Transhumanisme et business

Le philosophe Bernard Stiegler émet de sérieux doutes quant à la philosophie transhumaniste récemment promue par les multinationales californiennes. Il nous livre en quatre points ce qu’il estime être les questions importantes que l’engouement tend à voiler.

Biomécanique et biochimie. Le transhumanisme nous promet un humain augmenté et immortel mais la culture SF nous a depuis longtemps préparé aux questions graves que l’industrie évite de poser.

Les hommes bientôt remplacés par les robots ?

Selon une nouvelle étude dirigée par des experts de l’intelligence artificielle, il ne reste que 45 ans aux humains avant que les facultés des machines ne dépassent les leurs. Peu à peu, les technologies semblent prendre le pas sur l’humain au risque même de le supplanter. Déjà présent dans nos quotidiens, le secteur de l’intelligence artificielle est en pleine expansion grâce aux investissements de plusieurs acteurs : les Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon) et le BAT chinois (Baidu, Alibaba et Tencent). Mais que se passerait-il si les robots prenaient d’autres décisions que celles des hommes ? Que se passerait-il s’il y avait un conflit d’intérêt entre l’humain et le robot ? Certains scientifiques, comme Joël de Rosnay, nous invitent à “ne pas avoir peur de l’intelligence artificielle” puisque celle-ci demeure contrôlée. Pour en discuter, Laurence Devillers, professeure et chercheuse en intelligence artificielle, Jean-Gabriel Ganascia, informaticien, philosophe et spécialiste en intelligence artificielle et Laurent Alexandre, chirurgien, entrepreneur et spécialiste du transhumanisme.

Arte – émission 28 minutes est une émission de télévision d’actualité et de débat diffusée sur la chaîne franco-allemande

Biométrie : pour le meilleur ou pour le pire ?

La biométrie permet d’identifier une personne à partir de ses caractéristiques biologiques comme l’empreinte digitale, l’iris ou le visage. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les solutions technologiques progressent vite : logiciel de reconnaissance faciale, « empreinte cérébrale », système de contrôle automatique de foules en mouvement… Mais peut-on vraiment faire confiance à la biométrie pour notre sécurité ? Et surtout qu’arrivera-t-il si ces données tombent entre de mauvaises mains ?

Le Center on Privacy & Technology at Georgetown Law appelle à la régulation de la reconnaissance faciale
La Maison Blanche et le NCSA lancent une campagne pour l’adoption de l’authentification forte
Reconnaissance de l’iris pour le programme alimentaire des réfugiés syriens de Zaatari
Le système de reconnaissance faciale du FBI a accès à 411 millions de photos ; Le FBI a aussi collecté 430 000 iris
Préparez-vous à vous faire relever les empreintes digitales pour vos futures vacances européennes
Alex Türk, ancien président de la CNIL, sur l’invasion des nanopuces, de la biométrie et de la géolocalisation
L’illusion sécuritaire de la biométrie et de la vidéoprotection
Total Contrôle, les nouvelles technologies de surveillance – Arte
La biométrie est le nouvel engouement, mais est-il vraiment sécurisé ?
Les mots de passe disparaîtront progressivement d’ici 2025

L’implant Party a eu lieu pendant l’‪#‎echappee16‬

France 5, partenaire or de L’ÉCHAPPÉE d’été 2016

 

L’implant Party de L’ÉCHAPPÉE VOLÉE bat son plein

 

Implantation sur scène #echappee16

maj au 11/06/2016 :

Immortalité, dernière frontière – ARTE

Aux antipodes de la science-fiction, chercheurs et entrepreneurs veulent défier l’inéluctabilité de la mort. Un état des lieux passionnant de la quête de l’immortalité.

Avec les progrès de la médecine, le vieux rêve de l’immortalité vit une nouvelle jeunesse. Les avancées combinées de la biologie et du numérique pourraient-elles nous permettre d’en finir avec la mort ? À travers le monde, des scientifiques et des entrepreneurs se penchent déjà avec le plus grand sérieux sur la question. La cryogénie se perfectionne, et de nombreux défunts ont confié à des capsules en aluminium leur espoir de défier l’inéluctable. Le clonage, lui aussi, laisse entrevoir cette possibilité. Il suffirait de dupliquer numériquement son cerveau, pour le reproduire, après sa mort, dans un corps “augmenté”. Oui, l’avenir semble bel et bien rimer avec l’immortalité. Mais à quel prix ? Comment nos sociétés, déjà exsangues, pourraient-elles s’accommoder d’une explosion démographique ? Sans parler des multiples questions philosophiques entourant ce phénomène. L’immortalité est-elle d’ailleurs promise à tous ? Aux États-Unis, les villes de seniors, censées prolonger la durée de vie (comme Sun City, interdite aux moins de 65 ans), donnent une indication : seuls les plus fortunés y sont admis

Qui sont ces transhumanistes, persuadés que le prochain stade d’évolution de l’homme sera la victoire sur la mort ? Des cryogénistes anglais à Dmitry Itskov, milliardaire russe ayant investi sa fortune dans la quête de l’immortalité, en passant par Google qui, flairant le jackpot, a engagé ses meilleurs chercheurs sur le sujet, les réalisatrices font le bilan de ces nouveaux espoirs et de leurs enjeux économiques, sociaux et éthiques. Avec cette question en fil rouge : une vie sans fin vaut-elle la peine d’être vécue ?

Un documentaire de Sylvie Blum (France, 2014, 1h31mn). Diffusion sur ARTE le mardi 12 avril à 22h40

https://rutube.ru/video/7c305c1501d6d6bd6025311839584c59/

 

https://rutube.ru/video/f82ef394be8337a6549a01f2ef980620/

Total Contrôle – Arte

Bruno Fay Co-auteur avec Xavier Muntz de la soirée thématique “Tous Fichés” diffusée sur Arte en juin 2007 sur les nouvelles technologies de surveillance – Total Contrôle, 52 mn.

Déjà la cyber-surveillance est en marche et les milices du Net prolifèrent. Illusion sécuritaire ? Ce documentaire mesure les risques et paradoxes d’une fuite en avant technologique.

Des experts en nouvelles technologies dressent un panorama inquiétant des dispositifs de surveillance mis en œuvre à travers le monde, avec des outils de traçage et d’identification sans cesse plus perfectionnés et plus nombreux. La mode est aux virus et aux logiciels intrusifs qui prennent le contrôle des ordinateurs ou des webcams pour épier l’usager jusque dans son intimité, chez lui ou sur son lieu de travail.

Si le “contrôle total” existe déjà en matière d’informatique, la biométrie gagne aussi de plus en plus d’entreprises et de collectivités comme les hôpitaux, les écoles, les mairies.

Les syndicats dénoncent un “flicage” généralisé et relèvent l’apparition de nouvelles pathologies liées au stress et à la surveillance permanente. De son côté, la révolution RFID (identification par radiofréquences) est en marche : en Europe et en Amérique, les implants de puce dans le corps humain se multiplient. À Mexico, un millier de personnes ont sauté le pas, essentiellement pour des raisons médicales.

Un spécialiste de la géolocalisation évoque les applications prochaines où l’on combinera la puce avec un émetteur GPS pour localiser en temps réel un objet ou une personne…

Ce documentaire met efficacement en perspective la politique du tout sécuritaire et le prix que nous devrons payer pour cela pour cette soi-disant “sécurité” .

Partie 1 : Internet sous contrôle
Partie 2 : Biométrie, le corps fiché
Partie 3 : La révolution RFID, les premiers implants

Thema Arte -19/06/2007 – Total contrôle

Vidéo disponible aussi sur le blog de Bruno Fay

Nataliya Kosmyna, pilote des objets par la pensée – FUTUREMAG – ARTE

Rencontre avec la chercheuse Nataliya Kosmyna, qui a mis au point un dispositif de pilotage de drones par la pensée, et qui pourrait bientôt changer le fameux “Je pense donc je suis” de Descartes, en “Je pense donc j’agis”.

Émission du 09 janvier 2016

Trepalium Bande-annonce

série d’anticipation à découvrir en 2016 sur ARTE.

Dans un monde futur, ici ou ailleurs, de graves décennies de crise ont créé une société dans laquelle 20% de la population ont un travail et 80% en sont dépourvus. Entre eux, un Mur, imprenable, qui sépare la Ville de la Zone. Pour calmer les tensions sociales, la Première ministre Nadia Passeron décide de créer 10 000 Emplois Solidaires sélectionnés dans la Zone pour travailler en Ville. Izia Katell est choisie. Elle travaillera pour la famille de Ruben Garcia, ingénieur dans la plus grande entreprise de la Ville, Aquaville.

“Trepalium est une fable dystopique, le contraire d’une utopie. Elle ne propose pas un monde idéal, mais un monde qui serait allé vers ses pires défauts : l’ultralibéralisme poussé à l’extrême, dans un univers cloisonné.

Pour moi, cela s’est associé de manière naturelle à un imaginaire qui tournait autour de la régression. L’esthétique rétro-futuriste de la série fait écho à cette régression : les décors, les costumes, les accessoires, les vieilles voitures. On a regardé comment certains architectes du passé, des années 30 aux années 80, comme Le Corbusier, Oscar Niemeyer ou Ricardo Bofill, avaient imaginé l’avenir. Je me suis rendu compte que le présent était assez éloigné des fantasmes de futur que je pouvais avoir quand j’étais enfant : finalement, pas de voitures volantes, pas de copains robots, seule la crise qui s’est installée pour rester…

Le vrai changement c’est la présence, l’omniprésence des écrans. Je tiens aussi à évoquer le Mur, aussi important sur le plan conceptuel que narratif et symbolique. Trepalium parle de ségrégation. L’Histoire nous a malheureusement donné plusieurs exemples de ce type de murs.” – Vincent Lannoo, réalisateur

Géo-ingénierie : les apprentis sorciers du climat

Pour stopper le réchauffement de la planète, des scientifiques proposent de modifier le climat. Stimuler le plancton, repeindre les toits en blanc, envoyer des miroirs dans l’espace… : des lubies ? Non, la géo-ingénierie. Ces techniques plus ou moins fantaisiste, visent à modifier le climat afin d’enrayer le réchauffement de la planète. Longtemps, les scientifiques se sont refusé à mentionner ce plan B parce qu’ils pensaient qu’il détournerait le monde politique du plan A (limiter les émissions de gaz à effet de serre). Autrefois décrié, il opère aujourd’hui un retour en force.

Les recherches les plus avancées se proposent d’imiter l’effet des éruptions volcaniques en pulvérisant des particules refroidissantes dans la stratosphère. Pour l’instant, ces expériences restent confinées en laboratoire. Mais jusqu’à quand ? Aux États-Unis, la géo-ingénierie séduit les milieux conservateurs, ceux-là mêmes qui nient le lien entre le réchauffement climatique et l’activité humaine. Cette solution présente, il est vrai, des avantages : elle évite de se mettre les industries polluantes à dos, d’imposer de nouvelles taxes, de changer nos modes de vie, et crée du business. Mais des scientifiques prédisent des effets dévastateurs en cascade : augmentation des pluies, suppression de la mousson, désertification…

Course à l’arme météorologique

Ce documentaire réunit de nombreux experts, partisans ou critiques à l’égard de la manipulation du climat : scientifiques, journalistes, lobbyistes, historiens, “géo-ingénieurs”, exposant placidement des projets qui font froid dans le dos… À l’aide d’un riche fonds d’archives, le film se penche sur l’histoire ahurissante de ces techniques qui ont pris leur essor durant la course à l’armement de la guerre froide, brossant au passage le portrait d’Edward Teller, qui a inspiré le docteur Folamour de Stanley Kubrick. Ce dernier pensait, notamment, régler le problème de la sécheresse californienne par une explosion nucléaire…

(France, 2014, 83mn) ARTE

Les Apprentis sorciers du climat
Raisons et déraisons de la géo-ingénierie

Clive Hamilton*

L’échec répété des négociations internationales sur le climat signifie que nous nous dirigeons vers une hausse globale des températures de 3 à 6 °C d’ici 2100. Celle-ci entraînera des événements météorologiques extrêmes et de nombreuses souffrances humaines.

Les espoirs se tournent aujourd’hui vers des technologies qui proposent de refroidir la Terre sans changer notre modèle de développement ni de consommation. Telle est la promesse de la géo-ingénierie et de ses promoteurs, soutenus par Bill Gates lui-même. Pulvériser du soufre dans la haute atmosphère, modifier la chimie des océans, stocker le carbone dans les profondeurs de la Terre : tels sont les projets et les expériences à hauts risques de ces « géocrates » ? ingénieurs, scientifiques et hommes d’affaires ? qui entendent régler le thermostat de la planète.

Clive Hamilton, spécialiste des enjeux environnementaux, pose la question de fond : ces hommes ont-ils le droit de jouer aux apprentis sorciers avec la Terre ?

*Clive Hamilton est un essayiste, politique, économiste et philosophe australien. Il a déjà publié une dizaine d’ouvrages, dont Growth Fetish (2003), Affluenza (2005), Silencing Dissent (2007), Scorcher : The dirty politics of climate change (2007), The Freedom Paradox (2008) et Requiem for a Species ( Requiem pour l’espèce humaine, Presses de Sciences Po, 2013).