Amazon lance la biométrie palmaire

Amazon lance la biométrie par empreinte palmaire pour les paiements sans contact, le contrôle d’accès et plus encore, selon un article du blog de la société, sous le nom d’Amazon One.

Début 2020, la société aurait envisagé la biométrie palmaire pour les paiements en magasin, et un brevet déposé fin 2019 décrit l’utilisation des empreintes palmaires et des veines pour l’authentification biométrique.

Dans l’article du blog de Dilip Kumar, vice-président d’Amazon Physical Retail & Technology, Amazon One est décrit comme étant rapide et facile à souscrire, et l’accès à une carte de fidélité est suggéré comme une application de cette technologie. Elle sera d’abord déployée à l’entrée de certains magasins Amazon Go, mais aussi aux caisses ou dans les points de vente traditionnels de la plupart des magasins.

Amazon One

Les scanners ont été déployés dans deux magasins Amazon Go à Seattle, et la société indique que les clients peuvent s’inscrire en moins d’une minute en insérant une carte de crédit et en suivant les instructions pour enregistrer leurs données biométriques palmaires. Une fois inscrit, le client peut accéder au magasin en tenant sa paume au-dessus du scanner pendant environ une seconde.

La société prévoit également de déployer Amazon One chez d’autres détaillants, dans des stades et des bureaux.

Dans une FAQ accompagnant l’article du blog, Amazon indique que le développement du système biométrique palmaire a commencé avec l’expérience client, bien que l’explication du choix de la modalité soit un peu moins claire.

« Nous nous sommes demandé si nous pouvions contribuer à améliorer des expériences comme le paiement à la caisse, la présentation d’une carte de fidélité, l’entrée dans un lieu comme un stade, ou même l’entrée au bureau avec un badge. Nous avons donc créé Amazon One pour offrir un moyen rapide, fiable et sûr de s’identifier ou d’autoriser une transaction. »

La nouvelle vague biométrique

La société affirme que “la reconnaissance de la paume est considérée comme plus privée que certaines alternatives biométriques parce que vous ne pouvez pas déterminer l’identité d’une personne en regardant une image de sa paume”, ce qui contraste probablement avec la reconnaissance faciale. Amazon souligne également que la reconnaissance de la paume nécessite un geste intentionnel, et qu’elle est sans contact.

Les clients peuvent s’inscrire à Amazon One sans compte Amazon et peuvent demander la suppression de leurs données biométriques s’ils décident de ne plus utiliser le système après leur inscription. Amazon indique également que toutes les données biométriques sont cryptées et stockées dans “une zone hautement sécurisée que nous avons personnalisée dans le Cloud où nous créons votre signature palmaire”.

L’entreprise affirme également qu’elle est en pourparlers actifs avec plusieurs acheteurs tiers potentiels.

BNP Paribas va lancer une CB biométrique en France

Selon Le Parisien, BNP Paribas devrait lancer une nouvelle carte bancaire biométrique incluant les technologies de Fingerprint Cards et Thales. Les détenteurs de cette carte n’auront plus besoin de taper leur code. La carte de paiement biométrique sera proposée aux détenteurs des cartes Premier ou Gold de la banque.

Jean-Marie Dragon, responsable monétique et paiements innovants chez BNP Paribas, a déclaré au Parisien qu’un premier lot de 10 000 à 15 000 cartes biométriques Visa Premier sera proposé cet automne. Le coût des cartes n’a pas été divulgué.

crédit: Le Parisien

D’autres banques française se lancent dans l’aventure de la carte bancaire biométrique : le Crédit Agricole Touraine et Poitou prévoit de lancer des cartes de paiement à empreintes digitales avant la fin de l’année et des tests sont toujours en cours à la Société Générale.

Les paiements par carte représentent 60 % de toutes les transactions en France selon l’Observatoire CB du Groupement Cartes bancaires, et la demande pour la technologie sans contact n’a fait qu’augmenter avec les inquiétudes concernant la transmission du COVID-19 à travers les surfaces partagées.

Johan Carlström, président du conseil d’administration et ancien PDG de Fingerprint Cards, a déclaré que le rapport Nilson prévoit que 29 milliards de cartes de paiement seront en circulation d’ici la fin 2023. Avec un délai de remplacement de deux à trois ans, cela signifie que le marché potentiel des cartes de paiement biométriques pourrait dépasser les 10 milliards par an, et Carlström affirme que la plupart, sinon la totalité, des cartes de paiement utiliseront la biométrie à terme.

La biométrie dans le top 5 des technologies émergentes

La biométrie a gagné deux places sur la liste du “Top 10 des technologies émergentes pour 2020” de la communauté des technologies émergentes de CompTIA, devançant la robotique et la blockchain pour prendre la cinquième place.

L’intelligence artificielle et la 5G seront les moteurs de la révolution technologique, selon le communiqué, et sont suivies par l’Internet des objets (IoT) et l’informatique sans serveur (ou serverless computing). La troisième édition présente les technologies émergentes qui offrent les possibilités les plus immédiates de nouvelles opportunités d’affaires et de revenus pour les entreprises technologiques.

“Des deux, l’IA va probablement avoir l’impact le plus important à court terme car elle est intégrée dans presque tous les systèmes logiciels et est utilisée dans l’automatisation des processus pour fabriquer des systèmes de plus en plus intelligents”, déclare John Rice, président de Think Channel et membre du Conseil exécutif de CompTIA. “L’effet de la 5G prendra un peu plus de temps à se manifester, mais son impact ne sera pas moindre, car elle offre la vitesse accrue et la latence réduite nécessaires pour donner aux autres technologies les bases dont elles ont besoin pour atteindre leur potentiel”.

La reconnaissance faciale devrait atteindre 10 milliards de dollars d’ici 2025

Le marché global de la reconnaissance faciale devrait croître encore plus rapidement, avec un taux de croissance annuel moyen de 18,84 %, passant de 3,54 milliards de dollars en 2019 à 9,99 milliards de dollars en 2025, grâce aux systèmes de vidéosurveillance et de détection des crimes, selon l’étude de marché Valuates.

Le rapport “Global Facial Recognition Software Market Report…” couvre l’impact de l’adoption de la biométrie faciale pour différentes applications, notamment les contrôles aux frontières, les implémentations de smartphones et les cas d’utilisation en entreprise. Il explore la répartition entre les systèmes 3D et 2D, ainsi que les marchés régionaux, dans lesquels l’Asie-Pacifique devrait connaître la plus forte croissance.

Selon un nouveau rapport de MarketsandMarkets, le taux de croissance du marché mondial de la reconnaissance faciale est de 17,1 % cette année. Les revenus passeront de 3,8 milliards de dollars en 2020 à 4,5 milliards l’année prochaine, selon le rapport “COVID-19 Impact on Facial Recognition Market…“.

La reconnaissance faciale basée sur le cloud devrait connaître les gains les plus importants, tandis que pour les projets gouvernementaux et de la défense, souvent liés au suivi COVID-19, la croissance sera la plus forte par rapport aux autres secteurs. Le rapport suggère que l’Asie-Pacifique connaîtra la plus forte croissance parmi les régions.

La reconnaissance des gestes est promise à une croissance énorme

Le rapport “Gesture Recognition in Consumer Electronics Market – Forecast (2020 – 2025)” d’IndustryARC prévoit un taux de croissance annuel moyen de 34,9 % entre 2018 et 2023, ce qui portera le marché à 4,85 milliards de dollars, les fabricants cherchant à améliorer l’ergonomie et la facilité d’utilisation de leurs produits.

Environ la moitié de cette croissance se situera dans la région Asie-Pacifique, et elle sera répartie entre les smartphones, les tablettes, les ordinateurs portables, les PC, les télévisions, les boîtiers décodeurs (settop box) et autres appareils. L’évolution des maisons intelligentes alimentées par des appareils connectés est considérée comme une opportunité de marché potentielle. Le rapport examine également les tendances du marché, les types de gestes, les types de capteurs et les leaders du marché.

Les capteurs d’empreintes digitales capacitifs et tactiles en tête du marché jusqu’en 2030

Un nouveau rapport de Prescient & Strategic Intelligence “Fingerprint Sensors Market Research Report…“, prévoit que le marché mondial des capteurs d’empreintes digitales connaîtra une forte croissance de 13,6 % entre 2020 et 2030, stimulée par la demande de projets du secteur public et de l’électronique grand public.

Comme pour la reconnaissance faciale, l’Asie-Pacifique devrait être la région avec le plus fort taux de croissance, bien que le marché américain devrait dépasser tous les marchés avec 2,4 milliards de dollars en 2030, sur la base d’un TCAC de 9,8 % sur la période de prévision.

Le secteur BFSI devrait connaître la croissance verticale la plus rapide du marché, en grande partie grâce à l’émergence des cartes de paiement biométriques et les capteurs de contact devraient continuer à générer des revenus plus élevés jusqu’en 2030, selon le rapport. Les capteurs capacitifs devraient également continuer à être le type de capteur le plus répandu.

La biométrie électronique grand public va doubler d’ici 2025

Selon un autre rapport, le marché de la biométrie grand public devrait approximativement doubler entre 2019 et 2025, passant de 4,17 à 8,27 milliards de dollars pour un TCAC de 12,08 %. Le rapport intitulé “Consumer Electronic Biometrics Market Research Report…” ventile le marché par capteur, application, utilisateur final et zone géographique, et détaille les principaux fournisseurs.

Un rapport de Mercator Advisory Group sur la biométrie : “Biometrics: Driven by Standardized Authentication, Adopted by Consumer” suggère entre-temps que la popularité croissante de l’authentification biométrique sur les appareils mobiles sera encouragée à se poursuivre par des réglementations telles que la directive PSD2 (Payment Services Directive 2 ou Directive sur les services de paiement DSP 2).

“L’authentification par la biométrie est rapidement adoptée par les consommateurs, parce que les fabricants ont permis son utilisation, et parce que la norme d’authentification créée par FIDO Alliance a augmenté la facilité avec laquelle les authentificateurs peuvent utiliser la biométrie mobile sur le web et diminuer les problèmes d’authentification pour les consommateurs”, commente David Nelyubin, analyste de recherche et co-auteur du rapport.

Authentification biométrique via un smartphone

Le marché de l’authentification biométrique avec les smartphones est examiné dans un rapport d’AE Research, incluant l’effet du COVID-19. Le rapport “Biometric Authentication for Smartphone Market Report” prévoit une croissance du secteur jusqu’en 2025, décrit les moteurs du marché et les principaux défis, et examine le marché par région, par type de produit et d’application, ainsi que les principaux acteurs.

La nouvelle vague biométrique

Comment savoir si une personne est bien celle qu’elle prétend être ? Avant, c’était simple. Les personnes étaient identifiées par la vue, le nom, la voix ou, le cas échéant, un tiers de confiance pouvait se porter garant pour elles. Nous nous appuyions sur une combinaison d’attributs connus et de reconnaissance pour vérifier l’identité d’une personne. Ce n’est que plus tard que sont apparus des documents comme les passeports, les cartes d’identité et les permis de conduire.

Aujourd’hui, la question est plus difficile : Comment identifier quelqu’un que je ne connais pas, que je ne vois pas et qui n’est pas physiquement présent ? Nous pouvons échanger des informations – sous la forme de mots de passe, de codes PIN, de données mémorisables ou de détails personnels. Mais ces méthodes de vérification ont un prix, notamment la perte de la vie privée, les désagréments, l’insécurité et l’usurpation d’identité.

La première vague de biométrie – physique – a apporté une solution. Il s’agit de faire correspondre des caractéristiques physiques à des attributs connus, qu’il s’agisse d’empreintes digitales, de visages, de voix ou d’une série de facteurs émergents. Mais la nouvelle vague de biométrie – comportementale – offre des possibilités encore plus grandes lorsqu’elle est combinée avec le physique.

Rien qu’en 2023, on prévoit que 37,2 milliards de transactions, d’une valeur de 2 000 milliards de dollars, seront authentifiées par la biométrie. Et la plupart de ces transactions sont à distance – l’individu n’est pas présent. La révolution de la biométrie est clairement en marche. Et ce, parce que cette technologie centrale répond à un défi fondamental des transactions dans le monde numérique en expansion – elle nous permet de confirmer plus précisément que nous sommes bien qui nous prétendons être. C’est un retour à la connaissance et à la reconnaissance, mais cette fois, la science de la familiarité est alimentée par l’IA.

Améliorer la biométrie physique

La biométrie physique continue de se diversifier, rendant les solutions existantes (par exemple les empreintes digitales, le visage et la voix) plus sûres et intelligentes, et explorant de nouvelles références physiologiques (par exemple la paume et l’œil) pour vérifier l’identité d’un individu. Voici quelques-uns des développements qui se mettent en place :

– Scanners d’empreintes digitales sans contact – Ces lecteurs acquièrent des images d’empreintes digitales en utilisant une technologie d’imagerie 3D avancée sans qu’il soit nécessaire de toucher l’appareil. Cela permet de surmonter les difficultés associées aux scanners à capteurs, comme les doigts secs et humides, les images fantômes laissées sur le scanner et les problèmes d’hygiène.

– Empreintes digitales sur les cartes de débit et de crédit – Ces cartes associent des capteurs d’empreintes digitales intégrés à la technologie des puces pour une double authentification afin de rendre les transactions plus sûres. L’empreinte digitale est cryptée sur la carte, ce qui permet d’éviter les honeypots d’informations sensibles et de renforcer la sécurité des données.

– Empreintes palmaires et veines de la paume – Tout simplement, la paume est plus grande que le doigt, ce qui permet de saisir des caractéristiques plus distinctives. Avec l’amélioration de la technologie de numérisation sans contact, les empreintes palmaires pourraient se généraliser. Le balayage des veines de la paume – où la lumière infrarouge est utilisée pour scanner des structures veineuses uniques et complexes – pourrait représenter une nouvelle évolution dans ce domaine. En tant que biométrie interne, elle est plus difficile à falsifier.

Reconnaître les comportements

Dans le monde réel, nous ne nous fions pas uniquement à l’apparence physique pour identifier un individu. De même, dans le monde numérique, nous devons aller au-delà de la biométrie physique et prendre en compte les technologies avancées comme l’IA et l’apprentissage automatique (machine learning) qui reconnaissent les traits de comportement.

Prenons un exemple hypothétique : votre voisin, Lyn, frappe à votre porte pour vous emprunter votre tondeuse à gazon. Vous vous sentez en confiance pour la lui prêter car, tout d’abord, vous reconnaissez Lyn (physiologie). Deuxièmement, il n’est pas surprenant que vous voyiez votre voisin à votre porte d’entrée (contexte). Troisièmement, Lyn a déjà emprunté la tondeuse (histoire) et, par conséquent, vous estimez (intelligence) que le risque de lui prêter la tondeuse est très faible. Tous ces facteurs se combinent pour créer un niveau élevé de confiance dans cette interaction particulière.

De la même manière, l’IA et le machine learning sont capables d’apprendre à reconnaître les comportements pertinents pour la tâche à accomplir et de prendre des décisions en une fraction de seconde. Dans le commerce mobile, l’analyse comportementale peut évaluer la biométrie passive de la manière dont un individu interagit avec son téléphone : comment il tape, glisse et navigue sur les sites web et les applications. À partir de ces points de données individuels, il est possible de créer un profil d’utilisateur que les fraudeurs peuvent difficilement usurper. Les solutions d’IA et de machine learning sont également efficaces parce qu’elles permettent d’apprendre. Plus elles disposent d’échantillons, plus l’identification sera intelligente. Elles peuvent également constituer une présence dynamique. Connue sous le nom de vérification continue, la biométrie comportementale multiple peut être combinée en arrière-plan pour vérifier constamment l’individu, sans que cette couche de sécurité supplémentaire ne cause la moindre perturbation.

Il est essentiel que ces techniques d’authentification ne requièrent pas de nombreuses informations personnelles. Vous n’avez pas besoin de connaître la date ou le lieu de naissance de Lyn, son casier judiciaire, son solde bancaire ou son nom de jeune fille pour lui prêter une tondeuse à gazon. Vous devez juste en savoir assez pour reconnaître Lyn et être sûr qu’on peut lui faire confiance dans cette situation.

La biométrie au-delà des transactions

Ce ne sont pas seulement les transactions des consommateurs qui sont transformées. La sécurité des patients et le respect de la vie privée sont depuis longtemps des questions importantes dans le domaine des soins de santé. Et avec l’augmentation de la demande de services sans contact et virtuels, la biométrie a un rôle énorme à jouer, en garantissant à chacun un accès sûr à l’aide vitale dont il a besoin. L’authentification vocale, par exemple, peut être utilisée comme un moyen beaucoup plus sûr et pratique de se connecter à des portails de télémédecine, permettant aux médecins d’accéder rapidement et en toute sécurité aux dossiers médicaux des patients.

Cela fait partie d’un besoin plus large de meilleure identification dans l’industrie. En 2007, il a été révélé qu’en une seule année, des milliers de patients au Royaume-Uni ont reçu un mauvais traitement en raison d’erreurs d’identification. Pour lutter contre ce phénomène, les prestataires de soins de santé et les hôpitaux déploient de plus en plus souvent des scanners de veines palmaires pour les patients et prennent les empreintes digitales des nouveau-nés et de leurs mères.

Les niveaux de sécurité élevés et le nombre de points de contrôle exigés dans le secteur des voyages placent également celui-ci au centre de l’application de la biométrie. La reconnaissance faciale et la biométrie des empreintes digitales par téléphone prennent tout leur sens, compte tenu de la nécessité d’une distanciation sociale et d’une hygiène primordiale.

Alors que les employés commencent à retourner sur leur lieu de travail partout dans le monde, les solutions biométriques deviendront un pilier de la vie professionnelle – pour entrer dans le bâtiment, se connecter aux appareils et accéder aux documents. La vérification continue fonctionnera en arrière-plan pour améliorer l’expérience des employés, la sécurité et éviter les connexions répétées.

Une chose est claire : nous allons voir l’importance et la dépendance de la biométrie jouer un rôle exponentiel dans la façon dont nous effectuons nos transactions et interagissons à l’avenir. La crise actuelle a entraîné une augmentation des cyber-attaques et l’importance d’une authentification forte est devenue évidente.

Une biométrie efficace se fond dans une expérience plus large de services centrés sur le consommateur. L’avènement des solutions biométriques a entraîné le passage de méthodes de vérification basées sur la connaissance à celles qui font appel à la reconnaissance intelligente – en remplaçant le mot de passe par la personne. Mais l’adoption continue de cette technologie dépend de la confiance des utilisateurs dans sa sécurité. Comme notre identité devient de plus en plus numérique, ceux d’entre nous qui conçoivent la technologie doivent s’assurer que leur confiance en celle-ci progresse également. Cela signifie qu’il faut recourir à la sécurité par la conception, une approche qui place la protection des données d’identité au cœur de la biométrie. Connaissance, reconnaissance et sécurité.

À propos de l’auteur

Ajay Bhalla est président des solutions de cybernétique et de renseignement pour Mastercard. Il dirige l’équipe qui développe des produits ou des solutions qui améliorent la sûreté, la sécurité et l’expérience des consommateurs, des commerçants, des partenaires et des gouvernements du monde entier. Ajay est membre du comité de direction de l’entreprise.

Biometric Update

Les cryptomonnaies-or privées, une alternative d’avenir ?

Des initiatives de monnaies virtuelles basées sur l’or émergent partout, mais restent au stade d’amorçage. L’idée est néanmoins intéressante. Par exemple, l’institution monétaire officielle australienne Perth Mint a annoncé lancer une cryptomonnaie basée sur l’or et s’appuyant sur la technologie blockchain. L’entreprise américaine Emergent Technology Holdings développe sa cryptomonnaie indexée sur l’or, le G-coin, via sa filiale suisse. La société de service financier émirati OneGram a fait de même en y ajoutant un attribut Shariah-Compliant (compatible avec la finance islamique). Il existe encore de nombreux projets similaires : le Golden Currency et le Digix à Singapour, le GoldVein et le GoldMineCoin en Russie, le KaratGold en Allemagne, le Sudan Gold Coin à Dubaï… Il s’agit en fait de la deuxième vague de monnaies digitales basées sur l’or, reste donc à voir si ces programmes aboutiront. En 1995, le E-Gold émergeait déjà, et au début des années 2000, d’autres initiatives de monnaies basées sur l’or s’étaient développées sous les noms e-Bullion, BitGold, GoldMoney ou encore OSGold. Je parlerai probablement plus précisément du sujet des crypto-or à l’avenir.

VeraOne, le 1er stablecoin européen adossé à l’or est Français

À côté de cela, il y a le cas emblématique de Facebook. L’annonce en grande pompe de la cryptomonnaie Libra (qui signifie « libre » en latin) par l’entreprise de la Silicon Valley n’a que peu d’intérêt sur le papier, en tout cas pour le moment. Facebook s’est senti poussé des ailes en annonçant ce projet au mauvais moment, alors qu’il était déjà dans le viseur des autorités américaines. Les instances de régulation et les gouvernements du monde refusent unanimement de laisser la société marcher sur les plates bandes de l’oligopole bancaire avec sa nouvelle monnaie. Les Européens ont mis leur véto sur Libra dans leurs juridictions et la monnaie privée pourrait même être totalement interdite. Le cadre juridique de mise en place de Libra va donc être très difficile à fixer.

Le Libra a un fonctionnement calqué sur le DTS dans son mécanisme de panier de monnaies. Il est adossé au dollar américain (50 %), à l’euro (18 %), au yen (14 %), à la livre sterling (11 %) et au dollar de Singapour (7 %). C’est donc un « stable coin », c’est-à-dire une cryptomonnaie dont le cours est indexé sur celui d’actif(s) de confiance. La devise chinoise yuan/renminbi, appartenant tout de même à la deuxième économie mondiale, a néanmoins été exfiltrée du projet. Ceci permit à Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, de respirer entre deux interrogatoires devant le Congrès américain qui le sommait d’expliquer son projet de cryptomonnaie mondiale, en plus du profilage de ses utilisateurs et de la non-censure des « fake news » faites sur ses réseaux sociaux. En somme, Libra est plus un service de paiement qu’autre chose et n’a aucun avenir dans l’immédiat. Elle sera sûrement mise de côté le temps de consolider l’offre et que les affaires de Facebook se tassent.

Certains ont ou ont eu beaucoup d’espoirs sur le bitcoin en tant que monnaie mondiale « libre », mais cela ne tient pas non plus sachant que seul 1,3 % des transactions passées sur le réseau bitcoin international sont des échanges marchands. Ce qui signifie que tout le reste se cantonne à de la spéculation financière. De plus, une étude du Crédit Suisse établit que 97 % des bitcoins sont détenus par 4 % des utilisateurs. Il est plausible de penser que ce monopole permettrait de contrôler le bitcoin et de manipuler son cours en cas de concertation de ces 4 % de propriétaires.

La cryptomonnaie universelle de demain devra être indexée sur des actifs physiques de référence comme l’or et l’argent métal. Ceci permettra non seulement de stabiliser sa valeur, mais également pour pouvoir la convertir en des actifs de référence universellement reconnus.

Franck Pengam

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Des transactions anonymes utilisant la monnaie numérique soutenue par la banque centrale

La Banque centrale européenne (BCE) a développé une preuve de concept pour une monnaie numérique de la banque centrale (CBDC) partiellement anonyme qui cherche à fusionner la confidentialité et la conformité.

Dans son dernier rapport, la BCE décrit les détails de l’initiative, qui a été développée sur la plate-forme DLT Corda et s’appuie sur des preuves de concept antérieures basées sur cette technologie.

Le concept est centré sur l’utilisation de coupons anonymes pour les utilisateurs qui effectuent de petites transactions et qui, de ce fait, n’auraient pas besoin de révéler leur identité. Les transactions plus importantes, cependant, ne bénéficieraient pas du même degré de confidentialité.

“La validation de principe montre qu’il est possible, en utilisant la plate-forme Corda, de construire un système de paiement CBDC simplifié qui protège la vie privée des utilisateurs pour les transactions de faible valeur, tout en garantissant que les transactions de plus grande valeur sont soumises à des contrôles LAB/CFT obligatoires”, indique le rapport. [Lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (dite LAB/FT, ou CFT/AML, pour combating the financing of terrorism and anti-money laundering)].

Qu’y a-t-il dans la preuve de concept (PoC – proof-of-concept) ?

Le PoC prévoit quatre parties – la banque centrale, deux intermédiaires et une autorité de lutte contre le blanchiment d’argent (AML) – chacune représentée par un nœud qui exploite une application distribuée Corda (CorDapp). La banque centrale n’embarque pas directement les utilisateurs, n’émet pas ou ne distribue pas les unités de la CBDC, et ne supervise pas les transferts de la CBDC. Les intermédiaires entretiennent plutôt des relations avec les utilisateurs, traitent les transactions et tiennent des registres de grand livre.

L’élément clé du système proposé est l’utilisation des “coupons anonymes”.

Chaque utilisateur est identifié dans le réseau par un pseudonyme et se voit attribuer un certain nombre de coupons par mois, explique le rapport. Lorsque les utilisateurs traitent des transactions de faible valeur, ils peuvent dépenser les coupons pour éviter de révéler leurs informations personnelles à la banque centrale ou aux intermédiaires.

En revanche, lorsqu’ils effectuent des transactions de grande valeur qui dépassent le montant autorisé des transferts anonymes, une autorité spécialisée dans la lutte contre le blanchiment d’argent surveillera les données relatives aux transactions et s’assurera qu’elles respectent les normes de conformité en vigueur et surveillera le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Domaines d’amélioration

Le rapport de la BCE se penche sur certains des défis auxquels le système proposé serait confronté s’il était mis en œuvre dans le cadre de situations d’utilisation réelles.

Premièrement, il faut un meilleur mécanisme de validation des transactions pour permettre une plus grande confidentialité. Actuellement, pour valider un transfert, un intermédiaire doit vérifier toutes les transactions passées associées à cette unité de la CBDC. Pour régler ce problème, la banque propose d’introduire un “découpage en chaîne” afin de réduire la quantité d’information rendue visible à des parties non apparentées.

Deuxièmement, les utilisateurs doivent pouvoir accéder à leurs soldes et effectuer des transactions lorsque l’intermédiaire qui leur a été assigné n’est pas disponible. Cette amélioration peut être réalisée en permettant aux utilisateurs de stocker leurs clés dans leur appareil privé, comme un portefeuille de téléphone mobile, ou en permettant à d’autres intermédiaires du système de traiter leurs unités CBDC.

De plus, la Banque croit qu’il faut davantage de techniques visant à améliorer la protection de la vie privée, l’interopérabilité avec un système de règlement brut en temps réel (RBTR : RTGS en anglais Real-time Gross settlement) ainsi qu’une analyse approfondie de l’extensibilité pratique du PoC.

Environnement réglementaire incertain

La question de savoir si la BCE doit émettre sa propre monnaie numérique pour que le public puisse bénéficier d’un moyen de paiement simple et bon marché a été débattue depuis longtemps. La semaine dernière, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré lors d’une conférence de presse que la BCE devrait accélérer ses efforts en matière de monnaie numérique et “prendre de l’avance” sur les stablecoins ou les tokens qui sont censés être liés à la valeur des monnaies émises par le gouvernement.

Mais il y a également eu une résistance considérable de la part des autorités de l’UE.

Début décembre, les ministres des finances de l’UE ont affirmé qu’aucune cryptomonnaie stable (stablecoin) mondiale ne devrait être autorisée tant que leurs risques juridiques, réglementaires et de surveillance n’auront pas été pleinement pris en compte. L’ancien président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a également affirmé sa position ferme contre les monnaies numériques.

Lors d’une conférence à Pékin en novembre, il a déclaré : “Je suis fermement contre le bitcoin, et je pense que nous sommes un peu complaisants … La cryptomonnaie elle-même n’est pas réelle, avec les caractéristiques qu’une monnaie doit avoir.”

Cryptoast, The Block

La Chine s’apprête à lancer sa monnaie numérique

La Chine prévoit un projet pilote réel de sa monnaie numérique, dont la première phase pourrait commencer avant la fin de cette année, selon un rapport de l’influente publication d’informations financières chinoise Caijing. Cela confirmerait les récentes spéculations selon lesquelles la Chine est sur le point de devenir la première grande économie à émettre une monnaie numérique souveraine.

En août, un responsable de la Banque populaire de Chine (PBOC) a déclaré que la monnaie était “proche” d’être émise. Le nouveau rapport décrit les prochaines étapes de ce processus. Le PBOC pourrait lancer des expériences à petite échelle le “paiement électronique en monnaie numérique” (DCEP) à Shenzhen et dans la ville de Suzhou, dans l’est du pays, avant la fin de l’année. En 2020, elles seraient ensuite étendues à une plus grande échelle.

L’intention est de remplacer directement l’argent liquide. Le DCEP sera compatible avec Alipay et WeChat Pay et peut être utilisé sans connexion Internet. Le rapport indique que la monnaie offrira aux utilisateurs au moins un certain degré d’anonymat. Cependant, il n’explique pas comment cela pourrait fonctionner. Lisez l’histoire complète.

MIT Technology Review

HSBC échange ses dossiers papier pour la chaîne de blocs

La HSBC échange ses dossiers papier pour la blockchain afin de suivre des actifs d’une valeur de 20 mille milliards de dollars

HSBC vise à transférer 20 mille milliards de dollars d’actifs vers une nouvelle plate-forme de conservation basée sur une chaîne de blocs d’actifs d’ici mars, dans le cadre de l’un des plus grands déploiements à ce jour de la technologie bien connue et encore non éprouvée par une banque mondiale.

La plateforme, connue sous le nom de Digital Vault, donnera aux investisseurs un accès en temps réel aux registres des titres achetés sur les marchés privés, a déclaré HSBC (HSBA.L) à Reuters, et vise à tirer parti de l’intérêt croissant pour ces investissements par des investisseurs avides de rendement.

Les banques et autres sociétés financières ont investi des milliards de dollars pour trouver des utilisations pour la blockchain, un registre numérique qui peut être mis à jour instantanément et de manière transparente. Cependant, rares sont ceux qui ont trouvé des applications pratiques ou largement utilisées.

Les partisans affirment que la blockchain va bouleverser le secteur financier en supprimant les processus coûteux ou le besoin d’intermédiaires – bien qu’il y ait encore eu peu d’exemples solides d’une utilisation aussi révolutionnaire.

La plateforme HSBC numérisera les dossiers papier des placements privés, en utilisant une chaîne de blocs pour réduire le temps nécessaire aux investisseurs pour effectuer des vérifications ou des interrogations sur leurs avoirs.

Les enregistrements des placements dits privés sont généralement conservés sur papier et manquent de standardisation, ce qui rend l’accès difficile et long. HSBC gère actuellement jusqu’à 50 mille milliards de dollars d’actifs, selon le communiqué.

On ne sait pas encore à quel point le projet pourrait devenir transformationnel. HSBC n’a pas été en mesure de quantifier le montant qui pourrait être économisé par la plate-forme pour la banque ou ses clients.

La demande de placements privés de titres de créance et de capitaux propres a considérablement augmenté ces dernières années, les investisseurs recherchant des rendements plus élevés dans un contexte de faibles taux d’intérêt à l’échelle mondiale et les entreprises technologiques en particulier évitant de surveiller les marchés publics.

HSBC s’attend à ce que la valeur globale des placements privés atteigne 7,7 milliard de milliards de dollars d’ici 2022, soit un bond de 60 % par rapport à cinq ans auparavant. Au cours de la même période, elle estime que les allocations des clients gestionnaires d’actifs passeront de 9 % à 20 %.

Ciaran Roddy, qui dirige l’innovation en matière de placement de titres chez HSBC, a déclaré que l’intérêt pour les placements privés des assureurs américains et britanniques, ainsi que des fonds souverains d’Asie et du Moyen-Orient, sont en hausse.

“Avec certains des rendements qui sont offerts, nous constatons clairement une augmentation de la demande”, a-t-il déclaré.

Cette nouvelle survient dans la perspective d’un remaniement attendu de la division banque et marchés de HSBC à l’échelle mondiale, où Noel Quinn, directeur général par intérim, cherchera à réduire les coûts et à améliorer les rendements de l’entreprise.

Windsor Holden, un consultant indépendant qui suit la chaîne de blocs et les crypto-monnaies, a déclaré que des économies importantes étaient peu probables dans les phases initiales du projet et ce jusqu’à 18 mois.

La carte de crédit biométrique débarque en Suisse

La Swiss Corner Bank a lancé une carte de crédit biométrique en partenariat avec Visa, Gemalto et Fingerprint Cards, qui est le premier lancement commercial limité de ce type, selon le communiqué.

La nouvelle Cornèrcard Biometric Gold Visa est produite par Gemalto avec le module de capteur T-Shape de Fingerprint Cards et sa plate-forme logicielle. La carte en édition limitée sera émise à 100 clients de la Swiss Corner Bank, ce qui leur permettra d’effectuer des paiements sans contact et sans plafond de montant.

La carte dispose d’une LED intégrée qui indique une correspondance biométrique réussie. Les clients devront entrer leur code PIN pour la première transaction, et ensuite seulement dans des circonstances particulières, ou si l’empreinte digitale n’est pas reconnue.

“Chez Visa, nous investissons constamment dans l’innovation pour rendre le paiement plus facile, plus pratique et plus sûr. C’est pourquoi nous sommes très heureux de lancer une carte Visa avec capteur d’empreintes digitales en collaboration avec notre partenaire de longue date, Cornèrcard “, résume Jörg Metzelaers, directeur national de Visa Suisse. “Avec la carte biométrique Visa de Cornèrcard, nous marquons un tournant dans le monde des paiements suisses. Les consommateurs sont de plus en plus à l’aise avec les nouvelles formes d’authentification biométrique et reconnaissent qu’elles leur facilitent la vie.”

Les données d’empreintes digitales sont stockées sur une puce sécurisée sur la carte et ne sont pas accessibles en cas de perte ou de vol.

“Nous sommes fiers d’offrir cette innovation exclusive à nos clients en Suisse. En touchant simplement la carte, le processus de paiement se fait rapidement et en toute sécurité “, commente Davide Rigamonti, directeur de Cornercard. “La carte de paiement biométrique n’a pas seulement une apparence spéciale. Elle offre également une expérience de paiement spéciale et s’intègre parfaitement dans la vie quotidienne du consommateur moderne.”

Selon Goode Intelligence, quelque 579 millions de cartes de paiement biométriques seront utilisées dans le monde d’ici 2023, et Fred Martinez, directeur de la biométrie chez Gemalto, a déclaré plus tôt cette année que sa société privilégiait la qualité de ses pilotes de cartes de paiement plutôt que la quantité.