Note :

[1] Une manipulation de neurones spécifiques aide à effacer les mauvais souvenirs et améliorer les bons ; Il est possible de « Supprimer » les souvenirs indésirables ; Un algorithme informatique créé pour encoder les souvenirs humains ; Les souvenirs peuvent être réécrits à l’aide de l’optogénétique.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer