Biohacking l’avenir de l’évolution humaine

Amal Graafstra, auteur du livre RFID Toys, s’est fait implanter deux puces RFID. Son intérêt pour le biohacking, la RFID et la NFC ont commencé en 2005 comme une solution simple à un problème. Il voulait un accès facile à son bureau. Il a exploré les options biométriques et s’est finalement aperçu qu’elles étaient trop chères, peu fiables, et vulnérables au vandalisme. Graafstra joue un rôle actif dans le milieu des implants RFID DIY [Do It Yourself] depuis le milieu des années 2000. Son entreprise de biohacking Dangerous Things déclare que « le biohacking est à l’avant-garde d’un nouveau type d’évolution.

 

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L’avenir de l’humanité est de diriger sa propre évolution – Interview avec Amal Graafstra

Amal Graafstra s’est fait implanter deux puces RFID, auteur du livre RFID Toys, et est un intervenant à TEDx. Son intérêt pour le biohacking, la RFID et la NFC ont commencé en 2005 comme une solution simple à un problème. Il voulait un accès facile à son bureau. Il a exploré les options biométriques et s’est finalement aperçu qu’elles étaient trop chères, peu fiables, et vulnérables au vandalisme. Graafstra joue un rôle actif dans le milieu des implants RFID DIY depuis le milieu des années 2000. Son entreprise de biohacking Dangerous Things déclare que « le biohacking est à l’avant-garde d’un nouveau type d’évolution.

Pourquoi avez-vous commencé Dangerous Things ?

En 2005, j’étais vraiment frustré par la situation avec mes clés. J’étais réellement agacé de devoir prendre toutes ces clés avec moi, cela faisait un peu potiche, je voulais que la porte me reconnaisse, je ne voulais pas utiliser de scanner d’iris ou d’empreintes digitales, j’ai jeté un œil à ces technologies, elles semblaient particulièrement robustes pour ce qui est des portes, vous avez un capteur comme celui-là, c’est assez cher, vous le mettez dehors et un enfant le frappe avec un bâton… il ne fonctionne plus.

La technologie RFID semble être la solution logique, mais vous échangez une clé métallique pour une carte en plastique, la promesse de la RFID est que vous avez une carte qui fonctionne avec toutes vos portes, mais en réalité, les fabricants de contrôle d’accès veulent construire dans la propriété de sorte que vous devez acheter chez eux les tags (balises) afin de pouvoir s’en servir pour toutes les portes, et vous finissez avec tout un tas de tags comme un trousseau de clés, ce qui est stupide. Donc, je me suis dit : vous savez quoi ? Je vais fabriquer cela moi-même et me mettre un implant. Comme ça, je n’aurai plus à me soucier de porter une carte. J’ai donc fait quelques recherches et j’ai décidé de ne pas prendre d’implant d’animaux de compagnie pour diverses raisons, j’ai ensuite trouvé le bon type de puce que je voulais, le bon verre et j’ai parlé à certains médecins qui étaient mes clients, je leur ai dit « Hey, que diriez-vous de mettre cela ici ? », et ils semblaient dire « bien sûr, pas de problème. » J’ai donc acheté les tags, et en cinq minutes c’était dedans.

C’est tout simplement ce qui s’est passé, mais en 2008/2009, une révolution de fabricants a frappé, les gens ont commencé à fabriquer leurs propres électroniques et à vraiment s’y intéresser. Les RFID sont devenus le passe-temps favori de l’électronique et beaucoup de personnes étaient intéressées par les implants et c’était trop difficile à gérer sans une structure alors j’ai commencé Dangerous Things. Nous vendons maintenant du matériel sûr et nous nous associons à des perceurs corporels professionnels pour permettre à nos clients de pouvoir se faire poser un implant de façon sécurisé.

Venez-vous d’une formation d’ingénieur ?

Non. J’aime la technologie. Je peux coder et fabriquer du hardware, mais pas très bien. Je connais un peu les affaires, mais pas beaucoup. Je suis un peu touche-à-tout.

Donc, pour cette puce, vous fournissez le matériel et d’autres personnes peuvent fournir le logiciel ?

Vous pouvez construire un mécanisme de verrouillage assez facilement ou vous pouvez en acheter un. Samsung fait une serrure de porte et un tas d’autres entreprises font des serrures de porte, mais si vous voulez entrer dans quelque chose d’un peu plus complexe comme démarrer votre voiture ou quelque chose comme ça, vous devez connaître un peu l’électronique pour modifier la voiture. Quand il s’agit de choses comme les paiements, c’est plutôt une question de partenariat et de personnes que techniques. Vous devez disposer des autorisations appropriées, de la bonne sécurité sur vos périphériques, etc. [note admin : « Ces dispositifs n’ont pas été testés ou certifiés par un organisme de réglementation pour l’implantation ou l’utilisation sur ou dans le corps humain »].

Qu’en est-il de la mission principale de l’entreprise ?

Nous n’avons pas vraiment développé un énoncé de mission de base, mais cela revient vraiment à l’idée de mettre directement votre corps à niveau directement, soit par des installations matérielles ou de bricoler avec les gènes. Ce genre de chose est vraiment la prochaine forme d’évolution, et nous croyons que l’avenir de l’humanité est de diriger sa propre évolution. L’évolution est deux choses, la mutation aléatoire et la sélection. La mutation aléatoire est mauvaise 99.99% du temps. Un bébé naît avec un défaut puis il meurt. C’est la sélection. Mais nous avons agi sur ce processus sélectif en sauvant chirurgicalement la vie du bébé. Cependant, nous n’avons pas changé le problème du mauvais gène, donc être capable de guider l’évolution d’une manière non aléatoire est vraiment intéressant ici.

Est-ce que ces dispositifs collectent des données ?

Les appareils ne sont pas connectés, le seul moment où ils sont sous tension est quand ils sont dans la gamme du lecteur. Il n’y a donc pas de données collectées. Dans le futur, quand nous aurons une cellule de stockage d’énergie sûre, nous pourrons parler de collecte de données biologiques et d’agrégation de ces données, pour faire plus de choses avec elles. Mais pour l’instant c’est plus comme un échange d’informations. Par exemple, nous avons un tag (une étiquette) avec un capteur thermique dessus, de sorte que vous pouvez obtenir la température, mais il enregistre la température seulement quand vous lui demandez.

Y a-t-il des défis sur le produit ?

Il n’y a pas de pièces mobiles, il n’y a aucune raison de penser qu’elles se briseront. Je l’ai depuis onze ans. Il y a des limites différentes, je suppose. Certains modèles ont une mémoire de dix ans de protection des données. Donc, si vous n’écrivez rien, l’appareil conservera les données pendant 10 ans, mais si vous réécrivez quelque chose, cela sera réinitialisé à ce moment-là. Il y a aussi un compteur de 100 000 cycles sur les blocs mémoires eux-mêmes afin que vous puissiez écrire dans cette mémoire 100 000 fois. Donc, même si vous écrivez une fois par jour, chaque jour, cela vous donnera environ 27.9 ans.

Selon vous, quels sont nos plus grands problèmes numériques ?

Nous avons un problème en ce moment. Nos identités numériques deviennent de plus en plus précieuses, beaucoup plus précieuses que nos identités biologiques. Vous ne pouvez pas aller à la banque et accéder à votre compte sans un système d’identification pour vous identifier. Votre corps n’est pas suffisant. Donc, être en mesure de lier les identités en ligne et hors ligne est un gros problème qui deviendra plus grand étant donné que nous comptons de plus en plus sur les communications en ligne. C’est l’un des principaux axes de développement de ces dispositifs.

Voyez-vous cette technologie comme une force destructrice aussi bien que constructive ?

Les gens sont des êtres étranges, il y aura donc le chaos dans toute sorte d’initiative. Mon espoir est de pouvoir prouver sans équivoque que votre identité dans les interactions numériques et en ligne va seulement être bénéfique. Si vous regardez dans le passé à travers l’histoire, vous constatez que tout type de changement effraie et fait peur aux gens. Donc, il y a toujours une période d’acceptation, c’était tout aussi vrai pour les pacemakers.

Les premiers pacemakers ont été condamnés comme l’œuvre du diable. Et lentement, les gens ont commencé à les accepter, par la compréhension de ce qu’ils font et pourquoi ils sont importants. C’est plus facile pour les technologies médicales d’obtenir l’acceptation parce qu’elles aident d’une manière qui semble être critique et urgente. Je pense qu’une fois que nous aurons une cellule de source d’énergie sûre, alors nous pourrons commencer à faire toutes sortes de dispositifs assez fous. Les gens ont voulu des appareils bioélectriques pour surveiller le mouvement musculaire, par exemple pour activer une prothèse, mais obtenir une bonne lecture sensorielle depuis l’extérieur de la peau est très difficile. Cependant, avoir un dispositif implanté capable d’écouter le mouvement musculaire est très intéressant. Ce n’est qu’un exemple. Il y aura des dispositifs médicaux et non médicaux, par exemple, un dispositif qui permet d’effectuer des contrôles gestuels. C’est ce genre de capacité que nous allons voir grâce aux dispositifs de biohacking (biologie participative).

Quels genres de changements voyez-vous pour le biohacking dans le futur ?

Encore une fois, une fois que nous aurons une cellule de puissance active, nous serons capables d’avoir des dispositifs qui sont alimentés dans le corps, puis la collecte de données devient possible et contribuant à un grand flux de données va être l’une de ces possibilités. Les technologies portables sont intéressantes, mais un wearable est un fardeau à gérer. Ils sont incohérents dans la collecte de données parce que les gens ne les portent pas tout le temps. Donc, être en mesure d’établir une routine de connexion de données par un dispositif d’implant toujours à l’écoute et toujours en train d’enregistrer a des possibilités plus intéressantes pour le big data.

Traduction Thomas Jousse

Dataconomy

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Des puces et des hommes

Lorsque l’identité numérique devient personnelle … vraiment personnelle.

VivoKey (anciennement UKI) est une plate-forme NFC implantable pour les applications d’identité, de sécurité, de cryptographie et de paiement. Lire l’article sur DailyMail : Rencontrez Amal, le cyborg qui a implanté des puces sous sa peau pour acquérir des capacités super-humaines.

Des puces et des hommes

L’homme amélioré par la technologie, c’est maintenant. En Suisse, des bio-hackers vivent avec une puce dans la main. Nouvo les a rencontré à « implant party » organisée pendant le LUFF à Lausanne au mois d’octobre.
Un reportage de l’émission Nouvo, une émission de la Radio Télévision Suisse, vendredi 18 novembre 2016.

Une femme a des micropuces implantées dans chacune de ses mains

Une australienne de 27 ans, Shanti Korporaal, futuriste et entrepreneur (a créé sa propre boutique en ligne ChipMyLife), c’est implantée des micropuces dans chacune de ses mains (micropuce RFID – technologie NFC) pour déverrouiller des portes, régler ses achats, sans sortir son portefeuille, son trousseau de clé ou même son smartphone… lire l’article sur BFMTV.

“Ces dispositifs n’ont pas été testés ou certifiés par un organisme de réglementation pour l’implantation ou l’utilisation sur ou dans le corps humain”.

En juin dernier, un député demandait au gouvernement d’interdire purement et simplement la pose de puces NFC sous la peau au travers d’une question écrite parue au Journal officiel, faisant suite à une  « implant party » qui a eu lieu le 13 juin 2015, dans le cadre du festival Futur en Seine 2015, sur le plateau média de la Gaîté lyrique.

Thanks to the RFID chip embedded in one hand, Korporaal can unlock her office’s garage with a back-handed bump to a scanner as she zips into work on her Vespa. On the other hand in the same spot, the fleshy space between her thumb and forefinger, sits a near-field communication chip that stores her health and contact data. She can feel a chip’s hard lump if she probes with a finger; otherwise, she’s used to them by now… lire l’article sur The Washington Post

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CBS Pittsburgh : Des gens s’implantent des puces électroniques sous la peau

CBS Pittsburgh — les implants micropuces sont un moyen populaire pour garder une trace des animaux de compagnie, mais maintenant, certaines personnes s’implantent dans l’espoir d’améliorer leur qualité de vie.

Les puces électroniques peuvent aider à déverrouiller les portes ou à vous connecter à un téléphone cellulaire.

Tim Shank l’utilise pour ouvrir sa porte d’entrée et pour manipuler son smartphone. « Il éteint ma sonnerie, » a déclaré Shank.

Krissy Heishman utilise la sienne au lieu d’un badge au travail. « C’est comme une petite perle de verre de la taille d’un petit grain de riz, » a déclaré Heishman.

Ils font partie du nombre croissant de personnes à implanter la technologie sous leur peau.

« Nous avons besoin de nous débarrasser des accessoires. Nous ne voulons pas porter des appareils ; Nous voulons les appareils construits en nous » a déclaré Zoltan Istvan, qui appartient au parti transhumaniste. Le mouvement cherche à améliorer radicalement les humains par les implants numériques et les manipulations génétiques. Mais au lieu d’un cabinet médical, beaucoup de gens se tournent vers les magasins de tatouage et de piercing pour obtenir leurs dispositifs implantés.


Implants, puces et transhumainsFrance Info : Les implants NFC arrive en France


Ryan Mills, de Skin Art Gallery, a déclaré : « Nous faisons la procédure du début à la fin, tout comme nous le ferions pour une boucle d’oreille, un anneau dans le nez ou le nombril. C’est juste un petit morceau de verre. »

L’entreprise en ligne, Dangerous Things, vend l’appareil et le kit d’injection pour 57 $.

Mais ils ne sont pas seul, une société de San Francisco développe des tatouages numériques implantables minuscules. Ils authentifient les cartes de crédit, suivent votre position, et recueillent même des données sur la santé.

Mais la prochaine grande chose fait présenter un problème technique séculaire. « J’ai une ancienne puce maintenant. J’ai besoin d’obtenir la mise à niveau », a déclaré Zoltan.

Être constamment obligé de mettre à niveau la technologie implantée peut faire beaucoup de mal en plus du porte-monnaie. Ces dispositifs viennent avec d’autres risques. En plus de l’infection, la technologie implantable soulève une certaine intimité et des préoccupations de piratage.

→ Même info sur CBS San Francisco

 

Nous allons vivre éternellement et deviendrons des cyborgs

David Orban, 50 ans, est un scientifique et visionnaire né en Hongrie. Il est professeur à la Singularity University de Californie et a fondé de nombreuses entreprises hitech y compris Network Society Ventures, un fonds d’investissement pour les start-ups. En tant que futurologue, il s’exprime sur tous les meilleurs forums mondiaux. Pour des fins expérimentales, il a eu un implant d’une puce NFC, ce qui fait de lui un cyborg.


David Orban a été interviewé par Panorama, un magazine hebdomadaire italien en avril 2016.

Nous allons vivre éternellement et deviendrons des cyborgs

Les droïdes super-intelligents vont travailler à notre place. Considérant que nous serons des ensembles de données avec la capacité de se réincarner à volonté. L’avenir selon David Orban de la Singularity University.

« Nous vivrons aux côtés de robots et droïdes qui seront plus intelligents que les humains. Pendant qu’ils travailleront à notre place, la nouvelle espèce humaine passera son temps à explorer le potentiel inconnu de l’esprit. Les gens deviendront des cyborgs, avec des capacités améliorées par la technologie. Nous serons en mesure de vivre éternellement en transférant nos cerveaux (y compris le soi sensitif (sentient Self)) dans d’autres corps et d’explorer l’espace en transmettant notre matière grise à la vitesse de la lumière comme si c’était des bits voyageant à travers l’éther. »

C’est le futur qui nous attend dans les 50 prochaines années selon David Orban, le fondateur d’un nombre incalculable de compagnies high-tech à succès, mais par-dessus tout un visionnaire et professeur à la Singularity University, une « usine » à génies et startups financées par Google, fondée en 2008 par le scientifique Ray Kurzweil et l’entrepreneur Peter Diamandis au cœur de la Silicon Valley en Californie. Orban n’est pas un auteur de science-fiction, mais un business manager à la réputation mondiale et futurologue, qui passe un tiers de son temps dans les airs pour se rendre vers les lieux des meilleures conférences technologiques. Comme il le dit lui-même, il est « un ambassadeur pour le vivre-demain dans le présent. » Panorama l’a rencontré lors d’un bref séjour à Milan pour intervenir dans le séminaire du labo sur les communications numériques. Son article s’intitulait « Le futur est  anticipé de 10 ans ».

Quand vous parlez à Orban, votre impression immédiate est que vous êtes en compagnie du Capitaine Kirk de la série télé Start Trek, juste avant une téléportation vers de nouveaux mondes depuis le vaisseau spatial Enterprise. Dès que vous lui serrez la main, il vous invite à sentir l’espace entre son index et son pouce où il s’est fait implanter une puce. « Je suis un cyborg », dit-il à Panorama. « La puce possède tous les codes dont j’ai besoin pour faire des paiements en Bitcoin, la monnaie numérique d’internet. Avec les capacités de la puce, je peux faire plein d’autres choses encore en plus de transférer de l’argent. Je peux prendre une voiture dans un système de co-voiturage, passer les tourniquets du métro ou ceux du travail. Dans le futur, je pourrais envoyer des informations à une autre personne avec le même implant, aussi facilement et rapidement qu’un ordinateur envoie aujourd’hui un e-mail en utilisant le wifi. La puce pourrait mesurer mes fonctions vitales, formuler des requêtes Google et envoyer les réponses directement à mon cerveau. » Mais la raison principale pour laquelle Orban est le premier humain à avoir un implant (son chien a aussi la même puce) est pour tester l’acceptation sociale. « Avec cet implant, je veux développer un débat avec les gens qui pensent que nous ne devrions pas être autorisés à devenir des êtres technologiquement augmentés. »

En effet, la principale préoccupation d’Orban est que le futur pourrait voir des formes de racisme technologique menant à des guerres de suprématie. « Nous allons devoir apprendre à vivre côte à côte avec une nouvelle espèce d’humanoïdes dont l’intelligence artificielle les rend plus intelligents que nous », dit-il à Panorama. « Arriverons-nous à les accepter ? Ou y aura-t-il un conflit ? Nous devons nous poser ces questions rapidement. » Orban rappelle que « les cent dernières années ont vu un plus grand progrès technologique que les mille années précédentes. Si la puissance de calcul des ordinateurs continue d’augmenter à la même vitesse, nous aurons des ordinateurs plus puissants qu’un cerveau humain dès 2025. Et d’ici 2045, avec cette croissance exponentielle, les hommes auront créé des machines pensantes avec les capacités de 10 milliards de cerveaux humains regroupés ensemble. »

Pourtant, cela ne sera pas seulement dû à l’effort humain. L’intelligence artificielle « est capable d’évoluer et de s’auto-améliorer beaucoup plus rapidement que l’intelligence humaine. » Dans la vision d’Orban, la singularité – le moment où le progrès technologique surpasse la compréhension des générations précédentes – se rapproche et se produira dans la première moitié du 21e siècle. La singularité est l’accélération simultanée de quatre technologies clés : la génétique, la nanotechnologie, la robotique et, par-dessus tout, l’intelligence artificielle. Une explosion technologique qui réécrira la parabole humaine, de « vous êtes né, vous travaillez, vous mourrez », d’après Orban, « vous êtes né, vous ne travaillez plus, et vous vivez pour toujours. »

Dans ce scénario, la main-d’œuvre se composera de machines travaillant à notre place dans des bureaux et des usines. Pendant ce temps, le contenu de notre cerveau (y compris notre personnalité) survivra à nos corps physiques. « Nous serons en mesure de transférer notre « moi » dans une mémoire, de la même façon que vous copiez un document sur une clé USB », Orban continue, « et nous serons en mesure de continuer à vivre dans un nouveau corps bionique. Nos souvenirs et nos connaissances deviendront des bits qui peuvent être transmis à travers l’éther, de sorte que nous n’aurons plus besoin de trains, d’avions ou de voitures pour voyager. Nous pourrons même supprimer des expériences négatives[1] pour ne garder que nos souvenirs heureux. Nous n’aurons pas à passer par la mort physique pour vivre une vie parallèle. Plutôt comme dans Avatar [film de James Cameron, 2009], ce sera comme allé dormir, nous pourrions fermer les yeux à Milan et se réveiller (dans un corps différent) à New-York. Ou, pourquoi pas, sur une autre planète. »

À ce moment-là, le concept même d’humanité devra être repensé. Les religions devront aussi reconsidérer leur travail pour comprendre et accepter cette nouvelle avancée évolutionnaire, où les humains seront en mesure de choisir la vie éternelle. « Le monde sera peuplé par des robots plus intelligents que les gens, par des êtres humains et par des cyborgs avec des cerveaux humains. » Fascinant ou effrayant, voici ce qui nous attend. « L’accélération exponentielle a commencé. Et elle ne peut pas être stoppée. »

Traduction Thomas Jousse

David Orban, le 24 avril 2016

Note :

[1] Une manipulation de neurones spécifiques aide à effacer les mauvais souvenirs et améliorer les bons ; Il est possible de « Supprimer » les souvenirs indésirables ; Un algorithme informatique créé pour encoder les souvenirs humains ; Les souvenirs peuvent être réécrits à l’aide de l’optogénétique.

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Expérience de Bitcoin avec une puce NFC : une clé privée implantée

Devenir un cyborg

Quand j’ai implanté une puce NFC [Near Field Communication : Communication en Champ Proche] dans ma main gauche, il y a environ deux mois de cela à la Singularity University Summit Europe à Amsterdam, j’ai suivi la tradition de notre espèce qui décida cent mille ans ou plus auparavant de devenir un cyborg. La puce NFC, vendue au travers du si bien nommé site web Dangerous Things, est incorporée dans un flacon de verre et est injectée sous la peau entre le pouce et l’index, déposée en toute sécurité dans une grande quantité de tissus absorbant les chocs. L’opération, réalisée par Tom Hannes de Piercing Utrecht, était rapide, et peu douloureuse.

La technologie a été depuis longtemps aux côtés des humains. Non seulement l’agriculture qui a accéléré l’évolution de notre civilisation en arrêtant notre train de vie de chasseurs-cueilleurs nomades il y a dix mille ans de cela. Mais l’utilisation du feu, qui nous a fourni un processus basé sur la technologie de digestion externe à notre estomac, nous a permis de passer moins de temps à absorber une énergie plus utile pour alimenter nos cerveaux affamés.

Quand les gens parlent de leurs derniers téléphones, ou de leurs objets portables, j’ai l’opportunité de leur parler de l’implant. Le moment le plus choquant arrive quand ils touchent ma main, et qu’ils peuvent réellement sentir la puce de la taille d’un grain de riz sous ma peau. La plupart des gens sont physiquement révoltés par celle-ci, et ils sont tous assez étonnés.

Le premier objectif dans l’obtention d’un implant, qui est aujourd’hui porté par un nombre restreint de personnes est obtenu de la sorte : ouvrir la conversation à propos de ces technologies et briser la barrière sociale pour leur adoption.

Nous avons été habitués aux implants de restauration depuis plus de cinquante ans, depuis les premiers pacemakers, et personne ne songerait à dire que quelqu’un devrait plutôt mourir qu’en obtenir un. D’autre part, les interventions augmentatives semblent être plus controversées, et les gens font souvent référence à l’équité, et au nivellement des opportunités, quand ils sont confrontés à la possibilité que d’autres parmi leurs pairs pourraient miser sur des augmentations physiques et cognitives pour atteindre leurs objectifs personnels ou professionnels.

Heureusement, nous avons été en mesure d’arriver à des conclusions positives dans ces dialogues par le passé. Oui, nous avons des lunettes pour rétablir notre vision si nous avons des troubles de la vue, mais nous avons aussi des jumelles et des télescopes qui augmentent considérablement la distance et l’acuité de notre vision améliorée.

Une autre raison de se faire implanter pour moi était de faire une expérience de première main avec la technologie en général, et avec les implants NFC en particulier. Une différence importante avec les précédentes puces RFID [Radio Frequency Identification : Radio-identification] est que celles qui avaient un numéro de série à l’intérieur, ne pouvait pas être changé, alors que la puce NFC peut contenir d’autres informations dans sa mémoire, elle est éditable (accessible en écriture, programmable), et peut être utilisée pour différentes applications : l’identification, le contrôle d’accès, et les transactions sont quelques-unes des utilisations qui sont déjà possibles aujourd’hui.

Actuellement, je garde les clés privées de mon portefeuille Bitcoin dans la puce, comme un exemple d’application.

Quelle est la meilleure façon de gérer ses portefeuilles Bitcoin ? Nous ne le savons pas encore, étant donné que tous les réflexes que nous avons envers l’argent traditionnel ne s’appliquent pas, et les nouveaux ne se sont pas encore développés. Voilà pourquoi expérimenter les différentes façons d’utiliser les portefeuilles, et ajuster dynamiquement la balance entre le confort et la sécurité est important.

Exporter la clé privée d’un portefeuille Blockchain, « 5KTVg5… », écrit sur l’implant, puis restaurer le portefeuille depuis la clé privée, sont les étapes fastidieuses actuelles qui certainement deviendront plus faciles avec un meilleur logiciel de support et des expériences plus fluides.

Ce n’est qu’une des utilisations de l’implant qui n’est pas encore approuvé pour une utilisation humaine aujourd’hui, et très peu de personnes en possèdent. Mais ceux qui sont prêts à expérimenter, sont pionniers pour des milliards d’autres qui suivront avec des applications qui seront la conception des contours de l’avenir.

Traduction Thomas Jousse

David Orban, 2 janvier 2015

David Orban, 50 ans, est un scientifique et visionnaire né en Hongrie. Il est professeur à la Singularity University de Californie et a fondé de nombreuses entreprises hi-tech y compris Network Society Ventures, un fonds d’investissement pour les start-ups. En tant que futurologue, il s’exprime sur tous les meilleurs forums mondiaux. Pour des fins expérimentales, il s’est fait implanter une puce NFC, ce qui fait de lui un cyborg.