Premier exemple de médecine électronique biorésorbable

Un implant biodégradable fournit une stimulation électrique qui accélère la régénération nerveuse

Des chercheurs de la Northwestern University et de la Washington University School of Medicine de St. Louis ont mis au point le premier exemple de médecine électronique biorésorbable : un dispositif sans fil implantable et biodégradable qui accélère la régénération nerveuse et améliore la guérison d’un nerf endommagé.

Les scientifiques ont mis au point un dispositif qui délivre des impulsions électriques régulières aux nerfs périphériques endommagés chez les rats après un processus de réparation chirurgicale, accélérant la repousse des nerfs dans les jambes et améliorant la récupération de la force et du contrôle musculaires. Le dispositif sans fil fonctionne pendant environ deux semaines avant de s’absorber naturellement dans le corps.

Les scientifiques pensent que de telles technologies transitoires pourraient un jour compléter ou remplacer les traitements pharmaceutiques destinés à diverses affections médicales chez l’homme.

Avantages et risques de la biotechnologie

Ce type de technologie, que les chercheurs appellent un «médicament électronique biorésorbable», fournit une thérapie et un traitement sur une période de temps cliniquement pertinente et directement sur l’emplacement où cela est nécessaire, réduisant ainsi les effets secondaires ou les risques associés aux implants permanents classiques.

« Ces systèmes d’ingénierie offrent une fonction thérapeutique active dans un format dosé programmable, puis disparaissent naturellement dans le corps, sans laisser de trace », a déclaré John A. Rogers, pionnier des technologies bio-intégrées et auteur principal de l’étude. « Cette approche thérapeutique permet de réfléchir à des options qui vont au-delà des médicaments et de la chimie. »

La recherche a été publiée le 8 octobre dans la revue Nature Medicine.

Bien que le dispositif n’ait pas été testé chez l’homme, les résultats de cette étude sont prometteurs comme une future option thérapeutique pour les patients souffrant de lésions nerveuses. Pour les cas nécessitant une intervention chirurgicale, la pratique habituelle consiste à administrer une stimulation électrique pendant l’opération afin de faciliter le rétablissement. Mais jusqu’à présent, les médecins n’avaient pas les moyens de fournir en permanence cette stimulation supplémentaire à différents moments du processus de récupération et de guérison.

Washington University in St. Louis, Northwestern University, National Academy of Engineering

La FDA approuve le premier système de réalité augmentée à usage chirurgical

La FDA a récemment approuvé le système de réalité augmentée OpenSight de Novarad, la première solution médicale de réalité augmentée pour Microsoft HoloLens autorisée à être utilisée dans la planification chirurgicale préopératoire.

La technologie permet de projeter des images 2D, 3D et 4D de patients de manière interactive en les superposant sur le corps du patient, selon un communiqué de presse de Novarad publié le 24 octobre.

OpenSight utilise spécifiquement le casque Microsoft HoloLens qui permet la visualisation simultanée des images 3D du patient en réalité augmentée, du patient réel et de son environnement réel. La technique peut réduire les temps opératoires et améliorer la planification chirurgicale et la compréhension des relations anatomiques.

« C’est une technologie transformatrice qui réunira l’imagerie préopératoire avec la réalité augmentée pour améliorer la précision, la rapidité et la sécurité des procédures médicales », a déclaré Wendell Gibby, MD, PDG de Novarad et co-créateur d’OpenSight. « Cette visualisation interne peut maintenant être réalisée sans que le chirurgien ne fasse d’incision, améliorant les résultats dans un monde de médecine plus précise. »

La technologie permet également une expérience multi-utilisateur, étant donné que plusieurs casques HoloLens peuvent être portés parmi les utilisateurs à des fins de formation ou cliniques. Une version pédagogique du logiciel est également disponible pour que les étudiants en médecine puissent effectuer des dissections virtuelles sur des cadavres, selon le communiqué de presse.

La greffe de tête – Entre science et fiction

En 2015, le neurochirurgien italien Sergio Canavero a provoqué une onde de choc en promettant une première greffe de tête humaine avant la fin 2017. Mais ce n’était que la plus récente étape d’une vaste entreprise médicale et médiatique amorcée deux ans plus tôt par la publication d’un article controversé exposant le projet. Scientifiques, journalistes, bioéthiciens, théologiens, blogueurs, ont tenté d’en prendre la mesure.

C’est dans ce labyrinthe que s’aventure cet essai. Tout en décrivant le projet d’une greffe de tête humaine, il en rappelle la préhistoire — littéraire et scientifique — et en approfondit les enjeux éthiques et philosophiques. Monstruosité ou exploit, il se déploie ainsi entre la science et la fiction, suivant en cela le docteur Canavero lui-même qui, à certains égards, ressemble au savant fou d’un étrange feuilleton.

« Je ne me donnerai pas pour tâche de déterminer sa faisabilité ou son bien-fondé d’un point de vue éthique, et encore moins scientifique ; ces questions seront toujours abordées en tant qu’elles font partie de la vaste mosaïque des narrations entourant le projet d’une greffe de tête. » Une part non négligeable de l’intérêt que suscite ce projet tient à ce qu’il n’existe encore qu’en puissance, aussi bien pour les observateurs que pour ses concepteurs, qui peuvent dès lors librement promettre et prédire ce qui, un jour, pourrait être réalisé. Ce possible stimule l’imagination en dilatant l’espace disponible à la spéculation. Parler d’un projet qui n’est pas encore réalisé permet de le devancer, plutôt que de simplement le décrire après coup.

Philippe St-Germain enseigne la philosophie au lycée Ahuntsic (Montréal). Aux éditions Liber, il a publié La culture des contraires (2011), La culture recyclée en dix chapitres réutilisables (2012) et L’imaginaire de la greffe. Le même et l’autre dans la peau (2015). Il s’intéresse tout particulièrement aux phénomènes de l’hybridation et du recyclage culturel.

Ce robot peut effectuer une procédure de chirurgie du cerveau en seulement 2,5 minutes

Une perceuse automatisée pilotée par ordinateur, semblable à celles utilisées pour fabriquer des pièces automobiles, pourrait jouer un rôle central dans les prochaines interventions chirurgicales. La nouvelle machine peut faire une chirurgie crânienne complexe 50 fois plus rapidement que les procédures standard, passant de deux heures à deux minutes et demi. Les chercheurs de l’Université de l’Utah ont développé une perceuse qui produit des coupes rapides, propres et sûres, ce qui réduit le temps où la plaie est ouverte et le patient est anesthésié, diminuant l’incidence de l’infection, l’erreur humaine et le coût chirurgical.

Les résultats ont été publiés dans le numéro du 1er mai de Neurosurgical Focus.

University of Utah Health, CNN

 

Première implantation d’un implant céramique chargé en antibiotique

Le sternum sur fond d’opération © Pascal LACHENAUD

Pour la première fois au monde, un implant céramique de la société I.CERAM contenant un antibiotique a été implanté sur un patient atteint d’une médiastinite (infection du médiastin, zone anatomique en arrière du sternum). Cette opération a été réalisée en juin 2016 par le docteur François Bertin, (praticien hospitalier dans le service de Chirurgie Cardiaque, Thoracique et Vasculaire) au CHU de Limoges.

L’implantation d’une céramique chargée en gentamicine marque un tournant dans la chirurgie des infections osseuses. La structure poreuse de l’implant permet un relargage intégral et local de l’antibiotique au moment de l’implantation et jusqu’à quatre jours après l’opération. La présence de gentamicine au cœur même de l’implant prévient le risque infectieux de l’opération et des premières étapes de cicatrisation. La concentration locale et inédite d’antibiotique, offerte par cette nouvelle alternative chirurgicale et au cœur même du squelette, éradique les bactéries sensibles à celui-ci.

Pourquoi avoir décidé d’ajouter un chargement antibiotique ?
Au vu de l’importante fragilité du patient, les techniques utilisées habituellement comme le modelage de ciment ou les prothèses métalliques présentaient des risques infectieux trop importants. Avec cette intervention et le chargement du sternum avec un antibiotique, cela me donnait une sécurité supplémentaire par rapport au risque infectieux de cette dernière chirurgie.

A l’avenir, utiliserez-vous systématiquement une céramique chargée avec des antibiotiques ?
Pour le moment, je pense réserver ce type d’implant pour les patients chez qui le risque infectieux d’une telle reprise chirurgicale est important, comme par exemple ceux qui ont une cicatrice désunie de façon chronique, comme c’était le cas pour ce patient. Cependant, le chargement en antibiotique pourrait être utilisé dans d’autres chirurgies.

Ce succès pour le patient résonne également comme un succès pour la collaboration entre la société I.CERAM et le CHU de Limoges.

Si une première collaboration (voir vidéo ci-dessous) avait déjà permis de réaliser une première mondiale en chirurgie sternale en mai 2015 avec l’implantation d’un sternum en céramique d’alumine poreuse (Céramil®) non-chargé, cette seconde collaboration, suite aux travaux de la société I.CERAM, permet de franchir une nouvelle étape en matière d’implantation : l’intégration d’antibiotiques.

C’est en combinant le savoir-faire du Dr François Bertin, de l’ensemble de l’équipe du CHU de Limoges et l’expertise de la société I.CERAM sur les céramiques que cette solution a pu être imaginée et réalisée au service du patient.

André Kérisit (PDG de la société I.CERAM) et François Lefebvre (Directeur Général du CHU de Limoges) se réjouissent de ce succès et désirent continuer à collaborer. Ils espèrent obtenir un Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) multicentrique porté par le CHU de Limoges pour étudier l’implantation des futurs sternums chargés.

Intérêts de la technologie Céramil®

• Une biocompatibilité totale
• Une porosité qui permet une intégration osseuse
• Une radio-transparence pour un meilleur suivi (contrairement aux implants métalliques, le chirurgien pourra réaliser des radiographies ou des scanners sans artefact).
• Un gain de temps opératoire de 30 à 45 minutes réduisant le risque infectieux
• La capacité à être chargée en antibiotique


A propos d’I.CERAM :
Créée en 2005 à Limoges, la société I.CERAM conçoit, fabrique et commercialise des implants orthopédiques innovants (10 brevets internationaux) et des implants en céramique offrant une biocompatibilité unique. S’appuyant sur son savoir-faire et une expérience de plus de 30 ans de ses dirigeants, la société a décidé d’accélérer fortement son développement sur les biocéramiques. I.CERAM est labellisée « entreprise innovante », certifiée ISO 9001, ISO 13485 et bénéficie du marquage CE. Fort de 42 salariés et d’un outil de production à la pointe de la technologie, I.CERAM bénéficie d’un très fort potentiel de développement.

A propos du CHU de Limoges
Le CHU de Limoges a été créé en 1974 et a trois missions de service public : les soins, l’enseignement, la recherche et l’innovation. Les personnels exercent au sein de ses 6 hôpitaux (l’hôpital Dupuytren, l’hôpital Jean Rebeyrol, l’hôpital du Cluzeau, l’hôpital de la mère et de l’enfant et l’EHPAD Dr Chastaingt) et d’un Centre de biologie et recherche en santé. Les instituts de formation et la faculté de médecine et pharmacie de Limoges permettent aussi de former les personnels soignants et médicaux de demain. Les équipes labellisées Inserm et les différents et nombreux projets reconnus au niveau national et européen illustrent l’excellence de l’engagement du CHU dans le développement de ses activités de recherche. Les docteurs Laskar, Azorin et Bertin avaient déjà réalisé en 2004, au CHU de Limoges, la première greffe de trachée à partir d’un prélèvement de l’aorte. C’est aussi au CHU de Limoges, en 2006, que le Dr Joël Brie, responsable du service de chirurgie-maxillo-faciale avait réalisé la 1ère pose au monde d’un implant crânien en céramique.

Des implants cérébraux conçus pour fondre et ne laisser aucune trace

Des chercheurs américains et chinois, de l’Université de Pennsylvanie, ont mis au point plusieurs technologies bio dissolubles, des implants médicaux non-invasifs qui peuvent être absorbés par l’organisme.

Illustration of the construction of a bioresorbable neural electrode array for ECoG and subdermal EEG measurements. A photolithographically patterned, n-doped silicon nanomaterial (300 nm thick) is used for electrodes and interconnects. A 100 nm thick film of silicon dioxide and a foil of PLGA (30 nm thick) serve as a bioresorbable encapsulating layer and substrate, respectively. The device connects to an external data acquisition system through a conductive film interfaced to the Si nm interconnects at contact pads at the edge. (credit: Ki Jun Yu et al./Nature Materials))

Ils ont créé des capteurs, constitués de couches de molybdène et de silicium, qui peuvent surveiller les signaux du cerveau puis fondre à distance sans laisser de trace.

La recherche a été publiée en ligne dans la revue Nature et représente une grande avancée dans la technologie des biocapteurs, car elle offre une résolution égale ou supérieure pour mesurer l’activité électrique du cerveau, par rapport à des électrodes classiques, tout en éliminant « les risques, les coûts et l’inconfort associés à la chirurgie pour extraire les dispositifs actuels utilisés pour le suivi post-opératoire », selon le chercheur principal Brian Litt, professeur de neurologie, neurochirurgie et bio-ingénierie à l’École de Médecine de Perelman.

Les appareils seront particulièrement utiles pour la cartographie de la neurophysiologie et les modèles neuronaux de certains troubles mentaux et neurologiques — par exemple, la maladie de Parkinson, la dépression et l’épilepsie. D’autres applications utiles comprendront le suivi post-opératoire, et le placement de dispositifs impliqués dans la chirurgie cardiaque et neuronale.

La recherche a été financée par la DARPA entre autres.


Surveiller le cerveau avec un implant soluble


Dans les recherches connexes, les scientifiques chinois ont créé un dispositif bio dissolubleun « Memristor », (résistance de mémoire), composé de protéines d’albumines (blanc d’œuf) laquées sur un film de silicone, avec des électrodes de magnésium et de tungstène. Leur recherche a été publiée dans la revue ACS Applied Materials and Sciences.

Des tests ont montré que la performance de l’appareil est comparable aux autres memristors plus conventionnels et peut stocker des informations sur 10 000 secondes sans subir de détérioration. La puce peut fonctionner pendant trois mois dans des conditions sèches et dans des conditions humides, les albumines et les électrodes se décomposent en 2 à 10 heures. Les matières restantes se dissolvent après environ trois jours, laissant des traces insignifiantes.

La recherche a été financée par le National Natural Science Foundation of China.

Source : Kurzweil News

Le cerveau peut-être en mesure de se réparer lui-même

Docteur Jocelyne Bloch a obtenu son diplôme de médecin de la faculté de médecine de Lausanne en 1994. Par la suite, elle a fait sa formation en neurochirurgie avec les Professeurs Nicolas de Tribolet, Arnaldo Benini, et Jean Guy Villemure à Lausanne et à Zurich et a obtenu son titre de spécialiste en neurochirurgie en 2002. Elle s’est ensuite spécialisée en neurochirurgie stéréotaxique et fonctionnelle, et a acquis une large expérience chirurgicale dans les domaines de la neuromodulation et de la stimulation cérébrale profonde dans des indications telles que les pathologies du mouvement, la douleur et l’épilepsie. Elle est actuellement en charge du programme de neurochirurgie fonctionnelle au CHUV.

Très active en recherche et neurosciences translationnelles, elle s’intéresse à développer des nouvelles indications de stimulation cérébrale profonde, ainsi qu’à participer à l’élaboration de technologies de pointe inédites. Elle essaye de réunir toutes ces approches novatrices pour offrir aux patients souffrant de déficits neurologiques, les meilleures options thérapeutiques.

De 1997 à 1999, elle a rejoint le laboratoire du Professeur Patrick Aebischer où elle a pu participer à des projets scientifiques de base et translationnels en thérapie génique et neurorégénération. Durant cette période, elle a pu travailler sur différents modèles animaux qui l’on amenée à contribuer à des études de grande importance publiées dans plusieurs journaux dont Science et Nature Medicine. Depuis lors elle garde des liens avec le centre de primatologie de l’institut de physiologie de Fribourg dirigé par le Prof Eric Rouiller.

En collaboration avec le Dr Jean-François Brunet, elle a parallèlement développé un projet pionnier sur les greffes de cellules cérébrales adultes autologues. Une étude clinique pilote chez des patients souffrant des séquelles d’un AVC devrait prochainement voir le jour. Actuellement elle collabore aussi avec les professeurs Grégoire Courtine et José del Millan du Centre des neuroprothèses de l’EPFL sur des thématiques translationnelles de neuromodulation visant à améliorer la locomotion de patients paraplégiques et sur des stratégies de stimulation en boucle fermée.

0:11 Je suis neurochirurgienne. Et comme la plupart de mes collègues, je dois faire face chaque jour à des tragédies humaines. Je me rends compte que votre vie peut changer d’une seconde à l’autre après un AVC ou un accident de voiture. Et ce qui est vraiment frustrant pour nous, les neurochirurgiens, c’est de comprendre que contrairement aux autres organes, le cerveau a une capacité vraiment faible à se réparer tout seul. Et après une blessure majeure du système nerveux central, les patients restent souvent avec un grave handicap. Et c’est la raison pour laquelle j’ai choisi d’être un neurochirurgien fonctionnel.

1:00 Qu’est-ce qu’un neurochirurgien fonctionnel ? C’est un médecin qui essaie d’améliorer une fonction neurologique par différentes stratégies de chirurgie. Vous avez sûrement entendu parler de l’une des plus célèbres : la stimulation cérébrale profonde, où l’on implante une électrode dans les profondeurs du cerveau afin de moduler un circuit de neurones pour améliorer une fonction neurologique. C’est une technologie vraiment étonnante car elle a amélioré la vie de patients atteints de la maladie de Parkinson, qui tremblaient et souffraient beaucoup. Mais, la neuromodulation ne signifie pas la réparation des neurones. Et le rêve des neurochirurgiens fonctionnels, c’est de réparer le cerveau. Je crois que nous allons atteindre ce rêve.

1:53 Et je voudrais vous montrer que nous y sommes presque. Et qu’avec un petit peu d’aide, le cerveau arrive à s’aider lui-même.

2:07 Ainsi, l’histoire commence il y a 15 ans. A cette époque, j’étais chef des internes travaillant jour et nuit aux urgences. Je devais m’occuper souvent de patients avec un traumatisme crânien. Vous devez savoir que lorsqu’un patient arrive avec un grave trauma crânien, son cerveau est gonflé, la pression intracrânienne augmente, et pour lui sauver la vie, vous devez diminuer cette pression intracrânienne. Et pour le faire, vous devez parfois enlever un morceau de cerveau tuméfié. Donc, au lieu de jeter ces morceaux de cerveau tuméfiés, nous avons décidé, avec Jean-François Brunet, un collègue biologiste, de les étudier.

2:52 Qu’est-ce que cela signifie ? Nous voulions cultiver des cellules issues de ces morceaux de tissu cellulaire. Ce n’est pas facile. Cultiver des cellules à partir d’un bout de tissu cellulaire est comparable à faire grandir de tout petits enfants en dehors de leur famille. Vous devez donc trouver les bons nutriments, la chaleur, l’humidité, et tout l’environnement adéquat pour les faire s’épanouir. C’est ce que nous nous devions faire de ces cellules. Et après un grand nombre d’essais, Jean-François a réussi. Et voici ce qu’il a vu dans son microscope.

3:30 Et c’était pour nous une grande surprise. Pourquoi ? Parce que ça ressemble exactement à une culture de cellules souches, avec de grandes cellules vertes entourant de petites cellules immatures. Et peut-être vous souvenez-vous de vos cours de biologie que les cellules souches sont des cellules immatures, capables de se transformer en n’importe quel type de cellule du corps. Le cerveau adulte possède des cellules souches, mais elles sont très rares et elles sont situées dans de petits endroits enfouis dans les profondeurs du cerveau. Il était donc surprenant d’obtenir une culture de ce type de cellules souches à partir d’une partie superficielle et abimée de cerveau récupérée au bloc.

4:17 Et il y avait une autre observation intrigante : les cellules souches habituelles sont très actives, elles se divisent, divisent, et redivisent très rapidement. Et elles ne meurent pas, elles sont immortelles. Mais ces cellules se comportaient différemment. Elle se divisaient lentement, et après quelques semaines de culture, elle mouraient. Donc nous étions face à une nouvelle population étrange de cellules qui ressemblent aux cellules souches mais se comportent autrement.

4:50 Et il nous a fallu un certain temps pour comprendre d’où elles venaient. Elles venaient de ces cellules. Ces cellules bleues et rouges sont des cellules avec gène double-cortine actif. Nous en avons tous dans nos cerveaux. Elles représentent 4% de nos cellules corticales. Elles jouent un rôle très important pendant les étapes du développement. Lorsque vous étiez des foetus, elles ont aidé votre cerveau à se former. Mais pourquoi restent-elles dans votre tête ? Nous ne le savons pas. Nous pensons qu’elles peuvent contribuer à la réparation du cerveau car nous les avons trouvées en concentration élevée au voisinage de lésions. Mais ce n’est pas si sûr. Il y a quand même une chose claire : c’est à partir d’elles que nous avons obtenu nos cellules souches. Et nous voici avec une nouvelle source de cellules qui pourraient réparer le cerveau. Nous devions le prouver.

5:50 Alors, pour le faire, nous devions concevoir un paradigme expérimental. L’idée était de faire la biopsie d’une partie de cerveau prise dans une zone non-fonctionnelle, et de cultiver ces cellules de la même façon que Jean-François faisait dans son labo. Et ensuite de les marquer, de les coloriser afin de pouvoir les suivre dans le cerveau. Et la dernière étape était de les réimplanter dans la même personne. Nous appelons ceci une greffe autologue, ou une autogreffe.

6:20 Alors la première question était « Que va-t-il se passer si nous remettons ces cellules dans un cerveau normal et si nous réimplantons ces mêmes cellules dans un cerveau blessé ? » Grâce à l’aide du professeur Eric Rouiller, nous avons travaillé sur des singes.

6:38 Donc dans un premier scénario, nous avons réimplanté les cellules dans un cerveau normal et nous les avons vu disparaître complètement après quelques semaines comme si elles étaient retirées du cerveau, Au revoir ! L’espace est déjà opérationnel, elles ne sont pas utiles ici, donc elles disparaissent.

6:58 Dans un second scénario, nous avons fait la lésion et réimplanté exactement les mêmes cellules, et dans ce cas, les cellules sont restées et sont devenues des neurones matures. C’est l’image de ce que nous avons pu observer sous le microscope. Voici les cellules réimplantées. Et la preuve est qu’elles portent : ces petits points, ce sont les cellules que nous avons marquées in vitro, quand elles étaient en culture.

7:28 Mais nous ne pouvions pas nous arrêter là ! Est-ce que ces cellules peuvent aider un singe à guérir après une blessure ? Pour cela, nous avons entrainé des singes à des tests de dextérité manuelle. Ils devaient trouver des granules de nourriture sur un plateau. Ils étaient très agiles. Et lorsqu’ils atteignaient un niveau de performance, nous avons fait une lésion dans le cortex moteur correspondant à la main. Les singes étaient donc paralysés, ils ne pouvaient plus bouger leur main. Et exactement à la manière des humains, ils ont spontanément retrouvé une partie de leurs capacités, comme après un AVC. Des patients totalement paralysés essaient de retrouver leurs capacités, grâce à la plasticité du cerveau, et ils y arrivent partiellement tout comme les singes.

8:20 Donc une fois sûr que le singe avait atteint ce niveau de guérison spontanée, nous lui avons implanté ses propres cellules. Sur la gauche, vous voyez le singe qui a retrouvé ses capacités tout seul. Il est entre 40 et 50 % de ses performances précédentes avant la lésion. Il n’est pas aussi précis, ni aussi rapide. Et regardez maintenant, une fois les cellules réimplantées : deux mois après la réimplantation, le même individu.

8:56 (Applaudissements)

9:03 C’était aussi pour nous un résultat très excitant, je vous le promets. Depuis ce jour-là, nous avons compris beaucoup d’autres choses sur ces cellules. Nous savons que nous pouvons les cryoconserver, pour les réutiliser plus tard. Nous savons que nous pouvons les utiliser dans d’autres cas neuropathologiques, comme la maladie de Parkinson. Mais notre rêve reste de les implanter dans des humains. Et j’espère vraiment pouvoir vous montrer bientôt que le cerveau humain nous donne les outils pour se réparer lui-même.

9:37 Merci.

9:38 (Applaudissements)

9:44 Bruno Giussani : Jocelyne, c’est extraordinaire, et je suis sûr que maintenant, il y a des dizaines de personnes dans le public, peut-être même la plupart, qui pensent : « Je connais quelqu’un à qui ça peut servir », moi le premier. Et bien sûr, la question est de savoir quels sont les plus gros obstacles avant de pouvoir passer aux tests cliniques sur l’humain ?

10:06 Jocelyne Bloch : Les obstacles les plus importants sont les lois. (Rires) Ainsi, à partir de ses résultats excitants, vous devez remplir presque 2 kg de papiers et de formulaires pour être habilité à continuer vers ce genre d’expériences.

10:21 BG : Ce qui se comprend ! Le cerveau est fragile, etc.

10:23 JB : Oui, c’est vrai, mais ça prend du temps, beaucoup de patience et une équipe dédiée pour le faire !

10:30 BG : Si vous vous imaginez, après avoir fait les recherches et essayé d’obtenir la permission de démarrer les tests, si vous vous projetez dans le temps, dans combien d’années quelqu’un pourra aller à l’hôpital et avoir cette thérapie disponible ?

10:48 JB : C’est très difficile à dire. Ça dépend d’abord de l’approbation des tests. Est-ce que la loi nous autorisera bientôt à les faire ? Puis, vous devez faire ce type d’étude sur un petit groupe de patients. Et ça prend déjà longtemps de choisir les patients, faire le traitement et évaluer si c’est utile de faire ce type de soin. Puis vous devez généraliser le test sur plusieurs sites. Vous devez d’abord vraiment prouver que c’est utile avant d’offrir ce traitement à tous.

11:23 BG : Et sans danger, bien sûr. JB : Bien sûr.

11:25 BG : Jocelyne, merci d’être venue à TED pour partager ceci. JB : Merci.

NVISION Eye Centers a posé avec succès son premier implant télescope miniature

Leader innovant en ophtalmologie parmi les premiers à effectuer une chirurgie révolutionnaire CentraSight pour une perte de vision dans le Nevada

ALISO VIEJO, CA–(Marketwired – 4 février 2016) – NVISION Eye Centres , un des principaux fournisseurs de la chirurgie LASIK et de la cataracte aux États-Unis, a exécuté avec succès sa première procédure CentraSight ®, qui consiste à implanter un télescope miniature dans un œil pour traiter la dégénérescence maculaire liée à l’âge en phase terminale (DMLA). NVISION procède à la première de son genre le jeudi 14 janvier à la Box Canyon Surgery Center à Las Vegas. L’ophtalmologiste très réputé Dr Paul Casey a effectué la procédure et n’est pas seulement satisfait du résultat, mais aussi très heureux avec la façon dont son patient se rétablit.

« L’intervention chirurgicale consiste à enlever la cataracte et en plaçant un petit télescope dans l’oeil » a déclaré Dr. Casey, qui pratique à la fois aux bureaux de Las Vegas de NVISION et fait partie de l’équipe de premiers soins du CentraSight. « Tout s’est bien déroulé et le dispositif de télescope a été implanté avec succès. La procédure n’aurait pas pu aller de façon plus transparente. »

Premier implant télescope de son genre fait partie intégrante du CentraSight, un nouveau programme de soins aux patients pour le traitement des patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge en phase terminale, la forme plus avancée de la DMLA et la principale cause de cécité chez les américains âgés.

La DMLA est la principale cause de cécité chez les adultes âgés de plus de 60 ans et près de 15 millions personnes âgées aux Etats-Unis luttent contre une perte de vision sévère à cause de la maladie. Les patients atteints d’une DMLA en phase terminale ont une tache centrale ou zone manquante dans leur vision ce qui rend difficile, voire impossible de voir les visages, lire ou d’effectuer les activités quotidiennes.

Plus petite qu’un pois, l’implant télescope utilise la technologie micro-optique pour agrandir les images qui seraient normalement considérés dans son « droit devant » ou vision central. Les images sont agrandies et projetés sur la partie saine de la rétine non touchée par la maladie, ce qui permet aux patients de voir ou de discerner l’objet de la vision centrale d’intérêt.

« Je suis profondément honoré d’être parmi les premiers à effectuer cette procédure révolutionnaire » a déclaré le Dr Casey. « Pour restaurer la vision à ce patient merveilleux en utilisant une technologie révolutionnaire est à la fois excitant et une leçon d’humilité. »

La procédure utilise l’expertise d’une variété de professionnels de la médecine, dont des spécialistes de la rétine, qui confirment le diagnostic DMLA ; basse vision optométristes et d’ergothérapeutes, de formation pré- et post-opératoire et de la réadaptation ; et les chirurgiens qualifiés, qui pratiquent la chirurgie.

« Je ne pouvais pas être plus heureux avec Dr. Casey et son équipe, » a dit le patient Bonnie James. « Ils ont pris beaucoup de temps pour parler avec moi avant et après la procédure et fait en sorte que je me sente complètement à l’aise. Il faut beaucoup de talent pour exécuter cette procédure avec succès, et Dr. Casey est allé au-delà. »

About NVISION Eye Centers: NVISION Eye Centers est le premier fournisseur de la chirurgie LASIK et cataracte aux États-Unis, avec 26 centres en Californie, Nevada, Oregon et en Arizona. Un leader innovant en ophtalmologie, NVISION est consacré à fournir la meilleure expérience aux patients utilisant les dernières technologies et traitement par des chirurgiens les plus talentueux et expérimentés dans l’industrie. NVISION a été fondée en 2010 par Tom Tooma, M.D., un des premiers pionniers du LASIK qui a exécuté plus de 100 000 procédures tout au long de sa carrière prestigieuse. Avec plus de 1 900 ophtalmologues se référant à leurs patients et de faire confiance à leurs propres yeux aux chirurgiens NVISION, NVISION Eye Centers est le Eye Doctors’ #1 Choice®. Pour plus d’informations, appelez le (877) 455-9942.

Nature : La vérité sur la recherche de tissus fœtaux

L’utilisation de tissus de fœtus avortés a suscité la controverse aux États-Unis cet été, mais de nombreux scientifiques disent que c’est essentiel pour les études sur le VIH, le développement et plus.

Chaque mois, Lishan Su reçoit un petit tube à essai d’une société en Californie. Dedans, un morceau de foie d’un fœtus humains avortés entre 14 et 19 semaines de grossesse.

Su et son personnel de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, vont broyer soigneusement le foie, centrifuger puis extraire et purifier le foie – et les cellules souches hématopoïétiques.

Ils injectent des cellules dans le foie de souris nouveau-nées, et permettent à ces souris de gagner en maturité.

Les animaux qui en résultent sont les seules souris “humanisé” avec à la fois le fonctionnement du foie humain et les cellules immunitaires, pour Su, ils sont très précieux pour son travail sur l’hépatite B et C, ce qui lui permet de sonder la manière dont les virus échappent au système immunitaire humain et provoquent les maladies chroniques du foie.

“L’utilisation de tissu fœtal n’est pas un choix facile, mais jusqu’à présent il n’y a pas de meilleurs choix», dit Su, « de nombreux chercheurs biomédicaux dépendront de la recherche de tissus fœtaux pour vraiment sauver des vies humaines », […]

A l’aide des données de l’année 2014 du National Institute of Health (NIH), 18 chercheurs ont été identifiés, dirigeant des projets de recherche utilisant des fœtus avortés. Sur les 18 contactés, seuls deux chercheurs ont accepté de répondre aux questions de Nature. Ils invoquent leur bon droit, puisque la loi leur permet d’obtenir et d’utiliser les tissus fœtaux.

En 2014, le NIH a financé 164 projets utilisant des tissus de fœtus avortés, pour un montant de 76 millions de dollars. Le NIH finance en outre la recherche sur les cellules souches embryonnaires à hauteur de 150 millions de dollars (27,9 billions de dollars sont dépensés pour la recherche dans son ensemble). Au Royaume-Uni, les cinq projets de 2015 utilisant des tissus fœtaux sont financés à hauteur de 1,9 million de dollars.

vous pouvez télécharger l’article en PDF ou lire l’intégralité de l’article sur Nature