Transhumanisme : Adam Savage interviewe Natasha Vita-More

Natasha Vita-More explique ce que le transhumanisme signifie pour les humains ordinaires, comment cela va influencer l’évolution de l’humanité, et à quel point nous sommes proches de télécharger notre cerveau dans des bases de données, assurant notre immortalité.

Immortalité, dernière frontière – ARTE

Aubrey de Grey & Ray Kurzweil la mort sera bientôt conquise

Conférence : Amélioration de l’homme par la technologie ?

La conférence sera animée par Vincent Guérin. L’objet de cette soirée est de sonder les origines du transhumanisme, explorer les discours de ses représentants, analyser ses concepts, ses incarnations, ses résonances, afin de donner du sens à cette idéologie et observer la manière dont elle exprime notre temps.

date : 15 juin 2017, 18h30
à : IN’TECH Sud-Ouest, Amphithéâtre de l’ENAP, 440 avenue Michel Serres, 47000 Agen.

Renseignements complémentaires : m.bru@intech-so.fr

« Réinventer le rêve américain » : Le parti transhumaniste

Publié in Marianne Celka, Matthijs Gardenier, Éric Gondard et Bertrand Vidal (éd.), Utopies, dystopies et uchronies, RUSCA, revue électronique de sciences humaines et sociales, n° 9, 2016/2, p. 16-24.

« Vote for Zoltan if you want to live forever »

Digitaliser le cerveau, télécharger la conscience dans un ordinateur, le cloud computing, naître d’un utérus artificiel, créer des bébés sur mesure, vivre indéfiniment et en bonne santé : science-fiction ? Pas pour Zoltan Istvan, candidat à l’élection présidentielle aux États-Unis.

Zoltan Istvan est transhumaniste, un courant de pensée qui prône l’affranchissement des limites physiques, cognitives et émotionnelles humaines par les technosciences et une prise en main de l’évolution naturelle jugée imparfaite1. En 2014, il a fondé le parti transhumaniste américain. Depuis, il s’est lancé dans la campagne présidentielle. En décembre dernier, après trois mois de voyage à travers les États-Unis à bord du « bus de l’immortalité » (en forme de cercueil), il a déposé symboliquement une Bill of Rights au Capitol, à Washington, revendiquant entre autres, pour les humains mais aussi les intelligences artificielles « sensibles » et les cyborgs, que des recherches soient effectuées afin de favoriser l’extension de la longévité en bonne santé2.

L’objet de ce texte est d’observer un désir d’insuffler, donner du sens, à une perfectivité technoscientifique radicale, un « nulle part3 » en quête de légitimité.

Qui est Zoltan Istvan ?

Zoltan Istvan est né aux États-Unis en 1973 de parents ayant fui la Hongrie et le régime communiste4. Il étudié la philosophie et la religion à Colombia University de New York5. C’est lors d’un cours qu’il découvre la cryonie : c’est une révélation6.

À 21 ans, il embarque sur un bateau avec 500 livres et entreprend un voyage transocéanique de plusieurs années. Devenu reporter, il publie pour The New York Times Syndicate, National Geographic.com, Sunday San Francisco Chronique, etc7. Il sera ensuite recruté par National Geographic Channel. En 1999, il couvre la guerre du Cachemire opposant l’Inde et le Pakistan et réalise Pawns of paradise : inside the brutal Kachmir Conflit, un documentaire qui sera récompensé par plusieurs prix. Athlète de l’extrême, il inaugure une pratique sportive pour le moins originale : la planche sur volcan8.

En 2004, alors qu’il accompagne des « chasseurs de bombes » américains au Vietnam, directement exposé à la mort, il revient avec deux convictions : vivre le plus longtemps possible et pour cela consacrer sa vie à promouvoir le combat contre la mort9.

En 2013, il publie The transhumanist Wager (Le pari transhumaniste), un roman de science-fiction. L’action se situe aux États-Unis dans un futur proche. Alors que des changements technologiques radicaux sont en cours dans l’intelligence artificielle, l’ingénierie génétique, la cryonie, etc., les transhumanistes font l’objet d’attaques de la part de politiciens, de religieux chrétiens, des scientifiques sont assassinés. Dans ce contexte, Jethro Knights, son personnage principal, défend une philosophie radicale qu’il nomme Teleological Egocentric Functionalism, qui consiste à promouvoir l’augmentation et l’immortalité.

Pour Zoltan Istvan, il s’agit d’explorer ce que nous serions prêts à faire pour vivre indéfiniment10. En partie autobiographique : Jethro Knights est étudiant en philosophie, il a traversé les Océans, couvert le conflit du Cachemire, fait de la planche sur les volcans et oeuvre pour le magazine International Geographic. Récusant la posture radicale, violente, de son personnage, Zoltan Istvan évoque la fiction.

Le parti transhumaniste américain

En octobre 2014, il passe à l’action et fonde le parti transhumaniste américain11. Jusqu’alors les éventuels sympathisants, souvent ingénieurs, scientifiques, étaient peu versés dans la politique12. Simultanément il crée, avec l’Anglais Amon Twyman, le Party Transhumanism Global qui vise à favoriser le développement et la coopération entre les différents partis transhumanistes émergeants13.

La naissance de ce parti est une nouvelle étape dans l’histoire du transhumanisme. Si le terme est né sous la plume du biologiste Julian Huxley (frère d’Aldous) en 192714, c’est seulement dans les années 1980 qu’il prend son sens contemporain. Longtemps diffuse, cette constellation s’incarne en 1998 avec le World Transhumanist Association, une organisation créée par les philosophes David Pearce et Nick Boström qui a pour but non seulement de donner corps au transhumanisme, mais aussi du crédit à ses idées afin de générer des recherches académiques15.

L’objectif de Zoltan Istvan est d’unifier politiquement le transhumanisme, lui donner une voix16. Le parti est affilié à un think tank : Zero State/Institute for Social Futurism. L’expression Social Futurism, forgée par Amon Twyman est synonyme de techno-progressisme. Apparenté à la gauche libérale, se présentant comme une alternative aux libertariens, il a pour slogan « positif social change throught technology ». Le Social Futurism, qui associe socialisme et technologie, a pour objectif de faire converger justice sociale et transformation radicale de la société par la technologie17. Dans la nébuleuse transhumaniste, les technoprogressistes tranchent par leur volonté de favoriser des changements devant bénéficier à tous18.

En octobre 2014, Zoltan Istvan s’est ouvertement déclaré candidat à la présidence des États-Unis. À cette fin, il s’est entouré des célébrités anciennes et montantes du transhumanisme. Le « biogérontologue » anglais Aubrey de Grey et la jeune biophysicienne Maria Konovalenko, cofondatrice en Russie du Parti de la longévité, sont ses conseillers anti-âges. Natasha Vita-More, figure mythique du transhumanisme, est sa conseillère transhumanisme, Jose Luis Cordeira, membre de la Singularity University, est son conseiller technique. Gabriel Rothblatt, qui a concouru comme démocrate pour un siège au Congrès en 2014, est son conseiller politique19.

Il évalue ses supporters, regroupant ingénieurs, scientifiques, futuristes et techno-optimistes à 25 00020. Initialement constitué surtout d’hommes blancs, situés académiquement, le mouvement serait en train de se diversifier, avec de jeunes hommes et femmes, d’horizons géographiques, politiques et professionnels divers. Certains seraient LGBT, d’autres handicapées, beaucoup athées21.

L’objectif de la campagne est de toucher ces trois groupes spécifiques : les athées, les LGBT et la communauté handicapée, soit environ 30 millions de personnes aux États-Unis22.

Lucide, il considère ses chances de remporter l’élection proche de 0. Ses ambitions sont toutes autres : faire croître le parti, promouvoir des idées politiques qui unissent les nations dans une vision techno-optimiste, favoriser des désirs illimités23. Avec une population américaine à 75 % chrétienne et alors que 100 % du Congrès est religieux, il estime que son plus grand obstacle est son athéisme24.

En octobre dernier, Amon Twyman apportait une autre limite à l’ambition politique de Zoltan Istvan en réaffirmant la pluralité du transhumanisme. Selon lui, la force du parti réside dans sa diversité. Les idées de Zoltan Istvan, perçues comme libertariennes25 et potentiellement schismatiques, risquent d’affaiblir le transhumanisme. Tout en reconnaissant le bien fondé de son action, Amon Twyman considère qu’un discours centré sur la longévité fait oublier les autres aspects du transhumanisme et se heurte au techno-progressivisme26. Confrontée au réel, l’utopie s’affaiblit.

« Réinventer le rêve américain »

Trois thèmes dominent la campagne : la superintelligence artificielle, le devenir cyborg et le dépassement de la culture mortifère.

Zoltan Istvan défend l’idée que dans 30 ans le président des États-Unis pourrait être une intelligence artificielle27. Considérée comme peu influençable par un lobby, une intelligence artificielle agirait, « de manière altruiste », pour le bien de la société. Mais un dysfonctionnement, une prise de contrôle par une autorité malveillante, un devenir « égocentré » de la machine seraient les faiblesses de cette prospective28. Cette idée fait écho aux préoccupations « académiques » de deux transhumanistes : Eliezer Yudkowsky du Machine Intelligence Research Institute et Nick Boström (Université d’Oxford), directeur de l’Institut for Future of Humanity. Ces derniers sont inquiets des risques anthropiques liés, entre autres, à l’émergence possible d’une superintelligence inamicale29. Zoltan Istvan occulte ce danger en postulant que les transhumanistes n’ont pas pour ambition de laisser les machines agir à leur guise. Proche du discours techno-optimiste libertarien de Ray Kurzweil et Peter Diamandis, dans une vision plutôt adaptative qu’émancipatoire30, la fusion avec la machine, le devenir cyborg, permettra selon lui de réduire le risque31. La faiblesse de l’argumentaire éthico-politique est ici frappante.

Techno-évolutionniste, se positionnant ouvertement au-delà de l’humain, il souhaite améliorer le corps humain par la science et la technologie, faire mieux et plus rapidement que la sélection naturelle. Zoltan Istvan se dit porteur d’une « nouvelle façon de penser », un nouveau territoire pour l’espèce humaine32. Qualifiant d’anti-progrès, d’anti-innovation le moratoire sur l’ingénierie génétique, il souhaite que les recherches se poursuivent dans un cadre éthiquement borné ; l’enjeu : vivre mieux. Il défend l’idée qu’avec cette ingénierie les maladies du cœur, les cancers, les hérédités pathogènes seront éliminées. Dans une approche résolument eugéniste, il serait donné aux parents le choix de leur enfant : couleur des cheveux, taille, genre, aptitudes athlétiques et cognitives. Récusant les critiques, il les estime infondées et fruits de la religion. La crainte de créer une race non-humaine, des êtres monstrueux, est, selon lui, surestimée et habitée par un imaginaire hollywoodien. À cela, il oppose la création d’une population libérée de la maladie. Ici techno-progressiste, il évoque le risque que seuls les riches pourraient se le permettre33. Au-delà du devenir cyborg, c’est la mort qui est visée.

Un des obstacles majeurs à la croissance du transhumanisme résiderait, selon Zoltan Istvan dans la culture mortifère (deathist culture). 85 % de la population mondiale croit à la vie après la mort et au moins 4 milliards d’habitants considèrent le dépassement de celle-ci par la technologie comme un blasphème. Beaucoup de gens souscrivent à une culture qui suit les principes de La Bible : mourir et aller au paradis34. Partant du constat que 150 000 personnes meurent chaque jour, pour la plupart de vieillesse et de maladie, il suggère deux voies « prometteuses » pour réduire cette mortalité : la digitalisation du cerveau et le téléchargement de l’esprit ainsi que l’inversion du processus de vieillissement développé par Aubrey de Grey35. Les millions de dollars investis dans la recherche anti-âge et la longévité grâce notamment par Google et le projet Calico, Human LLC et Insilico, le rendent optimiste. Mieux encore, l’idée de faire une fortune autour de l’immortalité ferait son chemin36. Matérialiste, comme Aubrey de Grey, il perçoit le corps comme une voiture que l’on peut réparer37. Il ne s’agit pas de vivre éternellement mais plutôt de choisir de mourir ou non. C’est une transcendance opératoire, un ici et maintenant, qu’il propose38.

Récemment, Zoltan Istvan a fait scandale en évoquant le contrôle des naissances. Dans la perspective d’une conquête de la mort, il s’interroge : « Devra-t-on encore permettre à n’importe qui d’avoir autant d’enfants qu’il souhaite ? » Il imagine un permis, accordé suite à une série de tests, qui permettrait l’accès à la procréation et la possibilité d’élever des enfants. En seraient exclus les sans domicile fixe, les criminels et les drogués. Mobilisant, tout à tour, l’argument humanitaire – donner une meilleure vie aux enfants –, environmental, démographique, féministe – les enfants qui nuisent à la carrière professionnelle –, il conclut qu’il ne s’agit pas de restreindre la liberté mais de maximiser les ressources pour les enfants présents et à venir39. Ces propos tenus dans la revue libertarienne Wired co.uk, lui ont valu l’ire d’une presse40 qu’il qualifie de « conservatrice ». Il aurait même reçu des menaces de mort41.

Conclusion

Le transhumanisme sort de sa sphère techno-scientifique et philosophique, il s’aventure maintenant sur le terrain politique, éprouve ses forces. Sans surprise, cette irruption dans le réel attise le conflit entre les bioconservateurs et les bioprogressistes. Plus intéressant, cette campagne électorale révèle un obstacle encore largement invisible : la colonisation politique de l’utopie, qui s’incarne dans les tensions entre les libertariens et les technoprogressistes.

Si les résultats de l’élection seront sans surprise pour Zoltan Istvan, le « pari » de faire connaître le transhumanisme à une large audience est d’ores et déjà remporté, quant à l’idée d’unifier les forces potentielles en présence : nous le verrons lors de l’élection.

Cette candidature doit attirer notre attention sur les mutations technologiques radicales en cours, leurs ressorts et motivations. Plus encore, c’est une invitation cruciale à penser les implications politiques et sociales et la nécessité d’anticiper les arbitrages et risques associés.

Notes :

1 MORE M. & VITA-MORE N., The transhumanist reader, Hoboken, John Wiley & Sons, 2013 ; BOSTROM, N., « A history of transhumanist Though », Journal of Evolution & Technology, 14, 1, 2005.
2 ISTVAN Z., « Immortality Bus delivers Transhumanist Bill of Rights to US Capitol », IBT, 21 décembre 2015.
3 RICOEUR P., L’idéologie et l’utopie, Paris, Seuil, 1997, p. 37.
4 LESNES C., « Zoltan Istvan, le candidat de la vie éternelle », Le Monde, 14 septembre 2015.
5 RAJ A., « The transhumanist who would be president », Reform, 6 mars 2014.
6 NUSCHKE M., « Fireside Chat with Zoltan Istvan – Author of ‘The Transhumanist Wager’ », Retirement singularity, 4 mai 2014.
7 Site de Zoltan Istvan.
8 ISTVAN Z., « EXTREME SPORTS / Really Good Pumice, Dude! / Volcano boarding: Russian roulette on a snowboard », Sfgate, 8 décembre, 2002.
9 ISTVAN Z., « Forget Donald Trump. Meet Zoltan Istvan, the only presidential candidate promising eternal life », Vox, 8 septembre 2015.
10 Idem.
12 RAJ A., « The transhumanist who would be president », Op. Cit.
14 HUXLEY J., Religion without revelation, Santa Barbara, Greenwood Press, 1979 (1927).
15 BOSTROM, N., « A history of transhumanist Though », Op. Cit.
16 ISTVAN Z., « An interview with Zoltan Istvan, founder of the transhumanist party and 2016 U.S. presidential candidate », Litost Publishing Collective, 23 novembre 2014.
17 Institute for social futurism, Op. Cit.
18 TREDER M., « Technoprogressives and transhumanists : What’s the difference ? », IEET, 25 juin 2009.
19 ISTVAN Z., « Why I’m running for president as the transhumanist candidat », GIZMODO, 5 juillet 2015.
20 Idem.
21 ISTVAN Z., « A new generation of transhumanists is emerging », Huffpost, 3 octobre 2014.
22 ISTVAN Z., « Why I’m running for president as the transhumanist candidat », Op. Cit.
23 Idem.
24 Idem.
25 BENEDIKTER R et al., « Zoltan Istvan’s ‘Teleological Egocentric Functionalism’: A approach to viable politics ? », Op. Cit.
26 TWYMAN A., « Zoltan Istvan does not speak for the Transhumanist Party », Transhumanity.net, 12 octobre 2015.
27 HENDRICKON J., « Can this man and his massive robot network save America », Esquire predicts, 19 mai 2005.
28 Idem.
29 Cf. Superintelligence, Paths, Dangers, Strategies de Nick Bostrom (oup, 2014).
30 DEVELEC LE N., « De l’humanisme au post-humanisme : mutations de la perfectibilité humaine », Revue MAUSS, 21 décembre 2008.
31 ISTVAN Z., « The morality of artificial intelligence and the three laws of transhumanism », Huffpost, 2 février 2014.
32 ISTVAN Z., « The culture of transhumanism is about self-improvement », Huffpost, 4 septembre 2015.
33 ISTVAN Z., « Transhumanist party scientists frown on talk of engineering moratorium », Huffpost, 5 avril 2015.
34 ISTVAN Z., « Why I’m running for president as the transhumanist candidat », Op. Cit.
35 ISTVAN Z., « Transhumanism is booming and big business is noticing », Huffpost, 17 juillet 2015.
36 Idem.
37 GREY A. de avec RAE M., Ending Aging. The Rejuvenation Breakthrought That could Reverse Human Aging in Our Lifetime, NY, St Martin Griffin, 2007, p. 326.
38 ISTVAN Z., « Can transhumanism overcome a widespread deathist Culture ? », Huffpost, 26 mai 2015.
39 ISTVAN Z., « It’s time to consider restricting human breeding », Wired. co.uk, 14 août 2014.
40 McCLAREY D., « Hitler : “Born Before this time” », The American Catholic, 21 août 2014 ; SMITH WESLEY J., « Tranhumanism’s Eugenics Authoritarianism », Evolution. News.net, 15 août 2014.
41 ISTVAN Z., « Death, threats, freedom, Transhumanism, and the future », Huffpost, 25 août 2014.

Pourquoi reste-t-il encore de la place pour la spiritualité dans le transhumanisme

Max More dit que les transhumanistes peuvent garder tous les bénéfices de la religion, en finir avec certains de ses inconvénients et abandonner le surnaturel

Les anciens dieux ne sont plus de ce monde, remplacés par des smartphones, des écrans tactiles et des médias sociaux. Ce sont les nouveaux dieux, ceux pour lesquels nous nous inclinons. Plutôt que de croire en une réalité supérieure, celle dans laquelle les déités jugent discrètement, nous avons créé une réalité alternative dans laquelle des divinités auto-érigées jugent subtilement chacune de nos actions. Au lieu du paradis ou de l’enfer, nous recevons des publicités ou le Commissaire de prison (curated jail).

Il n’est pas tout à fait clair s’il reste de la place pour la spiritualité dans ce monde virtuel. Mais Max More pense qu’il y en a, et il est bien placé pour le savoir. En 1990, More a écrit un essai établissant les paramètres du transhumanisme moderne. Il a été un membre d’Alcor Life Extension Foundation, le laboratoire de cryologie de préservation humaine, pendant 30 ans, et depuis 6 ans en est le PDG. Il se soucie d’étendre notre durée de vie, et de surpasser les limites biologiques avec la technologie. Il souhaite surmonter les modèles des dieux.

→ Les extropiens constituent un groupe de transhumanistes fondé par Tom M. Morrow et Max More. En 1990, un code plus formel et concret pour les transhumanistes libertariens prend la forme des Principes transhumanistes d’Extropie (Transhumanist Principles of Extropy, traduction française), l’extropianisme étant une synthèse du transhumanisme et du néolibéralisme.

Le d’ébat sur le nouveau corps dans la cyberculture : le cas des Extropiens

More s’est intéressé à le faire depuis son enfance, raconte-t-il à Inverse. Il a testé « une multitude de systèmes de croyances différents » de 11 à 15 ans : il s’est essayé à l’occulte, puis à la méditation transcendantale, puis le rosicrucianisme, et enfin la Kabbale. Il a même donné sa chance au christianisme.

« Au bout d’un moment, j’ai commencé à penser que tout cela n’avait vraiment aucun sens, et je n’avais vraiment aucune raison de croire en ces idées », dit-il. « Étrangement, alors que mes deux demi-frères sont devenus des chrétiens fondamentalistes, j’ai perdu toute croyance. J’ai eu une période assez embarrassante où ils priaient pour mon âme. » Plus tard, cependant, il enseigna la philosophie de la religion pendant plusieurs années, bien qu’il ne possède plus aucune croyance religieuse, c’est « certainement un domaine de grand intérêt » pour lui.

Cependant, il s’intéresse plus à la spiritualité, au travers de laquelle un transhumaniste peut trouver un but et une valeur – et pas nécessairement dans un sens quasi-mystique technico-zen. Le transhumaniste spirituel n’a pas besoin de glorifier les avancées technologiques, bien que certains le font. Le transhumaniste peut garder tous les avantages de la religion, supprimer certains de ses inconvénients, et laisser de côté le surnaturel, dit More.

En tant que philosophie humaniste, les transhumanistes « orthodoxes » doivent abandonner toute foi en faveur de la raison. Toute philosophie ou religion qui donne la priorité à un autre domaine, vague, disant que le Paradis est là où tout aura enfin un sens et sera Bon, est opposée à la raison, opposée à l’empirisme. C’est pourquoi More favorise Aristote à Platon, par exemple : Platon, et plus tard, le christianisme, a souvent fait paraître que le monde réel était fait pour se languir, un simple passage. L’éthique de la vertu d’Aristote, cependant, est de poursuivre l’excellence. C’est « tout pour vous améliorer vous-même, et perfectionner votre façon de fonctionner, qui s’intègre bien avec le transhumanisme », dit More.

More résume la croyance implicite de la croyance traditionnelle : « Ce monde est un peu crasseux, déplaisant et mauvais, et c’est simplement quelque chose que nous devrions attendre pour passer le temps, et aller à l’endroit réel, agréable, qu’est le paradis. » Il pense que c’est un « point de vue vraiment malheureux ». A l’inverse du transhumanisme, « cela nous décourage vraiment d’améliorer le monde dans lequel nous vivons, qui, pour autant que je sache, est le seul [qui existe]. »

« [La spiritualité] peut vraiment juste dire vos valeurs plus élevées, les motivations les plus profondes, votre grande vision du monde, » dit More. « Et en ce sens, je pense que vous pouvez certainement avoir une spiritualité transhumaniste. Et c’est de cette façon que je l’ai abordé, vraiment. »

Le transhumanisme « peut être une façon de regarder au-delà nos corps de chair et la forme particulière que nous avons, en reconnaissant nos relations avec d’autres espèces, les différentes possibilités pour nos cellules ; et en réalisant que, quelle que soit la couleur de notre peau, ou d’où nous venons, ou ce que sont nos croyances religieuses, n’est pas vraiment important. » En reconnaissant nos limites fondamentales et naturelles, et en regardant au-delà de nous-mêmes pour trouver des moyens de surmonter ces limites, les transhumanistes poursuivent l’illumination. [communément associée au bouddhisme et à l’hindouisme, désigne un état de conscience supérieur dans de nombreuses religions et philosophies et l’aboutissement d’une voie religieuse ou spirituelle].

« Un problème que nous avons aujourd’hui est que nous avons évolué pour être très tribaux dans la nature », dit More. « Nous faisons beaucoup plus confiance à quelqu’un de notre groupe [social] ; nous devenons beaucoup plus suspicieux des personnes extérieures (hors du groupe), et, au moindre prétexte, partons en guerre contre eux. Ce serait bien si pouvions surmonter cela en reprogrammant nos gènes. Prudemment, parce qu’il y a des raisons pour lesquelles cela a évolué ainsi. Mais les conditions ont changé. »

More dit que les gens lui demandent souvent si la religion lui manque. Ce n’est pas le cas. Le transhumanisme lui offre tout ce dont il a besoin, ce qui lui donne « un sens de la signification de la vie, une raison d’être, une motivation, et une manière différente de regarder les choses que je trouve assez satisfaisante et inspirante. » Ce n’est pas le cas pour la religion, avec ses « règles ridicules et arbitraires. Je n’ai pas à m’en inquiéter. Je n’ai pas à m’inquiéter de brûler en enfer pour toujours, ce que je faisais quand j’étais adolescent. »

En fait, More fera exactement l’inverse : après sa mort, il se fera probablement congeler dans l’une des chambres cryogéniques d’Alcor – où Satan, espérons-le, n’a aucune emprise.

Traduction Thomas Jousse

Inverse

Immortalité, dernière frontière – ARTE

Aux antipodes de la science-fiction, chercheurs et entrepreneurs veulent défier l’inéluctabilité de la mort. Un état des lieux passionnant de la quête de l’immortalité.

Avec les progrès de la médecine, le vieux rêve de l’immortalité vit une nouvelle jeunesse. Les avancées combinées de la biologie et du numérique pourraient-elles nous permettre d’en finir avec la mort ? À travers le monde, des scientifiques et des entrepreneurs se penchent déjà avec le plus grand sérieux sur la question. La cryogénie se perfectionne, et de nombreux défunts ont confié à des capsules en aluminium leur espoir de défier l’inéluctable. Le clonage, lui aussi, laisse entrevoir cette possibilité. Il suffirait de dupliquer numériquement son cerveau, pour le reproduire, après sa mort, dans un corps “augmenté”. Oui, l’avenir semble bel et bien rimer avec l’immortalité. Mais à quel prix ? Comment nos sociétés, déjà exsangues, pourraient-elles s’accommoder d’une explosion démographique ? Sans parler des multiples questions philosophiques entourant ce phénomène. L’immortalité est-elle d’ailleurs promise à tous ? Aux États-Unis, les villes de seniors, censées prolonger la durée de vie (comme Sun City, interdite aux moins de 65 ans), donnent une indication : seuls les plus fortunés y sont admis

Qui sont ces transhumanistes, persuadés que le prochain stade d’évolution de l’homme sera la victoire sur la mort ? Des cryogénistes anglais à Dmitry Itskov, milliardaire russe ayant investi sa fortune dans la quête de l’immortalité, en passant par Google qui, flairant le jackpot, a engagé ses meilleurs chercheurs sur le sujet, les réalisatrices font le bilan de ces nouveaux espoirs et de leurs enjeux économiques, sociaux et éthiques. Avec cette question en fil rouge : une vie sans fin vaut-elle la peine d’être vécue ?

Un documentaire de Sylvie Blum (France, 2014, 1h31mn). Diffusion sur ARTE le mardi 12 avril à 22h40

https://rutube.ru/video/7c305c1501d6d6bd6025311839584c59/

 

https://rutube.ru/video/f82ef394be8337a6549a01f2ef980620/

Transhumanisme – l’idée la plus dangereuse du monde

Par Francis Fukuyama

Il y a douze ans, le livre très remarqué du philosophe américain Francis Fukuyama annonçait La Fin de l’histoire tant l’avancée des sciences nous laissait perplexe quant à la possibilité d’un avenir maîtrisé sous quelque forme que ce soit. C’est la même inquiétude et la même interrogation qui est au centre de La Fin de l’homme, une réflexion sur les conséquences de la révolution bioéthique. Sans être un vulgarisateur pédagogique ou un philosophe qui “s’occuperait” de science, Fukuyama pose la question des rapports actuels entre la science et les techniques.

À partir d’un point très clair donné sur les recherches actuelles dans les domaines des opérations transgéniques, du génie génétique, de l’énergie nucléaire, des potentialités informatiques, soit un état des lieux savant de notre monde contemporain, Fukuyama établit le postulat suivant : la science, en l’état actuelle, ne peut plus s’auto-réguler.

Convaincu qu’il faut rapidement et internationalement légiférer en matière de science, Fukuyama appelle de ses vœux des décisions politiques sages qui enrayeraient un emballement économique libéral ne visant que le profit, ainsi que des déclarations morales de principe – telles que les comités d’éthique par exemple, qui sont trop inopérants.

Pour Fukuyama, la science est devenue un domaine éminemment politique. Il en va de l’avenir de L’homme. Fukuyama a l’immense avantage d’être clair et convaincant, ce qui n’est pas l’apanage de tous les philosophes.

Il écrit : “Les pays doivent réguler politiquement le développement et l’utilisation de la technique en mettant sur pied des institutions qui discrimineront les progrès techniques qui favorisent la prospérité de l’humanité et qui font peser des menaces sur la dignité et le bien-être de l’homme”.

Depuis plusieurs décennies, un mouvement de libération étrange s’est développé dans les pays développés. Ses militants visent beaucoup plus haut que les militants de droits civiques, féministes ou défenseurs droits des homosexuels. Ils ne veulent rien moins que de libérer l’humanité de ses contraintes biologiques. Selon les « transhumanistes », les humains doivent arracher leur destin biologique du processus aveugle de l’évolution de la variation aléatoire et de l’adaptation et passer à l’étape suivante en tant qu’espèce.

Il est tentant de rejeter les transhumanistes comme une sorte de culte bizarre, rien de plus que de la science-fiction prise trop au sérieux : Témoin de leurs communiqués de presse récents (« Cyborg penseur pour répondre à l’avenir de l’humanité, » proclame un). Les plans de quelques transhumanistes de se geler cryogéniquement dans l’espoir d’être rétabli dans un âge futur semble confirmer la place du mouvement sur la frange intellectuelle.

Mais le principe fondamental du transhumanisme – que nous utiliserons un jour la biotechnologie pour nous rendre plus forts, plus intelligents, moins enclins à la violence et une durée de vie plus longue – vraiment si bizarres ? Transhumanisme est implicite dans la majeure partie du programme de recherche de la biomédecine contemporaine. Les nouvelles procédures et technologies émergentes des laboratoires de recherche et des hôpitaux – les médicaments psychotropes, substances pour stimuler la masse musculaire ou effacer sélectivement la mémoire, dépistage génétique prénatal ou thérapie génique – peuvent aussi facilement être utilisées pour « améliorer » l’espèce quant à soulager ou d’atténuer la maladie.

Bien que des progrès rapides en matière de biotechnologie nous laissent souvent vaguement mal à l’aise, la menace intellectuelle ou morale qu’ils représentent n’est pas toujours facile à identifier. La race humaine, après tout, est un désordre assez désolé, avec nos maladies tenaces, limitations physiques et courtes vie. Ajouté à cela la jalousie, la violence et les angoisses constantes de l’humanité, et le projet transhumaniste commence à sembler carrément raisonnable. S’il était techniquement possible, pourquoi ne voudrions pas transcender notre espèce actuelle ? Le caractère apparent raisonnable du projet, particulièrement lorsqu’on le considère par petits incréments, fait partie de sa dangerosité. La société est peu susceptible de tomber brusquement sous le charme de la vision du Monde Transhumaniste. Mais il est très probable que nous grignoterons les offres tentantes de la biotechnologie sans se rendre compte qu’ils ont un coût moral affreux.

L’égalité est peut-être la première victime du transhumanisme. La déclaration d’indépendance des Etats-Unis affirme que “tous les hommes naissent égaux”, et les luttes politiques plus graves dans l’histoire des États-Unis d’Amérique ont été plus qui est considéré comme pleinement humain. Les femmes et les noirs ne faisaient pas la coupe en 1776 quand Thomas Jefferson a écrit la déclaration. Lentement et douloureusement, les sociétés avancées ont réalisé que d’être simplement humain autorise une personne à l’égalité politique et juridique. En effet, nous avons tracé une ligne rouge autour de l’être humain et dit qu’il est sacro-saint.

Cette idée de l’égalité des droits repose sur la conviction que nous possédons tous une essence humaine éclipsant les différences manifestes de couleur de peau, de beauté et même d’intelligence. Cette essence et l’opinion que les individus ont donc une valeur inhérente, est au cœur du libéralisme politique. Mais modifier cette essence est au cœur du projet transhumaniste.

Si nous commençons à nous transformer en quelque chose de supérieur, quels droits vont réclamer ces créatures améliorées, et quels sont les droits qu’ils possèdent par rapport aux laissés pour compte ? Si certains vont aller de l’avant, n’importe qui peut se permettre de ne pas suivre ? Ces questions préoccupent suffisamment au sein des sociétés riches et développées. Ajouter les implications pour les citoyens des pays les plus pauvres du monde – pour qui les merveilles de la biotechnologie seront probablement hors de portée – et la menace pour l’idée de l’égalité devient encore plus menaçante.

Les défenseurs du transhumanisme pensent qu’ils comprennent ce qui constitue un bon être humain, et ils sont heureux de laisser derrière les êtres naturels limités, mortelle, qu’ils voient autour d’eux en faveur de quelque chose de mieux. Mais comprennent-ils vraiment les biens humains ultimes ? Tous nos défauts évidents, nous, les humains sommes des produits miraculeusement complexes d’un long processus d’évolution – produits dont le tout est beaucoup plus que la somme de nos parties. Nos bonnes caractéristiques sont intimement liées à nos mauvaises : si nous n’étions pas violents et agressifs, nous ne serions pas en mesure de nous défendre ;

Si nous n’avions pas le sentiment d’exclusivité, nous ne serions pas fidèles à ceux qui sont proches de nous ; Si nous n’avions jamais ressenti de la jalousie, nous n’aurions jamais ressenti l’amour. Même notre mortalité joue un rôle essentiel en permettant à notre espèce dans son ensemble de survivre et s’adapter (et les transhumanistes sont à peu près le dernier groupe que je voudrais voir vivre éternellement). Modifier l’une de nos principales caractéristiques inévitablement implique de modifier un complexe, un ensemble interconnecté de traits, et nous ne serons jamais en mesure d’anticiper le résultat final.

Personne ne sait quelles possibilités technologiques émergeront pour l’auto-modification humaine. Mais nous pouvons déjà voir les désire prométhéen dans la façon de nous prescrire des médicaments pour modifier le comportement et la personnalité de nos enfants. Le mouvement écologiste nous a appris l’humilité et le respect de l’intégrité de la nature non-humaine. Nous avons besoin d’une humilité semblable concernant notre nature humaine. Si nous ne le développons pas bientôt, nous pouvons inviter involontairement les transhumanistes pour défigurer l’humanité avec leurs bulldozers génétiques et centres commerciaux psychotropes.

L’article a été publié dans la revue Foreign Policy en Septembre 2004

Cryonie, une vie après la mort – FutureMag ARTE

Actuellement dans le monde, environ 300 personnes attendent dans des caissons réfrigérées, en état de cryogénisation. Désireux d’échapper à la mort, ils espèrent un jour être réanimés par les progrès de la science. Arte et FutureMag ont interrogé Torsten Nahm, un partisan du projet, pour en savoir plus sur cette pratique.

La cryogénisation, ou cryogénie, est un procédé de conservation par le froid. Certaines entreprises comme KrioRus, Alcor ou encore Cryonics Institute proposent de congeler intégralement, ou en partie, le corps d’un patient déclaré cliniquement mort. Cette pratique permet en théorie de préserver partiellement le corps, dans l’espoir de le ressusciter ultérieurement.

Le fait de congeler un organe aussi sensible que le cerveau n’est pas sans conséquence. La prolifération de cristaux de glace peut irrémédiablement l’endommager. C’est pourquoi, peu après le décès et avant congélation, le corps subit une injection de cryoconservateurs chimiques (du glycérol par exemple).

Même si actuellement la réanimation de ces corps est impossible, les partisans de la cryoconservation espèrent, dans un futur proche ou plus lointain, pouvoir disposer d’une technologie suffisante permettant de réparer les dommages et ainsi tromper la mort.

voir aussi : La cryogénisation, une réalité aux Etats-Unis

La cryogénisation, une réalité aux Etats-Unis

Geler son corps pour devenir immortel est une réalité aux Etats-Unis – même si l’on n’est absolument pas sûr du résultat. Jacques Cardoze et Laurent Desbois ont rencontré un couple qui défie la mort avec le Cryonics Institute.

lire l’article sur Géopolis

Les grands noms du transhumanisme

C’est le biologiste Julian Huxley qui semble avoir été le premier à avoir utilisé le terme de « transhumanisme ». En 1957, il définit le transhumain comme « homme qui reste un homme, mais se transcende lui-même en déployant de nouvelles possibilités pour sa nature humaine », « La qualité des personnes, et non la seule quantité, est ce que nous devons viser : par conséquent, une politique concertée est nécessaire pour empêcher le flot croissant de la population de submerger tous nos espoirs d’un monde meilleur. »

Les premiers transhumanistes revendiquant ce statut apparaissant plus tard au début des année 1980 à l’Université de Californie qui deviens le quartier général du mouvement de pensée transhumaniste.

Eric Drexler et Max More

En 1986, Drexler fonde l’institut Foresight, un institut scientifique menant des expériences mêlant nanotechnologies et biologie. C’est en Caroline du Sud que l’Alcor Life Extension Foundation (première association à but non lucratif à étudier, promouvoir et mettre en œuvre la cryogénie) devint également un lieu de rassemblement pour les futuristes et les transhumanistes dont Eric Drexler.

Max More et Tom Morrow publient en 1988 le premier numéro d’Extropy Magazine, un magazine scientifique sur des sujets transhumanistes. En 1990, Max More donne sa propre vision du transhumanisme qu’il exprimera par « Les principes de l’Extropie » en jetant les bases du transhumanisme moderne.

Deux ans plus tard, More et Morrow fondent l’Extropy Institute pour recruter toujours plus de futuristes et les rallier à leurs causes. Ainsi, pour la première fois, la pensée transhumaniste se trouve répandue durant la période d’essor de la cyberculture.

Nick Bostrom et David Pearce

En 1998, les philosophes Nick Bostrom et David Pearce fondent la WTA (World Transhumanist Association), une organisation non gouvernementale et internationale créée dans le but de promouvoir le transhumanisme et surtout pour que cette discipline soit reconnue tant par les scientifiques que par les pouvoirs publics. En 2002 la WTA modifie et adopte la Déclaration Transhumaniste, un traité mis au point par les instigateurs du mouvement pour que les scientifiques continuent à respecter l’humain en tant que tel.

L’Extropy Institute ferme les portes en 2006, déclarant que sa mission était complétée. La WTA a donc pris depuis la place de l’association transhumaniste la plus importante du monde.

Enfin, en 2008, la WTA change de nom pour « Humanity + » afin de donner une image plus respectueuse de l’être humain.