Inserm : Un implant pour régénérer le cartilage

Une équipe de chercheurs spécialisés en nanomédecine régénérative, travaillant au sein de l’Université de Strasbourg et des hôpitaux universitaires de Strasbourg sous la direction de Nadia Benkirane-Jessel, a imaginé une nouvelle approche d’implant ostéo-articulaire.

Un nouvel implant devrait permettre de reconstituer intégralement une articulation abimée. Composé de différentes couches, il inclut des facteurs de croissance de l’os ainsi que des cellules souches. Un essai clinique pourrait démarrer en 2016 pour tester cette innovation chez des patients présentant des lésions au niveau du genou.

Pour cela, les chercheurs ont créé un implant composé de deux compartiments :

  • Le premier est une membrane nanofibreuse, à base de collagène ou de polymères, dotée de nanoréservoirs de facteurs de croissance osseux, pour favoriser la réparation de l’os.
  • Le second est une couche d’hydrogel (alginate) renfermant de l’acide hyaluronique et des cellules souches dérivées de la moelle osseuse du patient, favorisant la régénération du cartilage.

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Les cellules souches de la peau humaine transformées en tissu rénal

Image of a mini-kidney formed in a dish from human induced pluripotent stem cells. Photograph: Minoru Takasato

Les cellules souches humaines ont été transformées en amas de tissu rénal dans une première étape cruciale vers la construction de nouveaux organes pour les patients dans le laboratoire.

Les scientifiques australiens ont fait une percée pour avoir utilisé des cellules souches dérivées de la peau humaine dans deux des principales structures trouvées dans les reins, à savoir les tubes collecteurs et les néphrons.

travaux publiés dans la revue Nature
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Center for Genetics and Society

Le Center for Genetics and Society a été créé en 2001 aux États-Unis avec pour objet principal de s’opposer au projet transhumaniste, dont celui du clonage humain.

C’est un organisme d’information et d’affaires publiques à but non lucratif travaillant à encourager une utilisation responsable en favorisant la réglementation des nouvelles technologies génétiques et de reproduction humaine.

CGS a été fondée à plaider pour la surveillance et le contrôle social des nouvelles biotechnologies humaines. Il est issu d’une série de conversations et de collaborations avec les principaux dirigeants de la science, la médecine, la santé des femmes, la justice environnementale, et les droits humains.

Le Centre soutient les applications médicales bénignes et bienfaisantes de ces technologies, et s’oppose aux applications qui marchandent la vie humaine et qui menacent de diviser la société humaine.

Ses principaux domaines de préoccupation sont : la génétique, les cellules souches, les bébés sur mesure, le clonage humain, la sélection du sexe, la modification génétique des êtres humains, le mouvement eugéniste américain, la médecine légale de l’ADN, le diagnostic génétique préimplantatoire, la maternité de substitution commerciale et transfrontalière, le prélèvement des ovules.

Interventions politiques

CGS a déposé plusieurs mémoires dans le procès contre Myriad Genetics concernant ses brevets sur les gènes du cancer du sein. En Juin 2013, la Cour suprême a statué à l’unanimité que les gènes humains naturels ne peuvent être brevetés.

CGS a été impliqué dans les premières étapes (2000-2005) pour proposer un traité international interdisant le clonage reproductif humain.

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Transhumanisme et Cellules Souches – travail à la frontière de la gériatrie biomédicale

La recherche scientifique biomédicale dans le domaine des cellules souches et plus largement de la médecine régénérative offre aujourd’hui des promesses d’applications thérapeutiques révolutionnaires pour de nombreuses maladies. Pourtant, il semble que pour certains, ces avancées pourraient servir d’autres desseins, notamment en ce qui concerne l’amélioration biologique de l’humain vers des objectifs de contrôle voire d’inversion du processus de vieillissement.

Beaucoup de ceux qui tiennent à ces idées appartiennent à un mouvement, dit transhumaniste, où ils s’accordent sur des idées et valeurs communes concernant l’avenir de l’humain. Plus que cela, certains de ces acteurs transhumanistes prennent activement part à la recherche scientifique et orientent celle-ci vers les valeurs qu’ils soutiennent, touchant ainsi aux frontières de disciplines scientifiques établies et à la démarcation entre science et pseudoscience.

En s’appuyant sur les concepts de recherche confinée / recherche de plein air, de forum hybride et de travail aux frontières, la présente recherche explore la place que les chercheurs transhumanistes occupent dans la recherche scientifique institutionnelle et se questionne sur la façon et les moyens qu’ils mettent en œuvre pour y prendre part.

À partir de la constitution et de l’analyse d’un corpus documentaire transhumaniste sur les cellules souches, mais aussi en décrivant le réseau auquel les chercheurs transhumanistes appartiennent, l’étude apporte une perspective nouvelle sur le mouvement transhumaniste. Les résultats obtenus montrent que les chercheurs transhumanistes ne se cantonnent pas à produire des discours et des représentations de leurs idées et de leurs valeurs, mais participent activement à la réalisation de celles-ci en menant eux-mêmes des recherches et en infiltrant la recherche scientifique institutionnelle.

Laurie Paredes, Université de Montréal Octobre 2014

Transhumanisme et génétique humaine

L’Observatoire de la génétique No 16 – mars-avril 2004

Klaus-Gerd Giesen Université d’Auvergne

Les transhumanistes représentent-ils simplement une secte d’illuminés technophiles issus de la classe moyenne, en mal d’ascension sociale et de sensations fortes ? Le rêve d’un être humain programmable à l’image mécaniste d’un logiciel d’ordinateur et produit par des techniques de sélection, d’élimination ou de manipulation biologique, que les éleveurs appliquent aux espèces animales, n’est-il pas fantasmagorique ? Raisonner ainsi signifierait sous-estimer un courant de pensée transhumaniste qui prend de l’ampleur et qui a surtout conscience du moment historique que nous vivons sur les plans tant technique qu’idéologique.

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voir aussi : Humanisme et transhumanisme : l’Homme en question

De Stanislas Robert Mainard sur le Transhumanisme (PDF)

Télécharger le PDF Allocution Mainard – Le Transhumanisme

Extrait : Au simple plan physique, le transhumanisme, est un mouvement de pensée, assez peu connu en France, mais qui est considéré comme riche d’avenir dans les pays anglo-saxons. Certains auteurs font remonter la source du mouvement très loin dans le temps, mais c’est plutôt dans la philosophie du siècle des lumières qu’on pourrait en trouver l’origine. Au cours du temps certains penseurs comme pic de la Mirandole, Condorcet, Franklin et même Darwin ont émis, en effet, des idées qui pourraient permettre de les considérer comme de lointains précurseurs.

Si le concept moderne de transhumanisme a été posé pour la première fois dans un ouvrage publié en 1989 par un scientifique américain Estfandiary : «Are you a transhuman ?», le mouvement, en lui-même, fut officiellement fondé par deux philosophes, enseignant à l’université d’Oxford, Nick Bostrom et David Pearce, mouvement qui, de nos jours, compte plusieurs milliers de membres essentiellement des universitaires et des scientifiques de tous horizons…

Robert Mainard

Transhumanisme : le surhomme est l’avenir de l’homme

Depuis 1991, les Extropiens prêchent « l’amélioration » de l’Homme par tous les moyens technologiques possibles. Guidés par Max More et sa femme, ils ont constitué un réseau d’influence pour promouvoir les innovations les plus extrêmes.

« Préférez-vous les gènes hérités de vos parents ou des chromosomes remplaçables, choisis sur mesure ? Demeurer un homme toute votre vie ou changer de sexe à l’envi ? Être sujet à la dépression ou armé d’un optimisme inaltérable ? » Derrière son pupitre, Natasha Vita-More, la quarantaine liftée et bodybuildée, achève la présentation de son projet « artistique » d’humain amélioré. La scène se passe à New York, en juin 2001, à la conférence futuriste manTRANSforms. Un parterre d’universitaires atteste du sérieux de la chose. Natasha Vita-More ne plaisante pas. Depuis 1991, elle et son mari, Max, prêchent la bonne parole de l’Institut d’Extropie, un courant de pensée qui vise à « améliorer » l’être humain, par tous les moyens technologiques possibles.

Férus de pseudonymes futuristes comme Max More ou Tom Morrow, les Extropiens pourraient n’être qu’une bande d’illuminés sortis d’un mauvais roman de science-fiction. Mais, dans la Californie euphorique des années 90, leurs idées ont séduit des informaticiens, des scientifiques, des universitaires, des hommes d’affaires et des journalistes. Aujourd’hui, les Extropiens comptent 2 000 membres, une dizaine de mailing-lists et des centaines de sites. Chaque jour, ils scrutent les avancées qui les rapprochent de leurs rêves : vie éternelle, bébé sur mesure, sauvegarde du cerveau sur disque dur, implant bionique, super intelligence artificielle, colonisation de l’espace…

Scientisme décomplexé

La philosophie extropienne est faite du refus des « limites » et des « défauts » de la nature humaine. Elle ne prône rien de moins que l’émergence d’une nouvelle espèce « supérieure » à la nôtre. Grâce à la technologie, nous serions en train de devenir « transhumains », un état transitoire vers le « post-humanisme » ou « ultra-humanisme ». Et, sous la houlette de leur président Max More, un « philosophe-consultant-futuriste » d’origine anglo-irlandaise, formé à Oxford, les Extropiens ont peu à peu constitué un réseau d’influence aux choix politiques pragmatiques : libéralisme contre régulation, individualisme contre communautarisme, optimisme forcené contre principe de précaution, États-Unis contre Europe. Car ils en sont persuadés : c’est l’Amérique du Nord qui leur permettra de réaliser leur rêve de surhommes. Même si deux ou trois Français contribuent épisodiquement à leur mailing-list, les Extropiens considèrent l’Hexagone comme un pays conservateur et dirigiste, ennemi de la liberté totale d’expression. Autant de défauts impardonnables…

Dans une communauté scientifique se sentant souvent incomprise, le positivisme décomplexé des Extropiens est en phase avec l’air du temps. Depuis, la conférence Extro 4 qu’ils ont organisée à Stanford en 1999, ils ont été rejoints par des chercheurs de renommée mondiale. Ainsi, Marvin Minsky, fondateur du laboratoire d’intelligence artificielle du célèbre MIT (Massachussetts Institute of Technology), fait officiellement partie du conseil de l’Institut. Ray Kurzweil, inventeur du synthétiseur et spécialiste de la reconnaissance vocale, fait également partie des têtes pensantes. Le titre provocateur de son dernier best-seller, l’atteste : L’Âge des machines spirituelles, quand les ordinateurs dépasseront l’intelligence humaine. Moins officielle, la nébuleuse de leurs sympathisants compte d’autres personnalités de premier plan : le chercheur en robotique Hans Moravec, le mathématicien et écrivain de science-fiction Vernor Vinge ou Hal Varian, théoricien de la fameuse « économie de l’information ». À la fois experts du high-tech et prophètes intarissables, les membres du collectif ont su capter l’attention des médias. De CNN au New York Times, en passant par le Frankfurter Allgemeine Zeitung, Discovery Channel, ou encore Marie Claire Italie, de nombreuses rédactions se sont intéressées à leur cas… Ils disposent également de la solide bienveillance du magazine Wired, la Bible des nouvelles technologies. Le premier numéro de l’an 2000 était d’ailleurs consacré à la « super longévité ». Natasha Vita-More, la « pionnière » du mouvement, y exposait longuement son point de vue au cours d’une interview titrée « Don’t die, stay pretty » (« Ne mourrez jamais, restez beau »).

Lobbying intensif

De mieux en mieux organisés, les Extropiens ont identifié leurs adversaires. Globalement, tous ceux qui freinent le progrès : des « luddites » qui refusent la technologie, aux « mortalistes intégristes » qui ne voient pas l’intérêt de vivre plusieurs siècles, en passant par les « environnementalistes », ennemis du progrès. Exaspérés par les succès des militants anti-OGM et du mouvement anti-mondialisation, né à Seattle, ils ont créé une structure pour les neutraliser : la Progress Action Coalition ou Pro-Act, annoncée en juin 2001. Cet organisme, spécialisé dans le lobbying politique intensif, compte copier les méthodes de ses ennemis officiels, tels que Greenpeace, l’économiste star Jeremy Rifkin, Ralph Nader et ses Verts, ou encore les « josébovistes ». Max More se targue de faire financer Pro-Act par ses amis de l’industrie des biotechnologies, qui dépensent sans compter pour redorer leur image. L’inquiétante forme d’eugénisme personnalisé que prônent les Extropiens pourrait bien trouver un écho dans les débats à venir autour du clonage, de la recherche sur les cellules-souches ou du combat médical contre les « défauts » génétiques. Le cocktail de liberté individualiste, d’enthousiasme consumériste et d’optimisme high-tech sera alors difficile à contrer : « Ne souhaitez-vous pas le meilleur de la technologie pour vous et vos enfants ? Non ? Tant pis pour vous… » Qui pourra donc arrêter la croisade machiavélique des Extropiens ?

Institut d’Extropie:
http://www.extropy.org Progress Action Coalition:
http://www.progressaction.org